Zorin n'eut même pas le temps de jurer dans sa langue natale.
Lady Dimitrescu se jeta sur elle. Sa puissance fut telle que son attaque entraina la destruction de tout, des portes aux murs, jusqu'au mobilier de la salle à manger. La table du dîner fut complètement mise en pièce lorsqu'elle passa au travers avec Zorin, saisie au cou, avant d'enfoncer les portes. Cela laissa place à un énorme trou dans l'architecture qui donnait maintenant vers l'extérieur glacé. Alcina traversa l'abri en pierre de la petite cour, la puissance de ses ailes et de son corps le brisa complètement. Alcina finit sa course en encastrant le corps de Zorin Blitz dans le mur.
Elle la ressortit immédiatement ensuite et claqua plusieurs fois sa masse musculaire contre le sol, une version plus brutale de l'attaque que l'illusionniste avait fait subir à sa seconde fille. Puis elle la projeta contre le mur, à l'autre bout de la petite cour, juste au-dessus du trou dans la pierre. La douleur se réveilla brutalement une fois que la gravité ramena Zorin vers le bas.
_ Aie, grogna avec colère la soldate allemande.
Ce fut la dernière fois que le sang de la comtesse réussit à guérir ses blessures. Zorin sentit la vitesse de guérison ralentir alors que son ennemi était passé à un tout autre niveau de puissance.
_ Il avait écrit ça Bram Stocker, plaisanta-t-elle amèrement.
Zorin cracha encore du sang sur le sol avant de se relever prestement. Zorin réfléchit vite. Avec ces ailes, la châtelaine ne pourrait pas se battre correctement à l'intérieur et elle pouvait peut-être tenter de récupérer sa faux, mais sa puissance et sa rapidité avait considérablement augmentés, elle pourrait aisément rattraper Zorin dans sa course et la blesser lourdement une seconde fois en lui faisant traverser les murs ou le sol du château.
_ Foutu panzer roumain !
_ Tu vas payer pour ce que tu as fait, lui hurla Alcina, je repartirai ce mur avec tes os !
Zorin était piégée, la balle était dans l'autre camp.
Rip était montée au second étage, elle avait cherché la fameuse porte avec son emblème doré et sa cheminée. Mais derrière elle, la voix de Bela retentit. Même si ses blessures furent de plus en plus douloureux à chaque pas, elle refusait d'accorder la moindre liberté à la nazie. Elle grimpa les escaliers à pied, ne pouvant plus se transformer en nué à cause du froid qu'il l'avait beaucoup trop blessé précédemment et de ses blessures actuellement que les mouches tentaient faiblement de guérir. Elle s'aida de sa faucille, la plantant dans le bois verni pour se hisser jusqu'à l'étage. Plus haut, Rip chercha la porte, mais dans la panique, elle se perdit quelque peu puis fut soudain prise de vertiges. Elle avait usé toutes les forces que Zorin lui avait transmises par son sang lors de sa dernière attaque et se vit obligée de ralentir sa cadence.
Lorsque Bela atteint l'étage, essoufflée, Rip était accoudée sur le côté de la porte de la salle des vins, fatiguée.
Les deux femmes étaient au bout de leurs forces.
Mais leurs émotions étaient en ébullition.
_ Sale garce, lui cria Bela.
Bela se jeta sur Rip, sa faucille en avant. Rip s'écarta avant que la lame ne se plante dans sa peau. Bela agissait de façon désordonnée et était émotionnellement instable, mais elle était rapide et parvint à couper plusieurs fois la peau de Rip. La soldate tomba un genou sur le sol, son corps fut plein de coupures.
Bela s'arrêta soudainement.
_ Mère ?
Attirée par les cries de colère d'Alcina, l'ainée ignora un instant Rip pour venir se pencher par-dessus la rambarde. Elle fut horriblement choquée par la transformation de sa mère. Depuis toujours, les filles savaient que le cadou pouvait amener à des mutations incommensurables, mais elle n'avait jamais observé ça chez leur mère et Bela en perdit sa concentration durant le combat.
Rip se releva, saisit son épaule et lorsque Bela se tourna vers elle, la frappa au visage. Le coup surpris Bela, qui tomba au sol. Sa faucille lui échappa des mains. Rip lui sauta alors dessus, son corps à cheval sur le sien, pour tenter de la frapper à plusieurs reprises. Le corps à corps n'était pas la spécialité de Bela, encore moins sans son arme. Cela aurait pu être le cas pour Rip mais dans le passé, elle avait demandé à Zorin et au Capitaine de l'entrainer à se battre comme eux. Et Zorin, en bonne formatrice qu'elle était pour la boxe et le cassage de gueule, lui avait bien enseigné la frappe et les coups qui font mal. Bientôt la vampire fut en train de dominer son adversaire, alors que Bela peina à esquiver la plupart des attaques, alors que le tapis amorçait les coups ratés et que Rip avait où viser.
Mais heureusement pour elle, cela dura peu de temps dès lors que la transformation d'Alcina prit fin et que Zorin fut entrainée à l'extérieur. Avec la destruction des murs, le sol se mit à trembler et Bela profita que de la surprise de Rip pour la pousser sur le côté. Son corps libéré, la goule tenta de se redresser en s'aidant de la rambarde. Son corps ne guérissait presque plus, mais elle ne voulait toujours pas abandonner. Malheureusement pour elle, Rip ne fut d'accord et revint vers elle pour la frapper violemment au visage. Sa rage contenue dans son poing fut suffisante renvoyer Bela au sol. Cette fois-ci, elle fut sonnée.
Elle s'apprêta à continuer, mais n'entendant plus les bruits de la faux et les paroles provocatrices de sa camarade, Rip s'arrêta. Elle regarda à son tour par-dessus la rambarde et constata l'absence de Zorin, sa faux et son manteau laissés derrière elle.
Rip décida d'abandonner son combat et de foncer vers l'armurerie pour retrouver son mousquet afin de pouvoir porter secours à sa camarade.
Elle était venue la sauver après tout.
_ J'arrive Zorin ! Tiens bon !
Rip chercha après la porte, luttant en même temps pour que son corps ne s'effondre pas. Mais c'est lorsque celui-ci connu une petite baisse d'énergie que Rip, en se rattrapant contre une porte marron, restée entre-ouverte, pourvue d'un visage blanc aux yeux rouges dressé au-dessus de chérubins, qu'elle tomba sur le sol et que sa tête, penchée en arrière, aperçue la porte à l'emblème doré de la maison Dimitrescu.
_ Enfin !
Rip se releva rapidement, la joie sur son visage blessée.
Derrière elle, Bela secoua sa tête et se remit sur ses pieds à son tour, après avoir furieusement saisit sa faux sur le sol.
Dehors, la balle fut dans l'autre camp. Alcina ne laissait aucune seconde de répit à Zorin Blitz et l'attaquait sans arrêt. La soldate ne cessait donc de courir et d'esquiver les coups de Lady Dimitrescu. Toutes ses tentatives pour la trancher en deux avec ses griffes, de la frapper avec ses ailes ou avec son appendice caudal, sans parler de toutes les fois où elle essaya de la blesser en lui lançant des pierres et des restes en fer de la fabrique en pierre du jardin, maintenant en ruines.
Mais ni Alcina, ni Zorin n'étaient prêtes à abandonner l'affrontement. Et puis Zorin décida qu'il fut temps d'agir. Elle n'avait cessé de courir dans toute la cour, de tenter d'emprunter les différentes portes et de vouloir reprendre sa faux, mais à chaque fois, Alcina parvenait toujours à lui bloquer le passage ou de lui faire prendre un autre chemin, la ramenant au centre de la petite cour. L'une de ses attaques fut un coup d'aile qui envoya Zorin dans l'un des bosquets de fleurs. Cette attaque sera la dernière. Baisser la tête, se pencher, rouler sur le sol, courir, ... Zorin n'était pas une souris.
Zorin aperçut l'un des soutiens en fer de l'abri, posé sur un autre bosquet. Il était maintenu dans cette position penchée par les morceaux restants du toit. Alcina se tenait derrière le dit-bosquet. Zorin prit le risque. Elle se redressa, courut et monta sur cette poutre en fer malgré le risque qu'elle cède sous son poids. Son vampirisme lui conférait une très bonne agilité, mais elle possédait aussi une très forte masse musculaire. Zorin fonça sur la comtesse. Lorsque Lady Dimitrescu s'en aperçue, elle donna un très violent coup de queue dans la barre en fer et la balaya vers la bâtisse comme une simple allumette. Zorin sauta dans les airs, juste avant le coup, la position d'attaque était parfaite. Car dans son geste, Alcina orienta son visage et sa mâchoire dans la direction adéquate pour être violemment frappée par le coup de poing enragée de Zorin Blitz.
Les muscles de Zorin étaient bien loin d'être en mousse. Le coup fait mal, mais pas assez pour faire souffrir la dragonne. La châtelaine ressentit plutôt ça comme une piqûre d'insecte. Zorin atterrit sur ses jambes, mais elle n'en resta pas là. Elle se tourna vers sa rivale et la rua de poings dans le ventre et l'abdomen. Alcina grogna bruyamment cette fois-ci. Mais sa lenteur, alors qu'elle eut le désir de lui porter un autre coup de griffes, lui valut un second coup à la mâchoire, de l'autre côté. Zorin utilisa cette lenteur et cette grandeur également pour se hisser sur elle, en appuyant son pied droit sur l'une de ses cuisses, la main gauche sur son épaule et l'autre pour porter une autre attaque sur la tempe, les muscles de l'allemande l'aida à mettre en pratique tout cela.
Alcina repoussa une énième fois Zorin avec l'une de ses ailes. Zorin se retrouve sur la pierre enneigée, sur ses quatre membres, elle bondit de nouveau sur son ennemi, comme une lionne en colère. L'assaut fut plus brutal et l'animal parvint à faire chuter le dragon sur le sol glacé. Encore une fois, Zorin ne retint pas ses coups et asséna violemment Alcina de nombreux coups de poings. Mâchoire, oeils et nez en furent victimes. Quand Alcina tenta de repousser Zorin, la faucheuse mordit son bras. Ne voulant qu'elle touche de nouveau à son sang, Alcina retira brutalement son bras de la prise, sa chair en fut déchirée. Alcina s'en voulu de son prochain geste, mais par pitié, seulement parce qu'en rentrant ses griffes, et en donnant, elle aussi, un coup de poing dans la mâchoire de Zorin, ce qui désarçonna la femme et lui permit de la pousser une fois pour toute de son corps, elle se sentit comme ayant été obligée de se battre comme un homme pour pouvoir se défendre.
Frustrée, elle se remit debout rapidement pour retourner au plus vite combattre l'autre sorcière. La soldate avait la mâchoire déboitée. Elle l'a remis en place, non sans hurler de douleur. Mais autant dire qu'une autre tacle d'Alcina comme celle-ci pourrait l'amener à la défaite. Zorin revint dans le combat, Alcina avait le visage en sang, sa langue sentit même certaines de ses dents bouger affreusement et elle versa accidentellement une larme à l'idée même d'imaginer son visage déformé par cette femme.
Lorsqu'elle s'avança vers elle, la soldate se dirigea vers l'une barres en ferraille et usa de toutes ses forces, qui commençaient à faiblir dangereusement, pour la diriger vers Alcina avant qu'elle ne la frappe. Coup de chance du diable, la dragonne s'empala dessus, mais la barre transperça seulement l'un des flancs et brisa juste quelques côtes sans toucher l'un de ses organes vitaux. Et cela se confirma quand Alcina attrapa une autre des barres en fer et réussit à se mouvoir dangereusement avec, non sans intention d'empaler Zorin à son tour.
Zorin devait de nouveau fuir.
Rip traversa la porte à l'emblème. Ouverte ? Quelle chance ! Mais à l'intérieur, une salle au papier peint bleuâtre. Rip se rappela des paroles de sa camarade. L'entrée était dans la cheminée et effectivement, elle aperçut le passage secret. Elle rampa rapidement l'intérieur et avança jusqu'à la pièce après avoir passé le couloir étroit.
L'un des murs de la pièce était cloué de planches.
Rip chercha frénétiquement son arme, balayant et renversant tout sur son passage. C'est lors de ses recherches qu'elle découvrit quelque chose d'intéressant...
_ Ça pourra servir...
Elle le mit dans les poches de son manteau maintenant bien abimé. Puis elle le vit, suspendu sur deux crochets plantés dans le mur. Cassandra n'avait pas manqué d'afficher son trophée de chasse, mais la chasseresse était venue reprendre son dû.
Rip sortie de la pièce, il lui restait un sachet de balles et de la poudre au fond de sa poche.
_ C'est bon Zorin !
Rip rampa à travers la cheminée et sortie de la pièce.
_ Surprise sale morveuse !
La faucille lui trancha le haut de la poitrine. Rip se cambra, Bela en profita pour porter une autre coupure sur sa joue. Le sang jaillit de sa chair et les cris de sa gorge. L'entaille sur le torse fut profonde et celle sur sa joue brûlante. La faucille avait par ailleurs heurté ses lunettes et celles-ci furent éjectées hors du nez de Rip. Sans elle, Bela ne fut qu'un amas flou mais qui n'hésita pas à lui couper la chair une seconde fois, puis une troisième dans la poitrine. Rip s'effondra, le sang à travers ses vêtements. Bela lui envoya son pied dans le visage, Rip tomba au sol.
Au même moment, Zorin se fit clouer au sol. Une glissade sur les pierres gelées la mise à terre et Alcina, dans sa furie, mais loin d'elle, parvint à l'atteindre avec le piquet en fer et lui transperça sa cuisse droite. Malgré sa puissance, ses forces ayant baissé, Alcina ne transperça pas la pierre, mais Zorin était bien bloquée au sol, sur le dos telle une araignée dont on venait de bloquer la patte. Zorin hurla évidemment et se rendit bien compte de son blocage. Son mental ne put s'empêcher de rester de marbre. Elle arrivait au bout de ses forces et Alcina la tenait enfin à ses pieds.
Alcina s'avança vers elle, son corps se pencha vers Zorin, les griffes sorties, quand son corps fut soudainement stoppé par une douleur atroce. La barre en ferraille, déjà implantée dans son corps, se heurta contre le sol. Elle la retira et Zorin en profita pour retourner son corps et frapper la barre avec sa jambe. La barre échappa ainsi aux mains d'Alcina. Quand elle voulut se déplacer pour la rattraper, elle fit la même erreur et se pencha beaucoup trop, enfonçant plus profondément encore dans son corps.
Agacée et souffrant, elle retira la barre. Zorin fit de même.
La prochaine attaque sera pour celle qui réagira le plus vite.
Bela se jeta sur le dos de Rip et lui tira sur ses cheveux. Rip devina vite son idée et attrapa juste à temps l'intérieur de la faucille avec sa main pour qu'elle ne lui tranche pas la gorge. Ses gants se déchirèrent, sa paume commença à saigner, Rip à siffler bruyamment alors que Bela tirait de toutes ses forces ses cheveux vers l'arrière et forcer de plus en plus la faucille vers sa chair.
Jusqu'à ce que Rip en appel à son camarade le plus cher : son mousquet. Rip saisit son arme et frappa plusieurs fois le flanc de Bella avec sa crosse. Elle y mit toute sa force, encore et encore, jusqu'à ce que Bela faiblisse sa poigne sur sa faucille, ce qui permit à Rip de repousser l'arme d'un coup sec et de l'éjecter des mains de sa maîtresse, jusqu'au bout du couloir qui menait au hall principal. Rip releva ensuite sa tête en arrière, cogna le visage de Bela puis utilisa de nouveau sa crosse pour la pousser d'elle, en arrière. Bela finit par se reculer d'elle-même, accablée par les coups, se mit debout dans le but de sauter par-dessus de Rip pour courir jusqu'à son arme tant qu'elle fut encore au sol.
Mais Rip s'assit et la longueur de son mousquet lui permit de la frapper une nouvelle fois avec sa crosse, cette fois-ci au visage et Bela l'encaissa beaucoup moins. Rip se mit debout et la cogna une nouvelle fois. Elle prit son élan et balaya le corps de Bela vers le mur, en martelant le côté de son crâne. Bela ne put s'empêcher de pleurer après toutes ses blessures et se laissa tomber à genoux.
Rip avait perdu beaucoup de sang aussi. Elle parvint à retrouver ses lunettes grâce aux reflets des bougies qui les faisait scintiller dans la pénombre et réussie à se mouvoir jusqu'à la faucille. Elle sortit du couloir avec et la balança par-dessus la rambarde. Bela reprit courage et se leva. Rip avait disparu de son champ de vision. Elle souffrait, pleurer et perdait du sang et des mouches de partout. Le froid avait ralenti sa guérison, puis ses blessures rallongées le processus. Maintenant son corps ne guérissait plus. Elle marcha en s'appuyant contre le mur, jusqu'au bout du couloir, pensant vainement avoir encore une chance.
Et à la sortie, elle eut affaire un visage des ténèbres, avec deux grands ronds blanc lumineux et un sourire machiavélique, digne d'un chat de Cheshire sadique et monstrueux (Malgré ses trois canines absentes).
_ Pour mes dents, moucheronne !
Le long mousquet armé, Rip tira.
Le corps de la sorcière aurait sans doute pu tenir encore un peu contre une balle, mais pas contre les balles magiques de Kaspard.
La balle en métal qui sortit du long canon transperça Bela une fois, puis vola, changea de direction et reviens à elle, la transperçant une nouvelle fois, et encore, et encore...
Le total des entrés et sorties dans son corps lui échappa. Bela hurla une dernière fois.
_ Bela ! AAAAAAAAAAAHHHHHH !
Alcina hurla. Elle aurait pourtant eu l'avantage ! Alcina était debout et n'avait eu qu'à retirer le pal de son corps avant d'attaquer. Zorin devait retirer le sien de sa cuisse puis se remettre sur ses jambes, alors que sa cuisse fut endommagée. Elle aurait pu l'achever une fois pour toute mais le cri de sa fille ainée la déconcentra.
Un instant.
Un trop long instant.
Zorin se releva et renvoya son pal dans le corps d'Alcina qui venait de se libérer du sien. Les dernières forces qu'elle usa, lui permirent de transpercer cette fois-ci l'abdomen d'Alcina. Dimitrescu se cambra sous la douleur, recula même. Zorin prit son élan et courut. Elle hurla la douleur dans sa cuisse tout le long du chemin et puis se cogna enfin sur Alcina.
Dans leur chute commune, les yeux dorés foudroyant de colère et de vengeance d'Alcina Dimitrescu et l'oeil vert de Zorin Blitz se rencontrèrent, ainsi que leur visage blessé et leurs canines acérées avant que le corps d'Alcina claque contre le sol, Zorin juchée au-dessus d'elle.
Le sang bouillonnant mais le corps mutilé, Alcina cracha sa colère sur Zorin.
_ Je...te...tuerai...
_ Bienvenue en enfer.
Zorin la frappa une dernière fois, la sonnant un instant. Elle se releva ensuite. Les cris de Bela signifiait pour elle que Rip avait réussi et Zorin ne voulait pas d'un troisième round. Le temps pressait, Alcina ne restera pas au sol longtemps. Dès que Zorin s'éloigna d'elle, Alcina fut déjà en train de retirer le pal en fer de son corps, pour la seconde fois. La soldate marchait mais chaque pas fut une abominable douleur, comme un couteau qui tranche.
Au niveau supérieur, Bela s'écroula. La noirceur du visage de Rip s'effaça pour laisser place à un sourire victorieux, faisant tournoyer son mousquet dans sa main avant de le mettre sur son épaule. C'est là qu'elle entendit Zorin revenir dans le hall.
_ Zorin, cria-t-elle.
_ J'espère qu'on peut y aller maintenant, gronda l'allemande.
L'illusionniste ramassa son manteau qu'elle avait laissé tomber juste avant son combat avec Dimitrescu et le remit difficilement sur ses épaules. Ensuite, elle ramassa sa faux. Rip s'apprêta à la rejoindre lorsqu'elle eut une idée en regardant le lustre, ainsi que le corps de Bela. Elle se rappelait à quelque point la mère aimait ses filles. Zorin, elle, vit Alcina se remettre debout derrière elle et retirer le pal, la souffrance et la fatigue était sur leur deux visages.
Zorin savait qu'elle les poursuivrait une fois dehors.
_ Il faut qu'on se sauve Rip !
_ Attends !
_ QUOI ENCORE ?!
_ Je veux montrer à Maman que je me suis bien occupée de sa fille.
Rip pointa le lustre avec son mousquet puis sortit de sa poche sa trouvaille dans l'armurerie : des bombes tuyaux.
Zorin comprit et sourit.
_ Mmmm... Oui refaisons une petite déco avant de partir !
Rip lança son mousquet à Zorin, ensuite elle courut vers le corps de Bela.
_ Dépêche-toi, lui cria Zorin en voyant Dimitrescu se remettre petit à petit debout.
Bela, comme ses soeurs, fut assez légère à tirer mais Rip fut loin de trouver la tâche facile à cause de ses blessures. Toutefois, elle parvint à l'amener jusque dans les escaliers, son corps ayant laissé des mouches ensanglantées et inconscientes sur la route. Zorin lâcha leurs armes et vint l'aider. Elle mit Bela sur son épaule et l'amena juste en dessous de l'immense lustre.
Alcina arriva au milieu de la petite cour, elle avait retiré le pal et le sang avait complètement imprégné sa robe. Elle se tenait au centre de la cour quand elle aperçut Zorin avec le corps de sa fille ainée et la déposa devant ses yeux, un sourire sadique sur les lèvres, sous le lustre. Alcina sentit son coeur se serrer.
_ Non... NON !
Zorin et Rip sortirent les bombes tuyaux. Elles furent allumées avec le briquet de Zorin. Alcina rentra expressément dans la maison, juste au moment où elles lancèrent les bombes en haut du lustre. Alcina traversa la salle à manger, les bombes explosèrent. Les chaines du lustre tremblèrent et Alcina écarta ses ailes pour voler jusqu'au corps de sa fille et la protéger avec le sien.
Elle regarda le plafond, le lustre ne tomba pas.
Elle baissa les yeux vers les deux femmes. Deux autres bombes tuyaux furent allumées.
_ On se reverra, lui cracha Alcina dans le sang.
_ J'espère bien chérie, lui dit Zorin.
Alcina n'aurait pu attaquer une nouvelle fois sans perdre sa fille. Lorsque les bombes atteignirent le lustre, les deux explosions accentuèrent les dégâts causés par les précédentes.
Ce n'est que le lustre qui tomba, mais une partie du plafond et de la pierre auquel il fut attaché.
Et les débris chutèrent sur la maîtresse du château, dont le dernier acte de la bataille fut de protéger sa fille ainée sous ses ailes maternelles.
Rip et Zorin reprirent leurs armes. Elles fuyèrent juste avant l'explosion et l'effondrement.
(Voilà ! C'était mon combat bourrin ! Et dans l'action, j'ai oublié le manteau de Zorin, que Bela ne saigne pas vraiment et que le "Grand salon" s'appelle le "hall principal" parfait !)
