Donna serra Angie contre sa poitrine. Elle fut réveillée par les grilles de l'ascenseur qui essayaient de s'ouvrir mais le mécanisme semblait connaître un dysfonctionnement. Les portes bloquant alors au sous-sol. Donna se redressa, lâchant Angie. Elle essaya d'écarter les portes avec ses mains mais sa force était bien moindre que celle de sa sœur ainée. Donna regarda autour d'elle, c'était la manche de la faux qui gênait l'ouverture. Elle avait dû se glisser dans l'un des losanges en ferraille dans le feu de l'action et passer au travers une fois au rez-de-chaussée, empêchant toute ouverture automatique des portes de l'ascenceur.

Donna se jeta alors sur le manche en métal pour le tirer vers elle.

_ RAAAAAAH !

Zorin se releva, grognant soudainement. Donna sursauta, elle se retourna pour voir une femme monstrueusement musclée et puissante prête à la tuer. Zorin se recula, appuya son dos contre la paroi de l'ascenseur et donna un coup de pied brutal dans le ventre de Donna. La jeune femme italienne sentit l'écrasement violent sur sa cage thoracique et son souffle se couper subitement. Vint ensuite l'explosion de douleur dans son dos quand, expulsée par une force herculéenne, la grille en fer s'enfonça dans sa peau avant qu'elle n'y passe au travers, lui coupant quelques peu la chair, puis vint s'écraser contre le mur en bois, dans la pièce en face de l'ascenseur.

Son corps s'encastra dans le bois avant que la gravité la rappelle au sol, ainsi que la douleur.

Donna cracha du sang, plusieurs fois, elle voyait floue et ne parvenait pas à se remettre debout. Impossible. Elle resta à quatre pattes. Le corps à corps, la violence, le sang, ceux-ci ne faisaient pas partis de ses capacités. Dégageant sa faux, Zorin s'avança hors de l'ascenseur.

_ Ne t'approche pas monstresse !

Zorin regarda sa jambe, Angie venait de s'accrocher à elle. Zorin saisit les deux jambes de la poupée avec sa main. Elle claqua brutalement la porcelaine contre le mur, telle une vulgaire peluche.

_ ANGIIIIIIIIIIIIIIE !

Donna hurla.

Lorsque Zorin regarda de nouveau la poupée, Angie lui parlait de façon désarticulée, mais en ne cessant pas d'insulter la soldate qui, apercevant une masse visqueuse et répugnante pulser sous le crâne en porcelaine brisé, la jeta de nouveau contre le papier peint.

Donna se mit à pleurer bruyamment, crier, hurler, paniquer, trembler, vomissant plus de sang encore. Dans le même temps, prise par l'agacement, Zorin sentit son estomac agir étrangement, nauséeux même. Elle était affamée. Trop de puissances non ménagées, il lui prit le désir de vider cette femme de son sang, elle avait horriblement faim à présent.

Elle avait tout donné dans son coup pied irréfléchi. Sa haine et sa rage étaient toujours intacte néanmoins.

Zorin s'avança alors tandis que Donna fut toujours à quatre pattes, tremblante au-dessus du parquet.

Seulement, si Zorin était forte, elle n'était pas insensible au Deus Ex Machina.

Avançant pourtant en grande enjambées, l'esprit de Zorin fut soudainement surpris par une puissante illusion noirâtre qui obstrua sa vision. Zorin serra sa faux, par réflexe. Le sol et les murs s'écartèrent autour d'elle, transformant la petite pièce en gigantesque hall de l'angoisse, les couloirs et les portes ne se multiplièrent puis subirent une violente torsion qui les dispersa partout autour d'elle, y compris au-dessus de sa tête.

Donna disparut, la logique et l'espace disparurent en même tant que la frabricante de poupée du village. L'ascenseur y comprit. Mais la noirceur ne se dissipa point, elle demeura dans la vision de l'illusionniste, ce qui assombrit fortement la labyrinthe de non-sens créé par Donna et une impossibilité de s'orienter.

Cependant Zorin sentait encore l'odeur de son sang comme si les blessures de Donna furent sous son nez.

Et c'était le cas en réalité.

La soldate n'était pas dupe. Donna avait juste créé une puissante illusion visant à lui faire perdre toutes notions d'espace et de matière. Un cas d'école pour la sorcière vampirisée. Zorin n'entendit pas le morse cette fois-ci, tant mieux, se disait-elle, d'autant qu'elle n'avait pas peur.

Pas pour l'instant en tout cas.

Même si les portes et les couloirs étaient dans tous les sens, c'était juste un labyrinthe de cauchemar pour elle.

Donna se tint face elle, debout. Zorin n'y crut pas une seconde, elle pouvait sentir sa douleur et sa présence mais Donna était déterminée et tout aussi en colère que l'allemande.

_ Tu veux jouer ? On va voir ça ma petite vipère !

Zorin tendit sa main, ses tatouages s'illuminèrent et son troisième œil s'ouvrit et son oeil droit s'éclaira de mille feux de vengeance. Zorin se pencha, son troisième œil contre le sol. Les lettres gothiques glissèrent de sa peau, elles recouvrirent chaque porte, chaque couloir, chaque mur de l'illusion jusqu'à envahir toute l'obscurité avant de se jeter sur Donna.

La jeune femme ferma les yeux face à l'attaque, croisant les bras, s'entendant gémir de douleur, elle bloqua les lettres avec une nouvelle vague d'obscurité. Les lettres de brisèrent dans l'attaque et la noiceur recouvrit les lettres. Zorin grogna et stoppa à son tour l'attaque, concentrant les lettres autour d'elle. Durant sa stabilisation, Donna se mit à courir.

Zorin n'essaya même pas de la poursuivre après ça, car la jeune femme était toujours au même endroit pour elle. Elle se mit plutôt à marcher et suivit l'odeur du sang, droit devant elle, se disant qu'elle finirait par atteindre le corps en transe tôt ou tard. Donna lui renvoya plusieurs illusions de portes sur le chemin. Zorin s'énerva, elle les brisa toutes, les unes après les autres, n'hésitant pas à frapper entre les portes pour détruire les murs du mental de Donna.

_ Tu peux toujours essayer de jouer avec moi, mon esprit en a vu bien d'autres avant le tien, je ne suis pas un petit enfant que tu peux avoir avec la peur du noir et des monstres !

Zorin continua d'avancer quand l'odeur du sang vint sous son nez et qu'elle aperçut la forme recroquevillée au sol, couvert par l'obscurité.

_ Je te tiens, dit-elle en saisissant la masse noire.

Des mains aggripèrent à ses pieds, Zorin fut tout un coup entrainée dans le sol et se retrouva dans un gouffre. Elle subit une courte chute mais un atterrissage horriblement brutale malgré les efforts de son esprit pour ne pas en croire l'existence. Ainsi son corps manifesta de la douleur.

_ Tu n'es pas la première assoiffée de sang qui tente de m'attraper, hurla au loin l'italienne.

Zorin se releva en grognant. Le gouffre se referma et elle se retrouva dans une poche de ténèbre que sa vision vampirique ne parvenait pas à percer.

_ Votre faim passe par-dessus tout, continua Donna.

_ La ferme, lui grommela-t-elle en tremblant légèrement.

Zorin maudit sa nature sur le coup. À défaut de la rendre très puissante, son estomac en était l'esclave. Elle réveilla son troisième œil dans l'obscurité et réussit à se forger une plate-forme de lettres gothiques sous ses pieds pour lui servir de repère dans l'obscurité.

Elle commença à marcher, quand un faux couloir s'éclaira soudainement de lumières artificielles. Zorin s'y aventura. Elle s'étira et fit rapidement craquer ses os dans l'espoir de faire oublier la douleur. C'est là qu'une silhouette lui apparut. L'odeur du sang de Donna également, Zorin se mit à courir et se jeta dessus. Elle la plaqua au sol.

_ Rip ?!

_ Zorin ?

La soldate se redresse, Rip était devant elle.

_ Qu'est-ce que tu fais là ?

_ Je suis venue te chercher. Mais les couloirs se sont devenues bizarres, je comprenais rien !

Zorin dessera le poing, elle ne voulait pas s'en prendre à Rip.

_ C'est une illusion, répondit-elle

_ Quoi ? Oh ! Tu es blessée ?

_ Oui, dit Zorin en regardant autour d'elle, tu n'as pu vu quelqu'un d'autre en venant ?

_ Tubalcain, oui, je lui ai tiré dessus, souria Rip.

Zorin soupira, tout en sentant son cœur battre à une vitesse affolante, bien qu'elle soit déjà morte.

Zorin frappa violemment Rip.

_ Je sais que c'est toi, hurla-t-elle.

Les yeux de Zorin étaient injectés de sang. Rip finit au sol, elle se mit à pleurer et à paniquer.

_ Zorin ! Mais putain c'est moi ! Qu'est-ce qui te prends ?!

Zorin sentit son sang devenir encore plus chaud, bouillir énormément et son estomac se tordre encore plus. Rip avait l'odeur du sang de Donna. Ce n'était pas elle, on ne pouvait pas l'avoir comme ça !

Elle se jeta sur la gorge de Rip. Ses crocs étaient moins acérés que ceux de la plupart des vampires de Millénium mais Zorin avait une faim carnassière. Elle aspirait le sang avec une énorme vitesse et pouvait se gorgeait de plusieurs litres de sang avant d'être rassasiée. Elle entendit les pleurs et les gémissements étranglés de sa camarade mais n'écouta rien de cette illusion. C'était un sang inconnu, celui de cette femme. Le corps fut écrasé par l'étau de ses bras et la gorge broyée par sa mâchoire de lionne.

Le sang soulagea son estomac et il avait vraiment le même goût que celui de Rip.

De celui de...

Zorin relâcha sa prise avec une soudaine horreur.

Il y avait une Rip morte sur le sol. Elle se releva, désorientée. Le sang n'avait maintenant plus la même odeur, il sentait que comme celui de Rip, elle avait le goût de son sang sur la langue.

_ Tu as arrêté de me poursuivre ?

Donna apparut devant elle, elle se mit à sourire avec une certaine moquerie, ce qui déforma son visage si doux.

L'expression de Zorin changea, sa rage disparut en clin d'œil. Son esprit se perdit, elle s'égara.

_ Non... non... Je n'ai pas fait ça, trembla ses lèvres.

Zorin serra sa tête entre ses mains, une profonde angoisse s'installa en elle. L'absence du morse dans son esprit la perturba encore plus, est-ce qu'elle avait vraiment tué Rip de ses propres mains ?

_ C'est une illusion... C'est une illusion... C'est une illusion... Non je n'ai pas ça ... NON JE N'AI PAS FAIT ÇA !

Donna commença à rire.

Zorin tomba à genoux. Elle se saisit du corps de Rip et le serra contre sa poitrine. Elle se mit à pleurer.

_ Rip ! Je t'en pris reviens moi ! Je suis désolé ! Tu sais que je suis désolé pour ça !Je suis désolé !J'ai besoin de toi moi aussi !

_ Il n'est pas bon de s'attacher à quelqu'un. C'est ce qui nous ralentit dans la vie. C'est ce qui provoque chez nous des actes irréfléchis.

Zorin releva ses yeux humides.

_ Qu'est-ce que tu racontes... Alors pourquoi tu as gardé cette viande pourrie de Tubalcain avec toi, cracha Zorin.

_ Oh, je voulais juste avoir un assistant avec moi, répondit la fabricante de poupée. L'expression de son visage devient encore plus tordu et rieuse. Vous êtes probablement une menace pour Mère Miranda mais moi, je vous trouve tous faible d'esprit !

Le corps de Donna se tordit dans l'obscurité, son sourire moqueur et victorieux fut la seule chose qui éclaira sa folie, celle-ci n'étant plus cachée par Angie. Elle se transforma psychologique en une véritable démone dépassant Blitz.

Zorin laissa retomber le corps de Rip. Elle pourra brûler pour l'éternité pour son crime, mais elle ne partira pas sans avoir refait le visage de celle qui riait devant elle et devenait complètement instable. La rage remonta en elle.

_ Je vais t'emporter en ENFER !

La sorcière vampire saisit sa faux et bondit soudainement sur Donna, ses crocs sortis et sa rage transformée en haine. Donna en fut à peine surprise. Une telle réaction était prévisible. Elle s'écarta juste d'un pas en arrière et Zorin chuta de nouveau dans un autre gouffre. La chute fut plus longue cette fois-ci, cela laissa présager un atterrissage bien plus douloureux, ou bien cela sera-t-il une chute sans fin ? Zorin essaya en vain de se ralentir avec sa faux, mais il n'y avait pas matière à laquelle elle pouvait se raccrocher.

Et si elle avait vraiment tué Rip, valait-il la peine de combattre ?

Ne valait-il pas mieux de tomber ?

Zorin se rappela d'une scène, dans la neige, où elle retrouva Rip avec son mousquet, allongée dans le paysage blanc. Grelottante et sanguinolente, abandonnée et désorientée, jusqu'à ce qu'elle entende quelqu'un marcher jusqu'à elle. Elle se retourne, d'abord effrayée puis une vague de bonheur innonde son visage.

_ "Zorin ! C'est toi ? Tu es revenue !"

_ NON ! Je ne n'abandonnerai pas sale vipère italienne ! J'irais en enfer avec ta carcasse de sale mamba !

Zorin utilisa son troisième oeil. Cette chute n'était qu'une illusion, elle pouvait la briser. Zorin accrocha les bords, les lettres apparurent et s'étendirent sur toute la longueur des limites du gouffre. Donna ne se laissa pas impressionner, elle renvoya ses vagues d'obscurité jusqu'à Zorin. Alors, elle crut sentir les mains puissantes de la femme allemande saisirent ses poignets et commencer à tirer. En effet, lorsque l'obscurité lui revint, Blitz parvint à la "saisir" avec ses deux mains, tels de simples morceaux de corde, ce qui stoppa soudainement sa descente.

Donna stoppa son attaque. Suspendue alors dans le néant, Zorin se reforgea sa plate-forme mentale de lettres violettes. Ses lettres gothiques s'enroulèrent autour de ces deux bras noirâtres, elle tira ensuite de toutes ses forces sur ces derniers. Donna hurla de douleur, elle crut sentir ses bras être arrachés. Zorin ressentit l'odeur forte du sang de Donna. N'attendant pas la confirmation de savoir si Donna était en train de perdre le contrôle, Zorin se laissa croire que le gouffre s'était rétracté. Elle prit appuie sur son sol mental et bondit.

Le Lieutenant Blitz se retrouva bien un peu plus haut, sur une autre surface, devant la jeune femme. Elle croyait voir son corps se tordre et se dissoudre dans les ténèbres pendant que Donna continuait de crier en se cachant le visage.

L'esprit de Zorin se rappela alors d'une évidence que la mort de Rip lui avait fait oublier.

_ C'est vrai... Tu n'es même pas là... Même pas tu oses m'affronter !

Zorin donna un coup de faux dans ce corps inexistant. La jeune femme cria de nouveau, Zorin recommença, puis enchaina plusieurs coups d'affilés tout en se rapprochant de la jeune femme. Le sourire machiavélique de Donna devint un lointain souvenir pour la fabricante de poupée locale. Chaque coup tranchant qui fragilisa de plus en plus la stabilité de ses propres illusions et concentration. Lorsque Zorin cessa ses coups de faux, Donna sentit la puissance brutale d'un coup de poing en plein centre de son visage.

La sorcière ne ressentit pas la dureté du crâne, cela aida davantage son esprit à se retrouver dans sa désorientation précédente. Zorin entendit Donna crier. L'infection sur le visage de l'italienne gonfla sous ses yeux, son oeil fut aspiré par l'intérieur de son crâne. Ses lèvres s'agrandirent jusqu'à s'étendre sur toute la surface du visage en un sourire vulgaire et sa langue devint une abomination recouverte par une infection ignoble.

Zorin se mit à sourire alors qu'elle entendit hurler Donna comme si elle souffrait en temps réel de ces modifications corporelles extrêmes.

_ Je te remercie, lança Zorin, mais à défaut de m'avoir aider, ton sang ne m'intéresse plus désormais. Je n'en boirais pas une seule goutte.

Zorin se mit ensuite à rire et à se moquer d'elle. Le corps de Donna se déforma jusqu'à se transformer en une masse gélatineuse immonde fait de moisissure et de morceaux de chair.

Zorin leva sa faux au dessus de sa tête et la planta dans ce qui restait du haut du crâne de Donnan. Elle trancha alors en deux l'illusion qui se dissipa alors à travers l'obscurité.

Donna se mit à hurler. Le coup lui vint comme une guêpe dans un cauchemar. Avec ses blessures actuelles, ce dernier coup fragilisa encore plus son esprit. L'obscurité disparut alors autour de Zorin.

Recroquevillée contre le mur, Donna serrait les dents. Incapable de se remettre sur ses jambes, elle ne pouvait pas se lever et courir jusqu'à son laboratoire pour prendre un couteau et tenter de tuer la soldate. Donna sentit le pollen faiblir autour d'elle. Si seulement Tubalcain pouvait venir la chercher, dans quel état était-il ?

Donna trembla. Sa folie avait disparut. Elle était de nouveau en situation de faiblesse face à quelqu'un qui, pour la première fois, avait le pouvoir de l'égaliser dans le domaine des illusions. Elle pleura. Elle ne pouvait même pas se trainer jusque dans la pièce voisine pour aller chercher Angie et la serrer contre son corps appeuré.

_ Angie... Angie, ne cessa-t-elle dire, ANGIE !

Les bottes de Zorin résonnèrent, écrasant le bois du plancher. Le corps de Donna se crispa, elle ferma les yeux et se concentra de nouveau. Alors que l'obscurité venait de disparaitre et l'espace redevenu logique, Zorin fut en train de suivre l'odeur du sang dans les couloirs lorsque sa vision se troubla et que l'espace se disperça autour d'elle. Rien ne fut sans dessus-dessous comme la dernière fois, mais un nouveau labyrinthe se dressa devant elle.

Un autre type de cauchemar.

Zorin grogna sur le coup et hurla après Donna :

_ Tu peux continuer de jouer avec moi, je finirai par t'arracher ta tête ma petite vipère !

_ Sale garce, hurla Donna, je te ferai bouffer ta copine plusieurs fois d'affilées comme je l'ai déjà fait subir à Alcina ! À lui faire bouffer ses filles pour avoir été aussi bornée et égoïste que toi !

Donna manifesta ses paroles au travers d'échos qui partaient dans tous les sens dans les tympans de Zorin. Mais peu importe quand la soldate se rappela d'une chose que Donna ne savait pas. Les souvenirs de l'autre moucheronne rousse du château, dans lesquels leur panzer roumain de mère se comportait comme une mère-poule envers elle et ses deux autres soeurs.

À y réfléchir, Zorin aurait pu se faire plaisir aussi l'autre fois. À la torturer avec les souvenirs de ses filles. Torturer avec les images de ceux que l'on aiment...

_ Tu... Tu ne m'auras pas deux fois ! Je vais te chercher, te trouver et je t'arracherai toute ta peau de serpent avec mes canines ! Tu m'as compris ? Je vais te tuer !

La transpiration recouvrait le corps de Donna. La fièvre et la fatigue semblaient s'installer en elle. Elle craignait la perte de contrôle prochaine.

On ne piège pas une lionne deux fois.


Alcina se resservit un autre verre. Le temps était devenu interminable dans son château alors qu'elle se demandait depuis combien de temps Daniela était dans le coma. La jolie rousse et benjamine du trio ne s'était pas encore réveillée de son profond sommeil duquel sa mère craignait qu'elle ne revienne jamais. Ses larmes, qui ne cessaient de s'écouler le long de ses joues, ne faisaient que déchirer un peu plus son lourd cœur de mère impuissante.

_ Si seulement je pouvais venir t'aider dans tes cauchemars, dit-elle en caressant le front couvert de sueur de sa fille avec son énorme pouce.

Elle continuait de veiller la plus jeune alors que les deux autres sœurs qui composaient le trio se montraient quelque peu distantes avec elle depuis leur réveil. Alcina préféra ne pas insister à ce sujet. Et elle ne voyait que sa colère envers cette abominable femme. Elle espéra néanmoins que ses filles reviennent un jour à leur mère.

De toute façon, elles ne pouvaient pas quitter le château.

Alcina réfléchit à une solution. Après avoir refusé de se rendre à la réunion familiale, Mère Miranda ne voudrait certainement pas venir ausculter sa fille.

_ Qui peut bien s'y connaître à part elle ?


_ Une maison près d'une cascade ? Vous êtes sûr qu'aucun villageois ne sera dans les environs ?

_ Mais il n'y a pas de villageois Lieutenant.

_ Le village est vide de vie, il n'y a qu'une sorte de... Je ne sais pas... de truc gluant sur le sol...

_ Parfois le sol s'enfonce vraiment sous nos pieds quand on marche dans le village.

_ Pour le moment, on a vu aucune autre créature que celles que Lieutenant Blitz nous aient parlées. Suivez le chemin, traversez le jardin, la porte, la grotte, puis prenez l'ascenseur et vous aurez la maison, mais... Vous êtes sûr que vous voulez y aller avec personne ?

_ Si je ne reviens pas demain, vous n'aurez qu'à partir avec mon groupe d'hommes et celui de Zorin.

_ Et le Major ?

_ Je me porterai coupable pour ces actions.

_ Entendu... Bonne chance Lieutenant Winkle.

Rip quitta les soldats de Tubalcain. Elle préfèra ne pas se soucier des caméras dans le zeppelin et fonça au plus vite vers la sortie.

Lorsque l'odeur de la chasseresse s'éloigna des lieux, le Capitaine enjamba le pas.


(Deux choses, déjà j'ai complètement zappé que Zorin n'était plus dans sa tenue classique, mais l'espèce d'uniforme SS noire. Mais bon, il est certain qu'elle ne ressortira pas avec un uniforme en parfaite état donc bon ^^'

Et secondo, au début je me disais, Donna peut-elle manifester une hallucination de Rip sans la connaitre ? Au début, je me disais "elle a bien fait ça avec Ethan" mais c'est logique dans le sens où il était forcément sûr qu'elle en est apprise sur lui par Mère Miranda. Du coup, elle pouvait avoir des infos sur sa femme. Et pour Rip, j'ai fini par penser que Tubalcain lui avait parlé de ses camarades et donc Rip, donc les hallucinations de Rip pouvaient être logique dans ce cas.)