Les bottes de Zorin Blitz sont bruyantes, notamment parce que le poids des muscles de la vampire écrasait le parquet avec ses bottes militaires, craquant alors bien plus sous sa colère. Elle marchait activement, grognant telle la lionne enragée, tandis que sa faux claquait contre le plafond et les murs alors qu'elle recherchait Donna.

Zorin était plus qu'agacée de sentir sans arrêt l'odeur du sang de la fabricante de poupée alors qu'elle ne cessait de continuer à marcher dans son labyrinthe. Elle détruisait une porte pour en retrouver trois autres. Et si la soldate parvenait à fissurer les murs avec ses poings et les faire s'effondrer, Donna reformait alors aussitôt le labyrinthe pour continuer à la faire marcher. La femme savait pourtant que cela ne faisait que rendre fou de rage la vampire. Ce n'était pas une bonne chose alors que son sang s'écoulait toujours plus de son corps et que son esprit s'embrumait.

Zorin n'avait pas encore libéré ses pouvoirs pour détruire le labyrinthe, mais cela ne saurait tarder. Sa faim n'avait jamais été assouvie et sa rage ne cessait de croître. Donna continuait toutefois de croire qu'elle pouvait encore la désorienter un moment et tenir jusqu'au retour de Tubalcain. Elle ne sentait même pas capable de marcher, ni encore une fois, de se rendre dans une pièce quelconque pour y trouver une arme de fortune. Sa récente amitié la sauverait-elle vraiment ?

Pour autant, Zorin ne se laissa pas intimider par cette énième illusion. Lorsque les murs devinrent flous et que des incohérences surgirent dans la réalité, tel un trou dans le mur, une porte dans le plafond ou une fenêtre dans le sol, la soldate passa des grognements à un rire moqueur.

_ Ah ah ah ah ! Tu perds la tête ma petite vipère des îles ? On dirait que tu rencontres quelques difficultés !

Zorin s'étonna de se retrouver soudainement une certaine patience. Mais ce fut automatique dans son ADN, sitôt la faiblesse de la femme davantage sentit, le sadisme de Zorin Blitz se réveilla et apaisa sa rage, puis l'amena sur le chemin du plaisir de l'humiliation et de la fierté conquérante. Difficile pour elle de ne pas vouloir profiter de la Donna désemparée et souffrante pour lui faire savoir sa puissance. Il n'y avait pas meilleure torture après tout que de faire attendre la mort inévitable auprès de ses ennemis et de les laisser se battre contre la défaite tandis qu'elle écrasait leur espoir avec sa cruauté.

Elle ne manifesta pas alors ses pouvoirs contre Donna de nouveau et continua d'avancer, cette fois-ci en se moquant de sa future victime.

_ Cette petite rampante qui ne parvient plus à se trainer jusqu'à son nid ! Je vais te marcher sur la queue et je te laisserai crier pendant des heures avant d'écraser ta tête avec mon autre pied !

_ Sale garce...

Donna serra le poing, elle pouvait encore battre cette femme.

_ Je les déteste... Je les déteste toutes avec leur sale ego de femelle dominante... Il n'y a qu'un seul endroit pour vous...

Donna serra plus encore ses poings, son sang s'écoulait, mais elle voulait tenter une dernière attaque. La rage au ventre, elle se mit à respirer de plus en plus rapidement. Son cœur se mit à battre plus frénétiquement encore qu'il ne l'était déjà. Son action amena Zorin à retrouver sa trace et pouvoir parcourir le labyrinthe sans fin. En effet, les murs étaient en train de se rejoindre pour ne former qu'un seul chemin. Les portes devinrent moins nombreuses et les anomalies se dissipèrent dans le plafond ou le sol.

L'allemande retrouva ainsi bien vite l'italienne, prostrée au même endroit depuis sa sortie de l'ascenseur, la tête engouffrée dans ses bras. Elle aurait pu lui lancer sa faux ou s'élancer complètement sur elle, mais la sorcière eut pour projet d'avancer lentement et de se moquer encore plus de Donna avant de l'achever brutalement.

Ses moqueries et les rires dans sa gorge commencèrent sitôt le bout du couloir traversé, puis continuèrent et devinrent de plus en plus rabaissant à mesure qu'elle s'approchait de Donna.

Enfin devant elle, en position de domination, le corps de Blitz fut saisi par plusieurs mains qui l'emmenèrent à travers le plancher, dans un nouveau gouffre.

Encore une chute ?

Zorin perdit sa faux une nouvelle fois. Ce gouffre ne fut pas fait d'obscurité mais de lumière, une lumière rougeâtre. Son corps se mit soudainement à flamber. La sensation de brûlure devint intense, ce qui ne faisait pas bon ménage avec les derniers souvenirs de Zorin. Les flammes devinrent bleues et une vague d'obscurité s'empara du visage de la soldate qui se mit alors à sentir son visage disparaitre petit à petit dans une douleur atroce.

Ce voile noir recouvrit toute sa peau et ses cheveux. Ensuite, la partie droite de son crâne se mit à réduire de moitié très rapidement, tel un morceau de gomme sur le papier. Zorin ne parvint pas à hurler à temps alors qu'elle sentit la douleur de l'effacement et celle des flammes comme la plus abominable des souffrances qu'elle n'est jamais connue.

Dans la réalité, elle était allongée sur le sol, dans un état catatonique, les yeux grands ouverts, versant parfois quelques larmes.

_ Il n'y a que nous-mêmes qui puissions alimenter notre propre enfer, s'exclama Donna qui gémit bruyamment de douleur après ça.

Toutes ses propres illusions prirent complètement fin. Son sous-sol était en ruine et Angie, gisait toujours inanimée plus loin.

Pendant ce temps, Zorin avait le visage pratiquement effacé. Il ne lui restait plus qu'un petit quart de la partie gauche de sa tête, dont son oreille et quelques cheveux

Son corps ressentit ensuite un impact, du liquide. Sa peau, bien que brûlée, sentit immédiatement du mouvement dans cet eau, quelque chose qui nageait et rampait jusqu'à son corps. Elle ne parvenait pas à bouger, à savoir où elle était, mais elle ressentit les nombreuses présences la saisir puis empoigner chacun de ses membres et parties de son corps calcinés avant de tous venir lui murmurer à son oreille.

"Tu as échoué" "Tu as perdu" "Tu es morte" "Tu es nulle" "Tu as perdu contre elle" "Tu es finie"

"Tu ne remonteras plus" "Tu ne feras plus rien de ta vie" "Tu es terminée" "Tu as perdu contre

lui" "Tu n'aurais rien" "Tu es au fond du gouffre" "Tu as été humiliée" "Tu as été abandonnée"

"Tu as tué pour rien" "Tu as attendu pour rien" "Tu as subi tout ça pour rien"

"Tu n'as rien obtenu de cette vie" "Tu es là pour le restant de ton éternité"

Sans bouche, elle ne pouvait pas crier, ni hurler, ni insulter. Elle n'avait même plus de langue et de gorge suffisante pour essayer. Elle n'avait même plus d'esprit pour penser, pour hurler dans sa tête le désir que tout ça s'arrête malgré tous ses crimes passés.

Le morse se déclencha. Il semblait partir de son tympan, même de l'intérieur de son corps qui produit une répulsion dans l'eau. Elle éloigna toutes les présences à ces côtés.

D'autres voies vinrent alors, de nulle part :

"Zorin ! C'est toi ? Tu es revenue !"

"Vous êtes revenues Lieutenant ?"

"Lieutenant, je ne pensais pas... "

*Grognements qui s'atténuent*

"Lieutenant Zorin Blitz, vous revoilà parmi nous. Vous êtes décidément une véritable lionne. Je suis heureux de revoir l'une de mes femmes ici."

Donna essaya d'appuyer sur sa blessure mais sa vision était floue et une terrible migraine agressa l'intérieur de son crâne.

L'iris gauche de Zorin se colora en rouge.

Donna vit sa propre vie éternelle dans son regard lorsque Blitz se redressa tout à coup devant elle.

_ PITIÉ NON ! TUBALCAIIIIIIN !

Zorin se jette sur Donna, elle frappe une première fois son visage. Elle se saisit de son corps puis la claque violemment contre le mur, s'empare de sa tête avec sa main et recommence en multipliant les rencontres entre le crâne de Donna et le mur. Donna ne perd pas connaissance, à son grand regret, car Zorin avait déclenché ses pouvoirs sur son esprit. Elle la maintenait éveillée jusqu'à ce que sa rage cesse.

Un moment donné, une explosion de sang surprit Donna. Zorin avait réussi à faire éclater l'abcès, le visage de Donna était encore plus déformé à présent. La fabricante de poupée ne pouvait maintenant que pleurer et supplier en silence la fin de sa souffrance quand la soldate voulait lui faire payer toutes ses heures perdues dans cette maison à vouloir sauver bêtement un homme qui ne désirait pas être sauvé.

Une fois fatiguée par son attaque, Zorin jeta Donna contre les restes de l'ascenseur. Elle vint à elle puis la matraqua de coups de poings puis de coups de pied alors qu'elle fut à terre. Lorsqu'elle s'arrêta pour se baisser, Zorin appuyait brutalement son troisième oeil contre le front de Donna pour la maintenir éveillée et maltraiter sans pitié son esprit.

Les hurlements de Donna se coupèrent par une explosion qui désarçonna Zorin de la femme. Le plafond de l'ascenseur venait d'être percé. Plusieurs cartes volèrent à travers le trou et atterrirent sur Zorin, subissant alors plusieurs explosions qui l'éjectèrent plus loin. Zorin se retrouva à terre, dans la pièce d'en face, et vit Tubalcain descendre par l'ouverture.

_ Sale macaque ! Je vais te faire bouffer ton chapeau de paille pour ce que j'ai fait pour ta sale face !

Contre une Zorin enragée, Tubalcain privilégia la fuite, d'autant que ses blessures n'étaient pas complètement guéries. Donna avait réussi attraper l'un des bras d'Angie et de la trainer jusqu'à elle. Tubalcain prit Donna dans ses bras, elle était légère comme une plume mais couvert de sang comme un porc à l'abattoir. Zorin saisit sa faux et se jeta sur eux. Le Dandy man déploya une importante masse de carte, lui aussi il pouvait jouer aux illusions, même si cela ne l'empêcha de recevoir deux coups de faux dans le dos alors que Zorin essayer sans cesse de trancher chaque carte.

_ Merde, jura-t-il alors qu'il essayait de remonter Donna et lui hors de l'ascenseur.

Il ne cessait d'entendre les grognements enragés de la sorcière-vampire qui le mettrait en pièce s'il ne s'éloignait pas d'elle au plus vite. Son mur de carte ne le protégerait pas éternellement. Mais le Dandy man parvint à bondir hors de l'ascenseur par l'ouverture qu'il avait causé plus tôt. Il prit appui contre le mur puis sauta, rebondit contre la pierre qui composait le puit de l'ascenseur et saisit le câble de l'appareil. Ce dernier lui donna l'élan nécessaire, en s'aidant toujours du mur, pour s'élancer et regagner enfin l'étage supérieur.

Encore douloureusement tenue en éveil, Donna serrait Angie contre elle et ne put s'empêcher de gémir lorsque sa peau meurtrie entra en contact avec le froid de l'extérieur. Courant dans la maison, Tubalcain avait entendu les hurlements de Zorin ainsi que sa remontée bruyante. Il se précipita alors dehors. Une fois le seuil de la porte passée et aux premiers pas dans la neige, une faux se planta dans son dos.

Tubalcain tomba au sol, bloquant Donna sous lui. Zorin se rua sur eux. Elle arracha la faux qui se retenait à la chair et aux os, saisit Tubalcain et le jeta par-dessus le ravin.

Zorin se jeta une énième fois sur Donna.

N'écoutant point ses supplications, Zorin entoura son bras autour de sa gorge de Donna.