Titre : Thirst

Disclaimer : Les personnages et l'univers ne nous appartiennent pas malgré un chantage à base d'expédition par la poste de pages de Death Note et de trognons de pommes cloués selon un rituel vaudou. Nous ne touchons bien entendu aucune compensation financière pour la publication de ce texte, là encore le chantage n'ayant pas suffi ^^ ( On nous a mentiiii x) )

Rating : M pour certains chapitres, bien que ce ne soit pas encore justifié.

Bonsoir, merci pour vos commentaires !

Nous avons une espèce de baisse de régime sur ce chapitre là, une écrituro-torture à chaque seconde * sortez les mouchoirs et préparez vos dons * Le chapitre a été enfanté dans la douleur et la rupture de stock d'analgésiques, nous pensons d'ailleurs le laisser sur le perron d'une église et filer à l'anglaise en emportant les allocs xD

Un paquet de réecritures pour chaque POV, mais rien à faire, le résultat n'est pas satisfaisant pour nous. Voilà, ce chapitre est maudit XD

En espérant qu'il ne soit pas trop désagréable u_u (Il porte assez bien son titre d'ailleurs xd )

Les habituelles réponses aux anonymes avec un grand merci pour vous donner la peine de laisser un mot, même sans compte :)

Makubex :

Nous adorons casser les images des personnages, donc oui Raito hérite d'un short de bain à rayures et d'une collection de coups de soleil et L connait le bonheur d'une indigestion carabinée en plus d'un dîner absolument passionnant...les auteurs sont sadiques que veux-tu xd Mais rassures-tu nous ne comptons pas les achever ! Les insultes mentales ou à voix basse vont continuer encore un moment, je crois que le chapitre 9 sera assez à ton goût sur le sujet mais je n'en dis pas plus :) Nous aussi aimons beaucoup B, complètement taré et très intéressant ! Merci pour ton commentaire ;)

Akilina :

Dernière review anonyme, ça se fête ;) Je confirme "triturations mentales" ça existe bel et bien comme expression ^^ Nous sommes des monstres avec L, lui faire bouffer des légumes * rire sadique * Le pov L a été conçu pour alléger la première partie du chap (quelque peu mastoc malgré les petites insultes par ci par là, comme tu l'as bien relevé, qui visaient aussi à ahérer un peu le bloc). Cette jardinière a globalement soulevé le ventre de tout le monde, la description de Haaru est terriblement bien faite, L n'a pas été la seule victime de l'attaque légumineuse xD Merci pour ta review, motivante à bloc comme toujours ;)

Fear :

Bonjour Miss ^^ On s'amuse à traquer les fautes juste pour charrier Haaru heeeiiin ? Rassure-toi je ne lui laisserai pas oublier le tragique destin des pauvres thés sauvagement pendus (je compte bien appeller un futur chapitre comme ça niark ) Mais il parait que tu t'es déjà bien amusée sur le sujet, et moi aussi d'ailleurs ;) Un jour le harcèlement portera ses fruits, il faut y croire xd J'espère que Oshi ne te rappelle aucun professeur que tu as pu avoir, sinon toutes mes condoléances et mes voeux d'oubli rapide. Le mélange humour/ suspens permet de compenser un peu le côté manga, mais on va progressivement lâcher la base de l'histoire que tout le monde connait...Quand ce sera le cas, je te déconseille toute expertise psychologique là-dessus, on ne nous laisserait plus sévir XD ( Je sens venir les ravissants pyjamas aux manches attachées dans le dos et la splendide tapisserie capitonnée, ô bonheur...) Merci pour tous tes compliments, et je suis ravie que cette fic te plaise ! Et je sûre que Haaru aussi ^^


Chapitre 7

Le goût du mal


Comme annoncé, Ryuuga n'était pas présent le lendemain. Je n'allais pas laisser passer une occasion comme celle-là, surtout qu'il avait une fois de plus choisi de me réveiller à 4 heures du matin. Une vengeance pour le « Ryuuga, tout va bien ? » alors qu'il redécorait la cuvette des toilettes ? Scène très réjouissante en passant, mais le voir malade devrait être encore plus profitable pour mon humeur. Quel moment serait le plus opportun pour un coup de téléphone ? Autrement dit le plus inopportun. Les horaires entre minuit et cinq heures étaient son terrain de prédilection, exclus par conséquent. Le plus probant, certainement les repas.

J'attendis patiemment midi et demi, pour l'interrompre pendant et non avant. Il décrocha rapidement. « Bonjour, Ryuuga. Je ne te dérange pas, j'espère ?

- Si.

- Dommage alors. Parce que je ne compte pas le répéter. J'ai réfléchi à ta proposition. »

Des tintements métalliques et bruits de mastication emplirent mon oreille. C'était voulu. « Et ?

- C'est d'accord, mais j'ai une condition. Excepté l'exigence que tu manges bouche fermée.

- Hm mais chi je manche la bouche fermée che ne peux plus parler.

- Et ce n'est peut-être pas plus mal. Pour le moment mon intégration sera officieuse.

- Chet à dire ? – il déglutit – Une garde partagée ?

- Je préfère l'expression temps partiel. Tant que mon père ne sera pas rétabli, je ne peux pas participer pleinement à l'enquête.

- Il est d'accord avec ça ? »

Je maîtrisai l'agacement. Une fois de plus, attitude infantilisante à mon égard. « Il n'est pas au courant.

- Alors toute cette conversation est inutile.

- Pirate mon ordinateur à 21 heures ce soir. Ça ne devrait pas te poser de problèmes, tu n'en es pas à ton coup d'essai.

- Tu veux l'aide d'un adulte pour le convaincre ? Quelqu'un de majeur, qui saura trouver les mots pour papounet ? »

Ma main se crispa sur le portable. « Et tu as besoin d'un gamin qui n'a pas encore le droit de vote pour arrêter Kira, belle police.

- Il n'empêche que tu demandes mon aide. Comme un gosse qui n'arrive pas à lacer ses chaussures et qui attend qu'un grand le fasse à sa place.

- Tu compares mon père à une chaussure ?

- Prendre une métaphore au premier degré est bien le signe d'un comportement puéril.

- Chercher en permanence à établir sa supériorité se classe assez bien sur l'échelle de l'immaturité.

- Regardez qui parle.

- Exactement. Regardez qui parle. » Une vraie teigne. « Bref.

- Bref ? Tu insinues que je te fais perdre ton temps ? Nous sommes deux alors, ô joie. Un sms aurait suffi. »

Je roulai des yeux. « Je sais. » Mais ça n'aurait franchement pas été drôle. « Si tu veux mon aide pour ta petite chaussure récalcitrante, tu sais quoi faire. » Sourire moqueur « Bon appétit. »

Je raccrochai avec la sympathique certitude de l'avoir importuné. Un peu avant 21 heures, je convoquais mon père dans la chambre parentale et le forçais gentiment à s'asseoir sur le lit. Je posai l'ordinateur sur un meuble assez haut, l'écran positionné pour nous avoir tous les deux dans l'angle.

« Je sais que tu ne veux pas que je participe à l'investigation, mais Ryuuga n'avait pas tort hier. Avec ta convalescence, la cellule d'enquête manque d'effectifs.

- Raito... ne te sens pas obligé de te proposer, je ne suis pas au mieux de ma forme, mais je vais très vite être sur pied.

- Je ne me sens pas obligé le moins du monde, j'ai vraiment envie d'y prendre part. Et tu sais que je peux vraiment soutenir l'enquête.

- Je refuse que tu abandonnes tes études, tu devrais obtenir ton diplôme avant de te lancer dans quelque chose de ce genre.

- Je n'aurai pas mon diplôme avant des années, l'affaire Kira sera terminée depuis longtemps !

- Ce n'est pas négociable, tout ne se limite pas à cette enquête. Je pense à ton avenir et à ta sécurité. »

Je secouai la tête « J'ai une alternative acceptable pour toi et pour moi. »

L'image de Ryuuga s'invita sur l'écran à point nommé. « Bonsoir Monsieur Yagami. » Je n'eus droit qu'à un vague signe de tête. « Votre fils m'a parlé de compromis ?

- Moi aussi, de quoi s'agit-il, Raito ?

- Tant que tu ne seras pas apte à reprendre tes fonctions, je ne serai sur l'enquête que pendant mes temps libres. »

Sôichirô fronça les sourcils. « Tu continueras à suivre tes cours ?

- Jusqu'à ce que tu réintègres ton poste. Je ne peux décemment pas me concentrer sur l'enquête alors que tu es dans cet état. »

- Et ensuite ? »

Sa réticence à l'abandon de mes études impliquait une réponse prudente. « On verra. » D'ici là j'espérais bien prouver mon utilité.

Un rapide coup d'œil de Ryuuga fusa dans ma direction. « J'appuie la proposition. Vous pourrez vous reposer en toute tranquillité Monsieur Yagami. » Oui, il avait saisi. Puisque peu enclin à ma pleine participation, mon père ferait traîner son retour afin que je suive encore mes cours. Il ne supporterait pas l'inactivité à long terme, mais la manœuvre pouvait le maintenir au lit quelques jours.

« Je ne veux pas mettre mon fils en danger.

- Il ne m'arrivera rien papa. Je prendrai toutes les précautions. Je t'assure, il ne m'arrivera rien. » Je plantai mes yeux dans les siens, cherchant à le convaincre. À moitié gagné, un air indécis flottait sur les traits fatigués.

Ryuuga enfonça le clou, c'était dans son intérêt. « Ne vous inquiétez pas, je le surveillerai comme mon ombre. » J'éludai son regard lourd. « Considérez ceci comme un essai Yagami, une sorte de pré-participation. »

Mon père insista encore. « Vous ne le quitterez pas des yeux ? »

Ryuuga sourit en coin. « Pas une seule milliseconde. » Les négociations se poursuivirent encore plusieurs minutes mais l'essentiel ayant été dit, le reste ne fut que répétions et réitérations

jusqu'à ce que mon père accepte l'idée. L'entretien se conclut sur Ryuuga tout en diplomatie. « Demain nous sommes samedi. Pas question de tirer au flanc sous prétexte que tu n'es qu'à temps partiel, à 8 heures tapantes je te veux au QG, Yagami-kun. Tapantes. »

Avant que je ne m'éclipse, ordinateur fermé sous le bras, mon père prit une dernière fois la parole. « Comme je te l'ai déjà dit, L et Ryuuga sont une seule et même personne. Les enquêteurs sont tenus de l'appeler Ryuzaki. »

Ryuuga...Ryuzaki... ressemblance évidente. Similitude probable avec son vrai patronyme. « Merci papa. »


Cinq minutes de marche après le métro me menèrent à ma destination, on ne pouvait guère louper l'hôtel : un complexe de buildings verre et acier, frappés de l'immense inscription ANA Inter-Continental Tokyo. Réception moderne et luxueuse, personnel tiré à quatre épingles. Ryuuga n'était définitivement pas sur la paille. Ma montre indiquait 7 heures 52, légère avance.

Je claquai deux coups secs sur la porte 323. Un homme se plaça dans l'encadrement, l'espace occulté par sa carrure massive. Stéréotype du garde du corps en costume. Son expression neutre sur le fil de la menace s'adoucit, il s'effaça de côté.

« Entrez. »

J'eus à peine le temps de franchir le seuil qu'il ferma la porte. « Restez ici. »

Du peu que j'apercevais depuis mon observatoire, la suite de belles dimensions était conforme au reste du bâtiment, sobre et moderne. Le stéréotype revint rapidement dans mon champ visuel, poussant Ryuuga perché sur une chaise à roulettes comme les grands-mères traînent leurs Yorkshire.

« Bonjour, Ryuzaki.

- Yagami-kun, tu es venu. Je te demanderai de ne pas bouger. »

Je hochai la tête, vaguement réticent. Il plaqua un peu plus le dossier contre sa poitrine. « Mogi, s'il-te-plaît. » Le simili garde du corps fit avancer la chaise sous mon regard soupçonneux. Qu'est-ce qu'ils fichaient... Ryuzaki s'arrêta à quelques centimètres. « Mogi... » Le susnommé se pencha et actionna une pédale sous le siège. L'assise bougea, lente et pénible agonie mécanique. Un Ryuzaki mortellement stoïque s'éleva par à-coups violents, centimètre après centimètre. L'ensemble bancal s'immobilisa sur un grincement de fin du monde, son visage un peu en dessous du mien.

Le détective enfila une paire de gants chirurgicaux. Impavide, toujours, il attrapa un revers de ma veste comme s'il s'agissait d'un hospice à virus et se colla une lorgnette dorée devant les yeux. Le pouvoir grossissant de ce genre d'objet était très négligeable. Je notai la forme convexe des lentilles, les verres d'origine donc remplacés par des loupes. Qu'espérait-il trouver ?

« Jolie lorgnette. Tu m'expliques ou je prends la photo souvenir tout de suite ?

- Hm.

- … Instructif. »

Il passa au second revers puis au col, très concentré et minutieux. Je ne pus en tirer qu'une poignée de borborygmes au sens abscons. Ma chemise passée au crible, il se recula d'un coup de talon ajusté. Regret instantané et repli hâtif sur la chaise, une main pressée sur le ventre. « Enlève ta veste et vide tes poches.

- … Tu plaisantes ?

- J'en ai l'air ? La réponse est non.

- Je ne te le fais pas dire.

- En cas de refus de coopérer, l'accès à cette pièce ne sera pas autorisé. Or, c'est ce que tu veux, n'est-ce pas ? Accéder à cette pièce. Et n'oublie pas, c'est grâce à ma présence d'adulte éclairé que ton père a donné son accord. »

Lui ? Adulte éclairé ? Sans blague. Je retournai les poches de mon jean, et celles, vides, de ma veste que j'ôtai dans la foulée. Je la lui tendis, il indiqua Mogi. Regard noir, je la donnais donc au désigné qui la... renifla.

Je me raclai la gorge. « Tu sais que je ne verse pas dans le trafic ni la contrebande.

- En effet, tu préfères les meurtres en série mais ce n'est pas le sujet. »

Son examen terminé, Mogi avala la distance en deux enjambées et se mit à humer l'air qui m'environnait. Recul. « Ryuzaki ?

- Il possède un odorat très développé.»

Mogi s'éloigna « Rien à signaler. » et remorqua Ryuzaki dans la salle principale, toute de crème et de noir. L'enquêteur se traîna sur un fauteuil, s'y roula en boule. Le parquet était envahi d'emballages et de cartons à pâtisseries, la zone du fauteuil en particulier, véritable no man's land pour les pieds. Il était toujours malade, et pas qu'un peu.

Je dissimulai mon intense satisfaction en prenant place sur le canapé cuir blanc cassé, jambes croisées. Élégance. Parfait opposé de la larve piteusement avachie qui me faisait face. « Le dîner t'es resté en travers de l'estomac. » Son estomac, justement, clama bruyamment son inconfort. Seyant gargouillis. Le bras de Ryuzaki fondit sur un carton qu'il rapatria sur les genoux de son propriétaire. Trois beignets cristallisés de sucre plus tard, le bruit s'estompa, quatre et il se tut.

Ryuzaki se redressa légèrement. « Ne profite pas trop du spectacle. C'est entièrement ta faute. »

Je posai un bras sur l'accoudoir « Ma faute ? Est-ce que tu t'entends parler ? J'imagine que non, vu l'attrait de ton estomac pour la pollution auditive.

- Et celui de ta mère pour la pollution gustative.

- Personne ne t'a forcé à manger, ni à inonder la table d'ailleurs. »

Il ferma les paupières avec l'air fatigué de parler à un imbécile. Comportement vexant, vraiment. La réplique cinglante resta bloquée dans ma gorge dès qu'une vision glissa, se superposa aux traits livides.

Sa peau avait d'ordinaire une teinte pâle, néanmoins naturelle. Aujourd'hui, elle arborait un coloris yaourt nature d'un esthétisme exsangue. Quelques nuances de carnation et l'estimation devenait pertinente : visage de cadavre. Goût de victoire, d'avenir. Je modelais l'image mentale, façonnai l'écho de mort. Accents de vérité manipulés. Délectables.

Bientôt. Sois patient.

Il ouvrit les yeux, l'illusion se dilua. Mort vivant. « Tu sais parfaitement que je n'avais pas le choix, les japonais, leurs traditions...la jardinière c'est le mal. Tu voudrais ma mort tu ne t'y prendrais pas autrement. »

Je pris le parti de la moquerie. « Pas besoin de poison, la jardinière se charge de tout ?

- Tu aimerais bien ?

- Peu efficace, donc non, tu es toujours en vie. Poison et petits légumes auraient davantage d'effet incorporés aux pâtisseries que tu engloutis à longueur de temps.

- Aveux ? Tu ne devrais pas en parler à l'objet de ta future tentative d'assassinat.

- Si je t'en parle, ce n'est pas dans mes projets. Ou bien tu es déjà condamné, et il est trop tard.

- Oh, ma mort est incluse dans tes projets ? »

- Bien sûr que non. » Sourire en coin « Mais entre nous, méfie-toi des cupcakes au glaçage violet, on ne sait jamais. » Il foudroya le cupcake qu'il venait de dévorer aux trois quarts. « Alors, il n'y a que trois personnes dans la cellule d'enquête ? J'avoue que je suis déçu, je m'attendais à bien mieux. »

Ryuzaki étudia les restes du gâteau coiffé de violet avant de signer sa disparition définitive. « En réalité nous sommes six.

- Où sont les autres ?

- J'en ai envoyé trois au ravitaillement, et le dernier est en retard. »

Une voix essoufflée. « Pardon, à la bourre, je sais, je sais, mais le réveil n'a pas sonné et en plus je ...je... pfff une seconde. » Ryuzaki leva le regard au plafond et grinça des dents.

Le nouveau venu, un homme d'environ vingt-cinq ans, débarqua au pas de course, rouge et échevelé.

« Matsuda, si tu considères ta présence comme optionnelle, ne te donne surtout pas la peine de nous l'infliger. Je te garantis un brillant futur professionnel dans les affres interminables du chômage. Même pour un déguisement d'homme-sandwich personne ne voudra de ton incompétence, fais-moi confiance. » Après quelques excuses bredouillées et un grand sourire pour parachever le tout, le retardataire eut droit au même manège qu'à mon arrivée. Un paquet de chips fut trouvé dans l'une des poches et brandi comme l'objet d'un crime suprême. Ryuzaki grimaça dès que la lorgnette lui répercuta le tissu augmenté de la veste de Matsuda, transgression impardonnable, encore.

« Mogi, brûle-moi ça.

- Quoi, ma veste de costume !

- Tu connais les règles, Matsuda. Pas d'aliments salés dans l'enceinte de cette pièce, pas la moindre miette. Avec ces abominables résidus de toasts, estime-toi heureux que je ne t'envoie pas te changer tout de suite ou que je ne prononce pas ton renvoi. Totalement malsain et inadmissible. »

C'était donc la raison de tout ce cirque.

Le retardataire se défendit avec peine. « Mais j'aime les petits déjeuners salés.

- Dégoûtant et hors de propos. » Rabroué par le commentaire tranchant, Matsuda s'avisa finalement de ma présence. Pas une flèche celui-là.

« Bonjour, Matsuda Tota, oh mais je sais qui tu es : le fils du chef !

- C'est exact, Yagami Raito. » Je jetai un regard à Ryuzaki, il avait montré les caméras de surveillance à tout le monde ? Enfoiré. J'adoptai le tutoiement à mon tour. « Comment le sais-tu ? » Le coup d'œilanxieux de Matsuda vers son supérieur n'avait pas grand-chose de discret. Alors quelle explication, L ? J'attends. Contre toute attente, mon vis-à-vis trouva de quoi se défaire de la question gênante, en solo.

« La réception de l'année dernière. » Il se gratta la tête, mal à l'aise. La réception de l'année dernière ? Je n'avais assisté qu'à un seul événement de ce genre, à Noël, organisé par la police. Ennui mortel, sauf quand quelqu'un était monté sur la table. J'examinai le visage de Matsuda, la ressemblance soudain évidente.

Je souris : « La réception.

- Tu t'en souviens ?

- Tu as sauvé ma soirée. »

Ryuzaki, sourcils plissés, ne saisissait pas : avant le Death Note, n'est-ce pas. Une rougeur imprégna les joues de mon interlocuteur qui savait exactement à quoi je faisais référence. Et pour cause. Le souvenir du spectacle improvisé, parfaitement clair. Matsuda debout sur la table du buffet, une cravate nouée sur le nez, un amas de guirlandes autour des épaules, des sapins en confettis et paillettes plein la perruque. L'abus d'alcool dénoncé par son accoutrement, ses pommettes et sa voix. Par la serpillière aussi, dénichée on ne savait où, reconvertie en micro pour l'occasion, parfois en canne quand il manquait de plonger le pied dans un bol de sauce.

Mon sourire s'élargit, la couleur des joues de Matsuda s'accentua en conséquence. Le meilleur de la prestation indubitablement au lancement de la musique, le policier déchaîné sur la chorégraphie d'une autre époque de Let's all chant. Chaque mot atrocement miaulé sous la pluie de sapins rouge et or dégoulinant de sa perruque. Guirlandes et cravate, changée en étrange postiche nasal ondulant, tournoyaient au rythme de la danse tandis qu'il agitait le micro en brave majorette.

L'ensemble dégénéra quand Matsuda écrasa un monticule de petits-fours. Le précaire équilibre rompu par d'impitoyables makis, mini feuilletés et autres tartelettes, le policier bascula en arrière dans une explosion de canapés aux courgettes. Il ne dut son salut qu'à la figure du pont, en un réflexe gymnastique miraculeux et impromptu. Ses mains au-dessus de la tête, agrippées au manche de la serpillière désespérément posée en travers des pichet de sangria et saké, une seconde avant la chute. Sa nuque épargnée d'une douloureuse rencontre avec les petites brochettes crevette.

Incapable de soutenir la posture, il s'aplatit sur un innocent soufflé et termina face contre terre en glissant sur un manju expulsé du buffet. Ce fabuleux périple prit fin en cellule de dégrisement avec une part de gâteau, c'était Noël tout de même.

Je remerciai le policier avec sérieux. « Sans toi, je ne sais pas comment j'aurais survécu à cette atrocité. » Et c'était vrai. Cette soirée avait été un enfer. Je lui tendis ma main ouverte, qu'il serra.

« Tout le plaisir était pour moi.

- Partagé. »

Ryuzaki claqua des doigts. « Charmantes retrouvailles. Vous voulez des transats et des cocktails au bord de la piscine ? »

Matsuda chuchota un peu fort. « Il est de mauvais poil parce qu'il comprend pas et qu'il est malade. Pire qu'un gosse et encore tu l'as pas entendu se plaindre. »

Effet immédiat, L le poignarda des yeux. « Matsuda, ta discrétion et toi-même pourraient très bien passer par la fenêtre par inadvertance. Temps de travail multiplié par deux.

- Mais -

- Par trois. Et par quatre si tu oses l'ouvrir une fois de plus. Quant à toi, Yagami, remballe cet air supérieur. »

Ryuzaki nous assigna à un ordinateur, et passa l'heure suivante vissé sur son canapé à déverser toute l'étendue de sa très mauvaise humeur sur Matsuda. Ses invectives incessantes à peine perturbées par l'arrivée des trois autres enquêteurs sous une montagne de sucreries. L'afflux de bonbons et pâtisseries calma les ordres coupants, principalement parce qu'il avait la bouche trop saturée de nourriture pour articuler. Son expression plus détendue, de paire avec la situation de son estomac.

Pur caprice d'un garnement boudeur et buté.

Un silence pesant planait dans la suite, rompu par les touches des claviers et les bruits d'emballages.

Ryuzaki, peut-être lassé de ne rien faire, fit patiner la chaise à roulettes derrière moi.

« Qu'est-ce qu'il y a ?

- Rien, je te surveille, comme promis.

- Je déteste qu'on regarde par dessus mon épaule.

- Paranoïa ? L'on pourrait se demander le pourquoi du comment.

- Pas autant que toi, visiblement. Je ne fais qu'éplucher une interminable liste de contacts comme tu le sais très bien.

- Qui sait si tu n'es pas en train de pirater Fort Knox ou Interpol.

- Je prévois plutôt un black-out total des usines Haribo et Lutti. Peut-être même arrêter toutes les importations de produits sucrés en territoire japonais.

- Tu n'oserais pas ? »

Silence éloquent. Les roulettes couinèrent et il se posta de côté. Encore pire. Son nouveau poste d'observation devait simplement être plus efficace que l'ancien. Il était tellement penché qu'il allait bien tomber sur le clavier à un moment ou un autre, je m'appliquais à ignorer sa présence du mieux possible. Suffocante et inquisitrice.

« Tu as oublié un « c » à Barbara Broccoli. »

Je lui coulai un regard mauvais.

Il se défendit d'une mine innocente foncièrement insupportable. « J'essaye de t'aider. Certains noms de famille devraient être interdits. » Il se tordit soudain sur sa chaise. Rechute.

« Rien que le mot Broccoli te donne des maux de ventre ? Adieu crédibilité.

- Tu as oublié le deuxième « c » à cause de l'analogie légumineuse... incitation à l'intoxication alimentaire ?

- Techniquement on ne sait pas s'il s'agit du premier « c » ou du deuxième. » Je lui servis son expression horripilante à l'identique. Qu'il en tire ses conclusions. Je retournai à ma liste, il retourna à sa poche d'oursons à la guimauve et se fit un plaisir de me mâcher à l'oreille.

Matsuda, victime d'une ostensible torpeur imputable à la morosité du travail demandé, fredonna les premières mesures et paroles de la chanson de sa gloire. « Your body, my body. » Il s'interrompit pour pouffer, m'arracha un demi sourire.

« Je me demande toujours comment tu as échappé à la lombalgie. »

Léger clin d'œil, « Souplesse et talent, mon vieux. C'était comment ?

- Inoubliable. Mes félicitations. »

La sympathie de Matsuda était rapide à prendre, déjà dans ma poche. Les policiers plus fraîchement débarqués ne m'inquiétaient pas outre mesure, ils n'avaient pas semblé très réfractaires à ma venue, certainement grâce au respect suscité par mon père. Tous sauf Aizawa Suichi : langage corporel ouvertement réticent. À surveiller.

De nouveau sur l'étude de ma liste, je remarquai Ryuzaki, circonspect. Figé dents plantées sur la gorge d'un ourson. Rechute ? « Oui ? » Ukita déserta son pc et s'approcha, détournant mon attention de l'enquêteur plongé dans une réflexion à base de Kira, à moins qu'il ne fomente un sombre plan pour rayer les brocolis de la surface du globe.

Le policier murmura « Mogi vient de m'en informer, Monsieur Yagami est là. »

Station debout immédiate, je me dirigeai vers le vestibule et Ryuzaki décapita la guimauve dans son retour à la conscience active. Mon père s'engageait déjà dans le salon, trop tard. « Papa, qu'est-ce que tu fais ici ? Il y a un problème ?

- Non pas du tout, je voulais voir comment les choses se passaient. »

Ryuzaki avala la friandise, réprobateur. « Monsieur Yagami, vous êtes censé prendre du repos, pas vous inviter sur l'enquête alors que tout a été organisé pour vous en dispenser. »

Mon père se fit saluer par ses collègues, heureux de le voir et lui heureux d'avoir une excuse pour éluder l'interrogation. Fortement agacé je me plantai face à lui. « Ryuzaki a raison, tu ne devrais pas être là. Comment maman a pu te laisser partir ? Ça me dépasse. »

Il sourit avec douceur. « Elle n'a jamais rien pu me refuser.

- Tu ferais mieux de rentrer.

- Tout se passe bien ? Vous avez de nouvelles pistes ? »

Soupir. « Ça se passe bien, et non pas de nouvelles pistes, ça ne fait que trois heures papa.

- Je suis inquiet, à vrai dire. Kira n'est pas un assassin comme les autres.

- C'est moi qui suis inquiet. » Bloc de métal à la place du visage. « Il est la cause indirecte de ta crise cardiaque. S'il te faisait encore quoi que ce soit, j'enverrais personnellement Kira se balancer au bout d'une corde.»


༻ Thirst ༺


Mon humeur s'aggravait de minute en minute. La comédie humaine jouée dans tous les coins de ce QG commençait à me peser. Que Raito sociabilise vite, je m'en étais douté. Qu'il connaisse un des enquêteurs hormis son père était au final logique, mais m'insupportait. De longues heures de travail de fouilles en perspective, pour déterminer toutes les occasions possibles, et s'ils s'étaient revus hors cadre conventionnel depuis. La piste de la taupe n'était pas écartée.

Et voilà que Yagami père arrivait, porteur du souvenir de la soirée maudite, et frein à l'avancée de l'enquête. Raito débattait avec lui de la nécessité qu'il retourne se reposer à la maison, vaine tentative face à quelqu'un d'aussi borné. « Monsieur Yagami, nous ne travaillons pas beaucoup aujourd'hui. Votre fils ne risque rien, je vous l'ai déjà dit, mais vous, vous risquez d'éveiller des soupçons si quelqu'un vous observe. Profitez de votre convalescence pour faire croire que vous n'êtes qu'un policier normal, et cessez d'inquiéter tout le monde avec votre état de santé. » Le débat continua encore plusieurs minutes avant qu'il ne cède et ne fasse demi-tour, l'air aussi dépité qu'un chien rejeté par son maître.

Réfléchir prenait une dimension de quête du Graal, alors que mon pauvre estomac ne se remettait toujours pas de la jardinière, et que le hasard ne cessait de me tourmenter. Si Kira était dans cette pièce, alors il n'aurait certainement pas emmené son arme. Probablement pas. Tout dépendait du degré auquel il me sous-estimait. Il faudrait qu'il me montre comment il tue, et je n'avais toujours pas de plan pour l'amener à me faire voir ça.

Un beignet au sucre remonta de quelques points la vitesse de ma réflexion, alors que mes yeux étaient perdus sur les mains de Raito, encore occupé à chercher qui, dans le monde, était connecté aux télévisions du Kanto à chaque fois que des criminels japonais y avaient été signalés. Tâche très légèrement ingrate, mais qui nécessitait plus de maîtrise que je ne pourrais jamais en demander à bon nombre de policiers. Si seulement il s'avérait qu'il n'était pas Kira...

Kira tuait des criminels, et aussi les agents du FBI quand ceux-ci l'indisposaient. Un Kira à l'étranger aurait pu en jouer pour faire croire qu'il était au Japon, mais les chances étaient minimes. De plus, pourquoi, s'il en avait eu connaissance, Raito aurait-il été plus conciliant avec des caméras qui ne lui laissaient aucune intimité qu'avec un agent qui le filait de loin ?

La journée défila plus vite que prévu, tout juste coupée par une pause déjeuner effectuée à l'extérieur – merci pour mon ventre. La soirée venue, je laissais chacun rentrer chez soi, non sans rappeler que le dimanche commençait à 7h. Quelques objections n'y changeraient jamais rien.

Enfin seul, sans odeur rémanente de sel, je commençai à rechercher ce qui avait bien pu se passer lors de la fameuse « réception de l'année dernière ». Matsuda se révélait aussi imprécis dans ses discussions de tous les jours que brouillon dans son ersatz de travail. Sur mon écran défilait la longue liste des petites sauteries organisées par la police à diverses occasions. Rien de spécial à déclarer, tout était terriblement ennuyeux et convenu, et rien ne laissait présager qu'un incident marquant ait pu avoir lieu. Pas de départ de feu, pas de chute par un balcon, pas d'empoisonnement.

Quand je tombai sur l'interminable liste des mets servis lors d'une de ces réceptions, mon estomac se tordit sous la torture, et je filai aux toilettes, décidant finalement de laisser ce point en suspens pour le moment. … pour longtemps.

Fatigué que rien n'aille dans mon sens aujourd'hui, je regardai où en était la construction de la tour qui deviendrait mon nouveau QG. Tout était conforme aux prévisions et serait prêt dans les temps. Encore deux semaines. Deux très longues semaines à changer tous les trois jours d'hôtel. Treize jours exactement, maintenant minuit passé, avant de disposer de véritables systèmes de sécurité, de suffisamment de place pour ne pas que tout le monde me colle sans arrêt et de ne plus avoir à sortir de chez moi que pour aller à la fac.

Épuisé par la maladie et la frustration, je fermais les yeux deux minutes, bercé par le souffle chaud du ventilateur refroidissant paresseusement le processeur.


Des coups répétés à la porte me réveillèrent en sursaut, et je me retrouvai par terre. Je me fis la réflexion qu'au moins, cette nuit complète de cinq heures avait eu le mérite de faire passer mes coliques. J'allais peut-être enfin pouvoir avancer dans cette enquête.

Mogi entra, toujours le premier, une heure avant les autres. Commencer la journée avec lui seulement permettait de ne pas avoir à tout rectifier dès l'aube. Maintenant que j'avais interdit à Watari de venir ici, par précaution, il allait falloir que je me contente de moins. Et que je me résigne à devoir tout expliquer à tout le monde. « Mogi, je veux bien un café, trois croissants et du chocolat chaud. Et après, vous pourrez tranquillement dresser la liste des employés des télécoms en rapport avec les chaînes japonaises, à travers le monde. » Acquiescement léger, et l'armoire à glace partit accomplir ses tâches.

Un réel bonheur, ce grand type calme, sérieux, fiable et presque muet. Pas une lumière, mais clairement dans la bonne moyenne de ce que pouvait produire ce pays, actuellement. Certes, j'aurais encore à déléguer à Raito l'épluchage des données, mais j'imaginais très bien un monde peuplé entièrement de ces deux espèces. Une dizaine de chaque m'aurait presque permis de prendre des vacances.

Tout en touillant mon chocolat fondu, noir et délicieusement amer – pour une fois – je passais en revue mes mails, en réfléchissant à un moyen de coincer Raito-Kira. S'il était capable d'assassiner des agents du FBI, il serait certainement en mesure de sacrifier un innocent si sa mort servait ses intérêts.

Le chocolat était divin, pur et vraiment appréciable alors que la pluie ne cessait de tomber, rendant une atmosphère grisâtre à l'extérieur. Sur des arômes de cacao criollo, délicat et envoûtant, mon idée se formait, les détails s'étendant dans toutes les directions, comme les racines et les branches d'un arbre exceptionnellement rapide à grandir. Ou une toile d'araignée, tissée par une petite armée à huit pattes, capable dans certaines jungles de piéger des chauve-souris et de les dévorer. Le chocolat terminé, mes doigts partirent à la rencontre d'un clavier, composant un leurre de plus dans la liste de tous ceux déjà utilisés dans cette guerre. Si celui-là ne marchait pas, alors soit Raito ne serait pas Kira, soit sa volonté et sa niaiserie seraient bien plus ancrées que ce que je pouvais prévoir. Et question niaiserie, il était pourtant bien placé, dans ce qu'il montrait devant sa famille. Très neuneu, quand il le voulait bien.

Au programme, un coupable potentiel tout désigné. À l'autre bout du monde, dans la petite commune de Nouaillé, je trouvais mon bonheur. Un jeune homme de 21 ans, étudiant par correspondance en japonais, dont le profil collait en tout point à ce que nous avions déjà déduit du profil social et psychologique de Kira. Parfaitement inconnu des services de justice, quelqu'un de parfaitement ennuyeux malgré une réussite scolaire plutôt appuyée. Un Kira à l'autre bout du monde était peu probable, mais toujours possible, et valable. S'il regardait la télé du Kanto en direct, il avait pu tuer Taylor, s'il avait connaissance de la présence du FBI, rien de tel que leur mort pour faire croire qu'il était au Japon et maintenir l'attention de la police le plus loin possible de chez lui. Retors, mais envisageable.

Méthodiquement, je me chargeais de créer des preuves contre ce pauvre Antoine Reynart. Pour un peu, je me serais senti dans la peau d'un parent préparant une chasse aux œufs de Pâques. Certes, là, les preuves seraient quand même bien mieux cachées, pour une histoire de crédibilité. Quarante minutes de travail intensif plus tard, quand une nouvelle série de coups retentit à la porte, tout était en place.

Sans la moindre infection salée à l'horizon, la journée pouvait continuer sous les meilleures auspices. Du moins, presque. Comme toutes les journées au QG. Même la présence d'un second génie dans ces murs n'était pas aussi réconfortante qu'elle aurait dû être. Pourquoi fallait-il qu'il soit aussi sociable, aussi mou dans sa façon de toujours caresser les gens dans le sens du poil, ou de leur faire croire qu'ils avaient eux-mêmes choisi la direction qu'il leur impulsait?

Je décapitai de petits crocodiles multicolores à la chaîne. Visiblement, la private joke entre Raito et cet abruti de Tota Matsuda était à mourir de rire, puisque ce dernier ne cessait d'y faire allusion.

De manière absolument pragmatique, cet idiot n'avait certes que dix mois de plus que moi, ce qui faisait de lui a priori l'adulte qui serait le plus proche de Raito, mais pour l'amour de l'intelligence, comment pouvait-il seulement parler avec lui plus de deux minutes sans vouloir sauter par la fenêtre ou au moins arracher un écran pour le lui lancer à la tête en hurlant des insanités?

Un froissement de papier me fit porter mon regard vers l'incriminé, qui, s'étant octroyé une pause, faisait la lecture du journal à qui voulait l'entendre – et à qui ne voulait pas, par la même occasion. Il lui prenait souvent l'envie de décortiquer ces torchons, véritables nids à bactéries en plus d'être des ramassis d'inepties et de conneries. Il devait croire que nous étions dans une nouvelle de Sherlock Holmes, et que par convention les informations données dans les journaux étaient parole d'évangile. Naïf. « Les autorités continuent de blâmer les actions de Kira alors même que la criminalité en baisse s'accompagne de plus en plus de pétitions d'honnêtes citoyens souhaitant que soit reconnu l'intérêt pour la sécurité du pays que représente cette forme de justice. Hey, les mecs, c'est à combien qu'a baissé l'insécurité, depuis Kira?

- Matsuda, tu ne vas pas nous dire que ce que fait Kira est bon, en plus, et qu'on devrait arrêter de le chercher ?, éructa un Aizawa blême de colère.

- Non non non non, bien sûr que non! Mais juste pour savoir.

- Environ 70% de baisse.

- Ah, quand même. »

Qu'ils pouvaient avoir un regard plat et unilatéral... enfantin, d'une certaine façon. À être ainsi menés par le bout du nez par les médias, il ne fallait pas s'étonner qu'un criminel de guerre puisse diriger un pays, ou que dans un avenir proche, un assassin devienne le dieu auto-proclamé mais aussi acclamé de ce monde décadent et bovin. « C'est faux. Techniquement, la criminalité a augmenté. Les meurtres n'ont jamais été aussi importants.

- Mais Ryuzaki, si on omet les meurtres de Kira...

- Oui, bien sûr. Vous n'êtes pas sans savoir non plus qu'en Allemagne, sous Hitler, le chômage n'existait plus. Entre les camps de travail forcé, les assassinats de masse qui ont réduit la population drastiquement et l'impact sur le niveau de vie, je ne suis pourtant pas certain qu'il faille s'en réjouir ou tenter de reproduire le schéma. » Et merci à ce point Godwin qui eut le mérite de clore les bouches de toutes les personnes présentes. Du moins, pour cinq minutes et trente-sept secondes.

« Vous avez vu ça ? Un type va tenter de traverser le Pacifique à la nage ! C'est génial ! Un vrai défi digne de notre siècle. »

Concert de regards blasés entre tous les membres de la cellule. Ide prit la parole le premier, pour faire comprendre à cet homme, décidé à gâcher correctement notre journée de travail, que ses réflexions n'étaient pas d'une importance primordiale. « C'est vrai que dans un monde qui lutte contre un tueur en masse et qui a inventé des navires et des avions pour relier les continents, c'est très chouette d'apprendre qu'un type va aller se geler les bijoux de famille dans un océan gelé et dangereux. Il n'y a pas de priorité au-dessus, je ne comprends même pas ce qu'on fait ici au lieu d'aller jouer les pompom girls pour ce mec. »

Eh bien. Matsuda avait fini par porter sur les nerfs de tout le monde.

« Qu'il aille dîner chez les Yagami. Avaler la jardinière de légumes de la mère, il est là le défi ultime du vingt-et-unième siècle. » Je mâchouillai quelques bouteilles de coca en gelée miniatures, plutôt heureux des soupirs émanant des hommes présents. Ils finiraient par savoir que j'avais été rendu malade.

Le reste du temps se passa dans un silence presque absolu. Peut-être tendu. Mais au moins, j'avais du à côté de Raito, je gardai un œil sur son avancée tout en triant méticuleusement différents réseaux d'accès aux serveurs de la police. Les failles étaient exploitables, et demandaient à être corrigées. La programmation n'était pas ma prédilection, mais j'étais tout à fait à même de réparer ce genre de petites choses. L'hypothèse de fuites d'informations au sein de la police pourrait se révéler particulièrement bancale si l'accès aux données était aussi aisé que de pirater le blog d'une adolescente dépressive dont le mot de passe était Death_is_cool.

Mais toujours rien d'intéressant dans son comportement. Il donnait l'impression de réellement chercher des recoupements, ne lambinait pas, ne se plaignait pas. Même lors de la pause déjeuner, il ne se joignit pas à la demande collective de pouvoir manger à l'intérieur pour cause de mauvais temps. Il eut d'ailleurs raison, le groupe d'insurgés se faisant envoyer manger dehors avec perte et fracas, et pour ordre de me ravitailler en nougat et caramels rouges. Une bonne heure de route dans les embouteillages avant d'arriver à la première boutique qui en proposait. Souvent, ma carte mentale des grandes agglomérations se dessinait à partir des emplacements de pâtisseries. Du moins , quand Watari ne pouvait pas lui-même faire ma cuisine. Grands moments de solitude.

Mon plan était vraiment approprié, à mon avis – qui était l'avis auquel je me référai la plupart du temps. Si il n'était pas Kira, rien ne l'empêcherait de conduire Reynart à l'échafaud, comme il l'avait si bien menacé. Mais s'il était Kira, le Kira que je m'imaginais, alors normalement, il devrait avoir des scrupules à accuser un innocent et à l'envoyer à la mort. Si c'était le cas, à quel moment m'arrêterait-il ? Je proposerais sa mise à mort préventive, je le ferais enfermer, je ferais enfoncer une aiguille dans son bras. Avec sa mort, il pourrait cesser de tuer pendant un temps, appuyant sa théorie et établissant son innocence. Peut-être changer de mode opératoire. Sa méthode pour tuer n'était pas encore connue mais elle n'avait rien de naturel.

Je n'en connaissais pas les règles, et il pouvait en jouer. Mais l'éthique, le sens tordu de la Justice qu'avait Kira, je pouvais mieux le comprendre et le prévoir. Le manipuler.

Jusqu'où es-tu prêt à aller, Raito?

Évidemment, il faudrait que je musèle du mieux possible le reste des enquêteurs, maintenus dans l'ignorance la plus totale. S'ils savaient jusqu'où moi j'étais prêt à aller pour confondre Kira, ils ne l'auraient certainement pas approuvé. Quelques caméras inoffensives avaient bien suffi à leur faire sortir les griffes.


Le lendemain matin, en cours de psychologie, Raito semblait... fatigué. Ses yeux étaient soulignés de cernes gris bleuâtre d'une teinte très intéressante, et ses mouvements légèrement plus lents qu'à l'ordinaire. Ses notes n'étaient pas aussi fournies que le reste du temps.

Peut-être que les dernières nuits n'avaient pas aidé à reconstituer son capital sommeil, entre les débuts de journée à 7h et les fins vers les 2h du matin. J'avouais sans problème que le réveiller ce matin à 5h12 n'avait pas été très gentil non plus. Enfin, si il était innocent, il faudrait bien qu'il s'habitue à mon rythme de travail.

Le jeu d'être amis était certes distrayant, néanmoins en faire un collaborateur pourrait être bien plus avantageux. Exceptionnels étaient les flics réellement plus évolués que des gibbons. Autant ne pas perdre celui-là totalement, tout en l'entraînant à être plus endurant. De plus, en tant que Kira, ses nuits devaient être encore plus courtes, ses meurtres probablement assez chronophages pour réduire encore son temps de repos. J'espérais qu'il ralentirait le rythme quand il deviendrait trop insoutenable, mais ce moment n'était pas encore arrivé. Il n'arriverait probablement pas tant que plusieurs jours par semaine, il était à la fac et pouvait donc dormir davantage que le week-end.

En plus de la fatigue, le fait que le cours soit remplacé par une conférence d'un intervenant extérieur ne semblait pas non plus le réjouir outre mesure. Mon acharnement à interrompre son sommeil – totalement excessif – n'était certainement pas la seule cause de son caractère plus difficile.

En contrebas, sur l'estrade, une petite femme dodue et voûtée se dandinait tout en annonçant son sujet. « Les complots sont-ils, dès lors, une affabulation de minorités illuminées ou une réalité sous-jacente ? Est-ce paranoïa que de croire qu'on est dans la ligne de mire du reste du monde ? Dans quelle mesure s'agit-il d'un système de défense révélateur de la pensée freudienne ? Nous allons voir ensemble pourquoi ce schéma est un enjeu sociétal majeur, et comment il peut définir nos sociétés contemporaines.

J'espère que votre réputation n'est pas usurpée, cette conférence va prendre appui sur de nombreux points philosophiques, psychologiques et historiques. Peut-être même littéraires. Alors si faire croire que l'université de Tokyo est la meilleure de tous les temps est un complot pour asservir et soumettre le monde, je risque de vous démasquer aujourd'hui même. Hem... commençons. De la Poétique d'Aristote à George W Bush, pourquoi l'idée qu'on nous cache quelque chose est-elle si séduisante ? »

La paranoïa et la théorie du complot. Sujet lambda, très commun, mais qui prenait un éclat particulier en ces temps de crise comme aimaient à le dire les journalistes, du haut de leur mont d'égocentrisme et de snobisme. Néanmoins, la paranoïa était un sujet que je connaissais plutôt bien, lui devant ma survie. Les attentats ayant lieu contre les endroits où mes alter ego Coyle et Deneuve étaient censés se trouver étaient relativement courants et au vu de ce qui arrivait actuellement quand on laissait traîner une photo et un nom, j'avais bien fait d'être paranoïaque et sur la défensive.

Les rapports humains en eux-mêmes n'étaient que jeux de manipulation entre les faibles ignorants et ceux qui avaient le privilège de la connaissance.

« Vous comprenez bien que pour quelqu'un croyant à un complot, quiconque tentant de lui expliquer par A+B que le complot n'existe pas, fait forcément partie du complot. C'est un peu comme dans Matrix, voyez ? La cuillère n'existe pas, mais c'est une déformation de la réalité, pas une révélation, donc... euh... donc voilà. Pour Freud et Lacan... »

Soupirs synchronisés. Cette cruche ne savait pas où elle voulait en venir, et ne comprenait pas les enjeux vitaux de la paranoïa. Si elle en avait su assez pour saisir la portée du concept à une échelle plus vaste que celle de son miteux deux-pièces cuisine, elle aurait pu comprendre – ou effleurer la compréhension – que tout n'était effectivement pas dit. Les intérêts personnels humains aimant le secret.

« Yagami-kun, t'ai-je déjà dit pourquoi Kira n'est pas une manœuvre complotiste des gouvernements ?

- Je brûle d'entendre ton avis, ô combien éclairé.

- Je sais, ma bonté est sans commune mesure. Si les gouvernements voulaient se débarrasser des criminels, ils n'auraient pas eu une action aussi barbare et grossière. »

Souffle d'énervement, susceptibilité heurtée. Aucun regard, ses yeux perdus dans le vague, sa tête appuyée sur sa paume comme si elle portait un poids équivalent à celui de ses crimes. « C'est sûrement ce qu'ils veulent que tu penses. Ton attention loin d'eux, ils sont libres.

- Ils ne peuvent pas avoir anticipé mes réactions.

- Parce que tu restes en permanence caché ? La paranoïa révèle une anxiété galopante, un manque de confiance en soi, voire une culpabilité reniée... L serait-il une couverture pour un criminel repenti ?

- À part un génocide de caramels, je n'ai rien à me reprocher. Aucun casier judiciaire ne te révélera mon identité. »

Lever des yeux au plafond, désintéressement de la conversation. Et la péronnelle continuait de baver son sujet. « Le malade a peur de se confier à autrui, parce qu'il a peur que l'information soit utilisée contre lui. Le délire va jusqu'à fausser le raisonnement et le jugement, et handicaper socialement. Ce type de comportement confine au totalitarisme, ce qui interroge sur le charisme de ces malades qui dirigent le monde.

- Tu entends, on parle de toi.

- Mon raisonnement n'est pas erroné.

- C'est tout ce que tu contestes dans la définition ?

- C'est l'élément le plus éloigné de la réalité, en ce qui me concerne. »

Léger silence, hormis le ronronnement féminin de repompe de Wikipédia. Je jetai un œil sur Raito. La tête légèrement baissée, les yeux mi-clos. Presque attendrissant, il ne manquerait plus qu'il soit ébouriffé pour ressembler à un chaton en manque de sommeil. « Tu aurais peut-être dû rester chez toi, si tu ne peux cumuler le travail et les études. »

Réouverture de ses yeux, sens en alerte. Ses doigts réaffirmèrent leur prise sur le stylo à plume. « Je travaille, en ce moment. L'université reste ma priorité, c'est mon avenir.

- Pitié, je croyais que ta priorité était d'envoyer quelqu'un à l'échafaud à ta place.

- Kira est un criminel qu'il faut arrêter, mais je ne peux pas négliger mes études pour ça. Après tout, c'est ton travail.

- Certes, mais tu as accepté de participer. Ton aide n'est pas très rentable, pour le moment. Pour autant, j'ai du mal à penser que tu envisages de t'ennuyer encore tant d'années dans cet endroit avant de faire enfin quelque chose d'intéressant. »

Coup d'œil agacé, le retour. Rien à faire.

Et la dinde continuait de lire ses notes et citations, honteusement pillées à de vrais auteurs, un peu moins tartes qu'elle. « Le charisme des paranoïaques vient aussi de leur aura. Pour Dali, surréaliste notable, il est possible d'acquérir une méthode spontanée de connaissance irrationnelle fondée sur l'objectivation critique et systématique des associations et interprétations délirantes. Ce qui est... euh... tout un projet. »

Merci, captain obvious. « Tu penses qu'elle a compris ce qu'elle a dit ?

- Aucune chance. »

Double regard disséquant la maître de conférence. Le niveau intellectuel était tellement affligeant, tellement plébéien.

« Si je n'étais pas si occupé à prouver ta culpabilité, je m'occuperais de la faire radier des listes de professeurs aptes à enseigner ailleurs qu'en première année de crèche.

- C'est ton délire récurrent qui te force à imaginer un coupable où il n'y en a pas. Si tu te concentrais sur la poursuite du vrai Kira, tu pourrais sans doute révolutionner le système scolaire plus vite. Et des générations d'élèves te maudiront.

- Le délire d'interprétation ne commence qu'où l'homme mal préparé prend peur dans cette forêt d'indices. » André Breton. Je ne suis pas mal préparé, et les indices multiples que j'ai contre toi ne m'effraient pas. Ils excitent mon esprit.

- Je vais oublier ta phrase. Elle sonne très pervers à mon goût.

-« Les pervers sont raffinés tandis que les psychopathes se montrent brutaux et cultivent des pensées paranoïaques. » Alberto Eiguer. Kira est psychopathe. Je ne suis pas pervers, la définition réclame une obnubilation pour l'image de soi. Je ne suis pas obsédé par moi. Contrairement à certaines personnes que je ne citerai pas.

- Vraiment ?

- Takada. Sa devise est « Parlez-moi de moi, il n'y a que ça qui m'intéresse ». Elle, elle est perverse.

- Je parlais du sens commun du mot, pas de la notion psychanalytique.

- Le sens commun ? Non, pas toi. Fais attention, tu pourrais décider de devenir prof.

- Ta parodie professorale dégoûterait n'importe qui. Mais exercer ses aptitudes sociales est sain, et implique une communication fondée sur le sens commun des mots.

- Plébéien. Tout le monde complote pour pousser les gens intelligents à s'abrutir au contact de la masse prolétaire intellectuelle. »

Soupir, prise de notes concernant la structure des sociétés et la nécessité de s'unir contre un ennemi commun, désigné ou ébauché. Notes plus abouties que ce qui était distillé dans le discours, preuve à la fois de la fatigue et de l'agacement de mon sujet. Si seulement j'arrivais à le faire craquer aussi facilement en tant que Kira... mais s'il craquait, il ne serait pas un adversaire aussi fascinant. « Que penses-tu de ce sujet, Yagami-kun ? Si tu étais Kira, serais-tu paranoïaque, penserais-tu que le monde entier complote contre toi ?

- J'imagine que Kira doit être prudent, puisque tu n'as pas encore réussi à l'attraper. Mais il ne me semble pas capital qu'il soit obsédé par les complots. Contrairement à d'autres dont je tairai le nom.

- Tu réponds vite à ma question, pour quelqu'un qui me raccroche au nez le matin sous le prétexte fallacieux d'un besoin de sommeil.

- Là, je vais finir par croire que tu complotes pour m'empêcher et de dormir, et de travailler.

- Alors, Kira croit au complot, et est paranoïaque. Merci de cette information. »

Un énième « je ne suis pas Kira » voleta dans l'air, puis il m'ignora.

Je finissais par presque m'endormir aussi, la voix soporifique étant particulièrement efficace alors qu'elle nous faisait un historique des « différentes théories du complot ayant, ou qui auraient pu donner lieu, à des conflits majeurs entre différents groupes ou différentes nations depuis les prémices Mayas en passant par les révoltes en Égypte ancienne et chez les zoulous ». À trop se disperser, son cerveau limité finissait par s'embrouiller et ne plus pouvoir produire de sens. Tristesse et décadence de l'enseignement en ce début de millénaire. Consécration du médiocre. Les barres de chocolat sucrées arrivaient tout juste à distraire mon attention de cet abysse de banalité affligeante.

« Ryuuga, si tu penses que je ne suis pas suffisamment efficace, il faut que je te dise que de ne rien pouvoir faire sortir du QG pour l'étudier au dehors est une perte de temps.

- Tu en comprends les raisons.

- Évidemment.

- Alors pourquoi a-t-on cette conversation?

- Parce que je crois que si tu ne fais pas confiance à tes enquêteurs, ils ne peuvent pas travailler correctement. Je ne peux pas, malgré toute ma bonne volonté, me souvenir de ces listes et les disséquer maintenant ou n'importe où.

- Vraiment? Je le peux. »

Son regard circonspect m'indiqua qu'il ne me croyait pas. Il n'avait pas entièrement tort. Je me léchais les doigts, évitant de gaspiller le précieux chocolat nappé de caramel en l'étalant sur la table.

« Ne pouvoir travailler que là-bas me ralentit.

- Et pourtant tout restera là-bas. Ce sont les règles, tu les as acceptées. »

Il n'en démordait pas, et je ne savais pas vraiment comment interpréter son comportement. S'il était coupable, que cherchait-il, à se donner à corps perdu là-dedans ? Sortir de mon champ de vision pour pouvoir imaginer une manière de retourner ces infos à son avantage, sans paraître suspect ? Ou était-il juste vexé que je lui ai dit qu'il était inutile pour le moment ? Ce qui collerait assez bien au côté puéril de Kira et à son égo exacerbé... mais pas à sa prudence. À moins qu'il ne ruse. Piège à niveaux multiples, résultant sur un jeu de hasard. Sournois.

« Tu pourrais me laisser emporter ces listes, ou quelque chose à faire. Je ne peux venir que dans mes temps libres, ce qui réduit le temps d'enquête.

-À ce compte-là, tu pourrais venir t'installer au QG. Tu ne sortirais plus que pour étudier et rendre visite à ta famille une fois par semaine, et tu travaillerais le reste du temps. »

Un fantôme d'étonnement passa, puis un froncement de sourcils clôt la discussion sur un refus légèrement surpris et confus. Bon, proposer à tout le monde d'emménager au nouveau QG dans une douzaine de jours ne s'annonçait pas facile.


Le chapitre maudit est terminé xD (ô combien tragique)

J'ai faillis le supprimer, mais Haaru a protesté xd (il faut dire qu'elle venait de réécrire la conférence quand j'ai soumis l'idée, herm.) Pour nous faire pardonner, le prochain sera exceptionnellement posté mardi prochain. (Merci Haaru hip hip hourra) et rassurez-vous le chapitre 8 est tout à fait "normal" !

Un petit commentaire assassin pour la route ? ;p