Petit mot de l'auteure : j'aime bien la pluie.


Jour 12 : Eau

Contexte : dans l'univers de mon OS L'expédition (donc post livre, Luna avait demandé à Drago de l'accompagner dans une mission d'étude de la faune et flore d'Asie)

Merci à Marina, Soraa Kami (x2), ManonLB, LunaQueen, Mana (x2), Angelica, JessSwann, BlackAngelis et LoupSpell

pour leurs reviews !


Il pleuvait depuis deux bonnes heures maintenant et le temps se semblait pas vouloir s'éclaircir. Ce qui, au vu du climat londonien habituel, n'était guère étonnant, à défaut d'être agréable. Bien qu'il soit un anglais pure souche et qu'il vive dans la capitale depuis cinq ans, Drago ne pouvait guère dire qu'il appréciait la pluie – toute cette eau qui tombait sans discontinuité du ciel, c'était beaucoup trop déprimant pour lui. Une raison de son désamour tenait aussi au fait que la pluie avait tendance à réduire à néant les minutes méticuleuses passées à s'appliquer soigneusement du gel – mais ça, il ne l'avouerait sous aucun prétexte. Drago se contentait donc de pester dans son coin, tâchant de garder un minimum de dignité. Il était hors de question d'admettre qu'un caprice météorologique pouvait le mettre à mal.

N'empêche, quand est-ce que cette pluie allait se décider à s'arrêter ? Jetant un énième regard par la fenêtre, Drago dû se contraindre à l'évidence : le soleil ne reviendrait pas dans les prochaines minutes. Ce qui signifiait également que, à moins d'un miracle, il allait devoir affronter cette pluie battante. Bien sûr, grâce au transplanage, le chemin qu'il aurait à faire sous la pluie ne serait pas si long que ça, mais tout de même, rien que l'idée de faire quelques pas dans cette humidité polaire lui donnait envie de claquer des dents.

Celles-ci grelottaient tellement en pénétrant dans l'aéroport qu'il cru qu'elles allaient se briser. Son parapluie n'avait pas suffit à l'abriter des précipitations et n'ayant pu invoquer un sort de sécheresse, le quartier étant rempli de moldus, Drago se sentait mouillé jusqu'au plus profond de son âme. Il s'efforça toutefois de chasser les tremblements de ses lèvres pour les étirer en un sourire. Après tout, ce chemin, quand bien même meurtrissant, en valait la peine : enfin il allait revoir Luna ! Cela faisait une semaine que sa collègue était partie, invitée à un colloque en France pour mener une conférence sur ses dernières découvertes animalières. Son sourire s'accentua de nouveau à cette pensée – quel chemin parcouru depuis Poudlard ! La Serdaigle avait définitivement bien mené sa barque et avait su s'imposer comme une spécialiste reconnue.

Ceci dit, sa pensée nostalgique pouvait s'appliquer à la relation qu'ils entretenaient désormais. Si on lui avait dit à l'époque qu'après la guerre et toutes ces horreurs, Luna l'inviterait à participer à sa mission scientifique d'exploration de la flore et faune d'Asie... Drago n'y aurait jamais cru. Et pourtant, il était là, à attendre celle qu'il pouvait appeler avec fierté sa « collègue ».

Celle-ci finit d'ailleurs par pointer le bout de son nez. Drago eut tout juste le temps de remarquer qu'elle avait pris quelques couleurs – comment pourrait-il en être autrement alors qu'elle avait quitté Londres pour Nice? - avant qu'elle ne se rue dans ses bras, un sourire aux lèvres.

- Tu es venu ! s'exclama-t-elle avec une surprise joyeuse perceptible dans la voix.

- Bien sûr, lui répondit plus calmement. Je t'avais promis que je serai là pour t'accueillir.

- Je sais, mais lorsqu'ils ont annoncé des précipitations violentes sur Londres, je me suis dit que tu aurais peut-être transplané chez moi pour m'accueillir là-bas. Je sais que tu détestes la pluie.

- Peut-être que je t'apprécie plus que je ne déteste la pluie.

Drago regretta ses mots sitôt qu'il les eut prononcés – mais qui disait ce genre de chose à ses collègues ? Pour ne rien arranger, il sentit à la chaleur de ses joues que celles-ci étaient en train de prendre une gênante teinte rouge. Luna ne sembla toutefois pas être perturbée par ses propos car elle répondit le plus naturellement du monde :

- Moi, j'adore la pluie. Mais cela ne m'empêche pas de t'adorer aussi. Mon cœur a suffisamment de place pour deux, déclara-t-elle avant d'enchaîner comme si de rien n'était : on y va ?

- Oui... fut tout ce que réussi à bredouiller Drago.

Dehors, le temps ne s'était guère amélioré. La pluie, toujours aussi battante, semblait vouloir pénétrer jusqu'aux tréfonds de son âme. Luna, elle, ne semblait pas plus dérangée que cela par les conditions pourtant dantesques.

- Il y a une zone discrète où transplaner pas très loin, cru toutefois bon de préciser Drago.

Mais après tout, peut-être ces propos étaient-ils plus destinés à le rassurer lui que Luna, qui observait pensivement l'averse sous ses yeux.

- Il pleut, déclara-t-elle finalement après un silence qu'il lui était plutôt inhabituel.

- Oui, et ? demanda Drago, incertain – ce n'était pas comme s'il ne l'avait pas remarqué.

- Bah, il pleut, se contenta de répondre Luna, une telle évidence dans la voix que Drago se demanda qu'elle information capitale autre que le temps lui échappait.

- Oui, en effet, je vois ça, répondit-il donc prudemment.

- Tu viens avec moi sous la pluie ?

- Nous n'y sommes pas assez à ton goût ?

Pour toute réponse, Luna hocha négativement de la tête, avant de s'extirper de la faible enceinte protectrice du parapluie. Désormais pleinement exposée à la pluie, elle semblait presque disparaître sous celle-ci, seuls les phares des voitures et le halo du réverbère derrière elle aidant à la distinguer. Dans cette lumière, elle semblait irréelle, comme une figure hors du temps, insensible aux aléas de cette vie.

- Tu viens danser avec moi sous la pluie ?

Elle souriait en lui demandant cela. Elle souriait, et elle lui tendant la main. Drago, lui, était figé sous son parapluie, sa conscience lui dictant que cette demande était dénuée de bon sens. Mais la conscience, tout comme la raison, ne pouvait guère faire le poids face à un sourire et à une main tendue.

Surtout lorsqu'ils appartenaient à Luna Lovegood.

Alors Drago fit tomber le parapluie au sol et attrapa la main de Luna. Doucement, elle commença à se mouvoir, et tout aussi doucement, Drago répondit à son geste. Il n'y avait alors plus que leurs deux figures et la valse qu'ils effectuaient, pas à pas.

Des valses, Drago en avait dansé de nombreuses. Mais aucune n'avait eu cette saveur là – et ce n'était pas l'humidité de la pluie qui la rendait si particulière. Ce fut le fait étrange que malgré son exécution improbable, jamais aucune danse ne lui était parue aussi naturelle.

Oui, tout dans cette situation lui paraissait comme destiné à se produire. Et ce, même le doux baiser que Luna déposa sur ses lèvres.


Petit mot de fin : Une review = une danse sous la pluie avec Drago ou Luna, ou les deux pour les plus sages d'entre vous.