Petit mot de l'auteure : je n'ai plus d'avance dans mes textes. C'est la panique. Mais j'ai une idée pour celui de demain!


Jour 17 : Je ne te crois pas

Contexte : tome 6

Merci à Marina, Mana (x4), Angelica, LunaQueen, BlackAngelis, ManonLB et Soraa Kami pour leurs reviews !


C'est un sanglot étrange qui retient son attention. Ce qui n'est guère étonnant – les toilettes du deuxième étage sont souvent lieux de sanglots, après tout, Mimi Geignarde les a pris pour repère et les envahit donc régulièrement de plaintes larmoyantes. Très régulièrement, même, si bien que la plupart des élèves ni font plus attention.

Mais pas Luna.

Luna, elle, n'a jamais aimé voir les autres tristes, alors les entendre pleurer... c'est quelque chose qu'elle ne peut pas supporter, quand bien ces pleurs viennent d'un fantôme mélodramatique. Elle ouvre donc doucement la porte des toilettes, et se dirige à pas de loups vers la source du bruit, pour ne pas effrayer Mimi. Elle pousse la porte entre-ouverte d'une cabine, ouvre la bouche pour demander au spectre s'il va bien et... et la referme immédiatement.

Car ce n'est pas Mimi qui pleure.

C'est Drago Malefoy.

Luna ne connaît pas bien le blond. À vrai dire, sa seule véritable interaction avec lui se résume à quelques insultes jetées alors qu'ils étaient tous dans le bureau d'Ombrage l'année précédente. Il aurait alors été tellement facile de partir, le laisser seul, pleurer sur sa cuvette. Elle pourrait même sortir pour raconter à tous que le prince des serpents était tremblant dans les toilettes. Oui, c'était terriblement facile, et c'était bien pour cela que Luna ne le fit pas – elle n'avait jamais du genre à opter pour la facilité. Alors qu'elle s'accroupit et demanda d'une voix se voulant rassurante :

- Ca va ?

- Bien sûr que oui, rétorqua l'autre, un reniflement venant contredire l'assurance qu'il avait essayé d'avoir.

- Je ne te crois pas, se contenta de répondre calmement Luna. J'ai l'impression que ta tête est envahie de Joncheruines. Et très honnêtement, ça n'a pas l'air d'aller très bien.

Oui, Drago Malefoy n'allait pas bien. Et elle s'en rendit compte d'à quel point lorsqu'elle, après l'avoir fait tourner vers elle, elle se retrouva face à deux avant-bras mutilé, le gauche d'une marque noire, et le droit de scarifications écarlates.

Elle ne savait pas ce qui la choquait le plus entre les deux – le bras prêtant allégeance à la mort ou celui l'appelant ?

Elle n'eut le loisir ne s'interroger d'avantage que Drago l'avait repoussé, tant bien que mal.

- Fous moi la paix ! Pesta-t-il.

- Je suis désolée... répondit tranquillement Luna. Mais je ne peux pas vraiment laisser quelqu'un voulant se suicider tout seul dans les toilettes.

- Chouette, bah reste dans ce cas, tant que tu me fous la paix.

Se disant, il se détourna d'elle, pour reprendre le couteau qui avait déjà entaillé une fois sa chair.

- Non ! S'écria Luna. Je voulais dire... je... donne moi ça !

Voyant que l'autre n'avait en aucun cas envie d'accéder à sa demande, elle se saisit de l'ustensile, la tâche étant rendue aisée par la faiblesse du blond.

- Fous moi la paix, pleura-t-il. Fous moi la paix, casse toi.

- Encore une fois, je suis désolée. Mais je ne peux pas te quitter.

Elle se saisit de sa baguette, incantant un rapide sort pour réduire l'hémorragie.

- Cela devrait suffire le temps que Madame Pomfresh prenne le relais.

- Non ! s'écria Drago. Annule ton sort.

- Je ne peux pas. Si je le fais, tu finiras pas mourir.

- Et alors ?

- Et alors... je n'ai pas envie que tu meurs.

- J'en ai rien à foutre de ce que tu penses, Loufoca.

- Croire que te montrer méchant va me faire changer d'avis, c'est bien mal me connaître. Je suis plutôt têtue quand je le veux.

- Tu ne vas pas me laisser, alors ?

- Non.

Contrairement à ce qu'elle aurait cru, cela ne sembla pas rassurer le blond – au contraire, il se remit à pleurer, de manière incontrôlable.

- Je ne comprends pas... murmura-t-elle. Je n'ai pas l'impression que tu veuilles mourir... alors pourquoi ?

- Évidement que je ne veux pas mourir, Loufoca ! finit-il par exploser. Je suis complètement terrorisé par la mort, je voudrais à ne pas avoir à la connaître. Mais j'ai bien plus peur de ce qui se passerait si je reste en vie. Alors...

- Qu'est-ce qui se passerait si tu restais en vie ?

- Je n'ai pas à t'en parler.

- C'est sûr, concéda Luna. Alors je n'ai plus qu'à deviner. Je te propose un marché : si mes trois prochaines suppositions concernant cette situation sont vraies, tu me dois la vérité. Si je me trompe, je te laisse en paix. Ça te va ?

- Oui, répondit Drago d'une voix enrouée – mais quel genre de fou faisait un pari en prenant le risque de se tromper et défaire une vie qu'elle s'était donnée du mal à sauver ?

Certes, elle pouvait très bien mentir, mais en regardant ses deux grands yeux bleus, il avait l'intime conviction que ce n'était pas le cas.

- Première affirmation, commença-t-elle. Ton acte est lié à la présence de cette marque sur ton bras.

- Oui, concéda Drago.

- Deuxièmement, tu n'as pas envie de mourir. Mais tu ne veux pas vivre, parce qu'on t'oblige à faire quelque chose que tu ne veux pas faire.

- C'est aussi vrai.

- Et tu ne peux pas refuser de faire ça, car l'on ferait du mal à quelqu'un que tu aimes. La seule solution qui te semble à ta portée, est de mourir. J'ai raison ?

Il fallu quelques secondes à Drago pour réussir à souffler « oui ».

- J'ai gagné ! S'exclama-t-elle joyeusement. Comme je suis gentille, je vais te donner une quatrième affirmation : tu es un idiot. La mort n'est pas la seule solution.

- Ah oui ? Grimaça-t-il. Et tu ferais quoi pour protéger ta mère du seigneur des Ténèbres ?

Pour toute réponse, Luna pointa quelque chose derrière elle – ou plutôt, quelqu'un.

Dumbledore, qui était arrivé à quatrième vitesse dès que Mimi, venue alors que Luna parlait avec Drago, l'avait prévenu de ce qui se jouait.

- Alors, Monsieur Malefoy, puis-je vous aider ?

Ils ne le surent jamais, mais cette question, ainsi le « oui » que répondit Drago, changèrent bien des choses à l'histoire.


Petit mot de fin : Une review = une chance pour que Narcissa s'en sorte