Petit mot de l'auteure : en ce moment, je lis Fahrenheit 451. Il est bien, mais me passionne moins que ce que j'avais pensé avant de le commencer. C'est dommage.


Jour 19 : Dieu / déesse

Contexte : UAmythologie grecque

Merci à Manon LB, Marina, Angelica et BlackAngelis pour leurs reviews !


Il se tenait toujours à l'écart.

C'était une chose qu'elle avait remarqué presque immédiatement : à chaque fois qu'elle était admise à l'Olympe, il était seul, en retrait. Oh, bien sûr, peut-être était-ce le cas que lorsqu'elle elle était conviée aux fêtes, ce qui n'arrivait pas si souvent que cela. Elle n'était que fille de Pandora, elle-même souvent considérée comme une déesse peu importante ; alors peut-être que les autres fois, assez nombreuses, Drago se mêlait aux autres. Peut-être. Mais Luna avait l'impression que ce n'était pas le cas, et que cette mise à l'écart était une habitude. Il n'y avait qu'à voir la manière dont personne ne se tournait vers lui, si ce n'était pour lui faire une plaisanterie concernant son travail. Lui esquissait un sourire qui n'atteignait pas ses yeux, sûrement pour ne pas froisser le tout puissant Harry, maître du ciel et dieu à l'éclair.

Luna ne savait pas ce qui s'était passé entre eux, mais elle n'en avait ainsi dire cure. Tout ce qu'elle voyait, c'était la solitude de Drago. Elle esquissa alors quelques pas vers lui, mais fut coupée dans son élan par Ginny.

- Tu devrais l'éviter, lui souffla-t-elle.

- Pourquoi ?

- Mais... parce que c'est le dieu des enfers, pardi ! Il règne littéralement sur la mort !

- Et alors ? demanda Luna, ne voyant clairement pas le problème. Il fait son travail, c'est tout. Je pense que nous sommes nombreux à être heureux qu'il le fasse, d'ailleurs. Et...

- Te fatigues pas, le coupa une voix, derrière elle.

Luna se retourna brusquement, pour tomber nez à nez avec l'objet de sa conversation.

- Je suis une cause perdue. Ton amie ne fait que dire ce que tout le monde pense tout bas.

Et aussitôt qu'il était arrivé, Drago s'était évanoui dans la nature.

.

- Je ne comprends pas pourquoi tu t'acharnes à me parler.

À quelques nuages d'eux, la fête battait son plein sur le mont Olympe. Comme à chaque fois, Drago s'était tenu éloigné de l'agitation, et comme les cinq dernières fois qu'elle avait été invitée et spectatrice de ce fait, Luna avait cherché à le rejoindre – et ce, quand bien même sa présence n'était pas vraiment souhaitée par le dieu.

- Je n'aime pas voir les gens tristes, répondit-elle. Et je ne comprends vraiment pas pourquoi les autres t'évitent.

- Parce que je suis le maître des Enfers.

- Et alors ?

- Et alors... les dieux n'aiment guère qu'on leur rappelle qu'il y a des vivants, et paradoxalement, voir leurs âmes mortes est un signal des plus visibles de leur existence.

- C'est idiot.

- Ce n'est pas grave. Je n'ai pas besoin d'être aimé. Et puis, j'aime faire mon travail. J'ai le sentiment d'accomplir quelque chose.

- Vraiment ?

- Vraiment. Même si la vie peut être parfois terne en-bas. C'est la seule chose que je n'aime pas là-bas, à vrai dire. Tout est désespérément gris.

- Si cela ne tien qu'à ça... je pourrais y amener des couleurs.

.

Les enfers étaient effectivement un endroit bien monotone. Où qu'elle pose ses yeux, Luna ne voyait que des nuances grises, encore et encore. Elle continua toutefois sa marche, jusqu'à arriver aux portes du palais. Après avoir toqué et attendu un certain instant, celles-ci finirent par s'ouvrir sur le maître des lieux lui-même.

- Luna ? demanda-t-il, surpris. Que fais-tu ici ?

- Je t'avais promis des couleurs, non ?

Se disant, elle dévoila le contenu du panier qu'elle avait dans les mains : celui-ci était remplis de narcisses d'un jaune éclatant.

Drago pris la fleur dans ses mains, étonné.

- Ce sont des fleurs, pour toi. C'est tout ce qu'il y avait en cette saison, mais je pourrais aller en reprendre d'autres. Et nous pourrons les disposer ensemble.

- Je... cela me conviendrais bien. Mais inutile de faire un aller-retour, je peux multiplier tout ce que j'ai vu.

Ils passèrent alors les prochaines heures à installer des fleurs en Enfer.

.

Lorsqu'elle remonta à la surface, Luna crut s'être trompée de monde. Sa chère Terre était terriblement triste, froide, désertée. Que s'était-il donc passé ? Elle n'eut le temps de se poser d'avantage la question qu'une forme s'était jetée à ses bras.

- Luna ! Mais où étais-tu donc passée ? S'exclama Ginny.

- J'étais en Enfers, expliqua-t-elle en tachant de reprendre ses esprits.

- En... en enfers ? Mais tu vas bien ? Tu n'as rien ?

- Oui, je vais bien, s'empressa de la rassurer son amie. C'était même très bien. Mais que c'est-il passé ici ?

- C'est ta mère, Luna. Elle était si désemparée de ne plus te voir qu'elle a décidé d'affamer la terre tant qu'elle ne te retrouverai pas.

- Oh... mais je ne suis partie que neufs jours, ce n'est qu'une bagatelle pour nos existences divines.

- Oui, mais pas lorsque cela concerne la disparition de son enfant. Déesse ou mortelle, une mère ferait tout pour retrouver celui-ci si elle avait peur pour sa vie.

Luna ne put qu'acquiescer – Ginny n'avait pas tord. Elle aurait dû avertir de son départ, mais ne pensait pas passer un si bon moment en Enfers. Si bon, qu'elle ne souhaitait à vrai dire qu'une chose : y retourner.

Bien sûr, sa mère ne prit pas bien la nouvelle lorsqu'elle exprima ce souhait. Elle porta même l'affaire jusqu'à Harry, qui finit par trancher : Luna serait libre d'aller où elle le souhaite, tant qu'elle revenait voir sa mère de temps à autres.

Ainsi, Luna retourna voir Drago, mais sans jamais oublier de rendre visite à sa mère, pour lui rappeler que même si elle était désormais mariée au dieu des Enfers, elle n'oubliait pas d'où elle venait.


Petit mot de fin : Une review = un peu de considération pour Drago de la part de ses collègues dieux

Sinon, je préfère cette version sans enlèvements.