Petit mot de l'auteure : ce texte a été écrit pour la je-sais-pas-quelle nuit du FoF, sur le thème "Eden" (j'ai plus utilisé le mot Paradis ici mais ya l'idée).
Jour 30 : Avenir
Contexte : Possible missing moment (un peu comme le mot du 26)
Merci à Angelica, Marina et Mana pour leurs reviews !
- J'ai fait un rêve, cette nuit.
Drago ne lui demande pas de quoi il s'agissait ; il la connaît trop bien maintenant pour savoir qu'elle en racontera le contenu même s'il ne manifeste aucun intérêt apparent à son babillage. Et cela ne manque pas, puisqu'elle commence à narrer :
- C'était un très beau rêve. Nous étions tous deux en train de danser dans un champ de blé. Je ne sais pas bien pourquoi un champ de blé. Peut-être parce que c'est jaune, et que le jaune me manque. C'est une si belle couleur, tu sais ? Il y en a si peu ici. Même mes cheveux ne sont plus très jaunes. Mais quoi qu'il en soit, nous dansions. Je crois que c'est parce que j'ai envie de bouger. Cette cellule est bien trop petite et bien trop peu jaune pour qu'on y danse.
- Pourquoi j'étais là, moi ?
- Comment ça ?
- Bah, le champ de blé, la danse, je comprends. Mais pourquoi j'étais là, moi ? T'aurais pu danser toute seule.
- Oh. Et bien, parce que je préférerai danser avec toi plutôt que te parler à travers des barreaux. Et puis, je crois que toi aussi t'avais envie de danser.
Drago voudrait dire qu'il n'en est rien ; danser avec Loufoca, mais qu'elle idée. Mais alors qu'elle lui raconte son rêve, danser avec Loufoca dans un champ de blé lui apparaît comme l'idée la plus délicieuse qu'il soit. Il est sûr qu'elle serait sublime, entourée de jaune, des fleurs dans les cheveux – car évidement, elle aurait paré ses cheveux de mille essences florales, et lui se serait enivré de leur parfum. Car dans son rêve, il n'aurait pas eu peur de prendre sa main et de recouvrir sa chemise de paille en tombant dedans, à force d'avoir trop tourné, comme l'enfant qu'il n'était plus.
- Ca avait l'air d'être un très joli rêve, en effet.
- Oh, plus que cela. C'était un véritable Paradis. Tu sais, les gens pensent que le Paradis est blanc, mais pour moi il est jaune. Jaune de blé et de sourire.
- Ça ne se dit pas.
- De quoi ?
- Un sourire « jaune ».
- Bien sûr que si, ça existe. Puisque les sourires réchauffent – comme le soleil. Comme le jaune.
Il y a tellement de conviction dans sa voix qu'il ne peut qu'acquiescer.
- Bien. Le Paradis est jaune, alors.
Et c'est véritablement dommage que leur avenir ne le soit pas.
Car leur avenir, lui, est noir. Noir comme le Mage qui contrôle leur vie, noir comme leurs vies depuis qu'ils sont réduits à se parler à travers des barreaux, elle dans une cellule noire et lui dans un couloir qui mène à une vie de peur qui n'est guère mieux.
Devoir y retourner n'est pas une perspective qui l'enchante ; alors il reste encore un peu sur ce sol poussiéreux, pour faire durer tant qu'il peu le Paradis jaune.
Petit mot de fin : Une review = un Paradis jaune à ces deux là, et aussi à vous !
Et si vous avez une minute d'encouragement pour mes partiels, je prends !
