Titre : Thirst

Disclaimer : Les personnages et l'univers de Death Note ne nous appartiennent pas.

Rating : M pour certains chapitres

Guest

Tu n'as pas à rougir, ta review montre que tu sais tout à fait manier les mots ;) Nous aimerions bien pouvoir poster plus souvent nous aussi, et nous savons bien que ce n'est pas facile non plus pour les lectrices/lecteurs mais poster plus vite est tout simplement incompatible avec nos études du moment, et d'ailleurs je suis dans une belle et longue période de bouillon xd Merci beaucoup pour tes compliments, nous espérons que tu aimeras autant ce chapitre que le reste !

Bloodykawaii

XD Rassure-toi pour construire le plan de la fiction nous jurons ne rien avoir pris d'illégal, et rien de légal non plus (la glace ça compte?) xd En fait ça ne nous a pas pris beaucoup de temps, pour le mettre sur pied maintenant que j'y pense mais c'était pendant des vacances d'été alors ça a dû jouer lol Évidemment qui dit fan girl dit cri de fan girl, c'est la base xD ! (mais je plains les tympans fraternels collatéraux, pauvres choses sacrifiées sur l'autel de la fanfiction xd ) He bien si un jour le miracle d'une édition papier arrive, on te le fera savoir xd mais entre nous ce serait réellement un miracle...et vu la longueur que commence à faire la fic (et on est loin d'avoir fini) il faudra peut-être plusieurs volumes ou mettre le texte en police 7,5 mdr

Hum Haaru et moi étions...comment dire ? Vaguement énervées ? (pas tellement dans nos habitudes de poster ce genre de messages en début de chapitre, mais vraiment ça démangeait vu le gouffre entre le nombre de commentaires et de visiteurs, plus la période qui est franchement très stressante pour nous. Bref.) Merci pour ton commentaire !

Vraiment ? Vous en discutez entre vous ? Waouh ça nous surprend, mais en bien :D Je ne sais même plus quoi dire !

Oui toutes les deux études de lettres et nous sommes en master. Honnêtement les études de lettres n'ont rien a voir avec le fait d'apprendre à écrire (enfin à mon avis), ça apprend à lire vraiment les textes et ça diversifie la culture (mais uniquement les trucs poussiéreux parce que bon les profs vont pas non plus te faire étudier des trucs trop modernes aha oui je suis mauvaise langue mais c'est vrai). Pour écrire, c'est simple, il faut écrire xd La pratique c'est le seul moyen de s'améliorer. Lire est très utile évidemment pour t'aider à savoir quel genre de style tu aimes, développer l'imagination etc, bref « se nourrir », mais voilà le plus important c'est de se mettre devant un clavier ou une feuille et d'essayer, le reste vient à force de. Pas forcément beaucoup, au début, il faut tester les choses et si tu veux construire une vraie intrigue c'est généralement préférable d'avoir les grandes lignes en tête avant de se lancer ^^ Chacun a un style différent, il ne se trouve pas tout de suite et s'améliore toujours.

Pour nous l'écriture à deux fonctionne très bien, c'est très facile, on se connaît bien et on est sur la même longueur d'ondes ce qui fait que le plan préalable de la fic ne contient que les axes vraiment majeurs, et on brode par dessus. Écrire à deux peut être difficile sans ligne directrice et si les deux personnes ne se connaissent pas assez. Si c'est la première collab, il vaut mieux avoir un plan assez net au départ pour ne pas que l'action parte dans tous les sens mais ça dépend des personnes et du niveau d'expérience. ^^

Réponse-pavé satisfaisante ? ( Je réponds toujours aux questions ne t'inquiètes pas) Merci pour ta review !

Kalas1209

Hello ! Mais c'est tout à fait ton droit (et heureusement) de migrer vers d'autres fandoms, j'espère que tu y trouves ton bonheur de lectrice ;) HP est de très loin plus fréquenté, il doit bien y avoir des trucs intéressants !

En tout cas nous sommes vraiment contentes que tu apprécies toujours l'histoire même avec les pauses ^^ Hé oui toujours frustrante ! Bon pour le délai de publi ce n'est pas un choix fait par plaisir mais tout le reste héhé j'avoue que ça nous amuse beaucoup de faire joujou ;p Beyond a peut être une belle carrière dans le harcèlement en perspective, ou futur réalisateur de thriller (c'est plus classe) ce type est de toute façon complètement cintré et la pression va lentement s'accentuer niark

Le coup de l'ascenseur c'est une idée xd Merci pour le compliment, et pour le commentaire !

Nufnuf

Tu as tout lu d'un bloc ? Impressionnant !
C'est vrai que L et Raito ont un certain nombre de ressemblances mais pour autant les différences sont assez nettes je trouve, mais ça se discute ^^ Merci beaucoup pour tes compliments ! Nous sommes ravies que les sensations et émotions te paraissent si faciles a ressentir derrière l'écran ^^ Bon on ne va pas se mentir, le fait que les povs soient à la première personne doit beaucoup jouer mais en tout cas on essaye de donner de l'épaisseur, de la réalité aux personnages et on essaye de rendre la relation crédible dans la mesure du possible, alors ça nous fait vraiment plaisir ;) Pour la démarcation des deux personnages tu parles des styles ou de la mise en page ?
Merci beaucoup pour ton commentaire et tous tes compliments !
Anonyme

C'est très gentil de sortir de ton silence, nous t'en remercions. Et merci aussi pour tous tes compliments ! Ne t'inquiètes pas nous avons encore un énorme paquet de trucs à dire, la fic est loin d'être terminée je peux te le certifier (la trame a été établie avant le début de l écriture ^^)
Nous espérons que l'histoire continue à te plaire !

Mafumafu

Merci pour tes compliments et ton commentaire ! Un pas en avant oui et aussi en arrière ;) mais le positif l'emporte !

J'aimeBobLennon

Oui en effet la fic est sévèrement longue maintenant... Un temps de malade à écrire non, mais du temps oui, et il faut jongler avec les études assez lourdes à côté et donc ça explique le rythme de publication. Disons que vu la longueur de tout ça, ce serait dommage de ne pas essayer de donner « chair » aux personnages, à force, et le fait d'avoir des pov à la première personne joue beaucoup dans l'impression de proximité ^^ Haaru, celle qui se charge de L, le trouve justement moins pénible que Raito à faire, je cite « vachement moins chiant » alors je suppose que c'est une question de ressenti personnel en général ou par rapport à un personnage précis. Je trouve les deux personnages complexes l'un comme l'autre mais par contre oui, L est plus complexe à partir du moment où Raito perd la mémoire. Après ça il n'a plus aucun intérêt dans le manga et ne sert à rien, petite plante en pot toute niaise, là où L reste lui-même jusqu'au bout. (et je ne parle pas de la dernière partie après la mort apocalyptique de L, où le personnage de Raito part tout à fait en live, et perd encore sa complexité en perdant sa tête, et encore si c'était une folie intéressante...mais non xd)

Je ne voulais pas donc pas faire la même chose que le manga avec Raito, à savoir le côté déco gentil mais crétin d'où la partie « torturée » comme tu dis ^^ XD team L comme presque tout le monde, si je renie la deuxième partie du manga, je n'ai pas de camp héhé (j'aime les deuuux :3)

Oui, il nous paraissait hautement improbable que L parte en vacances je ne sais où pour être tranquille avec Raito, et de toute façon pour nous ça n'a strictement aucun intérêt ce genre de fic. Il faut un peu de tout, et l'enquête de toute façon reste l'axe principal de l'histoire. Une attirance avant tout intellectuelle, qui s'associe ensuite au physique mais oui, c'est ça le truc, comme l'intellect domine ça ne peut pas être quelqu'un d'autre peu importe si Misa est mannequin etc (à moins de trouver un 3ème génie au fond d'un tiroir xd) Pour Watari et la surveillance, disons que ça dépend des moments et qu'il ne passe pas son temps à suivre L à travers les caméras, surtout dans sa chambre. Après s'il regarde et voit que ça devient plus privé, ce n'est pas son style de rester devant x) Je suis totalement d'accord la relation L/Watari est très touchante (et j'ai le droit de le dire vu que je ne m'occupe pas de ces scènes ;) )

Tu as le droit de le dire quand tu trouves des points négatifs, tout de même xd Les personnages de Futi et de Ringo sont le résultat de plusieurs partis pris. En fait, tous les personnages de Death Note (à part une ou deux exceptions) sont déséquilibrés d'une manière ou d'une autre et plus ou moins fortement. Je ne parle pas de folie, je parle de leur psychologie. Nous avons donc créé deux personnages sévèrement déséquilibrés, et oui ce sont des personnages volontairement peu crédibles, ils sont là pour meubler le début et divertir avant le lancement de l'enquête et surtout ils sont là en tant qu' « objets ». Objets que L et Raito utilisent pour se confronter, ce qui en dit autant sur l'un que sur l'autre. Et plus particulièrement ce sont des objets dans le sens où ils sont construits comme des figures de doubles de personnages qui apparaissent plus tard. Ils ont leur personnalité propre évidemment, ce ne sont pas des doubles « parfaits » plutôt des précurseurs, des entraînements. Ah pour Todai, le concours est très difficile mais il est de notoriété publique qu'une fois l'examen réussi, le niveau attendu au quotidien est beaucoup plus accessible, d'une part, et il me semble (mais ça date un peu) que nous avions placé ça et là des suggestions de pots de vin pour la « réussite » du fameux concours concernant Futi et Ringo. Mais effectivement ce sont des personnages marionnettes de bout en bout xd En ce qui concerne Misa et Matsuda, leur image est vraiment déformée par la perception à la première personne (sachant qu'au départ ils en tiennent une vraie couche quand même, enfin surtout Misa). Oui nous avons accentué le trait par rapport au manga, et ça s'est fait tout seul. La longueur doit jouer je pense. Mais l'un comme l'autre auront un rôle capital à un moment de la fic, donc disons qu'ils réservent quelques surprises et qu'ils ne sont pas aussi univoque que l'image perçue par L et Raito ;)

De mon point de vue, ce n'est pas que Raito n'apprécie pas sa famille, je pense qu'il l'apprécie, mais les relations sont complexes. Premièrement il y a l'aspect « éducation japonaise » qui est ce qu'elle est mais n'arrange pas le problème suivant du personnage, les relations sociales. Il y a une distance creusée par l'intellect entre lui et sa famille sans oublier la tendance sociopathe. Sa famille ne le connaît pas vraiment, ou plus depuis longtemps, elle ne connaît que l'image qu'il veut leur donner. Tout ceci n'empêche pas l'attachement de Raito pour sa famille mais il est amoindri et très peu montré, à la place il s'autorise à montrer des images manipulées et lissées de lui-même, par fierté, par volonté obsessionnelle de perfection, de contrôle et parce que sa famille n'est pas capable de le voir lui. Les relations sont donc superficielles, incomplètes, sans que la famille s'en aperçoive. C'est de l'affection, mais distanciée, moins forte qu'elle devrait être, donc complexe (mais les relations le sont toujours). D'ailleurs à mon sens la relation Raito/Soichiro ne peut pas être et ne pourra jamais être semblable à celle de L et Watari, dans la force comme dans la compréhension. Même s'il elle s'améliore (peut être qui sait) il y aura toujours des murs que Soichiro ne pourra pas passer, malgré ses efforts. Et je pourrais m'étaler encore dix ans sur le sujet donc je vais en rester là, ce pavé est déjà beaucoup trop long xd

Si tu as des fics en anglais à recommander sur Death Note, nous sommes partantes x) Effectivement, c'est lent (c'est le moins que l'on puisse dire) mais faire avancer l'intrigue et la relation de deux personnages en essayant de ne bâcler ni l'un ni l'autre ça prend son temps x) Et nous voulons éviter autant que possible l'OOC brrr (horreur xd) Pour le nombre de chapitre, nous n'en avons aucune idée, vraiment aucune, si ce n'est « encore beaucoup ». Il nous reste un énooorme paquet de points et d'événements x)

Merci beaucoup pour tes compliments et ton commentaire ! Et tu as plus que le droit de critiquer si il y a matière à ^^


Un énorme merci aux nombreux commentaires ! Ça fait du bien de voir qu'on ne bosse pas que pour nous, et qu'on existe un peu. En espérant que l'effort ne s'effondre pas.

Nous publions avec un jour d'avance, sous peine de ne pas pouvoir envoyer le chapitre avant environ le 20. Ce qui n'est pas dramatique mais vous préférez sans doute l'avoir avant qu'après x) Et de toute façon je risque d'oublier si je le fais pas tout de suite...

Le chapitre s'inscrit dans la continuité directe du précédent.


Chapitre 35

Joyeuses fêtes de fin d'année


Akemi sourit pour m'accueillir, son bras passé sur le dossier, le canapé juste délaissé par L. « Joins-toi à nous. On parlait de toi, justement. » Railleur pour l'agacement qui me piquait les lèvres.

« Vous dissertiez sur mes innombrables défauts par ordre alphabétique ? Ou peut-être la joie de ma présence fracassante chantée sur l'hymne national ?

Un éclat amusé et le bras se retira. Plus de raison de se trouver là. « Rien de si intime, apparemment. » Le ton joyeux et sa tête imperceptiblement inclinée vers L, référence. Référence à quelque chose que j'ignorai.

« Rassurant.

- Vraiment ? » Les yeux se plissèrent, et l'expression glissa, comme la main sur le cuir. « Allez viens, je voulais te demander deux trois petites choses justement. » Je regardai sa paume, tapoter la place à sa gauche. Direction le second fauteuil, bien plus pratique pour observer les réactions. Akemi ne commenta pas mon choix, dommage, quelques tentations acides sur la langue. « C'est plus ça que tu ne devrais pas trouver rassurant.

- Je n'ai pas peur des questions.

- Mais des réponses ? Enfin, pas les tiennes évidemment. » Le sous-entendu bien trop audible dans les jeux d'inflexions. Il n'était pas supposé connaître cette part de mon comportement, ou pas assez pour l'exploiter.

« Si tu me poses des questions, j'imagine que je suis censé y répondre, c'est une ennuyeuse convention pour une conversation réussie. Je n'ai pas encore testé mes talents de plante en pot décorative.

- Non non non, erreur fatale. Je suis persuadé que ta voie se situe plutôt du côté « Blanche-Neige chez les gnomes ». En céramique orange.

- Charmé. Et en accord avec mon aura.

- Et tes cheveux. Le tout est de trouver la bonne nuance. Abricot ? Carotte ? Citrouille ?

- Je te suggère le daltonisme en salade de saison.

- Vexé ? L'apocalypse capillaire selon Raito, verset 10 ?

- Tes questions sont censées provoquer une réaction en particulier ? Je me prépare psychologiquement à lire mes répliques. Je ne garantis pas le résultat, les dialoguistes ont l'air de branleurs de pubs de pâtée pour chats.

- Appelle-moi Félix.

- Brandon Miaou selon le contrat, et le verset 12. Tu aurais quelques photos d'expressions faciales ? J'ai peur de ne pas être à la hauteur.

- Et comme je te comprends. Est-ce que tu te sens prêt ?

- Je suis terrifié. C'est tellement perceptible ? Et si tu commences à mettre des mots interrogatifs, je ne sais pas si j'arriverai à dormir cette nuit. »

Jambes croisées, mon dos contre le dossier. « J'attends. » La provocation, qu'il crache ses interrogations foireuses. « Je te ferai parvenir un petit questionnaire de satisfaction : Quelle question auras-tu l'audace de me poser ? »

Une poignée de secondes, filées. « Est-ce que tu voudrais participer à l'opération « dyspepsie, cuite et cotillons » ? » Il ajouta, sur un sourire. « Copyright personnel.

- Je ne suis pas là pour compter les brins du tapis ni comptabiliser les petits-fours ingurgités par une assemblée de milliardaires feignant se donner bonne conscience pour mieux dormir sur leurs millions en toute impunité. »

Une exclamation gourmande. Il se retourna, mouvement vif, fluide. « Coup de théâtre ! Miss Moneypenny, notez ! Les témoignages sont étrangement discordants. Inattendu me direz-vous ? Je ne crois pas. »

Sarcasme étiré en coin. « Discordants ? »

Pour la première fois, une ombre étonnée flotta. Son visage décontenancé, voilà qui méritait l'arrêt sur image. Qui se savourait. « Tu as dit oui, il a dit non. Tragédie moderne. Rideau ?

- Je n'ai fait que répondre à ta question. Tu te rappelles quelle était ta question, rassure-moi ? »

Parfum d'hésitation mal dissimulé. « Est-ce que tu voudrais participer à... » L'expression d'Akemi se fit boudeuse. « Tu savais qu'il ne serait pas d'accord. »

Je le regardais, fixe. « Le questionnaire commence mal, pauvre Miss Moneypenny. J'imagine qu'il faut une pointe de cruauté dans le monde impitoyable du travail. » Estimant avoir fait taire le mafieux pour quarante secondes consécutives, je me tournai vers L, qui s'était bien gardé d'intervenir. Réflexion qui souffleta la colère. « Tête à tête intéressant ? Instructif ? » Intensité des pupilles. « Avant « la partie qui parlait justement de moi » bien entendu. »

J'attendis, empêchant mon index de frapper sur l'accoudoir. Et sa voix, négligente.

« Plutôt. Je me suis souvenu d'un élément important. »

La surprise arqua le sourcil d'Akemi. Légèrement problématique.

« Vraiment ? Pour le mensonge on repassera, ton partenaire dans le crime n'a pas l'air au courant.

- Tu te souviens de ce partisan de Kira, il a fait la une.

- Comme toi ? Réputation en morceaux sur des torchons de papier recyclé à l'encre toxique ? C'est... comment Akemi appelle ça, déjà ? La tragédie moderne ? »

Un frémissement expressif, enfin. Pincée d'agacement entre les lignes, saupoudrée dans la scansion. « Non. Suicide supposé. Misa a appelé ?

- Raté. Tout le monde fait la une ces jours-ci, surtout en format cubique prêt à l'emploi.

- Ta bonne humeur est frappante. Je conclus que tu ne te souviens pas ?

- Conclus ce que tu veux. » L'agacement qui avait besoin de se déverser, contaminer. Son expression était encore trop lisse, diablement lisse. « Eden Lockhart. Aiber et Wedy l'ont trouvé. »

Sourcils, tiqués. La concentration glissa dans mes doigts, plusieurs secondes. J'essayais de me souvenir, ces noms m'étaient familiers. Pas si lointains. « Le soi-disant suicide avec une couronne d'épines sauce Jésus. » Retour plusieurs siècles en arrière, au bas mot.

« Techniquement, c'est son sang qui faisait la sauce. J'ai vu les photos. » Regard foudroyant à la retenue. Akemi se permettait de commenter, rectifier mes propos. Pire, Akemi s'en était souvenu, avant moi. Sale sensation nauséeuse.

« Lockhart avait une carte dans ses affaires. » Fulgurance, et unisson d'une réponse. « Du concessionnaire Yotsuba. ». Ma tête se détourna : ça ne changeait rien, l'information était peut-être exacte, peut-être intéressante mais c'était un mensonge éhonté. Ils n'en avaient jamais discuté avant mon arrivée, ô combien dérangeante. Non, ils avaient parlé de sujets intimes dont je ne faisais apparemment pas partie.

« Mais dis-moi Raito, tu es censé apporter ton aide. Sauf que tu ne te rappelles pas d'un élément capital c'est tout bonnement honteux ! Tu es donc ici pour compter les petits fours derrière un écran finalement. C'est une activité captivante j'en conviens. » Une lueur joueuse s'étranglait dans ses iris, pour ne pas flamber trop fort. La question de sa participation au nouvel an était extrêmement tentante mais la colère, raison si évidente avec ce qu'il venait d'énoncer sur un ton de pacha gourmand. L'envie de savoir, triturante, ignorée. À la place, la satisfaction trop pâle d'un « hum » comme marque d'absentéisme flagrant, alors que sa voix retournait encore ses syllabes, échos entre deux synapses.

« Plus important, Raito, quelle est ton opinion à propos des ornithorynques ? »

Il fallait que je vérifie. « Je ne vais pas vous déranger plus longtemps. » Un peu plus acide que voulu, peut-être.

Les effets personnels de Lockhart étaient conservés à un endroit dont Watari me refusa l'accès. La boîte en carton fut déposée sur mes genoux, certainement une trentaine d'étages au-dessus de la pièce interdite. La pièce des scellés personnels de L, en quelque sorte. Le regard suspicieux de Watari agrippé à mes moindres gestes alors que je farfouillais dans le maigre contenu. Une carte de concessionnaire, retournée, examinée. Nom frappé en Arial sur le recto. J'arrachai les gants dans une poubelle, rendis le carton au vieil homme.

Il se dirigea vers la porte, dos tendu d'une veste de costume noire. L'angle de son profil avalé dans l'encadrement. Traits secs, verrouillés de défiance.


Les baguettes, à dessiner des formes enfantines. Brasser l'infâme bouillon qui me servait de tableau surréaliste. Une pâte déplacée, un petit pois ajouté, savante composition de l'immonde. La viande se délitait entre les légumes, fibres spongieuses, promenées dans le liquide froid comme un cadavre dans son formol. Tout se dégénérait. Petites particules en nuages, tournées par le bois en multitudes de postillons furieux. Répandus en invasion pandémique. L'œuf surnageait mollement, assiégé de toutes parts. Sa coque blanche désespérément élastique et le jaune effrité, bouillie visqueuse assassinée en pointes de baguettes.

Aliments bricolés jusqu'à casser la matière. C'était méthodique, vengeur. Ma chaise déjà occupée, découverte inattendue au goût brûlé et rapace. Une revendication qui n'en était pas une, qui était pire. Comme si sa place sur la mienne était naturelle, voleur sans même en avoir l'air conscient. Comme si je n'étais pas à ma place, moi, l'intrus. Qu'on arrachait. Sensation froide, brusquement spiralée, apeurée d'avoir raison. Éther qui me hérissait la peau, à mesure.

La charpie se faisait systémique au bout des baguettes. Mes yeux incapables de se contenir, retenir ; magnétiques sur chaque geste, chaque mouvement. Calcul permanent de la distance, assassinat plus consciencieux alors qu'elle se réduisait, écorchée de mouvements, de mots, de regards. C'étaient des gestes, larges, fouettés sur l'air. À peine des contacts, effleurements ici et là, parsemés contre le tissu. Une épaule, un avant-bras. Ils pouvaient passer pour accidentels, ma paranoïa les voulait délibérés. Le glissement, toujours rappel du bras d'Akemi passé autour de L.

Qui s'était dégagé uniquement à cause de mon arrivée ?

Les griffes, en éveil, lentement enfoncées dans le ventre, voyant qu'il ne se dérobait pas. Ne s'éloignait pas. Il détestait qu'on le touche, litanie en fuite dans les minutes. Ses refus douloureux et violents, conçus pour qu'il n'y ait pas de deuxième fois. Plusieurs membres de l'équipe en avaient testé les délicatesses. Il n'y avait que moi, ce droit n'était qu'à moi.

Qu'attendait-il pour réagir, foutre le camp, lui en foutre une. Préavis de six mois ? Carton d'invitation ? Akemi, habile à manier les mots, je voyais l'intérêt de L et ça me crevait les yeux. Une démonstration d'intelligence toujours relancée, toujours peaufinée en phrases agiles. Une à une disséquées, je cherchais la faille, l'impureté en vain. Souplesse où on ne les attendait pas, faufilées. Son intelligence limpide et fraîche. Intelligence brillante et plastique. Je savais reconnaître les nuances électriques dans la voix de L. Ces crépites qu'il n'avait eues pour personne d'autre.

Attrait de la nouveauté ?

Et si le jouet, c'était moi ? Celui dont il venait de se lasser ? La brûlure dégoulinait des griffes, bouillonnée, découlée en épaisseurs de goudron, alors que j'analysais le moindre son. Et, une plaisanterie, légère. Elle était fine, parfaite. Me figeais. Elle résonna dans le rire du mafieux, conscient de son talent. Et elle flotta sur un demi sourire. Chute du regard, fuyant la beauté de ces lèvres traîtresses, offertes à Akemi. Mon assurance tranchée, saignée sur leurs courbes douces.

Je me sentais atrocement remplaçable, jetable. Jeté. Mélasse d'amertume, calcinante, douloureuse. Magma noir à l'asphyxie.


Akemi était plus utile ? Plus appréciable ? Plus... suite de pensées fracassées dans la tête, broyées, bousculées en course systématique. Jalouse. Terriblement jalouse. Les draps s'enroulaient en tentacules froids, tortillés à force d'un sommeil qui ne venait pas. Le besoin, l'envie de voir le détective retournés par l'émotion vorace, implacable. Dévoreuse des heures nocturnes, de la chimie. Absorbée, inexorablement gravitée dans le cœur sombre. Trou noir. Supermassif.

Savoir ce que c'était vraiment ne m'aidait absolument pas à le diluer. Tous mes neurones aspirés sur un même point, et tout se répercutait. Sans fin.

L'émergence brutale, mes yeux ouverts, le dos à plat. Un rêve qui ne laissait pas de traces, agité comme plusieurs déjà, auparavant, structures trop fragiles pour tenir le réveil. Je pivotai légèrement la tête. Choc. Stature, les contours sur les ombres. La faible lueur du couloir découpée par la présence. Ne savait pas que j'étais éveillé, peut-être. Instant immobile, ma cadence cardiaque en implosion silencieuse. La décision évidente, l'adrénaline me glaçait le dos. Avancée vive, soudaine, jaillie. Mouvements qui se jetaient en avant et stress poisseux dans les veines.

L'intrus crocheté. Écrasé contre le mur, mon bras en travers des clavicules. Mes jambes bloquaient les siennes, corps appliqué contre l'autre, et l'odeur de la peau. Vacillement.

« L.

- Tu as cru que j'étais Beyond. »

Le relâchement, à sa voix. Toute l'adrénaline, soufflée. Mon front se posa sur son épaule, presque dans son cou. Ma respiration avait du mal à se stabiliser, la poitrine éclatée de pulsations frénétiques.

« Il est censé te ressembler.

- Tout le système de sécurité a été révisé, il n'a pas de faille.

- Je sais. » Des instants muets, un peu trop savourés, mon front plus proche de sa gorge.

« Ton cœur bat vite. »

La remarque cassa le soulagement, je m'écartai. « Qu'est-ce que tu fais ici ? Trompé de chambre ? »

Silence. Appréhension irrationnelle, niée en retournant vers mon lit. J'allumai la lampe de chevet et l'expression de L émergea, adoucie. Attirance pour les lignes pures, dorées de lumière. La tristesse, fulgurante, de sentir le pouvoir que ce visage avait sur moi. Lu de la fascination, corps et esprit. Intense.

Regard reculé, je m'assis sur le matelas, sans l'inviter. Ses mains se dissimulèrent au fond de poches de jean. « Je sais où se trouve la chambre que tu occupes provisoirement.

- Tentative d'assassinat nocturne, dans ce cas ? » Se débarrasser des pièces obsolètes, étape suivante, logique. Vide et trop plein émotionnel qui s'écartelaient de pensées vicieuses. Akemi avait une chambre dans le bâtiment, je le savais. Déjà vérifié. L n'avait qu'à dormir avec lui. Il l'avait fait, le faisait, peut-être.

« J'imagine que tu arrives à dormir comme un bienheureux. » L'image des deux, peaux imbriquées de chaleur, imprégnées de l'autre me brassait de nausées. Envie de vomir, citrique. Révulsion hurlée dans les entrailles. Il avait choisi la présence d'Akemi dans l'équipe, il l'avait désigné, lui. Il pouvait très bien le choisir ailleurs. Ils se connaissaient depuis plus longtemps après tout. Et ça brûlait.

« Maintenant que j'ai installé les nouvelles protections ? »

Que tu t'es trouvé un foutu substitut. « Peu importe. Qu'est-ce que tu fiches ici ?

- Si le plan du nouvel an ne t'intéresse pas, je m'exporte hors de ta vue en un temps record. Je ne voudrais pas importuner Sieur Yagami, avec ma triste présence, ô combien insoutenable.

- Fais donc ça. Avec les remerciements de Sieur Yagami. »

Mauvaise satisfaction pour la flammèche colérique qui transperça son masque.

Les heures s'étiraient, escalier infini et lancinant. Je n'allais pas dormir, certitude absolue. Je renonçais à la lutte, aucune chance d'aboutir. Un ordinateur sous le bras pour m'éclairer dans le noir. Un trait de lumière filé sous la porte du salon, une seule personne travaillait à cette heure-ci. J'hésitais, la dernière conversation ne s'était pas très bien déroulée. Tant pis, poignée poussée sur une pulsation de colère. Je n'allais pas l'éviter, aussi, et puis quoi encore.

D'abord l'ignorance parallèle, la machine posée durement sur la table basse. Travail en silence sur le plan, et, un mot laissé dans l'air, vite rejoint. Les rouages de la conversation étaient rouillés, grippés, ils se détendirent. Tout redevint fluide, naturel, tout, évidence. Mon ordinateur abandonné pour suivre sur l'écran de L. Plaisir de synchronie retrouvé. Plaisir sublime de possession sans partage, de ses yeux qui ne me lâchaient pas.


Un éclat de rire, étouffé mais suffisant. Étourdi de sommeil, mes paupières lourdes, je me redressai. Surprise de la chaleur dissymétrique et du mouvement qui m'accompagna. Échange avec un regard noir, étonnement miroir. La tiédeur s'envola.

« Aha, c'était chou. » Localisation du ton familier, Matsuda s'échappa des formes floues. Des raideurs plein la nuque, je grimaçais légèrement. Le policier nous brandit l'écran sous le nez, victorieux : mon double sur le canapé, blotti au côté du t-shirt blanc. L de pixels aux genoux relevés, serré contre moi. Sa tête dans mon cou, la mienne en appui sur sa tempe. Des ombres jumelles, inclinées sur nos lèvres.

Le triomphe dans ma poitrine soudain frotté d'éclats de verre. Silhouette de jambes longilignes et de jean noir. La nonchalance, un manteau balancée sur l'épaule. « Chuis en avance ce matin, je sais, je suis fantastique. Un truc intéressant ? » Sa main saisit l'écran, sourire goguenard. « J'admire. Miss Misa Misa pourrait ne pas apprécier autant que moi cette pièce artistique. »

Ma colère, flambée. Les iris du détective ne m'accrochaient plus, m'avaient délaissé pour le mafieux. Intolérable. « Pourquoi ? Il n'y rien sur ce cliché.

- Pourquoi ? Hé bien ça semble évident. Problème de vue ? » Sa simple présence m'irritait la peau en sarcasmes venimeux.

« En ce qui me concerne, Matsuda peut envoyer la photo quand il le souhaite.

- Vraiment ? » Effarement partagé en trois. Esquissé sur le visage de L, pour être avalé. Un ravissement gamin brilla sur les traits du policier. « Je peux, vraiment ?

- Bien sûr. Il n'y a pas grand-chose à voir, contrairement aux élucubrations douteuses et gratuites qu'Akemi voudrait rendre réelles pour justifier sa fofolle et soudaine assiduité au travail.

- Mais t'es sûr que- »

Sourcil relevé, pour la petite saloperie à venir. « Puisque je te le dis. » Haussement d'épaules, minimal. « Fais comme tu veux. Ce n'est pas important. »

La mise au point sur l'opération du nouvel an me passait allégrement au-dessus de la tête. Je connaissais déjà la structure, les détails, et je n'arrivais pas à me concentrer dessus. Précisément, je n'arrivais plus à me concentrer. L ne m'avait pas regardé, pas une fois. Les premiers essais de Matsuda commencèrent peu après, premiers essais pour son rôle dans la petite sauterie de l'entreprise. Parfait pour prétendre m'impliquer, prétendre ne pas voir l'écart d'Akemi et de L en plein milieu d'une déchirante prestation mélodramatique à base d'allergie aux poils de chien, entièrement improvisée mais hautement suspecte dans ses références. Je les surveillais du coin de l'œil, encore. Ils parlaient, assez proches pour l'intimité des murmures. L avait l'air contrarié, une tension arquée dans le dos, le pouce déchiré entre les dents. Un bref sourire glissa le visage d'Akemi, il s'approcha.

Je voulais terriblement savoir et Matsuda m'explosait les tympans de sanglots à propos d'une vieille tante Bessy, généreuse donatrice de son état en cheesecakes pour les pays pauvres. Doute. Il n'y avait pas de vieille tante Bessy dans le scénario. Sans parler des cheescakes, ridicule. En plus le nom était à consonance clairement- le mafieux s'était penché à l'oreille du détective. Lèvres presque effleurées sur la peau. Fourmillements insupportables, élancés d'acide.

Une touche de surprise, une touche de triomphe, jouées délicatement, foudres sur le visage pâle. Akemi s'en écarta, jubilation de chat, éclatante de puissance.

Insupportable. Je ne voulais plus voir ça. Mes entrailles écrabouillées. Matsuda lâchement abandonné en solo avec son texte, finalement oublié au profit d'une sombre affaire de pain surprise, mangue-moutarde.

« Ryuzaki. »

Il n'eut pas le temps de répondre, devancé par l'autre. Ironie au clair, l'exultation suintante toutes les fibres de son corps. Paupières fendues à la provocation. « C'est la première fois que je t'entends l'appeler par son pseudo. Le début de la fin ?»

- Je devrais respecter le pseudo, comme tout le monde, il n'y a pas de raison que je l'appelle différemment des autres. »

Fausse expression choquée, mal imitée, tout en exagération. « Hum, il est de sale humeur en ce moment notre étudiant, tu ne trouves pas ? L ? »

Poignards de glace et de feu, fichés dans les omoplates. L. Et il ne protestait même pas.

« J'aimerais sortir. »

L'expression étrange de Ryuzaki se déroba. « Akemi, s'il te plaît. Cinq minutes. » Clin d'œil joyeux retour, aussi irritant que des puces sur des plaies infectées de miasmes. L attendit que l'infernal petit con s'éloigne.

« J'ai mis au point un système absolument inviolable pour que Beyond ne puisse pas rentrer, et toi, tu veux sortir. C'est incompréhensible.

- Peu importe à quel point un système semble parfait, il y a toujours une manière d'entrer. S'il a réussi une fois, il peut recommencer. » Yeux plissés. Idée soudaine. « C'est peut-être lui, le traître. » Menton jeté vers Akemi, étalé sur un fauteuil comme un acteur dans une publicité de canapés cuir. Il me vit, me fit signe de la main.

« Ce n'est pas lui.

- Tu as des raisons d'en être certain, je présume. Ryuzaki. » Sous-entendu craché. « Je suis enfermé ici depuis huit mois. À ton avis, pourquoi vouloir sortir, je me demande, vraiment.

- Continue à te le demander, alors. Tu ne sortiras pas. »

Ma frustration passée sur le toit. L'air glacé et le vent cinglant.


Akemi avait repris son triste interrogatoire. Ce qui avait l'air de l'amuser follement et me mettais follement en rogne. Enfoiré de connard arrogant. Son arène et ses lions. Les questions agressives, faim aiguisée aux crocs. Elles tournaient, avancée souple sur le sable, muscles luisants et fauves. Monstres grondant pour le sang, coulé entre les mâchoires. Sournoises apparences, parfois, bal de sourires, la soif cachée entre l'amabilité et la pointe des canines. Un jeu de domination, un jeu de malice et de piques. Quelque chose qui n'était pas sérieux, une traque intéressée pour le simple plaisir de la chasse. Sa proie mordait plus que prévu, ne se laissait faire, elle aussi, que pour jouer.

Ryuzaki ne participait pas, un pc en équilibre sur les genoux. Il écoutait, je le lisais sur ses tendons et ses phalanges, tendus en arêtes coupantes.

Assortiment de question babines, pour le plaisir de m'agacer et sans intérêt. Bien sûr, c'était une préparation pour la vraie, la seule vraie question. Je sus, le moment où il abattrait sa carte. Akemi se pencha lentement, tout l'amusement fondu. Ne restait que le calcul, aigu et prédateur.

« Je me suis toujours demandé pourquoi tu participais à l'enquête. Être le fils de son père ne suffit pas, tu n'es pas un enquêteur. »

Douce envie de plagiat, ce ne serait pas assez. Je voulais plus. Je voulais que L me regarde. Me prête une putain d'once d'attention. Non, je voulais dérober, polariser son cerveau avec mon nom. Je voulais ses yeux, sur moi, à moi. Captivés. Drogue exquise des iris, peau et conscience frissonnantes d'addiction. Je voulais tout, bordel. Je voulais tout.

Mon père poussa la porte sur trois coups secs. « Raito, j'aimerais te parler si tu as une minute. En privé. »

Ma contrariété cuisante de hurlements silencieux, rageurs et frustrés. « Je voudrais d'abord répondre à Akemi, il m'a posé une question.

- J'attends dehors. »

La seule de ses questions qui méritait une réponse, d'ailleurs. Quelques mètres entre nous, phrase sifflée dans les dents. « Ryuzaki ne t'a pas informé de la raison ?

- Sans blague.

- Je suis le principal suspect de l'affaire Kira. » Aucune émotion au visage, voix vide. Une constatation pour un masque de métal. Le mafieux resta immobile, intégration du choc, des implications multiples. Sorte de dessin mi-effaré, mi-amusé, en arborescence. La pincée de délice roula mes omoplates : les yeux noir et bleu, tellement délectables. À moi jusque dans les reins.

La porte se fermait, entrebâillement presque obstrué, lorsqu'une exclamation abasourdie fusa. Gloussante. « C'est encore pire que ce que je pensais. Ton principal suspect... » Ponctuation en rire pouffé.

Instant de silence dans le couloir, gênant. Face à mon père, qui avait entendu. Plein de démons chahutés dans la poitrine, noirs de colère. Il se moquait, l'enfoiré. Entame de marche rageuse. Mon père se racla la gorge, pure gaucherie. « Tu ne l'aimes pas beaucoup, n'est-ce pas. »

Méritait une seconde de réflexion, malgré tout. « Ça dépend des moments.

- C'est pour le mieux, tu sais. »

Interrogation palpable, qu'il saisit. Son ton trop bourru, trop hésitant. « Il y a une... ambiguïté entre L et toi, mais comme ça il n'y aura plus rien à en dire, ce sera terminé. » Ajout précipité. « Ce n'est pas ta faute, ses méthodes sont discutables et je ne t'accuse de rien. »

Hallucination infernale ? Essai de crise cardiaque par accumulation de non-sens et de bêtises paternalistes ? Il ne m'accusait de rien ? Son bras fermé dans ma paume. Obligation de me regarder dans les yeux. Colère redoublée, giflée dans le ton.

« De quoi suis-je le principal suspect, papa ? »

Toussotement. « Rien, rien. Je ne voulais pas être... inapproprié. Tu as Misa, et je n'ai jamais douté de toi, fils. » Douloureuse envie dans les phalanges. Ramassis de conneries. « Je dis simplement qu'il serait mieux de marquer de la distance. Ils s'entendent très bien, tous les deux. Tu devrais laisser le temps à Akemi de prendre sa place ? » Aigreur en ébullition, suffoquée dans la gorge. Je le plantai, pas accéléré et fulminant. Ses doigts s'agrippèrent à ma manche. « Raito. Je comprends que tu puisses être énervé. Ça fait huit mois que tu n'as pas pu avoir d'espace pour prendre du recul. Rentre à la maison pour Noël, ça te fera du bien. »

Il ne lâchait pas prise. Dégagement sec, le tissu déformé par l'empreinte.

« Penses-y, s'il te plaît. »

Le pouffement de l'odieux petit con s'invita à mes oreilles. Je m'arrêtai au bout du couloir, volte-face. « Si tu trouves une excuse convaincante, peut-être. »


Les cliquetis des couverts avaient fini par couvrir les discussions, les avancées de l'enquête et du plan de bataille. Couverts européens pour tous, lubie d'on ne savait qui, les suspects au nombre de deux. Peu importait.

Mon père releva la tête de son assiette, expression aimable vissée à la figure. « Akemi, que faites-vous pour Noël ? »

Yeux bruns, rieurs. « Oyabun me tuerait si je passais Noël ailleurs. Si je ne rentre pas, qui sait. Vous trouverez mon corps enterré en grande pompe dans un potager quelconque, glorieusement disposé les pieds dans les citrouilles et la tête dans les courgettes. » Timbre léger de la plaisanterie. « Et par pitié si vous me trouvez avec l'un de ces horribles costumes framboise ou jaune poussin, achevez-moi tout de suite une seconde fois, histoire d'être sûr. » Akemi se servit un verre. Il fronça les sourcils. « Vous avez l'air déçu commissaire.

- En effet, je ne pensais pas que Ryuzaki serait seul avec Watari pour Noël. C'est dommage. »

Je manquais de m'étrangler. Terriblement contrarié, révulsé. Hors de question, L et Akemi seuls dans le bâtiment. Idée à vomir ses tripes. Idée de flammes dans l'estomac.

« Je suis désolé, je ne peux pas me soustraire à l'obligation. C'est la famille. »

Soupir paternel à fendre l'âme. « Quel dommage, mais la famille c'est le plus important, bien sûr. »

Une cuillère teinta sur la porcelaine, sans douceur. « J'ai peur d'avoir mal compris, peut-être le craquant des feuillantines au caramel m'a-t-il fait perdre toute capacité auditive ?

- Je ne pense pas. »

Éclair mauvais en transparence furtive. « Depuis quand vous êtes-vous attribué le monopole des décisions, de manière tout à fait arbitraire ? Est-ce une autre ridicule et minable tentative de putsch dont vous avez le secret et élevé l'échec en art magistral ?

- Pas le moins du monde, mon fils est d'accord. »

Lames de scalpel, enfoncées dans mon crâne.


Thirst


Bien sûr. Évidemment, qu'il voulait rejoindre sa famille, ses amis, ses voisins et son petit entourage chiant et minable. Sortir. Partir, et peut-être ne plus revenir. Quelle raison de le faire ? L'acidité rongée sur le caramel, sulfurique croquante et invasive.

Lui demander confirmation n'avait aucun sens, il irait dans le sens de son géniteur, qu'il y ait été contraint ou non. Le fils parfait ne se ferait pas prendre en défaut pour quelque chose d'aussi trivial et aussi évident. Ne me restait qu'à les assassiner en pensée, tous les deux.

Masque de métal, inattaquable, comme souvent en public. Ma colère rejetée, brisée sur son impassibilité. Bien. Froid dans les entrailles. « Il est hors de propos de sortir. » Bouche ouverte, crocs prêts à lacérer. « Néanmoins, je peux concevoir qu'un enfant ait besoin de sa maman, aussi je vous propose d'inviter votre femme et votre fille ici pour le réveillon. Je vous laisserai un salon, une salle à manger, des chambres, et la journée du 25. Tout ce que j'exige, c'est que vous les ameniez ici les yeux bandés. Pour leur propre sécurité. » L'infantilisation même pas amusante, esprit vidé. La joie rayonnante du père, la main posée sur l'épaule de Raito. Joie étrangère, jalousée. Crème et caramel réduits aux cendres, fades et éphémères.

« Merci, Ryuzaki, vraiment. C'est important, pour notre famille, de se retrouver. Tu verras, fils, Sayu a plein de choses à te raconter, et ta mère s'est trouvé une nouvelle passion pour la céramique, j'espère qu'elle aura le temps de... » Verbiage inutile, tueur d'intelligence. Me levai de table, sans excuses hypocrites ni finir mon dessert.

Mon lit définitivement enterré sous une demi-montagne de paperasses et d'emballages de bonbons éventrés, je dus en pousser un peu pour pouvoir m'installer dans mon nid, ordinateur calé contre Le Mode d'emploi complet du suicide, pieds enfouis sous des graphiques et des factures. Un plastique criard et crissant expédié plus loin.

Aucune envie de travailler pour autant. Ongles et peau rongés à sang, à goutter sur le blanc, rouille contre draps et feuilles. Il voulait partir. Retourner voir ses amis, aussi, certainement. Ses amis tellement intéressants et profitables à son insertion sociale, à sa future carrière de policier, chevalier blanc au service de la Justice et des opprimés. Marié et père de famille, à moitié pour honorer son père et les traditions. L'autre moitié... par désir ? Envie de vomir, goût métallique et âcre dans la gorge. Takada, peut-être ? Elle, aurait le droit de le rejoindre dans sa chambre sans être prise pour un psychopathe meurtrier. Elle, pourrait dormir avec lui. Être stupide et superficielle comme elle savait si bien le faire, et pourtant ne jamais s'en rendre compte ni s'attirer de remarque acerbe ou se voir demander de vider les lieux dans les plus brefs délais. Les femmes, tellement supérieures, tellement sûres de leur puissance. Si incapables de se rendre compte qu'elles ne pouvaient même pas comprendre ses phrases un peu réfléchies. Et lui, allait certainement s'enchaîner à un de ces boulets, parce qu'elle aurait des ovaires et un utérus. Formidable. Et il resterait dans ce pays trop peuplé, alors que je repartirais ailleurs. Génial.

La porte glissée, avancée de pas au rythme connu, depuis longtemps. Arôme de chocolat chaud, effluves aguicheurs.

« Je n'ai pas envie de parler, Watari. »

Conscience des monceaux de détritus et papiers écartés, déposés un peu plus loin. Affaissement du matelas alors qu'il s'asseyait, juste à côté.

« C'était gentil, ce que tu as fait. »

Ricanement étranglé.

« Non, c'était con. Je n'avais pas envie de le faire. J'aurais dû refuser.

- Tu sais bien que non. Tu as agis correctement. C'est le plus important, maintenant, qu'ils puissent tous se retrouver. Ça leur fera du bien à tous, et l'ambiance sera plus sereine.

- Il va surtout croire que je céderai à chaque fois. Il va me redemander de faire sortir Raito.

- Quand bien même ? Qu'il s'éloigne un peu ne peut pas être si néfaste. »

Silence. Bien sûr que si, ce serait néfaste. Affreux. J'avais toujours eu horreur du changement.

« Je ne suis pas sûr qu'il veuille revenir, s'il sort.

- Ce serait peut-être souhaitable. » Regard planté dans le sien, neutre et flegmatique comme toujours. Sale traître. Hurlé. « Comprends-moi, tu n'as pas l'habitude d'être autant entouré, et depuis que l'équipe vit ici – et surtout que tu côtoies tellement Yagami-kun – tu as beaucoup changé.

- Tu n'arrêtais pas de me dire de me sociabiliser.

- Quand tu avais sept ans. J'avais abandonné cette idée après tes onze. Tu étais en équilibre, et leur arrivée – son arrivée – a tout remis en question tu ne dors plus régulièrement, tu as besoin de lumière, tu as besoin de nourriture encore plus spécifique qu'avant. Tu réfléchis moins bien seul. » Ou mes capacités cognitives étaient dévaluées maintenant qu'il avait vu à quel point notre duo avec Raito était performant et parfait. « Qu'il soit là te crée de nouvelles contraintes et complique tes rituels. Ton jugement est biaisé. »

Poignards enfoncés dans l'esprit, tordant la chair. « Laisse-le partir, ce sera pour le mieux. Ce que tu as fait aujourd'hui est bien. Vous avez tous les deux besoin de vous recentrer, de vous éloigner. De parler à d'autres personnes.

- Je parle avec Akemi. Et au cas où ça t'aurait échappé, je suis maintenant plus patient avec les imbéciles.

- Tu n'es pas patient, tu délègues la tâche de leur répondre. Et Matsuda n'est pas un imbécile, il est juste maladroit.

- C'est toi qui parle de lui, pas moi.

- Parce que tu y pensais.

- Télépathe, maintenant. Il n'y a pas que moi qui ai changé, depuis quelques temps. Il y a assez d'imbéciles ici pour que je ne pense pas qu'à ce décérébré.

- Ose me dire qu'il n'est pas en haut du podium. Qu'il n'est pas celui qui t'agace le plus, à chaque instant de la journée, entre ses incompréhensions et ses bourdes que Mogi met des heures à rattraper. »

Hmpf. Passage en revue des autres possibilités. Entre Yagami qui me harcelait, Misa qui existait même de loin, Akemi et ses mensonges murmures, Watari et son insupportable envie de me couver, et Raito qui me repoussait toujours en invoquant des raisons valables, multiples, incompréhensibles, insultantes et vexantes, je pouvais affirmer que non, Matsuda n'était pas nécessairement celui qui m'insupportait le plus.

« L, si tu... bon, j'imagine que j'espérais ne jamais avoir cette conversation avec toi. Mais si tu penses que tu as besoin de... hum. Normalement, cette étape aurait déjà dû te passer, mais disons que si tu souhaites expérimenter certaines choses, c'est acceptable, mais il serait mieux que cela ne se fasse pas avec Yagami-kun. »

La cinquième ou sixième dimension venait juste de me rouvrir ses portes, visiblement. Surréalisme à l'état naturel, ou rêve cauchemardesque à l'affût.

« Excuse-moi ? » Mon ton entre la circonspection et l'effroi. Et l'idée de me parler de ça le rendait apparemment aussi nerveux que moi.

« Je te dis qu'il serait inapproprié d'approfondir tes relations avec lui, sur ce terrain-là. Avoir des relations sexuelles est une chose humaine et naturelle, mais il vaudrait mieux pour toi que ton partenaire ne te connaisse pas assez bien pour pouvoir ou vouloir te tuer. Si tu es frustré de ne pas connaître ça, je peux te chercher quelqu'un qui... »

Phrase étouffée par mes mains plaquées aux oreilles. Dégoûtant, dégoûtant, dégoûtant. La possibilité même qu'une autre peau touche la mienne, s'infiltre, envahisse... à vomir, au sens littéral. La nausée chevillée aux entrailles, illogique mais persistante. Doigts agrippés, exposant mes tympans déjà suffisamment maltraités. Pression retirée dès qu'il sut que je n'irais pas me reprotéger.

« Tu as réfléchi à ce message, que je t'ai envoyé, et qui t'a tellement fait rire ? Ce n'est pas sain, cette relation. Tu le laisses te toucher, lui seul, et tu recherches sa compagnie. J'ai peur pour toi, et pour ce qui arrivera quand il s'en ira. » Oui, moi aussi. « Il n'est pas à toi, il ne restera pas. Ne laisse pas la situation s'envenimer, réagis.

- Hm. »


La table impeccablement dressée, perfection d'un Noël anglais exportée à l'autre bout du monde. Chandelles et petits pains dorés, service blanc et scintillant, couverts d'argent que j'ignorais exister ici. Un sapin, décoré de rubans de satin et de lumières, devait parfumer la pièce. Quelques cadeaux aux emballages chatoyants à son pied. Je n'avais aucune idée de leur provenance.

Par la caméra cachée derrière la grille d'aération de la pièce, j'avais une vue globale de la scène, vaguement attendrissante.

Le moment où Raito arriva pour attendre les autres, simplement assis sur le canapé, puis l'instant où sa sœur se jeta sur lui, défonçant les ressorts sous le cuir. Piaillant comme une volée de moineaux surexcités, déversant tout le flot de paroles dont elle n'avait pas pu l'abreuver pendant ces longs mois. Le sourire sur les lèvres de son grand frère n'était pas feint. Ou était en tout cas particulièrement convainquant, même à mes yeux. Sa mère vint s'asseoir à ses côtés, les larmes aux yeux et un carré de tissu pourpre les essuyait toutes les vingt secondes. Elle ne pouvait s'empêcher de poser une main sur son genou, comme pour s'assurer qu'il était bien là, et que personne n'allait lui enlever à nouveau son « petit trésor ». Et le père, dans un fauteuil, aussi serein et simplement heureux que les autres.

Ils étaient beaux, formaient un tableau d'une évidence éclatante, calme, élégante.

Bras hérissés de sensations enfouies. Le sentiment d'exclusion hissé au rang d'art de vivre. Les épier presque aussi douloureux que d'observer le contenu des assiettes, trop légumineuses. Effroyablement garnies de verdure. Les conversations légères tintées sur le cristal, envolées au fil des minutes, d'une superficialité charmante. Histoires de cours, histoires domestiques. Petite vie sans intérêt, mais il semblait y trouver un certain plaisir.

S'il avait le choix, retournerait-il chez ses parents ? Chez lui ? Il m'avait dit vouloir sortir, et son éloignement criait sa lassitude. De l'enquête, de l'enfermement, peut-être. De moi, aussi. J'étais parfaitement averti que je n'étais pas agréable à vivre, qu'une large majorité de l'Humanité ne pouvait apprécier ma présence. Qu'une frange de plus en plus importante de la population souhaitait ma mort, en prime. Treizième mois d'une année bien riche. Pourtant, imaginer Raito s'en aller pesait sur moi, sabotait mes cookies.

Inéluctable fin, s'approchant. Mes doigts abandonnés pour ronger une manche, goût de lessive et d'enfance.

Il allait finir par partir, emportant avec lui les nouvelles habitudes, tout. Il ne me voulait déjà plus avec lui la nuit. Et s'il me surprenait une nouvelle fois à le regarder dormir, il comprendrait. Légèrement humiliant, à expliquer. Et lui demander frontalement l'autorisation de me coucher avec lui était l'assurance d'un refus total et brutal.

Bras enserrés autour des jambes, tentative vaine de lutter contre un froid non atmosphérique.

Je refuserais toujours qu'il sorte, il pouvait bien promettre à sa sœur de l'accompagner dans son parc d'attractions ridicule, la faisant sautiller sur sa chaise et taper dans ses mains. Sa mère pouvait le menacer de repeindre sa chambre en jaune poussin, de vendre sa collection d'encyclopédies et son ordinateur, il ne sortirait pas. Quitte à ce qu'il finisse par me haïr.


Jours sans attaches, tous similaires dans leur régularité presque suisse. Le tictaquement des horloges numériques et des claviers seul balancier entre nuit et jour, puisque le sommeil s'était envolé et refusait catégoriquement de revenir.

Les morts toujours plus nombreux sur les listes, les cimetières toujours plus remplis, les chiffres de la délinquance toujours en baisse abyssale malgré l'énorme tricherie qu'était la non prise en compte des assassinats de Kira. L'Allemagne nazie aussi, avait un faible taux de chômage.

Le départ de l'équipe marqua le début de soirée. Akemi resté – ou revenu, peut-être – et assis à mes côtés. Ses pensées brûlant sa bouche, bavard refoulé. Le sujet, encore inabordé, clair et prévisible. Et il avait conscience de l'être. Coudes sur les genoux, visage entre les mains, posture de commère intarissable à la soif d'informations inextinguible.

« Alors ? »

Le glissement des listes sans ralenti, l'analyse intouchée. Les cadavres de toute façon sans aucun intérêt.

« Brillante entrée en matière. Discrète, distinguée. « Subtile » est le mot.

- Je sais, je sais. Et donc ? Qu'a le plus grand détective du monde à dire pour sa défense ?

- Je n'ai pas à me défendre, ni à me justifier.

- Oh, mais il y en a, des choses à justifier, justement. » Sourire accentué, yeux mi-clos de félin prêt à jouer avec son lézard à moitié crevé. Léger ralenti de molette.

« Comme ? Mon impatience de connaître mes torts et mes tares n'a d'égal que mon enthousiasme débordant.

- Proverbial, je dirais. Depuis quand L...

- Ryuzaki.

- Est-il assez inconscient du danger pour inviter son principal suspect chez lui ?

- Depuis quand mes décisions te concernent-elles ? Ton droit de regard sur mes actions m'avait échappé, je crois.

- S'enticher de son probable Kira, alors que tu vas devoir le tuer. J'ai du mal à me décider sur les raisons de sa présence ici, maintenant plus encore qu'avant.

- Heureux de l'apprendre. Pauvre petit cerveau déjà en surchauffe. Accordons-lui des vacances. Trois semaines dans les Caraïbes, sur une plage de sable blanc, avec pour seule compagnie une bouteille de rhum frelaté.

- Le fréquenter dénote soit un amour du danger préoccupant, soit de graves tendances suicidaires que tu nous aurais cachées. Inquiétant.

- Ton assiduité à vouloir décoder mon comportement, voilà qui est inquiétant. »

Un biscuit parsemé d'éclats d'amandes grillées se pavana sous mon nez, rapidement arraché d'un coup de dents, sur le rire velouté du mafieux. « Enfin, j'ai au moins les bases.

- Finement observé, Sherlock. Combien de temps avant de me demander combien de sucres dans mon café ?

- Raito doit le savoir, lui. Y a-t-il quelque chose te concernant qui lui soit inconnu, d'ailleurs ?

- Hormis le nombre de cuillerées de sucre en poudre dans mon Earl Grey, je ne pense pas qu'il me connaisse beaucoup mieux que toi.

- Mensonge. » Certes, même d'un ton de velours. Mais admettre qu'il avait raison était admettre que Raito savait trop de choses me concernant. Beaucoup trop. Et pourtant, pas assez pour calmer la faim d'omniprésence, l'envie de partager davantage. « Il est ton principal suspect, est libre, sans entraves, finis tes phrases et a le droit de piocher dans tes assiettes. Watari ne se le permet pas. J'aimerais une explication. »

Exaspération courant électrique dans les veines. Son jugement latent, infect. Inacceptable, qu'il s'octroie le droit de juger Raito. Il n'en avait ni les prérogatives, ni les capacités, ni rien. « Tu n'as pas à me réclamer d'explication. Si je décide que Raito peut me prendre un cupcake, alors tu n'as pas à commenter. C'est tout.

- Hmm. Et je peux savoir pourquoi il a ce traitement de faveur ? Ces droits que personne d'autre n'a ? Ou au moins, avoir une idée de l'étendue de ses pouvoirs dans cet immeuble ? S'il décide de me virer, ou de me couper l'eau chaude...

- Il n'a pas de raison de le faire.

- Il est jaloux. » Dissonance, et nouvelle harmonie entrevue. Petit éclat de plaisir teinté de gourmandise.

« Jaloux ? » Mon intonation beaucoup trop enjouée pour ma propre sécurité. À moduler. « Je n'en vois pas la raison.

- Oh, pitié ! Avec toutes ces fois où il m'assassine du regard ? Il se croit discret, mais j'ai quand même des yeux pour le voir. S'il n'est pas jaloux, c'est drôlement bien imité. »

Sa main encerclant mon épaule. Dégueulasse, chaude, moite. Sueur et chaleur écœurantes, repoussantes. Ma respiration approfondie pour limiter l'envie de mettre fin au contact. Juguler le rejet.

« C'est assez amusant, d'ailleurs. Je me suis souvent demandé ce que ça lui ferait, si je... » Il aurait mieux fait de finir sa phrase, plutôt que de l'illustrer. Sa patte glissée le long de mon dos, rejointe par la deuxième, tout son corps rapproché, visage au souffle invasif. Géhenne de contact humain. La balance de repli et de colère rapidement pesée, un coup de pied placé aussi fort que possible pour lui faire passer toute envie de me retoucher.

Fracas du corps tombé au sol en emportant assiette et chaise. Contorsion ridicule et misérable alors qu'une main araignée se repliait à son torse, secondée de plaintes injurieuses.

Le haut soulevé, tête penchée pour observer la marque déjà bleuissante. Approximativement les cinquième et sixième côtes sternales de gauche. Avec un peu de chance, un poumon un tantinet perforé lui ferait définitivement passer la lubie de m'enlacer.

« Tu seras gentil d'appeler ton ambulance depuis l'extérieur. Tu es attendu au travail dans trois jours maximum. »


Douceur des draps exhalant un parfum suave de groseille, appel à y enfouir mon visage pour mieux respirer l'odeur. L'envie, le besoin de dormir finalement vainqueur de la solitude, muscles engourdis et paupières trop brûlantes pour résister. Soupir, mains crochetées dans la couverture, ralentissement de tout.

Vision d'un corps, accompagné de paroles floues, mais intuitivement brillantes. Une élégance spirituelle palpable, juste dans l'air, à caresser et retenir. Tentatrice.

Courbes parfaites, dans la lumière de lune, mouvantes et confondues, sensuelles. Une cuisse effleurée, souplesse et grain exquis. Le mouvement avec pour seul but d'explorer l'autre, de le parcourir du bout des lèvres, de découvrir chaque repli, chaque angle, depuis la malléole contournée, le genou léché, jusqu'à la hanche mordillée, agacée à la faire se tourner, dévoilant le reste. Pulpe des doigts électrisée, éveillée par le contact extatique. Encore des murmures, insaisissables, nécessaires à la complétion du tableau. Autant chair qu'intellect. Inséparables, inextricables. Contour de mâchoire exploré, test du goût de la peau caramel, plonger dans les yeux aux couleurs faussées par l'obscurité et pourtant chauds et succulents. Les jambes entremêlées, l'ajustement entre les membres source de contentement et plaisir inexploités. Course des mains dans son dos, des siennes sur le mien, puis taquineries de pincements, plus bas, alors que le mouvement se faisait plus franc, plus accentué. Adorable sensation de dureté satisfaite et frustrée tout à la fois. Mains croisées, empressées, se saisissant de l'autre, excitation de le toucher, et de le laisser faire, mouvements synchrones et paroles siamoises, regards confondus.

Vision évanouie en ouvrant les yeux sur un plafond blanc sombre, sans lumière. La moiteur des draps empuantis de sueur, piège pour les jambes emmêlées. Pas sa main, juste la mienne, beaucoup moins fascinante. La disparition de l'illusion semi glas de la satisfaction. Et me laisser aller à fantasmer serait trop dégradant. Trop bas, trop animal, surtout pour des pensées contrôlées. En théorie logiques, rationnelles. Et pas... bras ramené au-dessus de la couverture, avant de me tourner sur le côté, concentration faite pour me rendormir. Mais chasser les cheveux soleil, la voix imaginée tendre, emplie de fausses paroles, jamais prononcées mais rêvées et tenaces, se révélait à la limite de l'impossible. Le tournoiement d'idées incohérentes inarrêtable, trop présent. Le corps trop exigeant, insatiable.

Ensemble de tissus repoussé de coups de pied, pour finalement me laisser glisser au sol, et rejoindre la salle de bains. Le Raito onirique vaincu par l'eau trop froide. L'animalité muselée, au moins pour le reste de cette nuit, le sommeil simple et sans perturbations pouvait revenir. Juste réparateur.


La matinée commençait particulièrement bien. Le petit-déjeuner disponible, avec seulement Raito à table. Parfait. Belle météo, jus d'orange sanguine et viennoiseries.

« Salut. »

Un peu distant, peut-être. « Bonjour. Bien dormi ? » Tout seul, sans ma présence pour importuner sa gracieuse majesté, sa nuit avait certainement dû être exceptionnellement agréable.

« Akemi n'est pas avec toi ?

- Pourquoi, c'est si étonnant ? »

Sourcil haussé, habituel. Tasse de café portée à sa bouche. Lèvre ourlée pour la noirceur chaude. La semi-accusation claire. En tout cas, j'espérais sincèrement que ce n'était pas juste une conversation banale, sans plus d'intérêt que les élucubrations de deux vieilles chez le coiffeur.

« Il a passé une nuit... épuisante. »

Rien que l'idée de sa petite escapade à l'hôpital suffisait à me contenter et soupirer de plaisir. Poumon perforé par une côte cassée, d'après son dossier médical. Je me décevais un peu, de n'en avoir brisé qu'une seule. Les quelques messages m'agonisant de menaces plutôt fleuries m'avaient fait rire, quelques heures avant l'aurore. Pourtant, lui aussi savait qu'il était le seul fautif. Sa témérité seule à blâmer dans l'affaire. Il l'avait reconnu. Humilité qui ne lui allait pas si bien, mais qui avec un peu de chance ne gâcherait rien de son attrait pour les jeux psychologiques et tests comportementaux.

Tintement clair de faïence contre le bois, café baissé de niveau. Son visage placide, sans accroche d'émotion. Incertitude. Parler d'autre chose, qui l'intéresserait. Il n'aimait pas vraiment Akemi, sans doute trop opposé à son système de valeurs. Face chaotique de la justice, et lame au tranchant trop sanglant pour sa jeunesse.

« Tu as fini le programme de piratage, à donner à Mogi ? » Au moins, le travail était un terrain neutre. Presque neutre. Connu, propice à la course des idées, fulgurances jumelles et cadence folle des analyses. Parler du plan, toujours possible et sûr pour ne pas se confronter.

« Je vais chercher mon ordinateur, je reviens. » Chaise repoussée, café laissé en plan. Il allait refroidir, et le petit-déjeuner serait gâché. Me léchais les doigts un à un, les retrempant dans la petite coupelle de sucre en poudre.

Vibrations contre la table, le téléphone de Raito laissé là se mit à chanter une musique stupide et actuelle, tout en affichant le visage de la petite-amie. Appel entrant. Ô joie. La chose attrapée avec horreur entre deux doigts, et délicatement immergée dans le café chaud. Quelques grésillements, et sonnerie et photo s'évanouirent. Parfait, merci et bon retour à Calme et Félicité du petit-déjeuner. Mon lait chaud rendu encore plus savoureux par l'assurance de ne plus être envahi par la miss Chihuahua à frange. Le retour de Raito salué d'une panière de chocolatines tendue. « C'est bon, tu devrais essayer avec le café. Attends, je te ressers. Les bols, c'est mieux. » Sans sucre pour lui, malgré mon envie d'en mettre une demi louche.

« Je peux savoir ce que fait mon téléphone dans ma tasse ? » Ton trop gentil, trop conciliant.

« Il prend son bain. Ce genre de choses arrive. » Mon plus joli sourire à l'appui.


Le mur d'écrans inondé d'images, lumières mouvantes et diverses. La soirée s'installant, les micros s'activant au fil des conversations captées. Soirée gala de charité, retransmise par plusieurs équipes aux caméras numériques en liaison directe avec leurs chaînes. Ne pas brouiller les transmissions, surtout. La moindre interférence pourrait être vue par des yeux entraînés, aptes et entraînés à détecter toute variation. Le câblage presque achevé, tout l'immeuble ou presque serait sous mes yeux, à portée virtuelle. Les caméras dissimulées dans les vêtements m'offraient trois points de vue mouvants, à la recherche d'indices, de n'importe quoi en lien avec Kira, Lockhart, Beyond, ou les autres entreprises du très fermé club des cibles désignées d'Aokigahara.

Mon isolement imposé aux autres, disposant pourtant des mêmes informations. Aucune envie de les voir. S'ils voulaient me parler, il leur restait toujours les téléphones et la liaison radio.

« Mogi, sortez, l'équipe de télévision trois arrive sur vous. » Ordre exécuté, l'homme visible seulement de dos derrière la journaliste en pleine apologie de Yotsuba et de ses dirigeants « si tournés vers le bien commun et l'aide aux démunis qu'ils sacrifient eux-aussi leur soirée de réveillon pour apporter un peu de bonheur aux autres », blablabla. Son salaire à elle justifiait certainement plus sa présence que son amour du métier. Et d'après les petits amoncellements de gras sur ses hanches généreusement moulées par sa jupe, les petits fours n'étaient pas non plus une punition.

Le faste du hall, somptueusement décoré pour l'occasion, était une invitation au vol et à l'assassinat de couloir. Cet étalage de richesse, enrobé de taffetas rouge et mordoré, cri et moquerie pour ces gens qui devaient en théorie bénéficier de la soirée. Un seul plateau d'amuse-gueules valait certainement un salaire. Au moins, moi, je n'avais pas l'hypocrisie de prétendre œuvrer pour les nécessiteux.

La salle de réception noyée sous les robes trop colorées et les fourrures n'en finissait pas, Matsuda enseveli sous les distractions n'arrivait pas à atteindre d'endroit assez dégagé pour avoir une vue d'ensemble.

Enchaînement de couloirs par la caméra de Yagami. Vers la salle des archives, verrouillée. Le petit voyant passé au vert trois secondes, assez pour que sa main ouvre, pas trop pour ne pas déclencher de véritable alarme pour ce qui serait considéré comme un bug. De sa salle, Raito travaillait bien. La caméra braquée sur son dos occupait un petit coin de mon écran d'ordinateur. Attentif à ne rien éveiller du réseau informatique tentaculaire. Les secrets technologiques aussi bien gardés que ceux des bombes atomiques ou des recettes de crème anti-rides.

Les veilleuses du plafond juste suffisantes pour se repérer et commencer à disséquer les fiches du personnel, à potentiel utile. Les dirigeants inspectés, un à un, passés par les doigts épais sous le regard de la caméra. Assez pour être enregistrés. La moindre variation de leur comportement, le plus petit accroc dans leur vie serait disséqué et analysé. Beyond me voulait inspectant Yotsuba, il y avait forcément quelque chose à voir.

« Hey, les mecs, comment je fais pour parler juste à Mogi ? Je trouve pas d'endroit correct, et je crois que j'ai perdu mon plan.

- Bêta, il faut utiliser les noms de code ! Tu imagines si quelqu'un t'entends parler tout seul, en plus ?

- Mais non, tout le monde parle entre eux, personne ne fait attention à moi. Je suis le meilleur espion, je vous dis. In-vi-sible. »

Soupir. N'envoyer que Yagami et Mogi aurait été préférable, finalement. « Sur la molette, il suffit de tourner d'un cran, pour ne plus être sur « tous », mais sur « Gamma ». C'est bon ?

- Un, deux. Un, deux. Mogi, tu me reçois ?

- Gamma, bordel ! C'est pas possible d'être aussi demeuré ! Si vous ne voulez pas participer, ou que vous n'êtes pas capable de retenir trois noms de code, il faut le dire. Je vous colle à la buanderie pour laver votre tête dans une machine, ou en vendeur de beignets sur une plage du Groënland, vous y serez plus rentable. » Morceaux de peau arrachés de mes doigts, grignotés à souffrir.

« Oh, ça va hein, faut pas me stresser ! »

Je bloquai sa communication avec les autres. Au moins, ses imbécillités n'iraient pas déconcentrer ceux qui savaient encore nouer leurs lacets par eux-mêmes.

Mogi arrivait enfin au septième étage, celui abritant son objectif. Les tours de gardes savamment évités. Jusque là, tout allait plutôt bien. À part l'idiotie intraitable de Matsuda, rien de grave n'était arrivé. Rien d'imprévisible.

La salle informatique, ouverte magiquement à distance, refermée aussitôt. Ne restait qu'à brancher le matériel, et à le laisser craquer la base. Pas plus de vingt minutes pour tout transférer, maximum. Les câbles vampires connectés, plus qu'à attendre. Moins de trente secondes, et l'écran s'allumait, demandant confirmation du transfert, qui ne devait laisser aucune trace.

Passage en revue des autres écrans. Yagami toujours à regarder les photos et résumés des idiots travaillant pour le groupe immense, les convives à s'empiffrer en parlant de la misère dans le monde et du cours de leurs actions, et Matsuda dans les toilettes, à se tripoter les fils et la molette de... oh god.

« Allô allô, est-ce que tout le monde m'entend, là ? Mogi, commissaire Yagami, vous me recevez ? C'est Matsuda ! Ah, ça marche là ? Bon, je disais que j'avais pas trouvé comment vous rejoindre, mais c'est pas grave, les types, on les connaît, pas besoin de leurs fiches. Vois pas pourquoi fallait que je vienne. Hey, L, si j'ai pas mon week-end de congés payés, je démissionne, et comme ça, vous l'aurez bien cherché ! Oh, vous répondez pas ? »

Ça... tout le monde l'entendait, oui. Tout le monde les voyait, même. Les chaînes de télé diffusaient maintenant les retransmissions des caméras par intermittence, et sa voix de crécelle avait été entendue de tous ceux qui écoutaient un de ces programmes pour attardés. Longue descente de sueur froide et moite le long des vertèbres. Instructions données dans l'immédiat, sans les hurler sur les ondes. « Sortez tous de là, on abandonne. Revenez ici, et ramenez le matériel. »

Déjà, les programmes étaient coupés, la retransmission organisée, les pseudo journalistes, vrais fouille-merde, occupés à fournir à Kira les noms et aussi vite que possible les photos de mon équipe. Les indications largement assez précises pour les retrouver. Les commissaires Yagami récemment démissionnaires pour rejoindre mes rangs ne se comptaient pas par douzaines.

SMS à reconnaissance vocale dicté. « Essaie de me pirater la télé, coupe-les. »

La caméra de Yagami s'affolait, son micro aussi. Un vigile venait d'entrer, donc de le surprendre le nez dans les tiroirs, ou presque. Rapide lutte, quelques coups violents, pour que la menace se fasse finalement assommer plutôt violemment. La chute au bruit sourd ponctuée d'un souffle hésitant. « Je vais bien, je vais bien... je rentre. » Tant pis pour les dossiers dérangés. Course dans les couloirs, l'ascenseur délaissé pour les escaliers.

Les visages des trois venaient d'apparaître sur une chaîne nationale, avec un numéro d'appel pour inciter la populace à la délation. Charmant. « Raito, tu dors ? » Non réponse, forcément, depuis la pièce adjacente. Idiot de ne pas être resté avec lui, malgré son égoïsme. Malgré ses défauts. Il était trop important pour que je le délaisse par orgueil. Le gain de rapidité dévalué par l'impossibilité de nous parler directement.

L'écran de Mogi toujours immobile. « Gamma, qu'est-ce que vous fabriquez ? Je vous ai dit de sortir.

- Désolé, mais c'est presque fini. Juste encore 3% à transférer.

- Sortez. Débranchez ça, et sortez tout de suite.

- 2%.

- Insubordination, Gamma. Dehors, peu importent les fichiers. Je n'ai pas besoin de votre cadavre. »

Image soudain détournée, braquée sur l'arrivant. Et son chien, muselière retirée. Je savais que j'aurais dû insister pour qu'ils partent armés. Leur imposer les armes à feu. Sur un basculement et un bruit de casse, la caméra s'éteignit, ne laissant que le bruit fracassant et les grognements canins. « Battez-vous, il ne faut pas qu'il récupère quoi que ce soit. On vous retrouve dehors. Mogi ? » Silence, bruits de lutte en fond, étouffés. « Mogi ? »

Et merde. Téléphone agrippé, appel. Sans réponse. La petite fenêtre, réduite, remise à l'écran. Neige. Une enclume tombée quelque part derrière le nombril. Le sol froid sous la plante des pieds, porte jetée contre le mur, n'ouvrant que sur un bureau vide, une chaise seule. L'écran présentant le système de déverrouillage du QG.

« Raito ? » L'appel inutile, sans réponse à l'avance. Les caméras du bâtiment consultées, il était déjà dehors.

Course jusqu'à mon téléphone, stupidement laissé trop loin.

« Ryuzaki, qu'est-ce que tu fais ? Il est parti, il ne va pas te répondre, et ne reviendra pas. Il est allé aider les autres. » Watari, descendu. Il aurait mieux fait de l'empêcher de sortir. Écœurement noyé.

« Je vais le forcer à rentrer. J'appelle. On me doit encore des services. » Message lancé par ma voix modifiée, réponses positives. Dix-huit personnes capables d'agir dans l'immédiat avaient ordre de me retrouver Raito Yagami, de l'intercepter avant qu'il n'entre chez Yotsuba corp, et de le garder en sécurité jusqu'à ce que je le récupère. Peu importaient les méthodes utilisées.

Sans entendre les recommandations inutiles, le réseau des caméras de la ville tomba sous mes doigts, yeux numériques braqués dans tous les sens, en chasse. Il fallait que je le retrouve au plus vite. Avant que son visage ne soit capturé avec son nom.

La peur, poison noir remplaçant le sang, sirupeuse dans mes veines. Battements de cœur assourdissants.


Oui cette fin est moche, des questions ? :D La suite le 13 juillet