Duo n°4 : Cersei et Jorah
Prompt 1 : Jorah prête allégeance à Cersei.
Allégeance
oOo
Jorah s'était promis qu'il ne jurerait plus jamais fidélité à aucun monarque.
La mort de Daenerys avait été pour lui un tel traumatisme qu'il ne voulait en aucun cas se sentir de nouveau blessé de la sorte.
A chaque jet de flammes, c'était son cœur qui s'était embrasé, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'un tas de cendres qui n'avait rien à envier à ce qu'était devenue Port-Réal.
Il se demandait encore parfois pourquoi Cersei, après avoir achevé elle-même la reine dragon, ne l'avait pas fait exécuter sur le champ. C'était peut-être parce qu'elle avait reconnu sa propre peine dans ses yeux – le chagrin d'une âme en peine qui a absolument tout perdu.
Il lui avait dit qu'il ne ploierait jamais le genou devant elle. Elle avait haussé les épaules d'un air triste et indifférent, comme si au fond, cela n'importait plus – pas alors qu'elle n'était plus qu'une lionne solitaire.
Pendant des mois, il avait aidé à reconstruire la ville, mais si les bâtiments s'élevaient de nouveau vers le ciel, son cœur, lui, demeurait toujours en morceaux.
C'était bien ce qui les avait rapprochés, Cersei et lui. Leurs cœurs bousillés. Ce qui les avait poussés à passer certaines de leurs soirées ensemble autour de deux ou trois verres de vin.
Les confidences avaient mis une éternité à franchir la barrière de leurs lèvres mais une fois l'obstacle qu'était leur méfiance franchi, parler de leurs sentiments leur avait semblé être une bonne solution pour soulager quelque peu leur peine.
Un soir, aidés par le doux arôme du vin, Cersei s'était approchée de lui et l'avait embrassé. Et il avait aimé ça. Elle l'avait attiré jusqu'à son lit, une question muette au fond des yeux. Il avait acquiescé, puis l'avait déshabillée avec douceur.
Ils avaient fait l'amour en ayant conscience que le vin ne pouvait être tenu pour seul responsable de leur étreinte. Cela s'était confirmé quand ils avaient recommencé le lendemain, sobres cette fois.
Ils n'avaient pas souhaité donner un nom à leur étrange relation pendant de longues semaines. Quand ils s'embrassaient, s'enlaçaient, se caressaient, ils se sentaient légers, comme si la douleur décidait de leur accorder quelques instants de paix. C'était bien tout ce qui leur importait.
Un jour, Jorah avait été obligé de se rendre à l'évidence. Contre toute attente, quelque chose avait émergé des ruines de son cœur – quelque chose de nouveau, de plus fragile, mais quelque chose qui battait, qui existait. Qui aimait.
Quand il avait avoué ses sentiments à Cersei, elle lui avait offert un grand sourire, des soleils au fond des yeux. C'était ainsi qu'il avait compris qu'elle l'aimait en retour.
Et, à présent qu'il l'observait bercer leur petite fille tout juste née, plus fatiguée et pourtant plus belle que jamais, Jorah sut qu'il n'allait pas tenir la promesse qu'il s'était faite.
Il s'approcha du lit et posa un genou à terre.
« Ma reine, » murmura t-il avec respect et adoration.
La surprise laissa rapidement place à l'affection sur le visage de Cersei.
« Mon roi, » répondit-elle dans un souffle.
