Hermione sortit son plat du four et s'essuya le front avec son avant-bras. Le repas était prêt, il ne restait plus qu'à mettre la table.
Alors qu'elle s'apprêtait à attraper les assiettes, elle entendit des cris dans le salon et soupira de désespoir. C'était reparti… Elle sentait qu'elle allait encore devoir gérer une dispute.
Cependant, elle réalisa en s'approchant que les cris s'étaient calmés et que seuls des bavardages incessants résonnaient. Elle fronça les sourcils et ouvrit la porte qui menait au séjour.
– Et même que Maman elle a dit que le Père Noël il avait mangé tous les cookies qu'on lui avait préparés ! s'exclama Rose en sautillant sur place.
– Et il a même bu tout son lait ! ajouta Hugo d'une voix toute aussi excitée.
– Moi je suis sûre que les rennes ils ont mangé les carottes, même si Maman elle a dit que Monsieur Noël il avait pas eu le temps de les prendre ! fit Ariane.
– Ah oui ? répondit Drago en riant, avant d'attraper Rose dans ses bras lorsqu'elle le lui demanda. Le Père Noël est aussi passé chez moi, vous savez.
Aussitôt, des cris de joie et d'excitation résonnèrent. Hermione s'appuya contre le chambranle de la porte et se mordilla la lèvre inférieure. Ses enfants étaient toujours ravis de voir Drago. Et elle aussi.
Celui-ci sembla enfin remarquer sa présence et lui offrit un sourire en coin, puis un clin d'œil affectueux.
– Si vous allez sagement vous asseoir, je vous donnerai même les cadeaux qu'il a déposé chez moi pour vous, dit-il en se dirigeant vers les canapés, Rose toujours posée sur sa hanche.
Les enfants n'attendirent pas une seconde de plus et se ruèrent vers les fauteuils. Rose en fit de même lorsque Drago la reposa au sol. Il sortit alors trois paquets de sa veste, qu'il agrandit à l'aide de sa baguette.
Les triplés se jetèrent dessus, si bien que Hermione fronça les sourcils, prête à les réprimander pour leur impolitesse. Un seul regard de Drago suffit à l'en empêcher.
– Un balai-jouet ! s'exclama Ariane, hystérique. Maman ! Maman regarde !
Les yeux d'Hermione se tournèrent automatiquement vers Drago. Il se contenta d'hausser les épaules.
– C'est super, mon cœur, sourit-elle à sa fille de six ans.
– Un déguisement de Morgane ! cria Rose en se levant pour le voir entièrement. Maman ! Regarde, je vais être une vraie sorcière !
Hermione n'eut pas besoin de tourner les yeux vers Drago pour savoir qu'il souriait.
– Tu vas être magnifique, chérie, répondit-elle alors à sa deuxième fille.
Elle se tourna ensuite vers Hugo, le plus calme de ses trois enfants, qui n'avait toujours pas crié de joie en ouvrant son cadeau.
Et comme elle s'en était doutée, la raison était simple : il était déjà concentré sur la lecture de l'un des cinq livres que Drago lui avait offert. Elle sourit avec une immense tendresse, peinant à contenir son émotion. Elle avait les larmes aux yeux.
– Et si vous alliez jouer dans votre chambre, les enfants ? proposa Drago, qui la fixait depuis déjà plusieurs minutes.
Les triplés ne se le firent pas répéter une seconde fois et filèrent dans leur chambre, Hugo s'y rendant sans quitter son livre des yeux.
Une fois seuls, Hermione se tourna vers Drago, le rouge aux joues.
– Tu n'aurais pas dû, dit-elle d'un air embarrassé.
– Tu sais que c'est toujours un plaisir, Granger. J'adore tes enfants, répondit-il en levant les yeux au ciel. Et puis, Rose parle de ce balai depuis des mois.
Elle baissa les yeux, tripotant un fil qui dépassait de son tablier.
– Je ne pouvais pas lui acheter, se justifia-t-elle. Avec le salaire que j'ai eu ce mois-ci, je…
– Hermione, la coupa-t-il en s'avançant vers elle. Tu n'as pas à te justifier. Pas avec moi. Encore une fois, c'est un plaisir pour moi de leur offrir tout ça.
Elle hocha la tête, sans se débarrasser de sa gêne pour autant. Elle avait terriblement honte.
Drago s'approcha un peu plus et posa ses mains sur ses épaules.
– Hermione, tu sais que…
– C'est juste qu'à chaque fois que tu leur offres des bonbons ou des cadeaux, ou quoi que ce soit dont ils ont besoin, je… je ne peux pas m'empêcher de penser que je suis une mauvaise mère, que je ne peux même pas leur offrir ce dont ils ont besoin, ou ce qu'ils veulent ! Et puis… Et puis…
– Par Merlin, Hermione, écoute-moi ! l'interrompit-il une nouvelle fois en attrapant cette fois son visage entre ses paumes.
Elle se mordit la lèvre et détourna le regard, les larmes aux yeux.
– Ils comptent énormément pour moi. Et toi aussi. Alors évidemment que je suis là pour vous, pour eux ! Je veux être là pour t'aider, pour que tu ne sois pas seule à t'occuper d'eux et à tenter de les rendre heureux. Salazar ! Tu as trois enfants de six ans et tu crois pouvoir tout faire toi-même ?
– Je devrais.
– Non, tu ne devrais pas. Ce connard de Krum t'a abandonnée, mais ça ne veut absolument pas dire que tu devrais être seule, Granger.
Elle ne put empêcher quelques larmes de s'écouler sur ses joues, mais Drago s'empressa de les essuyer avec ses pouces. Hermione était épuisée.
– Je sais à quel point tu as du mal à accepter de l'aide, mais je t'en prie, laisse moi faire ça pour eux. Pour toi. Ils m'aiment bien. Du moins, ils aiment ce que je leur offre, plaisanta-t-il, la faisant sourire légèrement.
– Tu sais très bien qu'ils t'adorent, murmura-t-elle, un sanglot dans la voix.
– Je sais, répondit-il tendrement. Et je les adore aussi, peu importe ce qu'il y a entre nous.
Hermione sentit son cœur s'accélérer à ces mots. C'était ce qui l'effrayait le plus dans tout cela.
– Merci, fit-elle doucement en levant les yeux vers lui. Merci d'être là, Drago.
Il lui sourit avec tendresse et caressa doucement sa joue.
– Tout le plaisir est pour…
Il ne put pas terminer sa phrase. Ses lèvres étaient réquisitionnées par celles d'Hermione.
– Joyeux Noël, Drago, souffla-t-elle sur ses lèvres avant d'approfondir le baiser.
Les triplés reviendront...
