Lorsque Hermione sortit de son bureau, il était déjà vingt heures passées. Elle travaillait rarement depuis chez elle, surtout le week-end, cependant, avec le projet de loi qu'elle s'apprêtait à présenter au Magenmagot, elle était débordée.

Elle sentit aussitôt les effluves d'épices provenir de la cuisine et les huma avec bonheur, en fermant les yeux. C'était ce qu'elle aimait avec le fait de travailler depuis chez elle : elle était toujours récompensée de la plus merveilleuse des façons.

Avant de rejoindre son mari, qu'elle savait attelé à la préparation de leur dîner, elle se rendit dans leur chambre pour se changer. Elle n'arrivait jamais à travailler sans être habillée pour. C'était psychologique.

Elle ouvrit le placard à vêtements de la chambre et attrapa un t-shirt et un pantalon de jogging appartenants à son mari. Elle s'y sentait toujours bien plus à l'aise que dans ses propres pyjamas.

Une fois changée, elle se rendit enfin dans le séjour qui donnait sur la cuisine et se mordilla la lèvre en voyant son mari.

Drago était penché sur le plan de travail et découpait minutieusement ce qui semblait être du poulet. Une odeur de curry flottait dans l'air. Hermione ferma les yeux pour savourer les effluves de son plat préféré. Elle n'avait même pas eu besoin de le lui demander.

Depuis qu'il avait son propre restaurant gastronomique, il était rare qu'il fasse lui-même à manger le soir, manquant de temps, mais lorsque c'était le cas, Hermione n'était jamais déçue.

Il était parfaitement concentré, elle pouvait le voir car il se mordillait la lèvre inférieure. Ses cheveux tombaient sur son front et ses yeux gris étaient fixés sur ses grandes mains en action. Il portait une chemise noire dont il avait retroussé les manches, laissant voir ses avant-bras. Le col était ouvert et elle pouvait voir le haut de son torse. Elle eut une envie irrésistible de passer une main dans ses cheveux et qu'il pose ses mains sur elle.

– Tu comptes me reluquer longtemps, Granger ? demanda-t-il en levant des yeux moqueurs vers elle.

– Tu sais que je ne peux pas te résister quand tu me cuisines quelque chose, répondit-elle avec un sourire timide.

– Il faut bien que je prenne soin de ma femme.

Cette phrase fit décoller tout un tas de papillons au creux de l'estomac d'Hermione. Elle rougit et posa son menton sur ses genoux repliés, sans le quitter des yeux.

– Est-ce que ce sont mes vêtements ? fit-il en la pointant avec la pointe de son couteau.

– Comme si je ne faisais pas ça tous les soirs, répondit-elle en levant les yeux au ciel.

– Je te signale que je t'ai mis de côté un pantalon et un t-shirt exprès, justement pour que tu ne prennes pas ceux que j'utilise.

Elle haussa les épaules, un sourire provocateur aux lèvres.

– Ils ont moins d'intérêt si tu ne les portes pas.

– Tu es incorrigible, déclara-t-il avec un léger rire en secouant la tête.

Elle ne put s'empêcher de sourire. C'était ce genre de soirées qu'elle aimait. Juste tous les deux, devant un bon plat, celui-ci dégusté dans leur canapé, serrés l'un contre l'autre.

Point bonus si, comme ce soir-là, les lumières de leur sapin de Noël illuminaient le séjour.

Et vingt minutes plus tard, comme elle le souhaitait, ils étaient tous les deux blottis dans le canapé. Elle avait reposé sa tête sur l'épaule de son mari qui lui donnait tendrement la becquée. L'amour qu'elle voyait dans ses yeux lui donnait envie de crier au monde qu'il était l'homme de sa vie. Elle en était capable. Elle l'avait déjà fait, à vrai dire.