Oh oh oh ! Devinez qui débarque en ce premier jour du mois de décembre avec un chapitre dans sa hotte ?

Désolée, ce n'est que moi, le Père Noël dit avoir d'autres choses plus importantes à faire (on se demande bien lesquelles).

Comme promis, me voici de retour pour notre rendez-vous annuel que je chéris tant : Ma fiction Calendrier de l'Avent ! Dois-je encore expliquer le principe ? Allez, mettons que je le fais pour les deux du fond qui ne suivent pas (ou peut-être de nouvelles lectrices, qui sait ?).

Les règles sont simples et elles sont au nombre de deux : chaque jour, je poste un chapitre (aux alentours de 18h), et chaque jour, vous commentez.

C'est un exercice que je pratique depuis quelques années déjà, je n'ai aucun chapitre d'avance et m'efforce à en écrire un tous les jours pour vous le poster quotidiennement. En échange, je vous demande de commenter chaque chapitre d'un petit mot d'encouragement puisque vous serez mon calendrier de l'avent !

Petite précision : cette année, je me lance dans l'écriture à la 1ère personne, j'espère que cela ne vous déstabilisera pas trop.

Je compte sur vous.

Bonne lecture à tous, et à demain pour la suite !


Drago.

− Je déteste ce temps, maugrée Blaise à côté de moi tandis qu'il remonte le col de son manteau dans l'espoir de se protéger un peu du vent glacial.

Je lui jette un coup d'œil ironique. Qui pourrait aimer un temps pareil ? Un véritable froid polaire s'est abattu sur Londres depuis plusieurs jours déjà. Pas de neige, pas de pluie, ni même de brouillard, non rien de tout cela : seulement un foutu vent glacial qui s'engouffre dans les ruelles de la capitale et nous fait tous trembler comme des feuilles.

− Et on n'est même pas en hiver, rajoute-t-il comme si sa première remarque n'avait pas suffi.

− Tu veux te serrer contre moi pour que je te réchauffe ? je demande, sarcastique.

− Je vois que je ne suis pas le seul à être de mauvaise humeur.

Je lève les yeux au ciel devant tant de perspicacité, puis me mets en marche. Malgré tout, Blaise a raison. Ce temps me tape sur les nerfs, il fait un froid de canard, et je vendrai père et mère pour un café chaud. Enfin s'ils étaient encore en vie, bien sûr. Mais ce n'est pas l'heure pour s'arrêter boire une boisson chaude dans le premier café du coin, nous sommes attendus.

− Rappelle moi pourquoi on ne transplanne pas directement dans l'Atrium ? bougonne Blaise qui connait déjà parfaitement la réponse.

D'ailleurs, je ne prends pas la peine de lui répondre. Nous avons tous été mis au courant : pour sécuriser les lieux et parce que nous serons très nombreux lors du gala de charité organisé par le Ministère, il nous est impossible de transplanner directement dans le hall d'entrée. Nous sommes donc tenus d'entrer par l'une des portes visiteurs : l'une des cabines téléphoniques ensorcelées ou les toilettes publiques. Cette dernière option n'en est pas une pour moi.

Quand nous arrivons dans la rue où se trouvent les cabines téléphoniques, nous découvrons sans surprise qu'une file d'attente s'est formée devant celles-ci. L'occasion pour Blaise de se plaindre, une fois de plus.

− Je t'avais dit qu'on aurait dû venir plus tôt.

− J'avais du travail, répliqué-je.

Ma patience semble atteindre ses limites, mais comme à mon habitude, je reste de marbre. Nous nous faufilons jusqu'au bout de la file d'attente, et patientons jusqu'à ce que ce soit notre tour. Blaise ne cesse de jeter des coups d'œil à sa montre, ce qui m'agace prodigieusement, mais au moment où je suis sur le point de lui faire remarquer, une main se pose sur mon épaule et me force à me retourner.

− Mr Malefoy, s'exclame l'inopportun. Que c'est étrange de vous voir vous mêler à la plèbe !

− Mr Cartridge, le salué-je froidement.

Je ne réponds pas à son commentaire déplacé et provocateur, et me contente de lui tourner à nouveau le dos. Je sens au grognement qu'il lâche que mon comportement l'agace, mais cela ne fait que me faire davantage plaisir. Orion Cartridge est mon concurrent direct dans la course au directorat du Département des Mystères. En plus de son hypocrisie latente d'homme qui se croit proche du peuple, il a le don prodigieux d'appuyer sur mes points sensibles. J'ai pour règle de ne jamais lui faire voir que ses paroles me touchent parfois, et je sais combien mon indifférence lui pèse.

Blaise me regarde du coin de l'œil, et je le vois afficher un petit sourire en coin.

Enfin, notre tour arrive, et nous nous engouffrons tous les deux dans la cabine téléphonique. La voix métallique de notre hôtesse nous demande nos cartons d'invitation au gala, et n'attend guère plus de temps pour nous faire descendre sous terre, là où l'évènement se tient. Durant la descente, Blaise ne peut s'empêcher de ricaner.

− Cartridge fait toujours une tête de six pieds de long quand tu lui réponds à peine.

− Je ne sais pas à quoi il s'attendait.

− Que tu te retires de la course ? suggère Blaise.

Il a sans doute raison, mais Cartridge peut toujours espérer, cela n'arrivera pas. Enfin, l'ascenseur s'ouvre et nous nous en extirpons pour rejoindre le grand hall déjà bien rempli. A l'entrée de celui-ci, deux sorciers en costumes nous demandent une fois de plus notre invitation, avant de nous laisser nous diriger vers une sorcière qui s'occupe des vestiaires où nous nous délestons de nos manteaux. Enfin, nous pénétrons dans la salle circulaire qui fait office de salle de réception.

− Je déteste ce genre d'évènements, grommèle Blaise. Je fais vraiment ça pour toi.

J'hoche la tête et lui donne une tape sur l'épaule.

− Merci, Blaise, je te revaudrai ça.

− Je m'en souviendrai. Allez, allons serrer des mains, soupire-t-il d'un air mélodramatique qui m'arrache un sourire.

Blaise avait prévu tout autre chose pour ce soir, mais j'ai réussi à le convaincre de m'accompagner. J'ai besoin de lui pour m'assurer une victoire aux élections qui auront lieux au début de l'année prochaine pour le poste de Directeur du Département des Mystères. Blaise et moi travaillons déjà dans ce département, et occupons des postes importants. Blaise est chasseur de mystères, il travaille en dehors du ministère et récolte les mystères du monde magique : des prophéties, des objets rares voire dangereux, des recueils de sorts noirs. Pour ma part, je suis le secrétaire du directeur actuel, Barnabé Colton, et suis donc, après ce dernier, celui qui connait le mieux le département.

− Mr Malefoy, quel plaisir ! s'exclame Astrid Bloomberg, Directrice du Département de la Justice.

Astrid est une belle femme d'une dizaine d'années de plus que moi. Elle porte ses cheveux blonds en chignon et une robe longue très classique d'un vert émeraude qui lui va bien. Je la scrute une petite seconde avant de lui adresser mon sourire le plus charmeur, et de déposer un baiser sur la main qu'elle me tend.

− Astrid, le plaisir est pour moi.

Elle rougit légèrement, et je sais que j'ai fait mouche. Astrid n'est pas insensible à mes flatteries, je le sais depuis des années déjà, aussi ai-je décidé de mettre toutes les chances de mon côté en faisant d'elle une alliée de choix.

− Vous êtes très en beauté, je lui murmure avec un œillade appréciatrice.

− Je ne rate jamais une occasion de porter une robe de soirée.

− Ni de jeter quelques innocents en prison, déclare la voix d'Orion Cartridge derrière moi.

Astrid lève les yeux vers lui et lui offre son regard le plus glacial. Je réalise que je n'aimerai pas me trouver face à elle lors d'un procès. On murmure que son impartialité n'a d'égal que son goût pour les châtiments originaux – qui ne manquent souvent pas d'ironie. Elle est juste et connait la loi par cœur, mais ses verdicts laissent parfois pantois. Je me retourne pour faire face à Cartridge qui affiche une mine mauvaise, tandis qu'Astrid répond :

− Ne vous faites pas trop remarquer, Orion, je n'aimerai pas devoir fouiller dans votre passé et y trouver des choses douteuses.

− C'est une menace ?

− Un avertissement.

Le dialogue ne passe pas inaperçu et je réalise rapidement que les oreilles se sont tendues dans notre direction. Estimant qu'Astrid en a assez fait en ma faveur, je décide de ne pas participer davantage à cette conversation et m'esquive non sans l'avoir saluée au préalable.

Je passe les deux heures qui suivent à serrer des mains, saluer, discuter avec autant de monde que possible. Malgré l'urgence de la situation et mon envie de me faire apprécier de tous pour obtenir le rôle, je réalise que je me heurte bien souvent à des murs de glace. Certains convives m'évitent, d'autres me jettent des regards noirs. J'ai l'habitude, bien sûr, mais ça ne reste pas moins désagréable. Voilà la malédiction que le nom Malefoy a jeté sur moi : un père mangemort, une mère sympathisante, une lignée peu enviable vous en conviendrez. J'ai pourtant été lavé de tout soupçon depuis des années, mais il n'en reste pas moins que mon nom fait souvent grincer des dents.

J'arrive tout de même à convaincre quelques personnes de mes compétences et de mes qualités de leader ce qui me réconforte un peu. Dans quelques semaines, les grands électeurs éliront le nouveau directeur du département des mystères, et je dois me montrer convaincant.

Blaise me retrouve bien plus tard, après que le Ministre en personne ait fait son discours sur la volonté du Ministère de la Magie d'aider les plus démunis, justifiant ainsi ce gala de charité afin de récolter des dons pour les associations magiques compétentes.

− Alors ? me demande-t-il en avalant une gorgée de champagne.

J'hausse les épaules. Je ne suis pas convaincu, mais après tout, ce n'est pas à moi de l'être. Blaise, quant à lui, a l'air sûr de lui.

− Cartridge s'est mis deux trois personnes à dos avec ses remarques désobligeantes. Je pense que tu es sur la bonne voie. Tu veux qu'on refasse un tour ?

− Non, je réponds. Je vais rentrer, je déteste ces mondanités.

− On est deux.

Mon horreur du bain de foule avait d'ailleurs trouvé son remède quand j'étais devenu langue de plomb. Au département des mystères, on ne voit que très peu de monde et surtout, nous parlons peu : c'est notre plus grande qualité. Pour ma part, je n'ai jamais aimé être entouré de trop de personnes, j'apprécie la solitude et ma propre compagnie. Blaise acquiesce et sans un mot de plus, je me dirige vers les vestiaires pour y récupérer mes effets personnels. Quand j'arrive, la sorcière qui nous avait pris nos manteaux n'est pas là. Je jette un œil de chaque côté, puis, refusant d'attendre, je pénètre dans le vaste dressing qui contient une centaine de manteaux et autres sacs à main.

Tandis que je me mets à la recherche de ma veste, la porte s'ouvre derrière moi et je m'attends à trouver la sorcière qui s'occupe des vestiaires, mais il n'en est rien. Je me retrouve nez à nez avec Hermione Granger.