En ce premier décembre, voici la version 2022 du calendrier de l'avent. J'ai repris le principe d'une liste de prompt et il sera publié durant tout le mois (jusqu'au 31...) en parallèle de ma publication quotidienne.

Ce sera un Drarry, avec des personnages adultes.

Voici donc la première case du calendrier ;)

Bonne lecture

Lili


Harry Potter, vingt-cinq ans, entra dans la petite boutique moldue vivement éclairée et il ôta son bonnet, dévoilant ainsi ses cheveux noirs en perpétuel désordre, les joues rougies par le froid. Il souriait largement en se frayant un chemin parmi les clients pour atteindre le fond de la boutique, ses yeux vert brillant de contentement.

Il se glissa derrière le comptoir sans la moindre hésitation et il salua joyeusement la vendeuse vêtue d'un tablier rouge, en bon habitué des lieux. Tout en échangeant quelques mots avec la jeune femme, il dénoua son écharpe et se débarrassa de son manteau d'hiver, visiblement à l'aise.

Après la fin de la guerre des sorciers, Harry avait fait ce que le monde magique attendait de lui : il avait rejoint les Aurors, comme son père autrefois. Le ministère l'avait accueilli à bras ouverts, fêtant sans le moindre complexe son héros, même s'il n'avait pas le moindre diplôme. Apparemment, vaincre un mage noir mégalomaniaque était une référence suffisante à leurs yeux pour obtenir le poste dont il avait rêvé enfant.

Cependant, il avait fallu moins de six mois au jeune Harry Potter avant de se rendre compte qu'il étouffait dans une vie qu'il n'avait pas choisie ni voulue. Il s'était laissé porter toute son adolescence par des rêves qui n'étaient pas vraiment les siens, coincé entre son devoir envers le monde magique et l'ombre de son père héroïque.

Il se serait probablement entêté à continuer dans cette voie s'il n'avait pas été un Auror aussi médiocre. Harry avait admiré autrefois ceux qui étaient venus pour le protéger, mais il était loin de leur ressembler.

Pourtant, il était plein de bonne volonté et motivé à donner le meilleur de lui-même. Cependant, il n'avait pas le moindre instinct de survie. Il se précipitait, fonçant tête baissée au-devant du danger sans même s'inquiéter des conséquences, comme il le faisait autrefois à Poudlard.

Ensuite, il n'était pas vraiment doué pour obéir aux ordres. Le jeune homme avait la désagréable habitude de contourner les instructions qu'il trouvait injustifiées — même si souvent il se rendait compte que les consignes avaient été données pour de bonnes raisons… ce qu'il admettait volontiers après coup.

Sa démission soudaine après avoir failli provoquer une catastrophe en voulant trop bien faire avait soulagé ses collègues et le chef des Aurors, mais elle avait provoqué un vent de protestation sans précédent dans le monde magique, comme si n'importe quel sorcier avait son mot à dire sur les décisions du jeune homme.

Cette ingérence dans sa vie privée, largement relayée et alimentée par la Gazette du sorcier rendit Harry fou de rage et il avait pris la décision de ne plus travailler dans le monde magique. Il avait subi les opinions changeantes durant toute son adolescence, passant de héros à fou furieux, et il tenait à mener une vie adulte aussi banale que possible.

Heureusement, ses amis les plus proches l'avaient compris et soutenu. Ron avait quitté les Aurors en même temps que lui, lassé de se mettre en danger, pour aller travailler dans la boutique de son frère George, durement éprouvé par la perte de son jumeau. En plus d'accepter la décision de son meilleur ami, Ron était celui qui lui avait suggéré de s'orienter vers le commerce.

Après tout, il n'avait pas le moindre diplôme — ni moldu ni sorcier — et ouvrir sa propre boutique était la solution idéale pour ne pas avoir à présenter de références… juste en devenant son propre patron.

Harry avait brièvement hésité, incertain. Il avait largement les moyens de financer son propre commerce avec l'argent laissé par ses parents et son parrain, mais il n'avait aucune idée de ce qu'il pourrait vendre ou proposer.

Hermione lui avait conseillé de réfléchir à ce qu'il aimait plutôt que de se focaliser sur l'ouverture d'un magasin.

La suite avait été presque logique aux yeux de Harry. Il aimait cuisiner, plus particulièrement, tout ce qui était sucré. Un restaurant ne le tentait pas vraiment, mais l'idée de ne vendre que des douceurs sucrées accompagnées de mélanges de thés personnalisés le tentait vraiment. C'était ainsi que le « Griffon gourmand » était né deux ans plus tôt.

Miraculeusement, sa nouvelle occupation était restée ignorée du monde magique, malgré les multiples articles de la Gazette publiant les suppositions les plus folles à son sujet. Il s'était installé en plein Londres moldu dans un quartier calme, loin des lieux de fréquentation des sorciers, et il ne le regrettait pas un seul instant.

Il avait été surpris de voir sa clientèle augmenter rapidement, au point de devoir engager une vendeuse à temps plein très rapidement alors qu'il s'occupait de la pâtisserie et de la gestion du magasin, transformant son idée un peu folle en un commerce prospère.

Harry était fier de sa réussite. Mieux encore, il s'épanouissait enfin, avec l'impression d'avoir trouvé sa place. Il vivait dans le monde moldu, il y travaillait, mais il restait un sorcier. Il appartenait pleinement aux deux mondes, naviguant de l'un à l'autre avec aisance.

Bien que pesante, il avait appris à gérer sa célébrité lorsqu'il se promenait sur le chemin de Traverse ou qu'il flânait à Pré-au-Lard, tout comme il était passé maître dans l'art d'éviter les journalistes, qu'il exécrait.

Revenant au présent, le jeune homme prit quelques instants pour regarder autour de lui, s'assurant que tout était en place. Il avait choisi de décorer la boutique aux couleurs de Gryffondor, en hommage à Poudlard, sa toute première vraie maison. Les tables laquées de rouge étaient toutes occupées à cette heure de la journée, certains clients préférant déguster ses pâtisseries et ses thés sur place.

L'intérieur de la boutique, dont la chaleur contrastait agréablement avec le froid de décembre, était baigné des saveurs sucrées des douceurs qu'il proposait. L'odeur un peu plus amère des thés parfumés qu'il mélangeait lui-même apportait un équilibre inédit et indéfinissable.

À chaque fois qu'Hermione venait, elle le complimentait, lui avouant sans la moindre hésitation qu'elle avait l'impression d'être accueillie par ses parfums préférés lorsqu'elle entrait.

Ce n'était pas la seule à lui avoir fait cette remarque et pourtant, il n'y avait aucune magie dans sa boutique. Il supposait que le mélange des gâteaux et des thés évoquait à chacun des souvenirs agréables et toute cette douceur olfactive permettait à ses visiteurs de penser immédiatement à des choses agréables en entrant dans son petit monde.

Hochant la tête avec satisfaction, Harry se glissa dans l'arrière-boutique. Il y avait toujours plus de travail à l'approche de Noël et il ne comptait pas décevoir le moindre client. Il avait pris quelques commandes pour des clients fidèles et il travaillait sur de nouveaux mélanges de thés, tout en s'assurant que les étals de pâtisseries étaient toujours généreusement garnis.

En se mettant au travail, Harry songea qu'il rentrait souvent chez lui épuisé, mais pleinement heureux et qu'il ne changerait de vie pour rien au monde. Pourtant, lorsqu'il était adolescent, il n'aurait jamais imaginé emprunter un jour cette voie… loin de là.


Prompt de demain : Café