Bonsoir à toutes !
Me voici de retour pour le second chapitre de cette fiction de Noël ! Je suis heureuse de voir que vous avez été nombreuses au rendez-vous, et j'ai été ravie de lire vos petits commentaires très encourageants.
J'ai cru comprendre que le premier chapitre vous avait plu mais ce n'est que le début, et j'espère que le reste vous plaira tout autant ! Je vous laisse le découvrir. Cette fois-ci, nous serons du point de vue d'Hermione. Ce sera ainsi jusqu'à la fin de la fiction, les deux points de vue s'alterneront un chapitre sur deux.
Je vous souhaite à toutes une bonne lecture, et j'attends avec impatience vos retours !
A demain pour la suite.
Hermione.
Comme toujours dans ce genre d'évènement, je ne passe pas inaperçue. Les gens viennent me saluer, me demander des nouvelles d'Harry ou de Ron, si mon ancien travail ne me manque pas trop et si le nouveau est à la hauteur de mes espérances. Autant de questions intimes et privées que je n'apprécie pas d'aborder dans un lieu aussi bondé que le hall du Ministère de la Magie un soir de gala. D'autant que je ne suis pas là pour me pavaner ou signer des autographes, comme semble le penser cette vieille dame tremblotante aux doigts bagués de pierres plus précieuses les unes que les autres.
− Je ne savais pas si nous vous verrions ce soir, déclare-t-elle. Depuis que vous avez quitté le Ministère vous êtes… insaisissable.
− Je suis très occupée, j'affirme.
− Et le Ministère ne vous manque pas trop ?
J'esquisse un petit sourire poli, mais au fond de moi, je retins un ricanement mauvais. Si le Ministère me manque ? Loin de moi cette idée. Je ne l'appréciais déjà que très peu à l'époque où j'y travaillais, alors maintenant que je l'ai quitté, je suis bien contente de ne plus le voir tous les jours. A l'époque où je suis rentrée au Département de la Justice Magique, j'avais espoir de changer les choses. J'étais naïve, pleine d'idéaux. J'ai vite compris que l'argent et le pouvoir vont de pair, et qu'il n'y a de la justice que pour ceux qui peuvent se payer un bon avocat. Après plusieurs années à voir de mes propres yeux les petites manigances du Ministère, j'ai décidé de le quitter et de me lancer dans tout autre chose. C'était il y a un an déjà, et pour être honnête : je ne m'en sors pas si mal.
− Mon ambition m'a entraînée vers d'autres horizons, je réponds simplement.
Je remarque que ma réponse ne la satisfait pas, mais j'ai appris depuis bien longtemps à ne pas me justifier quand il s'agit de ma propre vie. Sans lui laisser le temps d'en rajouter une couche sur mon choix inconsidéré de faire sécession d'avec le Ministère, je me détourne et m'enfonce dans la foule pour y retrouver Harry et Ron en grande conversation avec Neville Londubat et…. Dean Thomas.
En repérant ce dernier, je cesse immédiatement ma progression. Je me doutais qu'il viendrait, mais j'espérais ne pas avoir à le croiser. Malheureusement pour moi, il a été assez malin pour se rapprocher de Ron et Harry, en espérant sans doute me croiser rapidement, en leur compagnie. Je reste à l'abri de son regard et tourne les talons pour m'éloigner de lui, mais je percute sans m'en rendre compte Lavande Brown, toute de rouge vêtue. Celle-ci est sur le point de râler mais quand elle réalise que c'est moi elle se ravise et me lance un petit sourire de conspiratrice.
− Hermione ! Quel plaisir de rencontrer une collègue ici.
− Techniquement, nous ne sommes pas collègues, Lavande, puisque nous ne travaillons pas pour le même journal.
Lavande efface ma remarque d'un geste dédaigneux de la main et s'approche pour murmurer à voix basse :
− Oh tu sais, ils se valent tous dans le fond, quoi que tu en penses.
Intérieurement, je bous. Bien sûr que non, Lavande, nos journaux ne se valent pas. Le tien est un ramassis de mensonges qui se targue de connaître tous les détails croustillants du monde magique – et par croustillants, j'entends tromperie, complot et rupture amoureuse. Il porte bien son nom d'ailleurs, puis qu'il s'intitule « Les Potins Magiques ». Rien qui ne se rapproche de près ou de loin de mon journal. En effet, c'est pour monter mon propre hebdomadaire que j'ai quitté le Ministère. J'en suis la rédactrice en chef – la seule rédactrice pour dire vrai – mais je suis fière de dire que chaque information mentionnée à l'intérieur est sourcée et véridique. C'est d'ailleurs ce qui m'a inspiré le nom de mon journal « Le Veritaserum ».
J'adresse un sourire crispé à Lavande mais ne prends pas la peine de la contredire. Elle est l'une des journalistes les plus en vogue de son torchon, et même si elle se dit rédactrice, elle n'est ni plus ni moins qu'une des paparazzi les plus malhonnêtes.
− Tu es là pour flairer du scandale ? demande-t-elle finalement en haussant un sourcil.
− Pas vraiment, je couvre l'évènement et m'assure que les fonds récoltés vont bien là où ils sont censés aller.
Lavande ricane.
− Tu joues sur les mots, Hermione. Mais tu as toujours été comme ça. Une vraie Sainte ! J'imagine qu'on se recroisera.
Lavande me tapote l'épaule d'un air paternaliste qui me déplait considérablement, puis s'en va de la démarche assurée de celle qui sait ce qu'elle veut. Je la regarde un moment papillonner d'invités en invités à la recherche d'un ragot improbable, puis me tourne à nouveau vers Ron et Harry qui discutent désormais avec le Ministre en personne. Je décide de ne pas les rejoindre, au risque de devoir subir encore un sermon de notre Ministre sur l'immense perte qu'a été mon départ du Ministère.
Je passe les deux heures qui suivent à éviter Dean, et à discuter avec les convives du ministère. Ce sont des fonctionnaires, des diplomates, des avocats, mais aussi des sorciers du monde magique en général – riches, de préférence, pour qu'ils soient de généreux donateurs. Ainsi, je salue Mr Fleury de la célèbre librairie, ainsi que Lachlan Ollivander, neveu du non moins célèbre fabriquant de baguettes, décédé. Je ne découvre rien d'inquiétant quant à cette levée de fond pour les plus démunis, et ça me rassure légèrement.
Alors que la soirée est bien avancée, je décide d'enfin rejoindre Ron et Harry qui sirotent une coupe de champagne avec Blaise Zabini. Quand j'arrive à leur hauteur, les trois hommes me saluent chaleureusement, même Blaise que je ne fréquente un peu par le biais de mes deux amis : les trois sorciers sont dans la même équipe de Quidditch du Ministère.
− Où t'étais passée ? me demande Ron en enfournant un petit four dans sa bouche.
− Par-ci, par-là, éludé-je.
− Dean te cherche, tu sais, me murmure Harry, la mine désolée.
J'hausse les épaules. Ça ne m'étonne pas vraiment. Voilà deux semaines que nous avons rompu, deux semaines durant lesquelles il n'a eu de cesse d'essayer d'entrer en contact avec moi. J'ai reçu une dizaine de hiboux, des bouquets de fleurs, deux boîtes de chocolats, et des lettres enflammées. Si j'avais vraiment voulu voir Dean, les occasions n'auraient pas manqué. Mais de toute évidence, il n'a pas compris le message que je souhaite lui faire passer par mon indifférence.
− Alors Granger, on essaye de se cacher de ce bon vieux Thomas ? plaisante Blaise.
− Je ne me cache pas… Disons que j'évite de me retrouver où il se trouve.
Ma phrase fait sourire les trois sorciers.
− Le voilà, chuchote précipitamment Ron.
Je suis son regard et tombe directement sur Dean à l'autre bout du hall qui avance d'un pas décidé. Je gémis d'un air dépité et sens la main de Harry se glisser autour de mon avant-bras.
− Tu n'as qu'à te cacher dix minutes, me propose-t-il. Je vais le convaincre de rentrer chez lui. Il semblerait qu'il ait un peu abusé du champagne.
En effet, la démarche de Dean est titubante et mal assurée. Adressant un sourire reconnaissant à Harry, je me faufile derrière Blaise et Ron pour me dérober à la vue de Dean et me dirige sans vraiment y penser vers la première porte que je trouve. Par chance, elle n'est pas fermée à clé. Je rentre à toute vitesse et la referme derrière moi, avant de réaliser que je me trouve dans les vestiaires, face à Drago Malefoy.
Celui-ci me regarde en silence de longues secondes. Son air inquisiteur et curieux me fait savoir que je dois être légèrement essoufflée d'avoir quasiment couru jusqu'ici, sans parler de ma mine un peu coupable de celle qui se défile plutôt que d'affronter ses problèmes.
− Granger, dit-il finalement d'une voix basse, froide.
− Malefoy, je réponds calmement.
Un silence s'abat entre nous, et je vois que ni lui ni moi ne sommes à la recherche de nos manteaux. Il continue de me scruter l'air interrogateur.
− Dis moi si je ne m'abuse, mais tu as tout l'air de te cacher de quelque chose… ou de quelqu'un.
Sa perspicacité m'étonnera toujours. Voilà bien des années que je ne m'étais pas retrouvée en compagnie de Drago Malefoy – ou du moins pas en tête à tête. Travaillant tous les deux pour le Ministère, nous nous étions croisés plus d'une fois à l'occasion d'évènements ou de réunions importantes, mais à présent que je me trouve face à lui, seule à seul, je ne peux m'empêcher de me questionner sur l'homme qu'il est devenu. Un homme discret, si j'en crois les journaux dans lesquels je ne lis jamais rien sur lui.
− Je ne vois pas qu'est-ce qui te fait dire ça, rétorqué-je un peu sèchement.
Ma phrase le surprend autant qu'elle l'amuse, car un petit sourire en coin naît sur ses lèvres. Sourire qui ne remonte cependant pas jusqu'à ses yeux.
− Tu t'es précipitée dans ces vestiaires, tu as refermé la porte à la hâte et tu as les joues rouges de celle qui s'est hâtée de disparaître de la circulation.
− Quel sens de l'observation, Malefoy. Tu n'as rien de mieux à faire ?
Je ne me sens pas d'humeur à une petite joute verbale amicale, aussi je décide d'être sèche dès le début pour ne pas lui donner l'impression que ses remarques m'amusent. Il ne semble pas comprendre le message – ou peut-être ne le veut-il pas, car il continue à sourire d'un air goguenard. Il n'ajoute rien cependant, et se met à la recherche de sa veste. Je décide d'en faire de même. Si jamais Harry ne parvient pas à convaincre Dean de rentrer chez lui, autant que je me prépare à rentrer chez moi, j'y serai bien plus tranquille.
Nous cherchons nos affaires en silence, avant de réaliser que nos deux manteaux se trouvent côte à côte, suspendus magiquement à des tringles invisibles.
− Quelle coïncidence, ricane Drago. Tiens, il ne faudrait pas que notre petite Miss Je Sais Tout tombe malade.
A ma grande surprise, il récupère le mien et me le tend. Son geste me surprend tellement que je ne me saisis pas correctement du manteau et celui-ci tombe par terre. J'entends Drago soupirer, avant de se baisser et de le préparer de manière à ce que je n'ai plus qu'à y insérer mes bras. Un vrai gentleman.
− Puisque tu sembles incapable de mettre toi-même ta veste, se moque-t-il sans scrupule.
− Je sais très bien mettre une veste, je rétorque, furieuse.
Mais il ne bouge pas, et je suis réduite à faire ce qu'il me demande silencieusement. J'insère mon bras gauche dans la première manche, et au moment où j'insère le second bras, la porte du vestiaire s'ouvre largement sur une Lavande Brown ravie, un appareil photo à la main. Celui-ci s'enclenche immédiatement et un flash éblouissant me laisse aveugle de longues secondes, tandis que Lavande s'exclame :
− En voilà un Potin Magique comme on les aime !
