Et me voilà de retour pour le 3ème chapitre de cette fiction.
Comme expliqué précédemment, comme nous étions du point de vue d'Hermione au dernier chapitre, nous sommes à nouveau du point de vue de Drago dans celui-là !
J'espère que votre week-end se passe bien ! Ici, c'était sapin de noël et décoration de la maison ! Nous avions pour projets d'aller visiter un marché de noël, mais la pluie s'en est mêlée et nous voilà coincés à la maison (avec un enfant de deux ans c'est clairement la misère…).
Heureusement, la perspective de la raclette de ce soir me met du baume au cœur ! Ca et vos nombreux commentaires tous plus adorables les uns que les autres ! Je suis contente que vous accrochiez à cette histoire, et j'espère que ça continuera ainsi !
Dans l'attente de vous lire à nouveau,
Bonne lecture et à demain !
Drago.
Trois jours se sont écoulés depuis le gala de charité et je n'ai pas vu le temps passer. Entre les réunions quotidiennes, les dossiers à traiter et la course aux élections, je n'ai pas une minute à moi. Je ne suis donc pas mécontent quand je vois la fin de la semaine arriver. Le vendredi est un jour plus calme que les autres, et c'est appréciable quand on sait toute la charge qui m'incombe. Pansy nous a proposé, à Blaise et moi, de déjeuner ensemble dans un petit restaurant du chemin de traverse où nous avons nos habitudes, ce qui terminera cette semaine en beauté.
Blaise travaille à l'extérieur aujourd'hui, et nous avons convenu de tous nous rejoindre directement au restaurant. Pansy travaille déjà sur la célèbre allée : elle est associée depuis plusieurs années déjà dans un cabinet de Médicomages. Elle est la première sur place d'ailleurs, et je la retrouve assise à notre table habituelle en train de siroter un verre d'un vin blanc français hors de prix.
− Pansy, je la salue en me penchant pour l'embrasser sur la joue. Ça fait longtemps que tu attends ?
Elle secoue la tête.
− Non, je viens d'arriver. J'ai tout juste eu le temps de commander un verre. J'ai commandé pour vous.
Comme elle nous connait parfaitement, un verre de whiskey pur feu m'attend devant la place que j'occupe à chaque fois, tandis qu'un hydromel patiente sagement avant l'arrivée de Blaise. Celui-ci ne tarde pas nous rejoindre.
− On se gèle, bougonne-t-il en se laissant tomber sur sa chaise.
− Tu dis ça chaque hiver, lui fait remarquer Pansy.
Blaise lève les yeux au ciel, tandis que j'esquisse un sourire. Pansy a raison, Blaise se plaint sans arrêt du mauvais temps britannique. C'est à se demander pourquoi il ne déménage pas dans le sud de l'Italie ou de l'Espagne où les hivers sont bien moins rudes.
− Bon, puisqu'on est tous là, on va pouvoir aborder le sujet croustillant du jour !
Blaise et moi nous lançons un coup d'œil pour nous assurer que l'autre n'est pas plus au courant, et je suis rassuré de le voir aussi interloqué que moi. Nous nous tournons vers Pansy qui est déjà occupée à sortir quelque chose de son sac à main. Quand elle a trouvé, elle plaque sur la table un exemplaire du journal « Les Potins Magiques ». Mon sang ne fait qu'un tour quand je lis le gros titre :
« Hermione Granger et Drago Malefoy : une idylle sous le manteau.
C'est lors du gala de charité organisé par le Ministère de la Magie que votre dévouée reporter a été témoin d'une scène pour le moins étonnante ! Bien à l'abri des regards, dans un coin sombre des vestiaires du Ministère, Drago Malefoy comptait fleurette à la non moins célèbre Hermione Granger. Celui-ci aidait sa belle à mettre le manteau dont il l'avait sans doute dépouillée pour un instant coquin, tandis qu'elle le dévorait des yeux, les joues encore rouges des caresses qu'ils ont échangées passionnément.
C'est un véritable tsunami pour le monde magique qui pensait que Granger était sur le point de passer la corde au cou de son ancien camarade Dean Thomas avec qui elle roucoulait depuis plusieurs années déjà. Quant à Malefoy, sa discrétion et son refus catégorique de répondre aux interviews, faisaient de lui l'héritier le plus ténébreux du monde sorcier, la cible, à n'en pas douter, de nombreux fantasme de la gent féminine.
Si j'étais adepte d'expressions, je dirais que les contraires s'attirent, car tout un chacun sait combien ces deux-là se sont détestés dans leur passé. N'ignorons pas non plus l'ironie de cette histoire qui lie un célèbre langue-de-plomb dont le goût du secret coule dans les veines et la rédactrice en chef du journal hebdomadaire dont le nom ne fait aucun doute sur l'objet de son existence « Le Véritaserum ». Gageons que cette histoire risque de faire des étincelles.
En attendant de voir ce qu'ils vont devenir, je vous invite à m'envoyer vos questions à ce sujet par hibou, j'y répondrai dans les prochaines éditions.
Votre dévouée rédactrice,
L. Brown »
L'article est accompagné de la photo prise par Brown au moment où j'aidais Granger à mettre sa veste. Elle ne me dévore pas du tout du regard – je dirai qu'elle me fusille, et elle a les joues rouges, certes, mais parce qu'elle a couru pour éviter quelqu'un.
− Je ne comptais pas fleurette à Granger, m'étranglé-je à moitié.
Blaise et Pansy me regardent d'un air suspicieux.
− Que faisiez-vous tous les deux dans les vestiaires ? demande Blaise.
− C'était un hasard ! Je l'ai aidée à enfiler son manteau parce qu'elle n'est pas dégourdie pour un sou, et cette peste de Brown est entrée à cet instant précis.
− Pas de partie de jambe en l'air au milieu des manteaux alors ? soupire Pansy, l'air passablement déçu.
− Bien sûr que non, je rétorque.
Enfin, il n'y a qu'à moi que cette histoire semble aberrante ? Granger et moi … Cette idée m'arrache une grimace. C'est à peine si nous nous sommes parlés au courant des cinq dernières années. Je ne savais même pas qu'elle fréquentait Dean Thomas. Ce qui me semble d'ailleurs bien étrange, parce qu'ils ne sont pas du tout assortis.
− Et bien sache que beaucoup de gens ont lu cet article, dit Pansy. Presque tous mes patients ont abordé le sujet ce matin, comme ils savent que nous sommes amis.
− Et ? je grogne.
J'espère que mon air mécontent va la dissuader de continuer, mais elle ne s'en offusque pas le moins du monde et continue sur sa lancée :
− Que tu fricotes avec Granger te…
− JE NE FRICOTE PAS AVEC GRANGER, je m'écrie.
Je m'attire les œillades curieuses des clients alentours.
− … te rend bien plus sympathiques aux yeux des gens, finit Pansy.
− Qu'est-ce que j'en ai à foutre de leur paraître sympathique ?
En quelques minutes, Pansy a réussi à me mettre de mauvaise humeur. A l'entendre, cet article est une excellente nouvelle pour une raison que j'ignore totalement.
− Et bien figure-toi que les gens sont soudainement bien plus enclins à te voir Directeur du Département des Mystères.
Alors que j'étais sur le point de lui intimer de se taire, je reste bouche bée devant sa réponse. J'ai beau être quelqu'un d'intelligent, je ne parviens pas à faire le lien entre cet article et mon accession au directorat du département des mystères. Je me tourne vers Blaise pour voir s'il est aussi perdu que moi, mais ce n'est pas le cas, il hoche frénétiquement la tête. Visiblement, je suis le seul à baigner dans l'incompréhension. Et sans doute s'en rendent-ils compte, car Pansy reprend :
− Hermione Granger ! répète-t-elle. Une sorcière talentueuse, issue du monde moldu, grande défenseuse de la veuve et de l'orphelin, connue pour sa bienveillance, sa rage de vaincre, sa passion pour la vérité. Si elle a réussi à t'apprécier, à t'aimer même, cela fait forcément de toi quelqu'un de bien et d'apte à diriger le Département des Mystères.
Je la regarde complètement sous le choc des inepties qu'elle est en train de débiter. Je reste silencieux encore quelques secondes avant de reprendre, d'une voix calme et douce que j'utiliserai pour m'adresser à un animal blessé :
− Mais Pansy, elle ne m'aime pas. Tu es au courant que ce torchon est un ramassis de conneries ?
− Pas si tu fais en sorte de fricoter avec Granger.
Elle est si sûre d'elle que je ne parviens même pas à trouver les arguments pour la contrer. C'en est ridicule. Et Blaise qui hoche la tête d'un air entendu. Il me sort par les yeux.
− Ca t'assurerait la victoire, me dit-il avec un sourire en coin. Il te suffit de la convaincre de jouer le jeu jusqu'au mois de janvier.
− De jouer le jeu ? je répète, incrédule. Mais enfin, elle n'a rien à y gagner !
− Tu n'en sais rien, reprend Pansy. Ça ne coûte rien d'aller la voir et de lui proposer. Peut-être qu'elle aurait une idée de ce que tu pourrais lui rendre en retour.
Je décide de ne pas répondre. Même si l'idée fait déjà son petit chemin dans mon esprit, je ne vois pas par quel miracle elle accepterait un tel marché. Si la roublardise et la ruse sont des qualités de Serpentard, l'honnêteté et la loyauté sont celles des Gryffondors.
− La question est : as-tu vraiment envie de gagner ces élections ?
Je fusille Pansy du regard.
− C'est une vraie question ? je réplique, piquant.
− Oui. Parce que si tu en avais vraiment envie, tu serais déjà en train de frapper à la porte de son bureau pour lui demander ce qu'elle veut en échange.
Pansy ne se démonte pas, et ça m'agace, je dois bien l'admettre. Pourtant… plus j'y réfléchis… plus l'idée me semble alléchante. Si cette fausse idylle parvenait à me faire gagner … La fin justifie les moyens, après tout. Et puis ce ne serait pas vraiment mentir. Cela permettra juste au monde sorcier de comprendre qui je suis vraiment et de ne pas resté coincé dans l'image qu'il a de moi.
− Je ne sais même pas où est le siège de son journal, je marmonne.
A cette phrase, le visage de Pansy s'illumine car elle sait. Elle sait qu'elle a remporté la bataille. Elle a tout de même le tact de ne pas sauter sur place ni de faire une danse de la victoire. Elle reste calme et digne, et répond simplement :
− Tu as de la chance, c'est juste à côté de chez Fleury et Botts.
Elle dit cela en pointant du doigt l'enseigne de la célèbre librairie qui n'est qu'à quelques pas du restaurant où nous nous trouvons.
