Bonsoir a toutes !

J'espère que vous allez bien en ce dimanche soir pluvieux (enfin chez moi en tout cas ça pleut des cordes). Nous sommes officiellement à 3 semaines de noël … et quelque chose me dit que ça va passer à toute allure.

Merci d'avoir répondu présentes dans les commentaires du chapitre précédent ! Je sais que les week end en général il y a moins de vue et de review mais je suis ravie que ça vous plaise toujours.

Je vous laisse avec le chapitre du jour pour lutter contre le blues du dimanche soir. A demain pour la suite !


Hermione.

Je suis en colère. Non. Je suis folle de rage. Evidemment que je le suis. Cette pimbêche de Lavande Brown ne perd rien pour attendre. Un tissu de mensonge, une liste d'inepties plus longue que son avenir dans le journalisme, j'en fais le serment. Je vais porter plainte pour diffamation, et la prochaine fois que je la reverrai ce sera derrière les barreaux. Je fulmine encore quand on frappe à ma porte. C'est Ginny, qui vient me faire son rapport.

Mon amie ne travaille par à proprement parler pour moi. Elle est dans une équipe professionnelle de Quidditch, mais comme c'est la saison creuse, elle me donne un coup de main au journal. Elle est notamment chargée de faire le tour des buralistes pour voir si le journal se vend bien et quels sont les retours à son sujet. Cela ne fait que deux mois que la première édition du Veritaserum est parue et les ventes se maintiennent à un niveau raisonnable pour un journal aussi récent. Ce n'est cependant toujours pas assez pour me permettre d'embaucher d'autres journalistes, et le travail monstrueux qui en résulte est une véritable charge pour moi.

− J'ai d'excellentes nouvelles, s'exclame Ginny en s'affalant sur le fauteuil qui me fait face.

En effet, elle affiche une mine réjouie. Je la regarde, surprise par tant d'entrain.

− Les ventes ont explosé aujourd'hui !

− Ah bon ?

− Oui ! Les gens espèrent en apprendre davantage sur ton histoire d'amour mystérieuse avec un certain héritier ténébreux, cible de tous les fantasmes, se moque Ginny.

− Ils ont dû bien déçus, je marmonne.

Tout comme moi, je songe avec amertume. J'aurai préféré qu'on achète mon journal pour les bonnes raisons : une soif d'informations, de vérité même. Mais visiblement, il n'y en a que pour les potins. Complètement faux par-dessus le marché. Si encore cette histoire d'amour avait été réelle, je n'aurai pu m'en prendre qu'à moi-même de ne pas avoir su rester discrète. Mais il n'y a rien qui se rapproche de près ou de loin à des sentiments amoureux entre Malefoy et moi. Et heureusement.

− En attendant, les ventes ont explosé à plus de deux cents pour cent. Les trois revendeurs du chemin de traverse réclament d'autres exemplaires.

Je n'en ai pas d'autre à leur fournir. Faire imprimer mon journal me coûte assez cher et je ne peux me permettre de perdre de l'argent en en imprimant plus que ce que je n'en vends. C'est bien la première fois que tous les stocks sont écoulés en deux jours seulement.

− Il faut voir avec l'imprimeur ce qu'on peut faire, dis-je finalement.

− Tu devrais aussi te montrer un peu plus souvent avec Malefoy, ajoute Ginny, moqueuse.

Je ne prends même pas la peine de répondre à ses petites blagues qui ne font rire qu'elle. Je suis déjà assez en colère contre Lavande, inutile de rajouter de l'huile sur le feu en incendiant mon amie. Celle-ci ne semble pas s'offusquer de ma mauvaise humeur et se relève, tout sourire.

− Je vais voir avec l'imprimeur, pendant que tu continues de broyer du noir et de fomenter un plan contre Lavande.

− Comment tu sais ? je demande, soupçonneuse.

− C'est écrit là, dit-elle en pointant du doigt une morceau de parchemin sur lequel j'ai rédigé une liste entière des différents plans à mettre en place pour faire disparaître Lavande de la surface de la terre.

Je renifle, l'air faussement dédaigneux, tandis que Ginny éclate de rire et se dirige vers la porte. Quand elle l'ouvre, elle tombe nez à nez avec Drago Malefoy et je l'entends laisser échapper un petit cri de surprise.

− Malefoy ! dit-elle, goguenarde. Justement, on parlait de toi.

Celui-ci hausse un sourcil, avant d'hocher imperceptiblement la tête, comme s'il était habitué à ce que les gens parlent de lui.

− Bien, je vous laisse les tourtereaux, j'ai à faire !

− Ginny ! je siffle, hors de moi.

Mais elle ne m'accorde même pas un regard et se faufile hors de mon bureau, tandis que Malefoy reste sur le seuil de la porte, attendant sans doute que je l'invite à entrer. Ce que je ne fais pas.

− Je n'ai rien à te dire, grommelé-je.

− Moi si, rétorque-t-il en faisant quelques pas en avant.

Il a le culot de s'installer dans le fauteuil que Ginny vient de quitter, et me regarde de longues secondes. Qu'espère-t-il ? Que je débute la conversation ? Il me semblait avoir été claire pourtant, quand je lui ai dit que je n'avais justement rien à lui dire.

− J'ai entendu dire que son journal se vendait comme des petits pains, lance-t-il finalement.

− On ne t'a jamais dit que c'était très mal élevé d'écouter aux portes ? je gronde.

− Peut-être une fois ou deux, mais c'était il y a longtemps, concède Drago. Tu pourrais me remercier.

Je lève les yeux de l'article que j'essaie tant bien que mal de rédiger pour le regarder, ahurie. Il se moque de moi ?

− Te remercier ? je répète, interloquée.

− C'est un peu grâce à moi que tu as boosté tes ventes.

− Pas du tout, je réplique sèchement. C'est à cause de l'article calomnieux de cette gourde de Lavande Brown.

Sous mes yeux éberlués, Malefoy éclate d'un rire franc et presque chaleureux que je ne lui connais pas. Je l'entends répéter silencieusement « cette gourde de Lavande Brown », de toute évidence, ce sobriquet lui plait beaucoup. Le silence s'abat entre nous, avant que je ne me décide de le briser.

− Et tu es là parce que … ?

− J'ai une proposition à te faire.

− C'est non.

− Je n'ai encore rien dit, s'offusque Malefoy.

Je soupire largement et ferme d'un coup sec le livre que je tiens devant moi et dans lequel j'avais trouvé des informations très intéressantes pour mon article.

− Tout ce que tu as à me proposer ne peut pas m'intéresser, je réplique.

− Prends au moins le temps de m'écouter !

− Je n'ai pas ce temps à t'accorder. D'ailleurs j'allais partir.

Je mens. Je le sais. Il le sait. Mais il ne se départi pas de son sourire charmeur celui que j'ai vu offrir à de trop nombreuses sorcières sensibles à ses qualités… physiques. Je décide d'aller au bout de mes mots, et je me lève afin d'enfiler mon manteau – seule cette fois. Il se redresse aussi, et reprend la parole :

− On pourrait se fréquenter, dit-il.

Mes yeux doivent s'ouvrir comme des soucoupes car il se hâte de continuer :

− Faire semblant, de se fréquenter.

J'enfile mon écharpe et fais mine de ne pas l'écouter. Ses mots n'ont aucun sens, et d'ailleurs je dois rêver. Ce ne peut pas être en train de se produire. Drago Malefoy n'est pas en train de me proposer de le fréquenter comme le ferait un couple. Pourquoi ferait-il cela d'ailleurs ? Mon silence semble l'encourager car il ne s'arrête pas là.

− Tes ventes ont explosé grâce à l'article de Brown, imagine si elle en sort encore deux ou trois. Ça permettrait de projeter ton journal sur le devant de la scène journalistique.

− Deux ou trois ? m'étranglé-je à moitié. Un ne t'a pas suffi ?

Je n'attends pas qu'il réponde et me dirige vers la porte de mon bureau, Malefoy sur mes talons. Il se met galamment de côté tandis que je ferme la porte à clé, et me suit dans l'escalier qui descend vers le Chemin de Traverses tout en continuant :

− C'est l'histoire d'un mois. Allez, deux. Jusqu'aux élections.

Nous y sommes, je pense. Il aborde enfin la vraie raison de sa venue. Il a lui aussi quelque chose à y gagner, et il ne me faut pas longtemps pour que tout s'aligne dans mon esprit. Je m'arrête au milieu des marches et, ne s'y attendant pas, il me percute de plein fouet. Nous manquons de dégringoler dans l'escalier, mais je me rattrape in extremis à la rampe.

− Nous y voilà, dis-je en le pointant du doigt. Les élections. Et tu crois que sortir avec moi te les fera gagner ?

J'éclate de rire tant cette situation est ridicule.

− Exactement, Granger. Figure-toi que te fréquenter me rend… sympathique.

Il fait une petite moue comme si ça lui laissait un goût amer dans la bouche de le dire à voix haute.

− Je n'en ai rien à faire de te rendre sympathique. C'est toujours non !

Au moment où je dis ce dernier mot, j'ouvre la porte d'entrée du bâtiment qui donne directement sur le Chemin de Traverse et me retrouve nez à nez avec un immense bouquet de roses rouges. L'odeur entêtante me donne immédiatement le tournis – je hais les roses – tandis que je manque de bousculer la personne qui le tient. Je sens Malefoy me heurter le dos, et je l'entends pousser un juron.

− Qu'est-ce que… commence-t-il.

Mais il s'interrompt quand il remarque le bouquet de fleurs et que celui-ci s'abaisse pour laisser apparaître la tête de Dean. Il ne manquait plus que lui, je songe avec humeur. Son regard se pose d'abord sur moi, puis sur Malefoy, juste derrière moi, avant de revenir sur moi. Son bras tombe le long de son corps et son bouquet heurte le sol dans un bruit étouffé.

− Alors c'est vrai ? dit-il d'une voix sèche. Tu me trompes avec Malefoy ?

Je soupire. Cette journée n'est qu'une vaste blague. D'abord Malefoy qui veut qu'on fasse semblant de sortir ensemble et maintenant Dean qui pense que je le trompe avec lui ? D'ailleurs, pour pouvoir le tromper, encore faudrait-il que nous soyons toujours ensemble. J'en reste bouche bée, et Malefoy en profite pour se faufiler à mes côtés et à étendre un bras sur mes épaules.

− Nous ne sommes plus ensemble…

Je suis interrompue par Malefoy :

− Désolé Thomas, tu arrives trop tard.

Je joue des épaules pour me débarrasser de mon lourd fardeau et jette un coup d'œil à Dean dont la fureur se peint sur son visage. Il pointe un doigt accusateur sur moi.

− C'est pour ça que tu m'as quitté ? éructe-t-il. Pour ce… ce… Mangemort !

Je sens Malefoy se crisper à mes côtés et lui lancer un regard glacial. Même si je ne le porte pas dans mon cœur, je trouve le discours de Dean très injuste aux vues de tout ce que Malefoy a apporté à la société sorcière depuis que son honneur a été lavé.

− Surveille ta langue, gronde Malefoy.

Mais Dean ne le regarde déjà plus, il est concentré sur moi.

− C'est lui ou moi Hermione.

− D'après Potins Magiques, c'est moi, ricane Malefoy.

Je lui donne un coup de coudes dans les côtes mais il ne sourcille même pas.

− On n'en a pas fini toi et moi, menace Dean. On avait des projets ! Et toi, tu fous tout en l'air pour Drago Malefoy ?

Je sais au plus profond de moi que je ne devrais pas le laisser croire une telle chose. Que ce n'est qu'un mensonge fomenté par Lavande Brown et que je n'ai aucun sentiment pour Malefoy. Pourtant… j'entrevois une porte de sortie pour moi. Si Dean est convaincu que je fréquente quelqu'un d'autre, peut-être me laissera-t-il enfin en paix ? Je me sens un peu coupable quand je prends la décision de ne pas le contredire. Je reste silencieuse, tandis que Malefoy esquisse un petit sourire narquois à côté de moi.

− Je suis désolé mon vieux, c'est terminé, lance-t-il à Dean d'un ton royal.

Celui-ci lui jette un regard noir avant me regarder une dernière fois.

− Tu me déçois beaucoup Hermione.

Et il tourne les talons, laissant son bouquet de roses échoué sur la dalle de pierre. Le voir s'en aller ainsi, aussi en colère, me chagrine énormément. Mon histoire avec Dean n'avait rien d'un conte de fée, surtout à la fin, et je ne regretterai jamais de l'avoir quitté. J'aurai aimé qu'il soit plus compréhensif, mais je dois admettre que l'aide de Malefoy n'a pas été de trop pour me débarrasser de lui. Quand il a disparu de notre vue, Malefoy se tourne vers moi, tout sourire et demande :

− J'imagine que c'est oui ?

Je le fusille du regard pour le principe avant d'hocher subrepticement la tête.

− Un mois, je grogne.

− Deux. On doit tenir jusqu'aux élections.

Deux mois, ce n'est pas grand-chose. Et puis … si ça peut faire exploser les ventes du Veritaserum … Je rougis à cette pensée. Il n'est pas dans ma nature d'agir de manière aussi peu honnête. Mais parfois, dans de très rares cas comme celui-ci, la fin justifie les moyens.

− Parfait, dit Malefoy en tapant dans ses mains. Je passe te prendre demain soir pour t'emmener dans un restaurant où nous sommes sûrs d'être pris en photo.

Et sur ces mots, il me passe devant et s'éloigne à grandes enjambées, l'air satisfait de celui qui vient de gagner une négociation particulièrement juteuse.