Chaud devant le chapitre 5 est sur le point de vous être servi sur un plateau ! On retrouve notre Pansy nationale et ses petites cachoteries !

Je suis contente de l'accueil que vous avez réservé au précédent chapitre.

Je voulais tout de même préciser que cette histoire est une fiction de noël et qu'il y a donc des coïncidences bien heureuses et que l'intrigue n'est pas aussi travaillée que pour une autre fiction. Et pour cause j'écris tous les jours entre 1500 et 2000 mots alors difficile de faire quelque chose de très profond et bien ficelé.

C'est le jeu et j'espère qu'il vous convient !

Merci à celles qui prennent le temps de commenter chaque jour vous êtes adorables et j'adore lire vos supputations sur le reste de l'histoire.

Je vous souhaite une bonne lecture et vous dis à demain pour la suite des aventures de nos deux héros préférés !


Drago.

Après ma journée de travail, je décide de me rendre chez Pansy pour lui annoncer que son plan a bien mieux fonctionné que je ne l'aurai espéré. En réalité, je ne m'attendais à rien de la part d'Hermione Granger, si ce n'est une tirade moralisatrice sur les moyens douteux que je souhaitais mettre en place pour gagner les élections. Bien heureusement pour moi, Dean Thomas l'a littéralement jetée dans mes bras. Avec son bouquet de roses d'une autre époque et ses phrases toutes faites « Tu me déçois… » « On avait des projets… ». Je ricane en y repensant. C'est à se demander ce qu'elle faisait avec un type comme lui.

Comme il fait déjà nuit noire, je transplanne directement sous le porche de la maison que Pansy habite en banlieue de Londres et assène deux coups secs sur la porte. Celle-ci s'ouvre quelques instants plus tard sur une Pansy en peignoir de bain, les cheveux remontés en chignon au-dessus sa tête.

− Drago ? dit-elle, surprise.

− Je dérange ? je demande, ironique.

Elle s'efface pour me laisser entrer en maugréant qu'elle était sur le point de prendre un bain, mais que, puisque je suis là, elle n'a qu'à aller se rhabiller et espérer pouvoir le prendre un autre jour. Je n'éprouve pas une once de culpabilité quand je la vois disparaître dans sa chambre pour enfiler une tenue qu'elle juge plus décente avant de me rejoindre dans le salon.

− J'espère que t'as une bonne raison d'avoir gâché ma soirée, marmonne-t-elle.

− Tout de suite, les grands mots !

Elle ne répond pas et se contente de sortir deux verres à pied dans lesquels elle verse une généreuse quantité d'un vin d'un rouge si sombre qu'il en paraît noir. Quand elle s'est enfin installée, je reprends :

− J'ai un rencard avec Granger demain soir. Je l'emmène au Magic Plazza.

Pansy ouvre des yeux ronds avec de siffler d'un air admiratif.

− Et bien… Tu ne fais pas les choses à moitié ! souffle-t-elle.

− Il faut un lieu que les paparazzis ont l'habitude de fréquenter si je veux faire la une du prochain torchon de Brown.

Pansy sourit, amusée.

− Comment tu as réussi à la convaincre ?

Je lui raconte ce que nous nous sommes dit et l'arrivée providentielle de Dean Thomas dont le rôle ne doit pas être oublié, ce qui la fait rire. Notre conversation s'oriente sur les différentes tournures que pourrait prendre la soirée, et Pansy pouffe à l'idée que nous nous embrassions. Ce n'est bien évidemment pas une option. Jouer les couples énamourés est une chose, agir comme tel en est une autre. Nous passons le reste de la soirée à nous moquer sans vergogne de Dean Thomas mais aussi de Lavande Brown qui sera bientôt déçue de voir ce couple se séparer au lendemain des élections. La bouteille de rouge se vide au fur et à mesure que le temps passe. Alors qu'il commence à se faire vraiment tard et que je cherche le courage de me lever de ce canapé Ô combien confortable, mes yeux se posent sur une lettre posée sur le coin de la table basse. Elle est cachetée à l'aide d'un sceau de cire, ce qui n'est pas commun par les temps qui courent. Curieux, je m'en saisis et m'apprête à la lire quand Pansy se jette sur moi et me la reprend des mains.

− Non ! s'exclama-t-elle.

Elle récupère la lettre et la plaque contre sa poitrine pour m'empêcher de la prendre ou de lire le moindre mot. J'hausse un sourcil, surpris. C'est bien la première fois que Pansy me fait des cachoteries. Nous nous disons toujours tout.

− Qu'est-ce que c'est ? je demande en abandonnant l'idée de lui arracher des mains.

− Rien du tout, dit-elle précipitamment.

Bien trop précipitamment pour que ce ne soit rien du tout. Je la regarde de longues secondes, la sondant, comme si je pouvais lire dans son esprit. Elle et moi savons tous les deux que c'est faux, mais elle détourne le regard et rougit légèrement. Pansy rougit ? Je n'arrive pas à me souvenir de la dernière fois que c'est arrivé. Soudain, je m'inquiète. Et si c'était important ? Quelque chose qu'elle me cacherait mais qui serait … grave ? dangereux ? inquiétant ? Un diagnostic médical préoccupant ? Un corbeau et des lettres de menace ? L'annonce d'un décès ?

− C'est grave ? je souffle, soudain anxieux.

Pansy soupire devant mon air soucieux, et secoue la tête de gauche à droite. Elle finit par me tendre la missive et je l'ouvre, le cœur battant. A l'intérieur, je lis :

« Pensée pour la plus belle des Pensées.

Le temps s'égrène, mais ne suffit pas à étouffer la graine de passion qui s'épanouie dans mon palpitant,

Tandis que vos doigts soignent les blessures les plus profondes, les miens se meurent de ne pouvoir vous cueillir,

Et alors que l'hiver recouvre la flore endormie, mes yeux restent ouverts sur les pensées de mon âme, toutes tournées vers l'unique Pensée de mon cœur.

Votre dévoué admirateur ».

J'en reste muet. Une lettre d'amour anonyme ? C'était cela qu'elle tentait de me cacher désespérément ? Je ne peux m'empêcher de sourire légèrement, mais Pansy l'interprète mal et reprend sa lettre d'un air méprisant avant de me tourner le dos pour la ranger dans un petit tiroir près d'elle.

− Je savais que tu ne comprendrais pas, me crache-t-elle.

Je retrouve mon sérieux immédiatement quand je comprends que ça ne la fait pas rire. Sa véhémence me laisse pantois. Qui aurait cru que des déclarations d'amour sur le thème de l'horticulture la toucherait autant ?

− Pans' … je murmure doucement. Excuse-moi, je n'aurai pas du rire.

Il n'est pas dans ma nature de m'excuser à tout va, mais quand il s'agit de Pansy … Ah, ma Pansy, elle est ma faiblesse. Je mettrai le monde à feu et à sang si elle me le demandait.

− En effet, réplique-t-elle sèchement.

− C'est la première que tu reçois ?

Devant mon intérêt sincère, elle se radoucit un peu et hoche la tête.

− Non c'est la troisième. J'en reçois une chaque dimanche.

− Et tu n'as aucune idée de qui il s'agit ?

Elle secoue la tête et sourit.

− Pas la moindre ! Mais c'est si … romantique.

x.X.x.X.x

La maison de Granger est aux antipodes de la mienne. Quand mon appartement est juché tout en haut d'une tour moderne avec vue panoramique sur Londres – je refuse de vivre au Manoir Malefoy – la maison d'Hermione est un cottage modeste situé en campagne, au bord de la rivière Colne. C'est pittoresque, reculé de tout, et je m'étonne de lui voir une vie aussi simple, tout comme je m'étonne encore qu'elle ait accepté de me donner son adresse sans trop rechigner. Quand je franchis le portillon grinçant, je longe un potager bien entretenu, et arrive sous un porche sous lequel scintille une guirlande lumineuse projetant un halo lumineux sur deux rocking-chairs qui semblent avoir eu cent vies.

A cet instant précis, je me demande ce que je fais là. Cette soirée me semble finalement être la pire idée que je n'ai jamais eue, et je me demande bien ce que nous aurons à nous raconter. Impossible de nous souvenir du bon vieux temps de Poudlard… A l'époque, elle était une insupportable Miss Je Sais Tout, et moi, un adolescent arrogant en mal de reconnaissance de la part de ses mangemorts de parents. Dire que nos relations de l'époque n'étaient pas cordiales, serait un euphémisme. Rassemblant mon courage, je soupire et cogne trois coups discrets sur la porte.

Je n'attends que quelques secondes avant qu'elle ne s'ouvre sur une Granger … Très en beauté.

− Bonsoir, je murmure d'une voix rendue rauque par la surprise.

Elle porte une petite robe noire, simple, qui part en évasée et se termine juste au-dessus du genou. Le décolleté est en forme de cœur et dévoile une gorge blanche à la quelle est suspendu un collier ras-le-cou d'une rare finesse. Ses manches longues et étroites disparaissent derrière le manteau crème qu'elle est en train d'enfiler. Mes yeux s'attardent à peine sur sa tenue, cependant, car je suis soudain obnubilé par la simplicité et la délicatesse de sa coiffure et de son maquillage. Soudain, je me pose une question qui ne m'avait jamais effleuré jusqu'ici : pourquoi toutes les femmes portent-elles de nombreuses couches de maquillage alors qu'il semblerait qu'un trait noir sur la paupière et une touche de rouge sur les lèvres suffisent à bluffer une assemblée ?

− Salut, dit-elle simplement. J'enfile mes chaussures et je suis prête.

Je sens à sa voix qu'elle est aussi anxieuse que moi, mais tout comme moi, elle tente de ne rien laisser paraître. J'hoche la tête, tandis qu'elle se penche pour enfiler une paire d'escarpins noirs, au talon assez fin pour galber son mollet à la perfection. Je déglutis. Je n'arrive pas à comprendre les signaux que mon corps m'envoie, une chose est sûre néanmoins : me montrer en sa compagnie ne sera pas trop désagréable.