4 décembre - Ornements
Harry termina de nettoyer son plan de travail avec un soupir agacé. Depuis la visite d'Astoria Greengrass, il réfléchissait soigneusement à la façon dont il pourrait l'aider.
Il lui avait d'ores et déjà proposé de loger square Grimmaurd, en tant que colocataire. Il avait bien trop de place pour lui tout seul et la jeune femme serait assurée de ne pas se retrouver à la rue.
Elle avait semblé suspicieuse de sa générosité, mais il avait brièvement expliqué que sa famille moldue n'était pas vraiment aimante et qu'il avait longtemps redouté de se retrouver sans domicile à sa majorité. Par chance, il avait découvert que ses parents ne l'avaient pas laissé sans le sou et son parrain lui avait laissé sa maison… Il comprenait donc sa situation mieux que personne et il était probablement le plus à même de l'aider.
Astoria avait semblé surprise de sa franchise soudaine, mais elle l'avait remercié chaleureusement, perdant un peu de sa froideur tout aristocratique. La jeune femme devait revenir le voir dans la semaine pour régler les derniers détails et si elle avait semblé plus sereine, c'était l'inverse pour Harry.
Maintenant que le problème du logement était réglé, il réfléchissait à la façon dont il allait lui trouver un emploi. Il pourrait lui proposer de lui laisser le temps de s'adapter, mais c'était une jeune femme fière qui refuserait d'être prise en charge sans contrepartie. Il devait donc trouver un emploi avant la date du mariage, fixé début janvier…
Perdu dans ses pensées, il sursauta quand Veronica s'éclaircit la voix pour lui signifier sa présence et il leva un sourcil perplexe en la voyant porter une large boîte en carton.
Elle ricana, amusée.
— Évidemment, tu as oublié.
Harry plissa le nez et il secoua la tête.
— J'ai eu beaucoup de choses à penser. Qu'est-ce que j'ai oublié ?
La jeune femme gloussa.
— la jolie fille qui est venue t'a fait de l'effet, on dirait. Elle n'était jamais passée avant, mais ta réaction actuelle est… intéressante. Et, Harry… nous sommes début décembre, c'est la semaine où nous installons tous les ornements de Noël.
En rougissant, le jeune homme lui prit la boîte des mains pour la débarrasser et la posa sur le comptoir derrière lui. Puis, il murmura, un peu mal à l'aise.
— Ce n'est pas… Peu importe. J'ai été à l'école avec elle et elle a besoin d'aide. Je ne sais juste pas comment…
Ronnie s'appuya sur le comptoir avec un large sourire, en croisant ses bras sur sa poitrine et en le fixant avec une lueur amusée dans ses yeux bruns.
— Dis-moi tout.
Harry se mordilla la lèvre, puis il passa la main dans ses cheveux, avant de commencer à raconter prudemment.
— Elle vient d'une famille plutôt… traditionaliste. Un peu l'aristocratie anglaise de la vieille école, tu vois ? Disons que ses parents ont prévu de la marier contre son avis et elle n'est pas vraiment décidée à se laisser faire. Elle est venue me voir pour que je l'aide à trouver un emploi, parce qu'à l'instant où elle refusera cette union elle n'aura plus la moindre ressource.
Ronnie souffla, les yeux écarquillés.
— Waouh… je ne m'attendais pas à un truc comme ça. C'est plutôt… glauque, non ? Je crois que je ne me plaindrais plus d'être orpheline !
Harry laissa échapper un ricanement.
— Plutôt glauque, tu as raison. Même si je la connais peu, je ne peux pas imaginer fermer les yeux sur sa situation.
La jeune femme contourna le comptoir pour enlacer Harry.
— Tu es quelqu'un de bien, Harry. Vraiment.
Harry rougit légèrement et haussa les épaules, mal à l'aise. Avant qu'il ne puisse marmonner une vague protestation au compliment de Ronnie, elle reprit, avec un léger sourire.
— Pourquoi tu ne l'engages pas pour la boutique ? Le surplus de travail avec Noël qui approche le justifie largement et nous ne sommes jamais à court d'activité, même le reste de l'année, surtout depuis que tu prends des commandes personnalisées pour certains clients.
Harry hésita brièvement, tout en regardant autour de lui. C'était sa boutique, sa création, et il répugnait à laisser son passé y entrer de cette façon. Mais Veronica avait raison : il pouvait engager Astoria sans se préoccuper de ses diplômes, sans poser de questions sur ses origines ou sans tiquer à ses habitudes étranges pour les moldus.
Il hocha finalement la tête, pensivement.
— ça pourrait fonctionner, oui.
L'esprit plus clair, Harry aida Veronica à décorer la vitrine du magasin, plaisantant et riant avec elle comme il le faisait toujours. Il appréciait cette complicité entre eux et il hésitait parfois à lui dévoiler son plus grand secret, à savoir qu'il était un sorcier.
Lorsque Astoria revint le voir, Harry était en pleine préparation de ses mélanges de thés. Il pesait avec soin les ingrédients séchés, les sourcils froncés, concentré.
Puisqu'elle connaissait son histoire dans les grandes lignes, Veronica fit directement entrer la jeune femme et cette dernière observa Harry quelques secondes avant de laisser échapper un léger rire.
— Si tu avais été aussi sérieux avec le professeur Rogue, tu aurais eu bien moins de problèmes…
Harry sursauta et se retourna, un sourire hésitant aux lèvres. Il haussa les épaules avec une expression fataliste.
— Rogue me détestait, il aurait trouvé quelque chose pour… me le rappeler.
Astoria pencha légèrement la tête pour l'observer, mais elle ne posa pas la moindre question. Harry reprit sa tâche et après quelques secondes, il prit la parole.
— Si tu es toujours partante, il y a un poste pour toi. Ici. Ronnie est seule en boutique pour gérer et j'ai pas mal de commandes à honorer en cette période. Si ça te convient, tu pourrais commencer dès que tu en as besoin.
Après un long silence, Astoria murmura.
— Travailler pour toi ? Tu… es sûr ?
Avec un soupir, le jeune homme lui fit face tranquillement.
— C'est la meilleure solution, il me semble. J'ai un poste à pourvoir, tu as besoin d'un emploi. Je peux te guider pour vivre dans le monde moldu.
Astoria laissa échapper un rire incrédule, puis elle secoua la tête.
— Je ne comprends pas. Je veux dire… je ne pensais pas que…
— Que je t'aiderai ? Pourtant, tu es venue me voir, non ?
Astoria pinça les lèvres avant de lui rappeler ce qu'elle avait dit, la première fois qu'ils s'étaient vus.
— Comme je te l'ai dit, un ami me l'a conseillé. Je n'y croyais pas vraiment, mais je n'avais pas vraiment d'autre option.
Harry ricana, avant de plaisanter sans la moindre rancœur.
— Un de tes amis t'a conseillé de te venir me faire chanter ?
Cette fois, la jeune fille rougit et détourna les yeux, visiblement mal à l'aise. En soupirant, elle avoua finalement.
– Non. Il m'a conseillé de venir te parler. Il semblait convaincu que… tu trouverais une solution. Je ne pensais pas que tu… serais si généreux et te menacer de révéler ta… cachette me semblait plus sûr.
Le jeune homme la dévisagea un long moment, pensivement. Finalement, il se décida à poser la question qui lui brûlait les lèvres.
— Et qui est donc ce mystérieux ami qui a autant confiance en moi ?
Prompt de demain : animaux
