Bonsoir à toutes !
Voici le chapitre 6 avec le fameux rendez-vous d'Hermione et de Drago au Magic Plazza. J'ai essayé de prendre un peu le contre-pied de ce qu'on aurait tendance à attendre d'un tel rencard, j'espère que ça vous plaira !
Vous avez été moins nombreuses à lire et commentaire le chapitre d'hier, j'espère que je ne vous perds pas en route, promis, d'ici quelques jours, il y aura des étincelles entre nos deux héros préférés !
Je vous laisse découvrir ce chapitre et surtout le commenter !
Bonne soirée et à demain !
Hermione.
Le Magic Plazza est un établissement pour le moins… tape à l'œil. C'est un hôtel-restaurant de luxe, réputé pour les talents de son chef français dont la cuisine gastronomique éveille vos papilles. Du moins est-ce que j'ai entendu dire, car je n'ai moi-même jamais fréquenté cet endroit. Ni aucun qui y ressemble d'ailleurs. Malefoy m'a expliqué que c'était ici qu'on aurait le plus de chance d'attirer les regards. Si au début, l'idée m'a faite tiquée, je dois bien admettre que c'est pour être vus ensemble que nous feignons de nous fréquenter…
− Nous avons une réservation, dit Drago au maître d'hôtel qui se tient à l'entrée avec un registre des réservations.
− A quel nom, je vous prie ?
− Malefoy.
L'homme nous regarde un bref instant d'un air curieux, mais se reprend et se met à la recherche du nom dans son registre. J'en profite pour jeter un coup d'œil tout autour de moi et ne suis pas déçue… L'endroit est guindé à souhait. Tout n'est que dorures et moquette moelleuse, bois nobles et marbres. C'en est … ridicule.
− Très bien, Malcolm va vous accompagner jusqu'à votre table, Monsieur et Madame Malefoy.
Je suis sur le point de reprendre le maître d'hôtel, mais Malefoy passe une main dans le bas de mon dos qu'il frôle de ses doigts pour m'enjoindre à avancer et sans doute de me taire. Je capitule et suis docilement Malcom – apprêté de sa plus belle livrée – qui nous conduit jusqu'à une table remarquablement bien placée puisqu'elle se situe en plein milieu de la salle de restaurant.
Malcom me propose aimablement de me débarrasser de mon manteau, ce que je fais, avant de tenter de tirer une chaise à mon intention. Malefoy le devance cependant et la tire élégamment en murmurant :
− Si Madame veut bien se donner la peine.
Je m'installe en silence, et soudain, j'ai l'impression d'étouffer. Je savais bien que c'était une mauvaise idée, alors pourquoi Diable ai-je accepté de jouer à ce jeu ridicule ? Malefoy, bon sang … ça ne va rien m'attirer de bon. Il ne m'a jamais rien attiré de bon. Je dois avoir l'air pincé, car Malefoy attend que Malcom s'en soit allé pour me demander d'une voix curieusement basse :
− J'espère que tu ne vas pas tomber dans les pommes, tu es toute pâle.
Je lui lance un regard glacial. Bien sûr que je ne vais pas m'évanouir, pour qui me prend-il ? Evidemment, à peine ai-je songé cela qu'une bouffée de chaleur m'envahit. Des petits points noirs se mettent à voler dans ma vision périphérique et je sens des fourmillements dans mes jambes. Je serre les mains devant moi sur la table pour me donner contenance et hoche doucement la tête.
− Bien sûr que non, je rétorque sèchement.
− Tant mieux, parce que ce ne serait pas bon pour les affaires. Bois un peu d'eau.
Son ordre ne souffre aucune réplique et je le vois verser un peu d'eau minérale dans mon verre.
− Bois, ordonne-t-il de nouveau.
− Arrête de me dire ce que je dois faire, je siffle entre les dents.
A contre cœur cependant, j'accepte de boire quelques gorgées d'eau fraîche qui me font le plus grand bien. Je me garde de le lui dire, peu envieuse qu'il n'affiche son petit sourire goguenard et méprisable. Le silence s'éternise entre nous, et je n'ai qu'une envie : prendre mes jambes à mon cou. Je sais d'avance que nous n'aurons rien à nous dire. Nous sommes aux antipodes l'un de l'autre. C'est terriblement gênant. Heureusement, nous sommes sauvés par Malcom qui nous apporte les cartes et nous demande si nous souhaitons un apéritif. Et si je ne suis habituellement pas une grande friande des boissons alcoolisées, ce soir, plutôt deux fois qu'une.
− Un whiskey sans glace, dit Drago.
− Et pour Madame ?
Je jette un œil à la carte des vins et demande finalement :
− Une flûte de champagne.
Je remarque immédiatement que les prix ne sont pas inscrits sur la carte. Sur la mienne en tout cas, car je devine que mon rencard, lui, doit savoir exactement combien de rein coûte chaque plat.
− J'imagine que tu as les prix, toi, je bougonne.
Malefoy lève un œil interrogateur de la carte.
− En effet, affirme-t-il.
− Je peux y jeter un coup d'œil ?
Sans me répondre, il baisse la carte et me la tend. Je dois avouer que je suis surprise. Je m'attendais à ce qu'il refuse, arguant que tout gentleman qu'il était, ce n'était pas à moi de payer l'addition. Mais il n'en fait rien et nous échangeons nos cartes sans mot dire. Je reste médusée face aux prix affichés, et fais rapidement le calcul du nombre d'exemplaires de mon journal à vendre pour pouvoir me payer ne serait-ce qu'un dessert : des centaines. Je déglutis mais, trop fière, ne fais aucun commentaire malgré le regard amusé de Malefoy.
Après de longues minutes à parcourir le menu, je me décide pour un risotto de langoustine. Quand Malefoy pose à son tour sa carte, je finis par prendre la parole :
− Je ne vois aucun journaliste, j'espère que nous ne faisons pas tout cela pour rien.
− Dans le pire des cas, Granger, tu pourras dire que le dîner était bon et la compagnie charmante.
− Je n'ai encore rien mangé, lui fais-je remarquer.
Nos regards se croisent, et il ricane tandis que je réalise que je n'ai rien dit quant à la compagnie en question. Je pique un fard et me cache derrière ma flûte de champagne que je sirote en regardant autour de moi. Finalement, mes yeux se posent sur un couple très âgé qui dîne en se tenant la main tendrement.
− Ne t'inquiète pas, dit finalement Malefoy, je suis sûr que nous ferons la une de Torchon Magazine dès demain.
− Torchon Magazine ? je répète, amusée.
− C'est le nom que porte tous les journaux qui se nourrissent de scandales dont tout le monde se moque, explique-t-il en faisant tournoyer son wiskey dans son verre.
− Et comment s'appellent les journalistes qui y travaillent ?
Drago affiche un petit sourire en coin.
− Lavande Brown, lâche-t-il.
Sa réponse est si soudaine et sincère que je ne peux m'empêcher d'éclater de rire. Et mon rire nous attire les regards curieux ou dédaigneux des tables voisines. De toute évidence, il s'agirait de rire discrètement. Mais ce n'est pas dans ma nature. Nos plats arrivent finalement, et face à ma langoustine, je me trouve encore nauséeuse. Le stress n'a pas disparu, malgré notre conversation.
− Bonne dégustation, dit Malcom d'un ton cérémonieux avant de partir.
Malefoy entame son assiette avant de me jeter un coup d'œil.
− Mange, tu es vraiment pâle.
− Arrête de me donner des ordres, je siffle.
− Arrête de faire l'enfant, tu ne vas pas ne pas manger juste pour me contrarier ?
− Un rien te contrarie dans ce cas.
− Ca me contrarie que ma supposée petite amie se laisse mourir de faim.
− On ne meurt pas en sautant un repas, Malefoy. Alors arrête de…
− DRAGO ! m'interrompt une voix féminine et suraiguë derrière moi.
Surprise, je fais volte-face pour aviser une femme d'une soixantaine d'années, portant un vison si imposant qu'il en ferait pâlir tous les défenseurs de la cause animale, sur ses épaules et un collier de diamants autour du cou. Elle est perchée sur des escarpins vertigineux et porte une robe de soirée qui rend la mienne minable et inappropriée.
− Mrs Greengrass, salue Malefoy en se levant de table.
Elle lui tend une main gantée qu'il fait mine de baiser sans jamais la toucher.
− Quelle surprise de vous voir ici, voilà bien longtemps que nous ne nous sommes croisés.
− En effet. La vie est parfois très prenante.
Les yeux brillants de la sorcière se posent sur moi avant de revenir sur Malefoy.
− A n'en pas douter. J'ai en effet cru comprendre que vous aviez de nombreuses occupations…
Malefoy me jette un coup d'œil avant de tendre une main dans ma direction pour m'enjoindre de me lever. Je soupire faiblement et m'en empare pour venir me placer à côté de lui. Il glisse un bras autour de ma taille et me serre contre lui avant de déclarer :
− Puis-je vous présenter ma compagne, Hermione Granger.
Greengrass ricane froidement.
− Miss Granger n'est plus à présenter, il me semble. Mais je vois que tout ce qui est écrit dans Potin Magique n'est pas toujours faux.
Drago lui offre un sourire entendu.
− Il semblerait.
Puis, se tournant vers moi :
− Hermione, je te présente Edwinda Greengrass. C'est la mère de Daphnée et Astoria.
Je connais Daphnée qui était à Poudlard en même année que nous et j'ai déjà entendu parler d'Astoria sans jamais vraiment l'avoir rencontrée. Je me contente de sourire et déclarer :
− Enchantée, Mrs Greengrass.
Elle me regarde quelques secondes, le sourire crispé mais ne prend pas la peine de me rendre la pareille. Elle se détourne rapidement de moi, et fixe Malefoy
− Vous devriez passer prendre le thé, Astoria était malheureuse comme les pierres quand vous avez cessé de vous fréquenter.
Je reste bouche bée devant tant d'impolitesse. Quand bien même Malefoy et moi ne sommes pas vraiment ensemble, elle n'en sait rien et il est scandaleux de sa part de faire comme si je n'existais pas. Piquée dans mon égo, je pose une main sur le torse de Drago et déclare :
− Pauvre Astoria, nous devrions l'inviter à dîner un soir.
Drago plonge ses yeux dans les miens, et je ne sais pas trop ce que j'y décèle. De l'amusement ? des réprimandes silencieuses ? Les deux peut-être. Il se contente de secouer la tête d'un air faussement dépité. Il ne répond pas, et ne détourne les yeux que lorsque Greengrass s'éclaircit bruyamment la gorge pour attirer notre attention.
− Ne soyez pas ridicule, Miss Granger, Astoria et Drago sont de vieux amis, je suis sûre qu'ils ont tout un tas de choses à se raconter autour d'une tasse de thé. Samedi prochain, peut-être ?
Sa manière d'insister me déplait fortement. Je sais très bien ce que ce genre de femme pense de moi. Moi, la fille de moldue qui met le grappin sur le parti le plus avantageux de la sphère des sang-purs ? Ils doivent tous jaser et crier au complot dans leurs soirées mondaines. Egoïstement, cette idée me plait énormément.
− Navrée, mais nous sommes déjà invités chez mes parents, dis-je avec un sourire faussement désolé. Une autre fois.
Je me détourne d'elle et retire la main que j'avais posé sur le cœur de Drago pour reprendre ma place à table. Drago me regarde encore un instant et se tourne vers Greengrass :
− Merci pour la proposition. Bonne soirée, Mrs Greengrass.
Cette dernière ne semble pas très contente d'être congédiée de la sorte mais, consciente des regards alentours, elle n'insiste pas et rejoint sa table occupée par une demi-douzaine de sorciers et de sorcières d'âge mûr. Quand elle est assez loin pour ne plus nous entendre, Drago m'adresse un sourire amusé :
− A quelle heure, samedi ? Je me réjouis de rencontrer tes parents.
− N'y pense même pas.
− Oh que si. Greengrass est très proche de Rita Skeeter. Je te parie que des journalistes feront le pied de grue devant la maison de tes parents dès lundi matin pour ne pas en perdre une miette.
Si même Rita Skeeter s'y met, songé-je, nous avons intérêt à être convaincants…
