Et voilà, le chapitre 7. Qui dit 7 chapitres, dit 7 jours, nous achevons donc aujourd'hui la première semaine de notre calendrier de l'Avent. Comme toujours en décembre, le temps passe à une allure inquiétante. Outre le fait qu'il fasse un froid de canard, le mercredi est toujours un jour qui file sans que je ne m'en aperçoive. Entre bébé et ses bêtises, la maison à m'occuper et le chapitre du jour à écrire, je ne sais plus où donner de la tête.

Et je ne parle même pas de la course aux cadeaux de Noël. Cette année, je suis extrêmement en retard car je n'ai même pas commencé. Et vous, vous êtes plutôt Team Organisée, tout est déjà emballé, ou Team Dernière Minute, on est laaaaarge ?!

Bon, quoi qu'il en soit, le chapitre du jour est là, et j'espère qu'il vous plaira ! J'aime le titre, et j'aime ce qu'il se dit dedans, je ne sais pas l'expliquer mais ça me fait rire. J'espère qu'il en sera autant pour vous ! Si c'est le cas – ou pas d'ailleurs – laissez moi un petit commentaire avec votre avis !


Drago.

Je décide de ne plus aborder le sujet de ses parents le reste du repas, mais je garde cette idée quelque part dans ma tête. Rien ne serait plus convaincant que de me voir prendre le thé en compagnie des parents de Granger. En plus de me faire paraître bien plus ouvert que ce que les gens pensent, cela me permettrait de me mettre dans la poche tous les sorciers nés-moldus. Cependant, je sens bien que Granger ne serait pas sensible à ce genre d'argument qu'elle jugerait sans aucun doute scandaleux.

Je ne suis cependant pas mécontent de sa petite intervention auprès de Mrs Greengrass qui devenait pour le moins insistante. Comme elle l'a toujours été d'ailleurs, même lorsque je fréquentais sa fille cadette. Astoria et moi nous entendons bien, et nous nous sommes fréquentés quelques mois. J'ai vite compris qu'elle faisait cela pour satisfaire sa mère et calmer son impatience de la voir un jour mariée. Après plusieurs rendez-vous cependant, Astoria m'a confié être plus attirée par Pansy que par moi-même. C'est pour cette raison que je doute fort de la tristesse de cette chère Astoria. La réaction de Granger m'a cependant bien diverti, elle a su jouer les compagnes possessives à la perfection.

− J'ignorais que tu avais fréquenté Astoria, dit finalement Granger alors que nous attendons le dessert.

− Ca n'a duré que quelques temps, mais nous avons préféré y mettre un terme.

Je vois dans son regard qu'elle est curieuse d'en connaître la raison, mais je n'oublie pas qu'elle est journaliste et décide de ne pas apporter d'eau à son moulin. Astoria n'apprécierait sans doute pas que je confie ses secrets à Hermione Granger, toute honnête qu'elle est, elle n'en reste pas moins la dirigeante d'un journal. Je décide de changer de sujet avant qu'elle ne me relance sur Astoria.

− Où vivent tes parents ?

− A Hertford, au nord de Londres, répond-t-elle d'un ton réticent. Pourquoi ?

Je lui adresse un sourire amusé.

− Comme ça, je réponds, évasif.

− Et toi, tu vis toujours dans ton Manoir ?

Je secoue la tête, raide. Le Manoir n'est pas un sujet que j'aime aborder, et je me referme presqu'immédiatement. Si c'est l'endroit où je suis né et où j'ai grandi, je ne garde guère de bons souvenirs de la maison de mon enfance. Tout y était froid, et j'y étais très seul. Mon père avait toujours des affaires importantes à régler je ne sais où, quant à ma mère, elle était parfaite dans son rôle de maîtresse de maison, mais atrocement déficiente dans celui de mère. Je pense de plus en plus à m'en débarrasser, mais je sais que l'immobilier ne vit pas ses meilleurs jours, et mon nom n'est pas non plus un levier efficace pour accélérer une vente.

Granger me regarde de ses grands yeux bruns et attend peut-être des explications que je ne lui donne jamais. Nous sommes de toute façon interrompus par Malcolm qui nous apporte nos desserts que nous dégustons en silence. Quand le dîner s'achève, je lui fais signe de nous apporter l'addition.

− Voici, Monsieur, dit le serveur en me donner un petit carnet de cuir relié qui contient la note.

J'y jette un bref coup d'œil et fouille dans une de mes poches à la recherche de mon portefeuille. Granger s'empare de l'addition et la lit, impassible.

− Je t'invite, je dis d'un ton qui ne souffre aucune réplique.

− Certainement pas.

Je savais qu'elle ferait toute une histoire de qui paye ou non l'addition. Mais je serai intransigeant. Non pas que je considère que ce soit à l'homme d'inviter sa demoiselle, mais plutôt que je suis l'instigateur de cette soirée – et de cette mascarade – et qu'il serait bien mal venu de ma part de la laisser payer un repas que je lui ai presque imposé.

− Hermione, je grince tandis que Malcolm attend que nous nous décidions.

Si en privé, je me fais une joie de continuer à l'appeler Granger, devant un public, mieux vaut que nous paraissions proches et complices.

− Je suis à l'initiative de ce dîner, j'argumente. Je t'invite.

Mon ton est glacial, un peu cassant car je ne supporte pas l'idée qu'elle fasse un esclandre en public. Elle doit le comprendre car elle finit par hocher la tête et par me rendre l'addition que je règle en laissant un généreux pourboire. Malcolm nous abandonne pour aller chercher le manteau de Granger, et nous nous dirigeons ensemble vers la sortie.

− Et bien… dit-elle finalement tandis que nous attendons Malcolm, quelle soirée…

Elle ne termine pas sa phrase et je suis suspendu à ses lèvres. Désagréable ? Pénible ? Agréable ? Epoustouflante ? D'un calme plat … voilà comment je la qualifierais. Je ne dirais pas que j'ai passé une mauvaise soirée, mais ce n'était pas une bonne non plus. Nous avons à peine parlé, tout juste échangé des banalités exceptée l'interlude avec Greengrass. Je décide d'être franc :

− Terriblement ennuyeuse ? je propose.

Elle se tourne vers moi, son visage affichant une expression à mi-chemin entre la surprise et l'atterrement. Elle finit par m'adresser un sourire timide, mais sincère, avant d'hausser les épaules.

− Ce n'était pas la meilleure soirée de ma vie, concède-t-elle.

Je suis tout à fait d'accord avec elle, et pourtant … Cette phrase vient chatouiller mon égo. Je n'ai pas pour habitude que mes rencards disent de moi que je suis ennuyeux ou que je ne leur ai pas fait passer une bonne soirée. Même s'il s'agit d'un faux rencard, je ne peux m'empêcher d'être bêtement blessé dans mon orgueil. J'ai l'impression que quelque chose s'allume en moi. C'est subtil, comme une braise sous la cendre qui peine à s'éveiller, pourtant, ce que je sens sur ma langue, c'est le goût du défi.

− Ni le mienne, j'ajoute avec morgue.

− Je ne sais pas à quoi tu t'attendais, réplique-t-elle. Je te rappelle que nous sommes les exacts opposés. La soirée a été telle que je m'y attendais.

Cette dernière réplique est une flèche qui s'enfonce droit dans mon amour-propre. Lui a-t-on jamais parlé du mot « tact » ? Elle en est totalement dénuée ! Je ne peux pas rester sur un tel échec. La déception est si grande et pourtant si… attendue. Drapé dans ma dignité, je me tourne vers elle et déclare :

− Demain soir, aux Trois Balais. Viens avec tes amis, je viendrai avec les miens.

− C'est une proposition de sortie ou de duel ? se moque Granger.

Je lui jette un regard noir.

− C'est d'accord ? je grogne.

− Si tu veux, soupire-t-elle, mais ne crois pas qu'on s'amusera plus que ce soir.

Malcolm arrive enfin avec son manteau, et je le saisis pour aider Granger à le mettre. Elle lève les yeux au ciel.

− N'en fais pas une habitude, lâche-t-elle.

Mais elle obtempère et concède à faire glisser ses bras dans ses manches. J'ajuste son col, par automatisme avant de lui faire signe d'avancer vers la sortie. Nous marchons en silence jusqu'aux grandes portes vitrées, et sortons dans la nuit glaciale de cette fin de novembre. Le vent s'engouffre immédiatement dans mes vêtements, et je la vois frissonner du coin de l'œil. Quelque chose a changé depuis notre arrivée cependant … Le décor s'est transformé. Désormais, une fine couche de neige recouvre le sol et les escaliers qui descendent dans la rue.

Je tourne les yeux vers Granger pour voir si elle pense avancer un jour, et je la vois, le nez en l'air, en train de regarder, l'air émerveillé, les flocons tomber paresseusement. Elle a l'air d'une enfant le matin de Noël. Ses yeux brillent de mille feux, et ses joues roses sont ravies d'accueillir la poudreuse scintillante. Ce spectacle me laisse un instant silencieux. Regardant toujours vers le ciel, Granger fait un pas en avant, et ne réalise pas immédiatement qu'elle est bien trop proche de l'escalier.

Tout s'enchaîne très vite, et j'ai à peine le temps d'enrouler mes doigts autour de son poignet pour l'empêcher de dégringoler dans les escaliers. Malheureusement, je n'ai pas le temps de la maintenir en haut de la première marche, et elle se tord vivement une cheville avant de me tomber littéralement dans les bras. Alors que je pense avoir touché le fond de cette soirée Ô combien médiocre, j'entends une voix nasillarde nous interpeler :

− Mr Malefoy ! Miss Granger ! Un petit sourire pour la Gazette du Sorcier ?

Granger et moi tournons la tête vers le journaliste qui appuie déjà sur le flash de son appareil photo. Je ferme les yeux un bref instant en me souvenant que c'était la raison de notre venue ici. Je crois que l'instant n'aurait pu être plus mal choisi, pourtant j'imagine déjà la photo qui fera les choux gras dans la Gazette : Hermione Granger dans les bras de Drago Malefoy, une main fermement serrée autour de celle de la sorcière, l'autre galamment posée sur sa taille gracile.

Je croise le regard de Granger qui ne m'adresse qu'une grimace et souffle :

− Je crois que je me suis foulée la cheville.

− Drago Malefoy évite à Hermione Granger de se briser la nuque sur les premières neiges, je rétorque. Malheureusement, elle écope d'une cheville foulée et il devra pousser son fauteuil roulant des semaines durant. Je vois l'article d'ici.

− Ah, ah, ah, grimace Granger. Tu devrais postuler pour la Gazette, ils seront ravis de pouvoir t'interroger sur notre relation dans leurs propres quartiers.

− Plutôt me taper une goule, je réponds d'un ton sarcastique.

− Tu dis ça parce que tu n'as jamais vu de goule de près.

− Mais si Granger, j'en tiens une dans mes bras, je rétorque, moqueur.

Elle ne met pas longtemps à comprendre ma plaisanterie, mais ne semble pas y goûter. Elle me repousse de ses deux petites mains rougies par le froid et s'éloigne de moi en claudiquant. Je me hâte de la suivre avant que lui prenne l'idée de transplanner sans moi : le journaliste envahissant n'est pas loin, et nous voir rentrer séparément ferait jaser dans les chaumières.