Bonsoir tout le monde !

Voici le chapitre du jour qui fait suite au rendez-vous médiocre au Magic Plazza. On retrouve notre Ginny internationale toujours enjouée, j'espère que vous l'appréciez autant que moi.

Je vous remercie pour les commentaires que vous avez pris le temps de laisser sur le chapitre, et sur tous les autres d'ailleurs, j'adore me réveiller le matin et les découvrir comme une case dans le calendrier de l'avent – que je n'ai pas cette année d'ailleurs puisque mon fils se l'est approprié.

Allez je vous laisse à votre lecture et vous dis à demain !


Hermione.

− Alors ? C'était comment ? me demande Ginny en ajustant le coussin qu'elle a posé sous ma cheville quelques secondes plus tôt.

− A mourir d'ennui, je réponds. Si on m'avait dit que Malefoy était d'aussi mauvaise compagnie …

− Tu y aurais cru immédiatement ?

− Exactement, j'affirme pensive.

Ginny explose de rire et je l'accompagne avec un sourire contrit. Cette soirée en compagnie de Malefoy était à la hauteur de mes attentes : plate, médiocre, sans intérêt. Heureusement que Mrs Greengrass est venue lui parler un peu, sans quoi je me serais sans doute endormie sur la table. Quand il m'a raccompagnée, hier soir, il ne s'est pas attardé, et est parti, la mine renfrognée après s'être assuré que ma cheville ne me faisait pas trop souffrir. Il a proposé d'appeler Pansy Parkinson, qui est médicomage, mais je préfère largement qu'on m'ampute une jambe plutôt que Parkinson se serve de sa baguette contre moi.

− Tu as apporté la Gazette ? je demande à Ginny une fois qu'elle a terminé de nous servir du thé.

− Oui, même si je ne comprends pas pourquoi.

Elle sort de son sac l'exemplaire du jour, et je m'en empare à toute vitesse. Je suis soulagée de voir que nous ne faisons pas la une, mais ça ne m'étonne pas. La Gazette n'est pas un tabloïd et ce ne sont pas ses racontars sur la vie sentimentales de sorciers célèbres qui la font subsister. Cependant, à force de tourner les pages, je découvre bientôt ce que je redoutais : une photo qui ne prête pas à confusion et un titre racoleur.

− « Granger et Malefoy, une histoire qui tombe à pic ! » lit Ginny par-dessus mon épaule.

Je me penche sur l'article pour le survoler rapidement mais le titre m'a déjà mis la puce à l'oreille.

« Granger et Malefoy, une histoire qui tombe à pic !

La rumeur sur la relation qu'entretiennent Hermione Granger et Drago Malefoy n'en est désormais plus une. Les riches clients du Magic Plazza ont pu tout à loisir admirer les deux célèbres sorciers partager un dîner dans le très chic hôtel-restaurant avant de se tomber dans les bras l'un de l'autre sur les marches d'escalier. Il semblerait que le célibataire le plus en vogue du monde sorcier et son ancienne camarade née-moldue mais non moins enviée se sont trouvés des atomes crochus… ou des intérêts communs.

Comme il est pratique de les voir se dévorer du regard à seulement quelques mois des élections au titre de Directeur du département des Mystères. Drago Malefoy, qui jusqu'alors, n'avait jamais démontré le moindre intérêt pour Hermione Granger semble bien placer ses pions et s'attirer la sympathie d'un tout autre public que celui qui l'acclame habituellement : les sorciers issus de familles moldues ou sang-mêlé.

Quant à Hermione Granger, rappelons qu'elle a quitté un poste Ô combien juteux au Ministère pour se jeter à corps perdu dans le journalisme et lancer son hebdomadaire dont les ventes peinaient à décoller jusqu'à ce que sa relation avec Malefoy n'éclate au grand jour.

Nous surveillerons donc de près l'évolution de cette histoire pour rassurer notre public de sa véracité ou bien lever le voile sur ce qui pourrait être la plus grande supercherie du siècle. Gardez l'œil ouvert, il s'agirait de ne pas se laisser berner !

Votre dévouée journaliste, Rita Skeeter. »

− Eh bien … soupire Ginny. On ne peut pas lui enlever qu'elle a vu clair dans votre jeu.

J'hausse les épaules en feintant de ne pas y prêter attention, mais dans mon esprit, mes pensées se bousculent. Je ne m'étonne qu'à moitié que notre petit stratagème ait été si vite percé à jour. Skeeter a dû interroger les clients qui étaient avec nous au Magic Plazza. Même le moins observateur aurait pu attester que nous ne nous sommes presque pas adressés la parole. Sans parler d'un échange de baiser ou une caresse faite à la dérobée.

Si j'ai envie de tout arrêter, je sais que c'est trop tard à présent et que faire machine arrière briser toute ma crédibilité. Je me déteste d'avoir pu penser une seule seconde que c'était une bonne idée. Malefoy va me le payer, il m'a mise dans une situation bien trop délicate pour en être confortable.

− Qu'est-ce que vous allez faire ? demande Ginny, curieuse.

Je soupire.

− Malefoy veut qu'on se retrouve aux Trois Balais ce soir.

− Tous les deux ?

− Non, avec ses amis et les miens.

Ginny se lève d'un bon et sautille sur place toute excitée.

− Pourquoi tu ne l'as pas dit plutôt ? C'est une excellente idée ! Ça fait une éternité qu'on n'est pas sorti.

Elle a raison. Depuis que je me suis lancée à corps perdu dans la création de mon journal, je n'ai pas pris une minute pour moi. Obnubilée par mon travail, j'en ai délaissé mes amis, et même ma relation avec Dean en a pâti, quand bien même celle-ci n'était déjà pas au meilleure de sa forme. Ginny jette un coup d'œil à sa montre, et j'en fais de même, par réflex. Quinze heures, déjà.

− Je vais prévenir Harry et Ron. Et Neville et Luna aussi !

− Je ne sais pas si c'est une bonne idée … je marmonne.

Je n'ai pas tellement envie de revoir Malefoy après le désastre de la veille.

− On va bien s'amuser, dit Ginny. Ce sera l'occasion de se détendre. Et comme ça, si vous n'avez rien à vous dire, on sera là pour mettre de l'ambiance.

Elle ne me laisse pas le temps d'y réfléchir et s'enfuit presque par ma porte d'entrée en assurant qu'elle allait prévenir tout le monde. Elle me jure de revenir avant dix-huit heures avec une potion pour ma cheville et m'ordonne de m'habiller convenablement – c'est-à-dire de quitter mon pyjama qui date de mes années à Poudlard et semble usé jusqu'à la moelle.

x.X.x.X.x

Quand Harry pousse la porte des Trois Balais, la salle est bondée. Rien de surprenant pour un samedi soir. Heureusement, Ginny nous a réservé une table immense pour dix personnes. Mme Rosemerta, fidèle à son poste, nous escorte jusqu'à notre place et nous demande ce qu'on veut boire. Je ne boîte presque plus mais mon pied reste douloureux et je ne suis pas mécontente de ne pas avoir à attendre debout pendant des heures qu'une table se libère.

− On va peut-être attendre que tout le monde soit là ? propose Neville de sa voix tranquille.

Tout le monde acquiesce et la gérante du pub repart en assurant qu'elle reviendra dans quelques minutes. C'est d'ailleurs le temps qu'il faut à Malefoy pour arriver, en compagnie de Blaise, Pansy et Daphnée Greengrass. Blaise va immédiatement saluer Harry et Ron avec qui il s'entend bien, tandis que Daphnée, professeur de Potions à Poudlard, va dire bonjour à son collègue de botanique, Neville. Tout le monde se demande des nouvelles, et soudain, j'ai l'impression de ne pas être au bon endroit. Comme si tous les autres parvenaient à tisser des liens sincères tandis que je me refusais à me laisser aller avec Malefoy et ses amis. Je me sens ridicule.

− Bonsoir, dit finalement Malefoy en s'approchant de moi.

− Salut, je murmure.

Il prend place à mes côtés. Les autres suivent le mouvement et s'installent, et je me retrouve entre Ron et Malefoy, tandis que Ginny me fait face, coincée entre Blaise et Harry. Neville, quant à lui, se retrouve entre Pansy et Daphnée avec qui il est en grande conversation. Luna n'a pas pu venir, mais elle a promis de ne pas louper une telle soirée la prochaine fois. Quand Rosemerta achève de prendre nos commandes, les conversations reprennent, et Malefoy et moi sommes les seuls à ne pas y prendre part. Il est raide comme un piquet à côté de moi, et fait tournoyer le glaçon qui git dans son whiskey pur-feu tout en regardant ses amis discuter.

Une heure s'écoule jusqu'à ce que Parkinson se lève et pointe quelque chose du doigt :

− On se fait une partie ? propose-t-elle, souriante.

Je comprends que ce qu'elle montre du doigt est la cible d'un jeu de fléchettes.

− Excellente idée, s'exclame Ron. Je vais vous mettre la raclée de votre vie.

− Comme la dernière fois au Quidditch ? se moque Blaise en faisant référence au match que leur équipe a perdu contre l'équipe de la Gazette du Sorcier.

Ron se renfrogne immédiatement, tandis que le petit groupe se dirige vers le jeu en question. Quand il ne reste plus que Malefoy et moi à table, nous soupirons de concert.

− Je suppose qu'on est obligé d'y aller ? je demande en levant les yeux au ciel.

− On est obligé de rien. Mais je mettrai volontiers la pâtée à Weasley.

− Voyez-vous cela, je réponds d'un air sarcastique. Ron est imbattable à ce petit jeu.

− Ca tombe bien, moi aussi.

− Je tiens les paris.

− Qu'y-a-t-il à gagner ? demande Malefoy soudain intéressé.

J'ai bien compris que le défi était ce qui l'animait. Et ça tombe bien, moi aussi. J'aime me challenger, repousser mes limites, m'ouvrir de nouvelles choses et sortir de ma zone de confort.

− Si Ron gagne, tu accordes une interview au Veritaserum sur ta vie d'enfant de Mangemort.

Ma requête tombe comme un cheveu sur la soupe, mais je ne m'en soucie pas. Malefoy se crispe imperceptiblement mais ne se dérobe pas.

− Si je gagne, nous prendrons le thé chez tes parents le week-end prochain.

− Tenu.

Je lui tends une main pour signer notre pacte. Il la regarde quelques secondes avant de s'en emparer et de la serrer brièvement. Puis nous nous levons comme un seul homme et nous dirigeons vers les autres, en nous lançant des regards de défis tandis que l'adrénaline se met déjà à courir dans mes veines. Je jette un coup d'œil à Ron et j'espère qu'il est en forme ce soir. Ma dignité est en jeu.