Bonsoir tous le monde ! Je me dépêche de poster ce chapitre 9 avant de repartir de chez moi car un week end a tout allure m'attend ! J'espère que votre semaine s'est bien passée. Ici c'est sous la pluie que nous achevons cette semaine plutôt froid !
Racontez moi ce que vous avez de prévu pour ce week end !
Je vous laisse à votre lecture et vous rappelle qu'il ne faut pas oublier de commenter. Ça ne prend que deux minutes et ça m'encourage à écrire quotidiennement. A demain pour la suite !
Drago.
J'observe un moment le jeu de Weasley. Granger n'avait pas menti, il joue admirablement bien. Je suis presque sûr qu'il joue d'ailleurs mieux aux fléchettes qu'au Quidditch, mais cela fait bien longtemps que je ne l'ai pas vu jouer, alors je lui accorde le bénéfice du doute. Malgré cela, je pense être meilleur. Ce n'est pas l'humilité qui m'étouffe, mais je suis assez objectif sur mes capacités, et avec beaucoup de concentration, je peux le battre à plate couture.
Granger et Londubat ne jouent pas, et se contentent d'encourager leurs amis. Potter n'est pas mauvais, mais il passe son temps à jeter des coups d'œil à la fille Weasley qui discute et plaisante avec Blaise. De toute évidence, les voir ensemble ne lui plait pas du tout. J'ai entendu dire qu'ils se fréquentaient avant, mais je ne sais pas ce qui les a séparés. En attendant, Blaise semble être au goût de l'ex de Potter. L'idée me fait sourire.
Pansy, comme à son habitude, donne tout, mais seulement l'une de ses cinq fléchettes se fiche dans la cible. Les autres échouent lamentablement sur le sol, mais cela ne semble pas inquiéter Pansy qui n'a jamais eu l'ambition de gagner. Au lieu de cela, elle discute avec Daphnée sur les dernières avancées en médicomagie. Je me sens étrangement seul, entouré de mes amis. Ils rient, s'amusent, discutent, se mélangent aux amis de Granger, tandis que je n'adresse la parole à presque personne. Quoi qu'on en pense, je suis quelqu'un d'assez introverti qui n'aime pas se mélanger à la foule de peur d'être exposé à son regard. Une vieille habitude, j'imagine, que je garde de l'époque où mes parents faisaient profil bas en attendant le retour de leur Maître bien-aimé.
Quand vient mon tour, je sens l'adrénaline se diffuser à toute allure dans mes veines. Il fallait s'y attendre, c'est Weasley qui a le plus de points. Trois de ses flèches sont dans le cœur de la cible, les autres n'en sont pas très éloignées.
− Fais nous honneur, Drago, s'exclame Pansy.
− Ouais, montre-leur, à ces lionceaux, ce que c'est que de gagner, rajoute Blaise en donnant une tape dans le dos de Weasley.
Leur bonne camaraderie me hérisse. Weasley ricana et Potter lève les yeux au ciel, peu convaincu.
− Ron n'a jamais perdu à ce jeu, dit Ginny.
− Drago non plus, lui fait remarquer Blaise.
− Mon frère est le meilleur.
− Tu n'es pas objective, Weasley, je rétorque avec un sourire en coin.
Cette conversation, et les effets du whiskey, m'ont quelque peu détendu, et je sens mes épaules se relâcher tandis que je m'avance tranquillement vers le point de tir. Je sens les yeux de Granger rivés sur ma nuque et je tourne la tête pour lui adresser un clin d'œil joueur et, je vous l'accorde, légèrement méprisant.
− T'es prête à voir ton mec gagner, Granger ? s'écrie Pansy, un sourire goguenard sur les lèvres.
Les autres se marrent. Evidemment, étant tous dans la confidence, ils trouvent drôle de nous voir feindre une relation amoureuse. D'un point de vue très objectif, rien de cette soirée ne démontre que Granger et moi sommes en couple – ou pire, amoureux. J'ai bon espoir que les clients autour soient trop alcoolisés pour se rendre compte de notre misérable jeu d'acteur.
− De mémoire, les Serpentard n'ont jamais rien gagné contre nous, réplique Granger, sur un air de défi.
− Laisse-moi briser cette malédiction, je rétorque.
Et je lance ma première fléchette. Puis deux. Puis trois. A la quatrième, Weasley me devance d'une dizaine de points. Si ma dernière flèche se plante au cœur de la cible, je gagne. Si je m'en éloigne un peu trop … je suis bon pour donner une interview à Granger. Cette seule idée me fait frissonner. Plutôt m'arracher les yeux et les donner à bouffer à un dragon plutôt que de me confier sur mon enfance dans une maison de Mangemorts. Je me concentre, je tire.
− SERPENTARD GAAAAAGNE ! s'exclama Blaise d'une voix tonitruante qui attire le regard curieux des clients alentours.
Pansy et Daphnée sautillent sur place comme si elles venaient de remporter trois semaines de vacances sur une île paradisiaque, tandis que Londubat hausse les épaules, bon joueur. Quand je me retourne pour regarder le trio qui se tient derrière moi, je ne suis pas surpris de voir que Granger a l'air encore plus déçu que Weasley. Ce dernier s'avance vers moi et me donne un coup de poing sur l'épaule.
− C'est la dernière fois que je te laisse gagner, Malefoy, dit-il d'un air faussement sérieux.
− C'est ça, et moi c'est la dernière fois que je joue les yeux fermés.
Notre échange fait rire l'assemblée, exceptée Granger bien sûr. Tandis que le jeu reprend, je m'approche d'elle et passe un bras conquérant autour de ses épaules. La victoire est grande et je m'en délecte sans vergogne quand je lui murmure à l'oreille :
− Je prends mon thé avec un nuage de lait, tu le diras à tes parents pour qu'ils ne se trompent pas.
Elle secoue les épaules pour se débarrasser de mon bras, mais je m'accroche et la serre un peu plus contre moi tandis qu'elle siffle entre ses dents :
− Tu le leur diras toi-même.
− Avec plaisir, beauté.
Je relâche ma prise quand je la vois se décomposer face à ce petit surnom, et je me marre intérieurement de la voir si perturbée. Je réalise à cet instant que sa façade de pierre ne s'érige pas si haut que cela, et qu'il me sera aisé d'y creuser une brèche.
Le reste de la soirée est beaucoup trop arrosé à mon goût, mais je ne m'en rends compte qu'au moment où je suis déjà un peu ivre. Rosemerta n'a de cesse de nous apporter des bièraubeurres, et quand Blaise déclare qu'il boirait bien un vin des elfes de 1982, je sais que nous sommes perdus. A mon grand étonnement, je découvre que l'humour de la fille Weasley est piquant et cinglant comme je les aime, et que son frère est un compteur d'histoire hors pair. Il nous fait tous éclater de rire après nous avoir raconté l'histoire de sa dernière mission d'Auror dans un club de strip-tease où l'une des danseuses qui s'était proposée pour le masser s'est révélée être un centaure sous polynectar.
Après avoir bu tant d'alcool, je décide de me diriger vers les toilettes où j'espère ne pas trouver trop de monde. Heureusement, si une file interminable se trouve devant celles pour femmes, celles des hommes sont désertes. Ou presque. Je suis en train de me laver les mains quand Orion Cartridge sort des toilettes en compagnie d'une jeune femme qui n'est pas du tout Mrs Cartridge. Je ne la reconnais pas, mais elle a bien quinze ans que moins que lui et ajuste sa robe comme si elle venait d'être retroussée. Orion, quant à lui, est occupé à remonter sa braguette quand nos regards se croisent dans le miroir et que son visage se décompose.
Je décide de ne rien dire. Parfois, le silence est la meilleure façon de faire pression sur quelqu'un. Tout ce qui compte c'est qu'il sait… Il sait que je sais. Je continue de me laver les mains en silence, tandis qu'il se place à côté de moi pour en faire de même. Je sens ses yeux se fixer sur moi mais je l'ignore. Je ferme le robinet, et me détourne sans le regarder. Au fond de moi, je jubile. Parce qu'enfin, je tiens quelque chose de tangible, quelque chose qui suffirait à lui faire retirer sa candidature.
Ma joie est cependant de courte durée, car quand je ressors des toilettes, je tombe sur Granger qui esquive tant bien que mal les mains baladeuses de Dean Thomas. Le temps pour mon cerveau alcoolisé de comprendre ce qu'il se passe, j'entends Thomas marmonner :
− Il ne saura jamais te toucher comme moi je le fais, Hermione. Tu le sais, hein ?
− Dean, arrête, tu es saoul.
− Toi et Malefoy, souffle-t-il, c'est d'une aberration sans nom. Je vais te rappeler ce que tu rates avec moi, je veux que tu cries mon nom quand il te…
− Merci, Thomas, je pense qu'on a assez entendu de conneries pour ce soir, je déclare calmement derrière lui en posant une main sur son épaule.
Je le force à se retourner et mon regard croise le sien. Ses yeux sont vitreux, et il sent l'alcool à plein nez. Je devine que ce que j'ai bu n'est rien à côté de tout ce qu'il a ingurgité. Il a toujours une main posée sur la hanche d'Hermione et je décide de presser un peu plus son épaule pour qu'il recule.
− Dégage, Malefoy, me dit-il d'une voix qu'il espère menaçante.
− Lâche-là, dis-je froidement.
− Pourquoi ?
− Parce que ça m'agace prodigieusement de te voir tourner autour de ma copine. Alors je ne le répèterai pas : tu la lâches et tu dégages.
Thomas éclate de rire.
− Ta copine, répète-t-il. Je n'y crois pas une seule seconde. Je vous ai bien regardés ce soir. Vous n'avez rien d'un couple.
− Et toi tu as tout du bon à rien.
Je passe mon bras sur le côté et m'empare de la main de Granger.
− On y va, j'ordonne.
Je sens qu'elle n'apprécie pas outre mesure que je décide pour elle, mais sa position est tellement inconfortable qu'elle a le bon goût de se taire. Elle tente de se faufiler pour me rejoindre, et nos regards se croisent rapidement. Je sens tout de même de la gratitude. Thomas se tourne pour nous regarder et ses yeux s'attardent sur nos mains liées avant qu'un rictus mauvais ne se dessine sur ses lèvres.
− Vous ne m'aurez pas, je sais très bien que cette histoire, c'est de la poudre aux yeux.
Je ne prends pas la peine de répondre, je lui ai déjà accordé assez de mon temps, et je me détourne de lui en entraînant Granger dans mon sillage. Quand nous nous sommes assez éloignés de lui, je me retourne pour la scruter de longues secondes avant de demander :
− Est-ce qu'il t'a fait du mal ?
Elle est pâle, mais secoue la tête.
− C'est la dernière fois que tu restes seule avec lui, c'est clair ? La prochaine fois, tu demandes à quelqu'un de t'accompagner aux toilettes. Ginny, Pansy, Dumbledore, je m'en fiche.
Elle a l'air encore secouée par ce qu'il vient de se passer, et je devine que c'est la peur qui l'a paralysée face à Thomas. Je pose une main sur son épaule et la presse doucement. Ce geste semble la sortir de sa torpeur. Elle hausse l'épaule pour me forcer à la lâcher et rétorque :
− Je suis une grande fille, Malefoy.
− Ah oui ? Alors pourquoi tu ne lui as pas mis l'un des crochets du droit dont tu as le secret ?
Elle ne répond pas, me regarde une dernière fois, et se détourne pour aller rejoindre les autres à table. Je la regarde quelques secondes avant de tourner les talons. Je ne sais pas pourquoi cette conversation me met en colère. A moins que ce soit Thomas ? Qu'importe. Je ne demande pas mon reste, et sans prendre le temps de prévenir qui que ce soit, je quitte le bar et rentre chez moi en maudissant Pansy de m'avoir poussée à copiner avec Granger. Cette histoire ne va m'attirer que des ennuis.
