Et voilà … Dans deux semaines nous seront en train de nous préparer pour le réveillon ! Et nous voici déjà sur le chapitre 10. Chaque année je me fais cette même réflexion : le mois de décembre passe à toute allure, et attendre Noël est toujours aussi excitant !

Une bonne journée, j'ai officiellement terminé mes cadeaux de Noël ce matin, et quelques autres arriveront par la voie postale dans la semaine. Je n'aurai plus qu'à faire la chose la plus fun à faire pour Noël : emballer les cadeaux ! J'ai une véritable passion pour ça, alors que mon mec, lui, déteste ça…

Bon, trêve de bavardages, je vous laisse découvrir ce nouveau chapitre. Il fait suite à la soirée aux Trois Balais !

N'oubliez pas de le commenter, ça me ferait vraiment plaisir ! Bon samedi et à demain !


Hermione.

Je me réveille le lendemain matin avec un marteau-piqueur dans la tête. Je déteste cette sensation qui ne m'est arrivé pourtant que de très rares fois. La gueule de bois, voilà bien une chose que j'évite à tout prix en général. Mais pas hier soir… Ron n'avait de cesse de me faire rire, Blaise commandait tant de tournées que j'ai cessé de les compter après douze, Daphnée était sympa… L'ambiance était au rendez-vous, quoi que je puisse en dire. Ma petite mésaventure avec Dean m'a quelque peu échaudée, mais finalement, Neville m'a proposé une partie de billard, et un verre en entraînant un autre … Je suis rentrée chez moi, ronde comme un chaudron. Et seule.

Après notre petite discussion suite à l'intervention de Dean, je n'ai plus revu Drago de la soirée. Pansy et Blaise n'ont pas su répondre à mes questions, et nous en avons déduit qu'il était rentré chez lui, sans prévenir personne. Selon Pansy c'est bien son mode opératoire : Drago Malefoy ne doit rien à personne, alors quand il décide de faire quelque chose il ne prend pas le temps d'en informer ses amis, ni même sa présumée petite amie.

− Salut ! s'exclame une voix chantante tandis qu'une lumière vive m'agresse la rétine.

C'est Ginny qui ouvre sans cérémonie mes rideaux et laisse entrer les rares rayons de soleil qui percent les nuages cotonneux qui habitent le ciel. J'avais oublié qu'elle avait dormi dans la chambre d'ami et elle est bien trop en forme pour une heure aussi matinale… D'ailleurs quelle heure est-il ? Un bref coup d'œil à ma montre m'indique qu'il est déjà presque dix-heures du matin.

Ginny a dans une main un verre de jus d'orange et dans l'autre une petite fiole que je reconnais : l'Anti-Gueule-de-Bois, potion brevetée par les jumeaux Weasley et Ô combien appréciée dans le monde sorcier. Elle me tend la fiole puis pose le verre de jus d'orange sur ma table de chevet. Malheureusement, si la potion est efficace, elle n'en reste pas moins infecte et rien ne vaut un petit jus pressé pour effacer le goût désastreux du breuvage.

− Bois-ça, et prépare toi, il est déjà dix-heures !

Me préparer ? Je lui lance un regard surpris qui l'agace au plus haut point. Elle soupire et se dirige vers ma penderie pour en sortir une tenue confortable.

− Je te le promets Ginny, dimanche, on va acheter les décorations de Noël. Mais non je n'oublie pas, je suis une femme de parole, grommèle Ginny dans une vaine imitation de ma personne.

− Ah … je lâche finalement. C'est vrai.

Nous sommes le premier dimanche de décembre, et j'ai promis à Ginny depuis plusieurs semaines de l'accompagner faire quelques emplettes de Noël. Nous adorons toutes les deux cette fête, et en temps normal je n'aurai pas oublié une telle occasion, mais avec tout ce qu'il se passe en ce moment … Le journal, Dean, Malefoy … Trop de choses auxquelles penser et qui m'ont sorti de l'esprit notre virée shopping. L'idée de décevoir mon amie est insoutenable et je m'assieds dans le lit, l'air soudain plus réveillé. J'avale la potion des jumeaux d'un trait, et comme prévu, elle est horrible. Je peine à déglutir mais j'enchaîne rapidement avec le jus d'orange pour en atténuer le goût. Ça ne marche qu'à moitié, et je grimace.

− C'est atroce, hein ? dit Ginny avec un petit sourire moqueur.

− C'est le moins qu'on puisse dire ! Pire que du polynectar contenant un cheveu de Millicent Bulstrode.

− Ca tu n'en sais rien, ricane Ginny.

Exact… puisque c'était un poil de chat, je pense en me renfrognant. Je lui lance un regard glacial avant de m'extirper non sans mal du lit et de me diriger vers la salle de bain où le brossage de mes dents me semble essentiel.

x.X.x.X.x

Le chemin de Traverse est habituellement une allée très fréquentée, mais aujourd'hui, les gros flocons qui tombent sans s'arrêter depuis des heures ont dissuadé les sorciers de sortir de chez eux. C'est très agréable de se promener sur l'allée magique sans avoir à jouer des coudes pour se frayer un chemin.

− Je dois m'arrêter au magasin de Quidditch, dit Ginny. Si tu veux on se retrouve dans trente minutes chez Florian Fortarôme ?

J'acquiesce et nous nous séparons devant Fleury et Bott. Je déambule dans la rue et m'arrête de temps en temps pour admirer les devantures décorées aux couleurs de Noël. Un silence paisible plane au-dessus de moi, et il n'est perturbé que par le crissement que produisent mes bottes dans la neige immaculée. Je passe devant l'apothicaire, puis l'animalerie. Un peu plus loin, je trouve une petite boutique de décoration qui s'est, elle aussi, transformée en cabane du Père Noël.

Quand j'entre, un grelot retentit, et la propriétaire de la boutique me salue chaleureusement. C'est une petite sorcière replète habillée en lutin de noël. A la pointe de son bonnet est perchée une clochette ainsi qu'à chacune de ses bottines. Elle a un sourire affable et des joues roses qui me la rendent sympathique.

− Je peux vous aider, Miss ?

− Je jette juste un coup d'œil, je souris poliment.

Elle hoche la tête et retourne à la couronne de noël qu'elle était en train de confectionner avant mon arrivée. Je décide de faire le tour de la petite boutique et me laisse happer par l'ambiance de noël qui y règne : des cantiques de Noël résonnent en fond, tandis qu'une douce odeur de cannelle et de sapin flotte dans l'air. C'est subtil mais délicieux, et ça me rappelle de bons souvenirs.

Dans un rayon, je tombe sur de magnifiques décorations artisanales pour décorer le sapin. Je les regarde toutes une à une et m'émerveille encore devant la beauté de la magie. Ici, une petite fée en bois bat paresseusement des ailes, là, un casse-noisette sifflote 'vive le vent' tandis que son voisin, un bonhomme de neige renfermant un grelot en son cœur, salue une foule invisible.

Je décide de les prendre toutes les trois, et de les ajouter à ma collection déjà importante de décorations. Derrière moi, deux clients discutent de la météo, tandis que la clochette de l'entrée retentit à nouveau pour laisser entrer un client que je ne vois pas mais dont je reconnais immédiatement la voix :

− Bonjour, je viens récupérer une commande, dit Malefoy à la propriétaire toujours affairée à faire sa couronne.

− Je viens juste de la terminer, s'exclame la sorcière, ravie. Votre amie est dans les rayons si vous souhaitez la rejoindre pendant que j'emballe votre commande.

Je ferme les yeux un bref instant. Est-ce que tout le monde lit les potins magiques ? Avant que Malefoy ne fasse un impaire, je décide de sortir de ma cachette et de me dévoiler au grand jour. Le cœur un peu battant, je m'approche de lui et déclare :

− Ah te voilà ! J'ai trouvé ce qu'il nous faut.

Je lui mets sous le nez les trois petites décorations sélectionnées avant de me tourner vers la sorcière :

− Je vais les prendre, s'il vous plait.

− Bien sûr ! Donnez-les-moi, je vais les emballer.

Quand je les lui ai tendus, elle disparait dans l'arrière-boutique en sifflotant. Malefoy se tourne vers moi.

− Qu'est-ce que tu fais là, Granger ? Serais-tu en train de me suivre ? m'interroge-t-il, suspect.

− J'étais dans cette boutique avant toi, je lui rappelle, piquée à vif. C'est plutôt à moi de te demander ce que tu fais ici ?

Malefoy hausse les épaules mais ne prend pas la peine de répondre. Comme à son habitude, il aime poser des questions ne veut répondre à aucune des miennes. Je décide de l'ignorer et me retourne vers le comptoir au moment où la propriétaire revient avec deux sacs dans les mains. Elle m'en tend un, et tend le second à Malefoy qui s'en empare avant de chercher la monnaie dans sa poche. Avant que je n'ai eu le temps de m'en rendre compte, il paye pour sa commande et pour mes achats. Je suis sur le point de m'insurger, quand la sorcière, tout sourire s'exclame :

− Oh, du gui !

Elle point un petit doigt boudiné vers le plafond où une énorme branche de gui vole paresseusement au-dessus de nos têtes.

− Vous savez ce qu'on dit ! Un baiser sous le gui, et c'est le bonheur toute l'année.

Malefoy se tourne vers moi, il a l'air aussi alarmé que moi. Je secoue la tête et offre un sourire crispé à la sorcière.

− Pas de baiser sous le gui, je déclare. C'est un principe auquel je ne déroge jamais.

Et sans plus attendre, je tourne les talons et m'enfuis presque à toutes jambes de cette boutique de malheur. Quand je me retrouve dehors, l'air glacial s'engouffre dans mes poumons et me coupe la respiration un moment. Je m'arrête pour regarder quelques secondes la neige tomber, et je sens Malefoy se placer à côté de moi.

− Pas de baiser sous le gui ? répète-t-il amusé.

Je le fusille du regard.

− Et on peut savoir pourquoi ?

− Parce qu'on n'est pas vraiment ensemble, je te rappelle.

Malefoy m'adresse un sourire énigmatique, mais n'ajoute rien à ce sujet. Le silence s'éternise entre nous, mais ni lui ni moi ne semble décidé à bouger. Nous restons là, côte à côte, à observer la neige tomber doucement sur le sol déjà recouvert d'un épais manteau blanc.

− Tu n'as pas prévenu que tu partais hier soir, je souffle finalement.

Non pas que ça m'ait touché, mais j'imagine que les couples se préviennent habituellement. Je le sens sourire plus que je ne le vois.

− Je t'ai manqué ?

− Pas le moins du monde, je rétorque. J'étais même bien mieux sans toi.

− J'ai bien fait de partir alors, après que ton imbécile d'ex petit ami t'ai tourmentée.

Je lève les yeux vers lui, et nos regards se figent l'un dans l'autre. Ses yeux gris, si clairs, me transpercent littéralement. Je me sens soudain honteuse de ne pas l'avoir remercié d'être intervenu. J'étais tellement en colère contre Dean, contre moi-même de ne pas avoir su réagir et que contre Malefoy de s'être montré si … autoritaire, que j'en ai oublié toute formule de politesse. Je prends une grande respiration, et m'apprête à m'excuser quand il m'interrompt :

− Ne prends pas cette peine, Granger, ricane-t-il. Disons que tu m'en dois une. On se voit samedi.

Et sur ces mots, il s'en va sans un regard pour moi.