Bonsoir !

Comment allez vous en ce dimanche soir ? Pas trop le blues ?

J'espère que votre week end s'est bien passé. Ici il était glacial mais entre ami c'est toujours plus chaleureux.

Vous êtes de moins en moins à commenter chaque chapitre alors que vous êtes de plus en plus en lire. Comme d'habitude je rappelle que je trouve le temps tous les jours décrire entre 1500 et 2000 mots donc je suis sure que vous pouvez trouver le temps de m'écrire une petite phrase d'encouragement !

J'espère que ce chapitre vous plaira ! Je vous souhaite une bonne lecture et vous dis à demain !


Drago.

TOC TOC TOC. Pour la seconde fois en une semaine, je frappe à la porte de Granger. Celle -ci m'ouvre, et m'accueille aussi chaleureusement que je m'y attendais : elle est aussi aimable qu'une porte de prison. Elle tire une tête de six pieds de long, me regarde à peine tandis qu'elle enfile ses chaussures et n'a fait absolument aucun effort sur sa personne. Ses cheveux bruns ondulent autour de son visage aux traits tirés. Elle n'a sûrement pas beaucoup dormi. Tandis que son silence s'éternise, je décide d'attaquer avant que nous ne partions chez ses parents.

− Salut beauté, je dis avec un petit sourire en coin. Tu es radieuse.

Mon ton moqueur ne lui échappe pas.

− Ne m'appelle pas comme ça, siffle-t-elle entre ses dents.

− C'est ce que font les couples non ? Se donner des petits surnoms.

− On n'est pas un…

Elle s'interrompe et se pince l'arrête du nez en fermant les yeux. Je l'observe, curieux, inspirer et expirer plusieurs fois avant de rouvrir les yeux. Elle a l'air soudainement plus calme. Quand elle reprend, sa voix est plus posée, mais froide et sèche.

− Mes parents ne sont pas au courant de cette mascarade. Ils pensent que je leur présente quelqu'un qui compte pour moi.

Je la regarde, bouche bée. Je pensais que ses parents seraient au courant et qu'il nous suffisait de nous y rendre pour boire un thé et être photographiés sur le perron des Granger pour faire la une de Torchon Magazine. Soudain, l'idée de me rendre chez eux me semble bien moins alléchante.

− Pourquoi ? je demande.

Elle détourne les yeux et je la vois rougir.

− Parce qu'ils ne comprendraient pas.

Ainsi donc, Hermione Granger veut continuer à être l'enfant modèle de ses parents ? Pour être honnête, je ne peux pas l'en blâmer. Moi-même, j'ai toujours voulu impressionner mes parents de leur vivant, les rendre fiers. Ça n'a jamais marché bien sûr, mais j'imagine que les Granger sont des parents aimants qui n'hésitent pas à dire à leur fille unique combien ils l'aiment et sont fiers de ce qu'elle est devenue. Difficile d'aller à l'encontre de leurs attentes.

− Ok, je lâche finalement. Ils ne sont pas trop déçus que tu te sois débarrassée de Thomas ?

− Ils n'ont jamais rencontré Dean.

Allons bon, nous allons de surprise en surprise.

− Tu seras le premier homme que je leur présenterai.

Je sens dans sa phrase tout le poids que cela implique, et soudain, je sens la pression monter en moi. Pourquoi ? Après tout ce n'est qu'un jeu. Je dois le voir comme tel.

− Ils ne vont pas trouver étrange que tu te mettes à me fréquenter après … ce qu'on a vécu à Poudlard ?

Je joue sur les mots. J'aurai pu dire « après tout ce que je t'ai fait subir en bon crétin en mal de reconnaissance que j'étais à l'époque » mais je crains qu'elle n'en profite pour me rappeler combien j'étais insupportable. Mon égo ne le supporterait pas. Pas plus qu'il ne supporte ses mots :

− Ils ne savent pas qui tu es. Je ne leur ai jamais parlé de toi.

− Tu ne leur as jamais parlé de moi ? je répète ébahi et passablement vexé.

− Pour dire quoi ? Que tu étais un sale petit prétentieux arrogant que j'écrasais à plate couture dans chaque matière ?

Sa réponse me laisse un sentiment ambivalent entre l'amusement et l'exaspération. Après tout c'est peut-être un mal pour un bien. Si les Granger n'ont jamais entendu parler de moi, ils n'auront pas de préjugé sur ma personne comme tout le reste du monde sorcier.

− Tu ne m'écrasais pas dans chaque matière, je réplique.

− Je vois que tu ne reviens pas sur le « sale petit prétentieux arrogant », se moque Granger. Allez, prends ma main, on va être en retard.

Elle me tend une main que je saisis de mauvaise grâce. J'ignore comment la situation a pu se retourner à ce point et où j'ai perdu l'avantage. J'avais l'impression de maîtriser cette conversation, mais visiblement Granger a su faire un tour de passe-passe pour me faire sentir ridicule. Quelle insupportable Miss Je Sais Tout. Quand nos doigts s'entremêlent, je sens un courant électrique me parcourir mais je ne peux pas m'appesantir dessus, car déjà, nous disparaissons dans le néant.

x.X.x.X.x

C'est la première fois que je me rends dans une maison moldue. Pardonnez mon ignorance, mais ils possèdent un portail qui s'ouvre tout seul. Granger me certifie que ce n'est pas de la magie, que tout est automatisé grâce à l'électricité, mais j'ai un doute et je ne sais jamais quand elle se fiche de moi, alors je me suis contenté d'hocher la tête en avançant jusqu'à la porte d'entrée. Celle-ci s'ouvre avant même que nous ayons sonné, sur une femme d'une cinquantaine d'années particulièrement charmante. Son sourire rayonne sur son visage, s'étendant de ses lèvres rosées à ses yeux verts entourés de petites pattes d'oie posées là par le temps qui passe. Elle est brune, mais ses cheveux n'ondulent pas comme ceux de sa fille.

− Rentrez-vite les enfants, il fait un froid de canard !

Nous entrons dans un petit hall joliment décoré et Granger serre sa mère dans ses bras avant de se tourner vers moi. Elle est souriante, paisible, ses yeux brillent. Bref, elle est aux antipodes de ce qu'elle était quelques minutes plus tôt. Son jeu d'acteur m'épate, je dois l'admettre.

− Maman, je te présente Drago. Drago, voici ma mère, Ellen.

J'adresse un sourire charmant de gendre idéal à Ellen, avant de lui tendre un bouquet de fleurs d'hiver que j'ai fait apparaître avant de passer le portail non-magique-qui-s'ouvre-seul-quand-même. Granger m'avait jeté un regard moqueur et avait articulé « lèche-botte » en silence mais je devine que j'ai vu juste : le visage d'Ellen s'éclaire et elle me sourit largement avant de s'emparer du bouquet.

− Oh, Drago, il ne fallait pas ! Merci !

Puis elle se tourne vers l'escalier qui mène à l'étage et s'écrit de sa voix chantante :

− Richard ! Viens, ils sont arrivés.

Richard Granger est grand, et sa carrure carrée de rugbyman en dissuaderait plus d'un de s'en prendre à sa fille unique qui est, je le devine immédiatement, la prunelle de ses yeux. Il la sert dans ses bras comme s'il s'agissait de la huitième merveille du monde avant de se tourner vers moi et de me jauger de haut en bas en silence.

− Mr Granger, je salue solennellement.

J'ai beau savoir que nous jouons un rôle, je déglutis difficilement. Je n'aimerais pas que cette histoire de faux couple arrive jusqu'aux oreilles de Richard, car j'imagine sans mal qu'il me ferait goûter de son poing – qui a la taille d'un potiron.

− Papa, voici Drago.

− J'ai cru deviner, dit l'homme d'une voix grave et profonde qui m'inspire le respect. Bienvenu ici, jeune homme.

Il me tend une main que je m'empresse de serrer. Ellen nous invite à nous rendre dans le salon où un service à thé nous attend ainsi qu'une assiette remplie de scones et autres gingerbread à l'odeur alléchante. Granger et moi nous installons sur le petit canapé tandis que ses parents prennent place dans des fauteuils près de la cheminée. On me sert du thé avec un nuage de lait ainsi que des petits gâteaux, et je décide d'en croquer un pour faire bonne figure.

− Vos scones sont délicieux, Mrs Granger, je la félicite sincèrement.

Ellen jette un coup d'œil à son mari avant de me répondre avec un petit sourire indulgent :

− C'est Richard, le cuistot de la famille.

− Mais visiblement, dans votre esprit, c'est aux femmes de cuisiner ? lâche Richard, raide comme un piquet.

Je regarde Granger dans l'espoir de trouver un peu de soutien mais elle est très concentrée sur sa tasse de thé derrière laquelle je devine un sourire.

− Pas du tout, Monsieur, je réponds précipitamment.

J'ai la désagréable impression d'être redevenu un enfant qu'on réprimande. J'ai la bouche sèche, les mains moites, le cœur qui bat la chamade. Soudain, le visage de Richard se fend d'un sourire et sa femme et sa fille en font de même. Je comprends que les Granger se payent ma tête depuis le début. Malgré l'humiliation, je respire soudain un peu mieux.

− Alors, Drago, dites-nous ce qui vous a fait tomber sous le charme de notre fille, demande Ellen sans préambule.

Décidément, ce petit thé en famille ne va pas du tout se dérouler comme je l'avais prévu. J'imaginais naïvement que Granger leur aurait déjà inventé toute une histoire de notre coup de foudre et que je n'aurai plus qu'à parler de banalités, sourire et plaisanter aux blagues lourdes de son père. Au lieu de ça, je suis entouré de gens à l'humour pinçant et à la curiosité sans limite.

− Et bien… je commence en me râclant la gorge. J'imagine que la liste est longue. Outre ses yeux qui brillent d'une intelligence sans borne, je crois que ce qui me plait le plus chez votre fille est sa détermination, son ambition et son émerveillement des choses simples de la vie.

Comme de gros flocons qui tombent du ciel, je songe.

Sous les yeux surpris de Granger, je songe que la sincérité de mes paroles n'a rien d'une mascarade. Je réalise que je pensais chaque mot que j'ai prononcé, et ça forme un nœud dans ma gorge. Quelle étrange sensation que d'avoir ouvert son cœur en pensant feindre quelque chose qui n'a rien d'irréel.