Titre : Non mais vous avez quel âge, les gars, franchement !
Auteur : ylg
Base : FullMetal Alchemist
Personnages : Denny Brosch, d'autres soldats
Genre : gen-ish/grinçant
Gradation : PG / K-plus
Disclaimer : propriété d'Arakawa Hiromu, Squeenix, Bones ; je ne cherche pas à me faire de sous avec.

Thèmes #28/29, « mort avec un crayon dans le nez/mort de honte » pour 30morts
Nombre de mots : 500+

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Denny Brosch considère le jour où il s'est engagé comme la meilleure décision qu'il ait prise, et le jour où il a quitté avec les honneurs l'École militaire comme le plus beau de sa vie. Son calvaire d'adolescent maigrichon, dégingandé et impopulaire était derrière lui ; désormais il était un homme et avait de quoi se faire respecter !

Quel moment de gloire quand tout à coup, deux camarades s'avancent vers lui, hilares, et lui tapent sur l'épaule, comme s'ils partageaient tous les trois un excellent secret :
« Hey Denny on a voté pour toi ! »
De mieux en mieux !

Mais quelques années à flirter avec les brimades l'ont rendu suspicieux :
« Pour quoi ?
- Au grand sondage de qui aura la mort la plus stupide. »

Et tout de suite c'est la dégringolade...

« On a failli élire le Chef avec une crise cardiaque en pleins ébats sexuels mais Simmons a pointé qu'au contraire c'était une chouette manière de partir et plus personne n'a voulu voter pour ça ensuite.
- Sinon tu étais presque à égalité avec Hardy ; lui, on lui a attribué s'étouffer en mangeant du pop-corn. »

Ces années lui ont appris à jouer le jeu pour ne pas montrer son énervement... mais c'est à regret qu'il demande des éclaircissements, d'une voix neutre, redoutant déjà ce qu'il risque d'entendre.

« Et quelle mort honteuse m'imaginez-vous ?
- Le cerveau empalé sur un crayon.
- Pourquoi un crayon ?
- Parce que.
- Et comment ?
- Dans le nez.
- Oui mais comment ?
- Ça on n'en sait rien, nous on s'retrouvera pas dans une telle situation, d'abord, mais toi on est sûr que tu pourrais. »

Denny se force à ricaner un peu. Il ne sait pas à quel point doit se sentir atterré de leurs idées stupides. Non, il est clairement mortifié de la méchanceté qui transparaît dessous même s'ils n'en ont même conscience. Rien n'a donc changé depuis qu'ils sont censés être devenus adultes ? Et l'image qu'il doit leur donner pour qu'ils aient de telles idées...
Il voudrait se cacher dans un coin, mais ça renforcerait cette image lamentable... et puis non, ça n'est pas à lui de s'écraser devant leur bêtise, quand même ?
En fait, rage-t-il intérieurement, eux-mêmes donnent l'impression d'avoir déjà inhalé un crayon et laissé un bout de cerveau dans l'affaire, notamment celui des interactions sociales.

Et ça doit se voir, parce que très vite, ils rajoutent,
« Allons, 'te fâche pas. Tu sais que c'est juste pour rire. »

Et puis, l'hilarité retombe quand leur adjudant fait son apparition. Aussitôt, ils font de nouveau comme si de rien n'était.

C'est quand ils retournent à leurs affaires personnelles en l'oubliant que l'adjudant s'en mêle :
« Ils vous ont parlé de ce... concours ?
- Euh, oui.
- Une idée de bien mauvais goût à mon sens, mais difficile de les blâmer. C'est qu'on a appris qu'on n'a pas été tiré au sort pour les frontières ; c'est tombé sur le régiment juste après le nôtre sur la liste. »

Et parce qu'ils ont senti la mort les frôler, il leur faut à tout prix s'en moquer pour l'exorciser ?

Peut-être que l'époque du lycée avait du bon...