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Chapitre 9 : Attraper Croutard : Plan Z
Les cours de première année étaient d'un ennui presque mortel pour le survivant. Il les connaissait déjà tous et maintenant qu'il était âgé de 18 ans, il les trouvait ridiculement faciles.
Le contraire aurait été alarmant.
Heureusement, Poudlard était là pour égailler ses mornes journées de cours qu'il pensait avoir laissé derrière lui lors de sa première vie.
Les cours de potion était toujours un calvaire pour le pauvre Harry qui devait subir la haine puérile de Snape. Lorsque le potionniste comprit enfin que Potter n'était pas un idiot arrogant qui n'avait jamais ouvert son manuel, il n'en fut que plus haineux.
Pourtant, Harry avait tenté de se faire bien voir de son directeur de maison. Il n'avait vraiment pas besoin d'ennemi supplémentaire. Le brun levait calmement la main lorsque le professeur posait des questions. Y répondant toujours correctement -malgré la volonté évidente de Serverus de le voir échouer- et restait d'une politesse hypocrite incroyable devant chaque pique lancée par l'homme au nez crochu. Il était devenu maître dans l'art de feinter l'innocence enfantine d'un enfant de onze ans.
Mais, au bout de quelques heures de cours, il comprit enfin quelque chose d'important : C'était encore pire ! Snape avait même décidé de ne plus l'interroger en classe, l'ignorant superbement à chaque fois qu'il souhaitait répondre à une question. Il lui reprochait même les erreurs de ses camarades.
Harry décida alors de mettre sa liste de vengeance à jour. Il n'avait plus la patience pour subir ce genre de connerie.
Vengeance prioritaire
- Albus Dumbledore (Urgent)
- Tom Riddle (À voir si cet abruti revient à la vie)
- Ron Weasley (À définir)
- Molly Weasley (À enquêter)
- Serverus Snape (Si le temps le permet)
Drago aussi avait remarqué l'étrange traitement que son parrain réservait au survivant. Et bien que la maison Serpentard n'en pâtît jamais, cela restait un problème.
- Peut-être devrais-je en parler à père ? Se dit-il au milieu du repas de midi.
- Hmm ? Fit Harry en finissant sa quatrième part de tarte à la mélasse. Quoi donc ?
- De ton addiction ridicule au sucre. Répondit Drago avec un soupire en regardant le brun tenter de se servir une cinquième part. Lâche ça. Tu vas être malade.
- Mais j'ai faim...
- Ce ne serait pas le cas si tu te nourrissais d'autre chose que de pâtisseries et de jus de citrouille.
Harry roula des yeux.
- Et tu voulais parler de ça à ton père ? Demanda-t-il, septique.
- Non, je parlais d'oncle sev'. On ne va pas faire toute l'année comme ça… Même les Serpentard commencent à se rendre compte qu'il te déteste.
« Si tu savais que ce serait loin de ne durer qu'un an, Drago. »
Harry doutait que le père de Drago puisse y faire grand-chose mais après tout pourquoi pas. Ça ne lui coûtait rien. Ça ne pouvait pas être pire… n'est-ce pas ?
Le déjeuner terminé, ils se rendirent tous deux à leur cours de l'après-midi. Heureusement, il y en avait encore où Harry était heureux de se rendre.
La botanique était toujours la même. Chourave n'avait pas changé le moins du monde. Elle était la professeur juste et bienveillante qu'elle avait toujours été. Et même si Harry connaissait déjà les choses qu'elle enseignait aux premières années, Poudlard se tenait à côté de lui pour les compléter. Indiquant comment chaque plante et champignons pouvaient être utilisés dans des potions. Qui les avait découverts. Et quels problèmes ils avaient causé à travers les siècles. Ce mélange de matières alliant botanique, potion et histoire de la magie lui allait parfaitement. Au moins il ne s'ennuyait pas.
Et, bien qu'il s'agissait techniquement de triche vu son âge réel, il ne se gêna pas une seconde pour répondre à chaque question du professeur de Botanique pour obtenir un maximum de points de maison.
Dans le même genre, les sortilèges étaient toujours agréables. Bien que Poudlard pouvait difficilement l'aider à passer le temps, le professeur Flitwick agissait avec lui exactement de la même façon que lors de sa première vie.
« C'est un peu injuste quand même… » Se dit-il pour lui-même.
Non loin de lui, il voyait Hermione répondre aux questions avec autant d'entrain qu'il s'en souvenait. Mais malgré son intelligence et sa détermination à apprendre, elle ne sera pas la première cette fois.
Qu'il soit damné s'il se fait battre par une enfant de onze, amie ou pas.
- Bof. Tu es le survivant, les gens avaient déjà des attentes extrêmement élevées pour toi. Tu peux être un génie autant que tu veux, les professeurs penseront toujours que c'est normal car tu es celui-qui-a-vaincu. Dit Poudlard assise à sa gauche.
Il en soupira.
À la fin du cours, Flitwick lui avait d'ailleurs avouer qu'il était le meilleur élève de première année qu'il n'avait jamais eu.
Harry avait souri avec la plus pure des innocences, remerciant le professeur avec un faux rougissement de gêne devant le compliment. Compliment qui n'en était pas vraiment un étant donné que le brun était un étudiant de 7ème année dans son ancienne vie.
Mais ici, il serait un lèche-cul et fier de l'être.
Il devait vaincre Dumbledore et pour cela devait construire son petit cercle. Être bien vu d'absolument tout le monde était le minimum.
Et c'est pourquoi, en plus d'être le meilleur élève de première année, il aidait tous ses camarades, qu'importe leur maison.
La rumeur commençait à se répandre comme une traînée de poudre de cheminette. Il était un élève très doué et bienveillant avec les autres. Mais les étudiants restaient encore méfiants devant le Serpentard. Il allait lui falloir un peu plus de temps pour se mettre toute l'école dans la poche.
Les élèves de Poudlard avaient du mal à faire confiance à un Serpentard. Il y a des choses qui ne changeaient pas.
En revanche, de son regard de jeune adulte, il comprenait bien mieux ce qui l'entourait. Lorsqu'il était à Gryffondor, le fait que le professeur Snape privilégiait les Serpentard coulait de source, en revanche, il n'avait jamais réellement remarqué que le professeur McGonagall faisait de même avec ses lions.
Le cours du jour était très simple pour Harry : changer une allumette en aiguille. En un léger moulinet de la main et une formule murmurée, son aiguille était là, attendant patiemment que le professeur de métamorphose daigne la remarquer.
La directrice de Gryffondor jeta un rapide coup d'œil de loin avant de se diriger vers Hermione qui y parvient à son tour.
- Félicitations miss Granger, vous êtes la première à réussir l'exercice, dix points pour Gryffondor. Fit la vieille dame au regard strict avec un sourire bienveillant.
- Merci professeur. Répondit la né-moldu.
« Et moi ? Certes je n'ai pas besoin de reconnaissance mais je vais me vexer si une Hermione de onze ans me bat en cours… »
Drago, assis à sa droite, réussi à son tour l'exercice mais une fois encore, le regard de McGonagall se tourna à peine vers leur table.
Discrètement, le blond soupira.
- Vieille bique. Souffla-t-il si bas qu'Harry eut du mal à l'entendre.
Durant la quasi-totalité du cours, McGonagall ne vint pas les voir ne serait-ce qu'une fois. Devant le regard un peu déçu et bien qu'il ne l'admettrait jamais, blessé, d'Harry, Drago lui expliqua rapidement ce que des Serpentard d'année supérieure lui avaient expliqué.
- Le professeur McGonagall ne donne presque jamais de point à Serpentard et en retire assez facilement au moindre faux pas. Elle considère que puisque nous venons de nobles familles sorcières, pour la plupart, il est normal que nous réussissions les exercices qu'elle propose, ne t'attends pas à des félicitations de sa part.
- Mais c'est stupide, Ron vient d'une famille de sang pur et pourtant il ne parvient pas à transformer son allumette en aiguille. Son niveau est proche de troll.
Ils lancèrent tous deux un regard au rouquin assis à droite d'Hermione. La pauvre devait esquiver les mouvements de baguette anarchique du Gryffondor. Si elle n'avait pas un œil crevé à la fin du cours, elle mériterait un prix pour ses esquives fluides et pleines de grâce.
- Weasley est un crétin. Répondit simplement le blond en haussant les épaules. Et pourquoi tu l'appelles par son prénom ?
Oups
- Mais tu n'as pas tort. Reprit le blond. Il y a des Serpentard qui ne parviennent pas tout de suite à réaliser ses exercices pourtant elle ne viendra jamais nous aider. Il y a un groupe de soutien dans la salle commune pour ceux qui ont des difficultés en métamorphose. Farley nous a montré comment nous inscrire le premier jour.
Harry haussa les sourcils. Ça l'étonnait toujours que les Serpentard soient si bienveillants entre eux et encore plus que le professeur de métamorphose les ignorait superbement lors de ses cours. La femme avait baissé dans son estime à une vitesse faramineuse.
- Et c'est un coup dur pour la directrice de Gryffondor qui tombe à l'avant-dernière place sur l'échelle de la pédagogie, juste au-dessus du professeur Snape. Elle se retrouve même derrière le professeur Binns. Un cataclysme dans l'esprit du jeune Harry qui comprend que très peu de professeurs de Poudlard sont dignes d'enseigner... Commenta l'âme de l'école comme elle aurait commenté une course de formule 1.
Elle était apparue de l'autre côté du survivant qui ne sursauta même plus à sa soudaine présence. Il commençait à avoir l'habitude.
« Tu le savais ? »
- Évidemment. Je ne fais partie d'aucune maison et de toutes à la fois. Je vois tout ce qui se passe ici. Tu ne l'as pas remarqué de la même manière que les Serpentard ne remarquent pas forcément que Snape les privilégie.
« C'est pourtant évident. »
- Et tu ne trouves pas que c'est évident que le professeur McGonagall privilégie les Gryffondor ?
Harry ne dit rien. Effectivement, ça crevait les yeux. Et pourtant, dans sa première vie, il n'avait rien remarqué.
- Lorsque la guerre éclata dans l'enceinte de l'école, le professeur McGonagall a ordonné que tous les Serpentard soient emprisonnés dans les cachots. Il y avait des enfants, Harry. Des enfants de onze ans qui n'avaient rien demandé à personne et qui étaient trop jeunes pour vraiment comprendre ce qu'il se passait. Et pourtant, un professeur, chargé de leur sécurité, les a enfermés dans un endroit réservé aux criminels -et aux potions-. Parmi ces Serpentard, il y avait des sangs mêlés. Sais-tu combien d'entre eux auraient pu être tués par des Mangemort pour ne pas être des sang-pur ? Trois. Trois enfants de onze ans. Tout ça parce qu'au lieu de les mettre à l'abri comme les autres enfants de onze ans, le professeur McGonagall les a déclarés arbitrairement coupables de crimes dont il ne comprenait même pas le sens.
Harry eut un regard horrifié.
- Quoi ? Murmura-t-il le souffle coupé.
- Tu as dit quelque chose ? Demanda Drago qui le regarda étrangement.
- Non, non. Je pensais à voix haute.
Un haussement de sourcils aristocratique plus tard, le survivant reprit sa conversation.
« Mais… le professeur McGonagall est quelqu'un de bien… »
- C'est plus compliqué que cela, tu sais. Surtout en temps de guerre. C'est la survie avant tout. Le professeur McGonagall pensait bien faire, persuader que tous les Serpentard étaient coupables, soit directement, soit en aidant leurs parents eux-mêmes coupable. Elle ne pensait pas un instant qu'ils puissent être en danger.
Harry devenait de plus en plus pâle. Suffisamment pour inquiéter le blond.
- Tu es sûr que ça va ?
- Je… je crois que j'ai mal digéré le déjeuner. Répondis doucement Harry pour rassurer son… ami ? Pouvait-il vraiment le considérer ainsi après presque 7 ans de haine réciproque ? Ce Drago ci n'y était pour rien après tout… il ne savait rien et n'avait jusqu'à maintenant rien fait de mal…
Si le survivant n'était pas aussi pâle, Drago se serait fait un plaisir de lui dire qu'il l'avait bien prévenu de ne pas reprendre de cinquième part de tarte à la mélasse.
- Tu veux aller à l'infirmerie ?
- Non, ça ira, merci.
Leur chuchotement incessant irrita la directrice de Gryffondor qui fonça vers eux pour la première fois du cours.
- Messieurs Malfoy et Potter, si mon cours ne vous intéresse pas, vous pouvez sortir dès maintenant. Mais je vous préviens, vous ne serez plus accepté dans cette salle de classe jusqu'à la fin de votre scolarité.
Drago ne répondit rien et se contenta d'afficher un visage neutre avant de retourner à la lecture de son manuel tandis qu'Harry lançait un regard d'incompréhension et d'une forme étrange de dégoût vers la directrice de Gryffondor.
La vieille femme fronça les sourcils avant de se détourner pour revenir vers ses adorables lions.
- McGonagall n'est pas quelqu'un de mauvais Harry. Tout comme Snape n'est pas mauvais non plus. Ils font des erreurs mais ne pensent pas réellement à mal. Bien que Snape soit un véritable enfoiré et haïsse ton père, il t'a sauvé plusieurs fois la vie… Mais ça n'excuse pas tout, je suis d'accord. Mais, je t'ai offert cette chance pour que tu puisses changer les choses. Pour que le Professeur McGonagall ne fasse pas d'erreur qui la hanterait toute sa vie… Pour que le professeur Snape ne soit pas un crétin coincé dans le passé… pour que le moins de gens possible ne meurt dans cette guerre idéologique…
« Ça fait beaucoup de pression pour mes frêles épaules d'enfants de 11 ans. »
- Malheureusement, on ne peut pas dire que cela soit la première fois. Fit Poudlard avec un sourire triste. Harry, il faut que tu saches une chose… tu n'es pas le survivant pour rien. La prophétie qui fait de toi le « héros de la lumière » n'a pas désigné un enfant d'un an au hasard.
« Qu'est-ce que tu veux dire ? »
- Juste que tu n'es pas n'importe qui… Même si moi-même je ne sais pas encore très bien qui tu es…
C'est complètement déboussolé qu'il quitta le cours de métamorphose… Lorsqu'il croisa les jumeaux Weasley dans le couloir, son plan Z lui revint en tête. Il devait vraiment s'occuper de Croutard avant de se perdre en tentant de purger Poudlard des abrutis.
Il avait vraiment beaucoup trop de travail. Mieux valait se concentrer sur les deux Weasley et le sauvetage de son parrain pour le moment.
Mais comment s'y prendre ?
- Peut-être qu'un échange marcherait…Mais que puis-je bien échanger… ?
- Tu parles encore tout seul… Lui signifia Drago avec un regard blasé.
Était-ce vraiment une bonne idée de devenir ami avec le survivant ? Il commença à en douter au vu de l'état de santé mentale du brun. Peut-être devait-il faire comme la plupart des autres Serpentard et rester méfiant ?
- Désolé… Fit Harry un peu penaud.
- Allez, allons manger. Tu dois manquer de sucre ou quelque chose comme ça.
Harry réfléchit à un moyen de convaincre les jumeaux mais ne voyait pas ce qu'il pouvait échanger. Il pensa à la cape d'invisibilité et soupira de frustration lorsqu'il se rendit compte que Dumbledore la possédait encore… Et il ne voulait pas attendre Noel pour attraper Croutard, ils étaient déjà en octobre, il avait perdu trop de temps.
Lorsqu'il leva les yeux de son plat qu'il avait massacré à l'aide de sa fourchette lors de ses réflexions, il tomba sur le regard de Drago qui l'observait calmement. Et si … ?
- J'ai besoin de ton aide. Dit Harry soudainement.
- Au vu des tortures que tu viens d'infliger à cette pauvre cuisse de poulet et ton regard désespéré, je m'en serais douté. Répondit simplement le blond.
- J'ai besoin d'obtenir une chose de deux personnes qui ne me connaissent pas et qui se montreraient, sans aucun doute, méfiantes.
- Ce sont des sangs purs ? Demanda le sorcier blond.
- Drago… Soupira Harry.
- Quoi ? Je me renseigne un peu. Comment veux-tu que je t'aide si je ne sais pas à qui tu veux demander un service ?
Harry n'avait vraiment pas envie que Drago sache qu'il allait demander un service a des Weasley. Il refusera de l'aider…
- Qu'est-ce que ça change si ce sont des sang-pur ?
- Beaucoup de choses. Il y a certaines démarches à faire lorsque l'on souhaite demander un service à des sang-pur. Si ce ne sont pas des sangs purs alors le plus simple c'est de leur offrir de l'argent. C'est mon père qui me l'a dit.
- Je ne suis pas sûr qu'ils désirent de l'argent…
- Tout le monde veut de l'argent. Tout le monde a un rêve qui se réaliserait plus facilement s'ils avaient de l'argent.
Un rêve… Mais bien sûr !
- Drago. Tu es un génie.
Il renifla.
- Tu ne m'apprends rien. Maintenant, mange cette bouillasse qui fut autrefois un poulet pour que nous puissions y aller.
Il fallut quelques jours supplémentaires pour parvenir à coincer les jumeaux dans un endroit isolé et à l'abri des regards. Il lui fallut tout de même l'aide de Poudlard et de ses escaliers qui n'en font qu'à leur tête pour pouvoir les piéger. À présent, les trois étudiants se trouvaient sur un palier sans aucune issus, les deux escaliers y menant s'étaient écartés pour empêcher toute fuite.
Lorsque les jumeaux remarquèrent qu'il était coincé avec le survivant ils se lancèrent un regard méfiant.
- Mon cher double… il semblerait que Poudlard nous ait trahis.
- Penses-tu qu'elle ait été corrompue par ce petit serpent, frère de mon cœur ?
- Aucun doute.
L'âme présente non loin d'Harry eut un regard triste.
- Poudlard vous aime trop pour vous trahir. Répondis Harry le plus innocemment du monde.
- Hum… Il n'a peut-être pas tort. Commença George. L'école nous a toujours aidés jusqu'à maintenant.
- J'ai besoin d'un service. Dit-il rapidement. Il ne devait pas perdre de temps sans quoi les jumeaux trouveraient un moyen de s'enfuir.
Fred eut un léger regard sceptique tandis que George fixait le survivant avec une grande curiosité. Il était très rare que des Serpentard viennent leur demander des services… Habituellement, c'était les Poufsouffle souhaitant se venger d'autre étudiant qui louaient leur blague.
Et puis, celui-ci n'était pas n'importe quel Serpentard.
- Nos services ne sont pas gratuits. Dit George en attrapant le survivant par l'épaule. N'est-ce pas mon cher frère ?
- Tout à fait, et quel dommage, nos prix viennent juste d'augmenter… à l'instant. Sourit le jumeau en attrapant la seconde épaule. Mais je t'en prie, parle, nous sommes tout ouïes.
- Je vous propose un échange. Continua Harry.
Les deux roux le relâchèrent et restèrent calmement à l'écouter. Un échange ? Intéressant.
- J'ai besoin de vous emprunter une carte assez spéciale que vous avez trouvé dans le bureau de Rusard. En échange, je financerai entièrement votre future boutique de farces et attrapes.
Fred fronça les sourcils alors George haussa les siens. Comment, par merlin, était-il au courant pour la carte. Ou mieux, pour leur projet de boutique ?!
- On ne voit pas de quoi tu parles. Fit rapidement Fred, empêchant son double de prendre la parole. La carte faisait partie de leur plus grand trésor. Il n'avait pas encore trouvé de moyen de la recopier ou d'en créer d'autre.
- Je suis au courant pour la carte des maraudeurs. Soupira Harry. Il n'avait plus beaucoup de temps avant que la fin des cours ne vienne et avec elle un raz-de-marée d'élèves désirant emprunter les escaliers.
- Comment connais-tu l'existence de cette carte ? Demanda-t-il, méfiant.
- Comment sais-tu que nous voulons ouvrir une boutique, nous n'en avons parlé à personne, même pas notre propre famille. Fit George, très curieux.
- Forge ! Siffla discrètement Fred. Ne lui fait pas confiance aussi facilement.
- Allez. Ecoutons au moins son explication.
Il soupira avant de croiser les bras sur son torse, signe évident du manque de confiance qu'il accordait au survivant.
Ça pour une surprise. Il n'avait jamais remarqué cette différence de personnalité entre les jumeaux. Pour Harry, ils étaient identiques à tous les niveaux, physique et psychique.
- George a toujours été plus calme que Fred pour les relations sociales. Et Fred a toujours été plus extraverti et un peu méfiant que son jumeau mais lorsqu'ils sont dans un cercle où ils se sentent en sécurité, leurs différences sont moins présentes. Fred n'a pas besoin de se montrer méfiant et George n'hésite pas à se montrer plus social. Dit Poudlard avec un sourire.
« Tu les connais bien. Ce sont un peu tes protégés, non ? »
- Je n'ai pas de protégé. Se défendit Poudlard.
Mais elle ne pouvait nier qu'elle appréciait beaucoup ces deux lions. Lors de la mort de Fred, elle avait pleuré pendant ce qui lui semblait des heures.
- C'est Poudlard qui me l'a dit. Dit Harry.
L'école en question s'étrangla et toussa de surprise. Mais qu'est-ce qu'il faisait ?!
La méfiance de Fred s'évanouit comme neige au soleil.
- Alors, tu l'entends aussi ? Demanda-t-il.
Alors que Poudlard reprenait à peine son souffle -bien qu'elle ne respirait pas- elle s'étouffa une nouvelle fois.
Comment ça « aussi » ?
- Vous l'entendez ? Demanda Harry, surpris.
- On entend souvent rire et murmurer après nos blagues. On a fini par comprendre que c'était l'école qui riait avec nous. Mais elle ne nous a jamais vraiment adressé la parole… Expliqua le roux le plus avenant.
Poudlard ne sut quoi faire… ce n'était pas possible. Les élèves ne pouvaient l'entendre sans son accord et ce même si elle riait… Et avec Dumbledore, même si elle le voulait, il ne pouvait ni la voir ni l'entendre…
- J'ai… Je… Je dois vérifier quelque chose. Les escaliers se remettront à leur place dès que la fin des cours arrivera.
Elle disparut soudainement laissant les trois étudiants seuls.
- Et pour la carte ? Demanda Fred.
- La carte des maraudeurs a été faite par mon père et son groupe d'amis lorsqu'il était étudiant à Poudlard.
À peine eut-il fini sa phrase que George lui sauta dessus. Encore une fois.
- Tu es le fils de l'un de ces génies ?! Qui était ton père ? Patmol ? Lunard ? Co-
- Du calme. Intervint son frère en tirant son double vers lui pour qu'il lâche le survivant, déboussolé.
- Mon père était Cornedrue. Patmol, Lunard et… Queudver étaient ses meilleurs amis. Ils faisaient de nombreuses farces quand il était à Poudlard.
- On sait ! Ce sont nos guides spirituels ! Dit George excité comme un enfant sous le regard à la fois désespéré et attendri de son jumeau.
« Guide spirituel ? »
- Tu financeras notre rêve qui va coûter beaucoup d'argent juste pour avoir cette carte ? C'est un peu étrange. Fit Fred.
- C'est vrai. Mais j'ai vraiment besoin de cette carte.
- Pour quoi faire ? Demanda George.
Avant qu'Harry ne puisse répondre, les portes des salles de classe claquèrent les unes après les autres et le brouha des dizaines d'élèves qui quittaient leurs cours commencèrent à se faire entendre.
- Alors ? Demanda Harry pressé par le temps tandis que les escaliers commençaient à se mettre en marche.
Les jumeaux se lancèrent un regard, semblant se parler par télépathie. Assez étrange d'un point de vue extérieur lorsqu'il n'était possible de voir que leurs grimaces, haussements de sourcils et sourires inquiétants, le tout dans un silence pesant.
C'est finalement George qui se tourna vers lui en attrapant la carte cachée dans sa cape de sorcier. Son frère, lui, leur tourna le dos et sortit un parchemin de sa poche avant de commencer à le noircir d'écriture à une vitesse impressionnante.
- On te la confit une semaine et pas un jour de plus. Et nous t'avons à l'œil. Crois-moi que tu n'as pas envie que nos farces se concentrent exclusivement sur toi si jamais tu trahis notre confiance. Oh et, financer notre boutique ne nous convient pas. Fit George avec un sourire inquiétant. Fred lui tandis un parchemin dont Harry s'empara avec méfiance.
« Un contrat ? »
- C'est notre boutique. À mon frère et moi. Et c'est tout. Nous ne la devrons à personne d'autre que nous même. Dit Fred avec détermination. Si tu la finances, ça va nous donner l'impression qu'elle t'appartient. Il grimaça à cette pensée.
- Nous voulons ta signature en bas. Expliqua George en pointant le bas du parchemin. Ce contrat indique que tu nous feras un don généreux de 1 000 gallions pour nous féliciter chaleureusement pour le lancement de notre boutique lorsque le moment sera venu. Mais tu devras aussi financer nos dépenses de matières premières pour nos expériences durant nos deux prochaines années d'études. Il murmura la suite au même titre que celle-ci était écrite en tout petit en bas du contrat. Tu pourras aussi servir de cobaye de temps en temps.
Harry soupira. C'était un contrat qui n'avantageait qu'eux. Tout ça pour une carte et pendant seulement une semaine ? Était-ce un test ? Probablement. Était-ce la seule solution ? Probablement pas. Mais allait-t-il signer ce contrat dangereux et stupide ?
Oui.
- Rien de dangereux pour le cobaye, hein ? Demanda-t-il tout de même en imposant sa signature en bas de page.
- Naaaan. Tu nous connais… Fit Fred avec un sourire effrayant.
« C'était justement ça le problème. Finalement il ne les connaissait pas si bien que ça. Ces deux-là auraient pu finir à Serpentard ! »
Les deux roux lui firent le sourire le plus innocent du monde et lui tendirent la carte tant convoitée.
Bon sang, il avait vraiment l'impression d'avoir pactisé avec le diable.
Harry dégluti et attrapa la carte rapidement.
- Le choixpeau n'aurait pas hésité avec Serpentard pour vous deux ? Murmura-t-il pour lui-même en commençant à partir.
- Ça aussi, c'est Poudlard qui te l'a dit ? Demanda George.
Harry s'étouffa.
