Publié 01/11/2022.
Chapitre 14 : La malédiction du Troll
- Non, je n'ai pas vu ton rat, Weasley. Dit Seamus d'un ton si exaspéré qu'il était parfaitement évident que ce n'était pas la première fois que le roux lui posait la question.
- Il doit bien être quelque part ! Répliqua Ron avec une exclamation indigné. On est dans le même dortoir, tu as bien dû voir quelque chose !
- Pourtant, ce n'est pas le cas. Il est peut-être simplement parti se balader ? Proposa le Gryffondor en commençant son petit-déjeuner tranquillement.
- Depuis trois jours ? Croutard ne disparaît jamais aussi longtemps.
Harry et Drago, qui passaient non loin de là pour se rendre à leur propre table afin de se sustenter, entendirent parfaitement la conversation.
Tout comme le reste de Poudlard, d'ailleurs. Le roux, même à une heure aussi matinale, semblait être parfaitement incapable de communiquer sans crier. Et quand bien même sa bouche était pleine de viennoiseries, provoquant donc une série d'attaques sans pitié envers ses voisins de table à grand coup de miettes et de croissants mâchouillés.
Dégoûtant était un mot inventé pour cette situation.
Lorsqu'un morceau de tartine de beurre gorgée de salive atterri dans l'assiette de Eliann Lawrens, une Gryffondor de troisième année, elle manqua de vomir, jeta rageusement sa serviette de table et quitta la grande salle en maudissant tous les foutus garçons mal éduqués et leurs foutues manières de troll.
Pauvre d'elle. Elle n'avait pourtant pas fini de s'en plaindre.
Drago, qui de toute façon était dégoûté par la simple présence du roux et ne pouvait donc pas l'être d'avantage, ne retient pas son ricanement méprisant si caractéristique de sa personne en présence du Gryffondor.
- Ne cherche pas ta parodie d'animal de compagnie, Belette. Il doit, probablement, être près de la salle de Défense. Ça sent le rat crevé là-bas. Le tien était déjà à moitié mort, il ne lui restait plus longtemps à vivre.
Et alors qu'une énième bataille s'engagea entre les forces du bien et du mal, bien qu'il soit maintenant impossible pour Harry de dire qui était qui, le survivant attrapa son compagnon aux cheveux blonds pour le tirer vers leur table. Il avait faim. Et la confiture n'allait pas s'étaler sur son pain grillé toute seule.
Harry ne se préoccupait plus vraiment de Ron. Après tout, il était enfin parvenu à capturer Croutard et la suite de son merveilleux plan devait s'enclencher rapidement. Et s'il pouvait se tenir éloigné des migraines, il n'en était que plus heureux.
De plus, cela faisait bien plus de trois jours que Croutard avait disparu. Ron ne l'avait même pas remarqué, non pas qu'Harry s'en plaigne. Ça l'arrangeait bien finalement que Ron ne prenne pas soin de ses affaires. Même lorsque celles-ci étaient vivantes.
Et puis son parrain était une priorité absolue.
C'est la nuit, bien à l'abri de toute intrusion dans sa malle enchantée et protéger par ses soins, qu'il brassait la potion sous la supervision de Poudlard.
Bien que des deux, c'était surtout elle qui avait du mal à rester concentrée. Godric lui avait laissé ce délicieux défaut d'après elle.
- Il avait la capacité d'attention d'un enfant de quatre ans avec une forte envie d'uriner, d'après Salazar. Expliqua Poudlard.
L'âme de l'école avait eu parfaitement raison à propos du retourneur de temps qu'elle lui avait offert à son second onzième anniversaire. Un objet très utile. Il était même indispensable pour brasser la potion et suivre ses cours en même temps. Le survivant avait besoin de ses huit heures de sommeil sans lesquelles il était d'une humeur massacrante.
Alors qu'il brassait la potion, Harry ne pouvait qu'espérer que non seulement son plan fonctionne, mais aussi qu'il ne le regrette pas. Honnêtement, il ne pouvait pas imaginer une seconde comment il se sentirait s'il découvrait que Sirius l'avait trahi lui aussi.
Son parrain ne pouvait pas être du côté de Dumbledore. Pas consciemment en tout cas. Pas s'il savait vraiment qui était le directeur de Poudlard et ce qu'il avait prévu de faire subir à son pupille, n'est-ce pas ?
Mais alors... Pourquoi n'a-t-il rien dit dans ce cas ? Sirius n'a pas eu de procès, il aurait pu en vouloir à Dumbledore ? Pourtant, c'est comme si personne n'en avait jamais reparlé.
- Je lui en parlerai quand il sera libre. Marmonna Harry alors qu'il remuait trois fois la potion dans le sens des aiguilles d'une montre.
Il ne put s'empêcher de prier quiconque voudrait bien l'entendre que la réponse qu'il recevra de Sirius ne lui brise pas le cœur.
Voyant que son esprit dérivait, Poudlard posa une main à la fois brûlante et glaciale sur son épaule, le faisant sursauter.
- Ça ira. Inutile de s'en inquiéter maintenant. On avisera le moment venu. Je ne te laisserais pas tomber moi non plus. On se battra ensemble. Sourit-elle avec compassion.
Harry fut rassuré. Il y a au moins une personne -si « personne » était un adjectif adapté- sur laquelle il pouvait réellement compter quoi qu'il arrive.
La vie à Poudlard continuait d'avancer tranquillement et le prochain cours de balais arriva très vite.
- Excellent, monsieur Londubat. Félicita Bibine dès que Neville eu terminé d'effectuer toutes ses demandes. Demandes simples, c'est vrai, mais pour le Gryffondor maladroit qu'elle avait en face d'elle, plus que suffisante.
Ledit Gryffondor maladroit lança un regard de remerciement à Harry qui lui rendit un simple sourire de fierté. Il faisait un bon professeur de vol finalement.
L'héritier Londubat ne tarda pas à envoyer un message à sa grand-mère pour parler du survivant ainsi que l'amélioration aussi brutale qu'inattendu de ses notes de balais.
C'est donc assez naturellement qu'Harry reçu, le lendemain matin, une lettre de Lady Londubat a.k.a. l'aristocrate la plus intimidante de Grande-Bretagne, Lucius Malfoy compris.
- Que dit cette lettre ? S'intéressa Poudlard qui, une fois n'est pas coutume, s'était assise à la place d'un élève, le traversant partiellement.
Harry avait vite compris que ça amusait beaucoup l'esprit de le voir essayer au maximum de ne rien laisser paraître de l'étrangeté de ce genre de situation. Particulièrement pour éviter de fixer le malheureux Serpentard utilisé comme siège par l'âme de l'école.
Les élèves, puisqu'ils ne pouvaient pas voir Poudlard, ne verraient donc qu'Harry les fixant étrangement. Il paraissait assez fou comme ça et les rumeurs était plus qu'assez nombreuse à son sujet.
"Lady Londubat me remercie d'avoir évité une chute potentiellement mortelle à son petit-fils ainsi que prendre le temps de le soutenir dans l'apprentissage de la magie. Les Londubat n'oublieront pas ce geste de gentillesse désintéressée."
- Était-il vraiment désintéressé ? S'amusa Poudlard.
"Eh bien, le soutien de Lady Londubat est toujours le bienvenu, mais j'ai beaucoup de remerciements à rattraper en ce qui concerne Neville. Pour tout ce qu'il a fait pour moi dans mon ancienne vie. C'est est une personne courageuse et fidèle, l'idéal en tant qu'amis et je m'en veux de ne pas l'avoir remarqué avant et d'avoir simplement imité les autres qui le mettaient à l'écart..."
Poudlard hocha la tête, compréhensive.
La date fatidique du 31 octobre arriva quelques semaines plus tard. Elle annonçait Halloween, Samain, la nouvelle année sorcière, l'anniversaire de la mort de ses parents, mais aussi -et seulement cette année- la venue d'un Troll.
Les élèves, ne connaissant pas ce détail, étaient très impatients d'aller en cours de sortilège. Ils allaient enfin apprendre à faire voler des objets. Ou plutôt, ils allaient enfin le pratiquer.
Cependant, de nombreux camarades se firent une joie de pointer Harry du doigt, indiquant au demi-gobelin qui leur servait de professeur que le survivant savait déjà le faire puisqu'il avait sauvé Neville en l'exécutant.
Flitwick, à l'opposé totale de Snape, en était enchanté et demanda à Harry de faire une démonstration devant toute la classe.
Et comme un bon lèche cul -et peut-être aussi un peu vantard-, ce n'est pas une plume qu'il fit léviter, mais le bureau de Flitwick, livres et Flitwick inclus.
- Bravo, M. Potter ! Excellent ! Couina le petit professeur en s'accrochant avec un soupçon de désespoir au livre qui lui servait de rehausseur. Maintenant reposez moi en douceur. Compléta-t-il un peu plus bas en voyant que la distance entre sa petite personne et le plancher des vaches continuait d'augmenter.
- Bien sûr, professeur. Dit Harry en le reposant exactement où il était avant que le survivant ne lui lance le sort.
- C'est très impressionnant ! 10 points pour Serpentard.
Les Serpentard laissèrent échapper quelques exclamations de joie comme à chaque fois qu'un élève rapportait des points à leur maison. Plus encore lorsque cela arrivait dans un cours commun avec les Gryffondor.
- Pour les autres, ne vous en fait pas. Reprit le demi-gobelin. Il semble que M. Potter ait certaines… facilités. Nous nous contenterons donc de faire léviter une plume pour ce cours ci.
Tous les compliments du professeur portèrent à son comble l'exaspération de Ron qui ne faisait que lui lancer un regard noir de jalousie.
Flitwick demanda à ses chers élèves de se mettre en binôme avec un camarade de leur choix. Évidemment, Drago se jeta presque sur son ami à lunette afin d'être le prochain à maîtriser le sortilège. Mais aussi parce qu'il aimait être avec le brun si... particulier mais terriblement divertissant.
Et parce que le survivant était un bon pédagogue tandis que Drago n'était pas un troll, le blond fit léviter sa plume assez rapidement.
Un autre Serpentard lui demanda de l'aide à la grande surprise d'Harry. La plupart des membres de sa maison, bien que cordiale, ne s'approchait pas vraiment de lui.
Et lorsque son camarade réussi à son tour, d'autres Serpentard l'imitèrent si bien qu'Harry passait presque de groupe en groupe tandis que le véritable professeur de la classe se concentrait sur les Gryffondor, parvenant, de ce fait, à arrêter Seamus Finnigan avant qu'il ne mette le feu à sa plume.
Ron et Hermione s'étaient malheureusement retrouvés en binôme. Parce que le roux était généralement imbuvable avec tout le monde et que la jeune né-moldu ne rencontrait que des camarades assez… froid, à son égard.
Un comportement prenant source dans plusieurs faits : elle était la plus intelligente et investi en cours ce qui avait pour habitude de refroidir de nombreux enfants de 11 ans. Elle était aussi un peu coincée, il fallait bien l'avouer.
Et surtout, elle était régulièrement aperçue avec Harry Potter dont les Gryffondor ne savaient pas quoi penser. Tantôt l'incarnation du mal absolu et tantôt un élève incroyablement doué et charismatique.
Évidemment, des deux Gryffondor, c'était le roux qui n'arrivait pas le moins du monde à suivre les instructions du professeur.
Hermione était affligée de constater qu'il ne prononçait pas la formule correctement quand bien même ils aient appris la théorie pendant les deux cours précédant. Comment pouvait-on être aussi peu réceptif ?
- Tu prononces mal la formule. L'accent est mis sur le -gar- : Wingardium. Dit Hermione en prononçant correctement pour lui montrer l'exemple.
- Je ne t'ai rien demandé miss-je-sais-tout. Grogna Ron plus qu'exaspérer par tous ceux qui l'entouraient. Fait le puisque tu es plus maligne que tout le monde.
Hermione leva le nez face au défi et remonta faussement ses manches comme pour narguer le roux sous le regard moqueur de Harry et Drago qui observait la scène.
Et au grand mécontentement de Ron. Elle réussit parfaitement.
- Félicitations Miss Granger ! Applaudi Flitwick.
Le jeune Weasley dut se mordre la langue pour ne pas grogner. Pourquoi n'y arrivait-il pas, lui ? Il n'était, en aucun cas, plus stupide que cette maudite Granger !
- Je pense qu'elle n'est pas si détestable que ça lorsqu'elle humilie la petite belette.
- Mon amie n'est jamais détestable, Drago. Lui répondit le survivant avec un regard appuyé.
- Oui, oui…
Harry roula des yeux avant d'aller du côté des Gryffondor. Saluant Hermione avec un sourire avant de l'emmener avec lui vers un autre groupe de rouge et or. Le professeur Flitwick ne faisant pas attention à eux.
Les cours de pratique étaient toujours ponctués de nombreuses balades à travers la classe par un peu tout le monde. Rien d'inhabituelle.
Si Ron avait eu assez de force, il en aurait cassé sa baguette et troué le dos du survivant avec son regard noir. Cependant, il ne fit aucun commentaire.
- Salut Neville. Dit joyeusement Harry, la né moldu sur les talons. Je pense que tu connais déjà Hermione Granger. C'est une de mes amis, elle est vraiment gentille et je suis sûr que vous pourrez vous entendre.
Hermione salua timidement Neville. À part Harry, elle n'avait aucun ami et les Gryffondor lui avaient facilement fait comprendre qu'elle était un peu trop sérieuse pour eux. Pourtant, Neville semblant très heureux de se mettre en binôme avec elle, le sien ayant commencé à discuter avec ses amis habituels à quelques tables de là. Ignorant Neville comme s'il n'avait aucune importance.
Ce que les enfants pouvaient être cruels entre eux. Pensa Harry. Avait-il été ainsi lorsqu'il avait leur âge ?
Une image mentale d'une Hermione de onze ans pleurant dans les toilettes s'imposa à son esprit.
Ouais, il n'avait pas été bien différent…
Neville, maintenant en binôme avec la meilleure élève de Gryffondor, parvient à maîtriser le sort avant Ron ce qui lui redonna confiance en lui. Surtout avec les félicitations du professeur et les encouragements d'Hermione, heureuse d'avoir un ami dans sa maison réceptif à sa volonté de transmettre tout ce qu'elle s'était évertuée à apprendre par cœur.
Le survivant regagna sa place rapidement, sous les coups d'œil curieux ou méfiant des Gryffondor. Peu importe, il était content pour ses deux amis. Il avait peur pour Hermione depuis un moment, remarquant que les Gryffondor la mettaient à l'écart à cause de lui.
Au déjeuner, alors qu'il s'empiffre à nouveau de sucre sous le regard courroucé de Drago et désintéressé de Poudlard qui s'occupait d'une énième histoire d'amour entre élève, Harry repensa aux évènements d'halloween. Le professeur de défense, le troll du professeur de défense et l'aventure dans les toilettes à cause du professeur de défense.
Il soupira de soulagement en se disant qu'il n'aurait pas à l'affronter cette fois et fini son repas satisfait sous le regard blasé de Drago.
Poudlard n'était pas à ses côtés pour une fois. Elle s'intéressait de plus en plus à ses deux petites Poufsouffle de 6ème année qui se regardaient comme si elles étaient à deux doigts de se sauter dessus et de s'embrasser en plein milieu de la Grande Salle. Mais finalement, l'une d'elles se détourna, rougissante.
- Oh, c'est d'un ennui. Mais déclarez-vous bon sang ! Vous n'allez pas y passer l'année ! Cria Poudlard à travers la Grande salle en roulant des yeux. Bien sûr, personne ne l'entendit.
Harry était parvenu à développer une audition sélective et était maintenant parfaitement capable d'ignorer ses éclats aussi soudain qu'aléatoire.
Aujourd'hui serait une bonne journée.
…
Alors comment en est-il arrivé là ? Se battant contre ce maudit troll.
Harry, au déplaisir de Drago se servit immédiatement en sucrerie et dessert lorsqu'ils s'installèrent pour le dîner. Mais pour une fois, c'était parce qu'il savait qu'ils seront interrompus et que s'il n'en profitait pas maintenant il n'en profitera pas de la soirée.
Comme lors de sa première vie, le professeur Quirrell se précipita dans la salle, terrorisé, le turban de travers, haletant qu'il y avait un troll dans le cachot et s'évanouit soudainement.
Comme la première fois, c'est l'apocalypse qui se déclencha face à de telles paroles et comme la première fois, Dumbledore usa de voix et de magie pour revenir au calme.
- Que les préfets escortent leurs condisciples dans les dortoirs de leurs maisons respectives. Tonna le directeur.
Percy Weasley bouscula Harry, ordonnant à qui veux l'entendre de s'écarter de son chemin et de celui des autres Gryffondor.
- Les premières années, restez groupé, vous n'aurez rien à craindre du troll temps que vous serez avec moi.
Harry leva les yeux au ciel avec un sourire. Il doutait que Percy fasse réellement le poids.
- Attention écartez-vous, laissez passer les premières années de Gryffondor. Continua le roux. Allons, écartez-vous, je suis préfet, figurez-vous !
Mais alors que la salle se vidait de ses élèves, Harry remarqua que les Serpentard ne bougeaient pas.
Étonnant, eux qui sont pourtant peu courageux avec un grand instinct de survie. Que leur arrivaient-ils ?
Et l'illumination se fit. Sa nouvelle salle commune était dans les cachots !
Il voulut se tourner vers les professeurs, mais tous étaient partis. Pas un n'était rester pour vérifier que tout irait bien pour les élèves. Même Rogue était parti pour le troisième étage, laissant les Serpentard livrer à eux même sans salle commune sécuriser où se réfugier.
En tant que bon prince, c'est Nerys qui prit les devants. Quelques ordres de sa part, on permit de retrouver le calme parmi les verts et argents, paniqué par le peu de protection dont ils disposaient.
Les ordres étaient simples : les étudiants de 5e, 6e et 7e années devront protéger les années plus jeunes, ne pas quitter la grande salle et resté sur leurs gardes au cas où le troll arriverait jusqu'ici bien que peu probable.
Harry pensa, une fois de plus, à l'irresponsabilité des professeurs. Comment aucun d'entre eux n'a penser aux Serpentard et à leur problème de localisation de salle commune ?
- Tu viens seulement d'y penser aussi. Se moqua Poudlard.
"Je ne compte pas ! Je suis un élève !"
- Eux aussi et pourtant ils ont pensé à toi. Rit l'âme en pointant deux Gryffondor du doigt.
Le survivant remarqua alors que Neville et Hermione étaient encore là. Eux ont pensé au fait que la salle commune de Serpentard se trouvait dans les cachots et étaient restés, inquiets pour leur ami commun.
Les Serpentard les regardèrent d'un œil critique avant de se désintéresser d'eux. Deux Gryffondor dont une né-moldu qui s'inquiétait pour eux… comme c'était étrange et déstabilisant. Potter était vraiment quelque chose.
- Comment un troll a-t-il pu entrer dans le château ? S'étonna Hermione.
"C'est vrai. Comment était-ce possible ?" Pensa Harry.
Le brun n'était pas vraiment inquiet, il savait que le troll se baladait, mais aucune chance qu'il arrive jusqu'à la grande salle. De toute façon, il était bien trop occupé à rassurer ses amis.
Neville tremblait comme une feuille d'avoir non seulement désobéit aux professeurs, mais aussi de se retrouver coincé sans protection maintenant qu'aucun préfet ne pouvait les raccompagner dans la salle commune de Gryffondor.
Hermione était simplement horrifiée d'avoir désobéit aux professeurs. Elle avait agi par instinct tout comme une bonne Gryffondor qui se respectait. Mais elle le regrettait un peu à présent.
Et Drago, bien qu'essayant aux maximums de ne rien laisser paraître, avait peur pour sa vie. Il n'avait aucune chance face à un troll et il le savait. C'est presque inconsciemment que sa main se leva pour s'agripper fermement à la manche d'Harry qui ne fit rien pour s'en dégager.
Non, Harry n'était pas inquiet. Rien n'arrivera pas jusqu'ici si ce ne sont leurs professeurs.
C'est pourtant bel et bien un troll qui fit son entrée en défonçant les portes et non pas les enseignants de Poudlard. Les bruits de pas lourds auraient d'ailleurs dû l'alerter. Tout comme l'odeur à faire vomir une goule qui se répandait de plus en plus dans la grande salle…
Bien que cela aurait pu être Snape tant il lui arrivait d'empester les ingrédients de potion louches.
Les premières années, terrorisées, reculèrent de plus belle alors que les années plus élevées se tenaient devant, formant une ligne plus ou moins compacte.
Mais il fallait bien avouer que les Serpentard n'étaient pas forcément courageux et le syndrome du Héros de Harry se manifesta à nouveau lorsqu'il vit la créature lever sa masse sur Gemma, sa préfète de cinquième année.
Drago tremblait à ses côtés. Hermione était figée d'effroi et Neville était à deux doigts de s'évanouir. Harry se délivra de la poigne de fer que Drago avait sur son bras, se précipita devant Gemma et lança un puissant repulsio pour faire reculer la créature sous le regard choquer des Serpentard. Plusieurs en avaient perdu leur baguette.
Harry enchaîna les sorts, mais il devait avouer qu'un troll des montagnes adulte était un peu plus résistant que prévu. Surtout qu'il voulait s'efforcer de n'utiliser que des sorts de première année. Juste au cas où. Il n'avait pas besoin d'une attention supplémentaire de la part du directeur si cela arrivait jusqu'à ses maudites oreilles qui traînaient partout.
- Locomotor Mortis ! Fit Harry en pointant les jambes de la créature.
Les deux jambes, courtes et épaisses tels des troncs d'arbre, se collèrent entre elles. Mais ses pieds étaient si longs et si larges que le Troll en fut à peine déséquilibré. Cependant, il ne faisait plus attention à ceux qui l'entouraient. Il était bien trop occupé à tenter de décoller ses jambes à l'aide de ses mains.
Voyant qu'il n'arrivait à rien, il grogna et voulu abattre sa masse une nouvelle fois sur les vermines qui l'entourait. Mais au lieu de faire un mouvement de haut en bas, il balaya tout ce qui se trouvait autour de lui avec un mouvement horizontal.
Harry eut juste le temps de repousser deux 4e années d'un mouvement de baguette avant de se baisser pour éviter lui-même la masse. En se relavant, le survivant décida d'arrêter de chercher une autre solution et lança le sort qu'il savait fonctionner.
Il utilisa le sort de lévitation dont Ron s'était servi la première fois et bloqua le troll dans les airs. Lorsqu'il s'agitait un peu trop, le survivant le faisait s'écraser contre les murs pour l'assommer, brisant au passage quelques torches et fissurant légèrement un mur. Poudlard siffla de colère avant de grogner de mécontentement.
- Désolé. Murmura-t-il à l'égard de l'école.
"Je t'ai fait mal ?" Continua-t-il mentalement.
- Nan, j'ai connu pire. Mais ce n'est jamais agréable d'être frappé par un troll. Surtout qu'il laisse des taches suspecte sur mes merveilleuses pierres ! Termina-t-elle en lançant un regard critique sur la marque du mur qui était d'une étrange couleur verdâtre.
"Comment a-t-il pu rentrer de toute façon ? N'y a-t-il pas de protection contre ce genre de… chose ?" Demanda le survivant alors qu'il maintenait le troll assommé dans les airs sous les regards ahuri de ses camarades.
- Les protections se baissent tous les ans le 31 octobre pour les rituels de la nouvelle année.
Harry n'eut pas l'occasion de lui demander de quel rituel elle parlait. Le bruit, les coups contre les murs faisant trembler le château et les cris de rage du troll avaient, sans aucun doute, alerté le corps enseignant irréfléchi qui composait l'école.
Enfin, les professeurs McGonagall, Snape et Quirrell arrivèrent et constatèrent la présence des Serpentard et de deux élèves de Gryffondor. Alors qu'il souhaitait les gronder pour ne pas avoir écouté les directives du directeur, McGonagall cria de surprise en voyant le troll assommé dans les airs et Harry Potter qui le maintenait là avec sa baguette, comme si de rien n'était et sans aucune difficulté apparente.
- Qu'est-ce que c'est que ce désastre ? Qu'est-ce qui vous est passé par la tête ? Demanda-t-elle d'une colère froide.
Harry allait prendre la parole, mais la vielle femme la coupa.
- Vous pouvez vous estimer heureux de ne pas vous être fait tuer. Pourquoi n'êtes-vous pas dans vos dortoirs ? Je devrais vous retirer 50 points pour votre inconscience.
La bouche d'Harry se referma avec un claquement de mâchoire bruyant. Une colère sourde prit la place de son état détaché.
- Mon inconscience ? Demanda-t-il au moins aussi froidement que la directrice de Gryffondor.
Le plafond magique de salle changea pour afficher un ciel nuageux.
Poudlard mit ses bras autour de son corps, mimant une friction comme pour se réchauffer.
- J'ai… j'ai un peu froid là. Dit-elle au vide.
- M. Potter, surveill- Commença Snape, mais Harry l'ignora.
- Peut-être ai-je mal entendu ? Continua Harry alors que la prise sur sa baguette se sera si fort que ses jointures blanchirent. Parlons-nous bien de l'inconscience qui m'a permis de maîtriser un Troll des montagnes adulte dont vous auriez dû vous occuper. Mon inconscience de me souvenir que la salle commune de Serpentard se trouvait dans les cachots, endroit exact ou le professeur Quirrel à indiquer la présence dudit Troll adulte ?
Le professeur McGonagall et le professeur Quirrell le fixaient maintenant comme si une seconde tête lui était soudainement poussée sur l'épaule. Snape quant à lui, fermait les yeux et tenta de calmer sa propre colère face à l'arrogance si évidente de cette version miniature de James Potter.
Les Serpentard quant à eux, reculèrent d'un pas. Laissant leur camarade gérer la situation en espérant qu'il puisse convaincre la vieille McGonagall de ne pas leur retirer de points.
Bien qu'ils doutaient un peu de la technique d'approche du survivant.
Après avoir simplement cligné des yeux, la directrice de Gryffondor se demanda un instant si elle avait halluciné la lueur qu'elle avait vu dans les yeux du garçon.
Le plafond de la grande salle se changea encore pour faire apparaître de gros nuage gris et quelques flocons.
- Winter is comming. Lança Poudlard.
- Parlons-nous de cette inconscience-là, professeur McGonagall ? Ou peut-être parlons-nous de l'inconscience de tous les Serpentard qui ont choisi de rester dans une salle sécurité avec une seule entrée et suffisamment éloigné des cachots pour éviter une rencontre inévitable avec le fameux troll ? Termina Harry avec une voix polaire.
C'était maintenant une tempête de neige en bonne et due forme qui se déroulait au-dessus de leur tête mais seuls quelques Serpentard ayant levé les yeux au plafond purent s'en apercevoir. Poudlard claquait maintenant des dents dans un jeu d'acteur à couper le souffle. Quel dommage que nul ne pouvait apprécier sa performance...
Le bruit brusque du troll s'écrasant au sol fit sursauter la plupart des personnes présentes dans la grande salle alors que Harry baissait sa baguette.
- Dans ce cas… Je pense que 50 points pour Serpentard sont plus… judicieux. Dit Serverus avec difficulté.
Pensez au bien-être de sa maison. Pensez au bien-être de sa maison. Et pas à ce foutu crétin à lunette encore plus arrogant que son foutu paternel.
Son grincement de dents donna quelques frissons désagréables aux Serpentard l'ayant entendu.
Le professeur McGonagall se tourna vers lui, outré.
- Vous plaisantez ?!
- M. Potter a vraisemblablement fait preuve de lucidité comme le reste de la maison Serpentard. Il s'est mal exprimé, sans doute encore un peu secoué par l'attaque du troll. Dont il a dû s'occuper… seul.
Par Hécate, les fondateurs et Merlin, le potionniste ne pensait pas qu'une phrase aussi simple pouvait être une telle douleur dans le cul.
Le professeur de métamorphose lança un regard courroucé à Harry avant de se tourner vers les deux seul Gryffondor présent. Hermione fut la première à s'exprimer sous le regard scrutateur de sa directrice qui demandait des explications.
Explications simples, elle s'est inquiétée pour Harry et a voulu vérifier qu'il irait bien. Neville hochait vigoureusement la tête à ses côtés.
- Il faut beaucoup de courage pour venir en aide à ses amis. J'accorde 20 points pour Gryffondor à chacun de vous. Dit la vieille femme en lançant un regard noir au professeur de potion.
Nul ne saurait dire qui était le plus étonné d'une telle déclaration. Snape, les Serpentard ou Hermione qui ne comprenait pas pourquoi elle était récompensée pour avoir enfreint les règles.
- Parvenir à vaincre à troll adulte seul est assez impressionnant. 10 points supplémentaires pour Serpentard. Dit Snape en rendant un regard sombre au professeur de métamorphose. Il avait complètement occulté le fait d'avoir donné des points à Harry.
Et c'est presque un match de tennis qui s'en suivit. Les élèves tournant leur regard vers chaque professeur à tour de rôle alors qu'ils rajoutaient des points à leurs maisons respectives au compte-goutte pour des raisons aussi futiles que stupides.
Bien que personne ne pouvait dire qui était le plus étonné, il était assez évident de savoir qui était le plus agacé par cette situation.
Harry grogna de colère. Mais Drago lui attrapa le bras avec un mouvement de tête, l'invitant à laisser tomber. Le survivant n'attendit pas d'être renvoyé dans son dortoir pour quitter la grande salle, presque fou de rage, ses amis sur les talons et les Serpentard lui emboîtant le pas quelques instants plus tard. Toujours un peu sonné face à l'étrange retournement de situation qui leur a permis de gagner autant de points…
Le lendemain, il avait un nouveau surnom.
Le chasseur de troll.
Mais lui connaissait la vérité, il devrait être surnommé le maudit.
Ailleurs, c'est-à-dire dans le bureau du directeur, le professeur McGonagall avait une réunion très importante avec Dumbledore.
- Ses yeux étaient rouges, Albus ! S'exclamait-elle. Je ne sais pas ce qu'a ce garçon ! Mais… vous auriez dû le voir ! Il… il était presque effrayant !
- Du calme, Minerva, du calme. Ce n'était sans doute rien. Répondit le directeur avec un léger mouvement de la main.
- Albus. Il ne va pas bien. Pas bien du tout. Quelque chose cloche, enfin !
- Minerva. Nous n'en parlerons plus. Dit doucement le directeur en la regardant par-dessus ses lunettes en demi-lune.
Et juste ainsi, le professeur McGonagall se tut et quitta simplement la pièce d'un pas légèrement mécanique sans protester à nouveau.
