Cette fois je suis en avance ! J'étais inspirée. Vous allez vraiment commencer à sentir les changements de la réécriture à partir de ce chapitre, du moins je l'espère. Je sais que mes lecteurs depuis 2014 sont toujours là et je les remercie pour leur énorme soutien ! Pour les petits nouveaux, n'hésitez pas à me dire vos ressentis en commentaire/review, je prends le temps de répondre ! Bonne lecture à tous.


Teamwork, Partie 1

Chapitre 5 : Deux orphelins

Akillian, Arkadia, Avril 2582 :

Il est un peu plus de sept heures du matin, le soleil vient de se lever et la journée s'annonce froide. Même si c'est la fin de la saison d'hiver sur Akillian, les températures se situent encore entre -10 et 0 degrés. Le vent est très froid et la neige tombe en grande quantité. C'est à cette période de l'année, l'hiver qu'il faut être le plus vigilant sur Akillian, notamment à cause des tempêtes de neige. Fort heureusement les Akilliens sont habitués, leur maison sont bien équipée pour résister au froid et au vent d'une tempête et ils ont des vêtements adaptés pour pouvoir sortir.

Mais bien que ce soit l'hiver, la journée s'annonce belle, le ciel est dégagé et il y a beaucoup de soleil mais le vent, lui est toujours présent et froid. Maya vient de le voir en ouvrant les rideaux de son salon, elle est debout depuis une demi-heure mais elle porte encore sa robe de chambre pour avoir bien chaud. Comme tous les matins, elle se lève avant D'Jok pour lui tenir compagnie pendant son petit déjeuner et vérifier qu'il se réveille pour l'école. Elle vient de faire chauffer le lait et le grille-pain, puis elle ouvre son réfrigérateur pour prendre du jus d'orange, du beurre et de la confiture. C'est en posant tout sur la table qu'elle entend l'escalier grincer, la faisant sourire.

« B'jour maman...

-Bonjour D'Jok ! Et bien tu as eu du mal à sortir du lit ? »

Elle avait dit cela sur un ton de plaisanterie. Elle s'approche de son fils qui a de tous petit yeux pour l'embrasser.

« Oui j'avais la flemme... je n'aime pas le mardi. »

Il s'assoit à table tout en se frottant le visage, visiblement pas du tout réveillé.

« Et pourquoi tu n'aimes pas le mardi ?

-Parce qu'on a deux heures d'histoire pour commencer, Micro-Ice va sûrement vouloir continuer sa nuit, Ahito il dort tout le temps de toute façon et comme la prof' nous a placé, Abby est assise devant. Ensuite j'ai deux heures de physique et en ce moment on étudie l'électricité et franchement l'électricité à part qu'il faut appuyer sur un bouton pour allumer la lumière je m'en fiche carrément. L'après-midi j'ai littérature et ça aurait pu aller vu que j'aime lire mais la prof' a absolument tenu à nous faire lire du Shakespeare et moi la romance dramatique ben ce n'est pas trop mon truc surtout si je dois subir les jérémiades des filles de ma classe. Il y a ensuite la visite médicale obligatoire et enfin deux heures de mathématiques et les maths et bien ça me soûle, surtout que je m'en fiche aussi, donc si je résume, une journée sans sport avec des cours où je m'en fiche... Donc je n'aime pas le mardi.

-Et bien dis donc pour argumenter tu es très fort et je crois que j'ai compris que tu n'aimes pas l'école et que tu préfères de loin le sport mais bon, nous avons eu cette discussion, si tu veux faire une fac, il faut que tu obtiennes tes diplômes et plus vite tu auras des bonnes notes et...

-Plus vite je quitterai l'école…, je sais maman, je sais et les bonnes notes ça m'évite les problèmes avec les professeurs... C'est bon je vais prendre ce petit déjeuner et aller à l'école. »

D'Jok capitule en boudant ce qui fit sourire gentiment Maya qui lui sert son bol de chocolat. Le jeune garçon baille une nouvelle fois et se redresse, il attrape du pain et le tartine de beurre et de confiture avant de le tremper dans son chocolat chaud. Son petit déjeuner le réveille doucement mais sûrement et puis la compagnie de sa mère illumine sa journée. Il aime qu'elle prenne le temps de petit déjeuner avec lui, ça entretient leur complicité. D'Jok aime sa mère, il n'a qu'elle. Il ne sait pas pourquoi il n'a pas de père. Qui est-il ? Où est-il ? Maya ne lui a jamais dis. En fait les conversations au sujet de la famille sont tabou avec sa mère, elle refuse d'en parler et elle est toujours mal à l'aise quand il aborde le sujet. Au final ils n'ont eu qu'une seule discussion quand il avait eu dix ans sur un certain point de sa vie. Les réponses avaient été dur à entendre… mais elles avaient pu expliquer la raison d'une souffrance qu'il ressent depuis toujours. D'Jok sait qu'il a une profonde blessure dans son coeur qui ne pourra jamais cicatriser et sera présente jusqu'à la fin de sa vie mais il peut l'accepter et vivre avec. Cette peine est ce qu'il l'a construit tel qu'il est, elle est également la raison de cette amitié si fusionnelle avec Micro-Ice. Toutefois, tous sujets familiaux sont évités dans cette maison.

Après ce bon petit déjeuner, le jeune homme débarrasse et grimpe de nouveau les marches qui mènent à sa grande chambre. Maya a aménagé tous les combles de sa maison pour son fils depuis l'été dernier, elle sait qu'il va grandir vite et il voit tellement Micro-Ice, Thran et Ahito qu'elle souhaite qu'il ait de la place. De plus pour son adolescence c'est mieux et ça le sera encore plus quand il va devenir majeur. Au moins elle est sûre qu'il va avoir de l'intimité. Et puis D'Jok est son fils unique, elle fait tout pour le combler.

Le jeune homme sait le froid qu'il y a dehors, il prend donc des vêtements bien chauds avant d'aller dans la salle de bain. Au bout d'une vingtaine de minute, il en ressort, prêt pour sa journée, habillé chaudement et un coup de gel dans ses cheveux. Il attrape son sac de cours dans sa chambre ainsi que son holophone et descend. Sa mère l'attend, elle lui donne son carnet de santé pour la visite médicale de l'après-midi, il la remercie et le met dans son sac. Il enfile une grosse écharpe, son manteau et des gants et il embrasse sa mère avant de quitter la maison.

Le froid le frappe tout de suite et il frissonne même dans son gros manteau, qu'elle idée de sortir aussi tôt pour aller à l'école... Il glisse ses mains dans ses poches et commence à avancer. L'école n'est qu'à dix minutes de marche et sur la route il y a le Planète Akillian, ce qui lui permet de récupérer Micro-Ice au passage. Lorsqu'il arrive au bar restaurant, il sort son holophone pour prévenir de son arrivée.

De D'Jok : [7h43] : J'espère que tu es debout !

Le rouquin range immédiatement ses mains dans ses poches pour les garder au chaud et deux minutes plus tard, il voit la porte de l'appartement lié au restaurant s'ouvrir, laissant apparaître un petit brun à peine réveillé et frappé lui aussi par le froid. Il s'approche de D'Jok avec un air boudeur et lui répond :

« Mais oui je suis debout ! Ma mère m'a « aidé » à quitter le lit... »

D'Jok manque d'éclater de rire en imaginant Mana venir dans la chambre de Micro-Ice pour ouvrir les rideaux en grands et tirer la couette.

« Toi aussi tu n'aimes pas le mardi ?

-Bien sûr que non ! Deux heures d'histoire, deux heures de physique, littérature et maths ! Pas de danse et avec la neige, les terrains extérieurs sont fermés ! C'est trop nul !

-Nous sommes bien d'accord... »

Les deux amis soupirent à l'unisson avant de marcher vers leur établissement scolaire, il ne faut pas qu'il soit en retard, ça serait dommage d'avoir des ennuis dès le début de la journée. Ils marchent donc tranquillement et en silence, comme ils ne sont pas très bien réveillés, ils ne se parlent pas trop pour le moment, profitant du bruit de leurs pieds dans la neige et des magasins qui s'ouvrent doucement. Comme d'habitude le collège-lycée est bien animé, les populaires sont assis devant la statue de la cour pour rappeler leur position dans la « hiérarchie ». D'Jok sourit en se rappelant qu'avec Abby ils ont eu la meilleure note de devoir-binôme. D'ailleurs Ted et Mina ne l'ont pas digérés. Chaque fois qu'ils les croisent, D'Jok peut voir que leurs yeux lancent des éclairs.

La sonnerie de rappel à l'ordre n'a pas encore retenti donc il y a beaucoup de monde dehors, à l'entrée et dans le hall principal, discutant entre eux. Mais les deux garçons ont hâte de se mettre au chaud, ils rejoignent donc l'étage où se déroule leur cours, Abby s'y trouve déjà, assise à même le sol, les jambes croisées et lisant un livre. Micro-Ice se pense pour l'embrasser amicalement et la salue en premier.

« Salut ma belle tu vas bien ?

-Salut les garçons ! Oui ça va, comme un mardi... pourquoi les cours intéressant sont l'après midi... ?

-Parce que tu aimes Shakespeare toi ?

-Shakespeare grand dieu D'Jok, non. Les filles qui gémissent devant la romance dramatique c'est ennuyeux mais je cache toujours un bouquin entre les pages de celui de Shakespeare donc je peux lire ce que je veux !

-Je ne savais pas que notre chère Abby était rebelle ! »

La taquinerie de Micro-Ice fait sourire la blondinette, ce dernier l'aide à se relever ce qui lui permet d'embrasser D'Jok pour le saluer à son tour.

« Il faut bien imaginer et puis les mathématiques sont l'après-midi aussi, j'aurais préféré ce matin car pour de l'histoire je galère à me lever...

-On a tous un point commun, on déteste l'histoire...

-Salut les gens ! »

Les trois amis se retournent pour accueillir Ahito, lui aussi ne semble pas vraiment réveillé mais il ne lui faut pas le syndrome du mardi pour ne pas être réveillé, à partir du moment où il se lève à une heure inférieure à quatorze heures, il n'est jamais réellement présent. Il salue par des poignées de mains et des embrassades ses amis et s'étire. Il aurait pu s'endormir mais la sonnerie lui vrille les tympans, le faisant grogner.

« Qui a eu cette idée sérieusement...

-Les écoles en général.

-Ouais et bien c'est nul. »

Ses trois amis rigolent à sa remarque et entrent dans la salle de cours. Comme prévu, ils sont placés et Abby est assise devant au premier rang, ce qui la fait bouder d'ailleurs, elle n'aime pas être séparée des garçons. Désormais l'amitié est tellement actée, qu'ils sont un groupe de cinq pour tout. Les garçons sont assis tout au fond, Ahito est contre le mur et D'Jok est à sa droite alors que Micro-Ice est à la sienne. Presque immédiatement le narcoleptique national pique du nez, ou plutôt de la tête sur la table, ce qui fait soupirer D'Jok, ce n'est pas avec lui qu'il va passer le temps.

L'enseignante arrive, elle salue les élèves et commença tout de suite son cours. La première heure est d'un ennui profond, Micro-Ice s'endort au bout de cinq minutes ce qui désespère D'Jok mais heureusement pendant la deuxième heure, il réussi à maintenir son meilleur ami éveillé pour jouer au pendu ou à la bataille navale, ça passe le temps. Puis le cours de physique est arrivé et là c'est pire, D'Jok a envie de se suicider quand le professeur annonce toutes les lois d'électricité, c'est d'un ennui... en plus ça ne sert rien.

« Hey les gars, maintenant quand je vais allumer la lumière de ma chambre je vais me dire : ah tient, je viens de faire U = RI ».

Sa blague dit sur un air de désespoir manque de faire exploser de rire Micro-Ice et Abby, Ahito étant trop endormi ne l'a pas entendu, les deux jeunes adolescents se cachent pour ne pas se faire griller par le professeur. Puis ils reprenent leur calme et Micro-Ice commence à se gratter le front avec son crayon et demande en chuchotant et avec un air innocent :

« Dis Abby, comment on passe de U = RI à U /I = R ?

-C'est mathématiques !

-Oui c'est ça, c'est un produit en croix, tu sais que lorsque tu as des fractions, ce qui est en haut ce multiplie avec ce qui est en bas de l'autre côté du signe égal !

-Ainsi tu obtiens U = RI équivaut à U/I = R ou encore U/R = I !

-Ahhhh ça y est les matheux sont réveillés... »

Car oui, D'Jok a raison, Abby et Ahito sont déclarés les têtes de maths de leur classe. Leurs examens blancs de février se sont soldés par un dix-neuf pour Ahito et un vingt pour Abby enfin... la blondinette possède un petit secret sur cette note. Le cours continue et si la première heure est théorique, la deuxième prolonge le cours par un travail pratique. Le but est de vérifier la loi d'Ohm grâce à une ampoule, un générateur et un ampèremètre. Mais voilà, comme D'Jok s'ennuie depuis un peu plus de trois heures maintenant, il ne peut pas s'empêcher d'augmenter les ampères sur le générateur faisant péter l'ampoule. Micro-Ice sursaute alors qu'Abby crie. Ahito explose littéralement de rire face à la bêtise de D'Jok car il doit admettre qu'il y a pensé lui aussi mais étant plus sage n'a pas osé. Il faut reconnaître que les têtes de Abby et Micro-Ice sont juste magiques. D'Jok se fait sermonner et reçoit l'ordre de faire un compte rendu pour la fin du cours. Mais il doit reconnaître que ça l'a bien amusé. À la fin de l'heure et en sortie de cours et jusqu'à la cantine il en rigole encore avec Ahito alors que les deux autres boudent toujours, car ils ont eu peur. Thran les rejoint à table et voit tout de suite le fou rire chez les deux garçons.

« Qu'est-ce qu'il vous fait rire ?

-On faisait un TP d'électricité et D'Jok a augmenté les ampères !

-L'ampoule a grillé ?

-Ouais d'un coup ! Et Micro-Ice et Abby ils ont bondit c'était trop drôle !

-Non ce n'était pas drôle !

-Ahhhh si ça avait l'air ! Je suis déçu de ne pas avoir vu cela ! »

Micro-Ice et Abby boudent encore plus, vexés de ne pas être soutenus par Thran mais avec du recul, eux aussi pensent que c'était une bonne blague, plus tard ils en rigoleront. La pause de midi se passe comme tous les jours, dans la joie et les rires, c'est à ce moment-là de la journée qu'ils sont le plus complice, qu'ils apprécient le plus leur temps ensemble. La suite de la journée est tout aussi ennuyeuse, surtout la littérature à cause de Shakespeare... la visite médicale encore plus, car comme il est mentionné dans son dossier qu'il a été atteint de la mystérieuse grande Fièvre dix ans en arrière, il doit ramener le dossier médical de sa mère pour vérifier les antécédents, donc ça implique une autre visite le lendemain pour lui, ce qui le fatigue encore plus. Quant aux mathématiques, ça aurait pu être juste passable si le professeur n'avait pas eu l'idée de donner un devoir maison... Quelle galère.

Le lendemain D'Jok se lève un peu plus motivé, le mercredi est toujours une meilleure journée, non seulement car il n'y a cours que le matin mais en plus il y a athlétisme l'après-midi. Il peut également sortir avec ses amis pour une bonne partie de football ou pour faire du magnetboard. Les cours sont intéressant, biologie durant deux heures et les cours sur le corps humain intéressent D'Jok vu qu'étant très sportif il aime bien savoir comment son corps fonctionne et ensuite c'est deux heures de zaelien. Ce n'est plus un secret pour personne que son niveau en langue est bon. Puis avant le déjeuner D'Jok retourne à sa deuxième visite médicale et là un drame se produit pour lui...


Akillian, Arkadia, Avril 2582 :

Mercredi soir, Maya rentre de quelques courses, elle a travaillé toute la journée, offrant sa divination à plusieurs personnes puis elle est partie vite fait au supermarché. Quand elle ouvre la porte d'entrée et pénètre dans le salon elle est surprise de trouver la maison étrangement calme, surtout qu'elle remarque les baskets de son fils à leur place. À cette heure-là, il est souvent sur son holo-ordinateur en vidéoconférence avec Micro-Ice mais là il n'y avait pas un bruit. Peut-être qu'il lit un livre.

« D'Jok tu es là ? »

Elle n'obtient aucune réponse mais à la place elle voit son fils descendre lentement l'escalier qui mène à sa chambre et elle est tout de suite attirée par le visage de son fils, il semble déchiré, paniqué, perdu et en même temps en colère. Son instinct maternelle lui déclenche de la panique.

« Qu'est-ce qu'il se passe ?

-Aujourd'hui j'ai eu ma visite médicale, ma deuxième visite... comme tu étais sortie avec Mana hier soir, j'ai pris ton dossier médical pour l'apporter à l'infirmière car elle avait besoin de mes antécédents et tu sais ce qu'elle m'a dit... elle m'a dit mot pour mot : mais mon cher D'Jok quand je demande les antécédents, il faut me ramener le dossier médical de ta mère biologique ! ».

Le temps s'arrête d'un coup, le coeur Maya rate un battement, sur le moment elle ne peut sortir aucune réponse tant elle était surprise, surtout que D'Jok la fixe droit dans les yeux. En voyant la réaction de Maya, ses yeux ambres qui fuit son regard, la manière dont elle déglutit et son absence de réponse, D'Jok à peur de comprendre. Son rythme cardiaque s'emballe, une vague de chaleur se déverse dans son corps à cause de la peur qu'il ressent soudainement.

« Quoi parce que c'est vrai en plus ?

-D'Jok je...

-C'est quoi cette histoire ? Tu n'es pas ma mère ? »

Le mal-être s'empare de Maya, elle savait qu'un jour il faudrait aborder ce sujet mais elle n'a jamais trouvé le moment, ni même le courage. Elle n'a jamais su comment en parler. Elle a toujours eu peur. Peur que la vérité face souffrir son garçon, peur de le perdre aussi , qu'il fasse une crise identitaire et la rejette. Peur de sa réaction. Surtout qu'elle connaît bien D'Jok, quand celui-ci se met vraiment en colère, il perd le contrôle sur ses mots, ses pensées et parfois ses gestes et c'est dur de le maîtriser. Dans le groupe les plus caractériels ont toujours été D'Jok et Ahito, mais si Ahito est plutôt explosif quand il s'énerve, D'Jok lui est très froid, cinglant même et ça Maya et c'est rarement évident d'y faire face. Toutefois, il n'y a plus le choix désormais, elle ne peut plus remettre ce sujet au lendemain, elle n'aurait jamais du… maintenant elle est dos au mur et son unique solution est de dire la vérité. D'expliqué la vérité sur une partie de la vie de D'Jok.

« D'Jok je vais t'expliquer, s'il te plaît calmes toi chéri !

-Me calmer ? Mais comment veux-tu que je me calme ! Je viens d'apprendre que tu me mens depuis quatorze ans !

-Je ne savais pas comment te le dire, ce n'est pas simple du tout ! Je ne trouvais pas le bon moment pour te le dire afin que tu le prennes bien !

-Que je le prenne bien ? Tu n'es pas ma mère ! Comment je peux bien le prendre ? Maintenant je comprends pourquoi les sujets familiaux sont interdis, pourquoi tu ne me parles pas de mes origines, de mon père... c'est qui ? Le boulanger en face, ou encore le maçon ou le directeur de l'école ? Ou un mec qui en avait rien à faire et qui m'a abandonné ou il est mort ? Et ma vraie mère ? C'est qui ? Où est-elle ? Pareil une femme qui ne voulait surtout pas tomber enceinte ou elle est morte elle aussi ou pire c'est peut être une...

-D'Jok calme-toi ! Ce n'est rien de tout cela ! Je vais t'expliquer plus tard. Là ce que je veux que tu comprennes c'est que même si je n'ai pas trouvé le moment pour te le dire, je n'ai jamais fais semblant de t'aimer !»

Le cœur de D'Jok se serre encore plus. Il n'arrive pas à croire que Maya lui cache tant de chose. Ou du moins il ne veut pas le croire. Ce n'est pas possible. C'est un cauchemar et pourtant elle ne dit rien qui contredit le fait qu'il n'est pas de son sang et de sa chair. La peur qu'il ressent se transforme en colère, son cœur bat très fort, il transpire et il tremble, il veut hurler, pleurer et frapper. Ses yeux se remplissent de haine, il perd tout rationalité, son mental est persuadé que sa vie n'est qu'un tissu de mensonge et il dirige sa haine vers la femme en face de lui.

« Mais arrêtes de me dire de me calmer ! Tu n'es pas ma mère apparemment alors ne me donnes pas d'ordre ! »

Voilà à quoi ressemblait D'Jok quand il est en colère, c'est froid, blessant, ses mots sont déchirant. « Tu n'es pas ma mère » donne l'effet d'un coup de couteau pour Maya, elle ferme les yeux sous la douleur mais les rouvre tout de suite, elle doit reprendre la situation en main.

« D'Jok, je te jure que je comptais te le dire un jour, je ne savais pas comment, c'est très dur à dire, j'avais peur de te bouleverser et vois-tu je t'aime et...

-Arrête ! Arrête, tais-toi ! »

Il vient de hurler ces mots en se prenant la tête dans ses mains. C'est visiblement impossible de le résonner, il est sous le choc de la nouvelle et lui parler maintenant ne sert à rien. Maya se sent très mal pour lui, elle le voit se tenir les cheveux, se les arrachant presque, ses yeux verts s'humidifient, sa respiration s'accélère, il souffre et sa colère lui fait encore plus de mal. Maya souhaite qu'il comprenne que même si elle l'a adopté, il reste son fils et elle l'aime. Elle s'approcha donc de lui pour le prendre dans ses bras mais la réaction qu'il reçoit n'est pas du tout celle à laquelle elle s'attend. Il hurle et se recule d'un coup, ce qui met Maya dans un état de choc à son tour.

« NE ME TOUCHE PAS ! »

Sentant qu'il perd tout contrôle, le jeune homme attrape son manteau et ses chaussures avant de sortir en vitesse, il claque la porte derrière lui et part en courant. Face à cette réaction, Maya sent son cœur se briser, elle s'effondre à même le sol en larmes, jamais elle n'a voulu qu'il l'apprenne de cette manière. Elle qui a toujours repoussé le moment de lui dire par peur de le perdre, elle réalise qu'elle a créé cette situation dû à son manque de courage.

Le jeune garçon court comme un dératé, il n'a pas pris le temps de mettre une écharpe et des gants, du coup ses mains sont gelées et sa gorge le brûle à cause du froid, surtout qu'il respire très vite vu le sprint qu'il pique. Il pleure, ses yeux déborde de larmes sous une telle émotion et ça l'empêche de voir correctement. Plus d'une fois il manque de percuter quelqu'un mais il esquive au dernier moment, ne s'excusant pas au passage. Il déteste le monde entier, il en veut à sa mère, non ce n'est pas sa mère... Il en veut à Maya, toute son existence vient de se briser d'un coup, sa vie n'a plus de sens, il se sent rejeté, il a la nette impression d'être une erreur. Déjà que lui a eu le droit de vivre alors que… alors que… lui n'a pas eu cette chance… D'Jok secoue la tête, s'il pense à ça en plus, il va devenir fou.

Pour ne pas succomber dans la pire des pensée c'est à dire l'inutilité de la vie, il court vers la seule chose qui peut lui prouver que son existence a encore un sens. Sa course le mène au Planète Akillian. Il rentre dans le restaurant, ignore les gens qui sont surpris de voir un adolescent rentrer en trombe et courir au milieu des tables et des serveurs et sprint vers l'arrière de la boutique pour grimper les marches et aller directement à la chambre de Micro-Ice. Il tambourine comme un fou à la porte de ses poings, la faisant trembler, puis au bout de quelques secondes, la porte s'ouvre, laissant place à un petit brun surprit mais en même temps inquiet, ne comprenant pas un tel raffut. Seulement quand il voit dans l'état qu'est son meilleur ami il panique immédiatement.

« D'Jok ? Mais qu'est-ce qu'il se passe ? Pourquoi tu as cogné comme cela ?

-Bon sang Mice tu ne vas pas le croire... »

A bout de force suite à sa course effrénée et la cascade d'émotion, il s'effondre presque mais heureusement il se tient à la porte. Cela n'arrange pas du tout l'inquiétude de Micro-Ice.

« Qu'est-ce qu'il y a ? Hey ça va, on dirait que tu as du mal à respirer ? Mais bon sang tu... TU PLEURES ? Viens rentres ! Viens t'asseoir ! »

Le petit brun est au bord de l'infarctus, il est dépassé par la situation, toutefois il aide D'Jok à rentrer dans sa chambre. il ferme tout de suite la porte à clé pour être sûr de ne pas être dérangé. D'Jok ne veut sûrement pas que Mana le voit ainsi puis il l'aide à s'asseoir sur son lit.

« Tu veux quelque chose ? De l'eau ou... je ne sais pas... »

Le rouquin enlève ses chaussures et son manteau et s'assoit en tailleur sur le lit, attrapant un oreiller pour le serrer contre lui, les larmes coulent encore. Micro-Ice se place à côté de lui en tailleur également.

« Sérieux tu me fais peur ! Qu'est-ce qu'il y a ?

-C'est Maya...

-Ta mère ? Qu'est-ce qu'elle...

-CE N'EST PAS MA MÈRE !

-Whoa calme-toi ! Okay ce n'est pas ta... DE QUOI ?

-Aujourd'hui j'ai eu mon rappel de visite médicale, l'infirmière avait besoin de voir mes antécédents alors j'ai ramené le dossier de ma... de Maya et elle s'est moquée de moi en disant que c'est celui de ma mère biologique qu'il fallait que j'amène... »

Micro-Ice est littéralement sous le choc, il n'en renvient pas. Maya n'était pas la mère de D'Jok ? Elle l'a adopté et il ne l'a jamais su ? Ce n'est pas possible, on est en train de lui faire une mauvaise blague. Après cette phase de surprise, il se sent soudainement mal pour son meilleur ami, il n'imagine pas ce que ça fait de l'apprendre par quelqu'un d'autre et de manière moqueuse en plus... Ce n'est pas juste, déjà qu'il n'a pas de père alors le fait d'apprendre que sa mère n'est pas vraiment sa mère doit vraiment être très dur... Son état le démontre bien, il serre l'oreiller contre lui comme un petit enfant et il pleure. C'est la première fois que Micro-Ice voit son meilleur ami pleurer, d'habitude il est plutôt fort et protecteur et le pleurnichard c'est lui. C'est ce qui rend la situation encore plus dur à encaisser. Micro-Ice se mord la lèvre inférieure et finalement il se rapproche de D'Jok pour le prendre dans ses bras.

« Aller ça va aller, je suis là...

-Ouais... ouais heureusement que tu es là... je ne sais plus quoi penser de ma vie sérieux...

-Ta vie a du sens, à mes yeux en tout cas. »

Les mots de Micro-Ice réconfortent D'Jok, alors que Maya s'est entêtée à le calmer, le petit brun est plus subtile en le laissant se lâcher un peu et en lui remontant le moral avec de belles paroles et son amitié. Il n'y a pas à dire, seul Micro-Ice le comprends et le connaît aussi bien, en quelques minutes il réussi à le calmer. Il se détache de D'Jok et lui offrit un sourire.

« Je vais chercher des pizzas au Planète et on se regarde un film, tu restes dormir si tu veux !

-Oui d'accord... »

Micro-Ice saute du lit et court en dehors de la chambre, D'Jok lui inspire un bon coup et se laisse tomber sur le lit. Il prend son holophone et il notifie qu'il a plusieurs message de sa mère... non ce n'est pas sa mère. Il ne veut même pas les lire et il sait qu'après les messages vient les appels et il ne veut pas affronter cela. Alors il choisit la facilité et éteint son holophone, au moins il va être tranquille. Par la suite il ferme les yeux et attend le retour de son meilleur ami.

Micro-Ice lui, vient de commander des pizzas au restaurant mais il profite de l'attente pour se calmer et aussi se raisonner. Il n'est pas idiot, connaissant D'Jok au vu son état à son arrivée, il a sûrement dû faire une grosse crise de colère contre Maya. Il sait que sa mère est la meilleure amie de la mère de D'Jok, si cette histoire est vraie, elle le sait. Mais en la voyant courir au milieu des tables pour servir tout le monde, il constate que ce n'est pas le moment d'avoir cette discussion avec elle. Il a tout de même une pensée pour Maya, elle doit être très mal et surtout en panique alors il décide de prendre le téléphone et compose son numéro.

« Allô... ?

-Maya ? C'est Micro-Ice !

-Oh bon sang ! D'Jok est chez toi ?

-Oui il est chez moi. Écoutez je viens d'apprendre pour... pour vous deux, il va rester chez moi quelques jours le temps qu'il se calme donc rassurez-vous il n'est pas en fugue. Mais laissez-lui du temps, ça à l'air d'être dur pour lui, je vais essayer de lui parler, je vous le promets !

-D-d'accord... merci Micro-Ice ! Oh merci ! Veilles bien sur lui s'il te plaît !

-Mais oui ! Promis ! »

Le petit brun raccroche en soupirant et prend les pizzas qui vient d'arriver. Il fait un petit signe à sa mère au passage et remonte dans sa chambre. D'Jok n'a pas bougé, il est toujours sur le dos, à regarder le plafond mais le bruit que fait Micro-Ice en entrant dans la chambre le fait réagir. Il tourne la tête et le voit avec ses deux pizzas sur les mains, il soupire une nouvelle fois et se redresse, prenant sa part.

« Tu veux regarder quoi ? Il y a les Rickers contre les Cyclopes ce soir si tu te rappel !

-Ah oui tient... j'avais oublié et bien on a qu'à regarder le match. »

Micro-Ice perçoit le manque de motivation dans la voix de D'Jok mais en même temps c'est difficile de le blâmer pour ça. Il allume tout de même l'holovision dans sa chambre pour mettre le match, c'est un match amical, rien de très impressionnant mais pour eux qui ne peuvent pas pratiquer le Galactik Football vu qu'ils n'ont pas de fluide, ça reste impressionnant. Ils regardent ensemble le match en mangeant tranquillement, le petit brun fait des commentaires de temps en temps pour divertir D'Jok mais en vain, il regarde le match sans être dedans... Alors Micro-Ice finit par abandonner laissant son meilleur ami tranquille pour le moment. Le match se termine par une victoire des Rickers, 2-0, Kernor est un vrai mur et les cyclopes se sont fait promener. Il est tard, un peu plus de vingt-trois heures, il y a cours le lendemain et puis D'Jok semble vraiment épuisé... Micro-Ice possède lui aussi un lit double et depuis toujours quand l'un des garçons dort chez l'autre, ils ont trop la flemme d'installer un deuxième lit. D'Jok se couche dans l'autre place du lit et il se tourne vers la fenêtre pour regarder les étoiles, ça le détend un peu, il aime tellement les étoiles, sûrement parce qu'il veut en être une.

Et plus tard, il sera l'une des plus grandes de la galaxie.

« D'Jok... ?

-Mhh ?

-Tu veux qu'on en parle ?

-Pour dire quoi...

-Je ne sais pas... Mais tu ne pourras pas éternellement rester ici... je veux dire, nous ne sommes pas majeur alors...

-On peut en reparler demain ? En fait ce n'est pas que je n'ai pas envie de t'en parler mais juste... pas ce soir... okay... ?

-D'accord. Essaye de dormir, tu auras les idées plus claires demain.

-Oui sûrement...

-Et si tu ne te sens pas bien durant la nuit, je suis là !

-Tu parles... tu dors tellement profondément que même une avalanche sur ton appartement ne te réveillerait pas !

-Ah ah je vois que tu as toujours ton humour !

-Oui... ça doit être toi qui me fais cet effet là...

-C'est à ça que sert les meilleurs amis !

-Mhh... Heureusement que je t'ai... bonne nuit Mice.

-Bonne nuit D'Jok. »

D'Jok ferme les yeux et serre l'oreiller, il essaye de se détendre pour trouver le sommeil mais en vain, il a encore envie de pleurer et de hurler et en même temps. Au fond de lui il sait que Maya est en train de culpabiliser et qu'elle doit être morte d'inquiétude et ça lui pince le cœur. Il se sent si mal... Au bout d'un moment il soupire et se tourne sur le dos pour regarder le plafond, il penche la tête sur le côté et voit que Micro-Ice bave sur son oreiller, lui au moins il dort. Le rouquin ferme les yeux et écoute la respiration de son petit frère de cœur, ça l'apaise et au bout d'un moment sa respiration se cale sur la sienne ce qui lui permet de trouver le sommeil à son tour.

Le lendemain, le réveil est très dur et surtout très désagréable, la sonnerie stridente sort D'Jok de son sommeil de façon brutale, déjà qu'il a passé une nuit agitée, là c'est la cerise sur le gâteau, il attrape son oreiller et le plaque sur sa tête. Il sent du mouvement à côté de lui, Micro-Ice bouge pour éteindre cette saloperie d'appareil et allume sa lampe de chevet avant de s'effondrer de nouveau sur son lit. Il se tourne sur le dos et regarde D'Jok qui enlève l'oreiller de sa tête pour laisser apparaître de grosses cernes et le visage encore marqué par la douleur, le coeur de Micro-Ice se pince.

« Tu veux qu'on sèche ? Je peux sécher avec toi si tu veux ! »

D'Jok doit reconnaître qu'il pèse le pour et le contre, il n'a aucune envie d'aller en cours et Micro-Ice se propose de rester avec lui mais au bout d'un moment il soupire.

« Non... Thran, Ahito et Abby vont s'inquiéter...

-Tu comptes leur dire ?

-Pas maintenant... je n'ai pas envie de voir de la compassion, je préfère qu'ils soient comme d'habitude, ça va me remonter le moral.

-D'accord... Tu peux aller à la salle de bain en premier, je vais préparer le petit déjeuner, ma mère doit encore dormir, le service d'hier s'est prolongé je pense. »

D'Jok acquiesce positivement et reste au lit encore quelques minutes avant de se décider à se lever pour aller vers la salle de bain. Lorsqu'il se voit dans le miroir, il se sent encore plus mal, il est très pâle et ses yeux sont gonflés, il ressemble à un zombie... Il préfère éviter son reflet et se prépare vite fait avant de rejoindre Micro-Ice. Ils prennent leur petit déjeuner ensemble et Micro-Ice se dépêche de se préparer lui aussi pour ne pas les mettre en retard puis ils partent en cours.

En arrivant à l'école, D'Jok essaye d'être le plus naturel du monde. Il se force à sourire, il reste poli et place une blague par ci ou par là mais Abby et Ahito ne sont pas aveugle, ils crament le fait qu'il y a une problème dès les premières minutes. Entre le visage fatigué et peiné de D'Jok et le regard fuyant de Micro-Ice qui joue à celui qui n'est au courant de rien, ils ont tout de suite comprit que D'Jok ne va pas bien. À la pause du déjeuner, Thran le remarque rapidement lui aussi mais comme le rouquin n'en parle pas, ils n'essayent pas de demander, se disant qu'il va le dire quand il sera prêt, les trois amis prennent donc sur eux.

Pourtant le mal être de D'Jok dure pendant plusieurs jours, durant le week-end, il reste silencieux. Son holophone est toujours éteint, il ne voit pas les messages de ses amis. Il refuse la sortie magnetboard des frangins et pour ne pas le laisser seul Micro-Ice refuse lui aussi. Ils n'en faut pas plus à Thran et Ahito pour comprendre que c'est vraiment grave. Ahito étant très proche d'Abby depuis le début, il lui en fait part par message, la jeune fille propse à D'Jok de faire le devoir maison de maths ensemble qu'on leur a imposé par message mais sa demande reste sans réponse.

Thran, Ahito et Abby mettent vite les pièces du puzzle en place et déduisent qu'il y a un secret entre D'Jok et Micro-Ice. Le rouquin ne quitte le domicile de son meilleur ami, depuis le mercredi précédent, il ne veut pas rentrer chez lui. Lundi arrive, D'Jok se présente en cours toujours en faisant l'air de rien mais là plus question aux trois autres de rester sans rien faire, si D'Jok ne veut pas parler, ils sont bien décidés à obtenir la vérité d'une autre manière.

Le lundi soir, c'est le rendez-vous de sport. Ahito et Micro-Ice vont à la danse alors que Thran et D'Jok vont à l'athlétisme seulement le rouquin prétexte qu'il est très fatigué et fait mine de rentrer chez lui. Bien entendu il prend ce n'est pas ce qu'il compte faire. Fatigué pour de l'athlétisme ? D'Jok qui n'a pas de motivation pour aller au sport. C'en est trop pour les trois adolescents, ils se regardent et rattrape Micro-Ice qui une fois de plus s'arrange pour esquiver le sujet. Arrivé à sa hauteur, Ahito est le premier à se lancer.

« Hey ! Tu pars bien vite Mice !

-Ouais j'ai raté le cours de jeudi dernier, alors il faut que je rattrape ! Abby, Thran vous venez avec nous ?

-Ben oui, pourquoi ça te déranges si on vient avec toi ?

-Non bien sûr que non Abby, mais… vous n'avez rien à faire ?

-Et toi ? Tu n'as rien d'autre à faire ?

-Thran je vais juste à la danse, qu'est-ce que...

-Okay on arrête de jouer. »

Le ton d'Ahito traduit clairement sa colère et tout le monde sait qu'il ne fallait pas l'énerver, Micro-Ice en particulier vu que c'est son ami. D'ailleurs il soupire, il a bien compris dès le début leur petit jeu mais il a tenté tant bien que de mal d'esquiver le sujet. La voix d'Ahito monte d'un cran lorsqu'il insiste:

« Qu'est-ce qu'il se passe Mice ? »

Micro-Ice se tourne vers ses trois amis et il voit bien que derrière leur expression en colère se cache une profonde inquiétude. Il soupire une nouvelle fois et se gratte la tête avant de cracher le morceau.

« Maya n'est pas la mère biologique de D'Jok.

-Quoi ? »

Ils ont réagit en même temps, surprit par ce que Micro-Ice vient de lâcher. Leurs yeux sont grands ouverts.

« Il l'a appris la semaine dernière durant la visite médicale, l'infirmière voulait voir ses antécédents alors il a ramené le dossier de Maya et elle lui a dit que c'était les dossiers des parents biologiques qu'il fallait amener, sauf qu'il ne savait pas lui-même qu'il avait été adopté... ça l'a bouleversé alors il a fugué chez moi... »

Un malaise s'installe. Durant ce silence les trois amis ne savent pas quoi dire ni quoi faire. ils sont bouleversés, ce n'est pas le genre de chose qu'ils ont imaginés et ils sont à mille lieux du mal-être réel de D'Jok, une souffrance sans nom. Pour que Micro-Ice n'arrive pas à lui redonner le sourire c'est qu'il n'arrive pas à remonter la pente et pourtant Micro-Ice lui parle tous les jours mais en vain... D'Jok se sent trahit et abandonné, pire, non désiré… Après quelques minutes de silence, Thran est le premier à réagir.

« Sérieusement..., j'ai toujours vu Maya s'occuper super bien de lui, comment on aurait pu se douter que... que ce n'est pas sa mère... ?

-C'est vrai, ça se voit qu'elle l'aime et que pour elle c'est son fils alors comment... ?

-Je ne sais pas, peut être que ses vrais parents ne pouvaient pas s'occuper de lui ou pire. Ma mère est la meilleure amie de Maya, elles se connaissent depuis bien avant notre naissance, donc je lui en ai un peu parlé. Elle m'a répondu qu'elle le savait et qu'elle a vu Maya le porter alors qu'il n'avait que quelques semaines. Le truc c'est qu'il est né à peu près au même moment que la grande Glaciation, le 14 juin donc ma mère ne sait pas exactement depuis quand Maya l'a, peut-être qu'elle l'a sauvé alors que Akillian était en train de geler et qu'elle l'a protégé le temps d'être secouru et depuis elle ne s'en est pas séparé... Je n'en sais pas plus et je dois dire que ça ne nous concerne pas plus que cela tant que D'Jok décide de na pas nous en parler. Mais il le vit vraiment mal car pour lui elle est sa vraie mère... »

Tout le monde baisse les yeux après le récit de Micro-Ice et ce dernier est bien content que ses amis ne lui posent pas plus de question. Il reste vague dans ses révélations tout en dévoilant le sujet principal qui tourne de Maya. Pour le reste, Micro-Ice a fait une promesse et il ne souhaite vraiment pas que ses amis comprennent qu'il en sait plus. Une fois la pilule passée, Ahito réagit, sa voix est dénuée de toute colère, elle est plutôt brisée désormais :

« C'est vraiment triste… Qu'est-ce qu'on peut faire pour lui... ?

-Je ne sais pas, j'essaye depuis jeudi dernier, j'arrive à le soutenir mais pas à lui remonter le moral... »

Le malaise s'intensifie. Personne ne sait quoi dire une fois de plus, ils ont vraiment de la peine pour leur ami mais ils ignorent quoi faire pour l'aider, alors ils se résignent tous à retourner à leur occupation. Micro-Ice et Ahito prennent la direction de leur club de danse alors que Thran et Abby ne bougent pas. Finalement Thran soupire et fait demi-tour pour prendre la direction du terrain d'athlétisme.

« Je dois y aller, mon coach n'aime pas trop qu'on soit en retard, je vais trouver une excuse à l'absence de D'Jok.

-D'accord..., bye Thran.

-Bye ma belle. »

Abby se retrouva seule avec comme seul ami le silence, de tout le groupe, elle est sûrement celle qui a le plus de peine pour D'Jok et il y a une raison bien valable derrière cela. Elle réfléchit quelques instants avant de bouger à son tour, mais non pas dans la direction de sa maison.


Akillian, Arkadia, zone centre, quartier étudiant, faculté de sport :

D'Jok est assis sur l'un des bancs de la faculté, en cette journée de fin d'hiver, il fait encore froid mais il est bien couvert et peut rester dehors sans geler. Il observe les étudiants aller et venir dans la faculté. Il y en a de tout type, des basketteurs, des skieurs, des joueurs de hockeys, des patineurs artistiques, des danseurs et bien d'autres mais... pas de footballeurs... la section football est fermée depuis quatorze ans maintenant, tout comme le grand stade qui se fige dans le temps sous une couche épaisse de neige et de glace.

Cela fait encore plus de mal à D'Jok car c'est là qu'il veut faire ses études. Il ne sait pas quoi faire de son avenir d'ailleurs, lui qui est si sportif et réellement passionné par le Galactik Football, il ne voit pas ce qu'il peut faire d'autre de son avenir... Les autres ont trouvés un plan B, Ahito et Mice sont de très bons danseurs et ils ont déjà fait plusieurs compétitions. Thran est tellement à fond dans la programmation qu'il va sûrement créer des logiciels de fou mais lui... D'jok se voit comme Warren, être un grand joueur de Galactik Football, mener une équipe, participer à la Galactik Football Cup et brandir la Cup mais... sans fluide, ce rêve est impossible et donc il ne trouve pas de plan B. Normalement ce sont les parents qui aident leurs enfants dans ce genre de moment mais là D'Jok a l'impression de ne plus rien avoir.

Quelle idée de venir ici... il se sent encore plus mal maintenant... D'Jok ramène ses jambes contre lui et cache sa tête dedans, il est tellement perdu... Soudain il sent du mouvement à côté de lui et un poids sur le banc, il ose lever la tête et est très surpris de voir Abby. Elle est assise à côté de lui et grelotte un peu de froid malgré qu'elle soit bien couverte avec son gros manteau blanc, son écharpe, ses gants et ses caches oreilles bleus clairs.

« Abby... ?

-Je t'ai cherché partout et je me suis dit que je pourrais te trouver là car si faire une fac de langues ne t'emballe, quoi d'autre à part le football peut être une perspective d'avenir ?

-Pourquoi tu me cherchais ?

-Parce que je vois bien que tu ne vas pas bien.

-Oh... t'inquiètes, ça va me passer...

-Ce n'est pas passé depuis jeudi dernier alors ça va passer maintenant ? »

D'Jok la regarde très surpris, alors ses trois amis l'ont remarqué depuis le début ? Oui c'est évident... ce sont ses amis après tout, bien entendu qu'ils ont vu qu'il ne va pas bien. Le jeune homme soupire et repose sa tête sur ses genoux, Abby le remarque et se sent encore plus mal pour lui mais en même temps ça lui donne du courage pour l'aider.

« Avec Thran et Ahito on a... fait cracher le morceau à Mice...

-Ah... »

Il n'est pas vraiment choqué, il s'attendait bien à ce qu'ils fassent ça un moment ou un autre.

« C'est quoi le pire ? L'impression de ne plus être aimé ou le fait qu'elle ne t'a jamais rien dit ? »

La question surprend énormément D'Jok, il ne s'attendait pas du tout à ce que Abby lui demande cela mais plutôt à recevoir l'habituel : « ça va aller » ou « on est là pour toi » et bien non, elle lui parle concrètement comme si... comme si elle sait de quoi elle parle. Il se sent soudainement très mal à l'aise mais aussi bizarrement en confiance.

« Et bien... j'ai du mal à accepter qu'elle m'ait menti pendant tout ce temps...

-Il faut se mettre à sa place aussi... elle sait qu'elle n'est pas ta mère et qu'elle allait avoir cette responsabilité de te le dire un jour. Tu imagines comment ça doit être dur pour elle de t'annoncer quelque chose qui remet en question toute ton existence sans te brusquer ni te perturber... ? Elle a eu peur que tu te souffre et sûrement peur de te perdre… Et entre nous, tu en souffre beaucoup là, non ?

-Si... mais je n'arrive pas à remonter la pente... qu'est-ce que je dois faire ? Rentrer comme si de rien n'était ? La regarder comme si c'était ma mère... ?

-Mais c'est ta mère !

-Non ce n'est pas...

-D'accord ce n'est pas elle qui t'as donné ta génétique et qui t'as mis au monde. Mais vois-tu l'inconscient est plus compliquer que cela. »

D'Jok se tait d'un coup, soudainement très intéressé par ce qu'avance Abby, elle semble avoir des arguments et c'est ce qu'il a besoin là, maintenant. Il est tellement paumé et déstabilisé qu'il est prêt à prendre n'importe quelle structure. Abby voit qu'elle a son attention, ce qui la rassure alors elle prend son inspiration et explique son point de vue.

« L'inconscient marche par lien, par métaphore et par le vécu. Un enfant associe le mot parents à des gens par rapport à des actes, des gestes et des mots. Maya t'a nourrit, logé, elle t'a appris à parler, à marcher, elle t'a inscrit dans une école, elle t'a enseigné des valeurs comme s'il vous plaît ou merci, elle t'a donné des limites, elle t'a encouragé, félicité mais aussi grondé et puni. Elle t'a apporté une éducation et une structure ce qui évite à un enfant d'être détraqué et à l'inverse c'est ce qui lui permet d'être sociable et d'avoir des envies. Et puis elle t'a parlé, elle t'a écouté, elle t'a prise en photo, filmé, soufflé tous les ans une bougie de plus avec toi, elle t'a embrassé, serré dans ses bras. Elle est là pour toi quand tu vas mal, quand tu est malade ou quand tu as une question. Elle fait son rôle de parent du mieux qu'elle le peut. Et crois-moi si aujourd'hui tu croisais ta mère biologique, tu n'aurais aucune interaction avec elle parce que pour ton inconscient, ton toi intérieur, elle ne serait pas ta mère, c'est Maya ta mère ! »

Le rouquin est extrêmement surpris par ce qu'Abby vient de dire, son cœur chavire, tout ce qu'elle avance comme argument est vrai. Maya lui a donné une éducation, du soutien et de l'amour, elle fait le travail d'une vraie mère et tous les jours il ressent qu'il peut compter sur elle et aussi qu'elle...

« D'Jok, ta mère t'aime et crois-moi pour elle tu es son fils. Tu n'es peut être pas de sa chair mais tu es son fils. Ne laisses pas ce que tu viens d'apprendre vous séparer, vous êtes réellement une famille et elle sera toujours ta mère, comme tu seras toujours son fils ! »

D'Jok se sent soudainement bien, la tension sur ses épaules s'envole, la souffrance dans son cœur le quitte, il ressent de nouveau le lien qu'il a avec Maya... non avec sa mère. Et c'est grâce à Abby, heureusement qu'elle est là, que ses amis sont là. D'ailleurs, il se demande ce qu'en pense Ahito et Thran. Il prend son téléphone et le rallume depuis presque une semaine, il y voit les nombreux messages de sa mère mais préfère les garder pour plus tard, à la place il regarde ceux de ses amis.

De Thran : [17h36] : Courage D'Jok, Maya sera toujours ta mère et elle t'aime, ne restes pas tout seul !

De Ahito : [17h37] : Allez mon pote ça va aller, je suis sûr que tu sais que Maya reste ta mère et elle t'aime ça ne fait aucun doute !

« Merci à vous tous... sincèrement... Abby je... enfin tu... tu n'as pas...

-Famille d'accueil avec ma petite sœur. »

La vérité tombe donc. D'Jok savait que quelque chose se passait dans la vie d'Abby. Il ne peut pas aller chez elle, elle rentre vite et tout ce discours ne pouvait pas sortir de nul part. Bien entendu, le problème sous-jacent à l'air plus délicat que juste une famille d'accueil mais à la base, Abby est comme lui, une orpheline. D'Jok meurt d'envie d'en savoir plus, il se tourne vers elle et lui pose la question qui lui brûle les lèvres depuis deux mois.

« Abby… qu'est ce qu'il se passe chez toi… ? »

La blondinette a du mal à déglutir, pourtant sur ce banc, seule avec D'Jok, son meilleur ami, l'occasion est parfaite. Elle ne s'est jamais confiée à personne pourtant elle se sent en confiance et en sécurité avec D'Jok. Il a une attitude protectrice avec elle, plusieurs fois il lui a avoué à quel point il tient à elle. Parler ne peut lui faire que du bien.

« Ma petite sœur âgée de six ans et moi-même, on a été adoptées peu de temps après sa naissance. Je n'ai pas de souvenirs de mes vrais parents, aussi loin que remonte ma mémoire, je ne vois que le dortoir d'un orphelinat et ma sœur qui est bébé. Mes parents adoptifs travaillent beaucoup car ils ont peu d'argent du coup ils ne sont pas vraiment présents... Mais ils font tout pour nous, sinon l'orphelinat viendrait à nous reprendre… C'est moi qui prépare à manger pour ma sœur, Ashley, c'est moi qui l'aide aux devoirs et dans son quotidien. Il arrive que nos parents ne rentrent pas certaines nuits, mais bon on a un toit et à manger c'est déjà cela. Ce qui m'ennuie réellement en fait…, c'est ma petite sœur qui a une maladie neurologique génétique et le traitement coûte très cher. Malgré tout son corps se dégénère et ça nous inquiète… elle ne peut pas vraiment se débrouiller seule… »

D'Jok a écouté attentivement la tirade de la blondinette, il n'en revient pas. Dès qu'elle quitte l'école, elle est confrontée à des parents qui font tout pour les aider et surtout pour soigner sa sœur mais à des parents absents tout de même. Sa petite sœur malade doit être un fardeau à porter... Elle n'a pas la vie qu'une fille de son âge doit avoir. D'Jok se sent mal pour elle, Abby est discrète et calme mais elle semble si différente de toutes ces filles populaires à l'école, gentille et avec des valeurs. Comment peut-on savoir qu'elle est dans une telle détresse... ? Finalement son côté protecteur reprends le dessus, il passe un bras autour de ses épaules et réconforte sa meilleure amie du mieux qu'il peut.

« Je suis là pour toi. Toi tu veilles sur ta petite sœur et moi je veille sur toi.

-Donc je suis ta petite sœur et toi mon grand frère si je comprends bien ?

-On peut dire ça ! »

Un sourire apparaît sur le visage d'Abby, vite suivit par le sourire rassurant de D'Jok. Elle ne regrette pas d'avoir parlé, désormais elle sait qu'elle a le soutien de son meilleur ami. De plus, le voir enfin sourire la rassure. Elle a également réussi son coup et pour ça, elle ne se gêne pas pour se blottir contre lui.

« Merci encore Abby pour ce que tu viens de faire pour moi. »

La blondinette posa même sa main sur le bras de D'Jok qui est autour de son épaule et le caresse gentiment.

« Tu devrais rentrer, tu ne crois pas ? »

D'Jok baisse les yeux mais cette fois plus à cause du stress et de la culpabilité puis au bout d'un moment, après avoir pesé le pour et le contre, il se rend compte qu'elle a raison. Alors il se lève et l'embrasse sur le front pour la remercier avant de partir, prenant la direction de sa maison. Il a du mal à rentrer, traînant le pas à cause de la peur qui le tiraille mais il fini par atteindre sa maison. Devant la porte d'entrée, un mal être immense le prend mais en se souvenant de toutes les paroles d'Abby son stress est remplacé par de la détresse et de l'empressement. Il respire un bon coup, ouvre la porte et rentre dans sa maison. Il pose son sac et son manteau, puis enlève ses baskets avant de rentrer dans le salon. Maya est sur le canapé, elle regarde la télévision sans vraiment la regarder, sa main agrippe le téléphone et cela depuis plusieurs jours... Elle a un visage fatigué et triste ce qui fait beaucoup de mal à D'Jok qui se sent d'un coup les larmes monter et couler, son ventre se tord et ses jambes tremblent. Pourtant la solitude qu'il ressent depuis presque une semaine vient de partir.

« Maman... »

Au son de sa voix Maya se retourne d'un coup et voit son fils au milieu du salon et en larmes, cette vision de mal être la fait se lever d'un coup pour aller le prendre dans ses bras. Elle serre très fort D'Jok contre elle et lui il l'agrippe aussi fort qu'il le peut, craquant dans son cou.

« Tu m'as manqué maman...

-Tu m'as manqué aussi mon garçon... »

C'est tout, il n'y a pas besoin de plus, ces mots représentent tout ce qu'il faut sur l'instant présent. En serrant Maya contre lui, D'Jok ressent qu'elle est bien sa mère, qu'elle le sera toujours, peu importe qu'il n'est pas été dans son ventre, elle est sa mère un point c'est tout. Et sans le soutien de Micro-Ice ni l'aide d'Abby, il n'aurait pas pu surmonter cette épreuve. Oui ces deux meilleurs amis, ses petits frère et sœur de coeur l'ont sortit de cet enfer. À défaut de ne pas avoir de famille conventionnelle, il en a une bien à lui qui le couvre d'amour.