Bonjour à tous ! Au rendez-vous comme d'habitude. Chapitre un peu plus long et retour du football ! J'espère que ça va vous plaire, n'oubliez pas que l'italique est soit quelque chose annoncé par la télé ou un journal, soit du passé, soit une langue autre que l'akillien ou la zaelien. Bonne lecture à tous !


Teamwork, Partie 2

Chapitre 9 : Les Canids

Akillian, Octobre 2589, faculté, phases finales de la Galactik Football Cup : J-48

Une semaine plus tard, le jour de ce fameux match amical se présenta. C'est une très belle journée, le soleil est au rendez-vous, résultant en un climat doux sur Akillian. En ce mois de septembre, la saison « chaude » de la planète de Glace touche progressivement à sa fin mais il est toujours possible d'apprécier un air vivifiant et non glaciale. On peut facilement sortir en pull dehors sans avoir froid. Comme il est encore un peu tôt, la majorité des joueurs dorme toujours. L'équipe avait repris place dans les dortoirs de la faculté depuis trois jours afin de suivre un emploi du temps précis pour le match amical.

Dans la première chambre, D'Jok est le premier à être réveillé, comme d'habitude, mais il profite des couettes chaudes pour émerger doucement. Au-dessus de sa tête de lit, se trouve un poster de lui et un de Warren, ainsi que ses différentes médailles, celles des tirs au but, celle du match All-stars et plein d'autres, alors que sur sa table de nuit, est fièrement posée une photo encadrée représentant l'équipe au complet. La photo faisait suite à la troisième Cup. Neuf joueurs en tout, le dernier en date étant Sinedd. En regardant cette photo, un sentiment de fierté et de bonheur l'envahit mais il ne peut également pas s'empêcher de ressentir qu'il manque quelqu'un sur cette photo…

D'Jok sort de son lit, il s'étire comme un chat, faisant craquer son dos, la sensation est libératrice et l'activation de ses muscles est agréable après le réveil. Il ouvre les rideaux et fait monter le store électrique pour que la lumière rentre dans la chambre. Il plisse un peu les yeux car la lumière se reflétant sur la neige éblouit ses pupilles encore habituées à l'obscurité. Il baille une nouvelle fois et va dans la salle de bain pour se passer de l'eau bien froide sur le visage, choquant un peu son cerveau mais lui envoyant le dernier message de réveil.

En retournant dans la chambre, il remarque que Micro-Ice lui, est encore profondément endormi, malgré la lumière du jour présente dans la pièce. Si personne ne le réveille, il dort jusqu'à midi sans aucun problème. Mais c'est sans compter sur son holo-portable qui se mit à sonner. Le petit brun grogne un peu alors que D'Jok jubile en silence. Micro-Ice finit par sortir la tête de ses draps pour prendre son holophone et regarder le message.

De Zoéline : [ 8h43 ] : Bonjour mon amour ! J'ai trop hâte que tu reviennes au Genèse pour la phase finale de la Cup, je pourrai enfin te revoir ! Ce soir je vais regarder ton match à la télé ! Bonne chance ! Bisous !

« Whoooaaa j'adore quand elle me réveille ! s'exclame Micro-Ice en levant les bras au ciel et souriant comme un idiot.

-J'en étais sûr que c'était elle », murmure D'Jok en soupirant, visiblement pas dans le même état de joie que son ami.

Micro-Ice s'empresse de répondre soudainement prit d'une bonne humeur alors qu'habituellement les réveils matinaux le rendent très amorphe.

De Micro-Ice : [ 8h45 ] : Hey ma chérie ! Moi aussi je suis trop pressé de retourner au Genèse pour te voir et pour gagner une nouvelle fois la Cup ! Regarde-moi bien ce soir, je vais marquer pour toi ! Bisous ! Je t'aime !

« Bon aller debout là-dedans, j'ai une de ces pêches !

-Ou plutôt une certaine fille t'as donné la pêche... »

Micro-Ice lui jette un oreiller pour le faire taire mais D'Jok n'a aucun mal à l'attraper. Il finit par sourire quand Micro-Ice écarte sa couette sur le côté pour sauter hors du lit, lui aussi ayant une banane bien visible sur le visage, cela ne peut prévoir que quelque chose de bon.

Dans la chambre numéro quatre, Thran s'étire dans son lit, il vient de se réveiller et il décale l'oreiller qui était au préalable posé sur sa tête, il dort toujours comme ça, la tête sous l'oreiller car Ahito aime dormir les volets légèrement ouvert, bien qu'il soit narcoleptique, la lumière du jour lui est agréable alors que Thran a horreur de ça. Mais cela n'a pas empêché le frère aîné de bien dormir et il constate que son petit frère dort encore bien paisiblement, à en juger par son visage serein. Thran profite donc du sommeil de son frère pour aller à la salle de bain afin de se préparer.

Dans la chambre trois, Tia et Mei se réveillent elles aussi. Elles semblent également de bonne humeur.

« Un match amical, ça vous nous remettre d'aplomb ! C'est vraiment très gentil ce que vous avez fait pour D'Jok.

-On y a vraiment réfléchi tu sais, et c'est vrai que D'Jok sait comment nous motiver.

-On va pouvoir le constater ce soir, ajoute Mei avec un sourire.

-Oui et tu verras ton chéri de Sinedd marquer un but ! »

Mei lance un oreiller à Tia qui tire la langue et courre vers la salle de bain, laissant bouder la jolie brune. Mais après tout, Tia n'a pas vraiment tort, Sinedd reste son chéri.


Akillian, Octobre 2589, Stade, phases finales de la Galactik Football Cup : J-48

Les Snowkids sont regroupés dans les vestiaires en train de se préparer. D'Jok fait face à son casier, il est presque prêt, il ne lui reste plus qu'à enfiler son maillot par-dessus le pull noir doux et chaud. Il tient celui-ci brodé avec le numéro neuf dans ses mains mais son regard est fixé sur une photo de son père et lui, une photo unique, la seule qu'il possède de lui et dont il ne vaudrait mieux pas qu'un paparazzi tombe dessus. Peu de personnes sont au courant que le joueur le plus populaire des SnowKids est aussi le fils du chef des pirates, Sonny Blackbones. Seuls les autres joueurs de son équipe, ses coachs, le reste du staff, sa mère adoptive et le duc Maddox ainsi que quelques personnes de confiance sont au courant. Le reste de la galaxie l'ignore et c'est mieux ainsi, il en valait de sa sécurité.

« Je suis de nouveau capitaine… est ce que tu vas pouvoir voir le match ce soir papa … ? » Pense-t-il en soupirant avant de finalement enfiler son maillot et le brassard rouge qu'il ajuste à son bras gauche, la légère pression provoquée par le tissu rouge qui serre son biceps lui apporte un sentiment de réconfort et d'assurance, il a l'impression de retrouver une pièce du puzzle de sa vie. Artegor entre dans les vestiaires au même moment, le sortant de sa plénitude, prêt à faire un debrief.

« Je vous annonce que Aarch est dans les tribunes pour vous regarder, comme quoi il n'est pas très loin. »

Des sourires s'affichent sur le visage des joueurs en entendant cela.

« Pour ce match je vais aligner l'équipe d'origine. Les Canids paraissent sûr d'eux, montrez leur ce qu'est réellement le Galactik Football !

-Aller les SnowKids, c'est le moment de prouver qu'on mérite notre triple titre ! » Enchaîne D'Jok bien motivé.

Les joueurs poussent un cri de guerre avant de se diriger vers la nacelle qui va les monter sur le terrain par le sol de celui-ci. Quand ils apparaissent sur la pelouse du terrain, ils sont immédiatement accueillis par les cris des supporters dans les gradins. Les projecteurs de lumière s'allument un à un tout autour du terrain, les révélant à leur public. Un accueil euphorique leur est réservé, comme à chaque match, même s'il n'y a pas d'enjeu. Le fanatisme présent rappelle l'icône qu'ils sont à travers Zaelion, une équipe invaincue depuis trois cup, des joueurs talentueux et aimé. Les SnowKids ne peuvent ignorer cette acclamation, ils font un tour de terrain pour saluer.

D'Jok s'approche même de la limite du terrain et s'incline devant les supporter recevant une ovation à en faire évanouir plus d'un. Sa popularité est toujours aussi forte, écrasante même, trois fois champion de la galaxie, une technique de contrôle de ballon impossible à égaliser, une puissance de tir incomparable, des effets uniques, il garde sa place de meilleur joueur des SnowKids, voir de Zaelion. La présence de D'Jok sur le terrain est aussi imposante que fascinante. Ce n'est pas pour autant que les autres joueurs ne sont pas acclamés, loin de là. Le respect est fort pour chaque joueur, chaque numéro est chanté, aucun n'est oublié, tous ont leurs louanges.

« Bonjour à tous ! Ici Callie et Nork en direct d'Arkadia Sport ! Une fois de plus le grand stade d'Akillian affiche complet même pour un match amical ! Et nous sommes tellement heureux de revoir nos SnowKids préférés après la Cup ! » Déclare Callie dans son micro alors que le programme holographique se lance sur toute les télévisions de la Galaxie.

En effet, actuellement la plupart des Akilliens ont les yeux rivés sur leur écran. Le sport le plus populaire de la Galaxie fait l'unanimité une fois de plus. Sur la grande place principale d'Akillian, en plein centre d'Arkadia, là où autrefois se trouvait la faille, un écran géant est allumé comme à chaque match des SnowKids et la place est noir de monde. On peut y voir des drapeaux bleus clair et blancs avec le logo des SK, des écharpes et des gens qui portent des répliques des maillots des joueurs. Il y avait des écrans dans la plupart des bars, notamment le célèbre Planet Akillian, le restaurant de Mana, la mère de Micro-Ice, qui affiche complet une fois de plus.

Même dans les hôpitaux, les médecins et infirmières sont devant de petits écrans en faisant attention aux patients. Dans une des chambres, une jeune fille de treize ans est assise dans son lit, certes reliée à plusieurs machines mais heureuse et excitée.

« Allez les SK ! » Hurle Ashley faisant sourire son médecin et surtout la jeune femme toute aussi blonde qu'elle assise à côté d'elle, qui ne semble pas pouvoir lâcher son regard argenté de l'écran…

Le Grand Stade est en transe comme à chaque match, les supporter hissent haut leurs écharpes et leurs drapeaux, des flashs d'appareils photos fusent dans tous les sens, des trompettes et des hurlements font monter les décibels, ce qui fait vibrer le corps des joueurs.

Une fois que D'Jok eut fini de saluer la foule et de gonfler son EGO, il décide de poser ses yeux sur ses opposants. Des Fauniens donc, leur pelage est très sombre, presque noir, cependant leurs yeux sont entièrement blancs. Ce qui est étrange, c'est que bien que la couleur de leurs yeux semble pâle, leur regard reste brûlant. D'Jok croise celui du capitaine adverse, une Faunienne, un museau long mais arrondi et une lueur dure, mais pas seulement… Il peut y voir également de l'arrogance et de l'assurance. D'Jok s'était un peu renseigné sur les Canids avant de jouer.

Se dresse devant lui, Laya.

Elle ne le lâche pas du regard mais elle ne montre aucune peur, elle n'a pas l'air d'appréhender non plus. D'ailleurs, il est même surpris de la voir s'avancer vers lui, une fois arrivée à sa hauteur, bien qu'elle soit un peu plus petite que lui, elle n'éprouve aucune intimidation à soutenir son regard émeraude rempli de confiance. Un petit sourire provocateur finit même par apparaître sur le visage de Laya.

« Tu es prêt à devoir encaisser l'humiliation de se faire écraser par une équipe de Rookies ? »

Pardon… ? Cette unique pensée traverse l'esprit de D'Jok avant que celui-ci hausse un sourcil. La pitié s'installe dans son regard et son éternel sourire de vainqueur apparaît sur ses lèvres. Il n'a aucune envie de répondre quoi que ce soit mais toute l'expression de son visage se résume à dire : « T'es qui toi ? ».

D'Jok garde son sourire et se place au centre du terrain pour l'envoie du ballon. Un autre joueur Canids vient se positionner en face de lui, c'est Lemas, le frère de Laya. Il possède des yeux tout aussi blancs qu'elle mais à l'inverse de sa sœur, il n'y a pas de brutalité, juste de la transparence. D'Jok regarde chacun des joueurs des Canids, leur maillot est rouge ce qui contraste avec leur fourrure noire. Ils ont tous une bonne carrure et font à peu près un mètre quatre-vingt. Le regard sérieux de D'Jok croise celui de Lemas et la sonnerie de début de match retenti au-dessus d'eux.

« ET C'EST PARTI ! » Annonce Callie alors que le ballon décolle du sol, ouvrant quatre-vingt dix minutes de sport.

Le ballon est lancé, Lemas et D'Jok, sans se quitter des yeux, prennent appuis sur le sol et s'élancent. Mais c'est là que le Faunien est confronter à la réalité, D'Jok saute bien plus haut que lui et sans effort. Il écarquille les yeux quand le numéro neuf le dépasse de trois bons mètres. D'Jok donna un coup de tête dans la balle qui est récupérée par Tia.

Elle passe la balle à Rocket qui s'élance vers l'avant. Il dribble les deux milieux de terrain avant de renvoyer la balle à D'Jok. Celui-ci s'élance en avant, il voit les deux défenseurs courir vers lui et un petit sourire s'affiche sur son visage. En jetant un coup d'oeil sur sa droite, il remarque Micro-Ice se dégager, alors D'Jok fait une puissante passe vers lui que le plus petit récupère sans aucun problème. Les deux défenseurs se ruent donc vers lui ce qui fait sourire Micro-Ice. Il arrête sa course et contrôle le ballon avant de dribbler les deux joueurs en se penchant en arrière, posant même une main par terre, son passé de danseur lui avait permis d'acquérir beaucoup de souplesse. Il se relève ensuite et toujours avec son sourire malicieux, il tire et envoie le ballon en pleine lucarne.

« Incroyable but de Micro-Ice après seulement quelques minutes de jeu ! Les SK sont en forme aujourd'hui. Avec ce genre d'action, les Canids vont vite comprendre ce qu'est réellement du Galactik Football ! »

Sur le terrain, Micro-Ice saute dans tous les sens pour saluer la foule qui hurle sa joie, et le numéro trois. Il est accueilli par une tape amicale de son meilleur ami qui sourit de fierté.

« Bien joué D'Jok et Micro-Ice, c'est comme ça que j'aime vous voir jouer ! Maintenant replacez-vous ! » Parle Artegor dans leur oreillette.

Les deux attaquants obéissent, toujours avec le sourire. Le ballon est relancé du milieu de terrain, cette fois Lemas contrôle le ballon de la poitrine, il réussit à dribbler Mei et tire avec une puissance phénoménale. Un sourire s'affiche sur son visage, mais disparaît rapidement, en voyant son ballon se faire arrêter à une main par Ahito.

Le gardien a une expression malicieuse, il renvoie la balle de la main à son grand frère. Laya court vers lui, mais elle n'a pas le temps de ne serait-ce que frôler la balle car Thran ne met qu'une seconde pour contrôler le ballon et l'envoyer à Rocket. La Faunienne grogne avant de remonter le terrain pour aller tacler le milieu de terrain afin de reprendre le ballon.

« Quelle interception de Laya, Rocket ne l'a pas vu venir ! Et la voilà qu'elle s'élance de nouveau vers les cages des SK ! » Commente Nork en transmettant sa surprise face à cette action inattendu.

En effet Laya est en avance sur les milieux de terrain et elle court vite, remontant le terrain. Elle regarde le but où le gardien est endormi contre l'un des poteaux. Un sourire prend place sur visage, elle compte bien remettre en place les SnowKids. Seulement, trop concentrée sur son besoin d'humilier l'autre équipe, elle ne voit pas Thran arriver sur sa gauche et la tacler pour renvoyer le ballon, d'une passe puissante à son attaquant. Sa spécialité : les passes longues. Et sur une reprise de volée, Micro-Ice marque un second but.

« Whoa but des SK ! But de Micro-Ice suite à une incroyable performance défensive de la part de Thran ! Je n'ai pas vu venir ce but, tout est allé si vite !

-Décidément Micro-Ice est en forme aujourd'hui ! Commente Nork légèrement plus calme que Callie mais tout aussi impliqué.

-Bien joué Thran, ne relâche rien, remet-toi en position ! » Parle son coach dans son oreillette.

Une fois de plus Micro-Ice sautent dans tous les sens, vite rejoint par Rocket qui tape sur l'épaule du numéro trois. D'Jok envoie un pouce en l'air à Thran, un signe d'encouragement de capitaine auquel son ami répondit par un clin d'oeil. Seulement le défenseur se fait bousculer au niveau de l'épaule par une Laya visiblement très en colère.

« Ne refais jamais ça ok ! »

Thran n'a même pas envie de répondre, il hausse juste un sourcil moqueur avant reprendre sa place. Il ne voit pas l'intérêt de répondre à quelqu'un qui ne connaît pas le fair-play. La première mi-temps s'achève sans aucun autre incident ni but. Les SnowKids rejoignent donc les vestiaires avec le sourire, prêts à écouter les conseils d'Artegor et surtout à se reposer un peu.

« Nous voici donc à la mi-temps de cette rencontre amicale où les SK mènent au score deux buts à zéro ! Et ce que je peux dire c'est qu'ils n'ont pas l'air de se fatiguer. Ce match est une formalité pour les triples champions en titre. Je ne sais pas quel scénario les Canids avaient imaginé mais je ne pense pas me tromper quand je dis qu'ils en sont bien loin ! »

Comme à son habitude, Callie profite de la mi-temps pour montrer son absence de neutralité quand il s'agit des SnowKids. La commentatrice est fan de cette équipe et parfois ses remarques sont clairement en faveur de l'équipe d'Akillian, mais c'est aussi pour cela qu'elle est aimée, grâce à elle, les gens vivent le match à fond.

« Tu vois Aarch, tu semblais inquiet mais ton équipe s'en sort très bien avec Artegor. »

Adim, une main sur son ventre rond, regarde le match avec son compagnon depuis les tribunes. Aarch qui jusque-là se sentait nerveux, se calme en voyant le score.

« Ce ne sont pas eux qui m'inquiètent, les Canids sont assez agressifs tu ne trouves pas ?

-Si, j'ai remarqué que la capitaine manque de fairplay, mais ça n'a pas l'air de perturber les SnowKids, détends-toi un peu, en plus ils gagnent !

-Oui tu as sûrement raison.

-Chers fans de football, nous revoici en direct sur le stade Akillian où va se dérouler la seconde mi-temps de ce match amical, opposant les Canids et les fabuleux SnowKids ! Je vous rappelle que les tenants du titre mènent deux à zéro. Espérons que la seconde mi-temps soit aussi riche que la première ! »

Les joueurs a apparaissent de nouveau sur le terrain, ils se sont bien reposés dans les vestiaires et débordent d'énergie. D'Jok s'avance de nouveau vers le centre du terrain pour le coup d'envoi. Encore une fois, Lemas se fait devancer sur la hauteur du saut. La balle est envoyée à Tia, puis passée à Rocket qui envoie immédiatement le ballon sur Micro-Ice. Celui-ci passe les deux défenseurs et tire mais cette fois le gardien bloque le tir.

« Et bien le gardien des Canids a de la ressource à ce que je vois ! Il ne voulait pas se faire surprendre une troisième fois par Micro-Ice ! Il renvoie directement le ballon à ses attaquants de pointe ! » Déclare Nork suite à l'action.

Laya détient le ballon. Elle se rue à toute vitesse vers les cages d'Ahito. En face d'elle, Thran court dans sa direction, prêt à défendre ses buts et à stopper sa course. Mais le cœur de la Faunienne s'emballe et son regard se fait encore plus agressif. Son corps devint brûlant et elle serre les dents.

« Oh non pas cette fois ! »

Laya frappe un coup sec dans le ballon qui va s'enfoncer brutalement dans le ventre de Thran. Celui-ci tombe à genoux, une main sur le ventre, le souffle coupé et les yeux ouverts sous le choc. Mais cela ne suffit pas à l'attaquante des Canids, qui après l'avoir lobé avec le ballon saute par-dessus lui, tout en laissant volontairement son pied frapper les côtes du pauvre jeune homme. Celui tombe sur le côté, sans pouvoir émettre le moindre son, tant sa respiration est coupée et la douleur le prenant aux entrailles.

La foule, outrée de ce geste, siffle et hue violemment l'attaquante des Canids. Même Aarch ouvre grand les yeux en voyant son défenseur à terre. Il savait qu'il avait eu raison de s'inquiéter, cette équipe n'est pas du tout raisonnable ! Quelle violence...

« L'arbitre ne siffle pas ! Alors que Thran vient de prendre un coup d'une rare violence ! L'attaquante des Canids continue dans sa lancée vers le but d'Ahito et Thran ne semble pas pouvoir se relever ! »

En effet Laya fonce vers le but SK et tire le ballon de toutes ses forces, un tir d'une puissance incroyable. Tir bloqué de manière humiliante par Ahito qui avait à peine bougé pour le prendre entre ses mains. Il n'avait même pas activé son fluide, il avait juste calculé la trajectoire bien trop évidente car hâtive du ballon. Et c'est là que Laya confronte un regard qui, même elle, la fait frissonner. Les yeux noirs d'Ahito reflètent une rage sans nom et celui-ci donne un coup de tête pour donner la direction à regarder. Laya se retourne et voit le défenseur toujours à terre, visiblement son geste ne plaît absolument pas au gardien.

« Callie je vois que Thran ne se relève toujours pas, il semble être vraiment blessé... » Commente Nork avec inquiétude.

La nacelle de soin arrive alors que les autres joueurs s'approchent de leur défenseur. Celui-ci gémit de douleur en se tenant les côtes. Laya n'y est vraiment pas allée de mains mortes... Alors que la nacelle de soin sort Thran, une autre nacelle dépose Mark sur le terrain.

« Artegor, j'emmène tout de suite Thran à l'infirmerie de la faculté, il est vraiment blessé ! Déclare Simbai.

-Mais qu'est-ce que c'est que cette équipe... c'est un match amical bon sang, murmure Clamp.

-Que ce soit un match amical ou une final de Cup, on ne fait pas ce genre de geste ! ».

Artegor est furieux, s'il avait encore eu le Smog, Celui-ci apparaîtrait. Il n'en renvient pas que cette joueuse soit aussi mauvaise avec un autre joueur... Sur le terrain, D'Jok s'approche de l'attaquante des Canids, mais celle-ci est vite rejoint par son frère aîné Lemas qui se place devant elle en signe de protection afin d'empêcher le numéro neuf de dire quoi que ce soit.

« Je n'y peut rien nous si vos défenseurs sont en sucre ! Déclare Laya narquoisement.

-Faites les malins tous les deux, mais laissez-moi vous dire que vous n'êtes pas près de marquer...

-T'es sûr de ça ? Rétorque Laya avec un regard frimeur.

-Oh que oui ma belle, tu as profondément énervé notre gardien, alors bonne chance pour lui mettre un but... Tu parlais de nous ridiculiser tout à l'heure, apprends déjà les valeurs du football… »

Cette fois D'Jok ne sourit même plus mais la pitié est perceptible de son regard. Car ce qu'il avance reste la pure vérité. Il a déjà vu Ahito s'énerver plusieurs fois et il sait que celui-ci est très rancunier et surtout que c'est explosif.

Le jeu est relancé et effectivement, que ce soit Lemas ou Laya, ils avaient beau tirer comme des brutes ou faire des feintes, Ahito bloque absolument tous les tirs. Et le pire pour les Canids c'est qu'il les bloque en faisant des acrobaties, faisant s'exciter le public. Il va même jusqu'à les narguer ouvertement quand il arrête un tir, Laya enrage… Puis après un énième arrêt, Ahito renvoie le ballon très loin en avant, ballon qui est immédiatement bloqué par D'Jok. Au moment où il reçoit le ballon, le public ne peut s'empêcher de retenir son souffle pendant une seconde. Les deux défenseurs Canids ne réfléchissent pas, ils foncent vers lui alors que l'attaquant ne bouge toujours pas. D'Jok lève son regard vers le gardien Canids et affiche son éternelle sourire provocateur.

Alors que les défenseurs s'apprêtent à le tacler, le jeune homme bondit d'un coup, soudainement entouré de la lumière bleue très familière aux akilliens. Le Souffle d'Akillian brille autour de lui et il arme son tir. Le gardien ne comprit pas ce qu'il s'était passé, il avait vu une lumière bleue venir vers lui et désormais il écarquille les yeux en voyant le ballon dans ses filets. Il n'aurait rien pu faire face à cette frappe aussi rapide et puissante...

« Et de trois ! On peut dire que celui-là les Canids ne l'ont pas volé. But de D'Jok ! »

L'attaquant retombe au sol et il mime de dépoussiérer sa chaussure en signe de provocation avant de s'incliner sur le terrain faisant hurler les supporters. Micro-Ice ne peut s'empêcher de rire devant le comportement irrécupérable de D'Jok alors qu'Ahito soupire, blasé, ayant toutefois un sourire de satisfaction sur le visage, son attaquant ne décevant jamais personne.

À la fin du temps réglementaire, le score trois à zéro s'affiche sur l'écran du stade d'Akillian. La foule est en délire et les SnowKids font un petit tour d'honneur pour saluer ses supporters. Lemas et Laya sont côte à côte et se regardent droit dans les yeux.

La rage de Laya pourrait faire fondre les neiges d'Akillian. On peut facilement lire dans ses yeux blancs que la prochaine rencontre avec les SnowKids n'allait pas être aussi joyeuse…


Akillian, Octobre 2589, phases finales de la Galactik Football Cup : J-48

Dans les vestiaires des SnowKids, ce n'est pas forcément la joie. L'équipe a beau avoir gagné, l'agressivité et le manque de fairplay laisse un goût amère qui gâche la victoire. Les joueurs sont en train de se changer sans vraiment s'adresser la parole, cette faute totalement volontaire est intolérable dans l'esprit du football.

« Non mais sérieux, cette joueuse est complètement à côté de la plaque, je ne suis pas sûr qu'elle ait réellement compris le principe du Galactik Football... » Râle Micro-Ice en enlevant ses chaussures.

C'est vrai que le geste de Laya envers Thran marque l'équipe. Sur le terrain, ils avaient gardé la tête froide, mais maintenant qu'ils sont dans les vestiaires, ils laissent exprimer leur indignation et leur colère. L'ambiance est un peu lourde et très silencieuse.

D'Jok voulu remotiver un peu son équipe mais en voyant derrière lui Ahito qui prend juste le temps d'enlever ses gants et protège-tibias avant de prendre son sac et de quitter les vestiaires, sans même se changer. De tous, c'est lui le plus en colère et le plus inquiet. D'Jok n'ose pas lui dire quoi que ce soit, de toute façon, ça ne sert à rien, quand il est dans un état pareil, il n'écoute personne et il suffit d'un rien pour qu'il s'emporte. Le capitaine de l'équipe soupire avant de finalement décider qu'il vaut quand même mieux rassurer l'équipe.

« Écoutez, on a gagné ce match c'est ce qui compte, et ce qui est important aussi c'est que nous, nous sommes fairplay et juste. Maintenant je propose que nous apportions tous à Thran un petit quelque chose !

-Oui ! On a qu'à lui apporter de la mousse au chocolat, il adore ça ! Répond Micro-Ice, enjoué.

-C'est d'accord, on prend le temps de se laver et de se changer et on va lui acheter un grand saladier remplit de mousse au chocolat. » Termine Rocket, amusé par son idée.

Les SnowKids sont tous assez d'accord avec l'idée de faire une « grosse » surprise à Thran en lui offrant un énorme dessert. Et bien entendu, ils ne sont pas les seuls à avoir eu cette idée. Ahito qui est toujours en tenue de SnowKids, marche dans le couloir vers l'infirmerie de la faculté avec un petit cornet de mousse au chocolat. Il arrive devant la porte alors que Simbaï sort au même moment.

« Tu es déjà là alors que le match est fini seulement depuis quinze minutes ? Demande-t-elle avec un petit sourire. Je te rassure il va bien, rien de grave, il sera juste suspendu pendant une semaine ou deux, le temps que mon traitement fasse effet.

-Je peux aller le voir ?

-Bien sûr ! »

Ahito n'attend pas que Simbaï lui dise une seconde fois, il entre directement dans la chambre et voit son frère tranquillement assis dans son lit avec son holo-ordinateur portable sur les genoux, il est peut-être blessé mais ça ne l'empêche pas de garder son côté Geek.

« Ah d'accord, en fait je ne te manque même pas, tant que t'as ton holo-ordinateur, t'es bien..., dit-il avec un sourire narquois.

-Oh mon dieu c'est donc ça cette odeur ! Tu n'as même pas pris ta douche ! »

Cette fois le sourire narquois apparaît sur le visage de Thran. Ahito pose son sac et croise les bras pour bouder.

« Ça va, je m'inquiétais pour toi, moi...

-Mais oui je sais, je te taquine mon petit frère ! »

Ahito regarde Thran en levant un sourcil, ce dernier sourit, alors le plus jeune se met finalement à sourire lui aussi. Il va s'asseoir au pied du lit et tend son cornet de mousse au chocolat à son frère. Les yeux de Thran se transforment instantanément en étoiles.

« Oh merci c'est gentil ! Alors c'est quoi le score du match, je n'ai pas vu la fin, j'étais un peu trop souffrant.

-Trois à zéro pour nous. Tu ne crois quand même pas que j'allais la laisser me mettre un but après ce qu'elle t'avait fait… Et puis D'Jok s'est chargé de les humilier.

-Laisse moi deviner, tu les as nargué en acrobaties et notre capitaine a mis un but impossible à arrêter et a fait son D'Jok ?

-Exactement. Tu as quoi alors finalement...

-Deux côtes de fêlées, mais avec le traitement de dame Simbaï ça va passer en un rien de temps !

-Mfff... »

Ahito boude de nouveau, son frère est blessé et peu importe la blessure, peu importe qu'elle soit minime, il a horreur de cela. Surtout que ça avait eu lieu sous ses yeux et qu'il n'avait pas eu le temps de faire quoi que ce soit. Quand il avait vu Laya donner volontairement un coup de pied dans le ventre de son frère, il lui aura bien renvoyé le ballon chargé de son fluide en pleine figure, ou frappée de ses propres poings.

Voyant sa colère et son inquiétude, Thran décide de poser son holo-ordinateur et de tendre une cuillère à son frère.

« Aller petit frère, je t'assure que je vais bien, tu veux manger la mousse avec moi ?

-Moui... »

Thran secoue les épaules de son frère pour le remotiver et surtout le faire sourire. Ce qui marche car au bout de quelques secondes, Ahito sourit de nouveau et il est convaincu que son grand frère va s'en remettre. Alors il se tourne et mange la mousse au chocolat avec lui. Une fois fini, Thran le pousse du lit.

« Aller, détends-toi, ce soir je suis à la maison, vas donc prendre ta douche !

-Oui oui, ça va j'y vais ! »

Ahito finit par sortir, beaucoup plus rassuré que lorsqu'il est arrivé. Thran qui pense avoir un peu de calme pour lui est vite déçu en voyant à peine dix minutes plus tard, toute l'équipe rentrer dans l'infirmerie avec un saladier de mousse au chocolat. Thran éclate de rire avant de grimacer vu que le rire stimule ses pauvres côtes.

Thran comprend vite que c'est une idée de Micro-Ice et D'Jok alors il les remercie puis il rassure toute l'équipe en disant qu'il va pouvoir rejouer dans une ou deux semaines. Puis il demande à Mei et Mark de bien surveiller les cages de son petit frère, ceux à quoi les deux concernés répondent qu'ils n'ont pas besoin vu qu'Ahito avait été une vraie muraille à la fin du match.


Akillian, Octobre 2589, phases finales de la Galactik Football Cup : J-48

La nuit tombe sur Akillian, après ce match amical, chacun est rentré chez soi. Il y a une certaine magie la nuit, en ville beaucoup de lumières sont allumées et donnent différentes couleurs à la neige. Les gens sont plutôt chez eux, au chaud devant un bon feu. En revanche dès qu'on quitte la ville, la neige est seulement éclairée par la voûte céleste. Les rayons de lune et d'étoiles donnent une couleur bleue-argentée à la neige, quelque chose de brillant et de pur en même temps.

Sinedd se trouve dans sa chambre et lit un livre, il vient de faire une partie de jeu vidéo avec Sunja, mais au vu de l'heure, elle doit aller se coucher. N'étant pas fatigué pour le moment, il préfère bouquiner un peu. Il commence à doucement mais sûrement s'habituer à sa nouvelle chambre et à sa nouvelle vie. Une maison avec des parents, un dîner en famille le soir, des supporters rien que pour lui à chaque match, une petite sœur à embêter et en même temps à qui apprendre des choses, il ne croyait pas vivre ça un jour, il ne sait pas toujours comment réagir parfois mais cette situation lui convient. Son holo-portable le sort de sa lecture en sonnant et il le prend en main.

De Mei [ 00h47 ] : Je te dérange ?

Il lève un sourcil face à la question, mais avec ce message, il comprend rapidement qu'elle a besoin de parler sérieusement.

De Sinedd [ 00h48 ] : Non ma belle, qu'est-ce qu'il y a ?

De Mei [ 00h50 ] : Est-ce que j'ai bien joué aujourd'hui ?

De Sinedd [ 00h52 ] : Beh oui pourquoi ?

De Mei [ 00h55 ] : C'est un peu Thran qui a assuré la défense tout seul jusqu'à ce qu'il soit blessé je trouve...

De Sinedd [ 00h57 ] : Je t'assures que tu as bien joué, je t'ai regardée, t'as bien défendu l'arrière du terrain.

De Mei [ 1h00 ] : J'ai vraiment l'impression de ne plus aussi bien jouer qu'avant, je perds mon niveau...

De Sinedd [ 1h02 ] : Bon visiblement je n'arrive pas à te convaincre par messages alors si tu veux, je viens chez toi et on en parle calmement, mais je ne comprends pas pourquoi tu as cette soudaine angoisse...

De Mei [ 1h05 ] : Je veux bien que tu viennes chez moi oui, ça tombe bien mes parents ne sont pas là, je crois que ça va me faire du bien de te voir mon amour, à tout de suite.

De Sinedd [ 1h06 ] : D'accord à tout de suite !

Le jeune homme se lève rapidement et prend sa veste tout aussi vite pour quitter sa maison et prendre le chemin de celle de Mei. C'est vraiment étrange qu'elle réagisse ainsi. Elle qui d'habitude est si confiante, si sûre d'elle. Elle sait toujours ce qu'elle fait, elle a la tête haute, et là bizarrement, elle pense qu'elle est en dessous de l'équipe.

Sinedd arrive chez Mei trente minutes plus tard. Celle-ci lui ouvre, elle est habillée en survêtements, préférant être plus décontractée qu'autre chose. Mais son visage n'est vraiment pas rayonnant. Sinedd l'incite à se coucher, et il la laisse se blottir contre lui.

« Bon alors... je te connais, et cette idée de moins bien jouer ne vient pas de toi ! »

Mei se pelotonne un peu plus contre Sinedd, cachant son visage boudeur et triste en même temps.

« Ma mère m'a dit que les contrats de pub et autres n'avaient plus forcément envie de signer avec moi parce que justement je ne devais plus être suffisamment intéressante sur le terrain. Déjà qu'elle pense que la défense n'est pas ma place, là elle trouve que je laisse les autres jouer à ma place... Et je me dis qu'elle n'a pas tout à fait tort, tu as vu comment Thran a été blessé... »

Sinedd soupire et se sépare de Mei. Il se couche sur le dos alors que la jeune femme est dans l'incompréhension. Si son petit ami lui tourne le dos maintenant, elle ne sait plus quoi penser.

« Premièrement ta mère est une idiote, on voit bien que ce n'est pas elle qui est sur le terrain... Tu es une joueuse exceptionnelle, ta vraie place est sur la pelouse et non dans un spot publicitaire. Deuxièmement, si Thran est blessé ce n'est pas de ta faute mais celle de cette attaquante des Canids, elle est mauvaise. Alors maintenant rappelles-toi de qui tu es, de quel genre de joueuse tu es, et continues de croire en toi ! »

Après quelques secondes, Mei finit par retrouver le sourire et retourne se blottir contre Sinedd.

« D'accord ! Mais je ne sais pas pourquoi ma mère a dit ça...

-N'y penses plus, penses à ce qui est vrai. D'Jok t'as félicitée aujourd'hui ?

-Oui bien sûr, comme d'habitude ! Pourquoi ?

-Alors comme d'habitude tu as fait du bon boulot ! D'Jok est dur mais il dit les choses vraies.

-Oui, tu as sûrement raison !

-J'ai toujours raison.

-En parlant de D'Jok, il pensait la même chose que toi sur ma mère et les pubs.

-Tu es en train de me dire que cet idiot et moi on pense vraiment pareil ?

-Il faut croire, vous êtes peut être secrètement les meilleurs amis du monde.

-Et merde... »

Mei éclate de rire alors que Sinedd soupire, les relations avec D'Jok sont plus seines, mais ça serait bien moins drôle s'ils sont toujours d'accord… Par conter les mots de Sinedd restent vrais. Mei est une vraie joueuse, elle le sait, elle l'a prouvé plus d'une fois. Elle va de nouveau croire en cela et continuer à jouer comme une vraie SnowKids. C'est avec cette pensé et un sourire qu'elle cale sa tête dans le cou de Sinedd. Ils parlent tous les deux encore une bonne heure, s'embrassant de temps en temps avant de finir par s'endormir l'un contre l'autre.


Akillian, Octobre 2589, phases finales de la Galactik Football Cup : J-48

Exactement à la même heure, bien que la nuit se soit depuis longtemps abattue sur la ville, dans une pépinière, une autre personne est encore plongée dans le match, inquiète.

« Rocket, tu viens te coucher ? »

Le jeune homme à la peau mate regarde les images du match joué quelques heures plus tôt. Il regarde surtout Lemas et Laya. Ils sont tous les deux des joueurs agressifs qui malgré tout ont de la technique. Un peu d'entraînement et ils vont devenir de très bons joueurs. Puis arrive le moment où les images diffusent le coup de pied de Laya dans le ventre de Thran.

« Pauvre Thran..., murmure Tia.

-Elle sourit, elle l'a vraiment fait exprès... si elle avait eu du fluide ça aurait pu être plus grave, on doit faire gaffe à cette équipe.

-Oui je sais, je crois qu'on l'a tous comprit. Si on retombe contre eux, on fera attention. Maintenant si on allait se coucher, la cup est dans moins de deux mois, et je te rappelle que Artegor n'est pas si différent de Aarch, les entraînements seront intenses ! Alors on doit être en forme !

-Tu as raison, allons dormir. »

Tia lui offre un petit sourire avant de prendre sa main et de l'emmener de force au lit. Ils se couchent, blottit l'un contre l'autre. Pourtant le sommeil met du temps à les emporter. Car les paroles de Rocket ont atteint Tia. Tous les deux sont très perturbés par les Canids, et ils craignent le prochain match.

Oui, ils redoutent vraiment le prochain match contre les Canids.


Akillian, Octobre 2589, phases finales de la Galactik Football Cup : J-48

Un peu plus tôt dans la soirée, Thran et Ahito étaient aussi rentrés chez eux. Ils retrouvèrent leurs parents, inquiets de la blessure du fils aîné. Mais celui-ci les avait tout de suite rassurés et il était comme à son habitude repartit dans sa chambre pour coder ou juste jouer.

La soirée suit désormais son cour. Thran est assit à son bureau à coder sur son holo-ordinateur. Le père des garçons, Dyran est absorbé par son livre et leur mère, Anarys prépare le repas. Jusque-là tout annonce une soirée normale mais Anarys note les quelques détails inquiétants. Depuis qu'il est rentré, Ahito est assis sur le meuble de cuisine, jouant sur une petite console fabriquée par son frère.

Il ne bouge pas du meuble, balançant ses jambes et jouant sur sa console et si sa mère sort de la cuisine, il la suit tout en trouvant n'importe quelle anecdote à lui raconter, afin de justifier pourquoi il la suit. Et une fois de nouveau dans la cuisine, il se rassoie sur le meuble.

Dans un certain sens ce n'est pas si étrange que cela. Anarys entretient deux relations totalement différentes avec ses fils. Elle adore écouter Thran parler pendant des heures, même si elle ne comprend pas toujours ce qu'il dit mais l'écouter alors qu'il est aussi passionné et remplit de connaissance la rend heureuse. Le petit déjeuner est leur moment à eux, car ils sont toujours les premiers debout et c'est là qu'ils partagent de longues conversations. D'ailleurs Anarys adore préparer le petit déjeuner de son fils aîné juste pour l'écouter parler. C'est une relation complice et tendre, une relation digne d'une mère à l'écoute de ses enfants.

Alors qu'Ahito, c'est son petit dernier, son petit protégé. Il est plus fragile que Thran depuis qu'il avait eu la grande fièvre à quatre ans. Du coup elle veille sur lui, elle est aux petits soins. Ils parlent moins ensemble, pas comme avec Thran, où ils se construisent une bulle cependant c'est très courant qu'elle enlace son fils quand celui-ci arrive dans la cuisine le matin - enfin plutôt le midi - ou quand il va se coucher le soir. Et réciproquement, Ahito adore faire un câlin à sa mère de temps en temps. Voilà pourquoi ce n'est pas étrange qu'il la colle un peu en restant dans la cuisine.

Sauf que là c'est différent, car bien qu'Ahito soit avec sa mère, Anarys a bien remarqué un petit souci. Son fils n'a pas une seule fois dormi, ni même piqué du nez. Et c'est ce qui l'inquiète. Pourtant celui-ci a le sourire comme d'habitude. Et à l'heure du repas, il y a beaucoup d'ambiance à table tant Ahito et Thran font les idiots. Démontrant une fois de plus leur relation fusionnelle.

Sauf qu'Anarys a raison de s'inquiéter. Après le dîner, Ahito déclare aller se coucher, étant fatigué. Il reçoit son câlin par sa mère puis il part se coucher. Il s'allonge sur le dos, regardant le plafond et prenant une respiration calme. Puis les minutes commencent à défiler, les unes après les autres, jusqu'à ce qu'il voit son frère venir se coucher. Thran pense qu'Ahito dort alors il se déplace le plus discrètement possible dans la chambre. Mais Ahito ne dort pas, loin de là...

Thran s'est endormi depuis longtemps et Ahito commence avec horreur à voir l'heure du réveil défiler encore et encore. Une heure, deux heures, trois heures du matin. L'angoisse s'empare de lui. Des sueurs froides le recouvrent à tel point qu'il est en nage.

Sa respiration est saccadée et il commence à mordiller dans son drap comme un petit enfant paniqué. Car oui il est tel un enfant là, un enfant tétanisé, marqué par quelque chose, un lourd souvenir du passé. Et la blessure de Thran pendant le match semble avoir déclenché tout cela.

Quatre heures du matin.

Ahito se sent régresser comme un enfant de quatre ans qui ne sait pas comment aider ou rassurer son frère quand celui-ci est blessé, alors que ce dernier est toujours aux petits soins pour lui. Un enfant qui ne s'est jamais pardonné d'être tombé de la rambarde car il s'était endormi, déclenchant une angoisse chez Thran dès que le plus jeune avait un souci de santé. Un enfant narcoleptique qui fait une insomnie.

Cinq heures du matin, son cœur s'emballe, il tremble, il n'en peut plus, il veut dormir, dormir et juste dormir. Alors, tout en gardant son attitude un peu enfantine, bloquée par ce fameux jour où il est tombé de la rambarde et prouvant qu'il n'en a pas fait le deuil, il se lève, hésitant, puis l'angoisse reprenant le dessus, il se décide.

Il se dirige vers le second lit de la chambre, timide et pas très fier considérant qu'il a quand même vingt et un ans. Mais sur le moment, il n'y a qu'une personne capable de calmer cette crise d'angoisse. Ahito se glisse dans le lit de son frère. Leurs lits sont larges, pouvant facilement accueillir deux personnes même si elles restent un peu à l'étroit. Alors Ahito s'allonge sur le côté gauche du lit et, sans non plus se blottir, il garde un contact avec Thran.

Thran sent dans son sommeil que son lit est plus chaud et surtout qu'il y est plus à l'étroit. Il finit par se réveiller et remue un peu, légèrement dans le brouillard, c'est là qu'il réalise qu'il n'est pas seul dans le lit.

« Ahito ? »

Ce dernier ne répond pas, un peu gêné, mais il ne bouge pas non plus. Sa respiration est encore saccadée, il tremble et il a peur. Thran se tourne vers lui, il ne peut pas voir son frère avec l'obscurité, mais il sent son malaise, cela achève de le réveiller et il s'inquiète immédiatement.

« Qu'est-ce qu'il se passe petit frère ?

-Je n'arrive pas à dormir...

-Quoi ?

-Depuis le match je n'ai pas réussi à dormir une minute... »

Thran comprend ce qu'il se passe, les insomnies de son frère sont extrêmement rares mais quand elles arrivent, Ahito en fait une crise d'angoisse. Son sommeil est encré dans son mode de vie. Mais comme d'habitude, Thran sait quoi faire, il sait toujours quoi faire quand il s'agit de son petit frère.

« Détends toi Ahito, je suis là, respire ventralement. C'est quoi un de tes meilleurs souvenirs ?

-Euh... je ne sais pas trop... »

Thran passe ses bras autour de son frère et exerce une pression sur sa poitrine afin de calmer son rythme cardiaque.

« Je t'écoute, dis-moi un de tes plus beaux souvenirs, dit-il avec une voix apaisante.

-Mhh... Quand Mana nous a pris en photo..., D'Jok, Micro-Ice, toi et... moi avant le match contre... les Tigres Rouges...

-Oui c'était un bon souvenir ! Nos parents et Maya étaient là aussi, ils nous encourageaient à gagner ce match parce qu'ils avaient envie qu'on représente Akilian pour la Cup ! Repense à ce moment et respire, je suis là. »

Ahito se calque sur la respiration de son frère qui est très calme et écoute ce qu'il vient de dire. Il ferme les yeux, pose ses mains sur les bras de Thran et se remémore ce moment.

« Aller on file, on a un match à jouer et on va le gagner ! »

Trois garçons de quinze ans et un de seize ans, en tenue de SnowKids quittent la maison de D'Jok avec une joie et une rage de vaincre.

« Attendez les garçons, moi je veux une photo », crie Mana, la mère de Micro-Ice.

Les garçons font demi-tour et se collent l'un contre l'autre.

« Dites « saucisses » les enfants !

-Saucisses ! » Hurlent les quatre garçons avec bonheur.

Le souvenir et la présence rassurante de Thran finit au bout d'une heure par calmer Ahito. Celui-ci respire calment, il ne tremble plus et petit à petit, ses paupières se ferment. Et c'est avec le sourire et un soulagement non feint que Thran le sent s'endormir contre lui. Il est rassuré, son petit frère va de nouveau mieux. Il garde ses bras autour de lui et se rendort lui aussi.


Akillian, Octobre 2589, phases finales de la Galactik Football Cup : J-48

Au planète Akillian, la fermeture est passée depuis longtemps. Pourtant Mana n'a pas encore fini, il lui reste le nettoyage à faire. Son fils, voyant qu'elle set un peu fatiguée, avait pris l'initiative d'aller en réserve et dans les frigos pour faire les inventaires. Mana passe la serpillière dans la salle, elle est tellement absorbée dans sa tâche qu'elle ne réalise pas qu'un homme rentre dans le bar-restaurant.

« Mana ? »

Elle n'a aucun mal à reconnaître la voix de cet homme. Son cœur accélère d'un coup et dans un soupir blasé mais aussi un peu effrayé, elle se retourne pour faire face à un homme de taille moyenne, les cheveux noirs. Il a un sourire un peu timide.

« Bonsoir Alazon. Tu es sur Akillian depuis longtemps ?

-Depuis ce matin, j'ai vu le match. En fait je suis venu voir mon fils.

-Je sais oui, mais il est majeur, la décision lui revient, je n'ai rien à voir là dedans s'il ne veut pas te voir.

-Mais pourquoi il ne veut pas me voir, j'ai changé tu sais !

-Non je n'en sais rien et je ne vais pas t'aider, c'est sa décision ! »

Micro-Ice, bien qu'il soit dans la réserve peut entendre que sa mère parle à quelqu'un. Il se dirige vers la salle principale du restaurant mais avant d'y entrer, il y jette un coup d'oeil. C'est là qu'il reconnaît, l'homme qui est avec sa mère.

« Je peux au moins monter chez toi, pour le voir !

-Non je ne te laisserai pas faire cela, si tu veux entrer chez moi, ça sera sous surveillance et seulement si Micy est d'accord.

-Mais puisque je te dis que j'ai changé !

-Non je ne le sais pas ! »

La peur s'empare de Micro-Ice, il sait que même avec les menaces de Mana, Alazon peut forcer et aller dans l'appartement de cette dernière. Des images remontent dans sa tête, des images plus violentes et traumatisantes les unes que les autres. Il ne veut pas le voir, il ne veut pas être face à lui, il sait que ça va mal se terminer, pour lui et pour sa mère. Il doit partir de chez lui. Alors il prend son holo-portable et envoi un message tout en grimpant les marches de l'appartement pour monter dans sa chambre.

De Micro-Ice [ 23h54 ] : Il y a mon père qui est revenu sur Akillian, il est dans la salle de restaurant...

Micro-Ice monte rapidement dans l'appartement et s'enferme à double tour dans sa chambre. Il éteint la lumière pour faire comme s'il n'était pas là. Il fait le mort, car il sait que son père peut être imprévisible. Les souvenirs lui font déjà monter les larmes aux yeux, il est à genoux devant son lit et serre un oreiller dans ses bras, attendant une délivrance. Le vibreur de son holophone le fait sursauter mais en même temps ça le rassure.

De D'Jok [ 23h56 ] : Il sait que tu es là ?

De Micro-Ice [ 23h58 ] : Non je me suis caché, tu es couché … ?

De D'Jok [ 00h00 ] : J'y allais mais je t'attends, viens vite !

Micro-Ice soupire de soulagement et sourit. Il est si heureux d'avoir son meilleur ami, ce grand frère si protecteur qui est toujours là pour lui. Il a connaissance des différentes histoires qu'il y avait eu avec le père de Micro-Ice. Thran et Ahito aussi sont au courant, car ils sont suffisamment dignes de confiance pour que le petit brun leur raconte son histoire.

Quand Micro-Ice eu sept ans, son père qui avait toujours été absent avait accepté à contre cœur de passer un peu de temps avec son fils. Ils avaient été dans un parc d'Akillian pour jouer un peu. Puis en plein milieu de l'après-midi, Alazon voulu rentrer chez lui, se lassant de s'occuper de son fils. Il avait donc mit Micro-Ice dans un manège et il s'était éclipsé pendant le tour de manège. Laissant l'enfant de sept ans, seul et livré à lui-même.

En sortant du manège, Micro-Ice avait bien vu que son père n'était plus là. Il avait commencé à le chercher partout dans le grand parc, puis la panique s'était emparée de lui. Il s'était mis à pleurer, appelant son père, se faisant envahir par la plus violente des angoisses chez les enfants, l'abandon.

Finalement un policier l'avait vu crier au secours et dans un piteux état tant il avait pleuré. À raison de ne pouvoir le calmer, il avait réussi à suffisamment lui poser de question pour le ramener au planète Akillian. À la vue de sa mère, Micro-Ice s'était jeté contre elle, encore plus en larme et relâchant la pression. Et il avait expliqué à Mana que son père l'avait abandonné dans le parc.

Folle de rage elle avait porté plainte contre son ex-compagnon pour abandon d'enfant. Et les prochains jours avaient été un enfer pour Micro-Ice. Il se mettait à hurler dès que sa mère disparaissait de sa vision pour aller aux toilettes ou se laver. Il dormait avec elle, ne voulait pas aller à l'école car il était séparé de sa mère. Mana l'avait donc emmené voir un psychologue pour lui redonner confiance en lui et lui faire comprendre que jamais sa mère l'abandonnerait.

Pour faciliter la reconstruction de son petit, le soir quand elle devait travailler, elle avait donné un talkie-walkie à son fils et invitait tous les soirs D'Jok pour que Micro-Ice ne se sente pas seul. C'est d'ailleurs à ce moment-là de leur vie que D'Jok et Micro-Ice étaient devenus inséparables, à force de passer tous leurs jours ensemble, ils voulaient toujours passer plus de temps ensemble.

D'Jok avait toujours été plus grand que lui, plus fort, moins peureux, à l'école primaire, au collège et même encore après, il avait toujours défendu Micro-Ice par amitié. Et depuis cet incident, Micro-Ice ne voulait plus jamais voir son père, il l'avait rayé de sa vie, car celui-ci n'était jamais réapparu, pour s'excuser ou quoi que ce soit d'autre.

Par la suite il y avait eu deux incidents, le premier, Micro-Ice était devenu un adolescent et son père avait réussit à détourner le compte bancaire de sa mère, les mettant dans une situation très difficile. Micro-Ice en avait même hérité beaucoup de moquerie de la part des Populaires du collège mais finalement après un long procès, Mana avait réussi à récupérer son argent. Cela avait mis Alazon fou de rage. Un soir alors que Mana avait dû sortir pour aller chercher des fournitures importantes pour le restaurant, Micro-Ice alors qu'il avait tout juste quinze ans s'était retrouvé seul chez lui. C'est à ce moment qu'Alazon avait débarqué dans l'appartement, plus furieux que jamais, criant le nom de son ex-femme. Il était tombé sur Micro-Ice, lui ordonnant de lui dire où était sa mère. Le petit brun avait couru s'enfermer dans sa chambre pour se protéger et son père avait essayé de forcer la porte pendant trente minutes tout en hurlant qu'il le frapperait tant qu'il ne lui aurait pas dit où était sa mère.

Trente longues minutes de calvaire, en larmes, tremblant de peur et suppliant pour que l'armoire devant la porte ne lâche pas. Finalement au bout de ces trente minutes les plus longues de sa vie, il avait entendu frapper au carreau de sa chambre. Il avait d'abord hurlé de terreur avant de presque s'effondrer de soulagement en voyant que c'était D'Jok. Il avait répondu à son appel au secours, et une fois de plus son grand frère avait prouvé son courage pour venir l'aider, peut importe le danger. Il avait attrapé sa main et l'avait fait passer par la fenêtre pour le faire sortir. Deux minutes plus tard, la police se montrait et rentrait dans l'appartement pour maîtriser Alazon. Micro-Ice n'arrivait pas à lâcher D'Jok, agrippé dans ses bras et laissant sortir toute sa peur, à quinze ans, il était encore très trouillard et fragile. En sortant de l'appartement, menotté, Alazon avait croisé le regard de D'Jok rempli de haine et le jeune homme ne s'était absolument pas gêné pour lui faire un doigt d'honneur, abordant un sourire vicieux. Alazon avait eut beau hurler sa rage, il ne pouvait rien y faire… Tout ce qu'il avait réussit à faire, c'était d'avoir rapproché encore plus les deux garçons, Micro-Ice portant définitivement D'Jok comme un frère dans son cœur.

La deuxième fois... Ce fut après la finale de la première Cup, il était venu voir Micro-Ice afin de lui soutirer de l'argent car chaque SnowKids avait eu un bon salaire. Cela avait fait office d'affront pour le petit brun qui avait définitivement tiré un trait sur cet homme.

Mais il est toujours effrayé quand celui-ci se montre, le souvenir de l'abandon et de la violence dont il avait fait preuve étant toujours un peu présent. C'est en parti à cause de ces trois évènements traumatisants que Micro-Ice avait développé une telle personnalité, pitre certes, mais avec si peu de confiance en lui, fragile et un peu effacé. Le fait qu'en plus dans sa relation avec D'Jok, il est le plus petit, le plus jeune, même si c'est uniquement de trois mois, a renforcé se réflexe de toujours se caché derrière le plus grand.

Mais Micro-Ice est tout de même rassuré en faisant son sac, car une fois de plus, D'Jok est là pour lui, prêt à le soutenir, à le protéger. Une fois son sac terminé, il envoi un message à sa mère.

De Micro-Ice [ 00h17 ] : Je vais chez un ami, comme ça s'il monte dans l'appartement, tu n'auras qu'à dire que je suis sorti et que tu ne sais pas où je suis. Bisous maman !

Puis le petit brun fait quelque chose qu'il sait bien faire, passer par les fenêtres. Trente minutes plus tard, il est à la porte de la maison de D'Jok. Mais comme il ne sait pas si Maya dort, il préfère ne pas sonner. Donc il sort son téléphone.

De Micro-Ice [ 00h53 ] : Je suis devant !

Une minute plus tard, c'est un D'Jok en jogging et t-shirt sans manche, prêt à dormir qui lui ouvre. Ils n'ont pas besoin de parler, ils comprennent très vite que la situation est mieux ainsi. Micro-Ice rentre avec le sourire, rassuré et suit D'Jok jusqu'à sa chambre. Sa grande chambre sous les combles qu'il aadepuis ses quatorze ans. Les différences notables sont que le nombre de livre et de photos au-dessus du lit ont considérablement augmentés.

« Tu as pris des affaires pour plusieurs jours ?

-Oui. Répondit Micro-Ice en jetant son sac par terre à côté du lit.

-Tu as bien fait, de toute façon demain on retourne à la faculté, Artegor ne le laissera pas rentrer. Et moi non plus.

-Oui...

-Le match m'a crevé, on va dormir ? Demande-t-il en baillant.

-D'accord je vais me changer et j'arrive ! »

Micro-Ice prend la direction de la salle de bain à l'étage d'en dessous pour un brin de toilette et pour se mettre en pyjama puis il revint dans la chambre et prend la seconde place du lit double de son ami. Depuis tout petit, quand l'un vient chez l'autre, ils n'ont absolument pas envie de faire un deuxième lit, par fainéantise. Et parfois, ils dorment même à quatre dans la chambre, quand les frangins sont là. Micro-Ice se pelotonne dans les draps et questionne son ami à propos de leur défenseur.

« Tu as des nouvelles de Thran ?

-Oui j'ai eu un message de lui tout à l'heure, Ahito s'amuse à le faire rire pour l'embêter.

-Ahito un sadique ? Je n'aurais jamais imaginé !

-Comme quoi, les gens cachent bien leur jeu. »

Micro-Ice ne peut s'empêcher de rire. Les minutes passent, le plus petit n'arrivent pas à se sortir les images de son père de la tête. Il est couché sur le côté, ses jambes ramenées contre son ventre, la couette remontée jusqu'à son nez. Il regarde D'Jok, couché sur le dos, les yeux rivés sur la baie vitrée du plafond, contemplant les étoiles. Même couché, il a une posture plus décontractée que lui, les bras derrière la tête. Micro-Ice soupire.

« Je peux me défendre tout seul tu sais…

-Je sais. C'est juste plus fort que moi, dès qu'on veut te faire du mal je n'arrive pas à me contenir.

-Je sais… Tu es un bon grand frère, un peu trop dans l'excès c'est tout.

-Tu trouves … ?

-Tu aurais eu la même attitude.

-C'est possible… je ne saurais jamais. Dit-il en soupirant. Mais tu ne m'aurais pas eu.

-C'est possible… je ne saurais jamais. » Répond Micro-Ice avec un petit sourire malicieux.

D'Jok tourne la tête et lui offre un sourire remplit de complicité avant de regarder de nouveau le ciel.

« Tes deux buts étaient superbes.

-Le tien était meilleur. »

D'Jok soupire une nouvelle fois, avant de se tourner vers le côté, face à Micro-Ice, plaçant un bras sous sa tête.

« Arrête de te comparer à moi.

-Oui Ahito…

-Hey Ahito et moi on est d'accord, tu devrais le prendre en compte ! Mice arrête de te comparer à moi. Tu as marqué deux buts, tu es talentueux, un des joueurs les plus dangereux de l'équipe, tu es imprévisible et tu as une sacrée technique.

-Tu es meilleur que moi ce n'est pas grave, c'est comme ça.

-Je ne suis pas le meilleur pour avoir du tact, ni le meilleur pour faire le pitre, ni le meilleur pour passer entre les jambes d'un joueur ou narguer un gardien, ni le joueur le plus mignons des SnowKids. »

Micro-Ice ne peut s'empêcher de rougir à cela, cette appellation date d'un article sortit quelques jours après leur troisième victoire, dans un magazine people. Micro-Ice avait été classé le joueur le plus mignons des SnowKids. Alors bien entendu il s'était fait narguer par ses amis mais sur la page des SK sur les réseaux sociaux, il y avait eu des milliers de post avec des photos de Micro-Ice qui confirmaient le fait qu'il était mignon.

« Je ne suis pas non plus le meilleur pour remonter le moral de son grand frère quand son cœur va mal et tu sais ô combien parfois c'est compliqué… n'est ce pas… ? »

Micro-Ice lui offre un sourire rassurant et en même temps il le remercie. D'Jok manque certes de tact et son EGO est plus gros que la planète elle-même mais il a un cœur et il sait toujours quoi dire à Mice pour lui remonter le moral et le soutenir.

« Les SnowKids ne sont rien sans toi, tu n'as pas été là une fois et on a perdu, tu es revenu on a gagné. Continue d'avoir confiance en toi et fixe toi tes propres objectifs, ne me vois pas comme un objectif à atteindre, nous sommes complémentaires mais différents, tu as ton talent, tu es ce que tu es.

-Tu as raison, je crois que j'ai les nerfs à vif avec ce qui vient de se passer…

-Repose-toi, demain on retourne à la faculté et on va se préparer pour la Cup. »

Micro-Ice acquiesce et ferme les yeux. Puis ne trouvant pas le sommeil, il décide de relancer une discussion sur un sujet qui le titille depuis un moment et il sait qu'il est le seul à pouvoir faire parler D'Jok sur ce sujet sensible.

« D'Jok, tout à l'heure au Planète, tu te souviens de la jolie brune qui t'a demandé un autographe ? Elle était plutôt mignonne, n'est-ce pas !e

D'Jok rouvre les yeux et évite de croiser le regard de Micro-Ice, le fuyant presque.

« Mhh moui c'est vrai.

-Ah ben quel enthousiasme ! Non mais sérieux, elle avait l'air toute gentille et intéressante, et si tu t'arrangeais pour trouver son numéro ?

-Non merci. » Répond-t-il d'un ton sec, fermant toute discussion.

Micro-Ice, fier de lui, se met d'un coup à genoux sur le lit et pointe son ami du doigt.

« Je savais que tu dirais ça ! Dès qu'on parle de fille, tu esquives le sujet ! Pourquoi ? »

D'Jok soupire avant de se tourner sur le dos pour pouvoir regarder Micro-Ice et voyant celui-ci inquiet, il comprend que le petit brun veut juste aller dans son sens et le comprendre. Peut-être que se confier lui peut lui faire du bien.

« Depuis que Mei et moi avons rompu et que j'ai appris par le biais des paparazzis qu'elle était avec Sinedd j'ai été dégoûté de quelque chose, je ne sais pas quoi mais je ressens du dégoût. Je n'en veux pas à Mei, si elle est partie j'ai ma part de responsabilité, et puis elle est heureuse avec Sinedd et lui aussi, alors c'est super. Mais je reste pour autant dégoûté de quelque chose...

-... Dégoûté des filles en fait...

-Je crois... je n'ai plus envie de rencontrer une nouvelle fille, je n'ai absolument pas envie de créer une relation, d'avoir une copine ou autre... En fait le tournoi de Paradisia m'a assez perturbé, cette trahison... et… Le départ d'Abby m'a vraiment fait de la peine, je tenais sérieusement à elle, elle avait la même place que toi… Mei qui s'en va, moi sans savoir comment et surtout pourquoi qui trahit mon équipe, je perds ma meilleure amie... bref, je crois que je m'en veux de tout ça, je me sens responsable et ce dégoût pour les filles ne me donne vraiment pas envie de créer une relation... »

Micro-Ice se rallonge, assez touché par le discours de son meilleur ami et frère de cœur. D'Jok semble vraiment angoissé par lui-même et par les filles. Finalement derrière cette dureté, cette frime et cette force il y a aussi de la sensibilité.

« Tu sais, ce n'est pas une obligation d'être en couple, déjà sache que nous on t'a pardonné pour Paradisia et puis prends le temps de te stabiliser intérieurement avant de rencontrer une fille.

-Mais Mice… Abby me manque… »

D'Jok tourne la tête et regarda la photo sur le mur, celle où figure ses cinq amis au collège, la petite blonde se trouvant au centre. Micro-Ice baisse les yeux, il sait à quel point D'Jok avait souffert de son départ, il avait été si proche d'elle. D'Jok avait entretenu une relation similaire à celle qu'il a avec Micro-Ice. Le petit brun avait d'ailleurs trouvé cela étrange mais en même ça ne l'avait pas vraiment surpris vu ce qu'il sait sur D'Jok. Toutefois, il ressent la peine de son ami.

« En attendant tu m'as moi, et Thran et Ahito et les SK !

-Oui je sais... je te remercie, toi aussi tu m'as moi. »

Enfin. D'Jok sourit, tout comme Micro-Ice. Comme d'habitude le fait de parler un peu rassure les deux garçons et surtout améliore leur moral. Ils s'endorment apaisés, liés par une puissante amitié qui veille sur eux et qui les unit, quoi qu'il arrive, à jamais.