Hey, juste une petite ( ou grande ? ) note sur quelque chose que je souhaitais préciser : je ne suis pas trop sûr de l'importance de cette partie mais comme j'aborde parfois la meute de Greyback, je tenais à préciser que même si je vais essayer de me baser sur la hiérarchie d'une meute de loups, je vais tout de même laisser place à un peu d'imagination et de créativité.

Par exemple : les Oméga. Beaucoup disent que les oméga sont à la fois là pour briser les hostilités et en même temps pour servir de bouc émissaire. Dans cette fiction, les oméga sont assez rares et – même si certaines meutes traitent très mal leur oméga-, ils ne sont pas considérés comme des bouc émissaires mais davantage comme.. euh, je ne suis pas trop sûr. Ils sont chéris et protégés parce que ce sont les seuls mâles de la meute à pouvoir enfanter.

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Propriétés : À mon plus grand regret, Harry Potter ne m'appartient toujours pas. Pas plus que les autres Univers auxquels cette fanfiction pourrait faire référence. Possibilité : très très léger Xover ( certains personnages venant d'autres fandom pourraient se balader ici ) dans les chapitres futurs. L'histoire en revanche, est mienne.

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PAIRING : Wayne Hopkins/Harry Potter

Pairings secondaires : OMC/MF – Silver/Marcus FlintOMC/OMC – Cardric/Adrastos

OMC/OMC/OMC ( vous verrez ) → OMC!Vampire/OMC!Loup-garou/OMC!Sub!Vampire

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Warning : Il y a du sang mes amis ! Et du lime ( après tout, ils ont l'âge de découvrir leur corps ). Fluff, beaucoup, beaucoup de fluff. - mention de Mpreg

Warning #2 : D'habitude, j'apprécie Fleur, mais cette fois-ci, c'est un peu une garce, pour le peu qu'on voit d'elle.

Ah, et Hermione Granger est homophobe.

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PS : Ce chapitre est plus long que les trois précédents combinés.

PPS: Je m'excuse d'avoir un peu brusqué/bâclé le récit entre le tirage au sort et la première tâche ainsi que l'apprentissage animagus même si j'en avais fait référence au 2e et 3è chapitre déjà.

PPPS :Il semblerait que Mr Verpey se soit transformé en Bagman ( le nom anglais de Verpey ) quelque part vers le milieu du texte. Désolé.

Enfin, Merci beaucoup à Iroko pour m'avoir facilité la relecture.


MOTS : ~ 48,000

Anglais –RusseAutres

JOYEUX, JOYEUX NOËL ! - Attention ! Harry devient provocateur !

Harry Potter & Wayne Hopkins à Serpentard – IV

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La Coupe du Pouvoir et le Sigle des Alliances

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Dire que les vacances de Wayne et Harry étaient tranquilles serait comme dire que Hagrid était moyennement grand ou que Albus Dumbledore était un homme profondément bon. Jeremy, Fenrir et le reste de leur meute étaient arrivés un peu plus tôt en juillet. Le soir-même, Jeremy pointa son doigt sur son ventre et lui annonça qu'il attendait des petits. Ce fut sans doute la première fois où la meute assista à une explosion de joie de Hyper-Harry. Et ils se mirent silencieusement d'accord pour voir cela arriver plus souvent. Même Wayne afficha un sourire ravi lorsqu'il entendit la nouvelle – quoi que, de l'avis de Ralph, c'était surtout la vision d'un Harry aussi heureux qui le rendit de bonne humeur.

La dernière semaine de juillet, peu avant l'anniversaire de Harry, on vint sonner à la porte – oui parce qu'il y avait une sonnette enchantée, et quand Mika vint ouvrir, le petit elfe sursauta puis les fit entrer avant de leur demander d'attendre dans le salon des invités. Après un rapide passage dans le salon principal, l'elfe réapparut face à aux invités et les invita à le suivre. La seconde où ils entrèrent, ils durent esquiver un loup-garou volant puis ils durent montrer les crocs face aux autres loups-garous, lesquels s'étaient redressés en reconnaissant leur odeur. Harry leva la tête de là où il était, affalé sur Wayne, tripotant le collier protecteur que ce dernier lui avait offert presque un an auparavant.

« Je croyais que les vampires devaient attendre d'être invité pour entrer ?

_ Ton elfe nous as laissé entrer et toi aussi. » geignit Adrastos, s'accrochant au bras de Cardric.

Wayne remarqua directement que les yeux de Ralph, le lieutenant de Fenrir, étaient rivés sur les deux vampires et que ces derniers lançaient des regards fréquents vers le loup-garou. Un sourire narquois étira ses lèvres. Oh ~ cela pourrait être amusant.

Puis, deux des Betas de Fenrir commencèrent à grogner. Il s'agissait des deux plus récents membres. Ils avaient été intégrés quelques mois plus tôt, juste après avoir été mordus ( avec leur consentement ). Fenrir gronda sur eux et les deux jeunes loups-garous se tassèrent sur eux-même. Adrastos et Cardric se contentèrent d'un sourire amusé. Oh, il ne fallait pas croire, les rumeurs sur la mésentente entre vampires et loups-garous n'étaient pas tout à fait fausses. Certes, il y avait une vieille histoire datant de plusieurs milliers de siècles entre leurs deux races mais ça n'était pas là le principal problème, non. Le principal problème était que les deux races avaient un très bon odorat. Les vampires n'aimaient pas vraiment l'odeur de chien mouillé et ces derniers n'appréciaient pas ''l'odeur du sang et de la mort'' – ce qui en soit était étrange parce qu'ils étaient presque tous addict à l'odeur des deux gamins.

Cardric guida son compagnon jusqu'à l'un des fauteuils mis à disposition dans le vaste salon du manoir Potter-Hopkins, puis adressa un regard curieux au chien noir, étendu aux pieds des deux jeunes Serpentards.

_ Il ne s'est toujours pas présenté sous sa forme humaine ?

Wayne haussa les épaules, peu concerné et Harry répondit d'un ton plat :

« Il est juste timide. »

Pour toute réponse, le chien se redressa et aboya. Le vampire aux cheveux bleu ( Cardric pour ceux qui ne se souviennent pas ) haussa un sourcil. Il aurait pu jurer que le chien avait affiché une grimace indignée. Ça n'était pas possible. Même pour un animagus.

_ Étrange cabot... murmura Cardric avant d'enfin détourner le regard du prétendu sinistros qui avait affolé Poudlard lorsqu'il était un jour sorti se dégourdir les pa-pattes sur les terres de Poudlard.

Harry baissa son bras droit pour venir caresser la fourrure noire et lisse de l'animagus puis se retourna et apposa sa tête contre le torse de son ami ( seulement ami ? ).

_ Il se présentera quand il sera prêt. Laissez-le profiter de sa liberté.

Padfoot – Toby-, n'était pas certain que Harry sache qui il était – ou du moins en quoi il était lié à lui parce que, après tout, il était certain que Harry savait. Non, ce dont il n'était pas sûr c'était, Harry était-il au courant de son rôle de parrain ? Peut-être que Harry voulait rencontrer son parrain ? Pour être tout-à-fait honnête, Sirius voulait se transformer à nouveau et prendre son filleul dans ses bras mais... et bien, cela faisait si longtemps qu'il n'avait pas été dans sa forme humaine. Il était habitué à cela. Il avait aussi un peu peur, bien qu'il ne l'avouerait jamais. Et... et bien, il y avait l'albinos aussi. L'albinos qui essaierait sans doute de l'égorger discrètement et de reporter la faute sur une feuille trop coupante, si jamais il essayait ne serait-ce que d'enlacer le le fils de James et Lily. Sirius finirait bien par réapparaître, Padfoot n'était juste... pas encore tout-à-fait prêt.

Cela ne semblait cependant pas déranger Harry. Padfoot se demandait s'il y avait quelque chose capable de gêner le petit Serpentard. Oh, il y en avait sans doute. L'animagus avait entendu des rumeurs dans la salle commune des vert et argent ( et quelle énorme farce ! Il n'avait jamais réussi à pénétrer dans la salle des Serpentard lors de son éducation à Poudlard. Remus le lui avait fait promettre ). Son filleul et son meilleur ami ne semblaient pas être des personnes à agacer. Sirius n'était plus tout-à-fait bien dans sa tête, il l'avait deviné au moment même où il avait remarqué que cela ( la possible psychose de son filleul ) ne le gênait pas plus que cela. Il n'allait pas dire qu'il était heureux de cela, mais cela ne le dérangeait guère. C'est ainsi qu'il comprit que malgré son avantage en tant qu'animagus, les conditions de vie et les détraqueurs d'Azkaban lui avaient tout de même coûté sa stabilité mentale. Pas qu'il allait faire quelque chose pour remédier à cela. Voir des psychomages ? Et pourquoi pas embrasser Lockhart pendant que vous y êtes ? Ah la bonne blague.

Durant leur séjour au manoir Potter-Hopkins, le couple de vampires se proposa d'aider les petits Serpentards à redresser les barrières magiques qui entouraient le manoir et son domaine. Harry et Wayne se firent une joie d'accepter. Ils usèrent de leur sang pour renforcer les barrières. La magie du sang n'était interdite que dans certains pays et presque indétectable selon l'endroit où vous vous trouviez. Les barrières de protection étaient puissantes autour du manoir et il était quasiment impossible de détecter l'usage de magie du sang. De plus, la puissance de la famille Potter se basait principalement sur les runes et la Magie du Sang. Toutes les plus anciennes et nobles familles sorcières savaient cela. Et ils semblaient tous sous l'impression que le dernier Potter l'ignorait. Quelle grave erreur. Depuis qu'il avait trouvé le grimoire ancestral des Peverell – qui plus tard, par mariage, prirent le nom des Potter-, Harry avait passé deux heures chaque matin à pratiquer des techniques de clonages par l'utilisation du sang. Étant l'héritier d'une famille de maîtres de Magie du Sang, Harry ne pouvait être sanctionné pour l'utiliser. Quiconque tenterait de le faire arrêter pour ce fait, se ferait sévèrement réprimander. Ce serait comme réprimander un russe de passage en Angleterre pour utiliser la Magie Noire. Non mais oh !

De son côté, Wayne s'était procuré un vieux grimoire ayant un jour appartenu à la famille Cyrus, une très ancienne famille ayant planté ses racines dans la ville de Salem et ayant souffert de la Chasse aux Sorcières en 1692. pendant que Harry s'exerçait dans la Magie du Sang, Wayne faisait ses premiers pas dans la Magie de la Mort. C'était étrange, cela lui venait naturellement. Il suffisait qu'il se plonge dans une profonde méditation, pour que la nature autour de lui prenne une atmosphère sombre et sinistre. Cela ne dérangeait en rien Harry, assis à côté de lui, lequel continuait sa propre méditation comme si de rien n'était. Wayne avait fait des recherches dans l'histoire de son nom. Sa famille avait commencé à se faire connaître dans les années 1700, un certain Alexandrin Hopkins avait notamment aidé dans la recherche d'antidote au poison d'Horogir, lequel était à l'époque – et demeure toujours aujourd'hui-, l'un des poisons les plus dangereux du monde magique. D'autres Hopkins – des frères jumeaux-, étaient célèbres pour leurs recherches mises en commun avec Newt Scamander, il y a plusieurs décennies de cela. Pourtant, sa famille était surtout réputée pour avoir fourni de très bons hit wizards. Les hit wizards étaient, selon Wayne, des sortes de tueurs à gages, employés par le gouvernement pour traquer et éliminer la vermine. Ou tout simplement des haut-placés qui ennuyaient le monde. Wayne et Harry avaient contemplé cette possibilité de carrière. Ils ne s'ennuieraient pas. C'était agréable de mélanger travail et passe-temps (hum!) et en plus, c'était très bien payé. C'était resté dans leur liste de choix de carrière bien que l'on ne leur poserait pas la question avant leur cinquième année. Ils avaient aussi une liste de plusieurs métiers consacrés aux créatures magiques. Les deux futurs quatrièmes années avaient cependant de suite éliminer un choix de carrière: Auror. Ça devait être barbant comme métier. Courir après les méchants. C'était vraiment moins sympa et classe que Hit Wizard, même si, Harry devait l'avouer, leur uniforme n'était pas trop mauvais. Pourtant, obéir aux règles et se montrer bienveillant, c'était pas leur truc. Veiller à ne tuer que si nécessaire, non plus.

Wayne leva les yeux pour voir Harry le fixer sans broncher. Les vampires et loups-garous étaient partis ensemble pour une partie de chasse. Sir – Toby était allé avec eux (ou plutôt, Ralph l'avait embarqué en voyant le regard noir que Wayne portait au cabot. Apparemment, la dernière blague était mal passée. ). Wayne cligna des yeux.

« Harry ? »

Harry ne répondit pas, mais se déplaça à quatre pattes pour s'arrêter devant lui. Wayne déglutit et baissa les yeux pour suivre le regard de son ami.

_ Oh.

Il n'était pas trop sûr de savoir comment, mais l'albinos avait réussi à se couper l'index. Sa respiration devint hachée et sa bouche s'assécha lorsque Harry lui prit la main et porta son doigt à ses lèvres. Quand il sentit la langue du petit brun s'enrouler autour de son index, l'albinos déglutit et passa sa propre langue sur sa lèvre inférieure. Harry avait toujours été mignon, mais le voir se nourrir de sang, de son sang était... comme une – comme une vision d'extase. Un faible gémissement passa la barrière de ses lèvres et Harry leva vers lui un regard qui se voulait innocent.

_ Wayne ?

Pourtant, cela ne l'empêcha pas de continuer à jouer avec son index. Ni de continuer à le suçoter. Wayne se pencha en avant et ses yeux se retrouvèrent au niveau de Harry. Sa main vint caresser la joue pâle de l'adolescent face à lui, en profita pour doucement retirer son doigt de la bouche du petit brun, puis il inclina la tête en avant et leurs lèvres se touchèrent. C'était la première fois qu'ils s'embrassaient depuis le voyage en train. C'était... c'était bon. Mieux que bon. Les lèvres de Harry étaient douces et fruitées. Selon Wayne, il s'agissait d'un véritable délice. Les deux jeunes sorciers se séparèrent un instant, s'observèrent et un sourire fleurit sur leurs lèvres puis, Harry se pressa à nouveau contre l'albinos et leurs lèvres se rencontrèrent pour un nouvel échange. Wayne, d'humeur joueuse, passa sa langue sur les lèvres de son camarade et lui quémanda l'accès, accès qui, bien entendu, lui fut immédiatement accordé. Wayne ne réalisa pas exactement quand ils changèrent de position, mais quand ils se séparèrent la prochaine fois, Harry était à califourchon sur ses genoux. L'héritier Hopkins se pourlécha les lèvres, satisfait. Il pouvait sentir son sexe gonfler et former une bosse dans son pantalon. C'était un peu nouveau, mais il savait ce qu'il en était. Ce genre de choses était déjà arrivé plusieurs fois au cours de l'année passée, la nuit, lorsque Harry se pressait contre lui, et Wayne s'était souvenu des discussions entre jeunes dans les squats. Il faut dire que Harry n'aidait pas, à se tortiller ainsi sur ses genoux. Wayne laissa échapper un grognement lorsque Harry donna un coup de rein pendant un échange de salive particulièrement chaud. Puis quelque chose vint gâcher le moment. Des applaudissements. Oui. Suivi d'un grondement de cabot. Wayne enterra son visage dans la nuque du Survivant, maudissant leur chance.


Deux jours avant l'anniversaire de Harry, les Potter-Hopkins se rendirent à Gringotts et, après quelques mauvaises surprises ( heureusement réversibles ), les deux Serpentards observèrent avec un sourire psychotique un contrat de mariage brûler dans les flammes de l'Enfer. Wayne l'embrassa devant les flammes pour célébrer cela. Cette rouquine n'avait pas intérêt à approcher Harry si elle savait ce qui était bon pour elle. Elle n'avait fait aucun geste jusqu'ici mais Wayne était certain qu'à l'approche de sa puberté elle allait prendre de l'assurance et projeter de faire les premiers pas. Hors de question ! Il avait déjà bien assez à se préoccuper avec un seul Weasley, pas besoin de rajouter la petite princesse.

Le jours de l'anniversaire de Harry, Wayne avait tout prévu. Enfin, façon de parler. Lui et Harry n'étaient pas trop le genre de personnes à tout planifier. En revanche, il avait acheté en avance les tickets avec le reste de la 'meute' – cela comprenait à présent aussi Sirius et les deux vampires bien entendu. C'était en effet par un heureux hasard que la finale de la Coupe du Monde de Quidditch se déroulait ce jour même. Le matin, Wayne se réveilla le premier, un poids sur le torse lui indiquant que Harry s'était – comme toujours-, servi de lui comme d'un oreiller. Ça ne le dérangeait pas. Au contraire, il aimait cela. Il réveilla Harry avec un baiser, parce qu'il en avait envie, puis les deux se préparèrent pour la journée qui allait suivre. En chemin pour aller petit déjeuner, Wayne lui souffla un 'joyeux anniversaire' et eut l'agréable surprise de voir les yeux de son ami s'illuminer à cela. Au déjeuner tout le monde les rejoignit et, les deux heures qui précédèrent leur départ pour le stade, furent passé dans un entremêlement de bras et de jambes qui avaient généralement lieu pendant les 'instants-câlins' de la meute. Harry et Wayne étaient généralement blottis entre Fenrir et Jeremy – faisant à présent très attention au ventre de l'oméga. Le reste s'éparpillait autour. Puis il fut l'heure de partir et tous prirent le portoloin pour le stade. Ralph râla à l'atterrissage, de même qu'Adrastos, tous deux détestant ce moyen de transport. Cardric renifla, visiblement amusé, mais se garda bien de dire quelque chose lorsque deux regards noirs volèrent dans sa direction. Cela arrivait de plus en plus souvent, mais Harry commençait à extérioriser ses émotions. Et à cet instant-là, c'était l'exaltation. Il y avait du mouvement partout, des lumières et des cris, des applaudissements et même des chansons paillardes. Leur tribune était en hauteur, juste à côté de celles des hauts-placés. Ce ne fut donc pas une surprise quand, alors que la meute s'installait, quelques aînés de Serpentard abandonnèrent soudainement leurs parents ( à la grande surprise de ces derniers ) pour venir saluer les P'tits. Harry se retourna lorsqu'il sentit une caresse familière sur le nid d'oiseau qui lui servait de cheveux. Nid d'oiseau qui avait pourtant un peu poussé et possédait maintenant des reflets rouge sang. Le regard de Harry, déjà plus lumineux qu'en temps normal, brilla avec joie lorsqu'il reconnut l'équipe de Serpentards au complet, avec Terence Higgs ( qui avait dû arrêter le Quiddtich à cause d'une blessure et avait été remplacé par Malfoy, lequel avait payé pour entrer dans l'équipe ), et Silver Travers. Comme un gamin, il tendit les bras vers Flint qui secoua la tête et l'attrapa pour le caler entre lui et Silver. Puis Silver tendit le bras et attrapa Wayne pour en faire de même. Les parents des aînés de Serpentards haussèrent un sourcil devant cette marque d'affection peu courante. Il était rare que leurs enfants fassent ainsi preuve de contacts physiques de ce genre en un lieu aussi public. Pourtant, aucun membre de l'équipe de ne se priva puisque les deux plus jeunes Serpentards furent tour à tour embrassés, câlinés et ébouriffés ( oui, leurs cheveux reçurent beaucoup d'affection ce jour-là ) et, lorsque le ministre interpella les deux jeunes adolescents, ce fut un choc pour tous les hauts-placés à portée d'oreille :

« Messieurs Potter et Hopkins, quel heureux hasard de vous croiser ici ce soir. »

Augustus Rookwood(1) qui était à portée d'oreille, renifla quand il entendit l'albinos ruminer un ''Oh non, ça je ne l'avais pas prévu.''. Certains haussèrent un sourcil, d'autres ouvrirent la bouche sous la surprise. Effectivement, voir le Survivant alors qu'il n'avait jamais fait aucune apparition publique... Certes, ils avaient entendu par leurs enfants – ou les enfants de leurs collègues-, que le garçon avait fait son entrée à Serpentard, au grand choc de tout le monde. Mais il y avait aussi des rumeurs qui couraient sur la Chambre des Secrets et le rôle héroïque de Potter et Hopkins bien que, d'après leurs enfants, il s'agissait surtout d'une situation gagnante pour les deux Serpentards qui ne seraient certainement pas allés chercher la jeune fille possédée s'ils n'avaient pas eu quelque chose à gagner. Bien des Serpentards. Tous ne croyaient pas les rumeurs, d'ailleurs certaines parlaient justement d'une relation assez froide entre Dumbledore et Harry Potter et, hors de question de se mettre en danger pour croire juste des rumeurs. La présence du Survivant ce soir était donc une surprise de taille. Le second, Hopkins était aussi un orphelin de guerre assez connu, notamment à cause de sa famille, qui était toujours restée neutre malgré la violence de la guerre. Il était aussi l'un de ces orphelins de familles sorcières importantes, qui avaient disparus, seulement pour réapparaître une décennie plus tard, à Poudlard. Les deux garçons furent enfin libérés des longues embrassades et des messages d'heureux anniversaires, seulement pour effacer toute émotion de leurs visages et afficher un air stoïque tandis que l'un des laquais de Fudge s'occupait de créer une portière entre les deux tribunes. Les deux garçons échangèrent un regard tandis que les aînés, regagnaient leurs sièges près de leurs parents en faisant la moue et que le reste de la meute, se rétractait derrière les deux garçons, prêts à bondir au moindre signe de danger.

Harry eut à peine le temps de cligner des yeux qu'il était accaparé par le ministre, lequel lui broyait presque la main sous les flash des médias, qui pouvaient à peine atteindre leur position depuis leur tribune juste un peu plus loin. Harry n'aimait pas les médias. C'était toujours si bruyant et si aveuglant. Il n'aimait pas les flashes et encore moins les journalistes acharnés comme cette femme, Rita Sticker ou quelque chose comme ça. Le petit brun fit la moue: Fudge ne semblait pas décidé à lui rendre sa main et le regard assassin que Wayne jetait au Ministre était une preuve suffisante pour dire qu'il aurait dû le lâcher depuis le temps.

« Un conseil, essuyez-vous quand il vous aura relâché. » susurra Adrastos derrière eux, son sourire en coin prouvant qu'il riait sous cape.

Wayne renifla mais n'eut pas l'occasion de répondre car Fudge sembla enfin reconnaître sa présence et lâcha la main de Harry pour prendre la sienne. Comme le vampire l'avait conseillé, les deux garçons s'essuyèrent discrètement lorsque le ministre les relâcha.

_ Ah Mr Potter, Mr Hopkins, je vois que vous êtes bien arrivés. Je dois dire que j'étais surpris quand j'ai entendu dire que vous étiez présent. J'espère que vous n'avez pas eu de problème en chemin, j'ai entendu dire que le stade avait été infecté par des vampires et, vous savez comment sont ces bêtes enfin -

Fudge s'interrompit brusquement et pâlit lorsqu'il remarqua Adrastos lequel, caché derrière Harry et Wayne-, lui sourit froidement, dévoilant ses canines particulièrement aiguisées.

_ Ne vous en faîtes pas monsieur le Ministre, je suis sûr que vous ne vouliez rien dire de mal à propos de mon genre, n'est-ce pas ? Certains sont un peu trop jeunes et ont du mal à se contrôler, mais ils s'améliorent de jour en jour et ne méritent certainement pas d'être traités comme des bêtes. Ne pensez-vous pas ?

_ O – Oui, tout-à-fait. Je – Je ne voulais rien dire de -

_ Adrastos, fit calmement Harry, le regard plat. Tu l'intimides je crois.

Le susnommé fit la moue et enlaça Harry par derrière, son sourire s'élargissant lorsqu'il fut la cible d'un regard meurtrier.

_ Aw je n'oserai jamais faire cela, Little Red.

Il n'y pouvait rien, cela avait commencé avec son compagnon mais bientôt, tout le reste de la meute s'y était mis. Harry et Wayne avaient été 'rebaptisés' Little Red et Little Death. Les deux adolescents sentaient le sang et la mort, accompagné d'un doux parfum fruité. Les vampires et toutes les créatures des Ténèbres raffolaient de cette odeur, ça n'était donc pas une surprise de les voir enroulés autour du petit doigt des deux gamins. Non, leur odeur était plus que cela. C'était comme un aphrodisiaque. Non, pas tout-à-fait ( quoi que Cardric avouera sans peine que lui et son compagnon mettaient bien plus d'ardeur qu'avant dans leurs rapports sexuels quotidien ). Leurs odeurs, c'était un peu comme du catnip pour les chats. Dès qu'ils étaient autour des deux jeunes adolescents, ils avaient envie de les enlacer et de ne plus jamais les relâcher.

_ M – Monsieur Potter, connaissez-vous Mr Lestoat et Mr de Valsulvic ? L'interrogea un Ministre tremblant, tout en dévisageant le couple de vampires nobles derrière les deux jeunes Serpentard.

Harry cligna des yeux.

_ Oui. Répondit-il platement. Ce sont deux de nos amis.

Puis, comme si cela lui revenait soudainement, il rajouta :

« Et ce sont des Lords. »

Fudge pâlit à l'idée de se faire reprendre par un gamin de treize ( ''quatorze !'' ) ans pour son oubli volontaire et il s'empressa de présenter ses excuses.

Harry acquiesça, le regard toujours dénudé d'émotions et Fudge pâlit un peu plus lorsqu'il remarqua le reste des 'amis' du Survivant. Potter et Hopkins étaient les seuls humains ( hormis les Serpentards qui étaient déjà présents avant l'arriver des p'tits ). Tous les autres étaient soit vampires, soit loups-garous. Comment le garçon avait-il réussi à se faire de tels amis ? Ne vivait-il pas avec son oncle et sa tante moldus ? D'ailleurs, ça n'était pas uniquement cela. Les créatures dîtes 'des Ténèbres' n'étaient pas très bien vues, mais comme dans toutes les communautés, ils avaient leur part de noblesse et les créatures appartenant aux cercles nobles étaient bien souvent invités lors des conventions sociales et autres soirées mondaines. Le fait est que Potter et Hopkins étaient devenus amis avec les Seigneurs ( officieux ) des vampires et la meute de loups-garous la plus influente de Grande-Bretagne. Comment diable était-ce arrivé ? C'était quelque chose que lui n'était jamais parvenu à faire. En même temps, s'il devait être tout à fait honnête, Cornelius n'était pas vraiment doué pour se faire des amis. Lorsqu'il était enfant, il n'en avait pas beaucoup, peut-être même pas du tout maintenant qu'il y pensait. Il traînait avec une bande, à Poudlard. Il était le bon copain, celui à qui on pouvait demander des services. Il était aussi, en quelque sortes, le clown de service. Celui qui faisait rire les autres en faisant des bêtises. Pas comme les jumeaux Weasley, non, on disait d'eux qu'ils étaient des génies sous le couvert d'enfants désobéissants. Cornelius, lui, avait été appelé Idiot du village, Abruti et Looser. Pourtant, il n'avait pas détesté ses années à Poudlard. Il n'avait pas été persécuté, simplement parce qu'il traînait avec des héritiers influents et que lui-même était le fils d'un diplomate réputé.

Il n'avait jamais considéré les gentilles moqueries de sa bande comme quelque chose de plus cruel. Pour lui, il faisait parti de la bande et les membres de la bande se moquaient d'eux entre eux. Ils avaient été ses amis, même si après Poudlard ils ne s'étaient plus vraiment reparlé. Il avait fallu attendre que Cornelius devienne ministre en 1982 pour que les choses retournent en sa faveur. Cornelius avait toujours aimé le pouvoir et la richesse, attiré comme papillon de nuit à la lumière, une pie aux objets brillant, un hippogriffe aux fur – enfin bref, voilà le genre. Devenir ministre était un moyen pour une fin. Après les élections, Cornelius était devenu LA personne à inviter aux réceptions, celle sans qui une soirée n'était pas importante ( ça n'était pas tout à fait vrai mais du moins le croyait-il ). Il avait alors été approché par Lucius Malfoy, de quelques années son cadet. Celui-ci était un ancien mangemort acquitté. Oh, Cornelius n'était pas stupide, il avait lui-même des doutes concernant le lord blond, mais l'homme avait tout ce que Fudge enviait: argent, pouvoir, influence. Ils s'étaient rapprochés au fil des années. Cornelius en était venu à l'apprécier. Pas comme un amant ! Il n'était pas de ce bord-là merci bien. Ça ne le dérangeait pas, mais lui était hétéro, sa secrétaire pouvait le confirmer. Mme Fudge n'était fort heureusement au courant de rien et Cornelius comptait bien continuer sur cette pente-là. C'était pour cette raison qu'il obéissait à son maître corbeau lequel, inconnu au rang du bataillon, lui avait envoyé un message quelques semaines plus tôt, accompagné de photographies de lui et Miss Umbridge. À présent, 80% des pots de vins que Lucius lui donnait pour voter certaines lois, passaient directement au maître chanteur. En fait, s'il devait être honnête, il n'y avait pas que des photos de lui et de Dolorès, non, cela aurait été trop facile. Un petit égarement était pardonnable, mais fréquenter les putes de l'allée des Embrumes ? Un peu moins. Le proxénétisme n'était pas interdit à proprement parler. On fermait les yeux lorsqu'on voyait les prostituées se presser dans l'allée sombre, mais si l'on voyait l'argent passer d'un sorcier à une fille très dénudée, c'était l'arrestation directe pour les deux en plus d'être accompagné menottées et ensemble au Ministère, par voie publique, afin de leur faire passer l'envie d'être à nouveau pris sur les faits. Donc oui, le proxénétisme était légal tant qu'on n'était pas pris sur le fait. Sinon, direction les cellules du ministère. Parce que ça n'était pas une transgression assez grave pour bénéficier d'une cellule à Azkaban. Et voilà que son maître chanteur s'était approprié des photographies aussi incriminantes ? Il avait pourtant été discret. L'enveloppe contenait même une photographie lorsqu'il était sorti du Bordel, une prostituée et un escort-boy à son bras. Il ne savait pas trop ce qu'il avait fait cette nuit-là avec le jeune homme mais il n'était pas certain de vouloir savoir. Les garçons ne l'intéressaient pas. La fille en revanche. La photographie lui remémora quelques moments. La fille était une belle blonde, la vingtaine à peine, des seins ronds et fermes, des courbes généreuses, des lèvres pulpeuses et un charme assassin. Elle avait tout d'une veuve noire.

À bien y réfléchir, il était certain d'avoir perdu la bourse contenant ses Gallions durant cette soirée-là...

« Vos amis ? Ah, je vois que vous savez y faire pour entreprendre des contacts. »

Harry inclina la tête sur le côté, sans daigner répondre à la tentative d'humour du ministre. Wayne, debout juste à côté de Harry, plissa les yeux, très ennuyé par le comportement du ministre. Il avait vraiment envie d'en finir avec l'autre glue de service. Ne souhaitant pas gâcher la journée de Harry en les faisant tous deux ( et le reste de la meute ) devenir hors la loi pour avoir mis fin aux jours du Ministre – même si ça serait fun !-, Wayne laissa sa magie s'égarer un peu et s'envelopper comme un cocon autour de lui et de Harry, réchauffant la 'meute' par une vague de magie sombre. Il vit Fudge frissonner et sourit froidement, la satisfaction bordant ses traits. Cornelius n'avait sûrement pas remarqué d'où cela venait en revanche, Lucius Malfoy et quelques autres de la faction sombre les dévisageaient à présent avec air calculateur et le couple de vampires derrière Harry ronronnaient de de plaisir.

« Oh, un coup de froid. Rit nerveusement le Ministre. Je pense que le match va bientôt commencer, nous devrions regagner nos places. »

Et, avec une dernière pirouette, le ministre rondouillard s'éloigna pour regagner son siège.

Un homme d'une trentaine -peut-être une quarantaine-, d'années, s'avança avec sa femme, prêt à accaparer l'attention du Survivant tandis que celui-ci était pris en sandwich par les jumeaux Weasley ( lesquels avaient on ne sait comment trouvé leur chemin dans les tribunes supérieures ), lorsque Wayne se glissa soudainement devant le couple, stoppant efficacement leur subtile avancée.

_ Désolé mais cela devra attendre un autre jour.

_ Et qui es-tu gamin ?

Le haut placé savait qu'il n'aurait pas dû dire cela, il savait qui était le garçon en question et, même si les Hopkins n'étaient pas si vieux que cela, ils avaient tout de même de l'influence et avaient fourni d'excellents hit wizards. Il ne tenait pas à s'accrocher avec le dernier Hopkins. Encore moins alors que celui-ci s'entendait si bien avec le Survivant.

_ Je suis sûr que cette importante entrevue avec mon ami n'est pas aussi importante que votre image publique. Si vous insistez, je vais devoir crier au viol pour attouchements déplacés, déclara Wayne en observant la main agrippée à sa hanche, tandis que la femme de l'homme pâlissait en pensant aux réactions de la foule. Vous êtes peut-être innocent mais avec votre marque sur le bras, ça ferait un peu tâche à l'image d'homme repenti que vous vous donnez, poursuivit Wayne. Voyez-vous aujourd'hui c'est l'anniversaire de Harry et comme il n'a jamais réellement eu l'occasion de célébrer son anniversaire, il est hors de question que vous gâchiez ce jour avec vos soucis politiques. Je suis sûr que votre courrier peut attendre un ou deux jours. Après tout, il a déjà attendu treize ans, n'est-ce pas ?

Wayne avait laissé échapper un peu son aura meurtrière dans leur coin pour bien faire passer le message et un sourire froid étira ses traits juvéniles lorsqu'il avisa le teint pâle et maladif qu'affichait à présent l'homme politique. Il était clair que l'adolescent face à lui était bien plus que ce qu'il ne laissait paraître et, apparemment, il ne fallait surtout pas gâcher l'anniversaire du Survivant avec des conversations politiques. Soit, il attendrait. Mais seulement parce qu'il ne voulait pas être à nouveau la cible du sourire presque démentiel de l'albinos. C'était effrayant. Il devait bien l'avouer. Presque plus que le regard cruel de son ancien maître.

Wayne se retourna vers la meute et avisa leur tenue. Ça n'était pas des robes de sorcier, aucun d'entre eux n'aimaient réellement ce genre de vêtements. Cependant, ils avaient revêtu de riches tissus, pour montrer leur statut de meute la plus influente. Wayne haussa un sourcil, il savait que la meute était assez riche pour se le permettre mais Fenrir n'aimait pas s'embêter à payer pour des tissus qu'il ne porterait qu'une à deux fois par an.

L'alpha avisa son regard et renifla, étouffant un rire.

« Ralph a commencé à prendre soin de lui et refuse de montrer cela. Il a donc utilisé cette soirée comme prétexte pour obliger tout le monde à en faire de même. Il a payé lui-même. Il s'est apparemment trouvé un nouveau passe-temps très... lucratif. »

L'albinos ricana. Ça ressemblait bien au bêta. Il voulait très certainement impressionner le couple de vampires et ne s'était même pas rendu compte que c'était déjà le cas. Mordred, était-il aveugle au point de louper les regards que lui glissaient les deux autres mâles aux dents pointues ? Par contre, Ralph passait presque tout son temps libre au manoir... quel était donc ce nouveau passe-temps ?

Le jeune bêta gronda doucement. À trente ans, il en faisait à peine vingt-quatre, mais il avait gagné en maturité au cours de l'année passée. Il ressemblait à présent plus à un guerrier qu'à un simple sorcier-loup. Raphaël, dit 'Ralph' avait encore l'âge des imprudences, mais il n'avait pas pour habitude d'en faire. Né dans une famille qui avait trop de bouches à nourrir, il avait souvent comparé son histoire à celle du Petit Poucet et s'était même plusieurs fois demandé si ses parents ne s'en étaient pas inspirés lorsqu'ils l'avaient emmené se perdre, lui et ses frères. Malheureusement, sur les cinq enfants perdus en forêt, seuls trois avaient survécu après les premiers jours. Deux de ses plus jeunes frères avaient abandonné face au froid mordant de l'Hiver et sa jeune sœur de sept ans était tombée gravement malade peu après. Ça n'était pourtant pas elle qui était morte. C'était leur frère de dix ans, mutilé par un ours. Raphaël avait essayé de protéger ses deux jeunes frères et sœurs mais le poids du deuil de leurs deux frères, le froid et la faim avait rendu la tâche d'autant plus difficile. Âgé de douze ans à l'époque, Raphaël savait un peu se servir de la hachette qu'il avait caché dans sa besace, seul bagage que leur père leur avait permis de prendre avant de partir en forêt pour une 'promenade'. Ils n'avaient plus jamais revu leurs parents. Il avait pourtant entendu que les deux enfants restés avec leurs parents étaient morts durant un combat avec des non-maj. La mort de son frère Tobias avait été des plus tragiques. Il ne s'était pas endormi pour ne plus jamais se réveiller comme ses frères avant lui, non. Il avait agonisé tandis que Raphaël massacrait l'ours tueur. Puis, quand il était venu s'agenouiller près du corps de son frère cadet, cela avait été pour entendre sa respiration hachée, son souffle haletant et les derniers mots qui hanterait à jamais ses pensées. Tobias n'avait jamais été affectueux, mais sur son lit de mort, baignant dans la neige et son propre sang, ses paroles avaient été plus aimantes que jamais auparavant. L'enfant de dix ans s'était métamorphosé en un sage, aimant et bienveillant malgré le sang qui tâchait ses lèvres et son visage. Elise leur jeune sœur, trop malade pour sortir et chasser avec eux, était restée dans leur refuge improvisé – une vieille cabane dans les bois-, à peine consciente de son environnement et un linge humide sur son front en sueur. Tobias avait agrippé sa vieille chemise étriquée et avait employé ses dernières forces pour le faire pencher en avant. Puis il lui avait fait ses adieux, un baiser sur le menton, faute de pouvoir atteindre le front. Et Raphaël avait pleuré. Longtemps. Pas assez selon lui. Trop peu. Beaucoup trop peu. Il avait enterré son frère un peu d'une heure après cela, sans se préoccuper du sang de l'ours, qui le défigurait. Il avait été violent, barbare presque, mais il voyait encore l'ours se jeter sur son frère et le mutiler sévèrement. Une attaquer fatale, avait-on dit plus tard. Et d'une violence à vous couper le souffle. Il avait été mordu par un solitaire peu après cela. Elise et lui avaient erré pendant deux ans après cette tragique épreuve, mais la jeune fille avait été emporté par la maladie lorsque Raphaël avait quinze ans. Il n'y avait pas eu de cérémonie, ni d'enterrement en règle: Ralph ne possédait pas l'argent pour cela. À la place, il enterra sa sœur aux côtés de Tobias, une croix grossièrement taillée rejoignant la première et une couronne de fleur posée sur l'herbe sèche.

Raphaël était mort avec eux. Ralph avait pris sa place. Un enfoiré parmi tant d'autre. Drôle mais un peu arrogant, un bâtard sans gêne pour certains. Pas même accepté totalement parmi les gens de sa condition. Fenrir l'avait accepté. Il l'avait trouvé sur sa route lorsque le jeune homme avait seize ans et l'avait recueilli, apposant sa marque d'appartenance sur l'ancienne morsure, devenant ainsi son alpha. Fenrir n'avait que vingt ans à l'époque, mais ils étaient vite devenus des frères. Ralph revenait de loin. Et il en avait vu des horreurs. Il avait vu le feu, le sang et la haine. Il avait vu la mort engendrée par la guerre entre Dumbledore et Voldemort. La même terreur qui avait balayé le peuple lors de la précédente guerre avec Grindelwald. Quel que soit le conflit, Albus Dumbledore semblait toujours s'y retrouver mêlé d'une certaine façon.

Ralph était encore jeune, et pourtant si vieux déjà. Son âme était habitée par les ténèbres et les souvenirs d'une enfance brisée, rongée par les silhouettes fuyantes de ses géniteurs et les fantômes translucides de ses défunts frères et sœurs. Ses yeux onyx perçaient ses interlocuteurs et leur montraient la face cachée du monde. Il recouvrait cette façade brisée sous des couches d'humour noir mais la meute n'avait jamais été crédule, pas plus que les récents ajouts. Wayne et Harry n'avaient jamais rien dit mais c'était comme si – comme s'ils se reconnaissaient entre eux. Ralph n'était pas un enfant de cœur. Il avait déjà tué. Et pas seulement pour survivre face à un ours. Il était déjà arrivé qu'il tue, pas vraiment par plaisir, mais pas comme s'il y avait été contraint non plus. Les p'tits étaient dérangés, ça se voyait, c'était perceptible. Brisés aussi. Peut-être était-ce pour cette raison qu'ils étaient aussi appréciés par les créatures sombres qui rodaient toujours dans la populace magique. Peut-être était-ce pour cette raison que Ralph s'était laissé aller à les considérer comme des petits-frères, lui qui n'avait plus jamais voulu ressentir de telles choses pour d'autres personnes que sa défunte famille.

Il est vrai qu'il n'était pas indifférent au charme des deux vampires étrangers. Cardric et Adrastos étaient... comme une part manquante de son âme. Oh, il n'était pas étranger au terme 'd'âme sœurs' mais il n'avait pas entendu parlé de Triade hybride depuis plusieurs siècles au moins. Les Triades... des âmes sœurs ( dans plus de deux ) mélangeant diverses espèces. C'était souvent arrivé par le passé mais au fil des siècles, les rencontres entre âmes sœurs s'étaient faites plus rares et les Triades n'étaient plus aussi communes qu'avant. Ralph savait parfaitement que c'est ce qu'étaient les deux vampires nobles pour lui, mais il ne pouvait s'empêcher d'être nerveux et pessimiste. Peut-être que le couple de vampires n'auraient pas besoin de lui ? Peut-être que le lien d'âme n'était aussi pressant qu'avec lui ? Ils ne semblaient pas gênés par l'absence d'un troisième membre.

Les problèmes de confiance de Ralph n'avaient pas disparu avec la fin de l'adolescence, ils avaient juste été recouvert sous une ou deux couches de fausse arrogance. Il n'avait aucun problème à obéir à Fenrir car il le considérait comme un frère aîné et il était le seul à connaître l'étendue de son histoire. Toute son histoire, et pas seulement la tragique histoire de sa famille. Il connaissait aussi son passé de tueur à gages ( l'un des seuls métiers ici en G-B où les loups-garous étaient volontairement engagés et très prisés pour leur précisions ) et les sombres détails glauques. Malgré tout, il lui manquait un alpha. Dans sa vie de 'couple'. Il lui manquait aussi son soumis. Son soumis l'apaiserait et son alpha l'empêcherait de faire des écarts, le contraindrait à la soumission lorsqu'il dépasserait les limites ou perdrait son calme. Et puis... et bien, il ne sentait que trop bien le lien entre lui et les deux vampires.

Un coup dans les côtes lui fit perdre le fil de ses pensées. C'était Erakles, l'un des bêta, qui le rappela à l'ordre.

_ Le match va commencer.

Et, effectivement, les joueurs entrèrent en scène, volant sur les modèles dernier cri, mêlant pirouettes et cascades au gré de leurs envies et impressionnant le public qui hurlait leurs encouragements.

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Plus tard, alors que l'on célébrait l'équipe irlandaise – Harry et Wayne supportaient l'équipe irlandaise bien que la foule scande le nom KRUM durant une bonne partie du match-, Wayne entraîna Harry pour aller saluer l'équipe du jour. Étant plus petit que la majorité des supporters, les deux adolescents n'eurent aucun mal à se faufiler à travers la foule. Ils passaient presque inaperçu malgré les cheveux blanc et les yeux rouges de Wayne et les mèches rouge sang de Harry. Après tout, ils portaient tous deux le vert, couleur symbolique de l'Irlande. Les joueurs de l'équipe les trouvèrent 'adorable' et signèrent le carnet de Harry – un carnet que Wayne lui avait offert le matin-même. Ils se laissèrent même tentés par un tatouage maison – tout simplement parce que le second emploi de Chris, le batteur, était tatoueur et que l'attrapeur, Liam, le leur avait proposé. Après cela, ils retrouvèrent les Serpentards ( qui étaient encore auprès de leurs parents, à se demander s'ils allaient enfin les libérer ) et la meute. Cardric fut le premier à voir les tatouages et renifla, surfant entre stupéfaction et amusement. Et bien, ils étaient jeunes après tout et le vampire aux cheveux bleus doutait qu'ils en viennent à le regretter. Après tout, cela ne ressemblaient pas à Wayne et Harry de regretter quelque chose et puis, un trèfle, c'était toujours sympa. Wayne ricana lorsqu'il vit Terence faire la moue avant d'être embarqué par Adrian dans une valse de la joie, sous les yeux mi amusés mi exaspérés de leurs parents. Apparemment, Terence avait parié que l'équipe bulgare gagnerait le match. Pauvre Terence. Harry se détacha de Wayne et balaya les sang-purs d'un regard neutre, cherchant sa proie. Puis il la trouva et marcha d'un pas calme et élégant avant de s'arrêter face à lui. Lucian Bole. Celui-ci déglutit devant le regard plat du petit brun. Merde. Il détestait quand Harry ( ou Wayne ) le regardait ainsi.

« Allez Luci'. Ricana Terence.

_ Oui, renchérit Adrian. Allez, Lucian. »

Lucian plissa les yeux face à ses camarades, ruminant un sombre 'lâcheurs' qui fut engloutit sous les rires de ses camarades et se pencha pour enlacer Harry, lui soufflant un 'joyeux anniversaire'. Ça n'était pas que Lucian avait oublié son anniversaire – Harry s'en fichait et, en plus, le plus âgé le lui avait souhaité juste avant le match. Le problème était que Lucian n'était pas un personnage très tactile et les deux jeunes Serpentards s'étaient apparemment mis en tête de changer cela. Après tout, il était le seul à n'avoir pas encore été complètement converti aux câlins du Duo. Les yeux de Harry s'illuminèrent et un très léger sourire se dessina sur ses lèvres. Le blond – Lucian-, le relâcha et l'entraîna vers le reste de l'équipe où Wayne, un peu maussade mais amusé malgré tout, se hâta de regagner le côté de SON petit brun. Harry sourit un peu, flatté par la jalousie flagrante de l'autre garçon. Silver et Marcus reniflèrent, visiblement amusés mais ils paraissaient plus intéressés par la meute, qu'ils n'avaient pas imaginé aussi... peuplée. Parce que oui, eux savaient pour la meute.

Puis ils remarquèrent le trèfle à quatre feuilles, identique qui trônait sur la nuque des deux garçons. L'exclamation de Silver lui valut l'attention des autres qui suivirent le point qu'il fixait. Avisant leurs regards incrédules, Wayne haussa les épaules, nonchalant comme à son habitude.

_ C'est Christopher qui nous l'a fait.

_ Christopher ? Fit Adrian, haussant un sourcil. Comme dans Christopher -

_ Comme Christopher Marquez, le batteur de l'équipe Irlandaise. Oui.

Il y eut un silence.

_ Et vous l'avez laissé vous tatouer... comme ça ?

Wayne haussa à nouveau les épaules.

_ C'est un trèfle, ça porte chance et puis, Marquez est un tatoueur réputé. Aussi bon en tant que batteur qu'avec une aiguille dans les mains.

Wayne fut tenté de rajouter autre chose, mais décida qu'il aurait bien d'autres occasions pour choquer ses aînés. Un silence confortable prit place avant que Silver ne clappe dans ses mains :

« Bon, allons dans ma tente. Mon père est avec le ministre et... va sûrement passer sa soirée avec ses collègues donc la tente est libre. Je propose qu'on aille célébrer l'anniversaire de Harry et la victoire de l'équipe irlandaise. » rajouta-t-il en riant de la déconfiture de Terence.

Adrian ricana et hocha impatiemment la tête. Bientôt, ils partaient tous faire la fête dans la tente de Travers.

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Il était pas loin d'une heure du matin lorsque les premiers cris de terreur retentirent. Silver, tout à coup très sobre, cria qu'il fallait partir sur le champ. Dans la précipitation cependant, le groupe se dispersa et Wayne attrapa Harry, lequel avait trébuché et le redressa avant qu'il ne se fasse piétiner. Wayne n'était pas amusé. Il aurait bien voulu attraper l'imprudent mais il était déjà loin et il devait faire attention à ne pas perdre à nouveau l'autre garçon dans la foule de fuyards. Les deux jeunes gens coururent à contre courant, combattant l'armée de fuyards qui partaient dans l'autre sens. Après tout, il était seulement logique pour eux, de faire l'inverse du commun des mortels. Les deux sang-mêlés errèrent un moment avant de tomber sur ce qu'ils cherchaient: des figures en robes noires semaient la zizanie sur le terrain de campement. Wayne plissa à nouveau les yeux. Ça, il ne l'avait définitivement prévu. Et si quelque chose venait perturber l'anniversaire de Harry, il ferait en sorte de le faire disparaître. Wayne lança un coup d'œil à Harry, lequel dévisageait les silhouettes d'un regard fixe, les yeux brillant d'une lueur de folie. Un sourire morbide étira les traits de l'albinos. Oh, ils allaient payer de les avoir dérangé. Wayne prit une lente inspiration et attrapa la main de Harry, lui souriant à travers la mèche blanche qui lui barrait le front.

« Et bien, quel anniversaire mortel. »

Et, sur ce, ils se lancèrent dans une valse mortelle, dansant entre les silhouettes, poignards en main, peignant des ombres écarlates sur le sol terreux du campement.

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Marcus était inquiet, Charles en était conscient. Son fils avait toujours été un peu froid et distant en public, presque rude. Mais depuis quelques années, cela avait changé. Il était plus cordial lors des réceptions, plus posé peut-être. Sa mise en couple avec Silver n'était pas une surprise, au contraire, elle avait été très attendue par ses parents et les collègues de son père. Le père de Silver aussi avait longtemps attendu cela. Après tout, les paris étaient en place depuis 89' ! Néanmoins, cela ne changeait rien au fait que son fils était inquiet. Charles n'aimait pas quand son fils était inquiet. Ses collègues et amis durent remarquer son air crispé parce qu'ils cessèrent de rire et que Dolohov lui donna un coup de coude dans les côtes.

« Je suis sûr que ce ne sont que des imitateurs. Aucun ne serait assez stupide pour ressortir leurs... équipements. »

Il faisait bien sûr référence aux anciens mangemorts encore en liberté ou en fuite depuis toutes ces années. Charles avait évité d'y repenser depuis qu'il avait été acquitté. Il trouvait la justice de l'époque assez mal faite. Bien sûr, il était réellement repentant contrairement à d'autres, mais la Justice en avait laissé filer pas mal et avait condamné quelques innocents aussi. Il avait été en termes... assez bons avec Black après leur graduation. Il avait même bu avec lui quand il avait appris qu'il devrait épouser Aurora Demestre, une sang-pure de Serdaigle qu'il détestait. Il l'avait épousé, obligation familiale, mais il n'y avait pas d'amour entre eux. Il était fier de son fils et l'aimait, mais il n'avait jamais caché à celui-ci qu'il n'y avait pas d'amour entre lui et sa femme. Ils se haïssaient tous deux bien trop pour cela.

_ Lucius n'est pas là, remarqua Charles en balayant les environs du regard. Son fils non plus.

Ils étaient une dizaine de haut-placés rassemblés derrières les tribunes. La plupart des supporters avaient été évacués ailleurs mais eux, en tant qu'invités de marque, avaient été placés ici. Leurs enfants étaient juste à quelques mètres d'eux, parlant anxieusement entre eux. Apparemment le 'Duo' était nul part en vue et cela les angoissait terriblement.

Silver n'était pas plus rassuré que les autres. La première fois que le Duo avait disparu ainsi, ils étaient réapparus en sang, après avoir froidement assassiné un Troll. La seconde fois, ils avaient tour à tour tué des acromentules, trouvé une chambre légendaire et avaient soudoyé ( ou tué, on n'avait jamais été sûr ) un Basilic d'une trentaine de mètres. Malgré sa propre angoisse, il se devait de rester calme, autant pour Marcus que pour le reste de la meute qui menaçait de sortir les crocs et les griffes. Ceux-ci s'étaient rassemblés en une masse compacte et ne laissaient presque personne les approcher sans émettre des grondements menaçants. Jeremy et Fenrir étaient les pires de tous. Quoique Ralph était presque plus menaçant et dangereux que les deux réunis. Il aurait sans doute massacré Fudge depuis longtemps si Cardric et Adrastos n'avaient pas apaisé le bêta.

Silver haussa un sourcil lorsque son partenaire s'affala contre lui.

_ Oh. Fit Marcus, le premier à les repérer. Papa ?

_ Oui?

_ J'espère que tu ne tenais pas trop à tes anciens collègues, fit-il, sachant que son père comprendrait où il voulait en venir.

Son père commença à formuler une phrase lorsqu'il vit les deux silhouettes que fixait son fils.

_ Oh mon...

Tout comme Halloween 91, les deux jeunes Serpentards étaient recouverts de sang, cette fois-ci cependant, ça n'était pas le sang noir d'un troll des montagnes. Non, certainement pas. Marcus, cependant s'en fichait et, quand les deux adolescents s'arrêtèrent au centre de la place et furent sujet aux regards choqués des adultes – fort heureusement seule la faction sombre était présente, minus un Auror que Terence s'empressa d'oublietter en profitant du choc, avant de l'envoyer ailleurs-, il se hâta vers les deux plus jeunes pour vérifier les possibles blessures. Harry avait encore un poignard ensanglanté dans les mains, quand Wayne au contraire, avait essuyé le sien contre un cadavre en robe noire. Après tout, un peu plus de sang sur l'autre, ne changerait pas grand chose. La chemise blanche du petit brun était recouverte de sang et d'éraflures. Le revêtement de Wayne n'était pas en meilleur état. Harry se rongeait encore les ongles, une mauvaise habitude qu'il avait pris, et regardait Wayne, d'un air rêveur. Ce dernier affectait l'ignorance face aux regards des adultes. La soirée s'était plutôt bien terminée.

Le couteau s'enfonça dans la chair avec un son dégoûtant et Wayne ricana en voyant la figure s'effondrer comme une poupée de chiffon, un cri silencieux figé à jamais sur le masque d'argile qui recouvrait son visage. Encore un anonyme jusqu'à ce que les Aurors ne découvrent son identité. Il admira Harry lequel, quelques mètres plus loin, sculptait grossièrement un trèfle à quatre feuille dans la poitrine d'un imitateur ( Wayne ignorait s'il s'agissait de réels mangemorts mais il penchait plus pour des imitateurs ). L'albinos pensait que cela avait un lien avec Vernon Dursley. Avec toutes les cicatrices que lui avait laissé son oncle, Harry avait besoin de 'transférer' ses blessures sur ses adversaires/proies/victimes. C'était presque comme un besoin vital. Le trèfle ? Bonne question.

Harry éclata de rire lorsque son couteau se ficha dans la poitrine d'un inconnu qui avait voulu attaquer Wayne dans le dos. En s'accroupissant près de l'inconnu, Harry pouvait l'entendre respirer et haleter. Il était encore vivant. Il prenait conscience de son état, de la mort qui s'approchait. Il savait qu'elle arrivait. Et Harry savait qu'il savait. Harry voulait savourer ce moment et, pour cela, il étendit le bras et fit tomber le masque. C'était un homme. Une vingtaine d'années pas plus. Des imitateurs. Ses lèvres étaient entrouvertes et ses yeux bleus, presque éteints, le fixaient sans broncher. Le sourire qui barrait le visage de Harry perdit un peu de son éclat. C'était encore un enfant. Pas tout à fait. Lui n'avait jamais été réellement un enfant. Pas depuis la mort de ses parents. Peut-être que cet homme non plus. Peut-être qu'il était ici par choix. Et s'il était ici par choix, n'était-ce pas là une mort honorable ? Harry assista à son dernier souffle, parce que c'était bien là la seule chose qu'il pouvait faire. Quand l'homme se fut éteint, le garçon lui ferma les yeux, puis se redressa et oublia tout de lui. Ce soir, il n'y penserait pas. Il aurait le reste de sa vie pour ce souvenir de ce nom murmuré dans le silence de l'instant.

« David. »

C'était ce qu'il avait répondu à bout de souffle, du bout des lèvres lorsque Harry lui avait demandé son nom, juste un peu plus tôt. Le petit brun leva son couteau au niveau de son visage et il sortit sa langue pour lécher le sang sur la pointe du couteau. Il se coupa un peu, s'en ficha et lécha un peu plus, son sang se mélangeant à celui de ce garçon, David.

Quelques secondes plus tard, un nouveau rire le quitta et Harry sortit un autre poignard. Wayne le rejoignit, le prit par les hanches et lui vola un baiser, chaud et passionné.

Le silence dura un peu plus longtemps avant que finalement, l'un des adultes ne se reprenne et pointe un doigt accusateur vers les deux adolescents.

« Que – Que diable vous est-il arrivé ? »

Deux regards neutres se posèrent sur lui et il pâlit un peu. Avec autant de sang sur eux...

Adrian, de sa place, leva les yeux au ciel et s'approcha, dégainant sa baguette.

« Durant votre seconde année, Terence a hurlé comme une fillette et vous êtes arrivés tranquillement dans le dortoir des quatrièmes années, baguettes en main, prêt à éradiquer le problème, qu'est-ce que c'était ? »

Wayne renifla, visiblement amusé tandis que Higgs poussait un piaillement indigné. Il n'avait guère besoin qu'on lui rappelle cette histoire. Encore moins devant tant de respectables Lords et Ladies. Le père d'Adrian, Vincent Pucey était ravi de voir son fils se montrer aussi prudent, et espérait peut-être aussi que les deux personnes recouvertes de sang face à eux, ne soient pas véritablement des gamins de quatorze ans.

Harry répondit, d'un ton plat, le regard vide :

« Un grillon. »

Thomas Higgs partagea un regard avec son époux, Gabriel, et se mordit les lèvres pour ne pas rire malgré la situation plus que sérieuse. Il avait tendance à oublier que Terence haïssait plus que tout ce genre de petites bestioles. Ça lui ressemblait bien de réagir ainsi. Il en eut la confirmation lorsque l'ami de leur fils, Adrian, rangea sa baguette dans son holster et amorça un geste pour enlacer les deux plus jeunes Serpentards. Le futur sixième année ravisa et les dévisagea un instant avant de soupirer et de secouer la tête en ressortant sa baguette.

« 'Jamais penser que je couvrirai quelqu'un pour meurtre. » l'entendit-on ruminer.

Harry jeta vers lui un regard plat, mais qui, aux yeux des autres, passa pour un regard innocent. Wayne ne se fatigua même pas à jouer la comédie. Il haussa les épaules.

_ Pardon ? Il me semble pourtant bien que c'était de la légitime défense, non ? Ce sont eux qui ont commencé à semer le chaos partout sur le campement avec des sortilèges interdits, non ? Nous n'avons fait que nous défendre.

Il y eut un silence.

_ Les p'tits, commença Adrian, son sourcil gauche se crispant sous l'incrédulité. Je pense pas qu'avec autant de sang, ça puisse possiblement passer pour de la légitime défense.

Malgré tout, il agita la main et fit disparaître les preuves du massacre. Les deux garçons se retrouvèrent bientôt avec des vêtements très propres. Trop peut-être.

Après avoir remercié leur aîné, Harry fronça les sourcils.

_ On a croisé un gars bizarre là-bas. Il n'arrêtait pas de rire.

_ C'est drôle, fit Lucian, vaguement amusé. J'en connais deux autres qui n'arrêtent pas de rire dans un moment pareil.

Harry l'ignora, bien que les autres Serpentards ne manquèrent pas le léger sourire qui trônait sur les lèvres du petit brun. Il aimait les personnes sarcastiques.

_ Il a dit qu'il s'appelait Barty.

_ Et que bientôt, reprit tranquillement Wayne, son maître reviendrait et régnerait sur la Grande-Bretagne Magique.

Il remarqua vaguement que la majorité des sang-purs présents se tendirent et devinrent angoissés mais n'y fit pas plus attention que cela. Apparemment, ça n'était pas de bonnes nouvelles pour eux. 'Devait avoir un rapport avec le Vol de la Mort ou quelque soit son nom.'

_ Pas comme s'il avait beaucoup de chances de remplir son objectif.

Lorsqu'il ne capta que des regards confus, Wayne soupira profondément.

_ 40% de ses effectifs sont en prison. Les autres sont théoriquement assez intelligent pour savoir que sans partisans, il est à peine puissant et d'autres ont sûrement compris depuis un moment que c'est très hypocrite de sa part de vouloir éliminer tous les nés-moldus quand lui-même est un sang-mêlé.

Il reçut des regards stupéfaits et secoua la tête. Il commençait à ressentir l'épuisement. La fatigue était en train de prendre le pas sur l'adrénaline qui l'avait possédé une bonne partie de la soirée. Il repensa brièvement à ce gars, Barty, qu'ils avaient laissé partir parce qu'ils le trouvaient drôle et... et sympa. Harry avait voulu le prendre comme animal de compagnie. Wayne avait refusé. Les humains ne faisaient pas de bons animaux de compagnie. Même s'il devait avouer que Barty aurait bien convenu. S'il n'avait pas encore été autant attaché à son ancien maître.

_ Mimy. Fit soudainement Harry d'une voix étrangement enfantine, tout en dévisageant Jeremy. 'tigué.

Peu comprirent le langage-Harry, mais Jeremy le comprit et ouvrit ses bras pour que Harry vienne s'y réfugier. Celui-ci obtempéra et, quelques secondes plus tard, l'ivresse qui l'avait habitée précédemment, le quitta et il s'affaissa contre l'omega. Fenrir prit le relais et attrapa le frêle corps du petit brun. Wayne tint quelques secondes de plus puis s'effondra contre Silver.

Puis Ralph rit. Un rire rauque et grave, qui donna un frisson de plaisir aux deux vampires nobles. Ceux-ci ne portaient pas la même tenue qu'en début de soirée, preuve qu'ils avaient profité du chaos pour chasser un peu et s'étaient changés avant de revenir ici. Les deux vampires se rapprochèrent subtilement du loup-garou puis se pourléchèrent les lèvres lorsque l'odeur musquée les frappa de plein fouet. Ô combien délicieux...

Adrastos frissonna à nouveau. Il lui tardait d'être possédé par ses deux compagnons. En même temps. Il savait depuis un long moment déjà que Cardric n'était pas son seul compagnon. Savoir que son compagnon manquant était également celui de Cardric avait été une magnifique surprise. Les deux vampires ne s'en étaient rendus compte que lorsqu'ils s'étaient rendus au manoir des gosses pour leur faire une visite surprise et avaient reconnut l'odeur lupine qui hantaient leurs rêves (et bien oui, les vampires rêvaient parfois, c'était rares, mais lors d'occasions pareilles, cela arrivait). Puis ils avaient vu le bêta en question. Il leur paraissait si jeune. Un gamin par rapport à eux. Certes, ils avaient une apparence éternellement jeune mais Cardric, malgré son comportement enfantin, était plusieurs fois centenaires et Adrastos n'était pas tout jeune non plus. Pourtant, les yeux de Ralph, ses yeux parlaient pour lui. Ils témoignaient des horreurs que leur porteur avait vécu. Leur propriétaire qui avait vu des choses, en avait vécu d'autres... Adrastos était prêt à tout entendre du loup. Tout, mais pas de rejet. S'il vous plaît. Pas de rejet. Malgré cela, il lisait aussi la propre peur du rejet du loup-garou. C'était une peur qui ne l'avait apparemment jamais quitté. Adrastos échangea un furtif regard avec son amant avant de se rapprocher dans le dos du bêta. Celui-ci, absorbé par les frêles figures endormies de ceux qu'il était venu à considérer comme ses petits frères, ne le vit pas approcher et sursauta un peu lorsqu'un menton vint se poser sur son épaule.

« Allons, Ralph, lui parvint la voix suave du vampire d'origine grecque. Les p'tits vont dormir avec les autres. Je suis sûr que toi aussi, tu veux dormir. »

Le ton charmeur était presque taquin, et Ralph ravala sa salive alors qu'il se tournait pour faire face aux deux vampires.

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On les retrouva tard dans la nuit, tous trois enfermés dans une chambre d'hôtel, rendus ivres par l'alcool qui avait coulé à flots. Quelques minutes plus tôt, le calme légendaire de Cardric avait pris feu lorsqu'il avait eu le malheur de voir Ralph se dénudé pour la nuit et il avait attrapé le loup-garou afin de lui ravir un baiser. Le chaste baiser avait cependant rapidement dérapé en quelque chose de plus profond et ils étaient à présent tous trois installés sur le lit double ( qui pouvait au moins contenir quatre personnes ), Cadric surplombant Ralph et l'embrassant avec fougue tandis que Adrastos, plus bas, sortait le membre du loup de sa prison de sa tissu. Gonflé et imposant, celui-ci fit déglutir un peu le vampire soumis. Il avait de quoi ressentir de l'appréhension. Les rumeurs ne mentaient pas, quand elles disaient que les loups-garous étaient vraiment bien gaulés. Le vampire grec attrapa le membre dressé, tremblant presque avec excitation. C'était loin d'être la première fois qu'il jouait avec des hommes -puisqu'il était en couple avec Cardric depuis des années-, ça n'était même pas la première fois qu'il se retrouvait dans un plan à trois ( ça lui était arrivé bien des décennies plus tôt lorsqu'il ne connaissait pas encore Cardric ). Pourtant, la simple idée d'être avec ses deux compagnons, avec eux, pour un acte aussi... intime... Adrastos en était... figé d'extase. Son propre sexe était gorgé de plaisir et ses mains tremblaient lorsqu'il se débarrassa de son pantalon. Il ne portait rien en dessous. Cardric gloussa et délaissa un instant les lèvres du loup pour obliger Adrastos à remonter vers eux avant de lui voler un baiser langoureux. Ralph était hors d'haleine alors qu'il observait ses deux compagnons d'âme. Le truc avec les vampires, c'est qu'ils n'avaient pas besoin de respirer. C'était tellement chaud de les voir s'embrasser ainsi.

« Aw ~ fit Adrastos, lorsqu'il fut libéré de l'emprise du vampire aux cheveux bleus. On dirait que notre petit loup est sur le point de craquer. »

Un léger grondement joueur monta dans la gorge de Ralph mais il ne répliqua pas et se contenta d'attraper Adrastos par la nuque et posa rudement ses lèvres sur celle du vampire plus menu. La brusquerie ne gênait pas le grec. En fait, si quelque chose, cela l'excitait davantage. Il aimait quand c'était dur et violent. Il était un vampire après tout. Il vivait pour les sensations. Il aimait quand c'était fort. Et pas qu'en matière de sexe. Adrastos sentit son membre se contracter à la pensée d'être pris par ses deux partenaires. Il ne pouvait attendre. Une fraction de seconde plus tôt, il avait le membre de Ralph en bouche, mais à présent, il chevauchait le jeune loup, leurs membres se pressant l'un contre l'autre et Cardric laissait une traînée de baisers dans la nuque de son vampire de compagnon.

Ralph aimait contrôler, mais pas uniquement. Voir la fine et élégante silhouette dénudée d'Adrastos le surplomber, assis à califourchon sur lui était une vue des plus exquises. Et être contrôlé ainsi par Cardric l'excitait davantage. Le loup-garou soupira d'aise et posa ses mains sur les hanches graciles du vampire blond. Tous deux lâchèrent un souffle tout en se pressant à nouveau l'un contre l'autre. Cardric n'était pas en reste: de sa nouvelle place derrière son compagnon vampire, il avait une vue imprenable sur les deux, tout en préparant leur vampire soumis.

Et la nuit n'en devint que plus exquise quand Cardric eut préparé l'autre vampire. Sentir [ses] deux hommes en lui était la chose la plus merveilleuse que Adrastos ait pu un jour ressentir. Il ne pensait qu'au plaisir qu'il ressentait et à celui qu'il apportait aux deux hommes. Au dessus de lui, Cardric sentait l'étroitesse de l'antre et l'autre sexe glisser contre le sien. C'était exquis, jouissif. Il n'y avait pas d'autres mots.


Le matin du 2 août, on retrouva Wayne et Harry sur le Chemin de Traverse. Les deux adolescents avaient comme qui dirait fait le mur ( dans leur propre demeure, faut le faire quand même ), pour aller se balader dans l'allée sorcière la plus célèbre d'Angleterre. Harry avait déjà récupéré quelques fournitures pour la rentrée, mais les manuels attendraient plus tard, lorsqu'ils auront enfin reçu la nouvelle liste de fournitures. Harry était allé refaire le stock de 'blood pop', les sucettes de sang dans un des magasins de l'Allée des Embrumes, quand Wayne s'arrêta devant une enseigne qu'il n'avait jusque-là jamais remarqué. C'était une boutique comme les autres – une façade rabougrie et presque en ruines-, à ceci près que la vitrine différait totalement avec le reste. Les néons vert et roses qui brillaient au dessus de la vitre indiquaient 'Wizard's Wand for Little Tease.'', tout du moins c'était ce que lisait Wayne mais puisque certaines lettres ne brillaient plus, cela restait difficile à dire avec certitude. Le jeune adolescent resta interdit devant la boutique. Ça n'était pas qu'il était choqué – pourtant il aurait dû, s'il n'avait pas déjà tant vu-, mais il était... inexorablement attiré par ce qu'il voyait à l'intérieur de la boutique, depuis la vitrine. La porte de la boutique était ouverte, comme une invitation à entrer et, malgré l'aspect peu accueillant de la rue en général, un petit guéridon reposait sur la terrasse, et des cartes de visite avec le nom, l'adresse et le numéro de cheminée de la boutique, reposaient dessus. Wayne avisa les chaînes suspendu quelque part au plafond, les paires de menottes, simple ou avec fioritures, des affiches de sex-toys puis, finalement, le collier. Il y en avait deux exposés en vitrine. L'un à clous, visant à blesser un peu le porteur afin de mieux le dresser. L'autre, plus doux, était en cuire, mais servait aussi à dresser le porteur, et à montrer à tous son appartenance. Wayne déglutit(2), les yeux rivés sur le collier. Malgré lui, son regard se posa sur le poster qu trônait sur la vitrine, montrant un jeune homme – lequel portait l'un des collier et son esprit ne put s'empêcher de se représenter cette image en remplaçant l'inconnu par Harry. Harry, portant le collier en cuire, à quatre pattes et le regardant avec envie, les yeux brillants et les lèvres gonflées. Il n'entendit pas les bruits de pas, ni ne remarqua l'ombre derrière lui jusqu'à ce que la voix de Harry ne le fasse sursauter.

« C'est joli. J'aime bien. » déclara-t-il d'une voix fluette et innocente.

Wayne manqua de s'étrangler. C'est joli... j'aime bien. Est-ce que... Harry se rendait-il compte de ce qu'il disait ? Du contexte et dans quel sens cela pouvait être interprété ? Est-ce qu'il le taquinait ou le trouvait-il réellement juste joli ?

J'aime bien...

« Je pense que cela ferait un bon cadeau de Noël, tu ne crois pas ? Poursuivit le petit brun aux yeux verts. Peut-être devrions-nous prendre une carte ? »

Sans attendre la réponse de son ami – ou petit-ami ?-, Harry poursuivit.

_ Tu crois que nous devrions acheter quelque chose ici pour Ralph ? Et bien sûr Cardric et Adrastos.

Finalement, l'albinos réagit et secoua la tête.

_ N – Nous devrions sans doute patienter un peu, Harry. Ils n'ont même pas encore rendu cela officiel.

C'est vrai ça, ça n'est pas parce que Ralph avait découché et était revenu la veille, le cou et le torse couverts de suçons, morsures et griffures, accompagné des deux vampires en question-, que cela comptait comme un coming out pour sa [future] relation avec eux.

Harry fit la moue ( du moins Wayne interpréta cela comme une moue ) mais opina et entraîna l'albinos vers un autre magasin. Non sans avoir au préalable prit une carte de visite de WWFLT.


Les délégations devaient arriver aujourd'hui. Harry ne savait pas trop quoi en penser. Toute cette histoire de tournois... pourquoi diable fallait-il qu'il y ait autant d'agitation ? Ça n'était qu'un tournois. Le jeune homme ne pouvait pas croire que les autres quatrième années ( et tous les autres ) soient aussi excités. Ils ne cessaient de s'agiter en cours et dans les couloirs. Harry ne voyait pas quel était le problème. Seuls les septièmes années devraient être distraits. Après tout, seuls les étudiants de dix-sept ans avaient le droit de participer. Wayne subissait la même chose, non sans se plaindre une à deux fois par jour à son camarade. Surtout que, en plus d'assister à ce déplorable spectacle de cancans, ils devaient en plus esquiver Ginnevra Weasley par des pirouettes et des cascades. En effet, comme Wayne l'avait prédit, la cadette Weasley avait commencé à prendre confiance en elle et s'était mise en tête d'approcher le Survivant. Elle devait être la seule personne de tout Poudlard -avec son frère Ron, à être inconsciente de la proximité des deux Serpentards. Ça n'était pas qu'ils s'affichaient comme un couple (ils avaient toujours été extrêmement tactiles donc il était difficile de noter le changement entre eux mais, d'une certaine façon, tout le monde l'avait plus ou moins senti. Ou alors était-ce juste parce que des paris étaient en place depuis 91 ? ). Apparemment, tout le monde se demandait quand est-ce qu'ils finiraient par sortir ensemble. Seuls Wayne et Harry avaient réellement été inconscients durant tout ce temps.

Harry sortit le nez de son livre de Runes Anciennes lorsqu'il entendit des cris. Ignorant les ordres de McGonagall – laquelle avait demandé à tous les élèves de se rassembler dans la cour extérieure du château à 16:30 afin d'accueillir les délégations étrangères qui arriveraient vers 17:30-, Harry avait quitté la bibliothèque en emportant son livre de Runes que Ralph lui avait offert à son anniversaire. Pourquoi diable aurait-il dû se présenter par cette froide température près d'une heure à l'avance alors même qu'il pourrait profiter de ce temps-libre pour terminer ses devoirs et même prendre encore un peu d'avance et se débarrasser de tous ses autres devoirs ? C'est ce que lui et Wayne avaient fait, après avoir escaladé l'une des plus basses tour du château. Le froid ne les gênait pas, tout du moins, ne gênait pas Wayne, qui n'était pas du genre frileux et avait enroulé son écharpe autour du cou du petit brun. D'ici en plus, ils avaient une excellente vue. Harry reposa le gros bouquin sur ses genoux et leva les yeux vers le Ciel. Un carrosse volait à toute allure vers le château. Wayne observa son parcours, mi intéressé, mi ennuyé. Quand les cheveux manquèrent de renverser Hagrid, le garde-chasse, l'albinos ricana. Ça n'était pas qu'il n'aimait pas Hagrid, quoi que hors des cours de SACM il n'avait pas vraiment eu l'occasion de lui parler, mais les rares fois où il l'entendait parler, le demi-géant ne cessait de chanter les louanges du vieux sénile. Harry appréciait le demi-géant avant cela. Maintenant, le petit brun trouvait juste cela impossible à supporter. C'était comme s'il était engagé pour ça: lancer des fleurs à Dumbledore. Comme si le vieil homme ne s'en lançant déjà pas assez à lui-même. Du carrosse, sortit la plus grande femme que Wayne eut jamais rencontré. Elle avait des cheveux bruns et une coupe au carré, un visage anguleux et une expression terne. Malgré tout, elle ne lui sembla pas déplaisante. À sa suite, sortit une ribambelle de jeunes filles en uniforme bleu. L'uniforme en question, bien qu'assez court, semblait beaucoup plus pratique que les longues robes noires et encombrantes de Poudlard. Le duo ne les portait pas. Ils avaient depuis longtemps cesser de les faire, les portant uniquement aux festins de début et de fin d'année. Comme ils n'avaient pas beaucoup grandi, ils n'avaient pas pris la peine de racheter de nouvelles robes après la première année. Par contre, ils avaient effectivement renouvelé le reste de leur uniforme à la fin de l'année passée. Wayne fronça les sourcils. Il pouvait voir la magie s'échapper du corps de certaines des étudiantes et cela semblait faire réagir les garçons ( et peut-être aussi les filles, bien que cela restait davantage de l'ennui chez elles ).

« Des veelas.» chuchota Wayne, le nez plissé.

Ça n'était pas qu'il n'aimait pas les veelas. Il n'avait aucun problème avec eux si ce n'est que l'un des veelas mâles avait essayé de s'approprier SON Harry lors d'une visite dans un club de l'Allée des Embrumes. Il n'aimait pas non plus la façon dont beaucoup usaient de leurs charmes pour obtenir ce qu'elles voulaient. Il savait que comme n'importe quelle autre créatures, les veelas se servaient juste de leurs pouvoirs à leur avantage mais il n'aimait pas. C'était comme... comme se prostituer pour obtenir ce qu'elles voulaient et encore, certaines prostituées étaient plus sympa que certaines veelas. Aussi, la plupart des veelas ( pas toutes ! Mais beaucoup. ) étaient incroyablement hautaines et arrogantes du point de vue du dernier Hopkins.

Harry pivota vers lui, ses sourcils froncés en une moue adorable.

_ Est-ce que tu les préfères à moi ? Demanda-t-il d'un ton plat mais où Wayne décela une pointe de jalousie.

Le jeune homme aux yeux rouges renifla et secoua la tête. Jamais il ne pourrait les préférer à Harry. Harry était juste... Harry. La perfection incarnée selon lui. Une perfection un peu brisé, juste assez pour le compléter parfaitement.

_ Je devrais être malade pour penser cela.

Harry lui offrit un doux sourire et se pencha vers lui pour poser ses lèvres sur les siennes. Wayne lui lécha les lèvres. Il ne pouvait penser à un autre endroit où il souhaiterait être. Sa maison était avec Harry et nulle part ailleurs. Il n'avait pas de maison avant cela.

Les deux adolescents ne se séparèrent que lorsqu'un 'SPLASH' retentissant résonna à travers les chuchotements. Wayne se rendit compte que les filles de Beaux-Bâtons avaient déjà disparu avec leur directrice, probablement parties se réchauffer à l'intérieur. Le bruit provenait en fait d'un immense bateau délabré, semblable à un vieux bateau pirate comme on en voyait dans les films. De là, descendirent par les cordes et les filets, de jeunes hommes, chaudement vêtus, guidé par un homme d'une petite quarantaine d'années, aux cheveux bruns mi-longs et ondulés. Il apparut soudainement dans l'esprit de Wayne que Poudlard était la seule des trois écoles à être mixte à en juger par la constitution des délégations. Wayne observa Harry et haussa les épaules. Ça ne l'aurait pas dérangé. Harry et lui étaient des garçons, donc cela n'aurait rien changé et puis, les filles étaient si agaçantes ( NdA : Ne me frappez pas, je suis une fille aussi ! ) ! Surtout Ginnevra Weasley. Et Granger aussi, parfois. Elle s'était calmée par rapport à la première année où elle ne cessait de rabrouer tout le monde et de leur jeter des regards noirs lorsqu'ils réussissaient en premier un exercice pratique ou que l'un des professeurs commentaient à voix haute les essais et les complimentaient sur leur travail. Pourtant, cette année, elle semblait à nouveau se montrer aussi insupportable que lorsqu'elle était une gamine de onze ans.

En bas, près du bateau, Nikolaï, Grigori, Sergey et Demetri encadraient Viktor, comme ils avaient pris l'habitude de le faire depuis qu'ils s'étaient rencontrés en première année à Durmstrang. Les deux premiers balayaient la foule du regard tandis que Sergey et Demetri, les deux frères Morkov, observaient le château avec une lueur d'admiration: Poudlard était tout en luminosité quand Durmstrang était au contraire réfugiée dans l'ombre et enveloppée sept mois dans l'année par un épais manteau de neige. Allez savoir pourquoi, ce coin était toujours en proie à la neige et à l'Hiver. Sergey ricana soudainement et coudoya son camarade.

« Hey, Dem. Regarde ces petits oisillons. »

Le susnommé leva les yeux et mit quelques secondes avant de trouver les personnes que son ami désignait du menton. C'était deux garçons, plus jeunes qu'eux – beaucoup plus jeunes-, et qui ne devraient probablement pas se trouver à un endroit pareil ( sur le toit d'une des hautes tours ! ) et encore moins quand le reste de l'école était rassemblé tous ensemble. L'un des garçons, l'albinos, se leva soudainement avec une souplesse impressionnante et tendit la main à son camarade, lequel la prit après avoir attrapé un bouquin presque aussi gros que le sac de réserves ( de nourriture ) d'Alec lequel, bien que taillé finement, avait toujours faim. C'était même impressionnant la quantité qu'il était capable d'engloutir tout en restant fin comme une brindille (une brindille avec tout de même un peu de muscle ). Krum posa brièvement les yeux sur les deux garçons qui escaladaient les toits, semblant les évaluer du regard, puis hocha la tête à ses camarades et vint rejoindre leur directeur. Karkaroff les avait un peu briefer sur Poudlard et leur avait en gros dit qu'il s'agissait d'une bande de faiblard qui ne basait leur apprentissage que sur la magie blanche et neutre tout en oubliant totalement les autres branches de Magie et l'éducation physique. Cette dernière était importante dans le développement des jeunes sorciers. Vous savez ce que disent les moldus 'Un esprit sain dans un corps sain.' ou quelque chose comme ça, Grigori devait avouer qu'il n'était pas certain. Cependant, la chose était: Poudlard n'offrait pas de cours de sport ou même de sport de combat et arts martiaux. Non, rien de tout cela. Karkaroff avait dit beaucoup de choses mais les élèves le connaissaient bien et avaient pris l'habitude de trier ses dires avec des recherches ou des articles de journaux. Le curriculum de Poudlard était d'un niveau bien moins élevé et prestigieux qu'avant. Pourtant, eux pouvaient sentir la magie tourbillonner autour des deux oisillons. Une magie sombre et envoûtante. Sergey exhala lentement, humant à nouveau l'air pour graver l'arôme magique dans sa mémoire.

Les élèves de Durmstrang firent une brève démonstration de leurs capacités – assez pour rendre les autres craintifs mais pas assez pour révéler leur véritable potentiel aux yeux des autres-, avant que leur directeur ne les invite à s'asseoir où ils souhaitaient. Nikolaï aperçu un flash blanc à la table des vert et argent et coudoya ses amis. Viktor avisa leur regard et hocha la tête, lui indiquant d'ouvrir la marche. Et c'est ainsi qu'ils s'assirent à la table des Serpentards, tandis que Viktor essayait d'ignorer les soupirs de dépit et les appels d'un fanboy roux inconnu.


Le soir du 2 Novembre était comme n'importe quel autre soir. Bon d'accord, ça ne l'était pas du tout. Les murmures surexcités des élèves ne faisaient qu'agiter un peu plus les aînés qui étaient déjà assez nerveux rien qu'en observant la très ancienne Relique qui trônait à présent près de la table des enseignants. La Coupe de Feu allait désigner les Champions à la fin du repas. C'était un jour qui resterait gravé dans les mémoires. La délégation de Durmstrang n'avait pas vraiment encore eu l'occasion de parler avec les Serpentards qui avaient capturé leur attention, Draco Malfoy prenant tout leur temps pour leur parler de choses plus ou moins futile. Aujourd'hui, ils avaient été assez intelligent pour se rendre dans la Grande Salle en avance et avaient pu trouver une place de choix entre les premières années et l'équipe de Quidditch minus Draco Malfoy, lequel était avec le reste des camarades de maison de son année en train de rentrer au château. Il s'avéra que Marcus Flint était plus sympa que ce qu'il n'avait entendu dire et que le reste de l'équipe de Serpentard était assez drôle finalement. Leur humour noir coïncidait avec le leur. Quand les quatrièmes année de Serpentard et de Gryffondor entrèrent dans la Grande Salle pour le dîner, les yeux de Malfoy s'écarquillèrent sous le rire narquois des frères Morkov. Après tout, le blondinet n'avait pas prévu qu'ils soient là en avance et apparemment, les deux places restantes entre Durmstrang et l'équipe de Quidditch étaient déjà réservées. Grigori renifla quand Malfoy afficha un air outré en se faisant dépassé par une paire de Serpentard de son année. Les deux petits oisillons ignorèrent l'héritier blond et firent leur chemin jusqu'à Marcus. Avec un soupir, ils se posèrent entre les deux factions et regardèrent misérablement leurs assiettes vides. Et bien, il était difficile de dire avec le petit brun, son visage semblait totalement dénudé d'émotions, néanmoins Demetri devina qu'il regardait misérablement son assiette. Puis, finalement, il leva la tête et regarda dans leur direction. Le jeune homme cligna des yeux. Il tourna la tête vers son copain aux cheveux blancs et aux yeux rouge puis inclina la tête sur le côté. Ce dernier pencha la tête en avant et l'écouta chuchoter à son oreille.

Flint, qui écoutait les murmures des deux garçons assis à côté de lui, étrécit les yeux et manqua de s'étouffer avec sa salive.

_ Vous n'êtes pas sérieux ? Mais vous étiez dans les citrouilles ou bien ?

_ Quoi ? Intervint Pucey, qui n'avait pas suivi la conversation entre les p'tits.

Flint renifla et désigna les deux gosses d'un geste de la main avant de désigner les élèves de Durmstrang.

_ Le Duo se demandaient juste qui ils sont.

Les étudiants de l'Est clignèrent des yeux. Ils étaient là depuis plus de deux jours et tout le monde ne parlait que de ça. Comment pouvaient-ils ne pas être au courant ?

Le petit brun fit la moue – tout du moins ils considérèrent cela comme une moue.

_ Je sais qu'ils viennent de Durmstrang. Ça n'était pas ça ma question. Je me demandais pourquoi ils étaient à cette table et non à celle des Gryffondors. Stupide Weasley semblait apprécier cette idée.

Higgs s'étouffa avec son jus de citrouille ( heureusement même s'ils n'y avait encore rien dans leurs assiettes et pour cause, tous les professeurs et invités n'étaient pas encore arrivés-, au moins il y avait de quoi boire. Lucian déplorait encore le manque d'alcool. ) et, pour le coup, les étudiants slaves étaient heureux d'être ignorés. Cela leur permettait d'emmagasiner des informations sur eux et les autres ainsi que sur la dynamique de Poudlard.

_ Stu – Stupide Weasley ?

_ Ronald. Les jumeaux sont gentils. Ronald est stupide. Stupide Weasley. Expliqua simplement le brun aux yeux verts.

Ils avaient encore à lui demander un nom. Ils ne pouvaient pas continuer à l'appeler Petit. Même en pensées.

_ Co – Comment n'as-tu pas remarqué qu'ils étaient assis avec nous ? Fit Bletchley, le gardien de l'équipe de Quidditch de Serpentard. C'est ainsi depuis l'arrivée des délégations.

Cette fois-ci, ils n'eurent pas à imaginer la moue qui ornait le visage du jeune homme. Elle était bel et bien présente.

_ J'étais concentré sur autre chose, avoua le petit brun.

Il ne comptait pas dire tout de suite que lui et Wayne étaient sur le point de finaliser l'ultime étape de la transformation animagus. Cela faisait presque deux ans qu'ils travaillaient là-dessus, lui et Wayne. En seconde année, ils s'étaient contentés des méditations basiques, mais l'année dernière, depuis qu'ils avaient trouvé ce bouquin génial et très explicatif, ils avaient vraiment travaillé en profondeur là-dessus. Il ne comptait pas en parler en comité aussi public parce qu'ils perdraient ainsi l'avantage de l'effet de surprise. On ne savait jamais quand on pourrait en avoir besoin et, puisque l'on ne pouvait s'enregistrer sur les listes animagus qu'après avoir été diplômé ( ce qui était stupide de l'avis de Wayne ), ils ne faisaient rien d'illégal. Wayne avait un peu d'avance sur lui dans leurs progrès sur la transformation animagus mais Harry travaillait dur pour achever cela avant Noël.

Il y eut un bref silence lorsque les deux garçons de quatrième année se tendirent puis ils remarquèrent l'ombre qui se dressait derrière eux. Tous levèrent les yeux et Viktor roula presque des yeux lorsqu'il réalisa qu'il s'agissait de Malfoy. Ben tiens...

« Potter, j'apprécierai si toi et Hopkins bougiez de là. »

Sergey tourna la tête si vite que son cou craqua et Terence Higgs lui adressa un sourire sympathique. Ça faisait un mal de chien ces ptites conneries. Pas qu'il parlerait ainsi devant ses parents. Qui sait ce que sa mère pourrait lui faire. Elle l'obligerait sûrement à laver sa bouche avec du savon. Erk, il n'avait pas fait cela depuis qu'il avait neuf et avait poussé le chien de leur vieille et horrible voisine depuis le toit de sa maison. Oui, c'était affreusement barbare, surtout envers un animal mais le cabot était aussi horrible que sa maîtresse. Et puis, honnêtement, il était qu'un gosse à l'époque.

Attendez... est-ce que ce p'tit bout d'chou était Harry Potter, LE Survivant ?! Il n'était... pas ce à quoi ils s'attendaient. Grigory n'était pas sûr de ce à quoi il s'attendait, mais certainement pas à cela. Il est vrai qu'ils avaient également été impatients d'aller à Poudlard pour voir à quoi ressemblait le Survivant dont tout le monde avait entendu parlé jusqu'au fin fond de la Russie. Il faut dire que même s'ils ne s'étaient pas mêlés des affaires des autres pays, la montée au pouvoir de Voldechose avait fait du bruit dans le monde entier. L'apparition du Mage Noir avait fait jaser et l'ex Seigneur des Ténèbres de Grande-Bretagne ( et pas du monde entier contrairement à ce qu'aimaient penser les personnes influentes de G-B ) avait fait connaître à la Grande-Bretagne une sombre période. Savoir qu'un bambin haut comme trois pommes avait réussi à vaincre le plus grand mage noir d'Angleterre depuis Grindelwald alors même que d'autres sorciers plus expérimentés avaient échoué... Donc non, ils ne s'attendaient pas au mignon petit brun qui possédait d'incroyables émeraudes. Ils ne s'attendaient pas à la frêle silhouette et à l'expression apathique qu'il portait constamment. À vrai dire, il semblait que le vent seul suffirait à le briser. Pourtant, il exsudait de pouvoir. Il semblait que la magie même tournoyait autour du jeune duo. Et à nouveau, cette magie sombre et envoûtante. Demetri frissonna de plaisir alors qu'il laissait la magie des deux garçons voguer jusqu'à lui et l'envelopper dans un cocon de chaleur. C'était comme être coupé du monde et s'enfermer dans une étreinte maternelle/fraternelle. Comme s'il était encore un fœtus, dans le ventre de sa mère. Sécurité. C'était le mot.

Le pet – non, Harry, se tourna à demi, bien vite imité par l'albinos, Hopkins ( ils ne connaissaient pas son prénom ), posa un regard blanc sur Malfoy.

_ Pourquoi ?

C'était une simple question, mais elle sembla prendre au dépourvue le blond. Il aurait dû s'en douter pourtant, il connaissait le brun depuis des années maintenant, même s'ils n'avaient jamais réellement parlé. Pour une raison quelconque, il n'était jamais parvenu à se rapprocher vraiment de lui et d'Hopkins et il n'avait apparemment pas la patience pour le faire. Ça n'était pas donné à tout le monde. Ça l'avait profondément blessé dans son ego.

_ Parce que je te le demande.

_ Mais nous sommes toujours assis avec Marcus et l'équipe. Contra obstinément Harry. Tu es toujours avec Crabbe et Goyle. Pourquoi voudrais-tu changer ?

Wao ~ c'était la première fois que Potter lui parlait autant. Dommage que ce soit dans de telles circonstances. Une tique fit son apparition sur le sourcil du blondinet et il résista à l'envie de se masser les tempes. Trop plébéien pour lui, apparemment. À la place, il tendit la main, avec dans l'optique de la poser sur l'épaule de Harry.

_ Potter tu -

L'albinos se leva soudainement et se mit entre Malfoy et Potter, non, Harry.

_ Je considérerai ce que je suis sur le point de faire si j'étais toi, Malfoy, fit Wayne. Tu découvriras que tu n'apprécieras pas le résultat de tes frasques.

L'albinos sourit quand son opposant blanchit considérablement.

_ Harry n'aime pas être touché par des inconnus.

La déclaration ne passa pas inaperçue mais ce qui blessa l'ego de Malfoy fut le terme 'inconnu' et le fait que, oui, bien qu'ils se connaissent et se côtoient depuis quatre ans, il n'avait jamais pu toucher l'autre adolescent sans que celui-ci ne se dérobe ou tressaille. Le regard d'Hopkins cependant était froid et flamboyant. Comme de la lave en fusion. Pourtant, Draco lui, ne voyait que le sang, le sang qui avait déjà coulé, bien que cela, Draco ne pouvait en être certain. Il était cependant prêt à mettre toute sa richesse en jeu, si jamais on prenait les paris.

_ Y a-t-il un problème ici ?

Wayne se déroba sous la voix doucereuse de leur chef de maison et il se retourna, hochant la tête à leur professeur en guise de salutation.

_ Aucunement, professeur, fit-il, d'un ton neutre. Malfoy nous demandait juste si nous n'avions pas vu Crabbe et Goyle.

Snape lui adressa un long regard indéchiffrable avant de finalement acquiescer.

_ Asseyez-vous, le repas va commencer. Le directeur ne veut pas de comportements indignes de Poudlard.

Wayne renifla.

_ Pourra pas être pire que Gryffondor.

Et, à sa surprise, son chef de maison afficha un léger sourire narquois.

_ En effet.

Sur ce il pivota et rejoignit sa place à la table des professeurs, ses robes s'envolait avec classe et élégance derrière lui. Harry cligna des yeux. Wayne renifla et Malfoy prit un air hautain avant de se détourner et de rejoindre ses gardes du corps.

L'un des élèves de Durmstrang, trop curieux, jeta un long regard à Harry.

_ Tu es vraiment Harry Potter ?

Marcus et les autres membres de l'équipe reniflèrent, amusés. Malfoy l'avait interrogé ainsi en première année aussi. La réponse qu'ils avaient eu ne les avait nullement satisfait.

_ Apparemment, répondit le petit brun en piquant joyeusement dans sa nourriture avec sa fourchette.

Ce fut seulement alors qu'ils réalisèrent l'apparition de la nourriture. Ils avaient tous tellement été absorbés par la conversation qu'ils n'avaient pas fait attention à cela. À mi chemin pendant le repas, Harry commençait à somnoler. Lui et Wayne avaient travaillé particulièrement dur pendant leur après-midi de libre afin de métamorphoser certaines parties de leur corps dans leur forme animagus. Même après avoir repris des forces, Harry tombait de fatigue. Le jeune homme était tombé endormi juste après le dessert, la tête sur l'épaule de Wayne et Marcus lui caressant doucement les cheveux. Le plus jeune ne se réveilla même pas lorsque les applaudissements retentirent pour la fille française – la veela, ni quand Krum se leva, pas loin de lui, pour rejoindre la petite pièce à proximité. Il entendit vaguement, dans le fin fond de son subconscient le nom de Cedric Diggory être proclamé haut et fort.

Ce ne fut que lorsqu'on lui frotta doucement la nuque pour le réveiller qu'il sortit de son état de somnolence. Wayne le fixait avec appréhension. Le silence aurait été oppressant pour n'importe qui d'autre mais Harry se contenta de se redresser après avoir étouffé un bâillement. Flint et les autres aînés s'étaient redressés, tendus et semblaient le regarder avec la même appréhension que Wayne. Harry cligna des yeux et afficha un air vaguement confus.

« C'qui se passe ? » demanda-t-il doucement.

Wayne ravala sa salive.

_ Harry Potter, répéta Dumbledore.

_ Ton nom vient d'être tiré de la coupe.

Ah. Était-ce donc pour cela que tout le monde le dévisageait étrangement ?

_ Pourquoi ? Demanda lentement Harry, son visage dénudé d'émotions, comme toujours lorsqu'ils étaient en public.

_ Je ne sais pas, Harry.

Harry pencha la tête sur le côté.

_ Mais je n'ai pas envie de participer.

Le ton était calme, la voix basse, pourtant, tout le monde l'écoutait avec attention.

_ Et tu n'as pas à le faire, contra fermement Marcus. Ils ne peuvent pas te forcer à participer.

_ Le nom de Mr Potter a été tiré par la Coupe, intervint hâtivement l'un des invités ( Verpey ou Crouch, Wayne n'était pas sûr ). Il doit participer.

_ Mais ça n'est valable que si le Champion a volontairement été entré, répliqua Lucian, le regard brûlant de détermination.

_ Je n'ai pas mis mon nom, comment est-ce possible ? Interrogea calmement Harry.

_ Tout le monde veut participer ! S'exclama Weasley, depuis sa table.

Harry balaya la salle du regard, ses yeux ternes le fixant d'un regard mort. Ronald frissonna. Parfois, il aimerait vraiment garder sa bouche fermée.

_ Participer veut dire mettre son temps là-dedans. Si je participais, je devrais limiter mon temps de travail et mon temps d'études libres. Ça couperait beaucoup de mon temps et j'ai entendu parlé du Tournois, expliqua lentement le petit brun. Notamment de l'important nombre de morts et des circonstances violentes des décès.

Un frisson parcourut l'assemblée. Ils étaient tout à coup très heureux de ne pas avoir été choisis par la Coupe.

Harry regarda Wayne, une moue placardée sur son visage.

_ Je ne connais pas de moyens de prouver que je suis innocent.

Wayne déglutit. Ça n'était vraiment pas le moment de penser à combien il voulait -

_ Un serment magique, intervint subitement Adrian.

Harry le fixa sans ciller puis secoua la tête et sortit sa baguette, sa moue n'ayant toujours pas disparue.

_ Messieurs – tenta d'intervenir Dumbledore mais il fut ignoré par le Serpentard ( tant mieux, ça l'habituerait à la suite du programme ).

_ Jure que tu n'as pas ton nom et que tu n'as pas demandé ou suggéré à quelqu'un de le faire pour toi.

_ Je, Harry James Potter, jure de n'avoir pas mis mon nom dans la Coupe de Feu, que je n'ai pas demandé à quelqu'un de le faire, ni suggéré à une tierce personne de mettre mon nom et que je n'ai pas jamais songé à participer au Tournois. Ainsi soit-il.

La magie tournoya autour de lui et un bref filament doré et argenté s'enroula autour de lui. Harry se permit un sourire satisfait lorsque le bout de sa baguette s'illumina au son d'un Lumos. Soulagé, Adrian ébouriffa les cheveux en bataille du petit brun et comptait le faire rasseoir lorsque Verpey se fit entendre.

_ Un quatrième champion, c'est une grande surprise. Mr Potter, allez rejoindre les autres champions.

Un murmure indigné parcourut la salle. Il était évident avec le serment magique que Potter n'était pas responsable. Ils ne pouvaient pas plier les règles comme ça leur chantait pour satisfaire leur divertissement.

_ Je ne suis pas un participant. S'obstina le Survivant.

_ Cela n'a pas de sens ! Votre nom a été choisi. La Coupe vous a jugé digne.

Harry croisa les bras. Borné comme il était, il ne lâcherait pas, pas que Wayne le blâmait mais la situation semblait devenir de plus en plus difficile à régler. Il était évident que ces types n'avaient pas le droit de le forcer, mais pour leur faire entendre cela, il leur faudrait du temps. Temps qu'ils n'avaient pas vraiment, la première tâche était dans trois semaines et avec des hommes influents comme cela, ils étaient capable de faire traîner l'affaire pendant plusieurs mois. Les status d'héritiers de Wayne et Harry leur donnait un avantage, mais les hommes face à eux trouveraient toujours le moyen de leur mettre des bâtons dans les roues. Si jamais ils parvenaient à forcer Harry, Wayne décida qu'ils feraient tout leur possible pour en tirer les meilleurs bénéfices. D'ailleurs, Harry détestait recevoir des ordres.

_ Vous allez participer Mr Potter.

Harry plissa les yeux, la colère brillant dans son regard. Certains élèves frissonnèrent sous le regard vert avada mais il les ignora. Il détestait qu'on lui ordonne des choses. Cela lui rappelait bien trop les Dursley et il ne supportait pas cela. Les Dursley avaient payé leur arrogance. La magie s'échappa par vagues du frêle petit brun et un violent courant d'air se faufila dans la vaste salle, faisant voleter les uniformes et déplaçant verres et couverts.

_ Nous allons contacter un avocat.

_ Je vais prévenir Silver, intervint Marcus, blanc de rage alors qu'il fusillait du regards les officiels du Tournois. Vous dépassez les limites, cracha-t-il.

Les autres membres de l'équipe ( minus Malfoy ) se levèrent comme un seul homme et jetèrent un regard venimeux vers la table des enseignants.

_ Il est hors de question que vous forciez Harry, siffla Terence.

Les élèves des autres maisons étaient choqués. Jamais encore ils n'avaient vu les Serpentards se comporter ainsi: défendant becs et ongles l'un des leurs. C'était... mignon d'une certaine façon. Mignon et un peu flippant aussi... les voir agir comme des mamans serpents ( ça agissait comment des mamans serpents ? ). C'en était stupéfiant. Les frères Morkov se délectèrent du spectacle. Ils devaient admettre être impressionnés par le caractère sur protecteurs des étudiants de Serpentard. Depuis leur arrivée, les quelques personnes qui avaient osé les approcher n'avaient cessé de les mettre en garde contre les vert et argent. Sergey trouvait cela stupide: de son avis, on ne pouvait juger quelqu'un sur sa famille ou son nom ( ou dans le cas présent, sa maison ). Hopkins – ils apprirent que son nom était Wayne-, vint se placer devant Harry pour la couvrir à la vue des enseignants.

« Vous allez regretter de l'avoir forcé. »

Ses yeux rouges brillèrent un instant d'un éclat intense et féroce puis il se détourna et attrapa la main du petit brun avant de le guider à l'extérieur, ignorant Verpey qui leur singeait que le quatrième champion devait se joindre aux autres dans la pièce attenante.

Ce qui mit le plus les nerfs aux Poufsouffles étrangement, n'était pas que Potter participe – ils avaient beau nier et clamer que les rumeurs sur Poufsouffle étaient fausses et scandaleuses, celle disant qu'ils fondaient devant les choses mignonnes était bien vraie-, non, c'était que leur estimé directeur n'avait absolument rien fait pour empêcher cela ! Ça n'était pas uniquement le fait que leur Champion à eux devait désormais se partager l'attention des médias avec un autre, non, bien que cela jouait aussi peut-être un peu. Le véritable problème résidait en ce que le directeur n'avait rien fait pour aider Potter. Potter était peut-être un Serpentard mais il n'avait jamais rien fait de mal. Il n'avait jamais persécuté des Poufsouffles ( ni d'autres maisons ), il n'avait jamais attaqué quelqu'un le premier ( ni peut-être attaqué tout court ). En fait, s'ils étaient honnête, ils iraient même jusqu'à dire que depuis l'arrivée du Duo Mystère à Poudlard, les aînés de Serpentard s'étaient un peu calmés. Ils jouaient toujours salement au Quidditch mais ils étaient beaucoup moins violents dans les couloirs ou tout du moins, n'attaquaient plus les autres juste pour le plaisir. Et puis... merde quoi ! Potter n'avait que quatorze ans ! Trois ans de moins que les autres ! Il avait peut-être beaucoup de connaissances et était peut-être le meilleur élève de son année mais il était tout petit. Il ne pouvait pas participer ! Inutile de dire, ça n'était pas des Serpentards. Ceux-ci savaient que le jeune garçon était parfaitement capable de prendre soin de lui-même. Y avait qu'à voir ce que lui et Wayne avait fait au Troll. Oui, eux n'oublieraient pas de sitôt l'état dans lequel les deux enfants étaient rentrés ce soir-là. Ni les sourires psychotiques qu'avaient arboré les deux adolescents.


Le Duo bouda le reste du monde ( sauf leurs camarades de Serpentard ) pendant deux jours avant de reprendre leur routine habituelle, comme si de rien n'était. À vrai dire, il sembla aux autres étudiants que rien n'avait changé, mais en fait, c'était tout le contraire. Les Serpentards étaient d'autant plus protecteurs qu'avant ( ce qui semblait jusque-là impossible au vu de leur niveau de papa-poule-attitude ces dernières années ) et gardaient toujours un œil sur le duo ainsi que les plus jeunes de leur maison. À croire qu'ils s'attendaient à être attaqués. C'était en effet l'impression qu'ils se donnaient lorsqu'ils entraient dans la Grande Salle à l'heure des repas. Étant la maison la plus détestée de Poudlard, les étudiants de Serpentard avait pris depuis longtemps l'habitude de se promener presque avec tous les élèves de leur année. Cependant, depuis le tirage au sort, ça n'était pas seulement les élèves de la même année ensemble, c'était toute la maison, plus soudée et unie que jamais, affichant un front solidaire face au reste de l'école. Pas que ceux-ci comptaient dire quelque chose. Comme promis, Wayne avait contacté un avocat et Marcus, Silver. Ce qui résultait au même puisqu'il se trouva que Silver avait passé son barreau ( ou l'équivalent sorcier du barreau ) et était devenu leur avocat ( et occasionnellement attaché de presse lorsque l situation l'exigerait ). Comme ils l'avaient craint, l'influence de Verpey et Crouch ( plus, ils le soupçonnaient, Dumbledore ) freinait les choses mais Silver travaillait d'arrache-pied pour terminer cette affaire avant le Nouvel An. Il fallait dire aussi, Crouch s'était débrouillée pour que la première session du Wizenmagot sur le Tournois n'ait lieu que le 12 décembre. Soit-disant parce qu'ils n'avaient pas de date libre avant. Mon cul... songea Travers alors qu'il filait au travers des couloirs de Poudlard pour gagner une salle près du bureau du directeur, pièce dans laquelle se passait la Cérémonie de pesage de baguettes. Dumbledore était tenu de le prévenir des journées importantes comme celles-ci. C'était marqué dans le contrat que l'homme avait signé ( probablement sans regarder ) lorsque Marcus le lui avait tendu, l'air de rien. Putain de pervers sournois. Ah, Carlson avait une mauvaise influence sur lui. Et dire que les p'tits avaient réussi à restreindre son emportement et sa tendance à jurer. Il allait tuer son collègue.

Silver cessa de courir lorsqu'il arriva devant la salle en question et s'arrêta, jetant un coup d'œil à sa tenue et vérifiant qu'il ne donnait pas l'impression d'avoir couru non-stop depuis les grilles de Poudlard ( comme c'était en fait le cas ). Quand ce fut fait, il inhala profondément, posa la main sur la poignée, et ouvrit la porte d'un geste brusque. Les occupants sursautèrent ( minus Harry et Ollivander, lequel semblait toujours tout savoir à l'avance. Allez savoir, Silver pensait qu'il avait du sang de voyant dans les veines et devait lui-même posséder des capacités ) et se tournèrent vers le nouveau venu. Dumbledore fronça les sourcils mais demanda d'un ton douceâtre qui donna la nausée à l'ex Serpentard :

« Mr Travers ? Je ne m'attendais pas à vous trouvez ici étant donné que vous avez été diplômé l'an dernier. Puis-je m'enquérir sur la raison de votre visite impromptue ? Le moment est assez mal choisi je crains. »

.

Harry n'était pas content d'avoir été sorti du cours de Potions pour ÇA. Snape non plus. L'enseignant avait semblé inquiet à chaque fois qu'il avait posé les yeux sur lui depuis que la Coupe avait recraché son nom. Harry ne trouvait toujours pas cela juste de participer, mais il s'était consolé ( ou plutôt Wayne l'avait consolé ) en lui disant qu'il y aurait peut-être du sang. Et que ça pourrait être fun. C'était un Tournois qui avait été crée bien des siècles plus tôt, dans ce qui aurait pu être l'équivalent du Moyen-Âge ( quoi que la G-B sorcière d'aujourd'hui avait encore des restes du 'Moyen-Âge' ) donc peut-être y aurait-il de violents combats à l'épée ou avec de la magie. Y aurait-il un combat contre une puissante créature magique ? Harry se pourlécha les lèvres; ils devraient aller faire des recherches. Et écrire une lettre à la meute. Ralph, Adrastos et Cardric étaient absents mais devraient revenir bientôt. Les deux vampires avaient amené le bêta en Chine. Il s'agissait apparemment d'un 'cadeau' pour le loup-garou que les deux vampires semblaient vouloir courtiser dans les règles de l'art malgré la présence plutôt flagrante d'un lien d'âme entre les trois. Bref, une lettre pour les mettre au courant de l'état des choses et de sa participation forcée ne serait pas de trop. Lorsqu'il était entré, Verpey avait eu dans l'idée de taper dans le dos d'Harry et de le faire crouler dans une embrassade mais un regard froid ( ça changeait des regards vides et neutres ) de Harry l'avait fait reculer. Verpey avait déglutit. Visiblement, l'enfant ne leur avait pas encore pardonné. Mais c'était pour la pub !

Puis, alors que celui-ci rejoignait les autres adultes à l'extérieur de la salle pour aller recueillir le vieil Ollivander, Harry avait rejoint les autres champions, sans un mot. Voilà où ils en étaient. Diggory ne le salua qu'après avoir fait rire Delacour avec une blague dont Harry ne comprit pas le sens et Krum hocha la tête dans sa direction. La jeune française semblait toujours penser qu'il était un 'petit garçon' et n'était donc pas digne de son attention. Harry retint un reniflement. Il n'aimait pas ce genre de personnes. Elle ne paraissait pas si horrible que cela cependant. Il était sûr qu'avec un peu de sang et de cris, elle pourrait devenir supportable. Harry pourrait alors tolérer sa présence. Wayne prit sa main dans la sienne. Personne ne sembla remarquer ce geste mais, s'ils le firent, les deux garçons s'en fichèrent éperdument. Ce fut à cet instant qu'une personne vint gâcher ce tableau de calme. C'était une femme mais, de l'avis de Harry ( et secrètement de Wayne ), elle ressemblait à un clown. Elle était accompagnée d'un photographe et, tandis qu'elle expliquait combien elle était impatiente de les connaître plus en profondeur, Harry se désintéressa de plus en plus de la femme, jusqu'à ignorer complètement sa tirade. Il ne se ré intéressa à elle que lorsque cette folle lui agrippa le bras et entreprit de le traîner vers un placard. Harry tressaillit et s'éjecta violemment sur le côté, trébuchant en arrière et tombant sur les fesses tandis que Wayne bondissait entre lui et elle, l'air furieux.

« Je peux savoir ce que vous pensiez faire ? » demanda-t-il d'une voix basse et rauque.

La température chuta de plusieurs degrés. Delacour et Diggory frissonnèrent tandis que Krum restait de marbre. Skeeter et son associé cependant semblaient pétrifiés; leurs yeux s'étaient écarquillés et leurs visages avaient pris une teinte cireuse. Wayne se détourna d'eux et tendit sa main pour aider Harry à se relever.

_ Oh euh je – je voulais simplement poser quelques questions à Mr Potter. Sa participation a surpris tout le monde d'après ce que Mr Verpey m'a dit.

_ Oui et je suis certain que ce même homme a oublié de préciser le serment magique pris par Harry, assurant son innocence et le fait que lui et Crouch l'aient forcé à concourir ?

Wayne savait très bien qu'en faisant cela, il enfonçait les deux hommes et c'était justement pour cela qu'il le faisait. Cela leur permettrait également de rester un peu plus dans l'ombre. Les yeux de Rita se mirent à pétiller et sa plume s'agita frénétiquement, grattant contre le Bloc-note. Wayne lui lança un regard suspicieux. Il détestait ce genre de plume. Il allait sans doute devoir faire quelque chose d'irréversible à cette femme. Histoire qu'elle ne cause pas de problèmes à Harry.

_ Ce ne sont que quelques questions.

_ Je ne veux pas me retrouver seul avec vous. Confia Harry, décidé à jouer la carte de l'innocence.

Elle marchait à chaque fois.

_ Vous ressemblez à l'étrange dame qui voulait me forcer à venir chez elle quand j'avais huit ans.

Il y eut un silence. Diggory ouvrit plusieurs fois la bouche, semblant hésiter entre le sérieux de l'implication des dires du plus jeune et l'envie de rire à la comparaison peu flatteuse de la femme Skeeter.

Pour dire vrai, la femme que Harry avait rencontré lorsqu'il avait huit ans était réellement une prostituée de bas-quartier et elle avait au début essayé de le tenter, mais quand elle s'était rendue compte qu'il était un orphelin vivant dans la rue, elle l'avait tout simplement invité à rester chez elle quelques jours, le temps qu'il reprenne des forces et histoire qu'il ne meurt pas de froid. Les hivers à Londres pouvaient être très rudes.

Cedric n'eut pas à y réfléchir car ils furent interrompus par le retour des directeurs et officiels, lesquels bavardaient gaiement avec Ollivander. Ceux-ci devinrent rapidement lourds, songea Harry, lorsqu'ils insistèrent que seuls les Champions devaient être présents lors de la Cérémonie et que Wayne devait partir. Celui-ci se démena comme un beau diable, arguant que 'qui sait ce que vous pourriez lui faire'. Le regard noir était très suggestif et les officiels rougirent au sous-entendu. Si c'était de colère, de gêne ou de honte, ils n'en furent jamais certains. Karkaroff et Maxime cependant, demeuraient davantage amusés par leur comportement. Wayne fut finalement obligé d'abdiquer et, après un dernier regard noir aux deux officiels et un autre, plus menaçant, à Skeeter, il pivota vers Harry.

_ Si quoi que ce soit arrive... tu sais quoi faire. S'ils font quoique ce soit de déplacé... castre-les.

L'albinos ignora les regards choqués et légèrement douloureux des adultes tandis que la fille Delacour souriait avec approbation et que le garçon Krum... oscillait entre respect et grimace de douleur. Wayne n'allait pas les plaindre. Ne faîtes rien de déplacé envers Harry, et rien ne vous sera fait.

_ Et si c'est une fille ? Demanda Harry en lançant un regard significatif à Skeeter qui prit un air scandalisé.

_ Cries très fort.

Sur ce, il quitta la pièce. Ollivander était en train de parler de la baguette de Diggory sous l'œil excité de Skeeter ( NdA: navré pour le sens tordu de cette phrase ) lorsque la porte s'ouvrit violemment. Harry, contrairement aux autres, ne sursauta pas et se contenta de se tourner lentement vers l'intrus. C'était Silver. Le petit brun cligna des yeux. Qu'est-ce que Silver faisait ici ? Harry était heureux ( du moins il pensait l'être ) de le voir mais... qu'est-ce que Silver faisait ici ? Le jeune homme avisa Dumbledore qui se tenait là, les traits tirés par le mécontentement et en déduisit que ce dernier n'était pas au courant.

« Mr Travers ? Je ne m'attendais pas à vous trouvez ici étant donné que vous avez été diplômé l'an dernier. Puis-je m'enquérir sur la raison de votre visite impromptue ? Le moment est assez mal choisi je crains. »

Silver détailla le vieux fou d'un regard dédaigneux avant d'avancer, lentement, de sa démarche gracieuse et féline.

_ J'ose espérer que vous lisez au moins les documents officiels lorsque vous les signer Mr le Directeur. Je suis ravi de voir que vous vous souvenez de moi. Ma visite est parfaitement cadrée, je crains pour vous. Vous avez signé un document selon lequel, entre autre chose, vous promettez de me prévenir deux jours à l'avance, avant chaque événement de ce genre, dans lequel la presse est invitée à échanger avec mon client.

_ Votre... client ?

Le ton de Dumbledore impliquait qu'il savait exactement de qui il parlait ou du moins, craignait de savoir à qui il faisait référence. Silver lui offrit un sourire froid, avant de se détourner de lui pour se concentrer sur Harry, auquel il offrit un sourire chaleureux. L'ex Serpentard marcha rapidement jusqu'au plus jeune et lui ébouriffa les cheveux dans un geste fraternel, trahissant les liens qui les unissaient.

_ Je crains que si vous insistiez à ignorer vos devoirs envers le contrat que VOUS avez signé, je ne doive vous interdire le droit de communiquer avec mon client lorsque vous êtes seul avec lui.

Le directeur semblait livide à présent, tandis que Skeeter ( qui avait enchanté une autre plume à papote pour répéter exactement ce qui se disait ) bavait presque, les yeux brillant d'excitation. Harry leva un regard lumineux vers son aîné et lui offrit un bref sourire que le photographe parvint à capturer avec son appareil. Il semblait que la GaZette employait tout de même quelques personnes douées, dans leurs locaux.

_ Et bien, intervint délicatement le vieux fabriquant de baguettes. Si vous permettez, je suggère que nous poursuivions. Il nous reste une baguette à tester.

_ Faîtes, Maître Ollivander. Lui accorda Silver tout en hochant respectueusement la tête.

Garrick en fit de même puis étendit doucement la main afin de récupérer la baguette que lui tendait précautionneusement Harry.

Ça n'était pas que Harry en avait particulièrement besoin, après tout, il se débrouillait très bien avec la magie sans baguette mais les cours se déroulaient généralement avec une baguette ( bien que Flitwick leur ait autorisé à ne pas utiliser la leur après la seconde année, à la plus grande fureur de Granger ). C'était une baguette polie, en bois noir. Elle n'était ornementée d'aucun diamant ( comme c'était parfois le cas selon les demandes de la famille ) mais paraissait très stylisée et des cristaux semblables à des larmes semblaient s'être immergés dans le bois. Des courbes dans le polissage indiquait des symboles étranges et Ollivander avait toujours été fasciné par cela. Il ne l'avait pas eu longtemps sous les yeux, mais elle valait réellement le coup d'œil. Surtout à cause de l'étrange ligne rouge qui scindait la baguette en son milieu.

_ Oui, une baguette exceptionnelle. Fit-il en traçant au toucher les courbes de la fine Baguette.

_ Exceptionnelle ? Répéta Rita, ses doigts se serrant autour de sa plume.

_ Oui en effet. La baguette originale était faite d'une plume de phœnix et bois de houx, 27,5 cm. Mais elle a fusionné avec une ancienne baguette. Le résultat obtenu par la fusion des deux est le suivant, expliqua Ollivander en se remémorant les éléments tandis que patientait tranquillement. 23 cm, bois de houx, plume et larmes de phœnix ainsi que griffes de démon.

Cela fit efficacement taire le reste du bas-peuple.

_ D – Démon ? S'enquit Diggory, peu sûr de lui, tout en jetant un regard prudent à Harry, lequel lui rendit un regard neutre.

C'était à s'y attendre. Ollivander ne parut pas comprendre leur inquiétude ni leur angoisse.

_ Hum ? Oui absolument. Tout à fait fantastique. Cela faisait un moment que je n'avais pas assisté à une fusion. La dernière était quand ce russe est venu dans ma boutique en 1968 et – je m'égare excusez-moi. Les démons sont liés à la magie du sang et le Clan Potter était auparavant très connu pour son utilisation courante de la Magie du Sang-, ainsi que leur aide dans la médicomagie grâce à cette branche, classée malheureusement sombre par le Ministère.

Diggory et ferma la bouche. La famille Potter était considérée comme une famille pro-light mais sa puissance et renommée provenait de leur utilisation de magie du sang ? Comment pouvaient-ils être lumineux en utilisant une branche sombre ? Cedric voulut se frapper le visage contre un mur. Bien sûr, ils ne parlaient pas de la classification ministérielle mais de la magie en elle-même. Les Potter étaient Light, voire Grey quand, selon le Ministère, ils étaient très, très lumineux. Et la Magie du Sang avait permis de sauver de nombreuses vies donc, théoriquement, elle n'était pas sombre. Seulement du point de vue du Ministère. Okay, il pouvait travailler avec cela.

.

Quand la cérémonie fut terminée et que les photos furent prises, Silver retint l'attention de la femme journaliste.

_ Miss Skeeter, intervint Silver, un sourire charmeur aux lèvres. Pourrai-je avoir un mot avec vous en compagnie de mon client ?

_ Je ne pense pas que cela soit – commença Dumby.

_ Quelle merveilleuse idée ! S'enthousiasma Skeeter, ravie bien que prudente.

Elle savait qu'elle avait intérêt à ne pas s'en prendre à eux. Ils étaient bien trop puissants et influents pour qu'elle se risque à cela. De plus, les infos que l'héritier lui avait gracieusement fourni ne pouvait dire qu'une chose: il voulait qu'elle se concentre sur Dumbledore et les officiels et laisse le jeune Potter en dehors de cela, rien que le strict minimum le concernant, en plus de son innocence écrite noir sur blanc.

_ Parfait, se réjouit faussement le jeune avocat. Si vous voulez bien nous suivre, nous parlerons dans un lieu plus calme.

Rita étira un large sourire et suivit les deux jeunes hommes, ignorant totalement Dumbledore. Après tout, elle avait déjà interviewé les autres champions et ne souhaitait pas passer plus de temps que nécessaire en compagnie du vieux sénile pervers.


« Intéressons-nous maintenant à Harry Potter, le plus jeune Champion du Tournois, entré illégalement par une tierce personne encore inconnue. Lorsque le nom de Mr Potter est sorti de la Coupe, ce jeune homme, décrit comme de nature calme et taciturne s'est rapidement fait innocenter en jurant un serment magique dont tout Poudlard ainsi que les délégations ont été témoins. Lut Adrian, le matin de la 1ère Tâche, au petit déjeuner. Wao, pour une fois qu'elle note pour mot ce qu'il s'est passé.

_ Il est à noter que malgré la pression engendrée par l'événement, Mr Potter est resté parfaitement calme tout au long de la cérémonie. D'après divers témoignages, c'est là son comportement habituel. Rien ne semble pouvoir le perturber trop longtemps. Lorsque nous lui avons demandé ce qu'il comptait faire lorsqu'il aurait trouvé le responsable de sa participation au tournois, Mr Potter a longuement considéré la question avant de répondre: ''Si le Tournois est en cours, je le ferais participer à ma place, car ça n'est pas moi qui ait mis mon nom dans la Relique. Si le Tournois est terminé ou que Silver est parvenu à me faire quitter le Tournois avant, j'aviserai.''. Aw Harry, c'était très bien pensé. Quand a lieu l'audience au Wizengamot ? » S'enquit Lucian, tout en mordant dans un toast.

Il dut attendre que Harry ait terminé sa cuillerée de céréales pour avoir sa réponse.

_ Le 12 décembre, c'est écrit dans l'article.

_ Mais ça ne sera probablement pas réglé en une seule séance. Poursuivit Wayne, grognon.

Il était sûr de dire que les membres impliqués feraient traîner cela le plus longtemps possible. P'tits cons.

_ Tu n'es pas stressé Harry ? L'interrogea Lucian, après avoir posé son verre de jus d'orange.

Harry haussa les épaules.

_ Pas tellement. Wayne, Marcus, Silver et moi avons fait des recherches sur les tâches durant le Tournois pour nous mettre sur la voie et Miles m'a conseillé d'aller dans la forêt l'autre soir.

_ La forêt ?

_ Il y avait quelque chose d'intéressant.

_ Hey, écoutez ça : ''Je ne sais pas vous chers lecteurs, mais moi, je me pose des questions. Pourquoi de grands hommes tels que Ludo Verpey et Barty Crouch insisteraient tellement pour faire participer le jeune Potter alors que celui-ci a d'ores et déjà prouvé son innocence ? Et aussi mais surtout, pourquoi Albus Dumbledore n'a-t-il rien fait pour empêcher cela ?''. Cette femme est une langue de vipère, fit Lucian. J'aime ça.

Harry pencha la tête sur le côté. Wayne grimaça. Lucian était...

_ Es-tu attiré par les phéromones relâchés par la femme Skeeter ? L'interrogea-t-il calmement bien que l'air dégoûté ne put être entièrement masqué.

Bole ne sembla pas comprendre – en même temps les sorciers ne semblaient pas être éduqués dans ce genre de choses, ou peut-être l'étaient-ils mais n'avait-il (Lucian) pas écouté le cours-, mais Miles l'était et éclata d'un rire fou sous les regards perdus de ses compagnons.

Lucian haussa un sourcil tout en dévisageant Wayne.

_ Pardon ?

Miles mit de longues secondes avant de réussir à se calmer et ne fut à peu près bien que grâce à l'aide de Sergey, le russe étant assis juste à côté de lui.

_ Ce que Wayne te demandait d'une façon un peu scientifique était si oui ou non tu étais attiré par notre chère Rita.

Lucian fit une tête étrange qui fit ricaner tous ses camarades puis prit un air hautain.

_ Si elle avait un peu moins de maquillage, elle serait peut-être attractive. En attendant, elle m'effraie plus qu'autre chose.

_ Tu n'aurais pas aimé être à la place de Harry, rumina Wayne en poignardant sa nourriture.

Lucian haussa un sourcil mais Wayne ne lui offrit aucune réponse. Ce fut Flint qui prit pitié ( ''Non, je n'ai pas de pitié !'' ) de lui et lui offrit une réponse.

_ Skeeter a agrippé Harry pendant la Cérémonie de pesage de baguettes. Harry l'a comparé à une pédophile et Wayne n'était pas content du tout.

Lucian pouffa en silence mais cela se voyait que, tout comme les autres, il angoissait pour Harry et pour ce qui allait se produire durant la première tâche. Seuls Silver, Marcus, Wayne et Harry ( et bien sûr Miles, qui les avait pistonné ) savaient ce qui l'attendait plus tard dans la matinée. Harry avait, par un acte de noblesse inespéré, prévenu Diggory de ce qui l'attendait. Daphné lui avait dit un jour que si l'on était gentil, les autres seraient gentils avec lui en retour et Harry avait depuis longtemps appris que cela pouvait être vrai ( pas toujours mais souvent, c'était le cas ). Peut-être que Diggory lui renverrait la pareille ? De plus, le Poufsouffle n'était pas si méchant que cela. Sûr, il n'avait jamais réagit lorsque ses amis s'étaient moqués de petits Serpentards de première année, mais au moins n'avait-il pas participé à leurs moqueries. Harry était même certain que le plus âgé avait un jour empêché l'un de ses amis de persécuter un première année de Serpentard.

Finalement, Harry se redressa lentement et Wayne passa derrière lui, ne souhaitant pas le laisser seul un jour pareil.

« Harry ? »

Le susnommé posa les yeux sur Marcus et lui adressa un léger sourire rêveur ( qui, franchement, effraya les Serpentards ).

_ Il me reste quelques préparatifs à faire pour tout à l'heure.

Il s'apprêtait à partir, Wayne sur les talons, lorsque la rouquine de la Chambre des Secrets – Gina ou quelque chose comme ça-, se planta devant lui, rouge comme une pivoine. Harry cligna des yeux. Sergey, assis en face d'eux, étouffa un rire et planta un coup de coude dans les côtes de son frère, Demetri. Celui-ci roula des yeux mais se désintéressa de son bol de porridge. Il n'aimait pas ça de toute façon.

Harry afficha un regard blanc.

_ Oui ?

Wayne plissa les yeux, la jalousie le gagnant presque instantanément. Oh, il savait qu'il n'avait rien à envier à la rouquine et que Harry ne la voyait même pas, mais il savait aussi que la fillette était une petite chipie qui pourrait probablement devenir un peu garce sur les bords si on lui en donnait l'occasion. Il avait entendu parler de Molly Weasley. Il savait qu'elle avait toujours souhaité une fille et qu'après six garçons, elle avait été franchement désespérée. Naturellement, quand elle avait appris qu'elle allait avoir une fille, elle avait été ravie : enfin elle pouvait avoir une petite princesse, qu'elle habillerait et coifferait à sa guise, dont elle pourrait s'inquiéter et qu'elle pourrait gâter, jusqu'à la favoriser, la préférer à ses frères. Ça n'était pas contre Mrs Weasley en particulier, mais certains parents avaient tendance à réagir ainsi. Molly Weasley n'en faisait pas exception. Les jumeaux leur avaient dit que leur mère racontait des histoires sur le Survivant quand leurs deux plus jeunes frère et sœur étaient enfants. Wayne comprenait d'où venait l'obsession, cela ne signifiait pas qu'il pardonnerait si elle aussi ( comme Ronald ) allait trop loin dans son obsession. Elle pouvait le regarder, mais de loin. De préférence, de très loin.

Quand la rouquine fit mine de se rapprocher, Wayne attrapa Harry par la taille et le fit reculer. Ginny ne sembla pas remarquer ce geste.

_ Je voulais juste te souhaiter bonne chance. Et te dire que, je sais que tu n'as pas mis ton nom.

Harry cligna des yeux.

_ Tout le monde sait que je n'ai pas mis mon nom. J'ai prêté un serment magique.

Ginny rougit d'embarras. Elle avait oublié ce détail-là.

_ Oui, quoi qu'il en soit, je voulais juste te souhaiter bonne chance.

Harry cligna à nouveau des yeux.

_ Merci.

Quand Ginny fit un pas en avant pour l'embrasser sur la joue cependant, Harry se déroba subtilement et se retourna pour partir avec Wayne, comme ils avaient prévu de le faire avant l'intervention de la Gryffondor.

Les étudiants de l'Est observèrent, ébahis, les deux Serpentards quitter la salle, sans un regard en arrière. Ça n'était pas une attitude snob, c'était... c'était juste... eux ! La rouquine était mignonne, c'est vrai, mais... Sergey secoua la tête. Quelque chose lui disait que les oisillons avaient bien fait de se détourner.

.

Harry maintint son attitude calme même lorsqu'il fut arrivé dans la tente des Champions où une Fleur Delacour bien plus pâle que d'habitude attendait déjà. Krum était assis de façon rigide sur un fauteuil, l'air maussade et un peu blanc. Cédric Diggory, assis à côté de la championne française, le salua d'un hochement de tête, mais resta un peu vert. Harry le nivela d'un regard calculateur, hocha la tête, puis alla s'asseoir. Contrairement aux autres, il n'était pas vraiment nerveux. Sûr, il ressentait quelque chose, pouvant s'apparenter à du stress, mais comme toujours, ses émotions étaient bien moins fortes que celles des autres.

Cédric pâlit davantage quand il eut dans la main la mini-figurine du dragon qu'il allait affronter.

Plus tard, quand Cedric et Fleur étaient passés, et que Krum était dans l'arène, Harry entendit un bruit suspect et détourna les yeux de son mini-dragon pour dévisager Wayne, lequel était adossé contre une table géante. L'albinos se redressa et marcha droit vers lui. Quand il fut à quelques centimètre, il attrapa Harry par le col de sa combinaison et le tira vers le haut, crochetant leurs lèvres ensembles. Harry enveloppa instinctivement ses bras autour de l'autre garçon et sourit, quand il sentit les bras de l'albinos entourer sa taille. Les rugissements du dragon et de la foule n'étaient plus qu'un vague bruit de fond quand la langue de Wayne vint taquiner celle de Harry. Harry ne chercha pas à se libérer, au contraire, il sembla se fondre un peu plus dans l'étreinte et laissa son corps fusionner contre celui de l'albinos. Ce ne fut que quand le son d'une corne retentit que Wayne le laissa partir. Harry savait que c'était autant une sorte de 'bonne chance' made in Wayne Hopkins qu'une façon de marquer son territoire face à la fille Weasley.

« Séduis-les. » lui chuchota Wayne avant de faire demi-tour et de quitter la tente des champions, un sourire satisfait aux lèvres.

Harry étira un léger sourire et quitta la tente par la sortie opposée, celle qui ouvrait directement sur l'arène. Quand il entra dans le stade transformé en arène, il s'arrêta un instant pour admirer la gigantesque créature ailée qui lui face face à une trentaine de mètres.

C'était... comme un immense lézard ailé. Il – non, elle était gigantesque. Noire, avec des ailes puissantes et de profonds yeux verts forêt. Des yeux qui le regardaient fixement. Harry avait lu sur les dragons dès qu'il avait appris qu'elle serait la tâche.

Le petit brun se jeta derrière un rocher quand la dragonne ouvrit sa gueule pour cracher un impressionnant jet de flammes.

Le Magyar à pointes était le plus dangereux des quatre dragons présentés aujourd'hui. Le plus agressif aussi. L'un des plus dangereux dans le reste du monde, aussi. Comme pour beaucoup de races, les femelles étaient plus agressives et protectrices en ce qui concernait leurs couvées.

Harry quitta sa cachette juste à temps : d'un coup de queue, le Magyar réduisit son rocher à néant. Le jeune sorcier dégaina sa baguette et, sans un mot, dressa un mur de glace. Il savait que pour tenir tête au dragon, il allait devoir utiliser principalement des éléments. Cela ne l'intéressait cependant pas de combattre un dragon. Harry aimait les créatures ( à part les trolls, il n'aimait pas les trolls ), il ne voulait pas les combattre. Il voulait juste les caresser.

La queue du dragon vint percuter son épais mur de glace, lequel trembla un peu au contact. Les épines qui hérissaient sa longue queue produisirent de longues entailles le long du mur mais Harry ne se laissa pas démonter. Il ignora royalement Bagman, lequel commentait sa performance. Il savait qu'un étudiant de quatrième année ne devrait pas connaître et encore moins parvenir à lancer ce genre de sortilège : c'était censé être trop puissant pour un jeune sorcier dont le noyau magique n'avait pas encore atteint la maturité. Cependant, le noyau de Harry était grey, partiellement noir. Il était plus simple pour lui de jeter des sortilèges liés directement à la Terre et aux Éléments. N'ayant pas vraiment la patience de rester éternellement dans l'arène, Harry se mordit le pouce et fit couler le sang sur ses poignets. Deux runes s'illuminèrent sur sa peau et un sourire fasciné étira les lèvres du petit brun. Il leva les yeux et avisa Wayne et Marcus, lesquels s'étaient faufilés dans la tribune des invités avec Silver et le reste de la meute. Adrian, Terence et les autres étaient tous à la tribunes réservée aux élèves de Serpentard. Harry parut pensif durant quelques instants puis se jeta hors de sa cachette, sa peau semblant briller d'un éclat bleuté au soleil.

« Oh – oh ! Lui parvint la voix magiquement amplifiée de Bagman. On dirait que notre jeune champion s'est servi de runes pour passer cette épreuve. Nous avons à nos côté Mr. Drant, qui justement, est un spécialiste en matière de Runes. Peut-être pourriez-vous nous en dire plus ?

_ Oui, tout à fait, Mr. Bagman, […]. »

Harry n'écouta pas la suite, trop occupé à dévisager l'immense créature noire face à lui. Il savait que les Magyars à pointes étaient les dragons les plus dangereux du monde. Mais... si le dragon ne le voyait pas comme une menace, il n'attaquerait pas, n'est-ce pas ?

Harry pointa sa baguette sur lui-même et murmura sous son souffle. Sous le regard quelque peu perplexe et suspicieux de la dragonne, des écailles apparurent sur le visage et les pieds nus du petit brun. Pour ne pas être pris pour une menace, il suffisait de faire appel à l'instinct maternelle de la dragonne, non ? Bien sûr, c'était encore quitte ou double, mais c'était déjà cela.

La créature ailée renifla l'air, puis en vint à la conclusion que l'être face à elle était étrange. Il ne paraissait pas vraiment humain, mais en avait l'odeur en tout cas. Pour vérifier ses suspicions, elle cracha un puissant jet de flammes qui atteignit sa cible. Il y eut des cris de terreur dans l'assemblée, alors même que le spécialiste en runes et arithmancie, leur faisait savoir que les runes avait probablement été gravées dans le but de le protéger du feu. Le feu ne s'éteignit pas tout de suite. Au contraire, il sembla s'enflammer davantage et s'assombrir depuis l'intérieur. Des murmures parcoururent la foule. L'annonce de Mr Drant, déjà oubliée, on chuchotait que le pauvre Survivant avait dû être carbonisé sous l'attaque soudaine. Alors, quelle ne fut pas leur surprise lorsque les flammes s'écartèrent et s'éteignirent peu à peu, dévoilant un Champion immaculé et particulièrement... imperturbable. Le petit brun inclina la tête sur le côté puis hocha la tête pour lui-même, à la grande confusion du public. Les dresseurs ne comprirent les précautions du garçon que lorsque le concerné s'approcha calmement de la dragonne. Et que celle-ci ne réagit pas.

« Ah, je crois comprendre le pourquoi du comment. Il semblerait que Mr. Potter ait – d'une façon ou d'une autre-, réussi à se faire passer pour un dragonnet. Je crois que c'est une technique utilisé dans certaines réserves de l'Est, il me semble, afin d'approcher les dragonnes qui s'apprêtent à mettre bas. »

Harry approcha prudemment l'immense dragon. Il n'était pas vraiment effrayé – il n'y avait que l'oncle Vernon qui l'effrayait encore un peu, même s'il était mort-, mais plutôt intimidé. Et aussi assez admiratif. Quand il fut à quelques pas du nid et du dragon, il s'arrêta. Maintenant, il devait laisser la créature approcher. Huit minutes s'étaient déjà écoulées, d'après l'immense horloge qui flottait au-dessus de l'arène. Le Magyar se dressa sur quatre pattes et pencha sa tête en avant. Harry ne bougea pas. L'immense tête du dragon était juste face à la sienne les simples expirations du dragon suffisaient presque à faire trébucher Harry. Le petit brun infusa un peu de magie dans ses pieds pour le maintenir au sol et se raidit complètement lorsque le reptile géant ouvrit sa gueule.

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Marcus se raidit, paralysé par l'effroi lorsque le dragon pencha sa tête pour fixer Harry avec ses grands yeux verts. Ils étaient jaunes, à pupilles verticales, lorsqu'il (elle?) avait été amené dans le stade, mais ses yeux avaient pris la même teinte émeraude lorsque Harry était apparu dans l'arène. Marcus n'avait appris ce que cela signifiait que lorsque le commentateur avait interrogé l'un des dresseurs : le Magyar avait choisi sa prochaine proie. Marcus était tout à coup très heureux que Harry ait un intérêt très large pour la lecture et ait fait des tas de recherches qui n'avaient rien à voir avec les cours parce que s'il n'avait pas eu recours à un peu de métamorphose humaine mélangée à un glamour puissant, il aurait très certainement dû combattre la femelle.

Wayne de son côté, ne le montrait pas, mais il était inquiet. Il n'avait pas voulu que Harry participe à ce stupide Tournois, mais les vieux croûtons du Département des Jeux et les stupides politiciens ne faisaient rien pour leur faciliter la tâche. À ce rythme, Harry aurait tôt fait de décider que le Tournois était fun et qu'il préférait continuer à 'jouer'. Et – quoi ? Ne le regardez pas ainsi, il savait parfaitement que le temps que les autres imbéciles se décident, Harry aura changer d'avis. Et c'était ce qu'ils voulaient !

… D'un autre côté, si c'était ce que voulait Harry...

Wayne se passa une main dans ses cheveux blancs mi-longs. Il supposait que si Harry changeait d'avis et désirait participer, Wayne le supporterait. De plus... Harry était vraiment désirable ainsi. Et sa tenue moulait tous les bons endroits. Adrastos le coudoya dans les côtes et, quand l'abinos pivota vers lui, ce fut pour faire face au sourire espiègle du vampire noble.

« Je peux sentir ton excitation d'ici, chaton. »

Wayne essaya de ne pas montrer son irritation : c'était quoi ce bordel ? Depuis la rentrée, tout le monde leur donnait ( à lui et à Harry ) des surnoms mignons, d'animaux pas du tout effrayants. Et à chaque fois, il s'agissait de bébés animaux ! Ça ne le gênait pas que la meute les appellent louveteaux, parce que c'était ce qu'ils étaient pour la meute, et que les loups adultes, c'était classe et dangereux. Mais il avait entendu des étudiants de Durmstrang – les frères Morkov, les appeler ''Oisillons'' et maintenant, leurs vampires d'amis les appelaient ''chaton'' ? Sérieusement, n'étaient-ils pas même un peu intimidants ? … Okay, ne répondez pas à cette question.

Wayne inhala brusquement lorsque la dragonne ouvrit sa gueule et... et entreprit de nettoyer Harry avec sa grande langue ? É - Était-ce un comportement normal ? En même temps, Wayne ne parvenait pas à oublier que Harry avait été enlacé par un Détraqueur donc... Peut-être qu'elle était en train de marquer Harry comme l'un des siens ? Dans ce cas-là, Wayne avait son mot à dire ! Le quatrième année se rigidifia contre Jeremy et Fenrir quand la dragonne ouvrit à nouveau sa gueule et attrapa Harry. Il ravala un cri d'effroi ( contrairement à Mimy ) et se força à prendre une inspiration tremblante, seulement pour soupirer de soulagement quand il fut déposé en toute sécurité dans le nid.

« Tuer c'gamin... murmura sombrement Marcus. 'faire mourir de peur... »

Il y eut un silence de mort dans les tribunes puis, petit à petit, un murmure se propagea. Ce ne fut que quand Harry mit innocemment la main sur l'œuf d'or, que les murmures se transformèrent en applaudissements et que Bagman se lança dans des éloges sonores à l'encontre du plus jeune champion.

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Igor Karkaroff devait avouer être intrigué par les deux jeunes sorciers auxquels ses étudiants avaient semble-t-il pris goût. Il faut dire que 'ses' gamins avaient plutôt l'habitude de rester entre eux, même quand leur école recevait des échanges scolaires – la plupart du temps avec Ilvermorny, Mahotokoro ou Koldovstoretz. Pourtant, depuis leur arrivée à Poudlard, ils semblaient en avoir décidé autrement. Igor les voyait au cours des repas, parler avec les élèves de la maison Serpentard, et poser un regard presque protecteur ( Que diable ?! Ils ne les connaissaient même pas ! ) sur les deux étranges gamins. Cependant, Igor lui-même devait bien avouer ne pas être insensible au charme innocent des deux garçons. Ça n'était pas une attraction pervertie par un désir sexuel, non ( Du moins pas à sa connaissance car, bien qu'ayant été un mangemort, Igor n'avait jamais eu goût pour les jeunes garçons contrairement à certains de ses ex-collègues. ), mais plus... il n'était pas certain, mais selon lui, c'était la magie des deux adolescents qui l'attirait. Il avait senti quelque chose en arrivant et l'avait ressenti à nouveau à chaque fois qu'il les croisait dans un couloir. C'était... un puissante émotion. Quand les deux Serpentards faisaient ressortir leurs auras, ça n'était que puissance, ténèbres et séduction. Et c'était probablement ce qui les attirait tous, les sorciers inclinés sombres, plus que les autres, mais les sorciers grey et light, aussi tout de même. Ces deux garçons étaient très différents de tout ce qu'il avait pu rencontrer avant. D'une certaine façon, ils rappelaient à Igor, son ancien maître, lorsqu'il était jeune et charismatique. Pourtant, les deux jeunes Serpentards étaient aussi très différent du Lord Noir déchu. Ils n'essayaient pas de plaire aux autres – tout du moins pas consciemment-, et ne jouaient pas vraiment de rôle, ils étaient juste eux-même et c'était cela qui les différenciait totalement de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Et leur Magie... Mordred ! Elle vous séduisait, vous attirait à eux et vous emprisonnait pour ne plus jamais vous libérer. Pas que vous souhaitiez vous en libérer, d'ailleurs. Igor savait qu'il ne pouvait pas accorder trop de point au gamin Potter sans mettre en danger la position de son propre champion et puis, cela ne lui ressemblerait pas, mais il pouvait au moins lui accorder quelques points en plus pour sa très jolie et ingénieuse prestation. Après tout, le gosse avait réussi à charmer le public... et la dragonne.

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Silver grimaça lorsque Marcus le relâcha enfin. À partir du moment où petit, frêle et minuscule Harry était entré dans l'arène, son partenaire n'avait cessé de lui serrer la main, presque à la lui briser. Qui aurait cru que Marcus aurait assez de puissance pour lui faire véritablement mal ? Oh, bien sûr Marcus avait une belle stature, mais ça n'était rien comparé à Silver. Néanmoins, il mentirait s'il disait qu'il n'avait pas été inquiet pour le P'tit. Bien sûr, là encore, Marcus avait eu plus de temps à passer avec les p'tits étant donné que lui, Silver, avait déjà été diplômé de Poudlard. Cependant, il n'oubliait pas que c'était aussi en partie grâce aux deux gamins qu'il avait pu réparer ses erreurs et que lui et Marcus étaient enfin ensemble.

Jeremy, à quelques sièges de là, gesticulait contre Fenrir, essayant de ne pas paniquer parce que Wayne était juste devant eux et que ça ne le ferait certainement pas de paniquer devant le plus jeune, quand son ami ( petit-ami ? ) était en train d'affronter un PUTAIN DE DRAGON ! Et, heureusement que Fenrir était là pour l'apaiser, sinon Jeremy aurait probablement déjà essayer de kidnapper leur louveteau et de le ramener en sécurité. Harry n'était peut-être pas le 'sien' à proprement parler et Jeremy était peut-être trop jeune pour pouvoir faire 'comme si' mais les deux gamins étaient ses louveteaux quand même. Et il se battrait crocs et griffes contre quiconque voudrait les lui enlever. À part Ralph, mais Ralph était un grand frère pour les p'tits, et il faisait parti de la famille. À vrai dire, Jeremy n'avait pas vraiment remarqué quand exactement sa meute s'était autant agrandie. Au début, c'était juste Wayne et Harry, qui l'avaient gentiment recueilli et, bien qu'étant très hors norme, les deux garçons l'avaient soigné et hébergé et n'avaient jamais rien demandé en retour si ce n'est des contacts physiques réguliers – ce que Jeremy était plus qu'enclin à leur offrir-, puis les deux garçons avaient pris contact avec la meute qui avait le contrôle sur le territoire anglais, la meute de l'Alpha Greyback. Harry et Wayne semblaient déjà savoir qu'un loup-garou oméga était en danger lorsqu'il n'appartenait pas à une meute. L'oméga ne savait pas trop quand Marcus Flint et Silver Travers s'étaient rajoutés au lot. La meute n'avait officiellement rencontré les deux jeunes hommes que lors de la Coupe du Monde de Quiddich mais Wayne et Harry en avaient souvent parlé ( ce qui était étrange d'ailleurs parce qu'ils ne parlaient pas souvent de quoi que ce soit ayant un rapport avec Poudlard à moins qu'on ne leur posait des questions ). Ainsi la transition s'était faite. Puis Toby s'était pointé sur le paillasson peu avant la troisième année des deux petits Serpentards et bien que Adrastos et Cardric aient de forts soupçons sur la réelle identité du chien, ils avaient refusé de leur en dire plus. Dans un sens, Jeremy pensait que les p'tits aussi avaient des hypothèses sur l'identité de l'animagus, mais ils n'avaient rien laissé filtrer. Seul Wayne affichait de temps à autre un sourire moqueur quand on abordait le sujet ou lui posait la question puis prenait un vicieux plaisir à effrayer le chien. De l'avis de Jeremy, le gosse n'avait toujours pas pardonné à Toby de les avoir interrompu – lui et Harry, lorsqu'ils étaient tous les deux dans le salon, pendant les vacances.

Jeremy ne put réellement respirer que lorsque Harry quitta l'arène avec son faux œuf d'or et que les dresseurs commencèrent à s'occuper du Magyar à pointes.

À l'annonce du classement, Fenrir jurait sous son souffle qu'il ne pouvait plus sentir son bras, tant son oméga, sous le choc et la peur, l'avait serré à lui en couper la circulation du sang. Le gosse était premier. Ça n'était pas une surprise pour Fenrir, pas après la performance du p'tit, mais c'était toujours agréable de savoir que d'autres agréaient avec cela. Même Karkaroff lui avait donné un sept – ce qui était une très bonne surprise étant donné donné qu'il avait donné un quatre à Diggory et un trois à la fille Delacour. Avec un total de quarante-sept points, Harry devançait son second – Krum-, de trois points.

Lorsque le jeune Serpentard quitta le stand des Champions pour gagner la tribune des invités, il fut engloutit dans un entremêlement de bras appartenant plus que probablement à Jeremy, Ralph, Marcus, Adrastos et... était-ce les bras de Silver et Cardric, dans son dos ? Il fallut bien cinq minutes pour que les plus résistants le lâchent enfin ( et peut-être aussi la présence de Wayne, qui jouait des coudes pour forcer le passage jusqu'à Harry ), et tout cela, sous les yeux amusés ou intrigués des autres invités de marque. Wayne parvint enfin à le rejoindre et l'enlaça, ses mains venant naturellement se placer sur les hanches du petit brun tandis que ses lèvres frôlaient son oreille.

« Félicitations Little Red(3), Harry. C'était génial. »

Harry ne dit rien, mais il répondit à l'étreinte en agrippant le dos de la chemise noir de son albinos et en se collant à lui. C'était comme s'il n'y avait plus personne autour d'eux et Harry aurait bien aimé rester comme cela plus longtemps – Wayne était confortable, plus qu'un oreiller ou un matelas normal, pourquoi croyez-vous qu'il dormait dans le lit de l'autre sorcier depuis la première année ?-, mais quelqu'un s'éclaircit la gorge derrière eux. Harry leva paresseusement la tête et dévisagea l'inconnu. C'était un grand homme ( de l'avis de Harry, mais Harry était de petite taille, donc bon... ), d'une trentaine d'années au moins. Il avait des cheveux mi-longs, bouclés, noirs, une moustache finement taillée et une barbe de trois jours. Harry le dévisagea d'un air curieux, puis avisa ses yeux gris; c'était les yeux de Toby. Alors, calmement, sans se précipiter, Harry se détacha de Wayne ( lequel gronda légèrement mais ne fit rien pour l'arrêter ) et se tourna vers son parrain, venant se placer juste devant lui, l'air pensif. Puis, comme si c'était naturel, il lui attrapa les bras et les leva, étendus de chaque côté, ignorant les regards perplexes qu'on lui jetait ( amusé dans le cas de Marcus et Silver ). Seulement alors, il se jeta au cou de son parrain.

Sirius resta un instant figé de surprise, puis éclata de rire et referma ses bras autour de la taille de son filleul. Les photographes n'en manquèrent pas une miette. Cela semblait être la première réunion entre Lord Black et son filleul, l'héritier Potter, le Garçon-Qui-A-Survécu.

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Quelques heures plus tard, à l'heure du dîner, tandis que tout le monde s'agitait et parlait avec animation de la première tâche, le Duo parvint miraculeusement à entrer sans être aperçu et les deux Serpentards firent tranquillement leur chemin jusqu'à leurs places. Quand ils furent arrivés, tous les vert et argent assis à la table se levèrent comme un seul homme et applaudirent bruyamment, montrant clairement au reste de l'école ( si le scandale du 31 octobre n'avait pas été assez de preuves ) leur soutien pour le plus jeune champion. Lucian Bole et Adrian Pucey posèrent prudemment une main sur l'épaule de Harry ( au cas où Wayne réagirait. L'albinos devenait de plus en plus possessif, au plus grand amusement du reste de la maison ) et le félicitèrent chaleureusement. Terence Higgs eut même l'audace d'embrasser Harry sur la joue et s'éclipsa en riant avant que Wayne ne l'étripe et – juste pour ''ne pas faire de jaloux'' comme il l'expliqua après-, il embrassa aussi Wayne. Il ne fut pas le seul à se montrer tactile avec Harry ( et même Wayne ) quand la délégation de l'Est se montra enfin. Les quatre amis proches de Krum enlacèrent les 'oisillons' et ne se privèrent pas en embrassades. C'était franchement amusant pour les aînés de Serpentard de voir Wayne essayer de se dépêtrer et d'éloigner Harry d'eux.

Le soir venu, personne ne s'étonna que Wayne et Harry disparaissent dans leur dortoir une heure seulement après le début de la fête donné en l'honneur de leur Champion. À vrai dire, Terence et Adrian avaient été tentés d'aller les surveiller mais avaient finalement décidé qu'ils étaient suffisamment grands pour... et bien... rester seuls. Ouais.

Dans le dortoir des quatrième années, Wayne avait comme d'habitude apposé des sortilèges de confidentialité autour des rideaux qui entouraient son lit. Harry était... err... Wayne n'était pas exactement certain du moment où Harry avait quitté ses yeux pendant les vacances d'Été mais l'autre Serpentard avait dû y parvenir parce que Wayne ne se souvenait certainement pas avoir vu Harry acheter quelque chose comme cela ! Au lieu de porter son pyjama habituel – un t-shirt et un pantalon de nuit, ou même juste un boxer et un t-shirt comme il avait pris l'habitude au cours des vacances-, le petit brun portait une nuisette. Oui. Une nuisette pour femme. Noire et quasiment transparente. Wayne ne pensait pas que Harry était au courant... naturellement, quand il s'était planté devant la vitrine pour 'adultes' ( bien que, soyons sérieux, dans l'allée des embrumes, on se fichait bien de l'âge des clients tant que l'argent était bien là ), il avait aussi vu les nuisettes très légères qui étaient exposées à l'intérieur. Il ne pensait pas que Harry l'avait remarqué. Et d'ailleurs... Harry n'était pas entré dans ce magasin, si ?

Déglutissant fébrilement, l'albinos vérifia une nouvelle fois que les charmes étaient en place et qu'il était impossible d'ouvrir les rideaux de l'extérieur, avant de se rapprocher de Harry, lequel patientait sereinement, à demi assis près des oreillers et des coussins qu'ils avaient réunis à la tête du lit. Ses yeux rouges brillèrent d'un éclat affamé lorsqu'il posa à nouveau le regard sur la tenue que portait l'autre adolescent et sa respiration devint presque haletante lorsqu'il se pencha finalement au dessus du petit brun. Harry le regarda faire sans bouger, ni parler mais laissa Wayne le faire basculer doucement contre le tas de coussins dans son dos. La nuisette que portait Harry s'arrêtait à mi-cuisses, mais remonta un peu plus haut quand l'adolescent releva un peu ses jambes. Wayne ravala un gémissement : sous une nuisette cachant à peine son corps, Harry protait un shorty noir en dentelle. Le concerné patienta quelques secondes de plus avant d'adresser à son camarade un regard mi amusé, mi ennuyé :

« Tu comptes m'embrasser, oui ou non ? »

Wayne redescendit brutalement sur terre et ricana avant de l'enjamber et de s'asseoir à califourchon sur les cuisses du petit brun afin de se pencher vers lui. Posant un chaste baiser sur ses lèvres, l'albinos se retira presque aussitôt.

_ Quand as-tu acheté ça ? Demanda-t-il en désignant la tenue légère que portait le petit brun aux yeux verts.

Le susnommé lui lança un regard espiègle. Wayne l'engagea dans un nouveau baiser, un peu plus profond cette fois-ci, avant de se retirer à nouveau, attendant clairement une réponse.

_ Adrastos me l'a offert pour mon anniversaire.

Wayne jura dans sa barbe. Il savait enfin pourquoi Adrastos avait ricané à chaque fois qu'il l'avait croisé ce jour-là. Finalement, il enregistra l'information. Il devrait peut-être songer à remercier le vampire... peut-être, hein. Il ne tenait pas avoir de dette envers un vampire, gentil ou non. Surtout pas avec un vampire rusé et espiègle comme Adrastos. Harry profita de la prochaine charge de l'albinos pour glisser sa main sous le T-Shirt de son partenaire. Wayne frissonna et il ne sut pas si c'était parce que les mains de Harry étaient froides ou parce que justement, c'était Harry. La main de Harry remonta sur les abdos de l'albinos; les deux garçons avaient commencé à travailler leurs corps depuis leur seconde année déjà ( parce qu'il paraît que leur magie fonctionnait mieux si leurs corps était en pleine santé ) mais les résultats étaient plus visibles sur le corps de l'héritier Hopkins. Quand les deux adolescents se séparèrent pour reprendre leur souffle, Wayne avisa le regard fiévreux et les joues rougies de son partenaire. Un sourire malicieux étira ses lèvres et il se recula très légèrement pour retirer son T-Shirt puis se descendit des genoux de Harry afin de retirer son pantalon. Harry, qui n'en avait pas manqué une miette, roula sur le côté et se colla tout contre l'albinos, ses mains parcourant le torse finement sculpté de son compagnon et sa jambe gauche venant s'enrouler autour de la taille de l'albinos. Wayne, qui était déjà dur, se sentit à nouveau durcir à l'intérieur de son boxer et il prit une brusque inspiration contre les lèvres de son partenaire. Apercevant la lueur espiègle dans les yeux de son partenaire, Wayne réclama les lèvres du petit brun et inséra sa langue quand le baiser s'approfondit. Les deux adolescents haletèrent quand leurs aines furent pressées l'une contre l'autre et que la friction fit grossir leurs érections. Harry laissa échapper un gémissement qui fut étouffé quand Wayne lui vola un autre baiser. Harry était magnifique ainsi, de son avis. Cela ne le dérangerait pas de l'avoir ainsi tout le temps. L'une de ses main s'égara sur le corps du petit brun et glissa sous la courte nuisette. Il avait encore du mal à croire que Adrastos avait offert cela à Harry mais, au fond, cela ne l'étonnait qu'à moitié. Sa main s'arrêta sur le shorty en dentelle noire et ses doigts jouèrent quelques instants avec le tissu avant de caresser le sexe de son compagnon, par-dessus son sous-vêtement. Il était bien conscient des propres mains baladeuses de son partenaire ou encore de sa langue et de ses canines sur sa nuque et un frisson le parcourut alors qu'il embarquait l'autre Serpentard dans un French Kiss. Et, au vu de la façon dont Harry ondulait presque contre sa main droite, le baiser devait vraiment avoir de l'effet sur lui.

« Wa – Wayne. » susurra Harry quand ils se séparèrent pour reprendre leur souffle.

Wayne étira un sourire malicieux.

_ Cette fois-ci, Toby n'est pas ici pour nous interrompre, chuchota-t-il contre les lèvres du Survivant.

Harry se mordilla les lèvres ( Wayne était certain que l'autre garçon était pertinemment conscient de l'effet que cela avait sur lui ), puis le fit basculer sur le dos pour s'asseoir sur lui. Wayne quant à lui, pouvait sentir l'érection de Harry contre son propre boxer. Wayne gronda légèrement et se cambra contre les coussins quand son partenaire se frotta contre lui et il ondula contre l'autre sorcier, créant une agréable friction qui les électrisa de plaisir. L'albinos prit une brusque inspiration lorsque la petite main de Harry se passa l'élastique de son boxer et se glissa à l'intérieur. Il savait qu'Harry avait fait des recherches sur ÇA, AH ! Tout le monde pensait toujours que Harry était très innocent et, en un sens, c'était le cas, mais Wayne savait que Harry était aussi très curieux et, après avoir vu Silver peloter Marcus en seconde année, Harry avait probablement fait ses propres recherches.

La vérité est qu'ils avaient tous deux commencé à sentir leurs corps changer. Ils avaient toujours su bien sûr, que l'un était important pour l'autre, vital presque, mais quand leurs corps avaient commencé à changer, depuis l'an dernier déjà, le besoin de proximité et de contacts avec l'autre avait encore évolué. D'un geste étonnamment simple, Wayne fit glisser le shorty de Harry le long de ses cuisses et posa ses mains sur les hanches de l'autre garçon pour le stabiliser contre lui, créant ainsi une nouvelle friction. Harry rejeta la tête en arrière et, d'un geste de la main, son sous-vêtement se dégagea de ses jambes et fut expulsé quelque part sur le sol. Il n'y avait pas un bruit hormis leurs respirations irrégulières et les légers gémissements de Harry que Wayne trouvait incroyablement sexy. Wayne se redressa un peu contre les coussins, de façon à être semi-assis et, dans le processus, donna un coup de rein qui sembla déclencher quelque chose chez Harry. La seconde suivante, le petit brun s'était penché et en avant et posait ses lèvres contre les siennes dans un baiser très fougueux et passionné, sans jamais cesser ses légers coups de hanches contre celles de Wayne. Et, honnêtement, c'était incroyable. 'Sûr, Wayne s'était déjà touché sous la douche durant l'Été, en pensant à Harry mais ça n'était pas la même chose. Maintenant, les mains de Harry le touchait également. Et c'était tellement, tellement mieux !

Wayne sourit lorsque Harry gémit longuement, puis il planta ses dents au creux de la nuque de son partenaire et aspira, espérant laisser une profonde marque sur la peau pâle, qui dirait ''mien''.

Les deux garçons ne s'endormirent pas avant tard dans la nuit, et pas avant d'avoir jeté un sortilège de nettoyage ( Wayne avait anticipé et appris ce sort durant les vacances d'Été ) sur eux et le matelas.

Voilà qui était une excellente façon de célébrer une victoire.


« […] Nous ne pouvons que nous interroger. Dumbledore est-il vraiment fait pour diriger une école, quand ses histoires de cœur sont sujettes à un tel scandale ? »

Harry reposa l'article de Skeeter et prit une nouvelle cuillerée de céréales tandis que Wayne se resservait une tasse de café.

_ Où a-t-elle trouvé toutes ses infos sur les conquêtes du directeur ? Demanda l'albinos.

_ Oh, Dumbledore n'est pas vraiment du genre discret, fit Silver, lequel était rentré avec eux après la séance au Wizengamot. En général, il se débrouille pour que les gens se taisent. Il arrive qu'il les paie aussi, mais ceux qui le haïssent sont prêts à payer encore plus cher pour anéantir sa réputation.

_ C'est de sa faute, intervint Marcus en haussant les épaules. À se taper des gamins de dix-huit ans.

Vaisey, qui déjeunait pour une fois avec eux, haussa les épaules.

_ Et bien, ça fait scandale mais il n'y a malheureusement rien d'illégal.

_ Oui, approuva Silver, avec un grognement dépité. Même si on avait la preuve qu'il s'était fait des gamins de moins de dix-sept ans, ce ne serait qu'une accusation de détournement de mineurs. On ne pourra jamais faire arrêter Dumbledore pour ça et encore moins le jeter à Azkaban. On ne peut déjà pas faire arrêter des mangemorts pour ça, alors le soit disant grand Chef du camp de la Lumière...

_ Il y a des choses qu'il a fait... commença Harry, d'un ton éteint.

Il s'arrêta. Il avait l'attention de toute la table, mais il n'était pas sûr qu'il soit sage de parler dans un endroit aussi plein et surveillé.

_ Ses machinations tomberont à l'eau quand il s'y attendra le moins. Dit-il finalement.

On lui adressa des regards intrigués et suspicieux mais peine perdue, Harry ne parlerait pas dans un endroit aussi peuplé. Alors on changea de sujet.

« Et ce meeting avec le Wizengamot ? Les interrogea Lucian en se préparant un toast.

_ Tout s'est très bien passé. Répondit calmement Silver, bien qu'un sourire malicieux trônait sur ses lèvres.

_ Oh ? Dans ce cas, pourquoi Harry est-il toujours en compétition ? » Intervint Terence.

Une grimace déforma les traits de Marcus. Ces gamins seraient sa mort.

_ Oh ça ? Fit Silver. Et bien, tout s'est très bien passé jusqu'à ce que Lord Avery décide de taquiner Harry et lui demande s'il avait peur et que c'était pour cette raison qu'il souhaitait abandonner.

Les autres Serpentards à portée d'audition grimacèrent également. Harry ne réagissait pas à beaucoup de choses, mais s'il y avait bien une chose qu'il n'acceptait pas, c'était qu'on dise qu'il avait peur. Surtout quand ça n'était pas le cas. La seule chose dont il avait peur était l'oncle Vernon. Et l'oncle Vernon était mort. Harry l'avait surpassé. Il avait aussi peur de perdre sa famille, sa meute, mais Harry ne les perdrait pas. Il était plus fort que cela.

Il était hors de question qu'il se laisse traiter de faible. Bien sûr, il savait ce que faisait Lord Avery : le sang-pur voulait qu'il lui montre ses capacités magiques, il voulait du spectacle. Harry allait leur en donner, et après ça, personne ne s'attaquerait aux siens. Si en plus, cela pouvait lui rapporter un peu d'argent... pas qu'il en manquait au contraire, mais cela ferait toujours ça de moins dans les poches d'Avery. Mouhaha(4).

_ Avery a parié qu'Harry allait perdre le Tournois. 3 000 Gallions qu'ils ont parié.

3 000 Gallions, cela faisait à peu près 24 200 en livre sterling.

Harry n'allait certainement pas passer à côté de cette occasion. Après tout, 3 000 Gallions pour lui, c'était 3 000 Gallions en moins chez Avery. C'était certainement une bonne revanche pour les propos du Lord.

« Harry ? »

Le petit brun aux yeux verts leva les yeux de son bol de lait et de céréales. Adrian le dévisageait, un brin incrédule mais aussi et surtout, très amusé, presque taquin.

Harry haussa un sourcil.

_ On dirait bien que Wayne et toi avez bien célébré ta réussite durant la première tâche.

D'un seul coup, comme si Adrian avait sonné le gong, tous les Serpentards ( et Durmstrangois ) à portée d'oreille, se tournèrent vers eux et dévisagèrent le petit brun, cherchant la preuve qui avait convaincu Adrian. Puis il la virent. Elle était assez petite et à moitié cachée par le col de la chemise du garçon, mais elle était bien là : une marque pourpre au niveau de la nuque du Survivant, des traces de dents à peine visible. Terence et Vaisey s'étouffèrent avec leur gorgée/cuillerée et Lucian ricana.

_ On dirait que les p'tits sont en train de devenir grands.

Wayne lui jeta un regard désintéressé mais ne dit rien. Pour ceux qui le connaissaient bien en revanche, ils pouvaient voir la lueur amusée dans les yeux de l'albinos. En parlant de Hopkins, celui-ci n'avait pas pris la peine de couvrir les suçons qui ornaient son cou. Adrian secoua la tête en regardant les deux adolescents. Encore une chose où ils se démarquaient : quand la grande majorité tenterait ( probablement vainement ) de cacher leurs marques, ces deux-là s'en fichaient complètement. Harry répondit à son haussement de sourcil par un regard plat.

Adrian – qui était pour une fois plus proche d'eux que Marcus, lequel s'endormait dans son bol de lait ( Pourquoi diable buvait-il du lait, d'ailleurs ? Probablement une suggestion du Duo... ), tendit les bras vers Harry pour redresser le col de sa chemise et cacher efficacement les marques de morsures, sous le regard noir de Wayne.

« La vieille McGonagall ne va pas apprécier si elle voit ça, expliqua-t-il face au regard presque assassin de l'albinos.

_ Hn... »

Visiblement, l'objectif de Wayne était qu'elles soient visibles pour tous.

.

Wayne et Harry étaient les derniers à quitter la Tour d'Astronomie après le cours du soir. Tout les autres étaient déjà partis, Serdaigles et Serpentards discutant avec animation du Bal de Yule qui allait avoir lieu dans moins de deux semaines. L'annonce avait été faite le matin-même et, depuis, tout le monde ou presque ne parlait plus que de cela. Harry ne comprenait pas pourquoi tous étaient aussi excités. Certes, c'était un bal et il n'avait jamais été à un bal alors... oui, il était assez curieux, mais de là à en faire toute une histoire...

Harry fut sortit de ses pensées lorsque la main qui tenait la sienne se resserra un peu et que Wayne les fit arrêter pour se tourner face à lui, le visage sérieux.

« Harry. »

Le concerné cligna des yeux puis leva la tête vers son partenaire, intrigué.

Wayne se mordit la lèvre. C'était une façon de bien faire les choses. Il n'avait aucun doute que Harry irait avec lui au bal même s'il ne le lui proposait pas ( du moins, il le pensait, mais avec Harry, on ne savait jamais vraiment à quoi s'attendre ), mais il pensait qu'il pouvait aussi bien essayer de faire les choses dans les règles de l'art. Et puis, il était sûr que cela ferait au moins un peu plaisir à Harry. Il serra doucement la main du petit brun et lui adressa un regard sérieux.

« Voudrais-tu m'accompagner au Bal de Yule ? »

En y repensant, ça n'était pas tout à fait ainsi qu'il voulait faire sa proposition. Il ne fallait pas croire, mais Wayne était un peu un romantique, parfois. Pourtant, ça n'était pas si mal que ça. Wayne avait cru qu'il allait se planter quelque part, au final, ça allait. De plus, Harry souriait en rougissant doucement. Et Harry ne rougissait pas souvent. Leurs doigts s'entrelacèrent et Harry sourit à pleine dents.

_ Oui, j'en serais ravi.

Son sourire rayonnant se refléta sur le visage de Wayne et l'albinos se pencha pour embrasser les lèvres roses et meurtries de SON petit brun.

Si Wayne afficha un sourire niais à la limite du stupide pour le reste de la journée, personne à Serpentard, n'osa faire de remarque à ce sujet.


Le Duo était en train de petit déjeuner à la table des Serpentards lorsque la femelle Weasley vint s'aventurer du côté des vert et argent, un regard déterminé affiché sur ses traits de jeune fille. Cela faisait un moment déjà que la Weaslette avait découvert l'identité de ''Harry Hopkins'' et, s'ils n'avaient jusqu'ici pas eu tant de problèmes avec la jeune fille, celle-ci avait quand même essayer de les suivre à plusieurs reprises dans les couloirs. Plus d'une fois, leurs aînés avaient dû restreindre Wayne pour l'empêcher de jeter un maléfice à la jeune lionne ( parce que Harry n'allait certainement pas l'arrêter et qu'ils ne pouvaient pas se permettre de perdre des points s'ils voulaient rester en tête du classement inter-maison ). Donc, honnêtement, ça n'était pas vraiment un choc de la voir arriver, juste une légère surprise. Un air résigné s'afficha sur les traits des Serpentards.

Harry leva les yeux de son assiette de pancakes lorsqu'il sentit un regard persistant dans son dos. C'était la jeune sœur de Ronald ( et des jumeaux Weasley dans une moindre mesure mais ceux-ci ne semblaient pas particulièrement s'entendre avec leur cadette ). La rouquine se redressa un peu et le fixa droit dans les yeux.

_ Ginny, se présenta-t-elle. Je suis la sœur de Ron.

Les yeux de Harry se rétrécirent. Bien sûr, il savait qui était la femelle, mais la voir se présenter comme la sœur de Weasley... et bien, disons juste que c'était mal parti. S'il y avait une chose que tout le monde dans la maison des vert et argent savait, c'est que le Duo n'oubliait pas et, des deux garçons, Harry était certainement le plus rancunier. Même s'il le cachait mieux que Wayne.

_ Oui ? Fit Harry, de son ton plat habituel.

Ginny se tortilla et jeta un regard par-dessus l'épaule du Survivant, là où Wayne fixait la rouquine d'un regard assassin. Non mais quel égoïste ? Était-ce pour cela que Harry ne traînait pas avec les élèves des autres maisons ( hormis ses frères Fred et George ) ? Parce que l'albinos refusait de partager son ami ?

Ginny prit une lente inspiration et, quand elle releva la tête, son regard était plus que déterminé :

« Je me demandais si tu voulais bien venir au Bal avec moi. »

Un silence tomba soudainement dans la Grande Salle. Il semblait que tous étaient à présent concentrés sur la Gryffondor et le Survivant. Personne n'avait réellement osé inviter Potter. À Serpentard, tous savaient que Harry et Wayne iraient ensemble, même si Wayne ( ou Harry ) ne vocalisait pas son invitation. Même à l'extérieur de Serpentard, la plupart savait- que ce soit de façon consciente ou non-, qu'il se tramait quelque chose entre les deux jeunes Serpentards et n'avait jamais même envisagé la possibilité que Potter accepte leur invitation. Donc ils n'avaient pas essayé. Cela ressemblait bien à un Gryffondor de tenter l'impossible, mais même là, c'était un peu trop audacieux de la part de la plus jeune Weasley. Après tout, s'il y avait bien une chose que l'on savait sur Wayne Hopkins, c'est qu'il ne fallait pas toucher à Potter, d'une quelconque façon. Ils savaient juste que Hopkins était vraiment sur protecteur envers son meilleur ami. Presque autant qu'un amant. S'ils savaient...

Wayne resta un instant figé de surprise, bluffé par l'audace de la jeune fille. Puis la colère prit le dessus et il jeta un regard assassin à la Weaslette. De quel droit osait-elle ?! Harry lui appartenait ! Elle n'avait pas à le regarder ainsi, comme un lion face à un steak et elle avait encore moins le droit d'essayer de le toucher ! Wayne s'apprêtait à jeter un maléfice à la 3° année lorsque Harry se reprit.

Harry avait été surpris par le culot de la fillette. Il ne pensait honnêtement pas qu'elle oserait, encore moins sous les yeux de Wayne. Bien sûr, là encore, certains ne remarquaient que trop tard, la dangerosité de son compagnon. Ce qu'il ne comprenait pas en revanche, c'était pourquoi tous semblaient avoir les yeux rivés sur eux. Harry pouvaient voir les jumeaux Fred et George ricaner sombrement tout en ajustant leurs paris.

« Je suis désolé, je ne peux pas. »

Le silence sembla engloutir ( davantage si c'était seulement possible ) la Salle. Ginny Weasley était... sous le choc, de toute évidence. À la seconde où Harry ferma la bouche, les yeux de la jeune fille s'écarquillèrent et ses lèvres s'entrouvrirent. Comme s'il était incroyable que le petit brun face à elle, refuse son invitation.

À quelques mètres de là, à la table des vert et argent, Sergey avait posé une main devant sa bouche, pour étouffer son éclat de rire et les yeux de Dimitri brillaient d'une lueur espiègle.

_ Que – Quoi... ? Pourquoi ?

Harry inclina la tête sur le côté, l'air perplexe, pour finalement hausser les épaules, et répondre sereinement :

« On m'a déjà invité au bal donc, naturellement, j'ai répondu oui. »

Son ton était posé, mais son regard restait plat, vide, impassible. C'était une façade qu'il montrait à tous ceux qui n'appartenait pas à Serpentard ou à la meute, et... en fait, à toute personne qui ne s'appelait pas Luna Lovegood ( ou encore Gred & Forge Weasley ). La Serdaigle était une étrange personne. Harry et Wayne ne conversaient pas souvent avec elle mais, parfois, dans les plus étranges circonstances ( comme, par exemple, lors d'une balade nocturne, bien longtemps après le couvre-feu ), la blondinette apparaîtrait subitement et leur offrirait des descriptions féeriques de créatures dont ils ignoraient [mais ne réfutaient pas] l'existence. Parfois même, elle les mettrait en garde ( ''Ne prenez pas de croissants demain matin. Les renards vont causer le chaos.'' ), la plupart du temps concernant une blague dont les jumeaux Weasley ne les auraient pas averti. Naturellement, ceux-ci faisaient la moue, quand ils échouaient à les cibler. Wayne n'était pas tout à fait certain de ce qu'était Luna Lovegood pour eux. Une camarade, une amie peut-être, enfin, elle était unique et Wayne savait qu'elle ne les trahirait pas. Donc ça lui allait.

Pendant un instant, Ginny dévisagea Harry, complètement sidérée par le refus clair et simple du Survivant, puis elle rougit de colère et pivota pour quitter la salle, ignorant vaillamment les regards, murmures et doigts pointés dans sa direction.

« Est-ce qu'elle compte se montrer aussi rude à chaque fois qu'elle vient te parler ? » demanda distraitement Terence, en volant le pot de confiture de fraises des mains de Sergey.

Wayne renifla et mit ses mains dans les poches de son pantalon.

_ M'étonnerait pas si c'était le cas.

Harry se retourna finalement pour faire face à son partenaire et lui sourit doucement.

_ Peut-être qu'elle va cesser de nous stalker.

_ Et bien, l'espoir fait vivre, comme on dit. Murmura Adrian, en regardant les deux élèves de quatrième année, quitter la Grande Salle d'un pas presque guilleret.


Harry venait tout juste de finir d'ajuster son costume, lorsque Wayne entra dans la salle de bain et resta planté dans l'encadré de la porte, bouche bée. Le petit brun était vêtu d'un costume qui pouvait passer tout aussi bien dans le monde moldu que dans le monde sorcier, si ce n'est qu'il portait également par-dessus une cape, d'un noir abyssal, lui arrivant à mi-cuisse. Le symbole de Poudlard ressortait sur le dos de sa cape noire, dans un écrin argenté, lequel montrait fièrement l'appartenance de son porteur, à la noble maison de Serpentard. Wayne de son côté, portait la même tenue à quelques détails près, et sa cape ne comportait pas le symbole de Poudlard. Les cheveux de Harry avaient bien poussé au cours des derniers mois et le petit brun n'avait pas encore pris la peine de les couper ou de les faire raccourcir magiquement. Ils couvraient donc sa nuque et descendaient à présent presque en cascade sur ses épaules. Harry attrapa une mèche teinte en vert pour l'occasion et prit un air pensif. Peut-être les couperait-il pour le nouvel an ? Puis il jeta un coup d'œil à Wayne et un sourire étira ses lèvres. L'albinos était vraiment très joli dans son costume.

Celui-ci cligna des yeux et reprit ses esprits avant de faire quelques pas vers le petit brun et s'arrêter face à lui. Il fouilla dans ses poches, en sortit quelque chose mais, avant que Harry n'ait pu voir de quoi il s'agissait, Wayne se pencha et l'embrassa sur la joue. Ça n'était pas sur les lèvres, mais cela ne dérangeait pas Harry. Wayne était étonnamment doux aujourd'hui. Pas qu'il ne le soit pas en temps normal mais... c'était différent aujourd'hui.

« Tu brilles Harry. »

Harry lui adressa un regard lumineux. Ça n'était pas parce qu'il souriait peu qu'il ne pouvait pas exprimer ses émotions autrement. Malgré tout, il souriait beaucoup plus qu'avant son entrée à Poudlard ou même durant ses deux premières années ici. Et il savait que Wayne venait de lui dire qu'il était très bien ainsi.

_ Merci Wayne. Toi aussi tu es très joli ainsi.

Harry se mit sur la pointe des pieds ( Wayne avait eu une poussée de croissance depuis la rentrée septembre ) et posa ses lèvres sur celles de l'albinos, avant de se détacher de l'autre adolescent et lui prendre la main pour le diriger hors de leur dortoir.

_ Allons-y avant d'être en retard.

Wayne ricana mais le suivit sans discutailler. Ils s'arrêtèrent à quelques pas de la salle commune, quand l'albinos tira doucement sur le poignet du petit brun pour le retourner vers lui. Wayne glissa une chaîne en argent autour du frêle poignet de son partenaire. Leurs deux noms étaient gravés dessus. Harry gloussa et le remercia du bout des lèvres.

Arrivés dans le Hall, ils firent une halte, les autres champions étaient déjà présents avec leurs invités et attendaient visiblement quelque chose. Sans un mot, sans même un regard l'un pour l'autre, les deux Serpentard se remirent en marche et se glissèrent derrière les autres champions. McGonagall arriva une fraction de seconde plus tard et poussa un soupir de soulagement quand elle avisa les deux garçons derrière les autres champions. Ceux-ci lui adressèrent un regard innocent.

« Bien, vous êtes tous là. Vous allez pouvoir entrer et vous installer à la table qui vous est réservée. Après le repas, vous et vos partenaires ouvrirez le Bal. Suivez-moi. »

Les champions eurent à peine le temps de se retourner pour constater que oui, le quatrième année était bien arrivé entre temps et n'eurent même pas le temps de s'étonner de son choix de partenaire que McGonagall les rappela à l'ordre.

Quand ils entrèrent dans la Grande Salle, ils furent éblouis par la lumière et les changements effectués dans la vaste pièce. La pièce avait été entièrement redécorée pour correspondre à l'esprit de Noël. Flitwick avait enchanté le plafond pour faire tomber des flocons qui disparaissaient quelques mètres au-dessus d'eux et, de la même façon, des stalactites cristallisés descendaient du plafond pour s'arrêter eux aussi à quelques mètres de leurs têtes. Tout était dans les tons purs et argentés. C'était magnifique.

Les élèves de Poudlard restèrent stupéfaits lorsqu'ils reconnurent [enfin] Granger, qui était au bras de Krum, la star de Quidditch. Les derniers à entrer furent Wayne et Harry. Quelques exclamations retentirent. Wayne ne comprenait pas pourquoi ils étaient aussi surpris; c'était évident qu'ils viendraient ensembles. Apparemment, pas pour tout le monde. Wayne et Harry n'avaient pas réellement officialisé quoi que ce soit de façon publique: ils étaient ensemble, et c'était tout. Ils avaient, après tout, toujours été ensembles. Peut-être était-ce parce qu'ils se tenaient toujours la main dans les couloirs et ce, depuis la première année, que personne n'avait remarqué le changement dans leur relation. Peut-être était-ce pour cette raison qu'ils étaient aussi étonnés de les voir entrer ensembles dans la salle de Bal. Avaient-ils pensé qu'ils étaient des meilleurs amis très tactiles ? Ils l'étaient, bien sûr, mais ils étaient aussi tellement plus.

Harry reconnut Silver, quelques pas plus loin, lequel tenait un appareil photo et gloussait avec le reste des 6° et 7° année de Serpentard, tout en les regardant évoluer dans l'allée.

Wayne guida Harry à travers la salle, en suivant les pas des autres champions devant eux. Il n'avait pas besoin de regarder Harry pour savoir que le petit brun à ses côtés n'était pas heureux: après tout, qui voulait être coincé à une table avec des personnes désagréables (- pour la grande majorité ) quand leurs camarades ( amis ? Famille ? ) étaient là, à quelques pas à peine. Viktor était sympa, peu bavard, mais ça leur convenait parfaitement. Cedric était okay: il essayait toujours de combler le silence, même quand il n'y en avait pas besoin-, et il avait le don de mettre les pieds dans le plat parfois, avec ses questions mais sa présence était tolérable

Wayne regarda Davis Roger reculer maladroitement ( et avec grand bruit ) une chaise pour permettre à sa cavalière, la veela française de s'asseoir, puis tira la chaise de Harry dans un geste élégant avant d'inviter son partenaire à s'asseoir. Après quelques minutes de silence maladroit, Percy Weasley – le grand frère des jumeaux et de Weasel-, entama une conversation très intéressante avec Hermione Granger et les deux Serpentards se déconnectèrent instantanément du reste de la conversation, choisissant à la place d'envoyer des regards noirs et boudeurs vers le reste de leurs camarades Serpentard, assis avec une tripotée d'étudiants slaves. Adrian, Terence et Lucian lui répondirent par de larges sourires et Peregrine Derrick leur envoya un léger sourire narquois. Beuh ! Qu'ils rient bien, ils se vengeraient. Silver avaient toujours son appareil photo en main et les avait en ligne de mire tandis que Marcus les observait. Apparemment, il prenait son rôle d'aîné encore plus au sérieux que les années précédentes.

Justement à côté, Krum et Davis parlaient Quidditch et Harry s'immisça juste un instant dans la conversation :

« Pourquoi n'organiseriez-vous pas des match amicaux entre les équipes de l'école et celles des délégations ? »

Les deux joueurs pivotèrent vers lui, clairement surpris par sa participation, puis enregistrèrent ce qu'ils venaient de dire.

« Tu veux dire, comme un tournois inter-école ? L'interrogea Roger (Davis), le cavalier de la championne française.

_ Je pensais à des match amicaux pour se détendre durant les week-ends mais, pourquoi pas ? répondit sereinement Harry, sa main toujours entrelacée à celle de Wayne.

_ Pourquoi pas ? Fit Krum, son lourd accent résonnant sur leur table. Ça semble une très bonne idée. »

Et, comme ça, les deux joueurs retournèrent à leur conversation, incluant cette fois-ci Diggory et et les autres fans de Quidditch, tandis que Wayne et Harry chuchotaient entre eux, ignorant le reste de du monde.

Quand le repas fut terminé, les Champions furent appelés sur la piste de danse et le reste des résidents de Poudlards ( aussi bien étudiants que professeurs et délégations ), approchèrent pour former un cercle autour de la piste.

Wayne guida Harry sur la piste et tous deux s'arrêtèrent en face de l'autre. Tous deux esquissèrent une brève révérence, de même que Krum et Delacour ( Diggory imita maladroitement le geste de Krum et Davis ne réagit pas à temps ), puis Wayne posa une main sous l'omoplate de Harry et prit la main droite du petit brun dans la sienne, un peu plus grande. La mélodie débuta lentement, Wayne menant aisément Harry sur la piste, tous deux valsant entre les autres champions, le regard uniquement concentré sur l'autre. La main de l'albinos, celle qu'il maintenait dans le dos de Harry, baissa légèrement pour se rapprocher de sa taille puis il porta le petit brun et le fit tournoyer avant de le reposer. Harry gloussa légèrement mais le laissa faire et, avant qu'ils ne s'en rendent compte, une autre valse avait débutée et d'autres couples s'étaient joints à eux. Wayne le guida ensuite vers la table remplie de boissons, lorsque la piste fut envahie par des adolescents déchaînés.

Plus tard, quand la musique rock cessa durant quelques instants et que d'autres danses de couple débutèrent, Wayne se redressa et lui fit un clin d'œil avant de lui demander de rester à la table. Ils étaient venus s'installer aux tables remplies par leurs aînés de Serpentards après plusieurs danses et un dessert digne de ce nom. Wayne n'avait pas quitté son chevet de la soirée, effrayé à l'idée que la fille Weasley ose approcher son petit brun. Les aînés avaient vraiment été amusés. Harry avait remarqué Silver et Marcus sur la piste de danse et avait demandé à Adrian – qui à cet instant ne dansait pas-, de prendre des photos pour lui.

Puis l'albinos alla voir les musiciens et leur chuchota à l'oreille. Harry l'observa, le regard curieux. Il vit les musiciens hocher la tête, une lueur de reconnaissance dans les yeux et un sourire amusé aux lèvres, puis Wayne refit le chemin inverse et s'arrêta devant lui tandis que les musiciens répétaient silencieusement, se remémorant les touches, les notes, la mélodie. Wayne attrapa délicatement la frêle petite main de Harry et s'inclina respectueusement.

« M'accorderais-tu cette danse ? »

Harry serra doucement la main de son compagnon et hocha la tête, un doux sourire rêveur aux lèvres. L'héritier Hopkins lui rendit son sourire et l'aida à se lever ( même s'il n'avait pas besoin d'aide ), avant de le guider à nouveau vers la piste de danse. La musique démarra et Harry la reconnut dès les premières notes. Wayne trouva une position familière et confortable pour danser. Harry suivit aisément. C'était leur musique thème. La leur. C'était sur cette mélodie qu'ils avaient appris à valser ( même si en fait cette musique ne convenait pas vraiment pour une valse traditionnelle ).

« Qui est Satan ? L'interrogea doucement Wayne alors qu'il guidait Harry dans une valse modifiée par leur soin pour correspondre à la rythmique du poème symphonique.

_ Tu es la Mort. » gloussa Harry, répondant muettement à la question.

Il se donna lui-même le rôle du Mal et de la Tentation, du diable qui apparaissait à minuit, chaque 31 octobre [même si, en fait, la date ne correspondait pas à celle d'aujourd'hui].

Wayne le mena au son des instruments à cordes, à cuivres et à bois, sans quitter son cavalier du regard. Il se fichait bien du fait qu'il n'y ait presque personne sur la piste, parce que peu étaient capable de converser un tel rythme sur une... valse ?-, ou que presque tous les regards convergent vers eux, attirés par l'intensité de leur échange.

« Qui sont nos squelettes ? »

Harry regarda autour, sans vraiment voir les visages tournés vers eux et les quelques rares danseurs capable de maintenir le rythme.

_ Je pense que nous avons assez de squelettes présents ici, n'est-ce pas ?

Wayne hocha la tête et, d'une certaine façon, parvint à se pencher à son oreille ( il faut dire qu'il n'était pas beaucoup plus grand que Harry même s'il avait eu une poussée de croissance ) sans changer leur rythme. Le souffle de Wayne contre son oreille le fit frissonner :

« Zig et zig et zig, la mort en cadence
Frappant une tombe avec son talon,
La mort à minuit joue un air de danse,
Zig et zig et zag, sur son violon.
»

La main de Harry, celle qui tenait celle de Wayne, lâcha son emprise et il l'éleva pour la poser sur la nuque de l'albinos. Celui-ci laissa son autre main venir se poser sur sa taille. Entendre Wayne parler en français, même si c'était du récité, cela faisait toujours beaucoup d'effet à Harry. Harry ouvrit la bouche, se remémorant presque instantanément les vers qui s'étaient imprégnés dans son cerveau à force de les répéter, durant tous ces étés passés en la compagnie de son ami, partenaire et amant :

« Le vent d'hiver souffle, et la nuit est sombre,
Des gémissements sortent des tilleuls
Les squelettes blancs vont à travers l'ombre
Courant et sautant sous leurs grands linceuls(5)
»

Wayne aperçut plusieurs flashs du coin de l'œil et devina que Silver – ou Adrian-, était au moins responsable d'un d'entre eux. Peut-être que l'étrange petit fanboy Gryffondor était dans le coin, lui aussi.

La symphonie s'arrêta bien trop tôt au goût des deux Serpentards mais ils ne dirent rien. Ils s'arrêtèrent juste, un peu avant la dernière note et adressèrent un hochement de tête vers les musiciens qui leur renvoyèrent un clin d'œil en réponse. Les bras de Wayne étaient encore posés sur sa taille et Harry ignora le bruit d'applaudissements qui résonnaient dans leur direction.

L'albinos s'inclina brièvement et déposa un baiser sur le dos de la main de son partenaire.

Après s'être redressé, Wayne inclina légèrement la tête en avant, indifférent aux regards des autres et s'apprêtait à embrasser Harry lorsque...

« Hey ! Par ici les tourtereaux ! »

Terence Higgs enroula ses bras autour d'eux et les dirigea vers les tables à présents remplies de Serpentards et de Durmstrangois.

_ Vous étiez vraiment bluffant sur la piste. Et adorable. C'était intense. Et excitant.

Terence leur adressa un clin d'œil et se détacha d'eux pour reprendre sa place entre Adrian et Miles. Lucian piquait la pointe d'un cocktail parasol avec le bout de son index, juste à côté de ce dernier.

« Je ne connaissais pas cette mélodie. » dit-il, l'air pensif.

Wayne renifla.

_ Ça m'aurait étonné si c'était le cas. C'est une poème symphonique composé par un moldu très connu. Expliqua-t-il en s'installant, Harry le suivant de près.

Il y eut un silence.

« Oh. Je ne pensais pas que les moldus pouvaient parvenir à de tels succès. » fit un Serpentard dont Harry n'avait jamais pris la peine d'apprendre le nom auparavant ( il pensait que son nom était Urquhart ou quelque chose comme ça ), d'un an son aîné.

Un air vindicatif étira les traits de Harry mais il ignora la pique.

« Tu serais surpris. »

Puis il détourna les yeux pour voir Silver et Marcus revenir vers eux. Un peu plus tôt dans la soirée, Marcus et Harry avaient dansé ensembles pendant que Wayne se laissait traîné par un Silver des plus amusés, puis inversement. Ça avait été amusant, finalement. Harry pouvait presque comprendre pourquoi tout les élèves avaient été aussi agités durant les semaines qui avaient succédé(es) l'annonce du Bal.

Harry commença à fermer les yeux. Wayne aussi était fatigué de toute évidence. Ce fut l'une des première chose que Marcus et Silver remarquèrent quand ils les rejoignirent. Comme Harry avait quelques tendances narcoleptiques,, ils jugèrent bon de se retirer pour la nuit. C'est donc tout un groupe de Serpentards, d'années différentes, qui quitta la Salle après une dernière révérence. Quand ils entrèrent dans la salle commune de Serpentard après avoir paresseusement salué le portrait de leur fondateur ( dressé au dessus de la cheminée éteinte ), Harry agita la main et son costume se métamorphosa en un pyjama mauve. Harry fronça les sourcils. Il avait voulu rouge. Tant pis. Wayne en fit de même et tous deux se recroquevillèrent l'un contre l'autre sur le grand canapé. Terence et Adrian avait expérimenté sur les poufs quelques jours plus tôt et avaient accidentellement transfiguré trois poufs en un gros canapé. Ils n'allaient pas s'en plaindre, mais ça prenait de la place. Lucian et Terence retirèrent leurs capes/robes et se joignirent au jeune couple puis Marcus, Adrian et Silver les imitèrent et tous formèrent un amas de bras et de jambes. Si plus tard, d'autres élèves entrèrent dans la pièce, les avisèrent et décidèrent de se joindre à la puppy piles(6), personne ne prit la peine de commenter.


Le matin du 24 février, le jour de la 2nde tâche, vint trouver Harry, assis entre les les frères Morkov, un Wayne boudeur en face de lui. Les deux russes avaient clamé que Harry devait petit déjeuner entre eux aujourd'hui et que Wayne pouvait se mettre à côté d'eux. Défiant, l'albinos s'était installé face à eux. Au moins comme ça, il n'avait aucun mal à faire du pied à son partenaire. Du moins, c'était le cas jusqu'à ce qu'une grande ombre se dresse au-dessus de leur table. Les Serpentards levèrent la tête et plissèrent les yeux, n'aimant pas du tout la personne qui venait de s'arrêter juste derrière Harry. Ayant senti la tension des vert et argent, Demetri et Sergey pivotèrent pour tomber nez à nez – ou plutôt nez à barbe-, avec le directeur de Poudlard, Albus Dumbledore. Oh.

« Harry mon garçon. »

Une coche apparut sur le front du concerné. Ce fut le premier signe qui indiqua aux vert et argent que la conversation qui allait suivre ne serait pas plaisante.

Le petit brun se leva lentement et quitta le banc pour faire face au directeur. Celui-ci semblait insensible à l'idée d'avoir une conversation privée à l'écart du reste de la salle agitée par des murmures excités. Pas que les Serpentards l'auraient laissé faire s'il avait tenté de s'isoler avec Harry. Et certainement pas après que ses scandales amoureux aient fait la Une des journaux.

« Monsieur ? »

Albus lui adressa un sourire rassurant, qui donna envie à Harry de le frapper. Harry n'avait pas envie de frapper beaucoup de personnes. Sûr, il aimait verser le sang, c'était cool et fun et tout ça, mais il n'avait généralement pas envie de frapper beaucoup de gens. Dumbledore était juste une exception.

« Harry, je me disais, les familles des autres champions ont reçu une invitation pour assister à la tâche, mais nous rencontrons un problème pour contacter ton oncle et ta tante. Pourrais-tu me faire parvenir leur nouvelle adresse ? »

C'est une chose que tout le monde dans la Grande Salle, qu'ils soient de Poudlard, Durmstrang ou Beauxbâtons, remarqua. Tous, sauf Dumbledore. Tous les Serpentards s'étaient figés. Littéralement. Peu savaient la vérité concernant les Dursley – autre que leur mort. Seuls Wayne, Marcus et Silver connaissaient les détails du long séjour forcé que Harry avait passé auprès d'eux. Harry parlait rarement, mais quand il le faisait, il n'épargnait aucun détails. La température sembla baisser de plusieurs degrés en l'espace de quelques secondes seulement et un certain nombre d'élèves se retrouva à frissonner de froid. Ou d'effroi.

Harry offrit un regard plat au directeur et lui fit face, le dos droit, presque rigide.

_ Mes anciens gardiens sont décédés dans un incendie il y a des années, monsieur le directeur. Je crains que vous ne puissiez les contacter de là où ils sont.

Il avait dit cela d'un ton si normal et décontracté qu'il fallut plusieurs secondes au directeur pour digérer l'information.

Il y eut un blanc. Puis un murmure remonta les rangs et on dévisagea Harry, qui maintenait un regard neutre malgré son annonce. Peut-être était-ce pour cela qu'il était toujours impassible ? Peut-être que la mort de sa famille l'avait traumatisé ? Seuls certains remarquèrent la distance émise par Harry lorsqu'il parla de ses ''anciens gardiens'' et n'utilisa pas le terme 'famille'.

_ Morts ? S'étrangla Dumbledore. C'est impossible je l'aurais su -

Harry croisa les bras sur son torse.

_ Comment auriez-vous pu le savoir monsieur le directeur ?

_ J'ai des al -

Albus s'interrompit mais la fin de la phrase avait déjà été devinée par la majeur partie du corps étudiants et les murmures devint plus forts.

_ Je t'ai surveillé à plusieurs reprises au cours de ces dix dernières années Harry. En tant que gardien magique -

_ Vous ne l'êtes pas. Le coupa brutalement Harry, son visage demeurant parfaitement impassible, mais une lueur étrange apparut dans ses yeux.

_ Hum ?

_ Vous n'êtes pas mon gardien magique. Les gobelins vous ont jugé inaptes en juillet 1991 et j'ai été émancipé en juillet dernier quand j'ai été en âge de devenir Lord. L'informa l'adolescent.

Et, les Serpentards ( et quelques autres ) ne manquèrent pas le léger sourire vindicatif qui effleura les lèvres du petit brun avant de disparaître à nouveau. Quoi ? Il voulait discuter de choses aussi privées en public ? Parfait, Harry n'allait pas l'en priver. Après tout, il s'attendait à cette conversation depuis qu'il avait mis les pieds à Poudlard en première année.

Les murmures s'intensifièrent. Le directeur avait été jugé inapte ? Pourquoi ? Que s'était-il donc passé pour qu'il soit déclaré inapte ?

_ Enfin, reprit Harry. Vous n'étiez pas censé être mon gardien magique selon la dernière Volonté de mes parents.

Le visage du directeur fut déformé par la fureur et les Serpentards eurent bien du mal à couvrir leurs ricanements.

_ Harry, mon garçon, tes parents n'ont pas laissé de volontés.

_ Mes parents ont laissé une volonté, que vous avez vous-même fait sceller lors d'une session au Wizengamot. En tant qu'Héritier et dernier Potter, on m'a donné le choix de les faire ouvrir. Comme vous ne faisiez pas parti des légataires, vous n'avez pas été mis au courant de l'ouverture de leur Volonté. Comme mes parents étaient prudents, les légataires ont dû signer un contrat de silence.

Il y eut un grand silence. Karkaroff et Maxime chuchotaient entre eux sans quitter Harry et Dumbledore des yeux. C'était comme si l'ensemble des occupants du château était subitement concentré entièrement sur eux. Harry conserva un masque blanc, mais intérieurement, il caquetait de joie. Peeves, lequel flottait quelques pas plus loin, ne se gênait pas pour extérioriser sa joie.

_ Quant à mes anciens tuteurs, bien que leur mort ait été tragique, je ne les ai pas vraiment pleuré.

Le visage du vieillard sembla être drainé de toute couleur tandis que Harry attrapa son manuel de Défense de le pressait contre son torse.

_ Sûrement mon garçon tu ne penses pas -

_ Savez-vous pourquoi j'ai survécu à l'incendie, monsieur le directeur ? Demanda calmement Harry.

Terence se pencha en avant. Il aimait les petits, il les aimait vraiment, mais il n'avait jamais eu de réponse à ses questions. Son informatrice de Poufsouffle avait mystérieusement perdu toutes ses notes et ils n'en avaient jamais reparlé. Il n'avait jamais su quel incendie Harry avait mentionné. Il semblait cependant que Harry avait décidé de lâcher quelques bombes.

_ Mon oncle m'avait enfermé dans le cabanon après m'avoir discipliné. Dit-il froidement, sans qu'aucune émotion ne filtre sur son masque. C'est pour ça que je n'étais pas dans la maison quand l'incendie s'est déclenché.

Terence sentit toutes les couleurs quitter son visage en entendant l'aveu de Harry. Jamais auparavant, Harry ne lui était apparu aussi fragile et émotif. Pourtant, cela aurait dû être l'inverse. Il arborait un visage impassible et sa voix était dénudée d'émotions, mais Terence l'avait assez fréquenté pour savoir qu'il n'en était rien.

Harry ignora les regards et les murmures. À l'extérieur de sa petite bulle, la grande majorité des élèves avait écarquillé les yeux. Ils avaient tous pensé que le Survivant avait eu une enfance heureuse même si des rumeurs couraient qu'il avait grandi de familles d'accueil en familles d'accueil. Il s'avérait qu'il n'en était rien. Comment cela avait-il pu rester aussi secret ? Et... naturellement, les Serpentards étaient au courant, à en juger par les expressions de certains. Et vu les regards sombres des autres, ils n'appréciaient pas ce qu'ils venaient d'apprendre. Fred et George étaient certains que si l'oncle et la tante de Harry n'étaient pas déjà morts, les vert et argent se seraient débrouillés pour que ce soit le cas après ce qu'ils venaient d'apprendre.

Honnêtement, pourquoi personne n'avait compris avant ? Il y avait pourtant eu l'incident avec l'épouvantard, l'année passée.

_ La dernière chose que mon oncle m'a dit c'est que les Freaks n'ont pas d'émotions. Donc, non, monsieur le directeur, je ne les pleurerais pas.

Wayne observa les traits de Harry. Il voulait juste aller l'enlacer et l'embrasser, le clamer, le rassurer, mais il savait que ça ne servait à rien de faire cela maintenant. Harry devait le faire seul. Il devait tourner la page une bonne fois pour toutes, enfermer les Dursley dans une toute petite boîte et ne plus jamais avoir à s'embêter avec les mauvais souvenirs que leur noms avaient apporté. Honnêtement, Wayne ferait payer au directeur pour avoir obliger à Harry à se replonger dans sa terrible enfance.

_ Si c'est tout, la tâche va bientôt commencer et les champions doivent aller se préparer, dit Harry d'un ton neutre.

Sans un mot de plus, sans même attendre l'accord vocal de Dumbledore, Harry se détourna en silence, son livre serré contre son torse, et se dirigea vers la sortie. Personne ne parla, tous l'observant, le dévisageant en silence. Wayne ne dit pas un mot, il attrapa un toast et fila à sa suite. Dès que Harry eut passé les portes, la salle explosa en murmures. Des doigts accusateurs furent pointés en direction de Dumbledore et ce dernier, furieux, dut faire une retraite précipitée vers son bureau.

Adrian, encore sous le choc de ce qu'il venait d'apprendre, tourna la tête et adressa un regard incrédule à ses camarades :

« Vous étiez au courant de ça, vous ? »

La plupart secoua la tête mais, comme il fallait s'y attendre, Marcus ferma les yeux et soupira profondément.

_ Il ne m'a jamais dit précisément ce qu'il a vécu là-bas. Mais on savait que ça n'avait pas été bon.

Le 'on' faisait de toute évidence référence à Silver et Wayne, peut-être même le reste de la Meute.

_ Je savais que ses anciens tuteurs étaient un sujet sensible mais j'ignorais que c'était aussi mauvais, dit pensivement Lucian.

Les Serpentards échangèrent un long regard, mal-à-l'aise puis se levèrent tous en même temps et quittèrent la salle d'un pas décidé. Demetri et Sergey leur emboîtèrent le pas sans un mot.

.

Harry et Wayne étaient arrivés sur le ponton, seulement pour trouver les tribunes des invités haut-placés, déjà presque pleines. Harry haussa les épaules et avança jusqu'au bout avant de s'agenouiller pour plonger ses doigts dans l'eau du lac. Wayne resta derrière lui, le suivant comme une ombre.

Lorsque le petit brun se redressa et secoua la main pour se débarrasser des gouttes d'eau, Wayne était à quelques centimètres de lui.

« L'eau est presque glacée. » annonça le Survivant.

L'albinos hocha la tête puis la tourna pour regarder l'eau sombre du lac. Après quelques minutes de silence, il regarda à nouveau Harry avant de hausser un sourcil :

« Je n'ai jamais songé à te poser la question mais, tu sais nager au moins ?

_ Non. »

La réponse avait été posée ainsi, l'air de rien, mais quand Wayne eut la réponse à sa question, il tourna la tête si vite qu'un léger craquement retentit et il grimaça.

_ Quoi ?

_ Je n'ai jamais vu l'utilité de le faire après la fois où Dudley a essayé de me noyer, avoua Harry, d'un ton plat.

Wayne cligna des yeux.

_ Mais alors... je croyais que tu m'avais dit que tu savais comment -

_ Oh je sais. Je n'ai pas besoin de savoir nager. Et puis, qui sait, peut-être que je suis un naturel, fit le petit brun, la tête inclinée sur le côté.

L'albinos secoua la tête. Enfin, il n'allait rien dire parce que, connaissant Harry, celui-ci avait probablement réussi à passer outre son manque de... capacités en matière de natation.

Les tribunes réservées aux élèves commençaient à se remplir quand Harry se mit sur la pointe des pieds pour lui picorer les lèvres.

« Ne t'en fais pas, Wayne. J'ai déjà prévu quelque chose. Je suis sûr que tu vas aimer. »

Wayne déglutit devant le sourire espiègle qu'affichait désormais Harry. Il allait aimer... Qu'avait-il en tête exactement ?

Une vingtaine de minutes plus tard, étudiants et invités étaient tous présents et installés. Les délégations étaient rassemblées près du pontons afin de mieux encourager leurs champions respectifs et Wayne se trouvait juste devant eux, refusant de bouger même lorsque Crouch tenta de le forcer à reculer. Cela ne fonctionna pas. Dumbledore réapparut, n'ayant toujours pas récupérer son teint habituel.

'Pauv' chou' songea sarcastiquement un étudiant anonyme.

Bien qu'ils n'aient pas été présents lors de la ''confrontation'', les invités de marque sentaient bien qu'il s'était passé quelque chose: presque tous les étudiants chuchotaient entre eux en pointant du doigt tour à tour le directeur de Poudlard ( toujours furieux ) et Potter, lequel était aligné avec les autres champions.

« Sonorus... Voilà, tous nos champions sont prêt à entreprendre la deuxième tâche qui commencera à mon coup de sifflet. Ils auront exactement une heure pour reprendre ce qui leur a été enlevé. Attention, à trois... Un... deux... trois !

Silver, qui était à sa place dans la tribune des invités, assis juste à côté de Marcus, regarda les champions plonger avec empressement dans le lac presque gelé. Contrairement aux autres, Harry resta debout sans bouger, les yeux rivés sur le lac pendant de longues secondes avant de finalement pencher la tête sur le côté. Silver le vit passer ses mains sur sa veste avant de la retirer, vite suivi de son T-Shirt. Des exclamations retentirent quand son dos, recouvert de cicatrices, fut exposé au public. L'héritier Travers ne put s'empêcher de penser que ça n'était qu'une attaque en plus destinée à Dumbledore. Après la confrontation de ce matin...

Quand il ne porta plus que son bas de maillot de bain ( Silver essaya de ne pas rire quand il vit Wayne, sur le ponton, fusiller du regard toute personne regardant Harry d'un peu trop près ), le petit brun s'assit sur le ponton, ses jambes plongeant dans l'eau froide. Sa baguette en main, il la pointa sur ses jambes. Pas un mot ne lui échappa, il ne prononça pas une seule parole, pas d'incantation, rien, mais un filet de lumière rose et doré s'échappa de sa baguette et brilla, enveloppant ses jambes et toute la partie inférieure de son corps dans un cocon de chaleur. Harry avait refusé de leur parler de son plan, mais leur avait assuré en avoir un. Et bien, ils allaient juste devoir attendre pour le découvrir, n'est-ce pas ?

Antonin Dolohov fixait la petite figure qui se trouvait encore sur le ponton. Quand tous ses adversaires avaient depuis plusieurs minutes déjà plongé(s) dans le lac, Potter était resté à la surface, n'était pas encore entré complètement dans l'eau. Honnêtement, Antonin était curieux de savoir quelle genre de surprise leur réservait le petit Survivant. Et il était aussi curieux de savoir ce qui s'était passé avant leur arrivée. La foule était plus agitée que d'habitude et des murmures couraient sur une confrontation entre Dumbledore et le Survivant. C'est avec fascination que le russe observa le garçon manier sa magie et la façonner dans la forme qu'il voulait. C'était vraiment magnifique à voir, bien que peu comprenaient le contrôle qu'il fallait avoir pour parvenir à quelque chose comme cela.

Et c'est avec émerveillement qu'il vit la métamorphose opérer. Peu à peu, les jambes de l'adolescent semblèrent fondre ensemble et des écailles commencèrent à apparaître. Un murmure remonta dans la foule alors qu'on pointait le garçon du doigt. Des écailles bleu-argenté remontèrent sur ce qui était autrefois une paire de jambes. Quelques écailles d'un vert pâle se dessinaient ça et là. Pour être honnête, la vision était fascinante et, voir la transformation opérer peu à peu était sublime. Antonin était charmé, envoûté. Vraiment, l'héritier Potter avait un don pour la transfiguration.

Wayne resta figé de surprise quand il nota les changements, puis sa bouche s'assécha. Comment pouvait-on être sexy à ce point ? Il secoua la tête et se concentra sur l'instant présent. Pas la peine de se laisser distraire par des pensées errantes. Même si Harry était vraiment – KARK !

Et – Et quoi ? Harry venait d'utiliser la transfiguration humaine pour se métamorphoser en Merman(8) ! La métamorphose humaine n'était qu'au programme des sixième année et pas avant ! Quand exactement Harry avait commencé à s'intéresser à cela ? Wayne ne l'avait certainement pas vu venir. Cependant, Harry avait eu raison : c'était une bonne surprise. Une très bonne surprise.

Quand Harry fut sûr que la métamorphose était complète, il s'appuya sur ses bras pour se laisser tomber dans l'eau. C'était froid. Du genre, vraiment froid. Il s'habitua néanmoins à la basse température du lac puis attrapa sa baguette qui reposait encore sur le ponton et l'agita en murmurant sous son souffle. Sur les deux écrans géants qui flottaient au-dessus du lac, les spectateurs avaient une vue partagée sur tous les champions.

« Ah, il semblerait que Miss Delacour rencontre certains problèmes. Que pouvez-vous me dire là-dessus, mon cher Frank ?

_ Oui en effet. Nous savons tous que les strangulots et les sirènes sont des ennemis naturels des Vélas. Il me semble que les descendants Delacours se passent le gêne de Vélane depuis des siècles donc je ne serai pas surpris si les strangulots l'avaient remarqué également et avaient décidé d'attaquer la championne de Beauxbâtons.

_ Et qu'en est-il donc de notre plus jeune champion ?

_ Il semblerait que Monsieur Potter ait, tout comme Mr Krum, eut recourt à la métamorphose humaine mais soit parvenu à compléter sa forme. Pour respirer sous l'eau, je ne suis pas certain du sort utilisé mais ça n'est en tout cas pas le sortilège de Têtenbulle.

_ Deux des champions ont donc eu recours à la métamorphose et deux autres au charme de têtenbulle. Je me demande qui va s'en sortir le mieux.

_ Je ne sais pas vous, mais en tout cas, Cedric Diggory a pour l'instant l'avantage d'être en avance sur les autres. Viktor Krum semble avoir des problèmes avec sa métamorphose et n'est pas aussi rapide mais Diggory s'est égaré. Fleur Delacour a bien maîtrisé le charme de Têtenbulle mais, comme annoncé tout à l'heure, l'aversion des strangulots pour les vélas est bien connu et je crains qu'elle n'ait des problèmes à réussir l'épreuve. »

Il y eut un bref silence dans le stand des commentateurs tandis qu'ils regardaient Harry enfin disparaître sous l'eau. Sa queue s'agita à la surface avant de disparaître elle aussi dans les profondeurs du lac.

« Harry Potter est le dernier à avoir plongé mais sa métamorphose très réussie lui donne l'avantage d'être plus rapide. Il va sûrement lui falloir un certain temps pour s'habituer aux changements de son corps mais il a un avantage par rapport à Mlle Delacour.

_ Oh ? Pourriez-vous éclairez notre public mon cher Franc ?

_ Bien sûr Ludo. Comme je l'ai dit tout à l'heure, les strangulots et les sirènes éprouvent une haine naturelle pour les vélas mais, étant toutes deux des créatures du peuple de l'eau, les strangulots et les sirènes cohabitent généralement. Si Mr Potter est attaqué, je pense que ce sera lorsqu'il récupérera son otage et pas avant. »

Et, en effet, une fois habitué à avoir une grande queue de poisson ( en quelques sortes ) et non deux jambes, Harry étira ses bras comme une lance et enfonça son buste en avant puis entreprit d'onduler. C'était étrange, mais pas dérangeant. C'était même plutôt sympa. Ayant un peu de mal à voir, il lança un nouveau sortilège. Le paysage était sombre et étrange, nimbé de brume. Une forêt aquatique apparut dans son champ de vision. Il y avaient des poissons autour de lui. Quelque chose bougea dans le bas-fond, mais ne sembla pas se décider à l'attaquer. Le petit brun donna de puissants et élégants coups de queue pour prendre de la vitesse. Il aperçut du coin de l'œil ( mais beaucoup plus loin ) la fille Delacour. Celle-ci ne l'avait pas vu, trop occupée à se battre contre des créatures de l'eau, mais il ne s'arrêta pas pour l'aider. Après tout, chacun pour soi, non ? De plus, elle ne l'avait pas spécialement bien traité depuis le début du tournoi.

Il trouva assez rapidement le village du peuple de l'eau – faire du repérage avant l'épreuve avec Myrtle, ça aide-, et passa bientôt l'entrée dudit village. Des bâtisses rudimentaires, faites de pierre brute, au murs parsemés d'algues, apparurent de tous côtés dans la pénombre. Au travers des fenêtres, ou même dans ce qui semblait être des jardins, il aperçut les strangulots, des êtres à la peau grise et aux longs cheveux hirsutes. Ceux-ci le dévisagèrent mais ne l'attaquèrent pas. Harry nagea jusqu'à la 'place' du village, où semblaient s'être rassemblés quelques êtres de l'eau. Il crut apercevoir du coin de l'œil une forme chevaline mais celle-ci disparut avant qu'il n'ait pu y regarder de plus près.

Sur la place du village, là où s'était rassemblée la grande majorité du peuple, Harry trouva les quatre otages et haussa un sourcil lorsqu'il ne trouva pas le sien.

.

À la surface, la moitié du public criait pour la fille vélane qui était blessée et attaquée par les êtres de l'eau. Lorsqu'elle ne parvint plus à se défendre, elle lança des étincelles rouge et fut secourue par l'équipe médicale mise en place plus tôt avant le début de la tâche. Sur les écrans flottant, la partie réservée à Delacour disparut et, à la place, les trois autres écrans s'élargirent. Diggory avait finalement trouvé son chemin et nageait à présent dans la bonne direction, se débarrassant de temps à autre des créatures qui souhaitaient l'attaquer. Krum aussi semblait avoir trouvé son chemin mais était encore trop loin par rapport aux deux autres. Le public remarqua alors que le Survivant avait atteint le village des strangulots et était à présent sur la place où se tenaient les otages endormis. Puis ils le virent s'arrêter et hausser un sourcil, l'air interrogateur malgré son regard plat. Potter cligna des yeux. Et on comprit bientôt pourquoi. Les étudiants de Poudlard en tout cas, comprirent pourquoi. Parmi les quatre otages se trouvaient: une petite fille ayant une ressemblance frappante avec la championne française ( d'ailleurs on entendit cette dernière crier et pleurer en l'apercevant ), venait ensuite Granger, Chang et enfin... Ginny Weasley. Oui. Personne ne savait ce qu'elle faisait là. À vrai dire, même certains invités savaient qu'elle n'était proche d'aucun champion. Que diable ?

Ce ne fut donc pas tellement une surprise quand Harry nagea jusqu'aux otages et délivra – à l'aide de plusieurs sortilèges ingénieux_, la petite fille qu'il plaça délicatement dans ses bras.

Il ne fut étonnamment pas attaqué par les strangulots après ça mais, alors qu'il quittait le village, on vit le jeune champion s'arrêter, les yeux écarquillés, le visage pâle, presque malade. L'écran élargit son champ de vision et les sorciers clignèrent des yeux: une jeune femme nue était assise sur un rocher, dans les profondeurs de l'eau. Seuls quelques uns comprirent du premier coup qui était la jeune femme ou plutôt, ce qu'était la jeune femme. Ils virent le Survivant déglutir lentement, remuer les lèvres en ce qui sembla être un ''oh-oh'' et resserrer son étreinte autour du frêle corps de Gabrielle Delacour. Pendant un instant, rien ne bougea, puis le plus jeune Champion recula, sa puissante nageoire l'aidant à s'écarter de la ravissante jeune femme, mais cette dernière quitta subitement son rocher et se rapprocha de lui et de sa charge.

Les organisateurs étaient pour la plupart perplexe mais Frank Tucher, le spécialiste en tactique et sortilèges lâcha un soudain juron et éclaira les ignorants :

« Je pense que les organisateurs auraient dû être un peu plus prudents lorsque cette tâche a été organisée. Il se trouve que la jeune femme qui se trouve à côté de notre plus jeune champion est en réalité une Kelpie. »

Plusieurs choses se passèrent en même temps dans les tribunes des spectateurs. Premièrement, la Meute commença à gronder. Les organisateurs avaient mal fait leur boulot et maintenant l'un de leurs louveteaux était en danger mortel. Deuxièmement, les Serpentards jurèrent et les plus proches du Duo quittèrent leurs places pour descendre sur le ponton et empêcher Wayne de partir à la recherche de son partenaire. Troisièmement, tandis que certains des invités poussaient des exclamations d'horreur, d'autres, plus influents, se hâtèrent aux stand réservés aux jurés et organisateurs afin de bien leur faire savoir leur colère.

Certains restèrent impassibles voire amusés, mais la grande majorité réagit assez violemment aux nouvelles. Seuls les ignorants affichèrent un air perdu.

« Pour ceux qui l'ignore, les Kelpie sont des créatures aquatiques qui ont la capacité de changer de forme à volonté. Il paraît que certaines fait le bien mais dans la majorité des cas reportés, les Kelpie prennent différentes formes pour attirer leurs proies à elles puis prennent leur forme chevaline et noie leurs proies. »

Silver ne sentait plus sa main tant Marcus la serrait et, bien qu'inquiet pour Harry, il devait d'abord s'assurer que Marcus n'allait pas commencer à hyperventiler. Après avoir réfléchi à plusieurs options, il décida d'opter pour la plus simple et, se tournant vers son fiancé, il prit son visage en coupe et l'embrassa doucement sur les lèvres. Cela eut l'effet escompté, car après cela, Marcus prit une profonde inspiration et sembla presque apaisé. Presque, hein.

Sur l'écran, Harry avait jeté plusieurs sortilèges pour éloigner de la Kelpie de lui et avait recommencé à nager vers la surface. Igor Karkaroff hocha la tête. C'était ce qu'il fallait faire. Il ne pouvait pas faire grand chose tant que la créature était dans l'eau. Elle était moins dangereuse et hors de l'eau et, si elle ne sortait pas, au moins seraient-ils hors de danger.

Ils virent le Survivant agiter sa baguette sur le poignet de la petite Delacour, apposant quelque chose dessus, tout en essayant de maintenir la distance avec la Kelpie et lui.

« Les organisateurs ne vont-ils pas intervenir ? Les Kelpies sont extrêmement dangereuses et il me semble bien qu'il n'était pas censé y avoir de Kelpie dans ce lac ci et encore moins pour l'épreuve. fit Pierret Levalac, un autre spécialiste invité à commenter.

_ Je ne sais pas, Pierret, ils ne semblent pas décidés à se mouiller. Mr Potter a apposé un sceau comportant un glyphe sur le poignet de l'enfant. Si je me fis bien à mes yeux, il a utilisé un glyphe composé des runes Isa et Ingwaz. Maintenant, je crois que Mr Vector, le professeur de Runes de Poudlard serait plus à même de nous expliquer quelles sont les propriétés de ces runes. »

Pendant un instant, il n'y eut plus un bruit puis une nouvelle personne surgit. Thomas Vector n'était pas dans la tribune des commentateurs, mais avec ses collègues professeurs lorsque l'épreuve avait commencé. Il fut donc amené à la bonne tribune et invité à prendre la parole :

« Je dirais que ce glyphe a été produit par Mr Potter afin de protéger Miss Delacour. La rune Isa symbolise la Glace tandis que Ingwaz dans cette forme-ci peut-être interprétée comme Enceinte de la Glace. De mon avis, Mr Potter a placé un bouclier pour protéger cette jeune fille si jamais il venait à être blessé par la Kelpie, car le glyphe protégera Miss Delacour de toute attaque extérieure. »

Depuis l'écran, Potter semblait bien s'en sortir. Enfin, c'était le cas, jusqu'à ce que la jeune femme change de forme.

Wayne gronda sourdement et tous ceux proches de lui s'écartèrent prudemment. Il détestait qu'on prenne sa forme pour essayer d'atteindre son Harry. Une salve d'applaudissements submergea quelques instants la foule quand Cedric Diggory remonta à la surface avec Cho Chang. Le Poufsouffle aida son otage à remonter puis lui tendit une serviette mais ne fit guère plus. Après avoir appris... certaines choses sur Cho, il avait décidé de ne pas la fréquenter et ne l'avait donc pas inviter à sortir avec lui, mais comme elle avait été sa cavalière au bal, c'était donc elle que les organisateurs du Tournois avaient choisi pour être son otage. Quand il fut enroulé dans une longue serviette et que Mme Pomfrey eut passé ses scans, il porta son attention sur les écrans géants. Krum venait d'atteindre le village du peuple du Lac, quant à Harry -

« C'est une Kelpie. »

Cedric sursauta et se tourna pour faire face à Fleur. La jeune semi-vélane avait les yeux rivés sur l'écran.

_ Je n'ai pas pu secourir mon otage. C'est ma sœur, que Harry a récupéré.

Cédric hocha la tête, lui-même ayant le regard fixé sur l'écran. Ça ne devait pas être facile pour la française, de faire confiance à quelqu'un d'autre pour ramener sa sœur. D'autant plus qu'elle n'avait cessé de critiquer Harry depuis que le Serpentard avait été choisi pour concourir.

Harry plissa les yeux. Il savait très bien que ça n'était pas Wayne face à lui. Sans quitter des yeux la créature, il fit le compte. Il ne devait plus être trop loin de la surface maintenant. S'il pouvait ralentir la Kelpie, il devrait pouvoir atteindre la surface du lac d'ici peu. De toute façon, il ne pouvait pas tuer la Kelpie ou au moins la capturer et/ou la soumettre tant qu'elle était dans l'eau. Et, une fois à la surface, il laisserait les autres se charger de cela. Décidé, il agita sa baguette. Les plantes aquatiques s'animèrent et grossirent tout à coup. Certaines encerclèrent à la créature et se lièrent à elle, la piégeant. Harry ne perdit pas de temps. Ça n'était qu'une question de secondes avant qu'elle ne change de forme et se libère. D'un puissant coup de nageoire, il ondula vers la surface, son otage en sécurité dans ses bras.

Krum avait récupéré Granger et suivait à présent le chemin du retour quand le public vit Potter se rapprocher de la surface, par le biais de l'écran. Les spectateurs se déchaînèrent quand le Survivant retourna enfin à la surface. La jeune fille dans ses bras, s'éveilla aussitôt et resta accrochée à lui jusqu'à ce qu'ils remontent sur le ponton. La Kelpie les suivit quelques secondes plus tard mais resta dans le lac, les yeux fixés sur les jeunes champions, les otages, le public, semblant chercher une nouvelle proie. Quelques personnes semblaient déjà hypnotisées par sa beauté, mais elle redescendit sans emporter de proie avec elle et les Aurors prirent sur eux pour contacter une équipe spécialisée dans la capture de créatures dangereuses: ils ne pouvaient vraiment pas, en toute connaissance de cause, laisser une kelpie gambader près d'une école pleine d'enfants. C'était trop dangereux. Le jeune Potter quant à lui, s'occupa de faire disparaître sa queue de poisson avant de se redresser et de remercier Mme Pomfrey, laquelle venait de lui remettre une serviette après lui avoir fait passer quelques scans.

Fleur Delacour s'approcha de Harry après avoir vérifié l'état de santé de sa jeune sœur. Elle avait dans l'intention de le remercier d'un baiser lorsque quelqu'un la bouscula et joua les bouclier entre elle et Harry. Elle piailla, indignée quand l'albinos qui était venu au bal avec le Survivant, enveloppa ses bras autour de la taille du petit brun et lui jeta un regard assassin. Il se détourna vite d'elle cependant, la jugeant inintéressante, et posa un baiser sur les lèvres de son petit brun. Fleur rougit d'indignation. Personne, jamais, n'avait surmonté son charme. Bien sûr, elle avait du mal à envoûter les garçons de Durmstrang, mais c'est parce qu'ils étaient entraînés à vaincre ce genre de choses, mais ces deux garçons ne l'étaient pas ! Comment pouvaient-ils rester de marbre face à elle ? L'embarras se mêla à l'indignation lorsqu'elle entendit ses camarades de Beauxbâtons ricaner doucement derrière elle. Il faut dire qu'elle n'avait pas toujours été très sympa avec elles. … et elle avait peut-être aussi charmé l'ex petit-ami de l'une d'elles. Bah, si les hommes n'étaient pas aussi malléables, ça n'arriverait pas. Elle lui avait épargné une histoire futile et fausse. Charlotte aurait au moins pu lui en être reconnaissante mais non, au lieu de cela, elle avait joué la pauvre martyre et avait retourné les autres filles contre elle. Ça n'avait pas été difficile; elles étaient toutes jalouses.

Krum remonta quelques minutes plus tard. Lui et Granger souriaient et riaient. Harry les ignora cependant, trop occupé à rassurer Wayne que, oui, il allait bien et que non, il n'avait pas été blessé par cette garce de Kelpie. Wayne refusa tout de même de le relâcher. Harry afficha un léger sourire et lui picora les lèvres. Il ignora le raclement de gorge de Granger. Cedric, lui, ne loupa pas le regard mi colérique, mi dégoûtée de la nerd de Gryffondor. Ah, encore une née-moldue qui essayait d'importer ses croyances sur les religions moldues, pas vrai ? Il secoua la tête. Le sexe d'une personne importait peu dans le monde magique. Bien sûr, il y en avait encore, qui trouvaient à râler, mais leur monde était si différent du monde moldu. Il savait que les hommes non-maj ne pouvaient avoir d'enfant, ne pouvaient pas tomber enceint. Par contre, les squibs en étaient capables. Ça avait posé problème par le passé: un squib ( abandonné dans sa petite enfance quand ses parents s'étaient rendus compte qu'il n'était pas un sorcier ) avait eu des rapports sexuels avec son partenaire et s'était retrouvé enceint. Au début, personne n'avait comprit ce qui lui arrivait ( les nausées, la prise de poids etc... ) et ils avaient même ri sur la possibilité qu'il soit enceint. Sauf qu'il s'était plus tard avéré que c'était le cas. Les squib n'avaient peut-être pas assez de magie pour être éduqués dans des écoles de magie, mais ils pouvaient tout de même tomber enceints. Cette histoire s'était bien terminé car, miracle, le médecin qu'il avait consulté à l'hôpital avait des contacts dans le monde magique et le couple avait été très heureux d'apprendre pour la grossesse. Il y avait des cas un peu moins heureux, mais Cedric n'allait pas plonger dedans maintenant. Tout cela pour dire, dans le monde magique, peu importait l'orientation sexuelle. Ça n'était pas cela qui allait mettre fin à une lignée.

_ Pourquoi est-ce qu'il y a autant d'agitation ? Demanda la Gryffondor, quand elle cessa enfin d'assassiner les deux jeunes Serpentards du regard.

Cedric lui lança un regard désapprobateur mais lui répondit tout de même :

« Une Kelpie a attaqué Harry durant la tâche. Elle n'était pas censée se trouver dans le lac.

_ Oh, donc il a été secouru ? »

Harry plissa les yeux. Il n'avait jamais été fan de Granger, mais jusqu'à maintenant, il l'avait toléré. Mais qu'elle suggère qu'il était incapable de prendre soin de lui-même était irritant et il serait sûr de se venger d'elle plus tard. Beaucoup plus tard, quand il ne pourrait être relié à cela.

_ Non, répondit Diggory. Les organisateurs ont foiré et ont refusé d'envoyer une équipe malgré leur responsabilité. Harry s'est débrouillé tout seul.

Wayne et Harry dévisagèrent curieusement le Champion de Poufsouffle. Wao, quelqu'un d'une autre maison les avait défendu. C'est à ce moment-là qu'ils entendirent des piaillements et tous détournèrent leur attention de ce qu'il faisait autrefois pour tourner la tête vers le lac. Quelques êtres de l'eau étaient montés à la surface, emportant avec eux le dernier otage. Ginny Weasley se débattait furieusement, rougissant avec fureur quand elle vit tous les champions hors de l'eau. Dumbedore et les autres jurés vinrent à la rencontre des êtres de l'eau et les remercièrent pour leur coopération et récupérèrent la Weaslette. Puis Mr Bagman les guida vers les champions et ils s'arrêtèrent devant eux.

_ Mr Potter, c'était une brillante tâche mais puis-je savoir pourquoi vous n'avez pas récupéré votre otage ?

Harry cligna des yeux et fixa les adultes d'un regard blanc.

_ J'ai récupéré mon otage. Dit-il en désignant la fillette qui lui souriait timidement.

Olympe Maxime étouffa un gloussement.

_ Err oui, mais cette jeune fille était la prisonnière liée à Miss Delacour. Déclara Bagman.

Wayne donna un coup de pied dans le sol.

_ Ah bon ? Dans ce cas vous dîtes que Harry n'avait pas de otage à secourir ?

_ Ce n'est pas -

_ Parce que Granger était évidemment destinée à être secourue par Krum et Chang était l'otage de Diggory. Dit-il.

_ Miss Weasley – commença Bagman.

_ Je suis désolé mais nous ne nous connaissons pas, intervint platement Harry. La seule raison pour laquelle je la reconnais est parce qu'elle nous suit souvent dans les couloirs.

Ginny rougit de colère et d'embarras lorsqu'elle fut le centre d'une attention indésirée et les incendia du regard.

Ludo Bagman bafouilla avant de jeter un regard douteux au directeur de Poudlard :

« Oh, Albus nous avait dit que Miss Weasley était une meilleure idée que Mr Hopkins. Je pense que l'âge commence à l'emporter. » renifla le directeur du département des Jeux Sportifs.

Harry acquiesça solennellement et eut un sourire vindicatif quand il les regarda partir; tous alpaguaient Dumbledore.

Quelques instants plus tard, les jurés dévoilèrent les scores. Delacour avait utilisé correctement le charme de têtenbulle mais n'était pas parvenu à récupéré son otage. Elle reçut tout de même vingt-cinq point.

« Mr Cedric Diggory, qui a également fait usage du sortilège de Têtenbulle a été le premier à revenir avec sa prisonnière, bien qu'il ait dépassé de une minute le temps imparti. »

Les Poufsouffles applaudirent bruyamment – plus que le reste du public en tout cas. Harry applaudit en silence, sans un mot et sans un bruit mais Wayne vit bien qu'il était assez content. Il faut dire, même si Diggory ne faisait pas parti de leur cercle d'amis, il était tout de même agréable. Et il les avait défendu. Peut-être que Harry lui rendrait la pareille, plus tard.

_ Nous lui accordons donc quarante-sept points.

Chang lança un regard ravi à Diggory mais celui-ci, mal à l'aise face à son regard, détourna les yeux, le sourire crispé.

_ Mr Viktor Krum a eu recours à une forme incomplète de métamorphose, qui s'est tout de même révélée efficace face aux strangulots. Nous lui accordons quarante points.

Les applaudissements balayèrent la foule alors que Krum restait presque de marbre, si ce n'est un peu frustré. Il avait eu beau travaillé dur sur sa métamorphose, il ne l'avait réussi qu'à moitié.

_ Mr Harry Potter a lui aussi eu recours à la métamorphose mais a également utilisé des runes. Bien qu'il ait dépassé la limite de temps, sa métamorphose était complète et il a réussi à sortir indemne d'une rencontre avec une Kelpie. Pour cela, nous lui accordons quarante-neuf points.

Il y eut un tonnerre d'applaudissements bien que quelques personnes rechignent sur le point en moins. Pourquoi d'ailleurs ? Il s'en était tiré parfaitement ? Ils apprendraient plus tard que Albus Dumbledore avait fait un caprice. Apparemment, la conversation du matin-même lui était resté en travers de la gorge.

Personne ne savait cela encore, cependant et tous célébrèrent la réussite de la 2nde Tâche ( bien que Beauxbâtons était un peu moins festif ). Harry fut hissé sur les épaules des membres de l'équipe de Quidditch de Serpentards et on le ramena au château comme un rock star en plein star jump.

Le repas du soir fut un festin de rois. L'humeur était joviale et conviviale et Harry n'eut aucun mal à ignorer les regards noirs de Granger. Les frères Morkov le félicitèrent et passèrent leur soirée à taquiner Krum, jusqu'à ce que celui-ci félicite également Harry.

Ce ne fut que tard dans la soirée que Wayne parvint enfin à se réapproprier Harry. Non mais.


Le 24 juin était un mardi. Non pas que cela soit d'une grande importance dans le monde magique. Après tout, cela ne fonctionnait pas vraiment comme dans le monde moldu. Tandis que toutes les équipes de Quidditch mélangées se lamentaient sur ce qui était arrivée à leur terrain de Quidditch, les tribunes se remplissaient progressivement. Les commentateurs s'étaient déjà installés dans leur stand et des écrans non solides flottaient au-dessus du labyrinthe géant. Après tout, le public n'allait pas passer l'heure à observer les haies, pas vrai ? Harry et Wayne étaient tous deux encadrés par le reste de la Meute ainsi que Marcus et Silver. Chacun y allait de son petit commentaire ou de son petit conseil quand le reste de l'équipe de Serpentard se joignit à eux. Terence et Miles enlacèrent brièvement Harry, éclatant de rire quand Wayne leur jeta un regard mauvais qui disait clairement : « Éloignez-vous de lui. Tout. De. Suite. ».

Jeremy, lequel avait la main posée sur son ventre rond, ébouriffa les cheveux du petit brun :

« Est-ce que ça va aller, Harry ? »

Harry leva les yeux vers l'oméga puis hocha lentement la tête. Puis, curieux, il posa la main sur le ventre du loup-garou et, de son autre main, posa son index sur ses lèvres, pensif. Finalement, un petit sursaut l'agita et il cligna à nouveau des yeux.

« Oh. Ça bouge. »

Tous la Meute – vampires inclus-, éclata de rire en entendant le propos si ingénu du petit brun. Même Wayne sentit ses lèvres trembler avec amusement.

Un son soudain leur vrilla les tympans et les créatures gémirent en se massant les tempes alors que tous levaient les yeux vers le stand des commentateurs où Bagman s'excusa et expliqua qu'ils avaient eu un problème avec les micros. Une coche apparut sur le front de Wayne. Idiots...

« Sois prudent, Little Red. » fit Silver tandis que Marcus lui ébouriffait à son tour les cheveux.

Harry hocha la tête, l'air sérieux.

_ Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, la troisième et dernière tâche du Tournoi des Trois Sorciers est sur le point de commencer. Permettez-moi de vous rappeler le classement actuel des concurrents ! À la première place, avec quatre-vingt-seize points : Mr Harry Potter, de l'école Poudlard !

Il y eut un tonnerre d'applaudissement et Wayne enlaça [possessivement] Harry et posa ses mains sur les hanches du petit brun, se fichant bien du public qui pouvait parfaitement les voir s'il le voulait.

_ À la seconde place, avec quatre-vingt-cinq points, Mr Cedric Diggory, de l'école Poudlard !

Des cris de joie et des applaudissements retentirent pour Diggoy, lequel souriait avec enthousiasme à la foule de spectateurs, son père ( qui faisait le mariole ) à ses côtés.

_ En troisième position, avec quatre-vingts points : Mr Viktor Krum, de l'institut Durmstrang !

Alors que les applaudissements retentissaient, Harry tourna la tête pour voir le bulgare un peu plus loin, chuchoter avec Karkaroff. Quand ceux-ci se tournèrent à nouveau, le regard perçant du directeur de Drusmtrang rencontra les orbes profondément vertes de Harry. Harry ne détourna pas le regard, mais Wayne, qui boudait, lui attrapa délicatement le menton et détourna son attention vers lui pour l'embrasser sans se soucier de qui pourrait bien les regarder. Harry ne s'en soucia pas le moins du monde non plus. Il crut même entendre dans le public un ''NON ! JE VAIS LE TUER !'' qui ressemblait fortement à Weaslette.

_ Et à la quatrième place : Miss Fleur Delacour, de l'académie Beauxbâtons !

Harry picora les lèvres de Wayne puis se détacha de sa famille pour prendre position à côté de Cedric Diggory. D'un geste délicat, il attrapa ses cheveux bruns mi-longs et les attacha avec un ruban, de sorte qu'ils ne le gênent pas dans la course. Du coin de l'œil, il vit Marcus et Silver diriger la Meute vers l'une des tribunes afin de rejoindre leurs parents.

_ Cedric, Harry... à mon signal ! Fit Bagman. Trois... deux... un...

Un bref coup de sifflet retentit et les deux champions de Poudlard s'engouffrèrent dans le labyrinthe géant.

Les haies faisaient au moins six mètres de hauteur et il y faisait froid et sombre. Harry frissonna et referma la veste que lui avait prêté Wayne avant de jeter un coup d'œil autour de lui. Il pouvait voir jusqu'à une vingtaine de mètres devant lui mais guère plus : le brouillard s'épaississait beaucoup trop après cela. Harry agita sa baguette en silence et une petite boule de lumière apparut au bout de sa baguette. Quelques secondes plus tard, une seconde lumière apparut et Harry se retourna pour voir que Diggory en avait fait de même. Ils avancèrent sur plusieurs mètres avant de déboucher sur une bifurcation. Les deux champions s'arrêtèrent à nouveau et, pendant un instant, personne ne parla. Finalement, Harry fit un pas en avant puis lui lança un regard par-dessus son épaule :

« Bonne chance. »

Il entendit vaguement Diggory lui renvoyer la bonne fortune puis disparut dans le cheminement de haies. Un second coup de sifflet retentit; Krum venait d'entrer dans le labyrinthe. Bientôt, ce serait le tour de Delacour.

.

Les sorciers avaient les yeux rivés sur les écrans. Delacour venait tout juste d'entrer. Krum avait déjà commencé à avancer. Sur l'autre écran, celui que se partageaient les deux champions de Poudlard, Cedric Diggory venait de tomber nez à nez face à des Scroutts à pétard et s'escrimait contre eux. Il faut dire, ces bestioles étaient tenaces. Sur l'autre moitié de l'écran, on vit Harry pointer sa baguette vers le chemin avant de la poser sur sa main :

« Point au nord. »

Le plus jeune champion était certainement méfiant. Son regard neutre ne révélait rien mais son froncement de sourcil et les regards qu'il jetait en disait long : il se savait observé. Par qui ou par quoi, telle était la question. Ils regardèrent le garçon poser sa main gauche contre le mur de haie et suivre le chemin, d'un pas prudent. Il était le seul champion à ne pas être encore tombé sur un obstacle, cela laissait présager la possibilité qu'il puisse tomber plus tard sur plusieurs obstacles en un court laps de temps. Cela n'était pas forcément mieux. Soudain, ils virent le Survivant se retourner brusquement et pointer sa baguette face à lui. Le public retint son souffle, mais se détendit rapidement quand l'autre champion de Poudlard, Cedric Diggory, apparut dans l'écran suivant Potter. Le plus jeune se détendit mais ne baissa pas sa baguette pour autant. Sait-on jamais. Devant le labyrinthe, Amos Diggory criait de joie, ayant regardé le combat que menait son fils face à ces ignobles choses.

_ Les Scroutts à pétard de Hagrid ! L'entendit-on dire à Harry, d'une voix sifflante. Ils sont énormes ! Je viens de leur échapper !

Les deux hochèrent la tête l'un à l'autre puis s'éloignèrent tous deux chacun de leurs côtés. On vit le plus jeune champion prendre un nouveau chemin avant de faire brusquement demi-tour. On comprit pourquoi quand on eut un aperçu des énormes Scroutts du garde-chasse. Tout du moins il aurait fait demi-tour si la haie ne s'était pas refermée derrière lui. Le plus jeune champion fixa la haie d'un regard impassible mais ceux qui le connaissaient bien virent son sourcil gauche tressauter avec irritation. Finalement, ils le virent se retourner et ruminer sous son souffle. Il tint sa baguette fermement dans son poing droit, puis passa sa main gauche au-dessus de son poing et l'en éloigna doucement, le visage concentré. Sa baguette se métamorphosa rapidement en poignard. Si Diggory avait pu utiliser des sortilèges contre le Scroutt, ça n'était clairement pas le cas de Potter : bien sûr, le petit brun était le meilleur de son année, en classe et il était en avance, mais il ne connaissait pas tous les programmes et il ne connaissait normalement pas celui des sixième et septième année. Il était normal qu'il ne connaisse pas de sorts défensifs ou offensifs contre le Scroutt. Quand il prit une position de sprint, Wayne écarquilla les yeux.

« Il – il ne va pas... commença Lucian, ébahi.

_ Non. Harry, non. Ne fais pas ça ! » gémirent Jeremy et Marcus.

Mais le Harry présent sur l'écran ne les écouta pas. Il prit une lente inspiration et piqua un sprint vers la créature hybride, laquelle ressemblait à un mélange entre un scorpion et une tortue ( à cause de sa carapace ) et semblait très venimeux.

On vit Harry déraper et se baisser juste à temps pour éviter le dard, puis glisser (/rouler) sous la bête et réapparaître de l'autre côté, son poignard couvert d'un liquide gluant, de couleur carmine. Quand la bête s'effondra, Bagman commenta la performance du petit brun avant de passer aux sortilèges défensifs qu'utilisait Diggory, lequel faisait désormais face à une nouvelle créature hybride. Sur l'écran, le petit brun s'accroupit face au cadavre de l'hybride et matérialisa une petite fiole après avoir retransformé son poignard en baguette-, puis il récupéra un peu de venin avant de repartir aussi sec.

« Je me demande à quoi va bien servir le venin que notre jeune Champion vient de récupérer. » commenta Bagman.

Ses camarades lui offrirent plusieurs hypothèses qu'ils débattirent pour les oreilles du public.

C'est quand le jeune Potter prit une nouvelle bifurcation que le public aperçut une petite forme avachie au sol. Quand l'écran sembla zoomer, on reconnut l'albinos qui était au côté de Potter avant le début de la tâche et les plus réactifs et observateurs comprirent tout de suite de quoi il s'agissait.

Potter aussi apparemment, puisqu'il pointa sa baguette sur le cadavre ensanglanté et dit d'une voix claire et froide :

« Riddikulus. »

Le cadavre disparut aussitôt, mais à sa place, apparut une forme bien plus massive. Potter fit un pas en arrière. Son masque impassible se fissura un instant puis il plissa les yeux quand un homme presque obèse apparut.

« Je n'ai pas peur. » l'entendit-on murmurer tout en serrant les poings.

Pourtant, il fit un autre pas en arrière quand l'épouvantard s'approcha.

_ Ah on dira bien que notre plus jeune champion a quelques difficultés à combattre l'épouvantard qui lui barre la route.

Et c'était bien la peine de le faire remarquer car, l'instant d'après, Harry jetait une série de sortilèges défensifs et offensifs en direction de l'épouvantard, autant pour le dominer que pour instaurer une certaine distance entre eux, étant donné que le Riddikulus ne semblait pas fonctionner.

« Stupefix ! Expulso ! Exumai ! Flipendo ! »

_ Oh, Mr Potter démontre un large éventail de sortilèges défensifs et offensifs. Je me demande lequel va fonctionner contre l'épouvantard.

Finalement, le masque d'impassibilité du Survivant se fissura définitivement pour montrer l'irritation et il cria :

« Duro ! »

Et, à leur grande surprise, le sortilège semblait aussi fonctionner sur les choses plus ou moins vivantes. L'épouvantard, lequel avait encore la forme de Vernon Dursley, se tendit et se changea lentement en pierre. Harry ne s'attarda pas plus que cela et fit quelques pas sur le côté pour être sûr de ne pas toucher la chose, puis poursuivit son chemin, non sans avoir jeté un regard vindicatif à la forme rigide de son oncle.

Diggory de son côté n'avait pas plus de chance; il semblerait qu'il était abonné aux Scroutts de Hagrid puisque pour l'instant, c'était constamment sur eux qu'il tombaient. Un hurlement déchira le silence, mais Harry l'ignora. C'était Delacour, de toute évidence.

Et, pour être honnête, personne n'allait lui tenir rancœur pour avoir ignoré ce cri. On vit Harry tourner à droite, puis à gauche, puis à nouveau à droite et on perdit le fil.

« Pointe au nord. » l'entendit-on chuchoter une nouvelle fois.

Harry prit une nouvelle bifurcation et haussa un sourcil lorsqu'il se retrouva face à un énorme chien à trois têtes.

Wayne étira un grand sourire lorsqu'il avisa le Cerbère. Ça n'était pas Touffu, mais lui et Harry savaient déjà quoi faire en première année, lorsqu'ils avaient volé la pierre et s'étaient débarrassés de Quirrellmort. Son sourire s'élargit quand il vit Harry conjurer une flûte et s'en servir pour endormir l'immense bestiole. Dans la foule, les jeunes sorciers restèrent stupéfaits.

« Une grosse bête comme ça... et il suffit de jouer de la musique pour l'endormir ? … De toutes les choses... »

Après quelques minutes, il fit face à un nouvel obstacle. Une araignée presque aussi grosse qu'un éléphant, dotée de huit paires d'yeux. Wayne renifla quand il entendit au loin Weasley n°6 hurler de peur. Quel froussard...

l'araignée géante ne stoppa cependant pas le Survivant; elle le fit à peine ralentir. Le jeune champion pointa sa baguette vers elle et prononça clairement :

« Arania exumai. »

L'Acromentule fut projetée en arrière mais se redressa bien vite et chargea à nouveau vers Harry.

« Glacius ! »

Sans en attendre davantage, le petit brun attrapa la fiole contenant le venin de Scroutt qu'il balança sur l'araignée prisonnière. Le bloc de glace ne tiendrait pas longtemps et, bien que le venin ne tue probablement pas la créature, il l'affaiblira assez pour l'empêcher de le suivre.

Silver entrelaça ses doigts avec ceux de Marcus tandis qu'ils regardaient Harry progresser dans le labyrinthe. Diggory était coincé dans une brume dorée et était apparemment victime des illusions placées dedans. C'est probablement à ce moment-là que plusieurs choses surprenantes, improbables et horrifiantes se produisirent. Tout d'abord, dans l'écran qui montrait Krum, on remarqua que celui-ci se comportait étrangement et avait le regard brumeux. Ce fut le premier indice qui prouva que quelque chose n'allait pas.

Ensuite ( là, ça n'était pas horrifiant, mais improbable si on ne s'appelait pas Harry Potter ou Wayne Hopkins ), le plus jeune champion s'arrêter dans un chemin désert et tout son corps commença à se contracter. Le bruit que faisaient les os en craquant était traumatisant pour les plus jeunes mais certains, qui avaient reconnu les symptômes, écarquillèrent les yeux en voyant la transformation s'opérer. Petit à petit, le jeune garçon rétrécit, son corps fut recouvert d'une douce fourrure et il se retrouva sur quatre pattes. Un peu moins de quatre minutes plus tard, il y avait cette adorable petite chose, au pelage beige et fourni, à la queue touffue et aux longues oreilles. C'était un renard des sables, un Fennec. Wayne sentit un grand sourire. C'était la seconde fois que Harry parvenait à compléter la transformation animagus. Il était le seul à l'avoir vue jusqu'à présent. Après tout, lui et Harry s'entraînaient tous deux quand cela s'était produit. Wayne avait réussi une métamorphose complète quelques jours avant Harry. L'albinos était un coyote. Tout blanc.

Les plus jeunes sorciers poussèrent des ''Aww'' en voyant le petit fennec lever sa petite frimousse et renifler l'air.

« Incroyable, un animagus à cet âge-là... ! » fit Mark Craig, spécialiste en métamorphose.

Sur l'écran montrant Diggory, on vit Krum apparaître. Diggory sut tout de suite que quelque chose n'allait pas. Krum avait sa baguette pointée sur Cedric. Amos, le père de Cedric, cria avec indignation, remarquant à peine le regard brumeux du champion de Dumrstrang ( il fut obligé de le remarquer quand on le lui pointa clairement du doigt ). Même Igor Karkaroff avait l'air soucieux. Personne n'avait vu le champion être mis sous influence. Cela avait dû se passer quand il combattait les plantes carnivores. Avant cela, il se comportait normalement ( aussi normalement que possible lorsqu'on est piégé et perdu dans un labyrinthe mortel ). Mais qui aurait donc osé utilisé l'imperium quand tout le monde savait que des caméras avaient été disposées partout dans le labyrinthe.

« Qu'est-ce que tu fais ? Qu'est-ce qui te prends ? Tu es fou ? »

Sur l'écran de Harry, on vit le Fennec tendre l'oreille. Grâce au cadrage de l'écran, on remarqua qu'il n'y avait qu'une haie qui séparait le Survivant des deux autres champions. Puis on vit le fennec commencer à creuser dans la terre, près de la haie et se faufiler doucement entre le sol et la haie alors même que la voix de Krum prononçait un sortilège impardonnable :

« Endolorrris ! »

À l'extérieur du labyrinthe, la foule s'agita subitement et les gens crièrent mais ne quittèrent pas leurs sièges. Amos avait écarquillé les yeux et semblait terrifié. Dans la foule, Mrs Diggory descendait les escaliers pour rejoindre son époux, ses yeux agrandis d'horreur. Les cris de Cedric retentirent à travers l'écran. Puis le fennec réapparut, trébuchant sur ses propres pattes avant de retrouver sa forme humaine, baguette dégainée et pointée sur le champion de Durmstrang :

« Stupefix ! »

Si ça avait été quelqu'un d'autre – comme Delacour, Harry ne serait peut-être pas venu aider. Mais c'était Diggory. Et Diggory n'était pas si mal. Il les avait même défendu face à Granger.

Le sortilège frappa Krum dans le dos et le figea sur place avant qu'il ne tombe en avant et reste immobile, face contre terre. À bout de souffle dû à sa soudaine métamorphose inversée, Harry rejoignit Ceric, qui avait cessé de se tordre de douleur, et s'agenouilla à côté de lui.

Le public se calma en voyant cela et se rassit alors même que les commentateurs reprenaient et que quelques membres professoral, chargés de la patrouille, s'élançaient vers le labyrinthe. Ils virent Diggory, étendu sur le dos, la respiration haletante, respirer lentement, puis Harry enfonça doucement son index dans la joue du Poufsouffle. Les Serpentards et les Poufsouffles ne purent s'empêcher de glousser doucement à cela.

« Ça va ? Demanda doucement Harry, sans cesser de poker le visage du plus âgé.

_ Oui, répondit Cédric, le souffle court. Oui... ça va. Il s'est approché par derrière et a pointé sa baguette sur moi. Il n'avait pas l'air dans son état normal. » fit-il.

Harry hocha doucement la tête, puis Cedric attrapa le doigt qui continuait à s'enfoncer dans sa joue et se redressa lentement.

_ Qu'est-ce qu'on est censé faire de lui ? Demanda finalement Cedric.

_ Je crois qu'on devrait envoyer des étincelles rouge. Quelqu'un viendra le chercher... Sinon, il risque de se faire dévorer par un Scroutt... ou par une Acromentule. Elles aiment la chaire humaine.

Cedric frissonna.

_ Il ne mérite pas mieux, marmonna-t-il, mais il attrapa malgré tout la baguette du bulgare et projeta dans les airs une gerbe d'étincelles rouges qui restèrent suspendues en l'air pour indiquer l'endroit où se trouvait Krum.

Pendant un instant, personne ne parla. Même dans le public, malgré quelques chuchotements, tous observaient les deux champions, agenouillés côte à côté face au corps inconscient du champion bulgare.

_ On ferait peut-être bien d'y aller, dit finalement Diggory.

_ Humm, approuva Potter, le visage neutre.

Les deux garçons se redressèrent et échangèrent un regard avant de se faire un signe de la main et de partir chacun de leur côté. Le public secoua la tête, amusé malgré tout. Après tout, cela aurait été l'occasion parfaite pour l'un comme pour l'autre de se débarrasser de son adversaire. Cela ne leur ressemblait pas cependant, Diggory représentait le trait principal de sa maison : la loyauté, et Potter était venu en aide à Diggory face à un Krum sous influence, donc il n'allait probablement pas attaquer l'autre maintenant.

Diggory faisait face à un essaim de Billywig quand Potter s'arrêta devant une créature gigantesque créature au corps de lion, avec de grandes pattes dotées de griffes et une longue queue jaunâtre qui se terminait par une touffe de crins marron. Sa tête était celle d'une femme. La créature tourna ses grands yeux en amande vers le petit brun quand elle le vit approcher.

_ Tu es près de ton but, dit alors la créature, d'une voix grave et rauque. Le moyen le plus rapide pour y arriver, c'est de passer devant moi.

_ Que dois-je faire ? Demanda poliment Harry.

_ Je vais te donner une énigme. Si tu réponds correctement, je te laisserai passer. Si ta réponse est mauvaise, je t'attaquerai férocement. Enfin, si tu ne dis rien, tu pourras repartir sans dommage dans la direction opposée.

Wayne croisa les doigts lorsqu'il vit Harry hocher la tête. C'était certain qu'il le ferait. Quand bien même il ne réussirait pas, Wayne était certain qu'il s'en sortirait. Les sphinx étaient peut-être très dangereux, mais Harry l'était tout autant.

« D'abord, pense au premier de ce qu'il faut apprendre

Lorsque l'on ne sait rien à l'âge le plus tendre.

Ensuite, dis-moi donc ce que fait par naissance

Celui qui, au palais, a élu résidence.

Enfin, pour découvrir la dernière donnée

Il suffit de la prendre à la fin de l'année.

Tu connaîtras la créature immonde

Que tu n'embrasserais vraiment pour rien au monde. »

Des bruits frustrés furent émis par les personnes qui détestaient les charades et les énigmes. Les actuels et anciens Serdaigles, qui devaient répondre quotidiennement à des énigmes et devinettes pour entrer dans leur salle commune, se mirent de suite au travail, certains avec plus ou moins de résultats. Granger fut elle aussi vue en train d'essayer de se souvenir et de décortiquer l'énigme.

À l'écran, Harry murmurait sous son souffle, demandant parfois à la sphinge de répéter telle ou telle phrase.

Puis, finalement...

_ Une araignée.

Un large sourire apparut sur le visage de la créature et elle se leva, étira ses pattes avant puis s'écarta pour le laisser passer.

_ Merci, dit-il avant de se remettre en quête.

Il utilisa à nouveau le sortilège de boussole pour se diriger et, une dizaine de minutes plus tard, débarqua au centre du labyrinthe. La Coupe était posée en son centre et brillait d'un éclat lumineux. Harry approcha avec prudence et s'arrêta, la tête inclinée sur le côté. Il paraissait en même réflexion alors même que les spectateurs se demandaient pourquoi il n'attrapait pas la Coupe. Wayne sentit venir le coup et se frappa le visage avec la paume de sa main.

Cinq minutes plus tard, Harry n'avait pas bougé mais son visage montrait clairement une certaine irritation, de même que le mouvement sec de son bras lorsqu'il lança :

« Tempus. »

Pendant un instant, il n'y eut pas un bruit, puis Potter prit une lente inspiration. Tous les membres de la meute réagirent instinctivement et plaquèrent leurs mains sur leurs oreilles. Ils n'avaient jamais vu Harry crier mais ça ne voulait pas dire que ça n'était jamais arrivé et s'il prenait une profonde inspiration, c'était bien pour faire quelque chose avec, non ?

« Oï ! DIGGORY, QU'EST-CE QUE TU FOUS !? »

Satisfait, il croisa les bras sur son torse, et attendit calmement que l'autre Poufsouffle se ramène.

Pendant ce temps, la foule – après avoir presque été rendue sourde par ce cri soudain-, était plus que perplexe. Marcus, qui était avec Silver, Charles ( son père ) et quelques autres Lords et Ladies, poussa un profond soupir.

« Je n'arrive pas à croire qu'il ait décidé d'attendre Diggory.

_ Moi j'y arrive, répondit Silver. J'ai cru comprendre qu'ils s'étaient plus ou moins entraidés durant la tournoi. Ou plutôt, Harry l'a aidé et Diggory les a défendu lui et Wayne face à certains détracteurs. Harry n'en a peut-être rien à faire des gens qui ne font pas partis de son cercle proche, mais il ne va pas laisser tomber Diggory s'il le trouve tolérable.

_ Il est là ! » cria quelqu'un.

Toute l'attention fut reportée sur l'écran montrant Diggory et Potter. Diggory venait d'apparaître, débraillé et son haut brûlé à certains endroits, quelques entailles par-ci, par-là, mais pas plus blessé que cela.

« Ha – Harry ? Pourquoi... Pourquoi … ? »

Harry haussa les épaules.

_ J'ai faim. Je ne voulais pas attendre.

Il y eut un silence. Autant du côté des deux champions que parmi la foule. Puis quelques personnes pouffèrent de rire.

« D'une certaine façon, je ne pense pas que c'est la réponse qu'attendait Diggory. » commenta sereinement Bagman.

Le susnommé cligna plusieurs fois des yeux et dévisagea Harry dans un silence incrédule.

_ Non je veux dire... P - Pourquoi diable n'as-tu pas pris la Coupe ?

Harry haussa les épaules.

_ Je t'attendais. Répondit-il, les bras croisés. Nous sommes les deux derniers concurrents apparemment et nous sommes tous les deux de Poudlard. Je me suis dit que je pouvais aussi bien attendre, répondit-il calmement, le regard neutre. Si tu n'étais pas venu, je serai probablement parti sans toi.

Dans la foule, les frères Morkov secouèrent la tête, admiratifs malgré eux. Si Durmstrang avait eu deux champions, aucun n'aurait attendu ou même aidé l'autre. Et ils avaient du mal à croire que le petit ait décidé d'attendre son adversaire mais, pourquoi pas ? L'oisillon défiait toujours toutes les attentes apparemment. À l'écran, Diggory secoua la tête.

_ Tu l'as atteint le premier. Tu mérites de prendre la coupe.

Potter roula des yeux, seule indication de son irritation ( c'était toujours plus que quelques années plus tôt ).

_ Ne sois pas aussi noble. Tu préfères refaire le chemin inverse peut-être ?

Cedric frissonna mais mais ne répondit pas.

_ Tu m'as prévenu pour les dragons.

Il y eut un remous dans la foule. Les plus ignorants ne savaient pas que la triche était attendue lors de la compétition.

« Krum et Delacour étaient déjà au courant.

_ Oui mais -

_ Bon, si tu veux tellement repayer une dette imaginaire, tu n'auras qu'à captiver assez longtemps l'attention des journalistes pendant que je chercherai les gars une fois retourné à l'entrée du labyrinthe. » Suggéra Harry, son sourcil gauche tressautant nerveusement.

La foule cligna des yeux comme un seul homme. Diggory aussi. Puis il se souvint de la masse de reporters présents avec leurs flash et leurs carnets et il déglutit nerveusement. Il commençait déjà à regretter de vouloir payer ses dettes.

_ Euh... o – okay...

_ Parfait. Approuva Harry en se relevant et en s'époussetant.

Harry s'arrêta devant la Coupe et se tourna vers lui, attendant visiblement qu'il le suive. Diggory s'arrêta face à lui et haussa un sourcil.

_ Harry... c'est moi où... tu es plus émotif que d'habitude ?

Harry haussa les épaules.

_ Comme je te l'ai dit je suis affamé. Je serai à nouveau normal quand nous serons à table.

De l'autre côté du labyrinthe, dans les tribunes, les Serpentards éclatèrent de rire tandis que d'autres secouèrent la tête, amusés malgré eux.

« À trois ? Suggéra Harry.

_ Un... Deux... Trois... »

D'un même geste, ils saisirent chacun une anse du trophée. Le public n'eut pas le temps de se lever et de commencer à applaudir: Diggory et Potter disparurent du labyrinthe, mais ne réapparurent pas devant eux. Les caméras, qui étaient enchantée dans tout le labyrinthe pour suivre les champions, ne montraient plus que des haies désertées. Pendant un instant, il n'y eut qu'un profond silence. Puis, Amos Diggory, les Serpentards, ainsi que la meute et les Poufsouffles jurèrent et commencèrent à crier contre les organisateurs, leur hurlant de faire quelque chose et de leur ramener leurs camarades. Éventuellement, les Gryffondors et Serdaigles s'y mirent aussi et quelques lords quittèrent leurs sièges pour venir s'enquérir auprès des commentateurs et organisateurs du tournoi.


Harry gémit doucement quand il atterrit brutalement sur la terre ferme, Cedric affalé au-dessus de lui. Le temps que Cedric se redresse en bafouillant des excuses, Harry parvint à relever la tête et à observer les alentours. Ils étaient tombés dans un cimetière. Charmant...

Ça ne faisait probablement pas parti de la tâche.

« Tu savais que le trophée était un portoloin ? demanda Cedric, sceptique.

_ Je ne pense pas que ça fasse parti de l'épreuve. » fut la réponse laconique de son compagnon de voyage.

Les deux garçons se redressèrent et brandirent leurs baguettes tout en balayant les alentours d'un double regard perçant.

Ils pointèrent tout à coup leurs baguette face à eux : quelqu'un approchait. C'était une grande silhouette longiligne et émaciée. Ils ne la reconnaissaient pas.

« Dépêche-toi, Macabay. » leur parvint une voix décharnée.

Les deux champions échangèrent un regard et la silhouette se rapprocha d'eux. Elle était recouverte d'une longue cape noire à capuche et tenait dans ses bras un fardeau emmitouflé de couvertures. Harry zyeuta le fardeau, une lueur de curiosité dans le regard. Un sourire psychotique ne tarda pas à étirer ses lèvres.

_ Diggory, est-ce que tu vois la coupe ? Chuchota doucement Harry, sans quitter des yeux le mangemort présumé.

Le sixième année(9) hocha la tête. La coupe était à quelques pas d'eux, à côté d'une statue funéraire.

_ Quelques pas derrière nous, murmura le Poufsouffle.

Harry acquiesça sans un mot et dévisagea le mangemort encapuchonné.

_ Prépare-toi à esquiver, Diggory. Conseilla-t-il doucement, pour ne pas être entendu par l'étranger.

Cedric était, malgré les racontars de certains, plutôt intelligent, et il n'eut pas besoin de poser plus de questions pour savoir qu'il ferait mieux d'écouter son cadet.

_ Et esquive bien, poursuivit Harry. Je te donnerai un cookie.

Cedric cligna des yeux. Est-ce que... Est-ce que Harry essayait de le dresser ? Cedric secoua la tête; il avait cru comprendre de toute façon, que Harry Potter et Wayne Hopkins étaient assez différents du reste du commun des mortels. Autant aller dans le sens du courant. En plus, il aimait bien les cookies. Et il savait que les Serpentards se vantaient toujours d'avoir un excellent pâtissier (Harry) dans leur maison. Ça avait mis les nerfs aux Poufsouffles.

« Tue l'autre. » siffla une voix râpeuse.

Cedric frissonna et se baissa juste à temps pour éviter le jet de lumière verte qui suivit le ''AVADA KEDAVRA !'' de l'imbécile qui pensait que hurler rendrait son sortilège plus efficace. Les deux adolescents roulèrent derrière la statue funéraire tandis que le mangemort jurait en se prenant les pieds dans sa robe et laissait accidentellement tomber son fardeau ( ''Aïe ! Abruti ! Qui est-ce qui m'a donné des sous-fifres pareils...'' ). Harry se redressa et caressa doucement le crâne chevelu du Poufsouffle.

« Reste ici, Ricky. »

Sans un mot de plus Harry quitta sa cachette et Cedric ne put que cligner des yeux.

Harry avisa un énorme chaudron plus loin et haussa un sourcil. Quelques secondes plus tard, un cri d'agonie retentit et Cedric n'osa pas se retourner pour regarder. Après tout, Harry avait sorti un poignard ! C'était bien pour l'utiliser, non ?

De son côté, Harry ne perdit pas de temps et bondit sur le mangemort, profitant de sa surprise pour le tacler au sol et enfoncer la lame aiguisée juste au-dessus du cœur de leur assaillant. Un rire psychotique lui échappa alors qu'il regardait le sang s'échapper de l'horrible plaie et il ne se reprit que quand il se souvint que Diggory était toujours derrière la statue. En même temps, il n'y avait pas assez de jouets pour réellement apprécier le moment. Ils auraient tout de même pu faire un effort ! Finalement satisfait de son travail, il se redressa et passa le dos de sa main sur son front pour balayer les mèches sombres qui s'étaient échappées de l'élastique et lui tombaient à présent devant les yeux. Il y avait du sang du sang sur ses vêtements et Harry soupira d'aise avant de faire la moue. En temps normal, l'avis des autres lui importait, mais il pensait que, aujourd'hui, il valait mieux éviter de s'attirer la suspicion des autres. Alors, avec un soupir, il agita sa baguette et les traces de sans disparurent. Sans perdre de temps, il se redressa, attrapa les morceaux de couvertures qu'il plaça avec précaution dans ses bras. La... chose qui se trouvait à l'intérieure n'était... certainement pas humaine. Tout du moins, elle ne semblait pas humaine. C'était une petite créature humanoïde, de la taille d'un enfant en bas-âge. Trop faible pour faire le moindre mouvement, la petite chose n'avait même pas encore levé les yeux pour voir qui venait de le prendre dans ses bras. Son corps était décharné et de longues griffes prenaient la place de ses ongles de pieds. Si Harry devait être honnête avec lui-même, il n'était pas très joli.

Finalement, la petite créature leva son horrible tête vers lui quand Harry commença à marcher vers la cachette de Diggory. Heureusement, l'autre champion savait quand obéir et n'avait pas été joué les nobles héros.

Cedric sursauta quand le serpenteau le rejoignit, un... était-ce un bébé ( enfant ? ) ?-, dans les bras. Peut-être... peut-être était-ce une sorte de créature hybride, heh ?

« Potter ! Siffla la créature. Tu devrais être mort ! Repose-moi misérable gamin ! Meurs ! »

Cedric jeta un regard prudent à la petite figure humanoïde puis leva les yeux vers Harry, lequel le regardait d'un air impassible :

« Harry... tu es sûr que c'est prudent de le garder dans tes bras ? Cette err... créature te veut clairement du mal.

_ Mais non. Il a juste été mal élevé. C'est sûrement un malentendu, dit-il en le dépassant pour s'arrêter devant le trophée. Tu viens, Ricky ? »

Cedric continua de dévisager Harry et son paquet ( lequel continuait de hurler des menaces, avec sa voix de crécelle ) avant de se reprendre brutalement et de suivre le petit brun. Le Poufsouffle attrapa doucement le poignet de Harry pour être sûr que le petit brun ne lâcherait pas le portoloin ( après tout, il tenait déjà la créature avec un bras ) et tous deux empoignèrent le trophée, disparaissant instantanément.


Charles Flint regardait les organisateurs du tournois courir comme des poulets sans tête autour des haies quand un crack résonna. L'attention de la foule était si dispersée qu'il fallut bien deux minutes avant que les plus inattentifs n'aperçoivent les deux champions disparus. Delacour et Krum étaient actuellement dans la tente de l'infirmerie, où s'affairaient Mme Pomfrey et quelques guérisseurs de Ste Mangouste engagés pour l'occasion. Krum avait été mis sous impérium au début de la tâche et ne se souvenait de rien depuis son entrée dans le labyrinthe. Delacour était inconsciente après avoir été vicieusement attaquée par les racines des haies. Apparemment, les veelas et les haies magique ne s'entendaient pas non plus. Ou peut-être était-ce juste Delacour et les haies magiques ?

Quand le public se focalisa finalement sur les deux vainqueurs du tournois, il y eut un bref silence, le temps que les gens procèdent à ce qu'ils voyaient. Potter et Diggory tenaient tous deux le trophée par ses anses et Potter tenait dans un bras un tas de couverture qui semblait contenir quelque chose de vaguement humain.

Albus avait attendu la fin de la troisième tâche avec impatience. Il n'avait vraiment pas aimé comment Harry s'était permis de lui parlé l'autre fois. Malheureusement, il ne pouvait rien faire ( comme lui donner une retenue ou lui retirer des points ) car selon Minerva et Severus, il était parfaitement dans ses droits et ne s'était pas montré plus rude que cela. Malgré tout, il savait que le nom du gamin n'était pas sorti comme ça de la coupe. Il savait que c'était un coup de Tom et, comme Tom avait toujours eu un certain goût pour les scènes dramatiques, il savait que sa grande entrée aurait probablement lieu à la fin de l'année. Quand Harry et le jeune Diggory avait disparu des écrans, Albus s'était senti partagé : d'un côté, il avait raison, mais d'un autre, la perte du jeune Diggory serait un événement tragique. Avec un peu de travail cependant, cela lui permettrait de regagner Harry.

Il ne comprenait pas ce qui s'était passé. Comment cela se faisait-il qu'il n'ait pas été prévenu de la morts des Dursley ou du changement de résidence de Harry ? Où avait vécu Harry pendant toutes ces années ? Il n'était pas resté tout seul, n'est-ce pas ? Le garçon n'était pas censé être aussi indépendant. Le voir être réparti à Serpentard avait été un sale coup pour son moral mais la partie n'était pas encore perdue. Être rejeté aussi publiquement par contre...

Quand les deux jeunes hommes réapparurent devant l'entrée du labyrinthe, Albus cligna des yeux. Ça... ça n'était pas prévu. Tom n'avait-il pas eu un grand plan pour remonter au pouvoir ? N'était-ce pas pour cette raison que Harry avait disparu ? Que diable s'était-il passé non d'une chouette !?

« RELÂCHE-MOI TOUT DE SUITE SALE GAMIN ! JE VAIS TE TUER TU M'ENTENDS ? TE TUER ! » vociféra la petite chose emmitouflée dans les couvertures.

Un silence balaya la foule de spectateurs. Le Survivant pencha la tête sur le côté. Cedric sentit ses lèvres trembler. Ça n'était vraiment pas le moment de rire, mais c'était si tentant.

Plus loin, la meute faisait son chemin vers eux, impatient de retrouver Harry. Celui-ci prit finalement la parole, le regard rivé sur le coin des organisateurs – où seuls Karkaroff et Maxime étaient encore assis :

« J'ai trouvé un bébé dans le cimetière. Je peux le garder ? »

S'il n'y avait pas déjà eu un silence avant, à présent il y en aurait un. Il était tellement pesant que plusieurs personnes gesticulèrent inconfortablement.

Igor sentit malgré lui un sourire amusé étirer ses lèvres et il échangea un regard avec Olympe. Il ne savait pas trop ce qu'était cette histoire de bébé et de cimetière, mais il sentait que le retour des deux vainqueurs kidnappés allait provoquer un sacré chaos dans Poudlard. Finalement, peut-être qu'il ne serait pas contre un nouveau tournoi avec Poudlard, dans quelques années...

« Harry, mon garçon - »

Harry joua la carte de l'innocence et prit un pas en arrière, se cachant presque derrière Diggory. C'était un changement de comportement radical pour le public, par rapport au jeune homme qui n'avait pas eu peur de rouler sous une Acromentule pour vaincre le monstre. Et cela leur indiqua aussi que Dumbledore était réellement un vieux bâtard sénile, comme Rita Skeeter s'acharnait à le leur démontrer ( en des termes plus délicats ) depuis plusieurs mois déjà. Ses affaires scandaleuses avec de très jeunes hommes leur revint subitement en mémoire et, liées à la réaction du Survivant, les lords et ladies les plus... err... ignorant, ne mirent pas longtemps à deviner. Le pauvre chéri ! Cet affreux directeur avait essayé de forcer le gamin à – Non, c'est horrible !

« Dumbledore, reculez avant que nous ne vous forcions à le faire. » intervint une voix rauque et sensuelle à la fois.

Harry tendit le cou pour voir par dessus Diggory – ''Ricky''-, et vit deux hommes d'une trentaine d'années, avancer rapidement vers eux. Ils étaient vêtus tout de noirs et portaient un visage sérieux. Derrière eux suivait Amelia Bones, directrice du Département de la Justice Magique, laquelle était accompagnée de quatre Aurors mâles et d'une femelle.

« Ced ! »

Cedric lâcha le trophée sous la surprise lorsqu'il fut balayé dans l'étreinte d'ours de son père et il entendit le ''Aïe'' monotone qui s'échappa des lèvres de Harry lorsque le trophée lui tomba sur le pied.

« NE M'IGNORE PAS SALE MORVEUX ! » siffla la petite créature dans les bras de Harry.

Harry ne lui prêta aucune attention. Les deux hommes qui s'arrêtèrent face à lui cependant semblaient très intéressés.

« Mr Potter, Antonin Dolohov et Augustus Rookwood du Département des Mystères, s'introduisit l'un des deux. Nous serions très intéressé de voir le... err... l'enfant que vous avez trouvé.

_ JE NE SUIS PAS UN MAUDIT ENFANT, MISÉRABLES, PATHÉTIQUE -

_ Oh, l'interrompit Harry d'un ton boudeur. Je pensais que je pourrais le garder. Je l'ai trouvé. » expliqua-t-il.

Les deux hommes s'esclaffèrent en secouant doucement la tête. Malgré tout, Harry leur tendit le tas de couvertures et les deux langues-de-plombs écarquillèrent brièvement les yeux lorsqu'ils virent la chose et eurent un aperçu des yeux carmins du petit être. Celui-ci leva les yeux vers eux et poussa un cri rageur :

« DOLOHOV ! ROOKWOOD ! VOUS - »

L'enfant humanoïde ne termina jamais sa phrase : Augustus lui lança un silencio bien avant qu'il n'ait pu leur offrir un ticket gratuit pour Azkaban. Harry se frotta les oreilles.

_ Hm... vous pouvez le garder finalement. Je ne pense pas que Wayne apprécie autant de cris. Dit-il tranquillement avant d'être soudainement englouti dans une triple étreinte.

Wayne, Jeremy et Ralph, furent les premiers à l'atteindre. Adrastos et Cardric arrivèrent ensuite, suivi par Fenrir et le reste de la Meute. Puis vinrent Marcus et Silver, lesquels attendirent plus ou moins patiemment que le chemin leur soit accessible avant d'enlacer Harry. En effet, Jeremy et Marcus étaient certainement les plus fébriles. Harry posa sa main sur le ventre très arrondi de l'oméga.

« Le stress n'est pas bon pour les chiots. » dit-il.

Il y eut un blanc et Fenrir s'indigna d'être comparé à un chien, puis tous les autres éclatèrent de rire.

Wayne se plaça derrière Harry et enroula ses bras autour de sa taille avant de l'embrasser sur la joue. Un flash résonna, suivi de beaucoup d'autres.

« Bon, on peut aller manger, maintenant ? » demanda Harry, dont le ventre ne cessait de gargouiller faiblement.

Jeremy éclata de rire et ébouriffa les cheveux du petit brun.


Trois jours plus tard, l'édition du Prophet ne parlait encore que du Tournoi. À la Une, une grande photographie prenait la moitié de la page. Sur celle-ci, Amos Diggory avait passé un bras autour de l'épaule de son fils et le félicitait, un large sourire aux lèvres, son épouse Cassandre à ses côtés, l'air plus timide mais non moins heureuse. De l'autre côté, Harry, entouré par la meute ( dont Adrastos et Cardric ), Marcus et Silver, Sirius ainsi que l'équipe de Serpentard en fond. Le photographe avait réussi à capturé l'instant où Wayne, derrière Harry, avait embrassé le jeune champion sur la joue. Et, exposé par l'inclination de la tête de Harry, comme un signe victorieux, trônait le trèfle tatoué sur la nuque de Harry. Le trophée reposait au sol entre les deux groupes. L'article passait brièvement en revue les événements liés au tournois avant de se lancer dans une grande description sur la dernière tâche, sans oublier de parler du ''kidnapping'' des deux champions et vainqueurs de Poudlard. Ils appuyaient particulièrement sur la solidarité des deux garçons, déterminés à partager la gloire du titre de vainqueur. D'autres photographies étaient disséminées ça et là, dont une où Cedric et Harry se tenaient côté à côte, chacun tenant une anse. Pendant des jours, voire des semaines, le Prophet ferait référence au Tournoi.

Quelques jours après cela cependant, un autre article fit la Une : Albus Dumbledore n'était apparemment pas aussi discret qu'il n'aimait le penser et il avait été vu sortant d'un Bordel entre l'Allée des Embrumes et le Quartier Rouge, un quartier dissimulé entre le Chemin de Traverse et l'Allée des Embrumes, principalement connu pour son fameux bordel. Il y avait une autre maison close, un peu plus loin dans le même quartier et il n'était pas rares que les prostituées ( mâles ou femelles ) de l'Allée des Embrumes s'aventurent là-bas, mais, disons juste que... les prostitués du Quartier Rouge avaient une clientèle plus riche que celles des autres quartiers magiques.

Le soir-même dans la salle commune de Serpentard, on célébra la fin des examens pour les cinquième et septième année. Harry et Wayne restèrent collés à Marcus, qui allait être diplômé quelques jours plus tard. Adrian, Miles, Lucian, Terence et les autres avaient encore un an à passer à Poudlard avant de passer eux-aussi leurs NEWTs, mais Marcus, lui, allait quitter Poudlard pour la dernière fois dans quelques jours seulement. Le Duo refusait de l'admettre à voix haute, mais ne plus voir Marcus aussi souvent allait très certainement leur manquer. Bien sûr, tout le monde le remarquer, mais ils se gardèrent bien de le dire. Et Marcus ne grogna même pas lorsque les deux petits se transformèrent en ventouse les jours suivants. Leur attitude fut extrêmement divertissante pour les quatre meilleurs amis de Viktor ( Demetri, Sergey, Nikolaï et Grigori ), lesquels les taquinèrent gentiment et promirent de rester en contact lorsque le bateau de Durmstrang prit le large.

Si le départs des garçons de Durmstrang apporta une légère moue sur le visage du Duo, celui des filles de Beauxbâtons amena un large sourire sur les lèvres de Wayne. La fille Delacour n'avait eu de cesse d'essayer de s'accaparer (sans succès) l'attention de Harry ces derniers jours. Un véritable enfer.

Assis l'un à côté de l'autre pour le banquet de fin d'année, Wayne regardait Harry, lequel dévisageait misérablement son assiette vide. L'albinos fouilla dans ses poches et en sortit une sucette de sang qu'il sépara de son emballage. Harry était tellement occupé à fusiller son assiette vide du regard qu'il ne reprit contact avec la réalité que lorsqu'il sentit quelque chose toucher ses lèvres closes. En baissant les yeux, il vit la globe rouge sang et un léger sourire étira ses lèvres. Puis il les entrouvrit et accueillit avec joie ( bien que cela ne fut pas vraiment apparent pour ceux qui ne le connaissaient pas ) le goût du sang. Wayne déglutit et passa sa langue sur sa lèvre inférieure. Il ne savait pas si Harry se rendait compte de l'effet que cela avait sur lui.

À la table des professeurs, Minerva plissa et les yeux et renifla, irritée. Albus n'avait visiblement pas l'intention d'inclure les champions dans son discours, ni même de faire un vrai discours. Si ça avait été un Gryffondor comme champion, vous pourriez être sûr qu'il ne serait pas gêné pour le faire, songea-t-elle avec agacement. Déjà que son ancien professeur de métamorphose ne prenait pas la peine d'être subtile lorsqu'il voyait ses err... comment les jumeaux Weasley avaient engagé cela déjà ? Ah oui, déjà qu'il ne prenait pas la peine d'être discret lorsqu'il fréquentait ses plans Q. Un soupir irrité la trahit et elle jeta un regard noir au directeur ( ''Plus pour longtemps.'' songea-t-elle avec un sourire vicieux dont on la penserait incapable ). Après tout, Amelia avait prévu d'en faire baver à Albus. Et elle n'était apparemment pas la seule. Apparemment, des élèves avaient écrit à leur parents au sujet de la confrontation entre le Survivant et le Directeur-, parmi eux : Susan Bones, la nièce d'Amelia. Il fut un temps où Minerva aurait été prête à suivre aveuglément son ancien mentor, lorsqu'elle était encore énamourée avec lui, mais les temps avaient changés. Elle avait particulièrement détesté la façon dont le directeur avait laissé le jeune Harry chez ces horribles moldus et, en voyant le jeune homme traumatisé et sans émotions qu'il était devenu, elle se disait que le vieil homme méritait tous les problèmes qui pourraient lui tomber dessus. Oui, Albus n'allait pas s'en tirer comme cela. Et, au vu du regard sinistre de Severus, lui aussi pensait la même chose.

« Oser traiter... fils de Lily... »

Thomas Vector, professeur de Runes Anciennes, s'éloigna prudemment de son collègue lorsqu'il l'entendit ruminer sombrement.

Severus s'était comporté normalement et avait applaudit poliment à chaque fois que sa maison était mise à l'honneur mais cela ne voulait pas dire qu'il avait oublié ce qu'avait fait le directeur. Il savait bien sûr, que quelque chose clochait chez le fils de Lily, et le partenaire de ce dernier mais, ça ne le concernait pas vraiment et il n'était pas certain de ce que sa santé mentale pouvait encore supporter alors il n'avait pas cherché à en savoir beaucoup. Mais savoir que Albus avait osé laissé Harry chez ces horribles... chez Petunia... ! Cela lui retournait l'estomac. Et il leur avait menti durant toutes ces années, en disant que Harry était heureux quand, en réalité, il n'avait aucune idée d'où se trouvait l'enfant. Il était hors de question qu'il laisse Albus approcher l'enfant... le fils de Lily. Il avait ses yeux...

« Au fait, qu'est-ce que vous comptez faire après Poudlard ? » demanda soudainement Wayne, pour essayer de distraire Harry du manque de nourriture.

Et aussi pour essayer de se distraire lui-même de la vision que lui offrait Hary. Celui-ci était actuellement à lécher la sucette de sang qui apparaissait et disparaissait entre les lèvres du petit brun. Wayne imaginait sans mal ce que Harry pourrait lécher de cette façon s'ils n'étaient pas en public. Et au vu du sourire vicieux que l'autre adolescent venait de lui jeter, il l'imaginait sans mal aussi.

Marcus, qui jouait avec son rond de serviette, leva les yeux et inclina la tête sur le côté.

_ Guérisseur. Je vais essayer de décrocher un contrat d'apprentissage auprès d'un guérisseur réputé.

Alors même qu'il disait cela, une lueur passa dans son regard et un léger sourire amusé étira ses lèvres. Wayne haussa un sourcil mais ne posa pas de question, s'interrogeant intérieurement sur le comportement étrange du septième année.

_ Il nous reste encore un an avant de vraiment prendre une décision, fit Peregrine Derrick, l'air pensif. Mais je pense que j'aimerai bien travailler dans le domaine juridique.

Lucian hocha la tête en accord avec les paroles de son partenaire batteur.

« […] Et maintenant, j'aimerai à nouveau féliciter les deux champions de Poudlard pour leurs performances au cours du tournoi et pour avoir fait brillé Poudlard lors de leur victoire, fit la directrice adjointe. J'aimerai donc porter un toast à Cedric Diggory et Harry Potter. » dit-elle en levant son verre.

Les étudiants remarquèrent seulement alors que leurs verres s'étaient remplis quand ils ne faisaient pas attention et ils se hâtèrent de lever leurs verres à leur tour, trinquant bruyant leur breuvage.

« Oooh ! S'exclama tout à coup Harry et, bien que son ton demeura plat, on devina sans mal l'excitation dans son regard. Lord Avery me doit 3,000 Gallions. »

Les Serpentards s'entre-regardèrent les uns les autres à cette déclaration, puis éclatèrent de rire.


« Tu as bien compris ? Fit Harry. Maintenant, tu es notre petit animal de compagnie. Tu peux jouer avec Siri, mais ne vous blessez pas trop. »

Wayne, assis par terre devant les membres de la meute - lesquels étaient, pour la grande majorité affalés sur le canapé, tandis que d'autres entouraient l'albinos par terre-, regarda Harry donner les dernières règles à respecter à leur nouvelle addition de chiot errant.

« Maintenant, comment t'appelles-tu ? »

Fenrir sentit une goutte de sueur rouler le long de sa tempe. Harry n'avait sérieusement aucune idée de qui il avait ramassé en chemin ? Apparemment, Wayne l'avait kidnappé lorsqu'ils étaient encore à Poudlard et l'avait offert en cadeau à Harry, lequel avait décidé qu'il ferait un bon chiot de compagnie: il en avait apparemment déjà l'attitude. Fenrir se demandait si ça allait devenir une habitude de Hary, de ramasser des bébés mangemorts.

« Barty. » répondit timidement le jeune homme.

Il avait peut-être une petite trentaine d'années, songea Fenrir, mais Jr ne les faisait pas. Autant physiquement que mentalement. Moralement, Azkaban ne lui avait pas fait du bien, même s'il n'y était resté qu'une année et, être gardé enfermé sous Imperium pendant plus de douze avait clairement eu des effets néfaste sur l'autre garçon. Bah, il n'allait pas s'en plaindre, leur nouvelle addition rendait apparemment Harry très heureux.

Le petit brun se pencha en avant et dévisagea l'homme à genoux devant lui puis lui caressa doucement le haut de la tête.

« Bon garçon. »


Toute la meute avait décidé de partir en vacances aux States cette année. Ralph avait insisté pour payer bien que Fenrir, Harry, Wayne ou même les vampires aient parfaitement les moyens. Apparemment, son nouveau passe-temps était vraiment très lucratif puisque, en quelques mois seulement, il avait amassé une véritable petite fortune.

Harry et Wayne avaient fait la connaissance d'une jeune fille étrange là-bas. Elle avait le même regard impassible que Harry et, un peu le même genre de comportement. Ils s'étaient tous les trois tout de suite bien entendu. Elle avait des cheveux noirs mi-longs, attachés en deux tresses strictes , lui donnant un vague air d'enfant sage ( et sinistre ) des yeux perçants de couleur sombre et la peau aussi pâle que celle de Harry. À chaque fois qu'ils l'avaient vu, elle portait une longue robe noire ( à col blanc ) s'arrêtant aux genoux, avec des collants et des chaussures, noirs, eux aussi.

Ils passèrent plusieurs après-midi en sa compagnie et, un matin, elle leur présenta son araignée de compagnie : Homer. En retour, ils lui présentèrent Barty. Elle les apprécia d'autant plus.

C'était une journée où ils étaient rassemblés tous les trois devant la place, que Adrastos arriva à vitesse vampirique pour s'arrêter devant eux :

« Jerem' va mettre bas ! »

La jeune fille se redressa et lissa sa robe d'un geste de la main avant de leur adressa un regard blanc.

_ J'imagine que vous allez être occupés. Nous terminerons tout cela un autre jour, dit-elle en jetant un regard vers toutes les poupées décapitées. Que votre journée soit affreuse et douloureuse.

Puis elle tourna les talons et les quitta sans plus de cérémonie.

Adrastos cligna des yeux.

« Oh... j'ignorais qu'ils avaient eu des enfants. »

Il ne leur laissa cependant pas le temps de leur poser des questions et les traîna à sa suite jusqu'à l'hôpital magique le plus proche.


Sirius dut écourter ses vacances de quelques jours lorsqu'il apprit la nouvelle, mais il embarqua avec lui la personne qu'il était allé voir. En effet, l'animagus avait vite compris que Harry pouvait se débrouiller seul et avait donc décidé d'aller traquer Moony, lequel avait disparu de la circulation à la fin de son contrat d'enseignement à Poudlard, durant la troisième année de Harry. Sirius devinait qu'il était probablement rongé par le remord et s'était retiré pour ruminer ses sombres pensées en solitaire.

Quand il l'avait enfin retrouvé, il avait mis presque une semaine avant de convaincre Remus qu'il ne lui en voulait pas ( trop ). Du coup, quand il arriva au manoir Potter-Hopkins, en compagnie de Remus ( Harry avait accepté de l'accueillir. Harry acceptait de toute façon presque tous les chiots/louveteaux/autres, errants ), ce fut pour tomber sur une scène des plus étranges :

Les membres de la meute étaient étalés par terre ( Harry, Wayne et Vampires inclus ). Fenrir était sur le canapé avec Jeremy et, tandis que l'un avait dans les bras un bébé, l'autre avait un louveteau.

« Huh ? »

Harry, lequel ne les avait pas remarqué, se dressa à genoux, entre le couple de loup-garou et... couina ( avec un ton toujours étonnamment neutre malgré tout ) :

« Ils sont adoraaables. »


« CELUI-DONT-ON-NE-DOIT-PAS-PRONONCER-LE-NOM : VIVANT !

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_ Tentative de résurrection lors de la troisième tâche du Tournoi... p2

_ L'histoire de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom... p5

_ La participation de Harry Potter au Tournoi et dans la seconde défaite de Vous-Savez-Qui... p7

_ La découverte des langues-de-plombs... p9

_ Plus d'informations... p11 »


Harry et Wayne échangèrent un drôle de regard avant de retourner chacun à l'enveloppe qu'ils tenaient. Aujourd'hui, c'était 13 août et ils venaient de recevoir leur liste de fourniture pour la prochaine année à Poudlard. Au cours des vacances, une certaine routine avait pris place. Le matin, au petit déjeuner, Wayne prendrait place à la droite de Harry et Barty s'installerait à sa gauche. Puis, tous petit déjeuneraient en lisant les derniers scandales sur Dumbledore ou sur les expériences que les langues-de-plomb menaient actuellement sur Voldemort. Ensuite, l'un des résidents du manoir ( possiblement deux ou trois d'entre eux suivant la difficulté du jour ), se chargerait de faire prendre leur bain à Ézéchiel et Moïra, les deux louveteaux de Jeremy et Fenrir. Ézéchiel avait finalement consentit à prendre forme humaine après avoir passé les premiers jours lové contre ses parents. Sirius et Remus passeraient prendre de leurs nouvelles tous les deux-trois jours, généralement avec un cadeau pour les deux bébés ou même pour le Duo ou Jeremy. Quand Fenrir avait fait remarqué que ça n'était pas juste, Remus avait rétorqué que ça n'était pas lui qui avait porté les jumeaux. Ça lui avait fermé le clapet. Si la relation entre Remus et Fenrir s'était grandement améliorée, Remus n'en demeurait pas moins étrangement cynique et sarcastique lorsqu'il s'adressait à l'alpha. Ça ne dérangeait pas franchement ce dernier. Ce qui embêtait Fenrir, c'est que cela semblait encourager le Duo et même les autres bêtas de sa meute à en faire de même. Il allait finir par être martyrisé. Il en était sûr.

Harry regarda à nouveau le badge qui brillait dans ses mains.

« Je ne vois vraiment pas pourquoi ils ont pensé qu'on serait parfait pour la position. » dit-il calmement.

Wayne ne répondit rien. À la place, il balaya Harry dans une étreinte et prit possession de ses lèvres dans un baiser brûlant de passion. Au diable les autres !

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21.12.2017

Fini ! Wow, ce chapitre est un véritable monstre. Désolé pour l'attente, mais j'espère que le chapitre est à la hauteur de vos espérances malgré tout.

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1/ Dans HP certains mangemorts ont acheté leur liberté, j'ai pris la liberté de faire cela pour certains. Il me semble que dans le canon, Rookwood s'est échappé en 1995, comme beaucoup d'autres.

2/ J'sais pas vous, mais moi ça fait un moment que je me dis qu'un jour ou l'autre dans leur relation (quand ils seront plus âgés), Wayne et Harry vont explorer ce genre de... comment appelle-t-on déjà ? … fétichisme ?

3/ Little Red = Surnom donné à Harry par le reste de la meute au début du chapitre. Little Death = Wayne

4/ Imaginez un Harry ricanant intérieurement, le visage plat et non-expressif.

5/ Poème d'Henri Cazalis. La mélodie thème de H&W est Danse Macabre, de Camille Saint-Saëns.

6/ Ce n'est pas vraiment un câlin, c'est plus que ça, c'est une... puppy piles. Désolé, à force de lire des fics anglaises, j'ai du mal à trouver les termes français et, en y réfléchissant, il n'y a pas vraiment d'équivalent pour cela.

7/ Freak = Détraqué, fou, anormalité... c'est un terme utilisé par Vernon Dursley dans la version originale. Il n'y a pas réellement d'équivalent français donc j'ai gardé le mot anglais.

8/ Merman = J'utilise juste le terme anglais parce que je ne suis pas sûr qu'en fr il existe un autre nom pour différencier les sexes des créatures en matière de sirènes.

9/ J'avais fait de lui un septième année mais j'hésite maintenant. Parce que, après tout, il peut avoir dix-sept ans et être en sixième année. Je ne sais pas encore.

PS = Oui, j'ai moi-même remarqué que Jeremy a porté ses louveteaux bien plus longtemps qu'une grossesse normale. Trop tard pour réparer l'erreur cependant.


Bon, ceci est une réponse collective parce que si je réponds individuellement, je ne vais pas publier avant encore un moment et je veux vraiment le publier comme ''cadeau virtuel'' de Noël. Les questions seront par contre répondues individuellement :

Merci à : Anujen666, Akerthy, Mama-Milie, elo-didie, Toreko, Alycia Panther, Youkimitsou, fanfics-mangas62, shishi-sama76, soln96, AnnaMerteuil, Iroko, Outlander83, Minimiste, lesaccrodelamerceri, Orthon McGraw, Deldom, Luna Park, Lerugamine, nathydemon, Julia13verseau, Artemis, Auriane07, Mini-Yuya, Yaoii, Romy12, Guest, Scarjoy, mimidebieuvre, Ellyssa17, lololitaoe, Kuroe17, slach-nono, Heloc61, Guest, PetitLutin22, MarleyLaPsycho pour vos commentaires et encouragements ! Franchement, merci beaucoup =D

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Yup, enfin le premier baiser ! Et oui, la scène avec le détraqueur était fun à écrire. 'pouvez être sûr que Wayne est très possessif.

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Orthon McGraw : Ah ah, j'ai hésité tu sais, mais j'ai finalement décidé que Harry allait ''adoré'' le dragon. Par contre, y a bien eu un carnage lors de la Coupe du Monde. Fallait s'en douter. Et je crois que les anciens mangemorts vont être trop terrifiés pour tenter quelque chose contre le Duo.


Je ne suis pas trop sûr de ce que contiendra le prochain chapitre. Je pense que ce sera le dernier et il sera vraiment court comparé aux autres. Il y aura un lemon dedans je pense mais à part ça, je ne suis pas trop sûr. Des idées ? Je sais que le Duo & co vont s'occuper de Dumbledore et de Granger. Mais je ne sais pas pour Ron et Ginny.

Quel est ce nouveau passe-temps qui paie si bien pour que Ralph refasse la garde-robe de la meute ? ''Il s'est apparemment trouvé un nouveau passe-temps très... lucratif.'' (mentionné pendant la Coupe du Monde)

Et qui est la jeune fille qu'a rencontré le duo pendant les vacances ? Petit indice, elle appartient à un autre univers.

Quant à Marcus, quelle surprise réserve-t-il au Duo ?

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Je vous souhaite un très joyeux Noël

PS : J'essaierai de publier dans Gages dans les prochains jours.

Publié le : 23.12.2017