Ce chapitre est davantage centré sur Wayne cette fois-ci. Et Dobby apparaît enfin !

Je vous le dis tout de suite – même si vous vous en êtes probablement rendu compte au vu du dernier chapitre, la 6° année du Duo est chargée de rebondissements.

"They will not force us,

They will stop degrading us.

They will not control us,

We will be victorious

( So come on )."

Muse - Uprising


Harry Potter & Wayne Hopkins 09 – Of Elder Wand & Love Potion

Précédemment :

Harry leva lentement la tête vers lui et Wayne cligna des yeux quand il aperçut les éclaboussures de sang sur son profil.

"Le chasseur a parlé... Luna avait raison."

Wayne cligna à nouveau des yeux et parvint à détacher son regard des éclaboussures de sang ( qui ne faisait qu'embellir Harry selon lui ).

Le reste de la meute se calma finalement et les membres du pack pivotèrent vers eux, toute ouïe.

"Harry ?" Fit Fenrir, sans bouger de sa place face à Jeremy et Ezé.

Pendant un instant, il leur sembla que Harry ne l'avait pas entendu puis... quelque chose changea drastiquement.

L'adolescent aux cheveux noirs leva la tête vers eux, des flammes dansant littéralement dans ses yeux.

"C'est Dumbledore qui les a embauché."

[ ...

Oh.

Ça expliquait l'éclat meurtrier dans le regard de Harry mais – quoi ? Dumbledore était tellement mort. Et la menace ne venait même pas de la meute. ]

/

/

Pendant un bref instant, il n'y eut pas le moindre bruit puis Jeremy émit un son paniqué alors que Harry se précipitait vers lui pour vérifier l'état de Ezéchiel. Il ne voulait pas prendre la boule de poils des bras de Jeremy – il savait comment un oméga en situation de danger pouvait réagir dans ce genre de situations, mais il savait également que Mimy pourrait agraver la situation sans le vouloir. Aussi fut-il reconnaissant à Fenrir pour calmer son compagnon alors que Harry dégageait délicatement Ezéchiel de la prise de son Porteur.

"Wayne, fit doucement Harry, ses doigts brillant d'un éclat vert-jaune alors qu'il checkait l'état de son filleul. Ezé ne respire pas..."

Le susnommé se hâta aux côtés de Harry alors que Jeremy grondait férocement tout en se débattant contre Fenrir et Ralph. Les autres bêtas de la meute, ainsi que les deux vampires présents ne savaient honnêtement pas quoi faire alors que les deux garçons s'agenouillaient au sol. Leur connexion à la magie et à la Terre se fit d'autant plus forte que Wayne déliait finalement sa magie. Après toute ces années passées à garder un contrôle très strict sur sa magie,après toutes ces années... l'albinos lui laissa libre court pour la première fois depuis qu'il avait appris à la contrôler et l'envelopper fermement autour de lui, comme un cocon. Harry suivit instinctivement le mouvement.

Tous les êtres vivants les entourant – humains, créatures et animaux-, se redressèrent et laissèrent échapper un souffle alors que des vagues de magie se déversaient tout autour d'eux.

Ralph déglutit alors que le décor autour de lui se colorait d'une multitude de teintes, majorité rouge, grise et or. Les ombres prirent vie et dansèrent autour de lui et de toutes les personnes présentes ici ce soir. Lui et les autres voulaient aider mais, honnêtement, même s'ils avaient pu bouger, ils doutaient de pouvoir aider. Ils n'avaient aucune idée de ce qui se passait et ils doutaient franchement que les deux concernés en sachent davantage. À en juger par l'expression sur le visage du jeune Hopkins, il se laissait juste porté par ses instincts. Il espérait que ce serait suffisant pour sauver Ezé parce qu'aucun d'eux ne sentaient de pouls et ils ignoraient quoi faire dans ce genre de situations.

Soudain... quelque chose... s'abattit sur la clairière dans laquelle ils se trouvaient. Ils ignoraient ce que c'était. Adrastos avait déjà senti l'aura des deux garçons et ça, c'était différent même s'ils ignoraient en quoi.

C'était comme si... comme si la puissance magique des deux garçons – de Wayne en particulier-, venait de se révéler à eux. Cardric frissonna alors qu'un vent de magie se répandait autour d'eux, les frôlant à peine, comme un esprit espiègle venant les saluer. C'était sombre, mais pas mauvais... c'était... si Cardric devait comparer ce pouvoir... il aurait dit que c'était semblable à la Mort, un sentiment assez familier quand, comme lui, vous êtes une créature dite 'morte'.

Jeremy laissa échapper un sanglot quand une petite boule de lumière s'échappa des lèvres presque bleues d'Ezé. Puis Wayne prit délicatement le jeune enfant des bras de Harry et l'étreignit alors que Jeremy se débattait de plus bel, cette fois-ci imité par Fenrir. Adrastos et Cardric durent joindre leurs forces afin de stopper le couple de loups-garous.

C'était là une grande preuve de confiance que les bêtas de la meute Greyback adressaient au Duo parce qu'ils firent leur possible pour calmer leur Alpha et le consort de ce dernier au lieu de faire comme ceux-ci et de tenter d'atteindre le corps sans vie d'Ezéchiel.

Les secondes qui s'égrenèrent ensuite semblèrent une éternité mais quand le vent cessa finalement de souffler, un nouveau pouls résonna clairement dans la clairière et Ezéchiel reprenait des couleurs. Ralph déglutit. Les ombres disparurent et tout retourna dans l'ordre. Il n'était pas sûr de ce qui venait de se produire, mais il se laissa aller à expirer une bouffée d'air. Il avait été certain... pendant un instant il avait cru... ça aurait été comme perdre ses jeunes frères et soeur une seconde fois...

Jeremy et Fenrir se précipitèrent vers leur fils et l'enveloppèrent – lui et les deux garçons-, dans une étreinte d'ours à laquelle se joignirent les autres membres de la meute ( Cardric et Adrastos inclus puisqu'ils faisaient officieusement partis de la meute ). Wayne tendit prudemment le jeune Ezé à ses parents alors que lui et Harry parvenaient finalement à s'échapper de la puppy pile.

Les deux garçons échangèrent un regard significatif. Que venait-il de se passer au juste ? Wayne haussa les épaules, guère plus avancé que son partenaire puis pointa du doigt le regroupemement de vampires et loups-garous. L'albinos se faufila derrière Harry et enroula ses bras autour de la taille de l'adolescent alors qu'il posait son menton sur l'épaule de ce dernier. Il pouvait sentir les vagues de fureurs qui s'échappaient d'Harry. Il n'avait jamais réellement vu Harry furieux, jamais comme ça en tout cas. Même quand Dumbledore avait essayé de le pousser dans ses retranchements en quatrième année. À côté de ça, la colère combinée de Fenrir et Jeremy n'était rien -et c'était dire parce que ces deux-là étaient plus que livides, mais ils étaient au-dessus encore trop inquiets pour Ézé. Harry ne l'était pas: il avait entièrement confiance en Wayne et ses capacités magiques même si aucun ne comprenait vraiment ce que ça impliquait.

Wayne et Harry échangèrent un regard puis hochèrent la tête d'un commun accord.

"Dumbledore va payer," lui assura Wayne.

Il paierait. Ils n'allaient pas débarquer à Poudlard à l'instant, non. Ils allaient d'abord prendre soin de leur meute, s'assurer de leur santé et de leur sécurité. Ils dormiraient un peu, puis ils se rendraient à Poudlard et iraient demander des comptes au prétendu directeur.

C'est ce qu'ils firent.


Quelques heures plus tard, la meute était rassemblée dans le living room du Manoir Potter-Hopkins. Jeremy et Fenrir étaient assis dans l'un des loveseats que Ralph et Wayne avaient ramené au manoir quelques mois plus tôt, câlinant Ezéchiel et Moïra. Cardric et Ralph étaient affalés sur le canapé, Adrastos lovés contre les deux mâles et les autres membres de la meute, Erakles et J-B ronflaient à même le sol. Harry et Wayne étaient lovés l'un contre l'autre dans le second loveseat. Harry dormait déjà, la bouche légèrement entrouverte tout en maugréant de temps à autre quelque chose d'unintelligible. Wayne était prêt à parier que ça avait quelque chose à voir avec Dumbledore. Wayne avait un bras enroulé autour de la taille de son partenaire quand il tourna la tête vers l'Alpha et son Consort.

"Vous allez demander rétribution."

Ça n'était pas une question.

Fenrir et Jeremy échangèrent un regard puis l'Alpha hocha la tête alors que l'Oméga laissait échapper un grondement presque féral.

"Il ne s'en sortira pas comme ça!"

Wayne hocha la tête.

"Nous aussi. Il n'avait pas le droit de s'en prendre à ce qui est nôtre."

S'il y avait bien une chose que les loups-garous comprenaient, c'était la possessivité qui venait avec le principe de territorialité. Les deux garçons étaient aussi territoriaux envers eux qu'ils ne l'étaient avec les deux adolescents. Ils n'auraient donc pas dû être surpris d'entendre la promesse dans la voix de l'albinos. La gorge de Jeremy se resserra. Il ignorait s'il méritait les élans protecteurs des deux plus jeunes garçons. À cela, Harry marmotta quelque chose d'unintelligible et un geignement s'échappa de sa gorge. Les yeux de Wayne cessèrent de briller et reprirent lentement leur couleur normale.

L'albinos démêla doucement les cheveux noirs de Harry avec ses doigts avant de reporter son attention sur le couple de loups-garous.

"On ne lui fera pas de mal. L'honneur est tout à vous."

Fenrir fronça les sourcils et lui adressa un regard suspicieux.

"Qu'est-ce que tu mijotes?"

Wayne lui offrit un rictus narquois:

"On va lui faire renoncer à sa dignité."

Jeremy lui rendit un regard confus mais les yeux de Fenrir s'écarquillèrent sous le choc.

"Vous allez le défier en duel !?"

L'adolescent aux yeux rouges ricana.

"Bien deviné."

Erakles, qui avait cessé de ronfler il y a quelques minutes mais n'avait pas encore ouvert les yeux, s'étrangla avec sa salive et se redressa d'un bond, faisant sursauter J-B au passage.

"Vous êtes fou ! On parle de Dumbledore là ! On ne l'aime peut-être pas mais on n'est pas stupide non plus. C'est l'un des sorciers les plus puissants au monde."

Mais Wayne continua de sourire alors que Harry se rencognait contre lui.

"En effet. On n'a remarqué quelque chose par contre, qui semble s'avérer juste avec toutes les vieilles puissantes personnes, Dumbledore inclus: plus ils se font vieux, plus ils se croient tout puissant et omniscient. Dumbledore ne va pas avoir d'autre choix que d'accepter, certain de sa victoire. Pour ma part, je ne vais pas m'embêter à chercher des sortilèges extrêmement puissants comme il s'attend probablement. Mon objectif est de terminer le duel le plus rapidement possible pour ne pas lui offrir la victoire sur un plateau d'argent.

_ Attend..., fit Ralph. C'est toi qui va challenger Dumbles?"

Le rictus de Wayne s'élargit.

"En effet. Harry a le droit de ne pas s'inquiéter au sujet de Dumbledore, pour une fois."

Car même s'il ne le montrait pas, Wayne savait que son partenaire était inquiet à propos du vieux bâtard sénile. Être réparti dans une Maison sur laquelle il n'avait aucun contrôle et peu à peu gagner son indépendence et ses titres n'étaient pas suffisants quand on connaissait l'influence de Dumbledore. L'exposer pour le bâtard manipulateur qu'il était réellement aidait cependant à changer la donne.

"Harry sera mon second." dit-il après un instant de considération.

Et parce qu'il savait parfaitement que Harry refuserait d'être laissé derrière quand Wayne affrontrerait le directeur.

De toute façon, ils étaient plus puissants à deux qu'isolés. Ils le savaient fort bien.

Jeremy était de toute évidence inquiet pour eux: bien qu'il lui restait encore beaucoup de choses à apprendre vis-à-vis du monde magique, il avait déjà appris beaucoup et savait que Dumbledore était un homme puissant et rendu d'autant plus dangereux depuis qu'il avait perdu le support du Ministère et de l'opinion publique.

Fenrir cependant, se contenta de hocher la tête:

"Ne lui laisse pas l'occasion de vous blesser."

Wayne opina solenellement.

Il ne lui laisserait pas le temps d'accomplir ça.

Les loups-garous frissonnèrent quand la magie de Wayne les balaya dans une étreinte protectrice. Ils avaient tendance à l'oublier, parce que Harry laissait souvent inconsciemment sa magie se déployer et se familiariser aux autres mais Wayne était tout aussi puissant et protecteur envers ceux qu'ils voyaient comme siens.


Un grand silence plana sur la Grande Salle alors que tous les yeux volaient respectivement de Dumbledore à Harry Potter et Wayne Hopkins. Quelques heures plus tôt, les deux adolescents disparus avaient débarqués dans la Grande Salle à l'heure du déjeuner et n'avaient pas perdu de temps à challenger Albus Dumbledore en duel. Ou plutôt, Wayne Hopkins avait challengé Dumbledore en duel. La raison? Apparemment l'un des chasseurs responsable du kidnapping de Jeremy et Ezéchiel Greyback avait parlé et, surprise surprise (c'était un choc! Pour de vrai!) Dumbledore les avait embauché. Ça justifiait amplement un duel de sorcier, plus que ça, la meute pouvait réclamer rétribution. Les plus observateurs comprirent immédiatement que Wayne ne challengeait pas Dumbledore au nom de la meute. Ça voulait donc dire que la meute n'avait pas encore décidé quoi faire ou avait décidé de laisser Wayne faire le premier pas. Peut-être justement parce qu'une fois que la meute se serait vengée, il ne resterait plus rien de Dumbledore. [ Certains songèrnt que le Duo devait être la raison pour laquelle presque aucun chasseur ne s'en était sorti en vie mais puisque la meute Greyback n'avait rien dit pour confirmer qu'ils n'avaient eux-même rien à voire avec la mort des chasseurs et puisque la meute était en droit de se défendre, l'affaire concernant la mort des chasseurs avait été classée sans suite. Les chasseurs auraient dû faire leur boulot et ne pas s'en prendre à une meute qui respectait la Loi. ]

C'était du jamais vu ! Personne n'avait jamais défié ainsi le directeur de Poudlard, pas même depuis qu'il avait commencé à perdre le soutien du Ministère. Et là, un adolescent pas même diplômé de Poudlard se lançait. Là encore, Wayne Hopkins ruminait sa colère envers Dumbles depuis un moment. Tout le monde savait qu'il avait été furieux quand il avait découvert (comme tout le monde même si lui l'avait de toute évidence su plus tôt) que le directeur était en partie responsable de l'abus dont avait souffert le Survivant durant son enfance.

Vous savez ce qui avait été d'autant plus amusant/choquant ? C'était quand ils avaient dû choisir un second pour le duel. Dumbledore s'était immédiatement tourné vers Snape mais le maître des Potions avait décliné. L'expression choquée de Dumbledore ferait probablement la Une des journaux. Après tout, c'était toujours plus ou moins un honneur quand on vous demandait de seconder quelqu'un lors d'un duel. La personne demandant cela devait vous faire extrêmement confiance.

Et Snape avait aussitôt refusé. Ça n'était pas par manque de confiance – tout le monde savait que Snape était un excellent dueliste, avec toute une pallette de sortilèges – aussi bien Light, Grey & Dark- à sa disposition.

Apparemment, Snape avait lui aussi choisi son camp et quelqu'il soit, Dumbledore n'en faisait pas parti.

Marcus se tenait sur le côté, nerveux mais confiant alors qu'il observait les deux membres du Duo. Il n'avait pas été mis aux nouvelles (à part bien sûr quand Wayne avait révélé au grand hall qu'il challengeait Dumbledore pour avoir embauché des chasseurs pour kidnapper Jeremy et Ezéchiel Greyback) mais il savait qu'aucun des deux ne reviendrait sur ses pas. Allons bon, il ne restait plus qu'à les soutenir et à espérer pour le mieux. Pour une raison ou pour une autre, Marcus savait que Wayne allait gagner. Ne lui demandez pas comment; il fallait être fou pour croire qu'un garçon de seize and pourrait gagner contre un centenaire sur-puissant, ce même centenaire sur-puissant qui avait vaincu Grindelwald. Cependant, Marcus connaissait bien Wayne, tout autant que Harry. Il savait que Hopkins était bien plus puissant qu'il ne ne laissait paraître. Il savait aussi que la magie des deux garçons, c'était quelque chose d'autre.

C'était... C'était impossible à expliquer.

"Mon garçon, es-tu sûr de vouloir faire ça? L'interrogea Dumbledore, avec un air de grand-père bienveillant. Pense un peu aux conséquences pour ton avenir."

Wayne esquissa un rictus froid. Il n'était pas inquiet. Pas parce qu'il était certain de gagner, non, loin de là. Mais parce que ce qui était en jeu – son honneur, importait peu à Harry et à la meute. Ça ne voulait pas dire qu'il n'allait pas faire de son mieux pour remporter ce duel. Il s'agissait, après tout, de prendre la diginité de celui qui avait voulu faire du mal à la meute Greyback en se prenant à leur coeur : Jeremy (oméga) et la future génération.

À côté de Dumbledore se tenait une Minerva McGonagall un peu réticente. Elle n'avait pas vraiment envie de seconder Albus, pas après les récents événements mais elle lui devait aussi bien cela.

Les quatre sorciers – Albus, Minerva, Wayne et Harry- tournèrent la tête vers Amelia Bones, qui présidait le duel, accompagnée de trois aurors pour superviser la chose.

Amelia leva sa baguette. Wayne fronça le nez mais s'inclina face à Dumbledore tandis que McGonagall et Harry en faisaient de même l'un face à l'autre. Dumbledore s'inclina à peine. Oh, il pouvait utiliser sa vieillesse comme excuse mais tous ceux qui pouvaient voir au travers de son masque y virent un flagrant manque de respect envers son opposant.

"Le Duel n'est remporté que lorsque l'un est désarmé ou inconscient." dit l'un des Aurors.

Amelia et les deux challengeurs (Wayne & Harry) s'étaient entrevus un peu plus tôt pour parler du duel. Wayne avait affirmé ne pas vouloir de duel à mort -tout simplement parce qu'il n'était pas le plus touché par ce qui était arrivé- c'était donc pour cette raison que les conditions étaient moins lourdes.

Amelia observa Dumbledore avec irritation mais finit par hocher la tête et signala le début du duel par un mouvement sec.

Dumbledore leva lentement sa baguette, comme pour moquer Wayne mais le garçon ne le laissa pas en faire davantage. D'un mouvement rapide et dextère, il pointa sa baguette vers Dumbles et fit un moulinet avec son poignet alors même qu'il incantait : "Expelliarmus!" d'une voix claire.

Et, sous les yeux ébahis de l'assemblée, la baguette de Dumbledore vola jusqu'à lui alors que Dumbledore lui-même était projeté sur plusieurs mètres. Sonné et stupéfait (avant même que la colère ne puisse pointer le bout de son nez), Albus jeta un coup d'oeil à Minerva pour lui dire que c'était à son tour de jouer mais alors que le professeur de Métamorphose (qui était elle-même bonne duelliste) se reprenait et se mettait en position de combat, elle s'aperçut, avec stupeur, que le jeune Potter n'était plus face à elle. Perplexe, elle laissa échapper un son surpris quand l'extrémité d'une baguette se pressa contre sa jugulaire.

Oh. Ça faisait bien des années qu'elle n'avait pas été prise au dépourvu comme ça. Pas dans une telle situation tout du moins.

N'empêche, tout le monde était sous le choc. Ça devait être l'un des duels les plus rapides de l'histoire du monde magique. Tout du moins de l'histoire de la Grande-Bretagne magique. Ça oui.

Wayne esquissa un rictus victorieux alors que lui et Harry échangeaient un regard complice. Harry avait beau être bien plus petit que McGonagall, il n'avait aucun mal à la tenir en joug. Dumbles était toujours sur le cul, les yeux écarquillés de stupeur alors qu'il dévisageait stupidement Wayne. Le crépitement et le flash de l'appareil photo de Dean Mustang – du Chicaneur, le ramenèrent sur Terre alors que l'un des Aurros demandait à Minerva si elle déclarait forfait. La femme hocha la tête et, Dumbledore ayant déjà été désarmé, n'eut pas besoin de répondre à la question que Madame Bones déclara que Wayne (& Harry) avait remporté le duel. Une salve d'applaudissements résonna dans la Grande Salle de Poudlard et le professeur McGonagall félicita les deux étudiants, l'ombre d'un sourire fier aux lèvres. Dumbledore ne s'attarda pas et disparut rapidement, prétextant de la paperasse urgente à remplir. Il échappa aux quelques journalistes qui s'étaient empressés de se rameutés à Poudlard quand ils avaient entendu parlé du Duel de sorcier face à Dumbledore (allez savoir comment l'info avait pu quitter Poudlard aussi vite en quelques heures à peine, ils étaient certain que la moitié du pays avait été mise au courant). Le vieux sorcier en oublia, pour le coup, de réclamer sa baguette. Comme quoi, cette histoire de duel l'avait complètement retourné.

Wayne, lui, fut englouti par une foule d'étudiants qui le félicitèrent bruyamment tout en lui donnant des tapes dans le dos.

Harry parvint à l'atteindre, sa petite taille lui permettant de se faufiler entre la masse compactes de corps pressés les uns contre les autres (3). Le petit brun réapparut à ses côté et il enroula ses bras autour du cou de Wayne avant de l'embrasser au coin des lèvres, un regard fier et un sourire approbateur aux lèvres.

"Beau travail, Wayne."

Wayne pouffa de rire alors qu'il parvenait finalement à se dégager un peu de la foule. Il s'inclina de façon exagérée alors qu'il offrait la baguette de sureau à Harry.

"Je vous prie d'accepter ceci, en gage de mon affection et respect éternel," dit-il d'un ton faussement pompeux.

Harry s'esclaffa en silence alors qu'il acceptait la baguette tendue. Une vague de chaleur se répendit dans son corps et des étincelles dorées s'échappèrent de son extrémité. Harry et Wayne échangèrent un regard surpris.

"Et bien, on l'a gagné à la loyale mais avec ceci, Dumbledore ne pourra jamais espérer récupérer sa vieille baguette." fit Wayne d'un ton plat.

Harry hocha la tête d'un air absent alors même que la baguette semblait se... lover contre lui. Étrange.

Puis Marcus et les autres les rejoignirent et les deux garçons remirent le comportement étrange de leur nouvelle baguette à plus tard.


Le lendemain, tout le monde ne parlait encore que du duel, ce qui n'était guère surprenant. Wayne s'était déjà désintéressé de toute cette histoire et il ne jeta qu'un coup d'oeil à la Une du Daily Prophet lequel s'était débrouillé pour se fournir des réponses à leurs questions ainsi qu'un cliché de Wayne désarmant Dumbledore et un autre de Harry tenant la directrice-adjointe en joug. N'empêche, l'article du Chicaneur était bien meilleur. Et la photo était de meilleure qualité. Le directeur était notablement absent de son trône à la table des enseignants mais les deux professeurs de DCFM y étaient attablés et ils adressèrent tous deux un regard approbateur au Duo quand ils avisèrent les deux étudiants.

Professeur Dolohov vint d'ailleurs les trouver à la table des Serpentard alors que Adar Vaisey et Jason Urquhart (3) récitaient leur exposé en Runes.

"Messieurs Potter et Hopkins.

_ Oui professeur?"

L'homme leur adressa l'ombre d'un sourire.

"Vous étiez absent au cours d'hier. Avez-vous rattrapé?"

Harry hocha la tête alors que Wayne répondait pour lui.

"Oui, monsieur. Theo – Nott, nous a prêté ses notes pour que nous puissions rattraper le cours."

Antonin hocha la tête, offrant à Theo un regard approbateur.

"5 points à Serpentard pour entraide. Est-ce que vous avez des questions sur le cours? Nous allons revenir rapidement dessus tout-à-l'heure mais s'il y a des questions...?"

"Non professeur," dirent en choeur Harry et Wayne.

L'enseignant hocha la tête puis prit congé pour retourner s'asseoir auprès de son collègue et ami, Augustus Rookwood.

La semaine qui suivit fut relativement calme – bien que les rumeurs couraient que le bureau du directeur avait été envahi par des Beuglantes venant de tout le pays, ainsi que de quelques Enchantresses (3) qui s'étaient moqués du directeur pour avoir perdu aussi rapidement, face à un gamin en plus de ça. Quoi que, peu doutaient réellement de la puissance magique du jeune Hopkins.

Ce même Dumbledore qui avait été voir Hopkins un matin, pour demander à récupérer sa baguette et avait arboré un air déconfi quand il s'était rendu compte que Wayne Hopkins connaissait les lois concernant les duels sorciers: le gagnant pouvait conservé la baguette du perdant. Cependant, étant bon joueur, Harry avait accepté de se séparer de la baguette si Dumbledore pouvait prouver qu'il avait toujours l'alliégeance de la baguette. Le directeur s'était senti humilié quand la baguette avait refusé de lui obéir. C'était plus humiliant que cette fois-là où il avait éjaculé avant même de pénétrer la belle Charlotte (une prostituée dont il s'offrait régulièrement les services du temps où il était plus jeune).

Harry et Wayne profitèrent du calme pour se concentrer pleinement sur leurs cours. Ils plongèrent pleinement dans leurs leçons de DCFM avec des professeurs plus que compétents. Dolohov et Rookwood ne manquaient jamais d'aider les étudiants dans le besoin ou en manque de confiance et il répondaient toujours aux questions qu'on leur posait même si elles ne paraissaient, à premier abord, pas toujours très intelligentes. Ils n'étaient aussi jamais avares d'anecdotes et organisaient parfois des mini-duels pour forcer des réflexes rapides chez les jeunes sorciers. Dolohov et Rookwood l'ignoraient, mais certaines de leurs leçons maintiendraient Harry et Wayne en vie dans les mois à venir.


Elle était prête. C'était le grand jour. Elle avait fait en sorte de garder un profil bas au cours de ces derniers mois pour ne pas attirer l'attention sur elle. Elle avait même accepté de faire des sacrifices pour ce grand jour: cela faisait plus de deux semaines qu'elle ne s'était pas laissée distraire par un nouveau joujou. Elle avait refusé les quelques demandes de garçons souhaitaint la voir. Elle était capable de faire des sacrifices quand il le fallait. Sa mère lui avait toujours dit de faire ce qu'il fallait pour s'assurer un bel avenir et se procurer un homme riche et plutôt joli garçon était le premier pas pour s'assurer une vie emplie de bonheur et de plaisirs.

La jeune sorcière se leva tôt ce matin-là. Elle se prépara comme à son habitude mais accentua certains points sur son maquillage. Elle attrapa sa cravate mais ne la noua pas autour de son cou, préférant ouvrir les premiers boutons de sa chemise de sorte que le regard des garçons se posent sur son décolleté. Ses lèvres s'étirèrent en un rictus triomphant et elle se pencha en avant pour attraper son sac de cours.

L'air radieux, elle dévala les escaliers menant à la salle commune de sa maison et se faufila par le portrait sans un regard en arrière. Elle savait que des regards la suivaient mais elle n'en avait que faire. Le garçon de ses rêves n'était pas un membre de sa maison. Qu'importe au final. Il lui appartiendrait bientôt. Elle sautilla presque en chemin vers les Cuisines. Une fois là-bas, elle s'arrêta et appela Matis, l'elfe de Maison du professeur Dumledore. L'elfe n'appartenait pas à Poudlard mais bien au directeur et celui-ci laissait la jeune fille l'utiliser de temps à autres, à condition que ce soit réellement important.

"Prend-ça et tu fais comme on a dit. Mets-le dans son verre. Tu n'as pas intérêt à te tromper de cible, hein."

L'elfe de Maison lui adressa un regard nerveux mais acquiesça et disparut aussitôt dans un bruit de craquement.

La jeune femme renifla. Elle détestait ces créatures mais elle devait avouer qu'ils étaient très utiles.. Dommage que sa famille n'ait jamais employé d'elfes de maison.

Un soupir quitta ses lèvres alors qu'elle faisait demi tour et se hâtait de se joindre à ses camarades dans la Grande Salle. Son sourire revint à la charge quand elle avisa son futur époux, déjà installé à la table de sa maison. Il était installé à côté de son partenaire. Elle ravala un grondement et se força un sourire. Il importait peu. Bientôt il n'aurait d'yeux que pour elle.


Vaisey et Uruqhart éclatèrent de rire alors que Wayne se lançait à leur poursuite, tous trois quittant la salle commune de Serpentard en coup de vent. Harry esquissa un sourire alors qu'il traînait Theo et Blaise (Zabini) à leur suite, Squirrell ayant élu domicile dans la chevelure touffue de l'héritier Nott.

Les deux septième année n'avaient cessé de taquiner Wayne depuis qu'ils s'étaient réveillés ce matin-là, l'appelant le prochain Merlin et lui disant que, ayant déjà les cheveux blancs, il n'avait plus qu'à se laisser pour une barbe. Oh les taquineries n'étaient pas lourdes et Wayne ne l'avait pas mal pris mais il avait aussi décidé d'intimider un peu les deux plus âgé en les poursuivant jusqu'à la Grande Salle. Ça leur ferait à tous un bon exercice, surtout étant donné que Urquhart et Vaisey étaient tous deux membres de l'équipe de Quidditch.

"Vous avez fini l'essai d'Histoire de la Magie?" Theo demanda doucement alors qu'ils venaient s'installer à côté des trois autres garçons, au centre de la table.

(Harry n'avait jamais fait attention durant toutes ces années mais il avait apparemment gagné le titre de Prince de Serpentard quelque part au cours de sa scolarité à Poudlard.)

"Tu veux dire l'énième essai sur la Révolte gobeline?" l'interrogea Harry avec un sourire sardonnique (tellement rare).

Theo lui adressa un regard curieux puis hocha la tête.

"Oui, je l'ai fait, quoi qu'à ce point, je suis certain de juste répéter ce que j'ai écrit dans les autres essais sur la Révolte Gobeline, avec juste quelques nouveaux détails. Je ne sais même pas pourquoi on s'embête, il ne les lit même pas. On devrait juste faire appel à un véritable enseignant d'histoire de la Magie pour qu'il nous donne des essais à faire et nous corrige."

Blaise et Theo clignèrent des yeux.

Harry cligna des yeux en retour.

"Quoi?

_ Je crois que c'est la première fois que je t'entends parler aussi longtemps.

_ ... Oh." fit l'adolescent alors qu'il attrapait un croissant pour le tremper dans son bol de lait.

Il croqua dedans à pleine dent alors que Vaisey et Urquhart babillaient au sujet du prochain match de Quidditch.

"Tu as raison, n'empêche. Si ça n'était pas pour Silver, je ne serai pas certain d'avoir le niveau pour passer nos NEWTs l'année prochaine." avoua Theo alors qu'il se servait une tasse de thé vert.

Blaise hocha la tête.

"Pour être honnête, je ne suis pas aussi confiant que vous pour l'Histoire de la Magie," confia Blaise.

Harry cligna des yeux alors qu'il s'apprêtait à prendre une gorgée de son jus de citrouille. Il n'était pas fana de cette boisson, jugée trop sucrée à son goût (même s'il était friand de sucreries, il avait des limites) mais puisqu'il n'y avait pas de jus d'orange ou de jus de fruit en général, cela devrait le contenter.

"Pourquoi ça?"

Blaise haussa les épaules.

"Je connais plus l'histoire de la Magie italienne, mon grand-père s'en est assuré mais pour l'Histoire de la Magie de Grande-Bretagne, je n'ai eu que Binns."

Oh, ça donnait tout son sens. Il avait oublié que la plupart des héritiers de familles de sang-pur avaient tendance à être enseignés par des tuteurs un ou deux ans avant Poudlard.

"Vous êtes prêts pour le prochain match?" demanda Wayne alors qu'il prenait une gorgée de café. Il grimaça au goût amer mais avala une autre gorgée avant de reposer sa tasse sur la table.

Jason Urquhart haussa les épaules.

_ Je pense. Je veux dire, on joue contre Serdaigle et ils ont une belle défense mais offensivement parlant, ils ne sont pas très bons.

_ Ouais, et McFly, c'est l'attrapeur de réserve de Serdaigle- il est apparemment hors jeu pour le moment. Apparemment, il a choppé la crève au même moment que Chang. Plutôt suspicieux, non?" fit Adar Vaisey en haussant un sourcil suggestif.

Les trois Serpentards reniflèrent avec amusement.

"Plus sérieusement par contre, où est Marcus?

_ Oh c'est adorable ! Wayne est inquiet. Ne t'inquiète donc pas. Marcus est à l'infirmerie. Mrs Pomfrey lui a donné quelques heures de leçons en plus. Il est en train d'apprendre des sortilèges de guérison plus complexes."

Wayne accepta la réponse d'Urquhart et replongea le nez dans son petit déjeuner, relevant seulement la tête quand il sentit l'atmosphère changer subtilement. Que diable... ?

À côté de lui, Harry commença à tousser. Pas de quoi s'inquiéter, avec la vague de grippe qui s'était abattue sur Poudlard au cours des derniers jours mais Wayne fronça les sourcils quand Harry toussa de plus bel. Lentement, il tourna la tête, entendant vaguement Theo et Blaise s'inquiéter quand Harry fit mine de manquer d'air. La quinte de toux attira l'attention sur leur table et Wayne se redressa brutalement quand il aperçut des rougeurs dans le cou de Harry. Le petit brun n'arrivait plus à parler mais il laissa échapper une sorte de gémissement plaintif quand il ne toussait pas. Wayne força Harry à ne pas bouger alors que son partenaire s'étouffait et avisa un gonflement suspect au niveau de la glande thyroïde.

"L'infirmerie, vite." ordonna-t-il d'un ton pressé aux Serpentards les plus proches.

Zabini et Urquhart attrapèrent Harry alors qu'il était pris d'une nouvelle violente quinte de toux et laissait échapper un cri étranglé.

Ils s'empressèrent de quitter la Grande Salle sous les regards confus et inquiets (ainsi qu'une personne horrifiée).

.

Harry ne pouvait pas respirer. Harry ne pouvait pas respirer ! Il manquait d'air et il ne pouvait même pas respirer à fond parce qu'il était pris d'une quinte de toux douloureuse. Il ignorait ce qui se passait. Il avait juste commencé à boire son verre de jus de citrouille quand il avait senti une sensation bizarre dans sa gorge, comme un chatouillement. Il avait seulement compris qu'il avait été dosé à l'Amortentia quand il avait reconnu l'odeur de Wayne mais à ce moment-là, il était déjà trop tard. Il ne pouvait pas par parler pour avertir ses compagnons. Il ne pouvait même pas respirer correctement.

Il se sentit soulever alors qu'il était pris d'une nouvelle quinte de toux et comprit vaguement qu'on le transportait hors de la salle mais il était trop comateux pour comprendre ce qui se passait.

Alors qu'il perdait conscience par manque d'air, Harry ne put s'empêcher de penser que maintenant qu'ils avaient ENFIN des enseignants compétents en DCFM, c'était là qu'il semblait incapable de se rendre à leurs cours, peu importe la raison.


Quelques heures plus tard, Marcus sortit enfin de l'infirmerie – qui avait été condamnée à toute personne n'étant pas blessée ou malade. Wayne avait séché les cours pour attendre aux portes de l'infirmerie, promettant à ses camarades de leur envoyer un message s'il avait des nouvelles. C'était cependant il y a quelques heures et depuis, Theo, Blaise et les Serpentards avec lesquels ils étaient les plus proches s'étaient empressés dans l'aile de l'infirmerie seulement pour trouver Wayne assis, le dos contre le mur faisant face aux portes du domaine de Poppy Pomfrey.

"Il a été transféré à Ste Mangouste." dit-il d'un ton grave.

Wayne releva la tête d'un mouvement brusque alors que les autres vert et argent laissaient échapper des exclamations de surprise.

"Quoi !?"

Marcus secoua la tête, l'air inquiet.

"On n'était pas équipé pour ça -

_ Et à quoi se réfère 'ça' ?" l'interrogea Nott.

Marcus ferma les yeux.

"Harry a été drogué. Un philtre d'amour."

Uruqhart jura violemment.

Wayne leva lentement la tête vers Marcus.

"Quel genre de philtre?"

Marcus savait que Wayne ne laisserait pas tomber le sujet tant qu'il n'aurait pas eu de réponses.

"De l'Amortentia."

Wayne baissa lentement la tête de sorte que personne ne puisse voir son expression. Theo lui jeta un regard nerveux mais les autres étaient bien trop occupés à exprimer leur incrédulité et leur colère pour voir que le véritable danger, là maintenant tout de suite, était Wayne Hopkins. L'adolescent aux cheveux blancs resserra le contrôle sur sa magie avant de relever la tête vers Marcus.

"On peut aller le voir."

Marcus hocha la tête.

"Ouais, j'ai l'accord de McGo pour déposer jusqu'à six personnes avec moi. Mrs Pomfrey va rester ici, quelqu'un doit garder l'infirmerie."

Wayne et Theo étaient incontestés. Les autres se mirent d'accord pour que Uruquhart, Blaise et Vaisey les joignent et quand quelqu'un demanda si Lovegood était au courant, Lily Moon se proposa d'aller l'avertir mais juste au moment où elle pivotait pour faire demi-tour, la Serdaigle de cinquième année pointa le bout de son nez, baguette perchée sur une oreille et le regard vitreux.

"Je suis là." dit-elle d'un ton absent.

Les autres Serpentards clignèrent des yeux mais Théo était habitué à la clairvoyance de Luna Lovegood, aussi se contenta-t-il de lui offrir sa main quand Marcus commença à les guider vers le bureau de la directrice adjointe.

"Le professeur McGonagall a donné son accord pour qu'on utilise sa cheminée." expliqua l'apprenti médicomage.

Si Marcus marchait plus rapidement que d'habitude, personne ne lui en tint rigueur.

En chemin, ils croisèrent Madame Bones et son équipe d'Aurors et les saluèrent mais ne perdirent guère plus de temps.

Quand ils pénétrèrent dans le bureau de la directrice adjointe, le professeur McGonagall échangea quelques mots avec Marcus alors que Wayne se jetait dans la cheminée, suivi de près par Luna et Theo. Urquhart et Vaisey les suivirent tour à tour quelques secondes plus tard et Marcus ne tarda pas à les imiter après avoir promis au professeur de lui donner des nouvelles d'Harry.

Quand Marcus se retrouva dans la salle d'attente de l'hôpital, ce fut pour voir Wayne parler agressivement avec l'un des infirmiers. Marcus le choppa presque par la peau du cou avant de le traîner dans un ascenceur (magique), suivi de près par Theo, Luna, Blaise, Jason et Adar. Arrivé au troisième étage, Marcus relâcha sa prise sur Wayne et le guida, une main dans le dos. Ils s'arrêtèrent devant la porte de la chambre 312. L'apprenti Médicomage posa sa main sur la poignée mais pivota vers les autres Serpentards avant de l'ouvrir:

"Harry ne s'est pas encore réveillé. Ils ont pu retiré toutes les traces d'Amortentia mais sa réaction allergique était violente."

Sur ce, il ouvrit lentement la porte et laissa les étudiants se glisser dans la chambre d'hôpital.

Wayne se hâta au chevet de son partenaire et lui prit la main. Les autres se faufilèrent à sa suite. Marcus, qui avait déjà passé un moment au chevet du garçon après que les Médicomages aient laissé Harry récupérer au calme, s'adossa contre le mur de la chambre.

"Silver et les autres devraient arriver dans la soirée. Terence m'a envoyé un patronus pour me dire qu'il sera dans là dans une vingtaine de minutes."

Il avait raison; le temps que les adolescents s'affairent tous autour du lit de Harry pour le mettre à jour sur les dernières nouvelles à Poudlard (il n'y avait pas grand-chose à dire, Harry n'avait raté qu'une demi-journée), ou lui disent ce qu'il avait manqué en cours – apparemment Ronald Weasley avait parvenu à faire fuire son verre pied.

Harry était inconscient, mais ça ne voulait pas dire qu'il ne ne l'entendait pas. Il y avait eu de nombreux cas où les patients comateux entendaient quand on leur parlait. Quand il fut temps pour les élèves de retourner à Poudlard (ils déclinèrent l'offre de Marcus de les raccompagner jusqu'au réseau de cheminettes), Wayne se sépara d'eux pour grimper dans le lit d'Harry en se blottissant contre le petit brun. Marcus poussa un soupir et vint s'asseoir sur le siège à côté du lit alors que Wayne se glissait sous le draps.

Wayne ne prononça pas un mot. Il se contenta de regarder Harry 'dormir'. Marcus ne parla pas non plus. Il avait passé les dix dernières heures à essayer de soigner Harry puis à faire les cents pas dans les couloirs de Ste Mangouste. Il était physiquement et mentalement épuisé. Il baissa la tête, son menton reposant contre son thorax alors qu'il fermait les yeux. Il allait juste... se reposer les yeux... quelques secondes.


Terence était en plein entraînement avec les Falmouth Falcons quand Eren Sullivan pointa quelque chose en bas – un éclat argenté qui sautillait rapidement jusqu'au terrain de Quidditch et ne tarda pas à attirer l'attention de tout le monde, joueur et coach inclus. Les joueurs rejoignirent leur coach, en vol stationnaire et le coeur de Terence manqua un battement quand il reconnut le patronus Nycticèbe (4) de Marcus. Le petit primate atterrit sur le balais de Terence alors que ses coéquipiers regardaient le patronus avec crainte et curiosité.

"Ter, Harry a été drogué et a fait une réaction allergique. Il vient d'être transféré à Ste Mangouste. Rejoins-nous à l'hôpital le plus rapidement possible."

Le visage de Terence perdit toutes ses couleurs et il jeta un regard alarmé à son coach alors que, dans la précipitation, il tombait presque de son balais.

Coach Finley hocha la tête d'un air grave.

"Vas-y mon garçon. Donne-moi de tes nouvelles si tu comptes t'absenter demain.

_ Merci Coach, répondit Terence alors qu'il commençait à courir vers les vestiaires.

_ Laisse ton équipement de côté. Quelqu'un les rangera pour toi !" cria l'homme d'âge moyen alors même que deux de ses coéquipiers s'exclamaient qu'ils le feraient.

Terence ne courut jamais aussi vite que quand il se précipita vers le point de transplanage le plus proche pour se rendre à l'hôpital.

Quand il arriva par l'entrée principale de l'hôpital, il fit face à une salle d'attente bondée – comme d'habitude, et se rua vers la réception pour exiger la chambre de son ami. Naturellement, la receptionniste – cette petite écervellée (oui, Terence était en colère, zut quoi!) refusant de lui donner l'information, pensant qu'il était un fan. Fort heureusement, un cri l'interpella et il tourna la tête pour voir Jay et Adar marcher dans leur direction, accompagné par Theodore, Zabini et Lovegood.

"Ter, tu es venu voir Harry?

_ Oui, mais ces idiots refusent de me donner le numéro de sa chambre." dit-il avec une regard noir vers la jeune femme qui semblait plus intéressée par ses ongles que par ce qui se passait autour.

Elle eut tout de même la décence de rougir de honte quand elle vit que l'attention était tournée sur elle.

"Peu importe, fit Terence en pivotant à nouveau vers le groupe de Serpendaigle. Où est-il ?

_ 3° étage, chambre 312," fit Theo.

Aucun n'attendait de réponse et ils eurent raison: Terence les remercia rapidement mais ne s'éternisa pas. Theo avait à peine fait un geste vers l'ascenceur que Ter se remettait à courir – marcher vite- en direction de l'ascenceur.

Quand il débarqua au troisième étage, il se hâta jusqu'à la porte de la chambre 312 et ouvrit la porte d'un geste brusque, faisant sursauter Marcus lequel lui jeta un regard noir.

Terence ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais le referma sans prononcer le moindre mot quand il avisa les deux petites figures allongées sur le lit d'hôpital.

Son inquiétude fana juste un peu quand il vit la poitrine de Harry monter et descendre au rythme de sa respiration.

Calmé, il referma la doucement la porte et vint saluer son ami.

"Marcus.

_ Ter.

_ Que s'est-il pass – non, comment va Harry ?"

Marcus poussa un soupir et se massa l'arête du nez.

"Mieux. C'est pas top mais il va beaucoup mieux. Poppy est parvenu à le ranimer avant qu'on ne le fasse transférer ici."

"Qu'est-ce qui s'est passé au juste? Tu as dit qu'il avait été drogué et a fait une réaction allergique? Qui l'a drogué? C'était quoi au juste?"

Il se sentit presque mal quand il avisa les traits tirés de Marcus mais il avait besoin de savoir.

"On ne sait pas qui mais quelqu'un a glissé de l'Amortentia dans son verre. Apparemment Madame Bones est en train d'interroger les étudiants, le staff et les elfes de maison de Poudlard. Les chefs de Maisons ont autorisé les elfes de Maison à répondre aux questions du DMLE."

Terence pâlit quand il entendit le nom de la potion. C'était pire que ce qu'il pensait. Fort heureusement (ou malheureusement) la réaction allergique de Harry avait permis aux autres de réaliser la tentative de qui-que-ce-soit-cette-personne-qui-était-morte-aux-yeux-de-Terence.

Chancelant, il se laissa choir à même le sol, le dos contre les longues jambes de Marcus.

"Comment un élève a pu se procurer de l'Amortentia ? Même sur le Marché Noir c'est pas évident. C'est super cher et un ou une héritière ne serait jamais suffisamment stupide pour essayer de droguer quelqu'un à Poudlard, n'est-ce pas ?" dit-il à voix basse.

Bon, ça n'était pas complètement vrai; Crabbe et Goyle étaient définitivement suffisamment stupides pour ça mais ils étaient également trop idiots pour penser à utiliser un philtre afin de séduire quelqu'un. En fait, Terence était même certain qu'ils étaient trop stupide pour se rendre compte s'ils appréciaient quelqu'un (non, il n'était pas inutilement méchant! Il savait que la consanguinité était particulièrement forte chez ces deux familles).

"Aucune idée. Le DMLE est à Poudlard en ce moment. Ils vont trouver le ou les responsables." fit Marcus en ébouriffant les cheveux blonds cuivrés de son ami.

Terence soupira d'aise et ferma les yeux.

"Comment se passent tes entraînements ? L'interrogea Marcus en changeant de sujet pour quelque chose de plus joyaux. Tu t'es bien intégré aux Falcons ?"

Terence pouffa de rire.

"Oui, tout se passe nickel ("Nickel?"). Leur ancien attrapeur s'est fait la malle pour jouer pour les Pride of Portree. Apparemment, ils ont promis de le payer mieux. Pfeuh!"

Marcus pouffa de rire. Apparemment l'équipe de Portree avait commencé à décliner depuis quelques années et faisait tout pour recruiter de nouveaux joueurs. Pour autant qu'il en savait, les Falcons n'avaient pas vraiment cherché à stopper Montgomery et il savait que l'équipe de Falmouth était particulièrement douée en défense et en offense mais que leur attrapeur n'était pas réputé pour être si bon que ça. Sûr, il avait été complimenté il y a quelques mois pour avoir fait une prise 'spectaculaire' mais les connaisseurs savait que c'était des tours de passes-passes et que ça n'était, au fond, pas si spectaculaire que ça. Montgomery était bon mais il n'avait rien d'exceptionnel. Il ne valait pas un Terence Higgs. Et il ne disait pas ça parce que Terence était son ami.

La porte s'ouvrit à nouveau avec un BANG et Wayne grommela quelque chose dans son sommeil et se tourna légèrement de sorte qu'il écrase un peu Harry mais pas complètement. L'albinos émit un bruit de contentement et enfouit son visage au creux du cou du garçon alité.

Marcus et Terence tournèrent la tête vers l'entrée de la chambre et poussèrent un soupir quand ils virent qu'il s'agissait de Lucian, Peregrine et Silver.

"Adrian, Cassius, Graham et Miles sont toujours au taf. Ils viendront dans une heure.

_ Dis-leur qu'ils peuvent rentrer se reposer et venir demain, fit Marcus. Harry ne sera pas réveillé ce soir."

Silver fronça les sourcils, inquiet, mais opina et envoya un patronus vers pour avertir leur quatre amis puis entra dans la pièce et embrassa Marcus sur les lèvres avant de venir s'appuyer contre le dossier de son siège.

Marcus dégaina sa baguette et referma la porte en silence avant de poser des sortilèges de confidentialité, sachant qu'ils n'étaient pas censés être autant dans une chambre, même pendant les heures de visites.

Une trentaine de minutes plus tard, alors que Terence babillait au sujet de ses entraînement avec les Falcons (et bien, il était un Falcon maintenant) à un Harry inconscient (et un Wayne endormi), il s'interrompit subitement et pivota vers ses amis:

"Quelqu'un a averti la meute ?"

Il y eut un blanc.

"Uh-oh."


Il était presque vingt-et-une heure quand une commotion se fit entendre dans le Hall de l'hôpital de Ste Mangouste. Wayne n'entendit rien de tout cela car il était focalisé sur Harry, usant de sa magie pour trouver celle de son partenaire et essayer de le convaincre de se réveiller mais sans résultat pour le moment.

Il maugréa quand, pour la troisième fois de la journée, la porte de la chambre s'ouvrit violemment.

"Harry!"

Oh. C'était Adrastos et Jeremy.

Wayne se redressa lentement sur le lit et avisa la meute – minus Sirius et Remus qui attendaient dans le couloir. Silver, Terence, Peregrine et Bole quittèrent la chambre, pensant que Marcus serait plus à même d'expliquer la situation aux nouveaux venus.

J-B et Erakles étaient restés à la maison pour garder Ezéchiel et Moïra mais ils attendaient eux aussi des nouvelles avec impatience.

Jeremy et Adrastos vinrent se poster chacun d'un côté du lit et Cardric embrassa les deux adolescents sur le haut du crâne avant de se faufiler hors de la chambre.

"Black et Lupin sont extrêmement inquiets," dit Fenrir en guise d'explication alors que Sirius entrait à son tour dans la chambre.

"Chiot!"

Autant le dire tout de suite, l'infirmière de garde ne fut pas ravie quand Marcus consentit enfin à retirer les sortilèges qui gardaient l'entrée de la chambre et découvrit une dizaine de personnes amassées autour du lit. Étonnamment, Wayne ne fut pas rabroué par la femme. Ralph apprendrait plus tard que Wayne s'était débrouillé pour falsifier (légalement) le dossier de Harry afin qu'il soit listé comme compagnon et donc autorisé à passer la nuit à l'hôpital.


Le lendemain à Poudlard, les élèves les plus matinaux virent Madame Bones arriver en compagnie de ses Aurors et de sorciers et sorcières que certains reconnurent comme le Conseil des Gouverneurs de Poudlard.

"[...] Dumbledore, ça suffit maintenant!" Tonna la chef du DMLE.

De toute évidence, même les plus matinaux avaient loupé une partie de la conversation, aussi, quand ils entrèrent dans la Grande Salle, le ton était déjà en train de monter et la conversation était plus que houleuse. Apparemment, Dumbledore en avait assez de voir le DMLE aller et venir quand bon leur semblait.

"Un étudiant a été drogué a l'Amortentia sous votre nez par une personne du château! Vous avez tout intérêt à cesser d'interférer avec l'enquête si vous ne voulez pas que je vous arrête. Et cessez de me ressortir que j'étais étudiante ici, je ne suis pas sénile Dumbledore! La plupart de mes employés ont un jour étudié ici quand vous étiez déjà directeur ou directeur adjoint!"

Quelques étudiants pouffèrent de rire en entendant la fin de l'argument puis s'empressèrent de s'asseoir à leur table. C'est seulement à cet instant que la première partie de la réponse de Madame Bones leur monta au cerveau et ils se figèrent.

Un étudiant avait été... DROGUÉ... à - à l'Amortentia !

C'était Harry Potter, il n'y avait pas d'autre moyen. Lui qui avait été pris d'une violente quinte de toux et avait dû être porté par ses camarades. Lui qui avait quitté la Grande Salle en toussant et en hurlant de douleur sans sembler parvenir à respirer correctement.

"Vous et moi savons parfaitement que l'Amortentia n'a pas ce type d'effet, Amelia.

_ En effet mais Mr Potter a eu une violente réaction allergique à la poussière de perle qui est un ingrédient utilisé dans la confection d'Amortentia. Il est extrêmement difficile de trouver des traces d'Amortentia mais ça n'est pas impossible et nous avons la chance d'avoir Maître Brasivo avec nous ce mois-ci. Maître Brasivo était une maître des Potions je suis sûr que vous le savez, n'est-ce pas ? Il a confirmé la présence d'Amortentia dans le sang de Mr Potter et Miss Moon a été intuitive et a demandé aux elfes de maisons de ne pas nettoyer la table des Serpentards. Nous avons également trouvé des traces d'Amortentia dans le verre de jus de citrouille de Mr Potter."

Madame Bones s'interrompit un instant et balaya du regard la vaste salle qui se remplissait lentement puis reporta son attention sur le vieux directeur.

"Maintenant comptez-vous nous laisser faire notre boulot ou dois-je vous faire parvenir une copie du mandat que je vous ai fourni il n'y a pas dix minutes, Mr Dumbledore ?

_ C'est professeu -

_ Je ne suis plus votre élève, Mr Dumbledore. Si quelque chose, ce serait plus 'Mr le directeur', ne pensez-vous pas ?"

Tah!

.

Ce matin-là, la Grande Salle bourdonnait de bruit; les élèves relayaient entre eux ce qui s'était passé plus tôt – la confrontation entre Dumbledore et le DMLE. Les Serpentards étaient silencieux, beaucoup plus que d'habitude. Flint et les autres étaient passés par la salle commune de Serpentard afin de leur faire parvenir les dernières nouvelles la veille au soir, après avoir quitté l'hôpital et avant de se retirer dans leurs quartiers – les chambres réservées aux apprentis étaient proches des quartiers des enseignants- aussi en savaient-ils un peu plus sur l'état de Potter comparé au reste de Poudlard mais ça ne voulait pas dire grand chose puisqu'il ne s'était pas encore réveillé. Poudlard était également un peu plus en désordre face à l'absence de deux de leurs préfets – Wayne refusant d'être séparé d'Harry ne serait-ce qu'une seconde (Harry avait été drogué alors qu'ils étaient pratiquement collé l'un à l'autre! Le ou les auteurs de ce crime le paieraient cher).

.

Le professeur McGonagall se serait inquiétée de ne pas voir Mr Hopkins dans son cours ce matin-là si ça n'avait pas été pour Mr Flint qui l'informa que le sixième année avait passé la nuit à l'hôpital avec Harry. Elle avait ainsi appris que non, Harry ne s'était pas encore réveillée mais que son état s'était stabilisé.


À plus de 500 km de là (5), à l'intérieur de Ministère de la Magie britannique, dans les couloirs sombres et faiblement illuminés du Département des Mystères, une conversation des plus tendues était en train de prendre place.

Paul Millenski se tenait en ce moment-même dans le bureau du chef des langues-de-plomb, une expression nerveuse peinte sur son visage blanc.

Le boss, Wolf, avait l'air curieux quant à la présence des deux langues-de-plomb dans son bureau.

Cobra – dont le genre était aussi mystérieux que ce qui se passait dans leur département- se tenait à côté de Gerbil (Paul), inquiet mais également déterminé.

"Monsieur, commença Cobra, les mains derrière le dos.

_ Que se passe-t-il ?

_ Gerbil a quelque chose à vous dire."

Paul déglutit quand l'attention se focalisa sur lui. Il n'aurait jamais dû écouter cette nana. Maintenant il allait perdre son job et peut-être même être jeté à Azkaban. Peu importe, il avait prêté serment quand il était devenu langue-de-plomb, quatre ans plus tôt. Il l'avait brisé quelques semaines plus tôt quand il avait... dérobé quelque chose et l'avait donné à un outsider. Il était fini. Il espérait seulement que son boss ne le donnerait pas aux langues-de-plomb de l'aile d'expérimentation parce qu'il ne savait pas s'il y survivrait. Il avait entendu d'horrible rumeur au sujet de cette aile et malgré les quate dernières années passées au département des Mystères, pas une seule fois avait-il passé ne serait-ce que passé la tête dans ce couloir.

Paul prit une inspiration tremblante et ouvrit la bouche; s'il devait tomber, il ferait en sorte d'entraîner cette garce avec lui au fond du gouffre.

"Je... J'ai commis un déli... envers le département des Mystères et... je crois m'être rendu complice d'un crime."

Le regard de Wolf se fit illisible alors qu'il écoutait Gerbil confesser comment il s'était laissé séduire par une jeune femme qui l'avait convaincu de se rendre dans la Salle de l'Amour – là où trônait une fontaine contenant de l'Amortentia- pour en remplir un flacon.

Son air impassible laissa place à une grimace désappointée.

"J'imagine que le crime dont tu parles est celui qui fait la Une des journaux depuis hier soir?"

Gerbil déglutit, une goutte de sueur roulant le long de sa tempe. Les journaux en faisaient les gorges chaudes depuis ce matin; Lord Harry James Potter (Héritier Peverell-Black, le Garçon-Qui-A-Survécu, Co-Vainqueur au Tournois des Trois Sorciers si l'on voulait donner tous ses titres) avait été victime d'un empoisonnement – ou plutôt- il avait été drogué avec de l'Amortentia (quel choc !) et la seule raison pour laquelle on avait découvert ça aussi tôt (une chance vraiment, quand on sait que l'Amortentia était supposément intraçable et impossible à détecter) était à cause de violente réaction allergique. Depuis ce matin, les gens réclamaient des réponses auprès du directeur de Poudlard tout en le sommant de trouver le ou la responsable.

"Oui, Monsieur."

Wolf croisa les bras sur son torse.

"Qui est cette jeune femme, Gerbil ?"

Paul ouvrit la bouche pour répondre mais se trouva incapable de parler. Plus il résista et tenta d'offrir une réponse, plus l'air semblait lui manquer. Il ne pouvait pas respirer. Ses mains agrippèrent sa gorge alors qu'il essayait à la fois de dire quelque chose et d'inhaler mais rien n'y faisait. Était-il en train de mourir ? Était-ce sa punition divine pour avoir aider à blesser un innocent ?

Il parvint difficilement à prononcer une syllabe et s'effondra, inconscient.

/

[Ils l'apprendraient plus tard mais Gerbil avait été sous l'emprise d'un sortilège de contrainte et, bien que les langues-de-plomb étaient normalement entraînés à résister à tout type de sortilèges de l'esprit, Paul avait été particulièrement exténué au cours des derniers, les dernières pleines lunes ayant été extrêmement difficile pour un loup solitaire dans son genre et son contrôle avait flanché... juste à temps pour une gourgandine qui s'était empressée de le séduire. Wolf était déjà furieux après avoir lu l'article mais maintenant qu'un des siens – un de ses hommes à lui, avait été utilisé ainsi ? Ha ! Il allait faire en sorte que cette petite catin ait ce qu'elle mérite.]


De retour à Poudlard, l'enquête de Madame Bones suivait son cours. Ses hommes avaient déjà fouillé les dortoirs des Serpentards et Serdaigles et étaient à présent en train d'investir ceux de Gryffondor et Poufsouffle. Amelia quant à elle se trouvait dans les cuisines en compagnie de deux de ses Aurors. Elle avait déjà interrogé le staff de Poudlard mais elle n'était pas prête d'oublier les elfes de maison. Peu y pensaient, mais ces petites créatures connaissaient tous les secrets de Poudlard. Ou presque. Évidemment, ils ne savaient pas qui avait dosé le verre du jeune Lord Potter. Ce ne fut qu'au moment d'interroger le jeune Dobby, qui travaillait pour Poudlard depuis plus de deux ans maintenant, qu'ils commencèrent réellement à avancer.

"Missise Amelia Boney, Dobby a une révélation !"

Amelia offrit un léger sourire à l'étrang elfe de Maison (oups, pardon, un Elfe libre !).

"Oui, Dobby ?"

"Vous n'avez pas interrogé tous les elfes travaillant à Poudlard."

Amelia fronça les sourcils et échangea un regard avec ses deux employés.

"Comment cela ?"

"Il y a un elfe qui travaille à Poudlard, fit Dobby en tournant la tête vers les fourneaux, là où s'activaient plusieurs elfes nerveux, mais n'appartient pas à Poudlard."

Les yeux d'Amelia s'écarquillèrent à ce constater. Mais oui mais bien sûr. Comment avait-elle pu passer à côté de ça ?

Il y avait cependant une barrière magique empêchant l'entrée d'elfes de Maisons ne travaillant pas pour Poudlard érigée autour du château (cette barrière fonctionnait partout hormi dans les pièces secrètes telles que la Chambre des Secrets ou encore la Salle-sur-Demande). Cela voulait donc dire que l'elfe en question devait appartenir à un membre du staff.

Comme Amelia tardait à questionner Dobby, l'elfe de Maison entreprit de continuer ses révélations:

"Matis travaille pour Poudlard mais il n'appartient pas à Poudlard. Il est depuis longtemps au service des Dumbledore."

Amelia se mordit la lèvre pour ne pas laisser échapper un juron. Pourtant, elle se força au calme, il ne ferait pas bon de tirer des conclusions trop hâtives.

"Très bien, je te remercie pour ces informations, Dobby. Tu peux retourner travailler."

Dobby s'inclina respectueusement face à la femme de haut rang puis repartit peler ses pommes de terre en compagnie d'une Elfe qu'Amelia reconnut vaguement comme Winky, l'ancien elfe des Crouch.

Secouant la tête pour re focaliser sur la tête qui allait suivre, Amelia ouvrit la marche vers le petit elfe de Maison qui s'affairait aux fourneaux.

"Matis ?"

L'elfe sursauta et leur lança un regard effrayé avant de se calmer quand il reconnut l'uniforme des Aurors. Il avait toujours l'air nerveux malgré tout.

Les trois Aurors tentèrent bien de le faire parler mais ils se rendirent bien vite compte que, comme la majorité des Elfes de Maison servant d'anciennes familles sorcières, il avait été interdit à Matis de révéler les secrets de son maître. Le Maître de Matis avait été juste un peu plus parano que les autres sang-purs.

"Tu n'as pas à parler. Hochez juste la tête si la réponse est oui et secouez la tête si la réponse est non, d'accord ?"

L'elfe hocha la tête d'un air penaud alors qu'il agrippait les pans de la taie d'oreille qui le recouvrait.

"Est-ce que quelqu'un vous a ordonné de doser le verre d'un élève?"

L'elfe hocha la tête.

"Savez-vous de quoi il s'agissait ?"

À nouveau, l'elfe hocha la tête. Il ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais s'étrangla (il avait apparemment essayé d'aller contre les ordres de son maître qui était de ne parler à personne d'aucun ordre qu'il recevait).

"Tout va bien, tout va bien..."

L'elfe finit par se calmer.

"Savez-vous de quoi il s'agissait ?"

Hochement de tête.

"S'agissait-il d'Amortentia ?"

Hochement vigoureux de la tête.

La plume enchantée qui retranscrivait l'interrogatoire (ainsi que les gestes et réactions en italique) s'agita alors que l'elfe 'répondait' aux question de la chef du DMLE.

"Est-ce qu'un membre de la famille Dumbledore vous a ordonné de doser le verre de Harry James Potter ?"

Matis secoua la tête et les Aurors froncèrent les sourcils. Amelia fit le vide dans ses pensées, prit une lente inspiration puis reprit la parole:

"Y a-t-il quelqu'un d'autre, hormi les membres de la famille Dumbledore qui puisse vous donner des ordres ?"

Hochement de tête.

"S'agissait-il d'un résident de Poudlard ? (hochement) D'un professeur ?"

L'elfe secoua la tête et leur donna un regard nerveux.

"Un élève ?"

Cette fois-ci, l'elfe hocha de nouveau la tête.

Bon, ça confirmait ce qu'ils pensaient mais Amelia se devait de poser toutes ces questions afin de suivre le protocol à la lettre.

Doux Merlin... Comment se faisait-il que l'Amortentia ait pu passé les bordures de Poudlard ? Les barrières protectrices étaient censées alerter le staff de tout objets – artefacts, potions ou autres, potentiellement dangereux pour les résidents du château.

Ils s'apprêtaient à pousser un peu l'interrogatoire lorsqu'un patronus en forme de loup traversa le mur des cuisines et trotta dans leur direction.

"Amelia, ici Wolf. On a du nouveau sur l'affaire de l'empoisonnement à l'Amortentia. On vous attend dans votre bureau. C'est urgent."

Le patronus se dématérialisa suite à cela. Amelia échangea un regard avec ses deux Aurors puis remercia les elfes de maison pour leur temps et les trois Wixen quittèrent rapidement les cuisines.

La quarantenaire rappela deux de leurs équipes et mais en laissa deux autres stationnées au château alors qu'elle s'en retournait pour une entrevue urgente avec le boss du Département des Mystères.


Il s'était écoulé presque trois jours depuis que Harry avait été victime de violente quinte de toux (et d'inquiétants gonflement au niveau de la glande thyroïde) dans la Grande Salle, quand une paire d'yeux verts émeraudes papillonnèrent doucement. Le petit brun grimaça à la lumière soudaine et poussa un gémissement. Enfin, il essaya tout de moins. Sa gorge était sèche et lui paraissait douloureuse, sa bouche, elle, pâteuse. Il tenta de bouger mais ses membres étaient lourds.

Quelque chose dut quand même se voir puisqu'il entendit plusieurs voix se mêler au bourdonnement incessant qui l'avait réveillé il y a peu.

"Harry !"

"Il se réveille !"

Il cligna des yeux à nouveau... une fois, deux fois.. trois fois. Quelqu'un avait fermé les rideaux de sortes que la lumière du soleil couchant ne l'aveugle pas à nouveau. Des mèches de cheveux blancs se trouvèrent tout-à-coup dans son champ de vision et une paire de lèvres se posa sur les siennes.

Oh. C'était Wayne.

Harry ouvrit la bouche pour parler mais la referma sans avoir rien dit. Sa gorge était en feu... Non... pas sa gorge... c'était difficile de cerner ce qui le brûlait mais c'était au niveau de sa gorge. Lentement il éleva un peu et agrippa sa nuque. On l'arrêta aussitôt.

"Non, Harry. Tu vas te faire mal.

_ Ughh..."

Sirius approcha son filleul et posa sa main contre le crâne de Harry afin de supporter sa tête tandis qu'il portait un verre remplie d'eau à ses lèvres.

"Doucement... là... Voilà."

Harry parvint à ne pas s'étouffer et reprit sa respiration alors que Sirius reposait délicatement sa tête contre l'oreiller.

Il voulait demander ce qui s'était passé, mais il ne pouvait, pour une raison inconner, pas formuler ses questions.

"Ton verre a été dosé avec un puissant philtre d'amour, expliqua Silver alors qu'il s'arrêtait à côté du parrain d'Harry et ébouriffait les cheveux du petit brun aux yeux verts. Malheureusement – ou heureusement en fonction du point du point de vue, tu es allergique à la Poudre de Perle, l'un des ingrédients requis dans pas mal de philtres d'amour. La réaction allergique était violente mais ton état s'est stabilisé après avoir été tansféré à Ste Mangouste."

Oh, donc il n'était plus à Poudlard.

"Tu as été inconscient pendant trois jours, poursuivit Silver, sachant que Harry voudrait un compte-rendu précis de ce qui s'était passé entre temps. Le DMLE s'est rendu à Poudlard pour interroger tous les résidents et fouiller les dortoirs des élèves ainsi que les quartiers des enseignants et des apprentis."

Wayne gronda sourdement. Il avait bien une petite idée de qui était responsable mais il n'avait aucune preuve. Malheureusement, cela voulait dire qu'il devait laisser les adultes faire leurs preuves. Cependant, étant donné que les deux professeurs de DCFM étaient eux aussi sur l'affaire (n'allons pas oublier qu'ils étaient avant tout des langues-de-plomb et que le Département des Mystères bossait en étroite coopération avec le DMLE), il avait quelques espoirs.

Harry cligna des yeux, les ouvrant complètement pour la première fois depuis son réveil. Puis il cligna à nouveau des yeux.

"... zé... ira...?"

Il avait voulu demander où se trouvaient Ézéchiel et Moïra mais c'était tout ce qui était sorti de ses lèvres. Oh et bien, les personnes présentes dans la salle pouvaient, pour la plupart, déchiffrer ce qu'il disait, peu importe les circonstances.

"Je vais aller prévenir le docteur Ellen de son réveil," chuchota Silver à la meute alors qu'il quittait la pièce, laissant ses amis et le reste de la meute était aux petits soins.


Quand Harry pénétra dans la Grande Salle trois jours plus tard, au soir, entouré par Wayne, Blaise, Theo, Luna ainsi que Adar, Jason, Marcus, Lucian et Peregrine, un grand silence prit place. Puis lentement les conversations reprirent, un bourdonnement résonnant dans les oreilles du petit brun. Il pouvait sentir quelques centaines de regards le suivant mais il les ignora.

"Vous avez entendu ? Fit Lily Moon quand ils s'installèrent tous au centre de la table de Serpentard (et après s'être enquis sur la santé de Harry).

_ Quoi ?" fit Theo alors que Harry remerciait Nathan, un seconde année après que celui-ci lui ait timidement tendu une carte de bon rétablissement.

_ Apparemment, ils ont pincé le coupable."

Les nouveaux arrivants s'empressèrent de s'asseoir pour entendre les nouvelles. Moon était discrète et timide, elle parvenait facilement à se fondre dans le décor aussi les gens avaient tendance à laisser échapper des choses sans se rendre compte de sa présence. C'était d'autant plus vrai dans le cas des professeurs et autres adultes. Harry ne doutait pas de son abilité à éluder l'attention de professionnels.

"Tu sais qui c'est ?" demanda-t-il d'un ton calme.

Lily lui adressa un regard indéchiffrable puis une expression nerveuse apparut brièvement sur ses traits quand elle posa les yeux sur Wayne. Pourtant, la nervosité laissa place à de la détermination quand elle le regarda à nouveau et répondit:

"Ginny Weasley."


Mots: ~ 11k

1/ Je suis sérieuse, ma petite taille est probablement la seule raison pour laquelle j'arrivais à me rendre à l'heure à mes cours dans les couloirs bondés de l'école (quoi que les couloirs étaient plus larges une fois à la fac).

2/ Vaisey et Urquhart sont des personnages d'Harry Potter qui n'ont (pour autant que j'en sache) pas de prénom. Ce n'est pas la première fois que j'utilise 'Adar' et 'Jason' pour leur prénom et je vais continuer de faire ainsi.

3/ J'avais déjà employé cette idée de l'Enchanteresse, qui soit un peu l'opposé d'une Beuglante, donc je le réutilise.

4/ Les Nycticèbes sont adorables mais très dangerex. Ils sont vicieux et s'ils se sentent attaqués ils peuvent mixer leurs toxines avec leur salive et leur fourrure.

5/ Je sais que le château d'Alnwick (Angleterre) a été utilisé lors des tournages de la Saga mais je suis tombée sur ça (article: AReal-Life Hogwarts Is Opening in Scotland This Summer)quand j'écrivais ce passage et j'ai décidé de placer Poudlard quelque part à proximité d'Edinburgh.


Bon, la coupable était un peu évident mais je pensais changer ma façon d'écrire le chapitre – au début, j'avais juste penser nommer Ginny dans le paragraphe écrit de son point de vue, puis j'ai changé d'avis. J'ai hésité à finir le chapitre sur la révélation du coupable parce que c'était un peu évident que c'était elle, mais j'ai finalement décidé que c'était aussi bien comme ça.

/

End Note: J'ai regardé un extrait de Game of Thrones (bon, je n'ai jamais regardé la série mais...) avec Lyanna et Rhaegar(?) et quand il dit: ''I am his and he is mine'' j'ai pas pu m'empêcher de penser à Wayne narrant: ''I am Death and he is mine'' en pensant à Harry. Et cette phrase m'est restée en tête tout au long de l'écriture de cette fic. Je sais pas si je vais insérer le passage quelque part mais j'aimerai bien.

.

Note: Aussi, petite précision, Dumbledore n'a rien à voir avec ce qui est arrivé à Harry. Certes, il a pu suggérer à Ginny de prendre un rôle un peu plus actif mais il ne lui a pas suggéré d'utiliser un philtre d'amour.

.

Voldy devrait réapparaître dans le prochain chapitre (je ne sais pas encore s'il est juste beaucoup mentionné ou réapparaît directement mais il refait surface – souvenez-vous, il est sous les soins du Département des Mystères, lesquels tentent de comprendre comment il est parvenu à garder la vie sauve sans un corps).


Je suis tellement désolé. Ceux qui me suivent sur twitter savent que j'ai terminé le chapitre fin juin et que je devais le poster le 1er juillet. Malheureusement, internet nous a lâché à ce moment là et la fibre a suivi. On n'a plus de téléphone fix, internet et la télé déconne à mort. Comme on vient de partir pour les vacances, le technicien ne pourra passer que le 26 juillet. Je ne sais pas si j'aurai accès à internet à la location mais on passe la nuit chez ma soeur aînée (on est venu chercher ma nièce) et elle m'a laissé l'accès sa wi-fi donc voici le 9ème chapitre de H&W. Je suis désolé d'avoir mis ci longtemps à poster le chapitre mais il est là et j'ai commencé le prochain.

Le recueil Goblet Summons & Watching va être mis à jour également. Bonne vacances à tous et bon courage aux autres !


Publié le: 9 juillet 2021