Auteur: Kuro-Hagi – 02/08/2022
Genre: Amitié - Romance – Yaoi
Disclaimer: Tout ce monde et ces personnages appartiennent à Tadatoshi Fujimaki.
Notes : Joyeux Anniversaire Kagami ! Et voici le second chapitre de cet AoKagaMonth ! Merci pour vos reviews ! Enjoy !
Ju : Clairement... Moi non plus j'aurai pas pu résister à Kagami ! XD je ne sais pas non plus comment il a pu résister ! Un véritable mystère ! Merci pour ta review :)
NOISY
2 août
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22h33
La bière fraîche entre ses mains, il regarde l'océan miroiter sous la lumière lunaire. La brise venant de l'océan rafraîchit agréablement l'atmosphère et il profite du calme. Cette journée a été épique, il a eu l'impression qu'elle a duré à la fois une éternité autant qu'elle s'est évanouie dans un claquement de doigts. Il sourit doucement, savourant la douceur de la nuit, et le presque silence. La fête qui bat son plein plus loin est presque entièrement couverte par le bruit des vagues qui s'échouent régulièrement sur le sable en une musique lancinante, hypnotique.
Le silence, le calme.
Cette journée a été une explosion de bruit, de lumière et d'effervescence. Tout a commencé le matin quand son téléphone n'a pas cessé de sonner.
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07h00
« Tai ? »
Une main chaude et amicale se pose sur son épaule alors qu'il est devant un bol de riz et quelques légumes grillées pour son petit déjeuner, une jambe s'agitant nerveusement sur le barreau de son tabouret haut.
« Hm ? »
Son ami lui tend son téléphone.
« C'est Tetsu… Pour toi…
— Oh… »
Il pose le téléphone sur le bar, sur haut parleur tandis qu'il regarde Daiki s'éloigner à moitié réveillé pour se servir un café, qu'il a pris le temps de lui préparer.
« Salut Kuroko.
— Bonjour Kagami-kun. Happy Birthday.
— Thanks.
— J'ai vu tes résultats, c'est génial que tu aies pu te qualifier pour la finale.
— Yeah… Merci.
— Nerveux j'imagine.
— Ouais… Totalement. »
Daiki pose sa tasse de café à côté de lui et caresse doucement son dos en souriant. Il plaisante avec Kuroko.
« Désolé Tetsu. T'en tireras rien ce matin… Tu vas bien ? »
Il écoute d'une oreille distraite, Daiki raconter ses exploits de la veille et discuter quelques minutes avec Kuroko. Il ne réalise qu'il a raccroché, que lorsque son téléphone sonne de nouveau alors que le silence a à peine eu le temps de s'installer. Akashi cette fois. Il regarde l'écran un peu perplexe et regarde Daiki, le suppliant de l'aider du regard. Daiki rigole et décroche une nouvelle fois pour lui.
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22h34
Tous ces amis voulaient lui souhaiter son anniversaire, le féliciter de s'être qualifié pour la finale et l'encourager pour la dite finale. Il était nerveux ce matin, terriblement nerveux. Il a apprécié l'attention de chacun de ses amis, vraiment. Mais, il était trop angoissé pour réellement suivre toutes les conversations, ne répondant laconiquement que par un ou deux mots et laissant Daiki faire le reste de la conversation et les remercier pour lui.
La finale était programmée à quinze heures et avant le démarrage de celle-ci, les heures se sont écoulées à la fois trop vite et trop lentement, dans une sorte de brouillard indistinct. Il ne tenait pas en place, il a tenté la musique pour se détendre, il a fait du ménage dans son appartement qui était déjà étincelant, d'après Daiki on pourrait manger directement sur le carrelage tellement c'est propre. Alors finalement, Daiki lui a tendu ses baskets et un short : « Faut que tu décompresses et avec toi… Y'a que le sport qui fonctionne. J't'aurai bien proposé un basket mais c'est pas le moment de te fouler une cheville… On va courir c'est moins risqué. »
La proposition l'a surpris évidemment. Daiki le connaît trop bien, même si ça semble contre-productif de faire du sport, après une nuit trop courte et avant une compétition importante qui va demander toute son énergie, mais c'est la seule chose qui peut le calmer. Et sa nervosité a toujours été son pire ennemi en compétition et son seul moyen de vraiment soulager un peu son énergie débordante presque négative qui vibre en lui c'est le sport. Il n'a jamais rien trouvé de mieux.
Alors il a enfilé ses baskets et son short et… Daiki l'a accompagné et dieu sait que son ami a horreur de courir, pourtant il est venu avec lui, pour qu'il n'en fasse pas trop, pour le freiner et lui changer les idées.
Il fait tourner sa bière entre ses mains. Daiki est toujours là quand il en a besoin, même de l'autre côté du continent américain, il est toujours une oreille attentive, une voix encourageante et des moments de détente salvateurs. Daiki est son meilleur ami.
Il en a peu des amis. Il a toujours été un peu solitaire. Il n'est pas doué pour les relations sociales, il ne sait pas comment s'ouvrir aux autres et quand certains s'ouvrent à lui il se trouve démuni, il ne sait pas quoi leur dire, quels sont les bons mots ? Il n'a jamais appris. Pourtant avec Daiki c'est plus facile… Tout lui semble plus naturel.
Ils se sont rencontrés au lycée, durant cette courte période où il a vécu au Japon son pays natal. Adversaire au basket, leur relation n'a pas commencé de la meilleure manière. A l'époque Daiki était en colère, il se renfermait sur lui-même, il était devenu toxique et éloignait peu à peu les gens autour de lui. La seule qui se soit accrochée, toujours fidèle est Momoi. Quant à lui… Il ne sait pas trop comment mais au travers de leurs one-on-one hostiles, quelque chose s'est créé entre eux, une sorte de pont qui les reliait. Longtemps, ils n'ont discuté que par le basket, se retrouvant sur le terrain, menant un combat acharné puis se séparant quand inexorablement Daiki avait le dessus. Mais il n'a jamais renoncé à essayer de le battre. Il a persévéré et cette persévérance qui au départ irritait Daiki a fini par l'intriguer et le fasciner.
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« T'en as vraiment pas marre de perdre ? »
Malgré ses traits durs coutumiers, le regard de Daiki ne montre pas d'animosité, mais une vraie curiosité. Depuis quelque temps déjà il a remarqué que Daiki se montrait moins hostile, restant bougon, jouant toujours le jeu du connard de service. Mais tout ce jeu était bien moins convaincant, une façade, un masque qu'il semble avoir de plus en plus de mal à porter. Il hausse les épaules.
« Pourquoi j'en aurai marre ? Je perds une bataille, une confrontation… Mais je gagne toujours plus d'expérience. J'apprends tous les jours quand je joue contre toi… »
Il fuit le regard le Daiki quelques instants, se mordillant la lèvre, soudain un peu inquiet et si Daiki en avait marre ? Il se tourne de nouveau vers lui avec un regard de défi et un ton un peu agressif, sa propre armure pour se protéger.
« Pourquoi tu me poses cette question ? Tu en as marre de gagner ? Tu t'ennuies quand tu joues contre moi ? »
Daiki a l'air surpris, de sa réaction… Peut-être par son ton ? Ou sa question ? Peut-être un peu des deux, il a secoué négativement la tête.
« Non… Tu es bon. Je te bats, mais tu es toujours un challenge intéressant. »
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Cette réponse l'avait soulagé. Il a toujours pris beaucoup de plaisir à jouer contre Daiki et il l'a toujours intrigué et attiré en tant que personne. Il avait déjà un petit crush à l'époque. Alors l'idée que Daiki puisse s'ennuyer en jouant contre lui était très déplaisante.
Sa bière est vide. Son esprit est déjà un peu embrumé par la quantité d'alcool qu'il a bu ce soir, sans compter que la compétition a été éprouvante, il est un peu fatigué. Pourtant, il n'a pas envie de bouger et il reprendrait bien une autre bière. Il entend les sons de la vie qui bourdonnent derrière lui, les voix qui résonnent, les basses de la musique semblent taper dans l'air, les rires qui s'élèvent dans la nuit. Et devant lui… L'océan immense dans lequel il aime se perdre, l'océan noir à cette heure à la fois intimidant et apaisant. Un refuge. Le sable glisse agréablement entre ses orteils, doux et tiède. Il s'est assis à un moment, et il se sent tellement fatigué qu'il n'est même pas sûr qu'il arrivera à se relever. Il a perdu Daiki un peu plus tôt dans la foule, il l'a cherché un peu, mais il a abandonné rapidement, le besoin de trouver le calme, de fuir le bruit trop lourd, trop agressif de la fête l'étreignant. Il rigole légèrement. Cette journée a été une folie. Daiki finira bien par le retrouver. Daiki le retrouve toujours. Et quand il essaie de s'isoler, il est le seul avec lequel il aime partager ses moments de solitude.
En fait, il aimerait déjà qu'il soit là. Mais il ne s'inquiète pas tôt ou tard, Daiki va venir s'asseoir à côté de lui en silence, peut-être avec une bière qu'il lui tendra sans un mot.
Cette journée a été une folie de bruits et de lumières. Finalement, l'heure de s'élancer sur les vagues est arrivée. Daiki était là pour l'encourager et le rassurer. Il était pétrifié sur la plage après l'échauffement. Tout ce monde pour les encourager, la musique trop forte, les cris des enfants, les encouragements… Daiki a saisi sa nuque et posé son front contre le sien.
« Hey… C'est ton univers Taiga. Oublie tout le reste, il n'y a que toi et ta planche sur cet océan, comme tous les jours. Tu sais ce que tu fais. »
Il a fermé les yeux et écouter les mots de son ami. Le cœur battant, l'estomac un peu noué, puis un coup de sifflet indiquant que les participants doivent se préparer à se mettre à l'eau. Daiki a posé un baiser sur son front et souffler quelques derniers mots : « I'm proud of you. »
Son cœur s'est emballé et il s'est senti soudain boosté, réalisant que seul le regard de Daiki compte et Daiki ne le juge jamais, il est là pour l'encourager, l'aider à se relever, le féliciter. Il a hoché doucement la tête et Daiki s'est éloigné de quelques pas. Il a pris sa planche et s'est élancé sur l'eau entre ses deux adversaires.
La finale est passé si vite. Une fois sur l'eau, une fois au large au milieu des vagues, il n'y avait plus que le bruit du vent sifflant à ses oreilles et le ronronnement de la houle. Plus aucun son ne venait de la plage, même le bourdonnement des drones qui les filmaient était imperceptible. Il a laissé ses compétiteurs prendre la première vague, mais il a choisi d'attendre… Elle ne lui semblait pas idéale, pas mal, mais au large il a vu de nouvelles vagues plus prometteuses se former. Il a suivi son instinct qui lui fait rarement défaut, à raison. Il a filé sur une vague quasi parfaite, rapide et longue, lui permettant de tenir et de proposer un bon nombre de manœuvres techniques qui plaisent aux juges. Son sourire ne l'a pas quitté alors que l'adrénaline s'est déversée dans ses veines, savourant les sensations intenses et dont il ne se lasse jamais.
Il n'a pas observé ses deux compétiteurs, il a surfé du mieux qu'il a pu, il a juste donné tout ce qu'il avait et enchaîné les belles vagues. Au final, il en a pris moins que les deux autres, mais il les a parfaitement choisies, sans se précipiter.
Quand il est revenu sur la plage sous les rugissements de la foule, ça l'a surpris, un peu sonné. De grands écrans, étaient installés rediffusant les plans des drones en direct et son image sortant des flots prenaient tout l'espace et il a déchiffré les mots indiquant qu'il avait terminé en tête de la compétition. Aussitôt, les organisateurs l'ont entouré lui et les deux autres finalistes pour le féliciter, les choses se sont précipitées, les cris, les sifflets de joie du public. Il était le dernier concurrent californien, qu'un gamin du cru gagne, même s'il a quelques origines japonaises, c'était une très bonne nouvelle pour le public extatique.
Ce fut de nouveau des moments de folie, tout est allé très vite, il a répondu aux questions des journalistes, il a récupéré sa récompense sous les caméras en montant sur le podium, il a de nouveau répondu à d'autres questions et pendant tout ce temps Daiki n'était pas loin, ses regards et son sourire l'aidant à ne pas perdre pied.
Enfin, il a pu rentrer chez lui et se doucher. Mais il n'a pas vraiment eu le temps de se reposer. Sur la plage la fête n'attendait que lui, l'invité d'honneur, pour démarrer et alors qu'il espérait profiter de quelques minutes de calme avec Daiki avant d'y retourner, son téléphone a de nouveau sonné. En voyant, la tête de Kise s'afficher, il n'a pas été surpris. Kise est sûrement l'un de ses plus grands fans.
Comme toujours son ami était enthousiaste, ravi pour lui de cette victoire éclatante. Il n'est pas sûr qu'il aurait pu mieux surfer qu'aujourd'hui. Bien-sûr il a fait des erreurs, mais avec l'imprévisibilité de l'océan il est quasi impossible de faire un sans-faute. Kise l'a félicité avec excitation, détaillant et disséquant tous ses meilleurs gestes. Derrière la caméra il a pu apprécier le sourire éclatant de son ami, de son rire et de ses gestes toujours aussi animés quand il s'exprime. Ils ont discuté un peu également des projets de son ami, mais il a dû mettre fin à la conversation pour rejoindre la soirée de clôture de la compétition non sans avoir bénéficié des conseils avisés de son ami en terme d'esthétique vestimentaire pour la tenue idéale pour cette soirée.
Évidemment, Daiki qui était là aussi a également donné son avis, se renfrognant un peu sur certaine tenue proposée par Kise qui était un peu trop 'provocante' à son goût. Kise arguant justement que Taiga méritait de se trouver de la compagnie pour la nuit. Alors que Daiki lui assurait qu'après cette journée Taiga avait surtout besoin de confort et de sommeil.
Il faut avouer que la discussion animée qui a suivie entre ses deux amis, l'a amusé. Et puis, intérieurement, il a plus qu'apprécié, c'est rassurant de savoir que Daiki n'a pas envie de le voir avec quelqu'un.
Ils n'en ont jamais clairement parlé, ils savent que s'ils en discutent, ils ne pourront plus faire semblant et... Le moment n'est pas propice. Pas encore... Mais maintenant que la compétition est terminée, il a eu son titre alors peut-être qu'il pourrait raccrocher. La blessure de l'année dernière lui a fait peur, il prend beaucoup de risques en compétition et aux entraînements, il ne veut pas se passer du surf, mais il peut peut-être lâcher du lest et retourner à du surf en dilettante. Et puis, il ne connaît pas Chicago, c'est peut-être le moment de découvrir la ville.
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22h45
Enfin Daiki s'installe à côté de lui, il tourne la tête vers lui et sourit en voyant dans sa main une bière. Bingo. Il prend la bière, hoche la tête pour le remercier, mais Daiki ne reste pas silencieux et souffle.
« Bon anniversaire Taiga. »
Il ne peut s'empêcher de sourire.
« Merci Daiki. »
Ils restent silencieux, dégustant chacun leur bière, jusqu'à ce que Daiki brise de nouveau le silence.
« Tu as été impressionnant aujourd'hui. »
Il rougit légèrement et regarde son ami du coin de l'œil, ses compliments lui font toujours terriblement plaisir.
« Merci… Faudra que je regarde les vidéos… Mais… Ouais je suis plutôt content de moi.
— Tu peux ! Je suis fier de toi…
— Thanks.
— Besoin de calme ?
— Yeah… C'était… Un peu trop pour moi. »
Daiki sourit, pas étonné de cette réponse. Le silence s'est de nouveau installé, mais le silence n'est jamais pesant entre eux, toujours serein. Il pose sa tête sur l'épaule de Daiki et ferme les yeux.
« T'endors pas…
— Nan… T'inquiète... »
Le rire de Daiki l'accompagne dans la somnolence.
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23h08
Il ouvre les yeux en sursaut, le bras de Daiki encerclant ses épaules alors que le premier feu d'artifice explose et se déploie en corolles étincelantes au-dessus de l'océan. Il savoure la présence chaude de Daiki contre lui et profite du spectacle qui s'étale devant eux. Les fleurs scintillantes et colorées illuminent le ciel et se reflètent dans l'eau avant d'y sombrer, se succédant les unes aux autres, plus majestueuses les unes que les autres…
Une explosion de bruit, de lumière et d'effervescence comme une métaphore à cette journée incroyable.
