Auteur: Kuro-Hagi – 29/08/2022

Genre: Amitié - Romance – Yaoi

Disclaimer: Tout ce monde et ces personnages appartiennent à Tadatoshi Fujimaki.

Notes : On continue ! Merci pour vos encouragements !


RELAX

18 août

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Ses tripes se tordent et son cœur se serre alors qu'il écoute la voix étranglée de Taiga. Il a entendu Taiga dans des moments difficiles, dans des moments de panique, dans des moments de rage… Mais il n'a jamais entendu autant de désespoir et de douleur dans sa voix. Et évidemment, il n'est pas là pour le pendre dans ses bras, le rassurer, le réconforter.

Les mots s'entrechoquent entre les sanglots dans la bouche de son homme.

« Sorry… C'est… C'est pas mon père… C'est… Toi… Tu me manques tellement et… Hier soir… J'ai l'impression que tu veux pas me parler et… J'essaie d'être fort mais hier c'était trop Dai… Dis-moi ce qui se passe… Please... »

Quand, il en comprend leur sens, c'est commeun coup de massue pour lui qui le laisse quelques instants choqués.

C'est de sa faute. Si Taiga est dans cet état, c'est de sa faute. La culpabilité l'envahit comme un poison et il se recroqueville sur lui-même dans son canapé. Le silence de son téléphone, brisé par un soupir de désespoir de son petit ami, lui rappelle qu'il attend une réponse.

Il déglutit et tente de s'excuser, de s'expliquer… Malgré sa honte, malgré sa culpabilité. Il se sent comme un connard égoïste. Il n'a rien compris.

« Je suis désolée Taiga. Je suis désolé… »

Il inspire doucement, sa voix est rauque et semble à peine réussir à passer dans sa gorge serrée.

« J'aurai pas dû m'emporter comme ça hier… C'est pas de ta faute… C'est moi… Je… Je suis paumé…

— … Paumé ? Il y a un problème avec ton contrat ? Je t'ai dit… Je peux venir à Chicago ou n'importe où, où tu seras transféré. Vraiment… On peut au moins essayé…

— Non ! Enfin… Si si c'est nécessaire… Mais c'est pas le problème, les négociations sont toujours en cours… C'est pas ça le problème…

— Ok… Alors c'est quoi ? »

La voix de Taiga est faible, comme s'il avait peur d'entendre la réponse à cette question. Il a totalement merdé, il n'a jamais été très doué pour les relations amoureuses. Il faut toujours qu'il déçoive ses partenaires. Mais jusqu'à présent, pour lui ça n'avait jamais été vraiment sérieux, alors il ne faisait pas vraiment d'effort non plus.

« J'ai flippé… Je t'aime Taiga. Je t'aime tellement… Et… Tu me manques… J'en deviens fou…

— Je sais D- »

Il ne laisse pas Taiga continuer, il faut qu'il lui dise ce qu'il a sur le cœur, il faut qu'il s'excuse, parce que ce qu'il ressent ne l'autorise pas à s'énerver sur Taiga.

« Et j'ai flippé… J'avais l'impression que tu avais plus besoin de moi, que tu souffrais pas de la situation que… Je te manquais pas autant que tu me manques… Et… Je suis un vrai connard… Je t'en voulais de pas souffrir comme moi… Et j'osais pas te l'avouer, parce que je veux pas que tu souffres Taiga alors j'ai honte de penser ça… »

Cette fois Taiga n'essaie pas de répondre, il a peur qu'il lui en veuille, qu'il le déteste après ça. Il serre son poing sur son t-shirt alors que son cœur lui fait mal, mais il continue.

« Je suis désolé… J'ai peur… J'ai peur que tu t'éloignes parce que je suis pas près de toi… J'ai peur que tu n'aies plus besoin de moi… J'ai jamais eu aussi peur de perdre quelqu'un de ma vie Taiga… Et ça me fait agir comme le pire des connards... »

Il appuie sa tête en arrière sur le canapé, il sait que Taiga est encore au téléphone, il peut entendre sa respiration. Son silence l'angoisse, mais il ne presse pas, il lui laisse le temps d'ingérer ses paroles. Et finalement,il se sent soulagé d'avoir avouétout ce qui pesait sur son cœur.

« Donc basiquement, tu me dis que tu t'inquiétais… Parce que j'essayais de prendre sur moi pour pas t'inquiéter…

— Euh… Quoi ?

— Rien… J'analyse… Fuck... »

Il entend le soupir exaspéré de Taiga et il réalise que son homme s'est calmée, sa voix n'est plus brisée de sanglots et il en est soulagé.

« Ouais… T'as raison Dai… T'as vraiment été un con. Sérieusement… ça fait trois ans que je t'attends ! Je t'ai dit que j'étais prêt à renoncerà tout pour toi… Et tu crois que je vais lâcher l'affaire comme ça parce que quoi je t'ai eu une semaine ? Tu crois que je vais me lasser comme ça ? Tu as si peu confiance ? »

Il s'affaisse dans le canapé sous la colère de son homme plus que méritée. Il essaie de se défendre maladroitement.

« Non ! Non… Je suis désolé… Je sais tout ça… Je me le suis répété encore et encore… Mais ma tête voulait pas l'entendre…

— Baka !

— Je sais…

— Non tu sais pas… Non. Mais j'ai été un idiot aussi… Il faut qu'on soit patient, on le sait tous les deux. Et c'est pas facile d'être dans le flou comme ça… Mais ce qui est sûr c'est que en attendant que la situation s'éclaircisse ça marchera pas si on n'est pas honnête l'un avec l'autre… J'aurai pas dû essayer de faire bonne figure et… Te dire vraiment ce que je ressentais… Alors je te le dis maintenant Dai… Ça me tue de pas pouvoir te voir… Mon appart est beaucoup trop vide depuis que tu es parti, j'ai l'impression de plus m'y sentir chez moi… J'ai peur du moment où toutes traces de ton odeur sur mes draps aura disparu. Tu me manques Daiki, je suis misérable sans toi… »

L'absence de Taiga est toujours douloureuse, il a envie de le voir plus que jamais. Mais entendre ces mots, adoucit un peu la douleur. Comme si soudainement, Taiga la partageait avec lui et qu'elle se faisait un peu moins lourde à portée.

« Moi aussi je suis misérable sans toi… Et j'agis comme un idiot…

— Mais tu le referas plus. Même si ce que tu ressens te sembles pas juste, honteux… On peut pas garder ce genre de truc pour nous… ça pourrit et c'est que plus douloureux… Ok ?

— Ok. »

Depuis son retour à Chicago, c'est la première fois qu'il se sent aussi détendu, cette mise au point avec Taiga lui a fait beaucoup de bien, ça ne résout pas les problèmes, ni ne guérit leurs peines, mais ça soulage les angoisses.

Il entend à sa voix que son homme aussi est plus détendu et d'une certaine manière, il a soudain l'impression d'être plus proche de lui, d'avoir échangé quelque chose de très intime avec lui. Parler ce n'est pas forcément là où il excelle, mais il comprend l'enjeu et… C'est Taiga et au fond il sait qu'il peut tout lui dire, même si pendant quelques jours il s'est un peu perdu.

Taiga laisse échapper un long soupir et finalement grommelle.

« Et même pas on peut profiter d'une baise de réconciliation ! »

Il éclate de rire et celui de Taiga lui fait écho.

C'est bon de rire, c'est encore meilleur d'entendre Taiga rire avec lui.