Auteur: Kuro-Hagi – 29/08/2022

Genre: Amitié - Romance – Yaoi

Disclaimer: Tout ce monde et ces personnages appartiennent à Tadatoshi Fujimaki.

Notes : Et un petit dernier pour ce soir :) Enjoy !


FLIGHT

30 août

.

Est-ce que ce n'est pas un peu extrême d'angoisser pour un vol dans lequel il n'est même pas ? Il est nerveux. Il surveille l'heure. Taiga vient de s'installer dans l'avion. Il lui a envoyé un dernier message pour le prévenir qu'il coupait son téléphone et maintenant… Il stresse. Taiga est dans une boîte de métal volante. Il a vérifié la météo plusieurs fois. Il est presque plus nerveux que lorsque c'est lui qui monte dans l'avion.

« Hey Daiki… Il se passe quoi ? T'es tout pâle…

— Taiga est dans l'avion.

— Euh… Et ?

— Eh ben… J'aime pas savoir Taiga dans un avion !

— Ooookay… Allez revient t'entraîner ça te fera penser à autre chose ! »

Il laisse son coéquipier le tirer vers le terrain. Il n'a pas tort, avec un ballon entre les mains il pensera peut-être à autre chose. En plus, Taiga est dans l'avion pour quatre heures, il a hâte de le retrouver. Il a prévu d'aller le chercher à l'aéroport… Mais d'ici là il a vraiment besoin de s'occuper l'esprit.

Pendant une heure, le ballon est tout ce qui lui importe. Il savoure le contact de la surface de cuir sous ses doigts et le son du rebond et des semelles sur le parquet, les cris du coach, les exclamations de joie de ses coéquipiers ou au contraire les réflexions de mauvaise foi de ceux qui jouent dans l'équipe opposé. Ils jouent avec lui depuis trois ans, mais ils n'arrivent toujours pas anticiper ses mouvements, à lire parfaitement son jeu. Le seul qui a su un moment, lui faire vraiment peur c'était Taiga.

Il n'a pas le temps de chasser cette pensée de sa tête que le coach siffle la fin de l'entraînement. Il s'essuie le visage en sueur, boit de longues gorgées d'eau. Il regarde l'heure sur le cadran. Trois heures. Taiga est dans les airs. Son estomac se tord d'inquiétude. Il se souvient quand il était gamin quand sa mère avait horreur de le voir marcher près du vide, il adorait le faire exprès, elle disait qu'elle avait le vertige et que le voir au bord du vide la rendait malade.

Comme il comprend à présent.

Désolé maman…

Il rejoint le vestiaire avec ses coéquipiers, il traîne un peu pas pressé de se retrouver seul à ruminer d'angoisse et d'impatience en attendant que l'avion de Taiga se pose.

Inévitablement, à un moment il n'a plus de raison de traîner et tout le monde se disperse. Il est seul dans sa voiture, l'estomac noué, le cœur un peu serré, il a presque la nausée. Il vérifie les conditions météorologiques encore une fois, tout semble calme.

Il démarre, quitte à devoir attendre autant se rendre à l'aéroport, il ne saura pas quoi faire chez lui. Et s'activer lui permet de penser à autre chose qu'à cet avion qui transporte son homme et risque de tomber à tout instant.

Non… Non… Il ne faut pas qu'il pense ça. Des ingénieurs ont travaillé sur ces avions, des experts… Et on dit que c'est le moyen de transport le plus sûr. Oui, mais quand il y a un accident c'est fatal.

Il monte le volume de la musique et se force à chanter en se concentrant sur la route. La circulation est dense et lui facilite la tâche pour ne pas penser à autre chose qu'à conduire. Il arrive à l'aéroport, c'est un peu la bataille pour se garer mais finalement il trouve une place.

Il enfile une casquette et des lunettes noires, il n'a pas spécialement envie de se faire accoster par des fans ou des journalistes, alors qu'il n'est pas vraiment serein. Il longe les murs et se mêle à la foule pour rejoindre la bonne zone de l'aéroport. Il vérifie régulièrement sur les panneaux d'affichage que le vol de Taiga suit son court. Et étrangement, il a l'impression de mieux pouvoir respirer en ayant ces infos en temps réel.

Il ne peut pas aller plus loin, au-delà des portillons il faut une carte d'embarquement. Alors il attend en arpentant l'espace, circulant entre les voyageurs. Une heure. Pour une fois, il n'a pas de musique sur les oreilles, il écoute avec attention chaque annonce de l'aéroport mais tout est calme semble-t-il. Il essaie de se poser dans un bar et se prend une bière, mais il n'arrive pas à rester assis. Il la boit rapidement et repart tourner comme un lion en cage.

Enfin le vol de Taiga atterri. Les derniers nœuds d'angoisse se dispersent quand enfin les panneaux d'affichages annonces la descente des voyageurs. Il reste un moment, à souffle de soulagement. Puis, il réalise que ça signifie que dans quelques minutes il va voir Taiga.

Il déglutit. Son ventre le chatouille, son cœur bat plus vite. Il va enfin le voir. Il sent déjà l'émotion lui étreindre la gorge. Taiga voyage léger, il ne devrait pas mettre trop de temps à apparaître. Il scrute les voyageurs qui commencent à arriver. Il a retiré ses lunettes et enfin, il le voit, Taiga leur repère immédiatement, leurs yeux se fixent et un sourire immense s'affiche sur le visage de son homme.

Il est magnifique.

Quand enfin il franchit les portillons et le rejoint, Taiga ne se pose pas de questions et enroule ses bras autour de lui pour le serrer contre son torse et enfouit son visage dans son cou.

« I missed you so much... »

Il referme ses mains sur sa veste, il serre ses poings durement. Il est enfin là, son cœur pressé contre le sien, son odeur d'océan qui envahit ses narines.

« Missed you too... »