4 / 24
Des options.
Edward fut momentanément surpris de réaliser qu'il avait le choix pour le petit-déjeuner. La cafétéria de l'hôpital était petite mais ils avaient une sélection décente. Il y avait du bacon, comme Bella l'avait promis mais aussi du bacon de dinde, des saucisses (des boulettes et des tranches), des biscuits et de la sauce. Il y avait six types de pain différents à choisir pour les toasts. Il y avait du yaourt avec une sélection de fruits et de granola à mettre dedans. Il y avait une sélection de céréales sèches avec une sélection de lait, du lait entier à l'amande. Jus d'orange ou café ? Des flocons d'avoine ou du porridge à la semoule? Il y avait même un employé qui grillait un sandwich pour une infirmière.
Il repéra un petit panneau indiquant qu'ils pouvaient commander des hamburgers tant que le gril était ouvert. Il en eut l'eau à la bouche. Cela faisait si longtemps qu'il n'avait pas mangé un hamburger épais et juteux.
"Tu es vraiment très concentré," observa Bella haussant un sourcil vers lui.
"Je pensais que la nourriture de l'hôpital était censée être presque aussi mauvaise que celle de la prison mais ça a l'air plutôt bon. Pourtant, je ne suis pas sûr que cet endroit soit le meilleur choix pour mon premier hamburger à l'extérieur. Est-ce que je veux vraiment gâcher cette expérience ?"
Elle avait l'air perplexe. "C'est une question à laquelle toi seul peut répondre. Prends ce que tu veux. Je vais prendre du bacon et des œufs. Classique. Tu ne peux pas te tromper avec du bacon et des œufs."
"Tu as raison."
Quelques minutes plus tard, ils s'assirent avec leur bacon et leurs œufs. Bella avait des toasts sur le côté. Edward avait opté pour un petit bol de porridge à la semoule avec un peu de lait et un paquet de sucre versé dedans. La première cuillerée, chaude et sucrée, fut si réconfortante qu'Edward faillit gémir. Il soupira, se rappelant que c'était l'une des seules choses qu'il aimait et qu'il n'avait jamais pu le cacher à Carlisle. Son beau-père avait fait de gros efforts mais Edward avait été un enfant tellement colérique. Il refusait presque tous les repas qu'on lui proposait au motif qu'ils étaient dégoûtants.
"Alors, finissons-en," dit Bella.
Edward fronça les sourcils, perplexe. "Quoi ?"
"La conversation inévitable."
A cela, Edward dut cacher son effroi. Bien sûr. Il savait qu'elle devait être curieuse. Il mangea une autre cuillerée, temporisant, sûr qu'elle était sur le point de lui demander comment il s'était retrouvé en prison.
"Quels sont tes mots ?" demanda-t-elle.
Il cligna des yeux. "Quoi ?"
"Les mots de ton âme sœur."
Pendant un autre moment, il garda le regard fixe puis il rit. Il passa une main sur les yeux. "Seigneur. Je ne me souviens même pas de la dernière fois que quelqu'un m'a posé cette question."
"Vraiment ?" Ses sourcils s'arquèrent.
Dans le monde réel, c'était, comme Bella l'avait indiqué, un sujet de conversation inévitable. Les mots de l'âme sœur pouvaient être si intéressants. Comme Edward le savait d'expérience, même les mots les plus banals permettaient de briser la glace. Et, si la personne avait déjà rencontré son âme sœur, cela ouvrait la conversation à d'autres histoires.
"Je ne pense pas que quiconque soit vraiment intéressé par la recherche de l'âme sœur en prison," songea Edward. Cela pourrait être un cauchemar. Imaginez que vous grandissiez en sachant que les premiers mots que votre âme sœur vous a adressés étaient des mots cruels échangés même dans une prison de sécurité minimale. Ce serait une conversation gênante pour le père et la mère de quelqu'un qui grandit."
"C'est arrivé. Un truc à raconter aux petits-enfants." Bella sourit. "'J'ai rencontré ton père quand il a été transféré dans mon bloc.' Une sacrée rencontre."
"Oh, oui. Ce serait adorable," gloussa-t-il ironiquement. "Eh bien, je suppose qu'il est possible que j'ai rencontré mon âme sœur en prison. Mais c'est peu probable, vu que je ne suis pas gay." L'âme sœur platonique n'était pas inconnue mais c'était peu probable dans ce cas. Ce n'était pas comme si quelqu'un allait en prison pour se faire des amis.
"Alors ? Dis-moi tout. Quels sont tes mots ?" Elle fronça le nez. "Oh, mec... ta mère n'est pas morte avant de pouvoir te le dire, si ?"
"Elle me l'a dit avant de mourir." Edward soupira. "Pour le peu que ça m'a fait du bien. Le mien est tellement générique qu'il est inutile. Salut. C'est ça."
"Une salutation standard. Merde."
"Très standard," il était d'accord. Il n'avait pas manqué de remarquer que le premier mot que Bella lui avait adressé était "salut". Il devait admettre que cela lui avait donné un frisson qui avait rendu son pantalon plus serré mais qui pouvait le blâmer pour cela ? C'était une jolie femme. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas vu de jolie femme et encore moins qu'il avait été assez près pour en toucher une. "Alors, quels sont les tiens ?"
Elle se moqua. "Pas aussi intéressants que les tiens." Elle sourit. "Crotte de bique"
"Crotte de bique ?!"
Elle hocha la tête et il rit. "J'ai toujours pensé que c'était une phrase bizarre. Crotte de bique. J'avais un ami au lycée qui disait ça tout le temps mais c'est une expression bizarre. Eh bien, sur celle-là on ne peut pas se tromper."
"Tu serais surpris..." marmonna-t-elle. Ses yeux rencontrèrent les siens brièvement et elle soupira, posant sa fourchette pour s'entourer de ses bras. "Quand j'étais en troisième année, ce nouveau gamin est venu me voir. Jacob. Il chantait une de ces chansons stupides que les enfants inventent. C'était " Rame, rame, rame sur ton bateau " sauf qu'il chantait "Crotte crotte crotte de bique". Il m'a pris par les mains et me l'a chanté en pleine figure. "Crotte crotte de bique, crotte de canard. Il faisait juste l'idiot, tu sais. Un gamin odieux."
Elle haussa les épaules. "Quand j'étais plus jeune, je pensais que nous allions être un de ces amis-âmes sœurs. Mais ensuite nous avons été adolescents ensemble."
"Trop d' hormones, je suppose."
Son sourire était étonnamment triste et il dut résister à l'envie de tendre la main et de la toucher pour la réconforter. "Ouais. Exactement." Elle prit une profonde inspiration et secoua la tête, faisant un effort évident pour se redresser. "Il m'a fallu une éternité pour réaliser qu'il n'avait pas prononcé les mots de mon âme sœur. Crotte crotte crotte de bique c'est ce qu'il a dit. Mes mots sont juste "Crotte de bique."
"La sémantique qui peut te rendre folle." Il prit une bouchée de bacon, en appréciant la saveur. Cela le distrayait de son envie de poser une des nombreuses questions qui lui venaient à l'esprit en la regardant. Il avait le sentiment que les choses s'étaient mal terminées. Rien que la façon dont elle se tenait quand elle en parlait, comment elle semblait se contracter, parlait de douleur. Il voulait savoir mais il ne voulait pas qu'elle ait mal. De toute façon, ce n'était pas ses affaires.
"L'histoire de l'âme sœur, c'est plus d'ennuis que ça n'en vaut la peine," dit-elle.
"Tu crois ?"
"Quel mot tu as utilisé... ? Sémantique ? Je déteste l'idée que quelque chose soit inévitable. A quoi bon savoir quelque chose sur le futur ? Les gens passent toute leur vie à l'attendre ou pire, ils structurent leur vie autour de cela. Tu as entendu les histoires... des parents qui servent la phrase de l'âme sœur aux personnes avec lesquelles ils veulent que leurs enfants sortent.
"Et puis tu rencontres l'âme sœur, et alors ? Trouver le yin de ton yang n'est pas d'une grande aide lorsque ton yin est émotionnellement rabougri par une enfance traumatisante. Il n'y a aucune garantie que ton yin ne soit pas un pédophile."
"La phrase de l'âme sœur t'a déjà causé des problèmes, n'est-ce pas ? Tu as grandi en pensant que tu avais une connexion profonde avec un gars. Pourquoi penserais-tu à regarder quelqu'un d'autre alors que tu sais déjà que c'est le bon ?" Il la fixa d'un regard interrogateur.
Ses yeux se plissèrent et elle baissa la tête. "Exactement."
"Ça ne s'est pas bien terminé," dit-il, en lisant son langage corporel.
"Non. Non, pas du tout."
"Eh bien, je ne sais pas si ça peut te consoler mais je pense que les relations de la plupart des gens au lycée ne se terminent pas bien, avec ou sans la complication de l'histoire de l'âme sœur." Il gloussa en pensant aux relations désastreuses qu'il avait eues au lycée et au-delà.
"Tu parles de connaître l'avenir..." dit-elle et ils sourirent tous les deux.
"J'ai lu une étude une fois qui supposait que la phrase de l'âme sœur avait moins à voir avec la compatibilité des relations qu'avec la capacité de survie globale. Les âmes sœurs font les meilleurs bébés."
"L'évolution ?" L'expression de Bella devint pensive. "Mettre l'information entre les mains des parents n'est pas la meilleure idée, cependant. Les parents peuvent mentir."
"Ouais. J'ai pensé à ça. Et si ma mère avait menti ? Ce n'est pas comme si je pouvais lui demander." Il posa ses coudes sur la table et se pencha. "Je me suis demandé. Il y avait cet homme. Je veux dire... ses premiers mots pour moi ont été 'tu es une petite salope, n'est-ce pas' mais, bon, on s'est retrouvés coincés sur le même sujet. On a appris à se connaître un peu mieux. C'était étrange. Il semblait me comprendre à un niveau que personne n'avait jamais atteint."
Ses yeux étaient énormes. "Tu es sérieux ?"
"Non," il resta impassible.
Elle cligna des yeux. Et il ne put retenir son sourire. Il rit quand son regard choqué se transforma en une grimace pas trop sérieuse. "Tu es une personne horrible…!" dit-elle en secouant un morceau de bacon.
"Cela devient une opinion populaire par ici," dit Edward en fronçant les sourcils. Cela le dérangeait plus que de raison que la femme de son frère le déteste.
"Les gens sont des cons," lui rappela-t-elle, son expression s'adoucissant.
"Et même les cons ont des âmes sœurs, c'est ce que tu essaies de dire."
"Hitler avait une âme sœur. Et c'était génial quand il n'y avait qu'eux mais à la fin de la journée, ton âme sœur est toujours Hitler." Elle haussa les épaules.
Il pencha la tête, l'observant pendant quelques instants. "Alors, où est-ce que ça te laisse ? Romantiquement, je veux dire. Tu attends le bon ou tu joues sur le terrain en attendant ?"
Ce qu'il pensait faire... Edward n'en avait aucune idée. Il savait pertinemment qu'il n'avait pas à flirter avec cette femme. Il était surpris de se rappeler comment faire. Sept ans, c'était une longue période.
Mais, le choc qui traversa son visage valait l'humiliation de l'inévitable refus. Il n'était pas vraiment sérieux. Il avait simplement découvert qu'il aimait observer ses réactions. Ses expressions étaient si claires. Il devait se mordre l'intérieur de la joue pour ne pas sourire.
Bella rit une fois et baissa la tête. Elle leva les yeux vers lui, un sourire jouant au coin de sa bouche. "Je n'ai pas de plan. La question ne s'est pas vraiment posée depuis que je me suis débarrassée de cet appendice de Jacob."
"C'était il y a combien de temps ?"
"Quatre ans. Presque cinq."
Ses sourcils atteignirent la racine de ses cheveux. "Tu essaies de me dire que personne ne t'a demandé de sortir en cinq ans ?"
Elle soutint son regard un instant avant de se redresser et de se pencher en arrière. Elle passa son bras sur le dossier de sa chaise. "En cinq ans tous ceux qui ont demandé n'avaient pas la moindre chance. Pas besoin de chercher à comprendre comment je me sens par rapport aux rencards ou, tu sais, peu importe, jusqu'à ce qu'il y ait quelqu'un qui vaille vraiment la peine d'y penser."
Ses mots étaient aussi sûrs que son sourire mais ses joues brillaient d'un fard rose.
Leurs regards se croisèrent et des éclairs parcoururent sa colonne vertébrale. Les poils de ses bras se hérissèrent et l'air autour d'eux se réchauffa. Edward prit soudain conscience du temps qui s'était écoulé depuis qu'il n'avait pas été aussi proche d'une femme qui n'était pas en position d'autorité par rapport à lui. Accessible. Touchable.
Il avait envie de la toucher.
"Edward ?"
Edward sursauta au son de son prénom. Il se releva juste à temps pour qu'une tache brune se jette dans ses bras. Il expira et se mit à rire, son cœur souffrant et devenant un peu trop gros pour sa poitrine en même temps. "Salut, petite sœur."
"Nous sommes allés à la maison mais tu n'étais pas là," lui fit-elle fait remarquer.
"Je suis désolé que nous n'ayons pas été là pour t'accueillir. Nous voulions être là," dit une autre voix.
Edward leva la tête, gardant Alice dans ses bras tandis qu'il levait les yeux pour voir Carlisle et Esmée venir vers lui, tous deux souriants. Une nouvelle bouffée de chaleur l'envahit à la vue de ses parents. Carlisle posa un bras sur son épaule et Esmée lui ébouriffa les cheveux.
Il était bien content, alors, qu'Emmett l'ait rappelé à l'ordre sur son impulsion initiale de s'éloigner le plus possible de l'hôpital. Ne commence pas un drame, avait dit son frère aîné. Peu importait qu'Edward ne comprenne pas pourquoi, après tout ce qu'il leur avait fait subir, sa famille voulait le voir. Peu importe ce que Rosalie avait à dire à ce sujet, les autres voulaient toujours le voir.
Avec un sursaut, il lâcha sa famille, regardant autour de lui. Il fronça les sourcils quand il réalisa que quelque part dans toute cette agitation, Bella avait disparu.
Edward soupira, fermant les yeux à la sensation de doigts doux dans ses cheveux. A ce jour, Esmée Cullen lui donnait l'impression d'être un enfant. Pas dans le mauvais sens du terme. C'est juste qu'il se souvenait des meilleurs moments passés avec sa vraie mère. Les rares fois où elle le tenait et le câlinait, passant ses doigts dans ses cheveux et frottant tendrement son dos de haut en bas.
Il avait été longtemps sans tendresse. Sa famille lui avait rendu visite en prison bien sûr mais il y avait une limite à la façon dont ils pouvaient le toucher. Esmée était restée avec Edward sur le canapé dans le hall principal pendant que Carlisle et Alice étaient allés voir bébé Henry. Esmée s'était assise à côté de lui, un bras autour de lui, et elle n'avait pas cessé de le caresser.
"C'est bien. Te voir ici, dehors." Esmée ébouriffa ses cheveux puis les remit en place. Elle caressa sa joue, le tapotant doucement et le regardant dans les yeux. "Alors, qu'est-ce que tu en penses ? Rester dans le droit chemin ?"
Il soupira. Elle était si douce que ses réprimandes ne le dérangeaient même pas. Plus que quiconque, ses parents avaient le droit de lui dire ces choses. Il ferma les yeux, ravalant le nœud de sa honte dans sa gorge. Il releva la tête et se força à regarder Esmée dans les yeux. "Rester dans le droit chemin," promit-il.
Petite tape. Petite tape. Petite tape. "Et tu vas nous laisser t'aider ?"
Un autre soupir. "Je suis là."
Non pas qu'il ait un autre endroit où aller.
Il ferma les yeux à nouveau et se permit de poser sa tête sur son épaule. Pendant qu'il écoutait, Esmée faisait ce qu'elle faisait le mieux. Elle commençait à planifier, à faire des listes de choses qu'il devait faire et auxquelles il devait penser.
"Tu es un garçon intelligent," dit Esmée.
Il se moqua. "Garçon. Bien sûr."
"Tu es encore un jeune homme avec le monde à tes pieds."
"Ouais. Les gens aiment les criminels, il paraît."
"Edward !" réprimanda-t-elle.
Il se mordit l'intérieur de la joue. "Désolé."
"Tu es instruit, c'est déjà ça."
Il fit un bruit d'acceptation pour ses plans et ses conseils pendant qu'elle parlait, se sentant bien plus fatigué qu'il n'en avait le droit. La prison, ça craignait. Bien sûr, c'était une prison de sécurité minimale mais c'était quand même dur. A fond. Il était en fait un homme très intelligent et il savait très bien que sa famille super riche et leur capacité apparemment infinie d'amour et de pardon était sa meilleure chance de se réhabiliter.
Il voulait une vie normale. Il avait toujours voulu une vie normale. La colère et le ressentiment s'étaient toujours mis en travers de son chemin. Même maintenant - sept années de sa vie perdues parce qu'il n'avait jamais écouté les gens qui ne voulaient que le meilleur pour lui - le ressentiment menaçait de l'étouffer.
Pourquoi pensaient-ils qu'ils pouvaient le changer ? Le rendre comme eux ? Il n'était pas comme eux. Il ne serait jamais l'un d'entre eux. Il ne s'intégrerait jamais.
"Hey !"
Sa lèvre se retroussa. Il avait oublié ce que c'était que d'entendre le mot de son âme sœur tout le temps de la part de personnes délicieusement féminines. Et cette femme en particulier...
"Bonjour, ma chère," dit Esmée à Bella en se levant pour la serrer dans ses bras.
"Salut, Es."
Intéressant. Bella était assez proche d'Esmée pour l'appeler par un diminutif. C'était bizarre, vu qu'elle était la mère d'une amie. Inhabituel.
Cette femme le rendait curieux.
"Je dois aller en cours," dit Bella. "Emmett espérait que tu irais. Ils ont dit qu'il y a une certaine activité... avec Rosalie."
L'expression d'Esmée s'éclaircit. "Oh. C'est génial. C'est fantastique." Elle regarda Edward, son expression se crispa.
"Ne t'inquiète pas pour moi." Il fit un effort pour sourire. "Je vous rejoins tous à la maison."
"Rosalie... La grossesse est un moment étrange. Rosalie est devenue un peu paranoïaque, c'est tout." Elle prit une profonde inspiration. "Elle va se réveiller. Henry et elle vont s'en sortir et nous lui parlerons de toi. Tout va bien se passer."
"Bien sûr."
Esmée tapota sa joue. "C'est vraiment bon de te revoir."
Et quand elle dit cela son sourire était authentique.
Bella s'attarda alors qu'Esmée s'éloignait. Edward ne pouvait s'empêcher de l'admirer de profil. Il aimait sa forme et la façon dont ses cheveux tombaient. Il avait envie de faire tourner ses cheveux autour de son doigt et...
Edward cligna des yeux lorsque Bella se tourna vers lui, se raclant la gorge. "Ça craint que Rosalie ne veuille pas que tu voies Henry. Cela n'a pas de sens, non plus. Ce n'est pas comme si elle pouvait t'éviter puisque tu appartiens à la même famille."
"Eh bien, oui. Je ne peux pas faire grand chose à ce sujet."
Elle se mordit la lèvre inférieure, sautillant sur place, visiblement agitée. Elle souffla. "Ok. C'est... Je ne devrais pas faire ça mais..." Elle roula les yeux. "Je fais des câlins aux bébés. Ici. Dans le service de soins intensifs néonatal. C'est un truc. Ça les aide. Je dois aller en cours mais je peux te faire entrer pour le voir. Ton neveu. Si tu veux. Tu peux te présenter. Le tenir pendant quelques minutes."
Avant qu'il ait pu comprendre, elle lui tendit une feuille de papier. "Je dois vraiment y aller. Appelle-moi si tu es intéressé. Je te verrai dans les parages."
Il regarda sa silhouette qui s'éloignait. Il voulait la suivre mais sa langue était liée.
Elle lui paraissait importante, et il ne savait pas ce que cela signifiait. Il baissa les yeux sur le papier dans sa main - son numéro.
Il allait le découvrir.
