(Dans cet univers, la phrase de l'âme sœur est entendue à la naissance d'un bébé par la mère et le père de l'enfant. La phrase de l'âme sœur est la première phrase que l'âme sœur d'un enfant lui dira.
La phrase de Bella était Fuck a duck (Crotte de bique). Elle sait quelle est sa phrase mais ses parents ont négligé de lui dire qu'elle avait déjà été dite, par Edward, alors qu'elle n'était qu'un bébé. Elle pense donc que son âme sœur ne s'est pas encore manifestée. Et comme ce sont censés être les PREMIERS mots que son âme sœur lui dit, même si Eddo la disait maintenant, elle n'en penserait rien.
La phrase de l'âme sœur d'Edward est juste "Hey (Salut)". Une salutation assez standard (et le premier mot de Bella à son égard ;) ).
Oui, Charlie sait qu'Edward est de retour et oui, il cache délibérément à Bella qu'il est son âme sœur. Oui, il l'induit volontairement en erreur. )
Malgré la façon dont son père la traitait, Bella savait qu'elle n'était pas une enfant. Il pouvait secouer la tête autant qu'il le voulait, elle n'était plus cette adolescente sauvage qui avait fréquenté les mauvaises personnes et fait toutes les choses stupides sans penser aux conséquences.
Elle se rappelait sans cesse de ces choses alors qu'ils descendaient de l'autre côté de la montagne. Malgré l'air froid qui lui piquait les joues, le reste de son corps était brûlant. Elle n'était que trop consciente de sa position - appuyée comme elle l'était contre le dos d'Edward, ses bras autour de sa taille, ses mains si proches de l'objet de sa préoccupation.
Elle avait beau essayer de se convaincre qu'elle était une femme adulte, elle n'était pas si loin d'une époque où le sexe était le tabou ultime. Il n'y a pas si longtemps, elle et ses camarades de classe en parlaient en chuchotant et en ricanant.
Avec Jacob, le sexe était le problème qu'ils avaient ensemble. Ils étaient tous les deux novices en la matière, gênés et maladroits. Ils ricanaient, rougissaient et se faufilaient dans le dos de leurs parents.
Edward était loin des maladresses d'adolescent. Elle voulait la jouer cool, comme si c'était normal de savoir qu'ils ne faisaient que passer les heures jusqu'à ce qu'une chambre d'hôtel soit disponible - parce que les chambres d'hôtel n'étaient apparemment pas disponibles avant seize heures.
Parce qu'il était tout à fait normal de prendre une chambre d'hôtel pour les galipettes.
Ou regarder Roger Rabbit. C'était aussi sur la table.
"Hey."
La tête de Bella se leva et elle laissa tomber son muffin sur l'assiette, surprise. "Quoi ? Oui ? Salut." Ses joues flambèrent.
Un petit sourire se dessina au coin des lèvres d'Edward. Il s'approcha et prit sa main. "Ils ont des gâteaux de mie ici. Tu n'avais pas besoin de les faire toi-même."
Ses joues devinrent plus chaudes. Elle avait réduit le dessus de ses muffins en miettes dans son assiette. "Ha," dit-elle sans conviction. Elle ne pouvait rien faire de plus intelligent que ça. Il avait commencé à frotter ses articulations, et cela la rendait distraite. Sa peau était vivante.
Il inclina la tête, l'étudiant tandis que ses doigts caressaient la peau de son poignet. Elle se mordit la lèvre, curieusement convaincue qu'il savait ce qu'elle pensait, comme si c'était écrit sur son visage. Elle essaya de baisser la tête mais il attrapa sa joue tendrement.
"J'ai une idée," dit-il.
Quelques minutes plus tard, ils étaient en face de la petite boulangerie où ils avaient pris le café. Bella rit alors qu'ils se promenaient dans une magnifique cour. "C'est un petit vignoble, n'est-ce pas ?"
"Oui."
Edward lui serra la main, la tirant plus près.
"Tu aimes le vin ?"
Il sourit. "Non, mais viens. Quoiqu'il en soit ils ont généralement les meilleurs plateaux de fromage de toute façon."
Ils entrèrent et refusèrent la dégustation de vin et s'installèrent à un petit comptoir où Edward commanda un plateau de fromage et deux Moscatos. Il ricana en voyant le regard mauvais que le serveur lui lança avant de se détourner. "Il désapprouve," observa Edward.
"Il n'est pas obligé de le boire." Bella regarda les joyeux buveurs de vin d'un air sceptique.
Le serveur revint avec deux verres de vin, et un moment plus tard avec une assiette de fromages, de viande, de fruits et de noix. "C'est chic." Bella secoua la tête, se rappelant avoir traversé des country clubs avec des gens huppés mangeant de la même façon.
Edward prit son verre, faisant tourner son poignet pour que le vin tourbillonne comme dans tous les films. "Quand j'avais vingt ans, je voulais impressionner cette femme que je fréquentais." Son sourire s'élargit. "Elle avait trente ans... et quelque."
Bella serra les lèvres. Elle n'était pas vraiment en position de parler.
"J'avais une fausse carte d'identité et j'étais une petite merde arrogante." Il secoua la tête, l'air contrarié. "C'était la chose la plus adulte et la plus sophistiquée à laquelle je pouvais penser - siroter du vin et grignoter du fromage haut de gamme."
"Tu voulais qu'elle te prenne au sérieux. Je comprends ça."
Il fit une pause avec une tranche de pomme recouverte de gruyère à mi-chemin de sa bouche. Il la fixa pendant deux secondes puis rit, en baissant la tête.
"Quoi ?" demanda Bella, les sourcils froncés.
"Rien," soupira-t-il, cachant un sourire derrière sa main. "J'ai eu la gueule de bois parce que, eh bien, le vin est... Disons qu'il est plus facile de s'attirer les foudres du raisin qu'on ne le pense. La pire gueule de bois de ma vie. C'est probablement pourquoi il a été facile pour Esmée et Carlisle d'obtenir de moi ce que j'ai fait. Ils n'ont jamais pu comprendre pourquoi je faisais des choses comme ça. Je ne pouvais pas vraiment l'expliquer non plus." Son sourire en coin s'agrandit alors qu'il levait les yeux vers elle. "Ils ont un thérapeute en prison. Le conseiller a dit exactement ça. J'ai fait de mauvais choix dans le but malencontreux d'être pris au sérieux.
"C'est pourquoi j'ai fait ce que j'ai fait pour être envoyé en prison." Il roula des yeux. "J'avais un travail et je le faisais bien. Je gagnais bien ma vie aussi. Mais c'était... tu sais, mes parents avaient payé pour mes études. Ils m'ont offert un avenir et je me suis comporté comme prévu. Rien de spécial. Comme un petit enfant qui met une cheville ronde dans un trou rond. Ce n'est spécial que si un tout-petit le fait.
"Emmett, d'un autre côté... Il a fondé une entreprise et a réussi dès le début. Je gagnais bien ma vie mais lui, il gagnait de l'argent à tour de bras." Edward haussa les épaules. "Ça semble pathétique maintenant. Une merde de petit garçon mais je voulais que ce soit moi dont ils étaient si fiers. Moi dont ils se vantaient auprès de leurs amis de la façon dont je les emmenais dans des dîners chics ou que je payais pour que nous partions tous en vacances avec mon propre argent."
"Tu voulais juste qu'on te prenne au sérieux," répéta Bella, dans un murmure mélancolique.
Elle comprenait vraiment. Après avoir perdu son bébé, elle avait travaillé si dur pour aller mieux, pour être une personne différente. Pourtant, son père n'avait jamais reconnu le travail qu'elle avait fait. Il lui avait donné tous les outils, après tout. L'argent pour les thérapeutes et l'école. Le toit au-dessus de sa tête et la voiture qu'elle conduisait. Elle savait qu'elle avait de la chance. Tant de gens à sa place n'avaient pas la moitié de ce qu'elle avait mais elle avait quand même fait le travail elle-même.
Edward pencha son corps sur le côté et prit ses mains. Son sourire était doux mais grand, ses yeux tendres et brillants. "Il m'a fallu des années de thérapie pour comprendre pourquoi je faisais les choses stupides que je faisais. Tu m'as cerné en cinq secondes chrono."
Il se pencha en avant, frottant du bout des doigts l'intérieur de son poignet. Son cœur battait la chamade et elle eut le souffle coupé quand il la regarda dans les yeux. "Je te prends au sérieux, Bella. Tu crois que je vais penser que tu es moins adulte que moi juste à cause de notre différence d'âge ?" se moqua-t-il. "Je vis chez mes parents et j'ai la trentaine, j'utilise une carte de crédit pour payer du vin, du fromage et des chambres d'hôtel pour impressionner une femme."
Son estomac faisait de petits sauts de puce à l'idée que m'importe qui, et encore moins quelqu'un comme Edward, veuille l'impressionner. Elle déglutit difficilement. "Tu vois, c'est l'inconvénient d'avoir une moto."
Il cligna des yeux. "Quoi ?"
"Si on avait pris une voiture, on aurait pu se passer de la chambre d'hôtel. La banquette arrière est tout à fait suffisante pour moi."
Il la fixa un moment, et elle haussa les épaules. "Je dirais qu'il n'y a rien de mal à profiter du grand air mais se faire arrêter pour attentat public à la pudeur n'est probablement pas ce dont tu as besoin en ce moment."
"Seigneur,, marmonna-t-il en retirant sa main de la sienne et en se couvrant le visage. Ses épaules tremblaient de rire. Quand il ramena ses mains, son visage était rouge et son sourire enjôleur. Il se pencha sur elle, l'entourant d'un bras et l'embrassant avec ferveur. Elle laissa sa langue glisser un tout petit peu, pressant le bout à la commissure de ses lèvres.
Le Moscato doux avait tellement meilleur goût de cette façon.
"Tu me rends fou," gronda-t-il contre ses lèvres avant de l'embrasser à nouveau.
"Waouh ! "
Bella serra ses lèvres en essayant de ne pas rire. Ils étaient ensemble juste à l'intérieur de leur chambre d'hôtel. C'était...
Eh ben. C'était probablement ce qu'elle devait attendre d'une petite ville pittoresque à la campagne. Le thème de la petite auberge de campagne était poussé à son paroxysme. Le couvre-lit était un motif matelassé. Le papier peint était épouvantable. Les hautes étagères étaient décorées de boîtes de conserve et de pots de fleurs en plastique. Les murs étaient chargés - le motif du papier peint contrastait avec les cadres représentant des coqs et d'autres objets de la ferme.
"Cette chambre me fait un peu mal aux yeux," dit Edward, sa main à sa taille et son corps suffisamment proche pour qu'elle puisse sentir sa chaleur contre son dos. Le grondement de sa voix lui donna de délicieux frissons.
"On a l'impression d'être dans la maison de la grand-mère de quelqu'un. Cette chambre n'a rien de sexy," murmura-t-elle, distraite par ses doigts qui caressaient sa hanche de haut en bas.
"Hmm. Je ne dirais pas ça."
Le bruit de la fermeture de la porte fit s'emballer le cœur de Bella. Elle ferma les yeux et appuya sa langue contre le palais, essayant de respirer régulièrement. De l'électricité traversa son corps. Elle soupira et inclina la tête lorsqu'il déposa un baiser sur le côté de ses cheveux.
Pourquoi avait-il si souvent l'impression de savoir ? Comment savait-il qu'il devait rester immobile au début, se contentant d'effleurer son oreille et d'y déposer le plus petit des baisers ? Comment savait-il qu'il ne devait pas laisser ses mains vagabonder, que la sensation de son contact doux sur sa hanche était presque trop forte dans cette première minute. Comment savait-il qu'il n'avait qu'à attendre, que l'énergie entre eux l'emporterait sur ses dernières inhibitions et craintes ?
Elle inspira. Expira. Et se retourna. Elle attrapa chaque côté de sa veste en cuir et l'attira vers elle, se dressant sur la pointe des pieds pour rencontrer sa bouche dans un baiser passionné. Ses mains se glissèrent sous sa veste, dans son dos, appuyant chaque ligne de son corps contre lui.
Ils bougèrent comme une musique, une ballade d'amour. Ces premières minutes jouaient comme les premières notes de la guitare, une douce mélodie de baisers et de mains baladeuses. Les vestes et les chaussures furent enlevées. Sa chemise à lui. Puis la sienne. Elle le poussa légèrement et il s'assit sur le lit. Elle se mit à cheval sur ses genoux et il prit ses fesses dans ses deux mains.
Elle se tortilla contre lui en rythme, se rapprocha, de sorte que leurs peaux se touchent puis s'éloigna. Ses doigts s'emmêlèrent dans ses cheveux.
Il défit l'agrafe de son soutien-gorge et elle se redressa, rompant leur baiser pour qu'il puisse l'enlever. Plutôt que de réclamer ses lèvres à nouveau, il pencha sa tête, réclamant son mamelon à la place. Sa langue frotta contre elle et elle murmura son nom, la tête en arrière. Elle fit un bruit d'étranglement et il grogna, le son vibrant en son centre.
Le rythme de leur danse s'accéléra. Edward la fit basculer sur le dos. Une seconde elle était sur ses genoux, se tortillant, haletant et se délectant du plaisir exquis des choses qu'il faisait avec sa bouche, sa langue, ses dents. La seconde d'après, elle le regardait fixement dans les yeux. Elle émit un petit rire et tendit la main pour lisser ses cheveux. C'était un homme magnifique. Et la façon dont il la regardait...
Il n'y avait pas de mots.
Ce n'était pas une chanson, c'était une symphonie entière. Un concert. Dans sa vie, rien d'autre n'avait jamais été comparable à la puissance brute de la musique. Le son et les paroles qui gonflaient, remplissant l'auditorium et s'enfonçant dans la moelle de ses os. Le puits d'émotion qui se coinçait dans sa gorge. C'était transcendant et dévorant.
Rien d'autre n'était comparable... jusqu'à maintenant.
Jusqu'à ce que les yeux d'Edward s'accrochent aux siens et que le reste du monde disparaisse. Jusqu'à ce que son toucher chante pour elle et que son corps réponde au sien, l'harmonie de sa mélodie. Jusqu'à ce qu'elle soit défaite et refaite dans le feu qu'il alimentait en elle. La sensation de lui, le son de sa voix quand il scandait son nom...
Elle enroula ses jambes autour de sa taille, le tirant plus près. Elle prit sa joue dans une main, respirant l'air qu'il expirait.
Ils jouirent ensemble.
Elle ne savait pas que ça existait. Ou qu'il était possible de jouir si fort que sa vision devenait blanche. Ou que son poids à lui, détendu et couvert de sueur sur elle, pouvait être si bon. C'est vrai.
Ensuite une brume s'installa sur eux après. Ils étaient calmes, allongés sur le côté, s'embrassant et se touchant au hasard. Ses yeux étaient fermés, comme elle s'attendait à ce que les siens le soient mais aucun d'eux ne se laissa aller au sommeil.
Ses rêves ne pouvaient pas être meilleurs que sa réalité d'aujourd'hui.
Ses doigts tapaient un rythme particulier contre sa hanche. Sa bouche bougeait mais il chantait en silence.
"Qu'est-ce que tu fais ?" demanda Bella, en le regardant.
"Je joue de la guitare." Il gratta contre son ventre. Il lui chanta Nothing Else Matters de Metallica.
Comme s'il avait su ce qu'elle pensait - qu'ensemble, ils étaient musique et paroles. Une ballade d'amour douce et métallique.
Ses yeux piquèrent. Elle les ferma mais une larme s'échappa quand même. La chanson s'arrêta et elle sentit son pouce sur sa joue, essuyant sa larme. "Tu es en train de pleurer. Pourquoi pleures-tu ?" chuchota-t-il, balayant ses cheveux en arrière pour pouvoir embrasser le contour de son oreille.
Elle frissonna à cette sensation et inspira par le nez, se demandant si elle allait vraiment prononcer les mots dans sa tête. Elle n'avait peut-être pas beaucoup d'expérience avec les hommes mais elle savait qu'il ne fallait pas admettre l'intensité de ce qu'elle ressentait simplement parce qu'ils avaient fait l'amour. Il n'y avait pas de promesses entre eux. Ils n'avaient pas parlé de plus.
Mais la façon dont il la regardait...
"Je ne suis pas en train de faire le truc de la fille collante, hein ? Tu ressens ça, n'est-ce pas ?"
Ses yeux cherchèrent les siens mais il hocha lentement la tête.
Elle n'était même pas soulagée. Elle l'avait su sans qu'il ait à le dire. Où qu'ils soient, ils étaient là ensemble sur la même page. Elle souffla et renifla, des larmes débordant du coin de ses yeux. "Tu n'es pas mon âme sœur," dit-elle, la voix cassée. Elle prit une respiration frémissante. "Je ne comprends pas comment quelque chose pourrait être plus fort que ça mais tu n'es pas mon âme sœur..."
