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"Nous sommes impolis."
Edward grogna et se pencha pour un autre baiser. Elle avait un goût de dentifrice à la menthe. Et il aimait la façon dont elle gloussait lorsqu'il faisait courir le bout de ses doigts sur la peau de son ventre. Il avait le monde entier dans ses bras. Il n'y avait rien en dehors de cette pièce qui pouvait avoir un quelconque intérêt.
Bella soupira, son souffle chaud sur lui, et passa ses bras autour de son cou. Elle se pencha, sa tête sur son épaule. "Ça fait une journée entière."
"Même pas vingt-quatre heures encore." Il essaya de ne pas frissonner quand elle passa ses mains le long de sa colonne vertébrale.
Elle releva la tête et enroula ses doigts autour de son menton. Elle appuya son pouce sous sa lèvre, son sourire étant doux. "Nous avons eu le petit-déjeuner et le déjeuner pour nous seuls. Le dîner est le moins que l'on puisse faire pour tes parents. Ils ont été bons avec nous." Son sourire faiblit. "Et tu dois aller travailler demain."
"Je ne vais pas travailler."
"Si tu y vas," dit-elle, les yeux plissés. "C'est juste un autre jour. Personne ne va être attaqué par des détraqués du placard. Personne ne va être traîné en prison." De nouveau, son expression s'adoucit et elle posa ses doigts sur sa joue. "Pas de nouvelles révélations sur les âmes sœurs. Juste toi et moi… et peu importe à quoi la normalité va ressembler pour nous." Elle fit une grimace. "Non pas que je veuille prendre l'habitude de me cacher dans la maison de tes parents."
"Hé, moi non plus !" Il prit sa main et la porta à ses lèvres, embrassant ses jointures. Il l'attira vers lui et l'embrassa fort et avec appétit. Ses doigts chatouillèrent ses côtés, la faisant se tortiller et rire à perdre haleine dans sa bouche. Il gémit et soupira. "Nous ne pouvons pas rester ici ?"
"Non."
Il fit la moue.
Elle lui caressa la joue, son ton était si tendre que son cœur se mit à battre la chamade. "Gros bébé."
Il lui tira la langue.
"Waouh !" Ses sourcils s'arquèrent mais ses yeux étaient toujours doux. "Je suis censée être l'immature dans cette relation, Edward." Elle lui prit la main, le tirant vers la porte.
Il fit un grand sourire, plein de dents. Il se sentait à nouveau jeune quand il la regardait, réalisant qu'il pouvait avoir cette seule et belle chose. Le vertige de cette pensée lui donnait l'impression d'être un adolescent avec toute sa vie étalée devant lui, pleine de possibilités. Il laissa sa main dériver vers le bas et pinça son cul. Elle couina et il gloussa. "Tu sais ce que je dois dire à propos de la maturité ?"
Elle fronça un sourcil.
Les lèvres se retroussant à un coin de la bouche, il se dégagea de ses bras. Puis, il la poussa. "Tag ! C'est toi !"
"Quoi ? Hé !" Il entendit Bella rire alors qu'il filait dans le couloir. Elle était très vive d'esprit. Un coup d'œil par-dessus son épaule lui indiqua qu'elle était sur ses talons. Il arriva à l'escalier et descendit à toute allure.
La tête légèrement tournée vers l'arrière, il ne vit pas ce qu'il heurta. Son corps percuta une masse solide. Il entendit un glapissement et le fracas des corps heurtant le sol. Il aspira un souffle alors que la douleur l'attaquait et qu'il était pris dans un enchevêtrement de membres.
Puis il entendit un son qui lui fit monter le cœur à la gorge et lui donna des frissons dans l'estomac. Le cri aigu d'un bébé.
"Henry !" La voix rauque d'une femme, teintée de panique, poussa les pièces en place avec un clic écœurant.
Alors qu'elle n'avait pas empêché Emmett de venir avec le bébé, Rosalie ne les avait jamais rejoints si Edward devait être là. Apparemment, elle avait choisi aujourd'hui pour lui donner une chance et regardez ce qu'il s'est passé. Il lui a foncé dessus alors qu'elle tenait son neveu. Qu'elle soit tombée avec le bébé dans les bras ou qu'elle l'ait laissé tomber sont des scénarios tout aussi horribles. Edward se mit sur le ventre, poussant un cri de surprise lorsqu'une botte dure s'abattit sur sa main alors que Rosalie se dégageait du sol pour rejoindre son fils.
"Je suis là. Maman est là," dit Rosalie, la voix tremblante, tandis qu'elle serrait son fils contre sa poitrine. Sa main se promena sur le petit corps de son fils, appuyant et vérifiant. "Qu'est-ce qui fait mal, bébé ?"
Edward s'approcha d'eux pour essayer de voir ce qu'il pouvait faire mais Rosalie le repoussa violemment.
"Eloigne-toi de nous," siffla-t-elle avec mépris. "Tu n'en as pas fait assez ?"
Bella se laissa tomber à ses côtés, un bras autour de son épaule. "Il ne l'a pas fait exprès. C'était un accident."
"Oh, tais-toi !" Rosalie s'assit, croisant ses jambes et ajustant le bébé qui sanglotait dans ses bras. Elle fixa son regard sur Edward, les yeux bleus brillants de fureur. "J'en ai tellement marre que tout le monde te trouve des excuses. J'en ai marre que tu fasses du mal à ma famille."
"Qu'est-ce qu'il se passe ? Que s'est-il passé ?" La scène devint plus chaotique quand Emmett apparut.
"Un accident," lui dit Bella. "Nous ne voulions pas..."
"Il ne le pense jamais. Il ne veut jamais faire de mal à personne." Rosalie se balançait d'avant en arrière, vérifiant toujours son fils, essayant de l'apaiser, et sifflant ses mots à Edward.
"Ce n'est pas ta faute si la presse a harcelé tes parents. Apparemment, tu ne voulais pas les ignorer pendant tout ça, jusqu'à ce que tu aies besoin d'eux, comme d'habitude. Tu ne voulais pas être un tel fauteur de troubles. Je ne voulais pas que tes parents soient si occupés à essayer de garder ton stupide cul hors de la maison de correction qu'ils ont oublié qu'ils avaient un autre adolescent qui aurait pu bénéficier d'un peu d'attention."
"Chérie," protesta Emmett, mais pas avec beaucoup de force.
Mais Rosalie était sur une lancée. "Tu ne voulais pas te soûler comme un pleurnichard irascible et idiot et forcer ton frère à nous laisser seuls à la maison alors que nous étions tous les deux faibles." Sa voix se brisa. Ses lèvres se froncèrent et elle baissa les yeux vers son fils, se balançant plus fort alors que le bébé continuait à gémir. "Il était si faible. Je ne peux pas... Il ne peut pas être blessé comme ça."
Emmett s'assit à côté d'elle, passant un bras autour de ses épaules et l'attirant près de lui. "Il va bien, baby. Vous allez bien tous les deux."
Un contact sur son épaule attira l'attention d'Edward. Il tourna la tête pour trouver le visage de Bella près du sien, ses yeux doux. "Viens," dit-elle en tirant doucement sur son bras.
Il se leva, fit un pas, s'arrêta et faillit faire demi-tour mais Bella resserra sa prise. "Viens," dit-elle encore.
Frustré et coupable, Edward fit un pas à côté d'elle, hors de la vue de Rosalie. Bella laissa tomber sa main, le bout de ses doigts longeant son bras. Elle entrelaça leurs doigts.
Edward sursauta et retira sa main de son emprise. " Putain !" dit-il en serrant les dents. Il regarda et cligna des yeux. "Putain," dit-il encore.
"Oh, Edward !" Bella s'approcha de lui, sa main frôlant la sienne sans oser la toucher.
Ils se tenaient d'un côté de la cuisine. De l'autre côté, une porte s'ouvrit. Carlisle et Esmée arrivèrent par le garage. Carlisle hocha la tête, posant le sac qu'il avait apporté. "Oh oh. Un bébé malheureux."
Il fallut trois secondes à Esmée et à son intuition de mère aiguisée comme un rasoir pour concentrer son attention sur lui. "Quelque chose ne va pas," dit-elle.
Edward avait caché sa main derrière son dos. Mais la douleur, maintenant qu'il n'était plus distrait par la culpabilité et la peur pour son neveu, s'était abattue sur lui avec la force d'une rivière impétueuse. Il savait qu'il devait être pâle et luttait pour ne pas fermer les yeux. "Le bébé est tombé," dit-il, essayant de détourner l'attention vers son neveu.
"Il va bien." Bella essaya de bouger son bras de derrière son dos mais il tint bon. "C'était effrayant mais il va bien. Mais non, toi tu ne vas pas bien. Tu es blessé."
Ça fonctionna. Edward soupira de frustration alors que ses parents venaient se rapprochaient de lui.
"Oh, mon..." Esmée mit une main sur sa bouche. "Mon pauvre bébé."
"C'est ton poignet. Il est cassé," dit Carlisle.
"Oui, je vois ça." Sa main, au lieu d'être centrée sur son poignet, semblait avoir été déplacée d'un centimètre vers la droite.
"Oh, mon cœur." Esmée passa une main dans ses cheveux.
Edward s'éloigna, luttant pour ne pas afficher une mine renfrognée. "Je vais bien. Tu devrais aller voir le bébé." La douleur le faisait parler en serrant les dents.
"Henry va bien," dit Bella. "Il ne pleure même plus."
"Tu es blessé." Esmée essaya à nouveau de le caresser et soupira quand il s'éloigna encore. "Laisse-nous nous occuper de toi."
Une moquerie attira leur attention. Rosalie et Emmett étaient réapparus, la première ayant l'air furieux. "Bien sûr. Il a failli tuer votre petit-fils en dévalant l'escalier comme un fou, et tout tourne encore autour de lui."
"Tu lui as cassé la main, Rosalie !" dit Bella, les yeux rivés sur l'autre femme.
Les yeux de Rosalie s'écarquillèrent, se dirigeant vers sa main tandis que ses lèvres formaient un o parfait. "Je... C'était un accident. Je n'aurais jamais..."ֵ
"Tu n'as jamais voulu faire de mal à personne ?" contesta Bella, son ton dégoulinant de sarcasme. "Je suppose que cette excuse ne marche que pour toi mais tu ne peux pas accorder au frère de ton mari, à l'oncle de ton fils, le bénéfice du doute."
Elle secoua la tête et n'attendit pas de réponse. Au lieu de cela, elle posa une main sur le bas du dos d'Edward. "Viens. On doit t'emmener aux urgences. Où sont les clés de la voiture ?"
Se mordant l'intérieur de la lèvre, Edward secoua la tête. Plutôt que de répondre à Bella, il se tourna vers sa famille. "Je suis désolé," dit-il, car c'est tout ce qu'il avait. A Rosalie, il dit simplement. "Le bébé va bien ?"
C'est Emmett qui répondit. "C'est un petit gars robuste."
Edward hocha la tête. "C'est bien," dit-il, puis il suivit Bella hors de la pièce.
Bella était là pour lui tenir la main.
Une chose si simple. Ce n'est pas qu'il ait besoin de soutien. C'était un homme adulte et autonome qui avait l'habitude de prendre soin de lui-même. Il n'avait pas peur des médecins ou ne souffrait pas d'une douleur insupportable. Il n'avait pas besoin d'un avocat, il pouvait se défendre et poser toutes les bonnes questions. Pourtant, le fait qu'elle soit présente à chaque minute, à l'exception du temps passé à la radiographie, calma une partie de la tension qu'il ressentait juste sous sa peau.
Cela avait pris des heures mais ils étaient enfin là, lui avec un tout nouveau plâtre bleu entourant son poignet et elle avec une main à son poignet libre. Elle poussa un long soupir et un petit rire lorsque le médecin partit, leur disant d'attendre l'infirmière et les papiers concernant les soins et la manipulation de son membre fracturé.
"Qu'est-ce qu'il y a ?" demanda-t-il, en l'observant.
"Il est minuit passé." Elle secoua la tête. "Cela fait six jours que nous avons passé au moins un peu de temps dans un hôpital ou une prison."
"Eh bien, je suppose que le monde avait raison à notre sujet. Juste un couple de mauvaises graines." Il sourit mais ensuite fronça les sourcils, frustré à nouveau alors qu'il pensait et repensait à cette journée.
"Tu sais," commença lentement Bella, "Quand j'étais enceinte, j'ai lu beaucoup de blogs. Une chose que j'ai vue très souvent, c'est que les merdes arrivent." Son nez se plissa. "Ça m'a fait peur mais c'était aussi une sorte de soulagement. De savoir que tous les parents blessent accidentellement leurs enfants. Ils leur cognent la tête contre un mur. S'endorment quand ils les bercent le soir et que l'enfant roule sur leurs genoux. Qu'est-ce que l'un d'entre eux a dit ? Êtes-vous vraiment un parent si votre bébé n'est pas tombé du lit ?" Elle balaya ses cheveux en arrière. "C'est effrayant mais tu es humain. C'est tout. Pas une mauvaise graine. Juste un bon vieil humain. Toi et moi ? On a tous les deux le droit de faire des erreurs. Ça ne veut pas dire qu'ils ont raison à notre sujet. Pas Rosalie. Ni mon père. Ni cette fichue presse. Aucun d'eux."
Il leva la main de la jeune femme, toujours liée à la sienne et embrassa ses jointures. "Je n'ai jamais été capable de reprocher à quelqu'un d'être en colère. J'ai perturbé leur bébé." Il baissa la tête. "Rosalie n'avait pas tort. Toutes ces choses qu'elle a dites ? Je n'ai même pas pensé au fait que la presse doit être sur le dos de mes parents même si la maison est protégée."
"Je n'y ai pas pensé non plus." Elle secoua la tête. "Tu prenais soin de moi. J'avais besoin de temps pour me reposer et nous descendions pour nous rapprocher, pour nous mettre à l'écoute des autres." Elle serra ses doigts. "Tu fais de ton mieux."
"Ce n'est pas..."
"C'est suffisant." Elle le fixa avec un regard sévère. "Ne t'engage pas dans cette voie. Ne commence pas à dire que tu n'es pas assez bon, parce que tu l'es, pour moi."
Un de ses plus petits sourires se glissa sur ses lèvres et il regarda dans ses yeux féroces. "Non, en fait je pense que j'ai bien fait quand il s'agit de toi. Je pense que tu es la seule chose dans ma vie que j'ai faite complètement bien. Eh bien..." Il grimaça. "Sauf pour le moment au début. Ma première incursion dans le domaine des bébés…" Il roula des yeux.
"Mais tu ne m'as pas fait tomber. Tu m'as attrapé. Donc ton record tient toujours."
Il passa un bras autour d'elle et embrassa sa tête. "Je suis content de ne pas t'avoir fait tomber sur la tête."
"Hah ! Mon père t'aurait reproché mes mauvaises habitudes. Faisant perdre la tête à quelques personnes et tout ça."
"Eh bien… je suis le mal incarné. Je sais."
Quelques minutes plus tard, ils erraient enfin dans les couloirs relativement calmes de l'hôpital. Edward avait la main gauche en l'air, tripotant le plâtre en fronçant les sourcils.
"Ne t'inquiète pas." Bella le frôla en le poussant légèrement. "Je dessinerai dessus pour toi plus tard."
Il tendit la main pour la prendre. "En fait, je me demandais si ce serait difficile de monter sur la moto."
"Humm." Elle plissa les lèvres comme si elle réfléchissait. "Les virages en épingle à cheveux dans la montagne peuvent être délicats. Mais une balade le long de la côte, oui." Elle haussa les épaules.
Des visions de vent et de vagues jouèrent dans sa tête. Un jour à la plage. Il pouvait tout imaginer. La promenade avec ses bras enroulés autour de sa taille et ses cheveux flottant dans l'air salé. Tomber avec elle dans l'eau. Comme ses fesses seraient belles et agréables à pincer dans un bikini. Encore mieux : un short de garçon et un haut de bikini. Cette vision lui faisait des choses, et sur elle...
"On le fera," promit-il.
Ils atteignirent l'entrée et sortirent dans l'air frais du soir. Avec Bella lui tenant la main et les visions d'une vie entière de bons moments dans sa tête, il avait presque retrouvé sa bonne humeur de tout à l'heure. Avant. Quand toute l'atmosphère autour d'eux était chaude et remplie d'une lumière étourdissante.
Mais une fois de plus, comme s'il avait foncé tête baissée dans un mur de briques aux cheveux blonds, son bonheur fut de courte durée. Ils n'étaient même pas à mi-chemin du parking qu'Edward entendit son nom. Il se retourna sans réfléchir et fut accueilli par la lumière aveuglante d'un flash.
"Alors, ta vague de violence continue, hein ?" Le paparazzi avait lancé sa question à Bella. "Le pauvre Edward s'est prononcé en faveur des droits des LGBT ? Tu travailles à ajouter une autre accusation d'agression à ton dossier ?"
"Vous plaisantez ?" La fureur envahit Edward, brûlant toutes les bonnes choses qu'il ressentait, les réduisant à néant. Il fit un pas menaçant vers l'homme. "Pour qui vous prenez-vous, bon sang ?"
"Ooh." L'homme fit un pas en arrière, s'éloignant d'Edward mais prit une autre photo. "Tu t'es peut-être blessé en frappant quelqu'un d'autre. Tu es son âme sœur, non ? Taillé dans le même moule. Même genre de connard intolérant, hein ?"
Edward fit un pas de plus vers le paparazzi mais Bella le tira en arrière. Avec force. "Pas de commentaire," dit-elle à l'homme, qui prit une autre photo.
Bella garda sa main serrée dans celle d'Edward, le tirant en avant si vite qu'il faillit trébucher sur ses pieds. Son instinct de mâle alpha était en conflit avec sa logique. Il savait, il savait très bien, qu'il ne pouvait rien faire. Il n'y a rien qu'il devrait faire. Tout ce qu'il dirait ou ferait à ce connard ne ferait qu'empirer les choses pour Bella et il y avait toutes les chances qu'elle soit confrontée à un juge et un jury qui pourraient être influencés par l'histoire de merde que la presse avait montée.
Il le savait mais c'était dur, tellement dur, de ne pas frapper ce connard. L'homme ne pourrait pas écrire son histoire ou imprimer ses photos s'il était inconscient, non ?
Finalement ils arrivèrent à la voiture. Bella lui ouvrit la portière et le poussa à l'intérieur. Il râlait, l'instinct de protection de sa compagne ne faisant qu'ajouter à son horrible impuissance. Il fit tourner sa main inutile sous le plâtre. Il aurait pu conduire. Si ce n'était pas pour sa main, si ce n'était pas pour les drogues dans son système, il aurait pu au moins épargner à Bella ces quelques secondes supplémentaires qu'elle avait dû écouter les paroles ignobles de ce connard. Il ne pouvait rien faire d'autre qu'être là pour elle, peu importe ce qui se passait avec Dimitri… il aurait dû pouvoir au moins l'emmener loin de cet endroit.
"Je suis désolé," dit-il, la voix à vif. Ils étaient enfin dans la rue, laissant le paparazzi dans le décor.
Bella roula les épaules et secoua la tête, comme si elle pouvait se libérer de la crasse de cet homme si facilement. "Pour quoi ? Tu n'as rien fait du tout."
"C'est le but."
Elle rit sans humour. "Tu aimes dire que tu n'es pas un bon partenaire parce que tu as vécu la vie que tu as vécue. C'est ma vie, Edward. C'est ce que j'apporte sur la table. Mon père est un politicien. Tu m'as écouté m'épancher sur la presse à ces événements même quand elle n'en voulait pas à ma tête. Mon père pourrait être le putain de président… tu crois que tu ne vas pas avoir affaire à des paparazzi ennuyeux ?" Elle rit à nouveau, cette fois-ci de manière un peu plus vive.
"Bon sang, c'était la moitié de mon problème quand j'étais plus jeune. Je ne supportais aucune merde de ces connards et il ne leur arrivait rien. Ça leur donnait plus de munitions, plus à écrire, plus de contenu à inventer pour me faire paraître pire aux yeux du public. Et ils te le feront si tu leur en donnes l'occasion."
Elle se rapprocha et serra son bras au-dessus du plâtre. "C'est la nature problématique des âmes sœurs, non ? Tu n'as pas à choisir les fous qui viennent à toi. Pères manipulateurs. Belles-sœurs grincheuses. La liberté de la presse. Et plus que notre part de malchance. C'est nous. Tu es sûr que c'est ce que tu veux ?"
Il souffla et laissa quelques instants de silence s'écouler entre eux tandis qu'il échangeait plusieurs arguments infructueux dans sa tête. "Je ne peux vraiment pas en frapper un seul ?" vérifia-t-il, ironiquement.
"Je te le déconseille."
Un autre temps. "Merde." Un autre temps. "Non. Ça vaut quand même le coup."
Ils allaient être heureux pour toujours, décida-t-il. Et tous les opposants, tous les paparazzi, la presse et sa foutue belle-sœur, pouvaient aller au diable s'ils n'aimaient pas ça.
