Bonjour tout le monde. Je vous poste ce chapitre de bonne heure et de bonne humeur. Merci à vous pour les messages, parce que cette fic est vraiment bien accueillie ça fait plaisir. Donc oui, comme vous l'avez compris on va assister à un changement au niveau de Paul et on commence à voir que Bella n'a pas la vie rose.

Guest: en effet, maintenant reste à savoir quoi exactement. P est choqué mais c'est pour son bien, il va comprendre que tout n'est pas toujours comme ça parait l'être. Il avait besoin de parler avec Leah pour essayer de comprendre. La réaction de Rachel viendra ne t'en fais pas. Bisous !

Nanaaddict: Pas sûr que le bâton casse sur sa tête, ah justement, qu'est-il capable de faire d'autre, c'est ça le problème. Peut être qu'il y aura un peu de tes 4 propositions pas la suite, il faudrait bien ça pour que Bella décroche. Rachel va se faire discrète pendant les prochains chapitres, mais elle reviendra plus tard avec plaisir. L'apparition de Jasper sera beaucoup plus rapide. Ah ! Sache que je suis une fan des Jella aussi. Jasper, mon petit chouchou. Merci à toi pour les compliments ça me va droit au cœur. Bisous !

Guest: on en apprendra un peu à chaque chapitre. Quand à Paul, en chevalier... y'a de ça, mais un trop brusque pour sauver la princesse, va falloir travailler la patience. Bisous !

MC: je crois que je suis un peu tordue moi même... la vérité c'est qu'il y a plusieurs de mes fics ou j'effleure le sujet sans jamais l'approfondir. Là on va rentrer dedans. Pour ce qui est de Paul, je te confirme, il ouvre les yeux et il va continuer à chercher comme lui seul sait le faire. Merci pour les compliments :) Garde ton mouchoir à portée, on ne sait jamais. Bisous !

Guest: Oui la situation s'améliore pour eux, mais pas forcément pour Bella en général. Bisous !

Voilà, allez je ne blablate pas plus longtemps. Bonne lecture.


- J'ai fait une erreur ! s'énerva Paul en jetant son stylo sur la table et en s'arrachant les cheveux. J'en ai marre !

Bella se tourna vers lui un sourire bienveillant aux lèvres. Elle récupéra le stylo et lui tendit. Paul la fusilla du regard devant son calme.

- Il n'y a pas de mal à faire des erreurs, dit-elle en haussant les épaules. Surtout si tu t'en rends compte tout seul. Au contraire, je trouve ça très bien au stade où nous en sommes.

- Arrête de me baratiner, grogna-t-il de mauvais poil.

- Paul, honnêtement je savais que tu t'améliorerais, je n'en avais aucun doute, mais je ne m'attendais pas à ce que tu le fasses si vite. Quand tu donnes du tien, tu progresses à une vitesse folle. Ton problème maintenant, c'est que tu es impatient. Laisse toi le temps d'assimiler tout ce que je te dis.

Le Quileute marmonna encore un peu, reprit son stylo et soupira un bon coup. Voila plusieurs semaines que Bella lui faisait cours sérieusement. Et il devait se l'avouer à lui même au moins. La jeune femme était la meilleure prof qu'il n'avait jamais eu. Un puits de connaissance sans fond, une pédagogie à toute épreuve et une patience d'ange. Paul qui était d'un caractère enflammé ne pouvait pas mieux tomber. De plus, il voyait dans le regard de la brune qu'elle adorait l'aider. Ce petit sourire de satisfaction qu'elle avait quand il comprenait enfin un exercice, perçait de plus en plus son masque d'indifférence. Paul n'était pas du genre sentimental, du moins il essayait de s'en convaincre, mais il se réjouissait autant qu'elle à chaque fois. D'une parce qu'il se rendait compte qu'il était loin d'être aussi con qu'il l'avait crut, mais surtout parce que son côté fier était heureux de voir qu'il était capable de faire réagir Sainte Bella autrement.

- Tu t'es rendu compte de ton erreur tout seul, continua-t-elle avec fierté. Ce que tu ne faisais pas jusqu'ici. En plus on le sait tous les deux que tu as du mal dans cette matière. Ce qui veut dire que tu progresses et en plus si tu vois la faute maintenant, lors du contrôle quand tu te reliras, tu comprendras que tu es dans l'erreur. Tu pourras rattraper et là, tu verras tes notes vont exploser.

- J'ai suivi ton conseil, admit-il en se ratatinant sur lui même. J'ai prit des notes pendant les cours et je les ai révisé en rentrant. J'ai l'impression de mieux comprendre les exercices grâce à ça. Mes math et mes sciences sont déjà beaucoup remonté. Je ne m'en croyais pas capable pour dire vrai.

- Tu es intelligent Paul, ne laisse aucun abruti de cette école te dire le contraire, intervint Bella heureuse pour lui.

Le cœur de la jeune femme se réchauffa en disant ça. Malgré tout ce que son père pouvait lui dire et lui rabâcher, elle était capable de faire quelque chose de bien. De plus, elle le faisait parce qu'elle le voulait et non pas parce qu'on lui imposait. Le Quileute releva la tête aussitôt les sourcils froncés. Mais il remarqua bien qu'elle était sincère. Tout comme sa mère, Bella croyait plus en lui que lui même.

- Tu le penses vraiment ? demanda-t-il curieux de le savoir.

- Je ne serai pas là si je pensais le contraire, avoua la brune en lui adressant un de ses rares sourires sincères.

- Pourquoi tu fais ça ? Je ne comprend pas.

C'était bien la première fois qu'il lui parlait normalement, calmement. La brune en fut surprise. Attrapant son pendentif, elle réfléchit à ce qu'elle allait répondre. Quelque chose qui ne risquait pas de lui attirer d'ennuis...

- Répond moi honnêtement s'il te plaît. Je te jure que rien ne sortira de cette pièce, tenta-t-il de la convaincre.

Bella se recula, se sentant tout à coup trop proche de lui. Elle attrapa un stylo pour se donner contenance, mais Paul lui retira des mains aussitôt. Il se baissa pour croiser son regard et lui faire comprendre qu'il ne mentait pas. Il n'allait rien dire à personne. Le cœur de la jeune femme se serra. Pouvait-elle lui faire confiance ? Pouvait-elle faire confiance à qui que ce soit. Paul était entrain de lui ouvrir une porte, un accès très fermé chez lui, un petit coin de calme et de sincérité qui était totalement inconnu à la brune.

- Je préfère être ici que chez moi, avoua Bella en mordant ses lèvres qui s'étaient mise à trembler malgré elle.

Le Quileute sentit un sentiment de fierté et de puissance monter en lui. Il avait enfin réussi à lui faire cracher le morceau. Même si sa réponse était d'une tristesse incomparable, il l'accepta avec un signe de tête. Avec ce qu'il avait vu, il comprenait mieux qu'elle ne le pensait. Probablement qu'il valait mieux pour elle être ici que proche de son père. Se redressant, Paul désigna ses notes du menton.

- Tu penses que je suis capable de plus que ce que je donne déjà ? demanda-t-il le regard brillant.

- Sans aucun doute, répondit Bella aussitôt heureuse de pouvoir changer de sujet.

- Ma mère tient vraiment à ce que j'ai mon diplôme et cette bourse. Elle veut que je devienne quelqu'un d'important. Que j'ai une vie meilleure, à l'abri du besoin. Mais pour ça, il faudrait vraiment faire des miracles.

- Non, il faudrait juste de la volonté et du temps, tu serais étonné de voir ce qu'on peut obtenir avec ces deux choses.

Paul sentit le courage monter dans ces veines. Il avait une autre raison de pousser ses leçons plus loin. Le temps qu'Isabella passerait à lui faire cours, serait du temps qu'elle ne passerait pas auprès d'un homme mauvais. La volonté, comme elle disait, était entrain de naître en lui encore plus fort que lorsque sa mère l'avait supplié de faire un effort.

- Tu sais probablement que je fais parti des remplaçants dans l'équipe de foot, lança-t-il en croisant les bras.

- Oui, comme Jacob, mais le coach est tellement raciste qu'il préfère perdre que de vous laisser tenter votre chance en titulaire.

Paul fut surprit par sa réponse. En dehors du fait qu'elle était totalement vraie, il avait senti l'amitié que la brune ressentait pour Jacob. Elle l'appréciait.

- Si je renonce aux entraînements, puisque de toute façon ils ne me servent à rien, est-ce que tu penses que tu pourrais prendre ces heures pour me donner d'autres cours de soutien ?

- Vraiment ? demanda Bella en fronçant les sourcils. Tu as conscience du nombre d'heures que ça va te faire par semaine. Tu ne vas plus en pouvoir de moi, déjà que tu ne me supportes pas des masses...

- Bon c'est oui ou c'est non, grogna-t-il en boudant.

- Si ça vient de toi, je ne vois pas de raison de dire non. Au contraire, je serai ravie de pouvoir t'aider d'avantage. J'aime bien enseigner aux autres, au moins j'ai l'impression de... enfin j'aime bien enseigner.

- Tu as l'impression de quoi ? rebondit-il avec curiosité en essayant une fois de plus de lui tirer les vers du nez.

Bella hésita à nouveau, mais étrangement, quand Paul était en mode gentil, elle avait envie de lui déballer toute sa vie. Ce qui était loin d'être une bonne idée.

- J'ai l'impression de servir à quelque chose..., admit-elle en haussant les épaules.

- Tu es sérieuse là ? lança-t-il en soulevant un sourcil. Je suis pas bien sûr que ce soit à moi de te rappeler tout ce que tu fais pour ce lycée, pour ta foutue église, tes amis à la con et probablement le reste des chiens errants que tu trouves. C'est pas pour rien que tous le monde t'appelle Sainte Bella.

- Bon reprenons ton exercice, esquiva-t-elle blessée.

Elle s'était ouverte à lui et elle n'aurait pas dû. Il n'avait pas compris et de toute façon comment aurait-il pu ? Paul ne pouvait pas savoir que tout ce qu'elle faisait pour le lycée, pour l'église et autre, c'était pour qu'on ait une bonne image d'elle. Que personne ne puisse rien lui reprocher. Car alors la vie deviendrait encore plus insupportable qu'elle ne l'était déjà.

- Ce n'était pas une attaque, reprit-il en s'adoucissant légèrement. Je suis comme ça moi, je dis les choses comme je les pense. Désolé. Mais franchement, y'a pas une personne dans cette putain ville qui en fasse autant que toi. Ça m'énerve parce que je ne comprend pas pourquoi tu te donnes autant de mal pour des connards et des péquenauds. Laisse les dans leur merde !

- Si je faisais ça, alors tu n'aurais pas de cours, répliqua Bella en souriant doucement.

- Bah je n'en aurais pas et je me démerderai autrement. T'as le droit de vivre bordel. Il serait peut être temps que tu te sortes les doigts du cul et que tu pousses une bonne gueulante. Parce qu'être parfaite tout le temps, ça doit être putain de chiant.

- J'ai l'impression d'entendre Jacob, mais en moins subtile, s'amusa-t-elle en rougissant.

Paul sortait un nombre de grossièretés à la seconde qui lui donnait envie de rire.

- Jake est un grand sage derrière ces gros muscles, trancha le jeune homme en soupirant.

- C'est un gars génial, même s'il n'a pas eu beaucoup de chance dans la vie. Heureusement, il a Charlie, tout le monde ne peut pas en dire autant.

Même si Paul n'était pas des plus observateurs, les heures passées avec la brune lui avait permit de capter certaines choses. En l'occurrence, il avait l'impression que Bella parlait d'elle. Elle n'avait pas la chance d'avoir le shérif auprès d'elle et cela semblait lui peser.

- Il parait qu'il prend soin de lui, du moins Jake ne s'en ai jamais plaint, au contraire.

- J'aime à penser que mon bon cœur je le tiens de lui plutôt que de qui que ce soit d'autre dans ma famille, avoua Bella perdue dans ses pensées en oubliant totalement qu'elle était entrain de se confier.

- Je ne savais même pas que le shérif était ton oncle, ajouta le jeune homme en s'étonnant d'apprécier la conversation.

- C'est le frère de ma mère, mais mon père et lui ne s'entendent pas très bien.

- Pourquoi ? Parce que ton oncle est un type bien et ton père un trou du cul ?

Paul se rendit compte aussitôt de ce qu'il venait de dire. Il compris tout de suite son erreur quand il vit Bella se refermait comme une huître.

- Entre autres..., marmonna-t-elle avant de s'en vouloir.

Elle n'aurait jamais dû dire ça ! Et si jamais Paul allait le répéter à quelqu'un et que son père en entendait parler. La tension de la jeune femme augmenta dangereusement, ses mains devinrent moites et son masque flancha quelques instants. La panique s'infiltra en elle comme une vieille amie. Bella n'osa même pas imaginer ce que son père lui ferait subir lorsqu'il entendrait parler de ça.

- Je ne suis pas une balance Masen, lança Paul en voyant son malaise. De toute façon qui irait croire un plouc de la Push ? Face à toi, ma parole n'a aucun poids.

- Pour mon père, toute parole à un poids.

Surtout la sienne eut-elle envie de rajouter, mais elle se retint à temps. Il fallait qu'elle se calme, la jeune femme avait déjà bien trop ouvert la bouche aujourd'hui. Le conseil de Jasper lui revint en mémoire. Il fallait qu'elle parle à quelqu'un avant d'imploser, pas sûr que Paul soit la bonne personne. Mais bizarrement c'était celui avec qui elle se sentait le plus en confiance.

- Pour ton père, seule la sienne fait loi, rétorqua Paul avec véhémence.

L'affaire de Jared lui restait toujours en travers de la gorge. OK ! Jared n'était pas un ange et il avait fait une connerie. Mais c'était franchement cher payé. Bella ne sembla pas vouloir rebondir sur ce qu'il avait dit. Ne sachant pas si c'était une bonne ou une mauvaise chose, il reprit son exercice doucement sous l'œil vigilant de sa professeure. Bella proposa de travailler le contrôle de mathématique que Paul aurait dans quelques jours. Elle voulait qu'il brille. Ce serait une façon pour lui de se rendre compte qu'il progressait à vu d'œil et surtout, que la matière qui lui faisait le plus horreur à la base était devenue une de celle dans lesquelles il s'en sortait le mieux. La jeune femme croyait en lui, Paul en était capable. Surtout qu'il semblait bien comprendre le dernier cours et de lui même.

Le soir venu, Bella se sentit un peu nauséeuse au moment de prévenir son père qu'elle risquait de passer plus de temps à l'école qu'à l'église. Elle était tout à fait d'accord pour faire plus d'heures en compagnie de Paul, mais le juge, lui, ne lui avait pas encore donné son accord. Ils s'installèrent à table et l'estomac de la jeune femme se serra encore un peu plus. Comment aborder le sujet ? Le silence était roi à table. Sa mère était déjà à moitié dans les vapes et son père n'aimait pas être déranger si ce n'était pas pour une bonne raison.

- Père pourrais-je vous parler après le dîner ? demanda enfin Bella le cœur battant.

Elle avait prit son courage à deux mains. Il le fallait, à la fois pour elle et pour Paul. Elle ne pouvait pas l'abandonner en si bon chemin. Il faisait tellement de progrès. Au moins, s'il réussissait et qu'il allait à l'université, obtenait un bon travail plus tard, alors, elle aurait eu l'impression de faire quelque chose de bien dans sa vie.

- Maintenant Isabella, après le dîner, j'ai quelque chose à faire, répondit le Juge sans même la regarder.

Bien ! Elle ne s'y était pas attendu à celle là. La jeune femme n'avait pas eu le temps de préparer ce qu'elle allait dire. Sentant son courage l'abandonner, Bella se reprit aussitôt. Elle était intelligente, sans fausse modestie, elle l'était probablement autant que son père. Il fallait qu'elle en fasse usage. Un brin de mensonge pour une part de vérité. C'était la seule méthode possible.

- Je fais toujours cours à Paul Lahotte, je trouve qu'il s'améliore et il désire vraiment obtenir cette bourse pour partir à l'université. Aujourd'hui il m'a demandé si je serai prête à lui accorder plus de temps d'enseignement s'il renonçait à ses entraînement de football. Je voulais donc vous en parler et savoir si j'avais votre permission, car cela empiéterai sur mes heures à l'église.

Riley s'essuya la bouche avec sa serviette puis la jeta sur la table. Prenant son temps, il finit par jeter un regard noir à sa fille. Bella ne savait pas comment interpréter cette réaction, elle n'avait pourtant rien dit de mal. Elle sentait pourtant ce courant de froid lui parcourir la nuque, comme si son père essayait encore une fois de lire en elle.

- Peux-tu m'en dire plus sur ce garçon ? demanda Riley en ne la quittant pas du regard.

Bella n'avait pas intérêt à raconter de bobard, tout du moins aucun que son père puisse détecter. Il était en mode radar et à la moindre erreur, sa soirée finirait en enfer.

- Il est en dernière année, il vient de la Push...

- Je veux les bons détails Isabella, siffla son père dangereusement, pas les banalités habituelles.

La brune était dans de beaux draps, malgré tout, il fallait qu'elle tienne le coup. Elle ne pouvait pas renoncer à ces cours. Mais elle se devait de dire la vérité car son père pouvait avoir accès au dossier de Paul comme bon lui semblait. Le proviseur était totalement à sa botte.

- Il a une moyenne de D pratiquement dans toutes les matières nécessitant un minimum de réflexion, pas par manque d'intelligence, mais par manque de travail et de discipline. Il est dissipé en cours et il a le sang chaud, ce qui lui a valu pas mal de retenue pour bagarre. Je le trouve plus calme quand il étudie. Il a le verbe haut, ce qui lui a aussi valu de se mettre la plupart des prof à dos. Il ne voulait pas de mon aide au départ, par fierté ou par orgueil je n'en sais rien. Mais c'est lui qui a fini par revenir me voir pour reprendre les cours. Je voulais qu'il trouve la volonté de se battre pour ça. L'année prochaine je ne serai pas là pour le pousser à faire de son mieux et il devra le faire par lui même. Il dit vouloir devenir avocat et ça demande beaucoup de volonté pour réussir dans cette branche.

- Bien, je vois un peu mieux le personnage, maintenant je suppose qu'il est, comme bon nombre de jeune Quileute, de bonne consistance et pas désagréable à regarder.

Bella se mit à froncer les sourcils en ne comprenant pas vraiment où son père voulait en venir. Le Juge analysa sa réaction, attendit un peu, mais préféra mettre les points sur les i.

- Tu n'en serais pas tombé amoureuse par hasard ? demanda-t-il sous les yeux choqués de sa fille. Les beaux garçons et surtout les bad boy, ça a tendance à éblouir les gentilles filles naïves et riche comme toi.

- Père..., marmonna Bella au bord de l'asphyxie.

Comment avait-il pu en arriver à cette conclusion ? Bella n'avait toujours recherché qu'une seule chose chez Paul, l'évasion de chez elle. Pas un amoureux, ni un ami, juste une forme de liberté qui n'appartenait qu'à elle. Voyant que le choc de sa fille n'était pas feint, Riley se calma un peu.

- Jamais je ne me permettrai..., bafouilla la brune gênée. De plus, je ne pense pas que Paul prendrait bien cette hypothèse.

Ce n'était que la vérité, mais Bella s'en voulu tout de suite de l'avoir dit. Riley tiqua à cette réponse et se redressa sur sa chaise.

- Pourquoi, ma fille n'est pas assez bien pour lui ? demanda-t-il sarcastiquement.

- Disons, enfin ce n'est que mon avis, commença la brune en prenant des pincettes, que Paul est un Quileute et que généralement ils préfèrent rester entre eux. Il estime que nous ne sommes pas du même rang social et qu'il est préférable que ça reste ainsi. Il n'est généralement pas tendre avec moi, mais je ne m'en formalise pas, car j'ai l'impression de faire une bonne action. Si je parviens à lui faire obtenir son diplôme alors j'aurai aidé mon prochain. Ce n'est pas parce que la démarche est dure et douloureuse que je dois baisser les bras. Dieu nous met à l'épreuve et c'est à moi de faire au mieux pour la surmonter.

Riley se détendit et apprécia la réponse de sa fille. Il se leva et de toute sa stature il se mit à côté de la jeune femme.

- Dans ce cas c'est d'accord, à une condition. Tes notes et ton piano n'ont pas intérêt d'en pâtir. De plus, si ce jeune homme ne s'améliore pas, tu arrêtes ses cours immédiatement.

- Bien père, répondit Bella en baissant la tête.

- Je suis heureux de voir que l'éducation que nous t'avons donné sert à présent à d'autre personne, lança son père en l'embrassant sur le haut de sa tête. Ce jeune homme deviendra quelqu'un grâce à toi et grâce à Dieu. Même s'il n'est pas croyant, un jour il se rendra compte que notre bonté vient de notre foi.

Bella aurait dû se sentir soulagée que son père soit fier d'elle, mais elle était tendue pour une bonne raison. Il était toujours à côté d'elle et beaucoup trop proche. Et comme elle l'avait redouté, la main de son père se posa sur sa nuque et se mit à serrer.

- Néanmoins garde bien à l'esprit que tu appartiens au mari que je t'aurai choisi. Je te sais assez bien élevée pour rester pure jusqu'à ton mariage, mais sache que si je devais découvrir un comportement indécent avec ce jeune homme ou un autre, ma colère serait bien pire que ce dont tu as l'habitude. Suis-je assez clair ?

- Oui père, répondit Bella en grimaçant à la douleur qu'elle ressentait dans sa nuque.

Riley la relâcha et retourna à table. Il fit signe à sa fille de continuer à manger. Bella se frotta les mains sous la table pour essayer de calmer ses tremblements. Depuis le temps, elle devrait être habituée à ses sautes d'humeur. Finissant son repas du mieux qu'elle pu, la brune jeta un regard à sa mère. Elle n'avait pas dit un mot, elle n'avait même pas bougé le petit doigt pour l'aider. Élisabeth n'était plus qu'une coquille vide. Des années de médicaments en tout genre avaient eu raison du peu de caractère qu'elle avait déjà. Bella avait toujours eu peur de finir comme sa mère. Coincée dans une maison, n'ayant pas son avis à donner, se gavant d'antidépresseur en tout genre, s'assommant du monde réel comme si elle pouvait le fuir. Elle n'était pas heureuse, elle n'aimait pas ses enfants, tout du moins pas assez pour prendre leur défense comme toute mère l'aurait fait. Élisabeth était totalement soumise à son mari et se contentait de faire tapisserie dans cette famille. Plus Bella y regardait et plus elle commençait à ressembler à cette femme. Elle ne le voulait pas, pour rien au monde. Mais quel autre chemin se présentait à elle ? Aucun. Elle aussi était sous l'emprise de son père, sauf qu'en plus elle subissait les brimades et les punissions. La brune avait peur de son père, mais elle détestait sa mère tout autant. Bientôt Bella serait mariée à un homme en tout point identique au Juge et elle aussi finirait aussi vide que sa mère.

Après avoir fini la vaisselle, la brune se décida à retourner dans sa chambre. Alors qu'elle voulait monter tranquillement, elle vit son père dans le couloir avec son téléphone. La jeune femme se fit discrète. Le Juge appela une fois, puis deux fois sans que la personne au bout du téléphone ne réponde.

- Edward... Edward, grogna Riley en grinçant des dents en colère.

Le Juge n'insista pas plus. Il se mordit les lèvres en réfléchissant, fit quelques allers retours dans le couloir, puis enfila son manteau. Bella se dépêcha donc de disparaître et de monter en vitesse dans sa chambre. Elle avait bien vu son regard flamboyant et son attitude. Son père était fou de rage et s'il n'avait pas de nouvelle d'Edward très bientôt, il finirait par le punir comme lui seul en avait la recette. Que devait-elle faire ? Prenant son portable en main, Bella se mit à ruminer pendant de longues minutes. Devait-elle prévenir son frère ? En vérité elle n'avait aucune certitude sur ce qu'allait faire son père, mais elle le connaissait assez bien. Préférant suivre son instinct pour une fois, plutôt que son ressentiment, elle appela son frère en priant pour qu'il réponde. Mais tout comme son père un peu plus tôt elle tomba sur la messagerie. Elle donna un coup de pied dans sa commode de frustration. Qu'était-il entrain de faire cet imbécile ? Que croyait-il ? Que l'université allait le mettre à l'abri du Juge. Bella avait beaucoup de sentiment négatif envers Edward également. Il n'avait jamais rien fait pour elle. Néanmoins, ils étaient tous les deux dans la même galère. Elle se devait de l'aider. Fermant les yeux, se massant les tempes, la brune réfléchit et trouva une solution. Peut être pas la meilleure, mais la seule qui lui vint à l'esprit. Prenant à nouveau son téléphone, elle chercha dans ses contacts et appela Jasper. Se mordant les lèvres, elle espéra de tout son cœur qu'il réponde.

- Oui... Allô ! entendit-elle difficilement à cause de la musique en fond.

- Bonsoir Jasper, c'est Isabella, dit-elle maladroitement. Je ne sais pas si tu te souviens de moi...

- Bella ? Attends juste une seconde s'il te plaît.

Elle entendit du bruit dans le téléphone et ferma les yeux en se traitant d'imbécile. Pourquoi faisait-elle ça ? Le silence se fit petit à petit derrière Jasper, avec une voix douce et rassurante il reprit la conversation.

- Bonsoir Bella ! Bien sûr que je me souviens de toi. Comment vas-tu ?

- Je ne t'appelle pas pour ça, répondit-elle préférant couper court. Est-ce que tu sais où est Edward ?

- Euh... oui, mais pourquoi tu me poses la question ? demanda-t-il perdu.

- Tu vas me prendre pour une folle et vraiment je comprendrais. Mais quoiqu'il fasse, dit lui de rentrer et de répondre à son téléphone.

- Que se passe-t-il Bella ? l'interrogea-t-il en ayant senti sa panique.

Jasper était assez intelligent et sensible pour l'avoir compris. La sœur de son ami était dans tous ses états.

- Je ne sais pas ce que t'a dit ou ne t'a pas dit Edward, mais ce que je sais, c'est qu'il faut qu'il soit chez vous dans moins d'une heure. Je ne sais pas s'il sort, s'il boit ou ... peu importe. Mais je te jure qu'il faut qu'il soit chez vous. Peut-être y est-il déjà, j'en sais rien...c'est juste que... comme on se connaît pas trop et qu'on ne se parle jamais...je sais pas ce qu'il fait mais j'ai un mauvais pressentiment...

- Bella respire s'il te plaît, tenta de la calmer Jasper touché par la panique qui semblait la prendre.

La brune se rendit compte elle même qu'elle était entrain de partir dans tous les sens. Il fallait qu'elle se reprenne. Mais elle n'avait pas envie qu'Edward tombe sur son père en colère sans avoir trouver une bonne excuse.

- Explique moi calmement ce qu'il se passe et je te jure de t'aider.

- Edward ne répond pas à son téléphone et mon père l'a appelé. Il ne répondait pas et du coup il est parti de la maison en colère.

- Ce sont des choses qui arrivent Bella, tenta-t-il de la raisonner avec gentillesse.

- Non tu ne me comprends pas bien je crois. Je connais mon père et je connais encore mieux son besoin de tout savoir et de tout contrôler. Edward doit rentrer, parce que je suis persuadée que mon père va débarquer chez vous sous peu.

Elle entendit distinctement le petit éclat de rire de Jasper.

- Enfin, il est 20h30 et l'université est à plus d'une heure et demi de chez vous. Ton père ne va pas faire la route juste pour vérifier que ton frère ne découche pas enfin ! se moqua-t-il gentiment.

Bella se demanda si elle ne devait pas raccrocher tout de suite. Elle avait cru pouvoir faire confiance à Jasper, mais il fallait quelle se rende à l'évidence, la brune s'accrochait un peu trop aux gens qu'elle pensait gentil.

- Tu ne me crois pas, très bien, je ne vais pas tenter de t'en convaincre. Seulement si mon frère est vraiment ton ami, rends moi service. Trouve Edward et répète lui exactement ce que je viens de te dire. Dis lui que notre père est parti il y a plus d'une demi-heure et qu'il ferait bien d'effacer mon appel de son téléphone s'il ne veut pas que j'ai moi aussi des ennuis.

- Bella t'es vraiment sérieuse ?

- Bonne soirée Jasper, termina-t-elle en raccrochant.

A peine eut-elle finit, qu'elle effaça ses deux derniers appels. Mieux valait prévoir. Avait-elle bien fait ? La jeune femme n'en savait rien. Mais au moins, elle n'aurait rien à se reprocher, même si elle avait crié au loup. Peut-être qu'Edward allait lui en vouloir de bousiller sa soirée, mais elle n'en avait pas grand chose à faire. Qu'il l'aime moins que c'était déjà le cas ne risquait pas d'être dur.

Après sa douche, elle tourna dans sa chambre en se rongeant les ongles. Son père n'était pas rentré, son frère n'avait pas donné signe de vie. Le sommeil ne risquait pas de venir ainsi. Son téléphone se mit à vibrer et elle sauta dessus aussitôt. Ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'elle vit « Paul ». Elle avait totalement oublié qu'il avait son numéro. Regardant l'heure, elle s'étonna aussitôt. Pourquoi l'appelait-il à 23h30 ?

- Allô ?! lança-t-elle incertaine.

- Je te réveille Masen ? demanda-t-il tranquillement comme ci de rien n'était.

- Euh... non, mais as-tu vu l'heure ? demanda Bella sidérée.

- Ouais je sais mais j'arrive pas à dormir parce que je voudrais savoir si l'exercice que tu m'as donné tout à l'heure avant de partir, la réponse c'est 4,5.

La brune s'en effondra sur son lit, comme si elle avait prit une brique sur la tête. Il ne parlait pas sérieusement ?

- Ôtes moi d'un doute là, tu n'es pas vraiment entrain de m'appeler à 23h30 parce que tu veux les résultats de tes exercices ?

- Bah quoi ? T'as répondu à ce que je sache, se moqua Paul avec son ton sarcastique habituel.

- As-tu la moindre idée de ce que je risque si mon père me chope ? demanda la brune sérieusement.

Elle s'attendait à ce qu'il lui réponde à nouveau quelque chose de sarcastique, mais contre toute attente, il se montra un brin gêné.

- Oh oui c'est vrai, je n'avais pas pensé à ça. Pour être honnête, j'avais pas vraiment vu l'heure. Laisse tomber on verra ça demain...

Bella fronça à nouveau les sourcils, perdue. Qu'est-ce que c'était que ces réactions ? Normalement, Paul n'aurait jamais lâché le morceau tant qu'il n'avait pas eu la réponse à sa question. La jeune femme éteignit sa lumière, s'installa sous sa couette et essaya de se détendre. De toute façon, il n'y avait que sa mère dans la maison et elle devait déjà comaté dans son lit ou au bout d'une table.

- C'est trop tard maintenant. Mon père n'est pas là pour l'instant, alors dit moi quel exercice exactement.

Elle n'avait pas besoin de feuille et de stylo, pour les mathématiques, la jeune femme s'en sortait plutôt bien de tête. Paul fut étonné par sa réponse, mais se lança. La jeune femme se détendit au son de sa voix, c'était apaisant et son rythme cardiaque appréciait grandement un moment d'accalmie. Après avoir suivi les explications, elle le félicita en lui disant qu'en effet, il avait le bon résultat.

- Continues comme ça, tu vas cartonner à ton contrôle, l'encouragea-t-elle le cœur un peu plus léger. Mon père a accepté que je te fasse cours plus souvent au fait.

- Parce qu'il te fallait son autorisation pour faire une bonne action ? grogna Paul en serrant les dents.

- Non, il me faut son autorisation et une bonne raison de rester dans la même pièce qu'un garçon, répondit-elle honnêtement se sentant libre de dire la vérité avec lui.

- Il est directeur de goulag ton père ou ça se passe comment ? s'énerva le Quileute scandalisé. Il veut pas te mettre un bracelet électronique à la cheville comme tous les gars qu'il envoie en taule ?

- Ne lui souffle pas l'idée je t'en supplie, il en est capable, se marra-t-elle doucement sans s'en rendre compte.

C'est quand elle entendit le ricanement de Paul à l'autre bout du fil qu'elle remarqua qu'il l'avait fait rire. Dans son malheur, le Quileute avait réussi l'exploit de la faire rire.

- Bella ?

- Oui ?

- Je préfère largement quand tu enlèves ton masque, c'est lui que je ne supporte pas, ce n'est pas toi.

Il était sincère. Paul ne lui avait jamais parlé comme ça. Bella senti les larmes lui monter aux yeux. Il avait vu la faille et il s'y était engouffré. Il fallait absolument que la brune reprenne les choses en main, sinon bientôt elle lui dévoilerait sa vie et elle préférait encore s'arracher un bras à la place. Pourtant, elle n'avait pas envie qu'il pense du mal d'elle, parce que même s'il n'était pas un ami, elle aurait bien voulu qu'il le soit. Avoir des amis comme Paul, ça avait l'air sécuritaire.

- On est indissociable lui et moi, répondit-elle sombrement.

- Quelqu'un m'a dit il n'y a pas si longtemps que l'image que tu renvoyais et la personne que tu étais, étaient totalement différentes.

- Peut-être que..., s'interrompit-elle soudainement en voyant des phares dans la cour. Merde ! Je dois te laisser mon père revient.

- Tu viens vraiment de dire « merde » je suis choqué tu sais, se moqua-t-il gentiment.

- Bonne nuit Paul, à demain.

Elle ne lui laissa pas le temps de répondre, qu'elle raccrocha. La jeune femme effaça aussitôt l'historique d'appel et fit semblant de dormir. Il ne fallut pas beaucoup de temps avant que son père entre dans sa chambre et qu'il se mette à côté de son lit. Bella tenta de respirer doucement, simulant à la perfection le sommeil. Riley pris le téléphone de sa fille en main et tapa le code, il connaissait le code de chaque téléphone de cette maison. Ne trouvant rien de suspect, il laissa tomber, mit une main protectrice sur la tête de sa fille et lui souhaita bonne nuit. Bella attendit bien dix minutes avant de reprendre son téléphone et d'envoyer un message à son frère.

« Désolé si j'ai fait erreur, papa vient de rentrer »

Elle ferma les yeux, mais la réponse ne se fit pas attendre.

« Je ne savais pas si tu dormais, je n'osais pas te prévenir. Tu avais raison, merci. Je t'en dois une ».

Bella resta un moment interdite. Son père était allé jusqu'à l'université à une heure et demi pour surveiller Edward. Le Juge aurait toujours une emprise sur eux et cela n'aida pas la jeune femme à dormir. Bien au contraire.


Voilà, comme vous pouvez le voir, Edward n'est pas forcément comme on le pense. Mais on va le découvrir très bientôt. Paul ouvre les yeux petit à petit. On avance. Bisous et à la semaine prochaine.