Bonjour tout le monde, comment allez vous en ce dimanche matin ? Nous voici avec un nouveau chapitre ou on va revoir Leah, Edward et Jasper. Le chapitre d'avant vous a un peu plus mis dans l'ambiance du contrôle du Juge.

Guest: Le Juge veut tout savoir et il se donne les moyens d'y arriver, s'il doit prendre sa voiture et faire une heure et demi de route il va le faire. B et P vont devenir de plus en plus proche. Ch a les mains liées mais on le saura bien assez tôt. Bisous !

MC: Oui je sais le Juge que j'ai crée est bien gratiné. Je crois que c'est un des pires que j'ai fait. Mais non je n'ai pas l'esprit tordu... Bisous !

Nanaaddict: Riley est un grand malade, il veut que Edward, qui est plus loin de lui, sache qu'il est toujours dans l'ombre et qu'il ne va pas lâcher l'affaire. Elisabeth est une histoire que l'on approfondira pas forcément comme Bella ou Edward, mais oui le Juge s'est bien entrainé sur quelqu'un. Charlie est une histoire dont nous reparlerons par contre. Charlie a en effet du baisser les bras, mais on y reviendra. La relation Edella comme tu dis va prendre son envol en effet. Paul ouvre les horizons de Bella, il lui permet de dire et de faire ce qu'elle ne se permet pas habituellement. Les pavés ne me dérange en rien, rassure toi. Bisous !

Caramel: Ah le problème c'est le Juge justement :) Il en tient une bonne couche. Ah oui Paul (et pas que lui) va la travailler au corps pour qu'elle s'affirme. Pour sûr Bella n'a ni besoin de Royce et ce n'est certainement pas sa mère qui va lui venir en aide, ce n'est plus qu'un zombie. On ne va pas se mentir, Jasper va être décisif. Parce qu'il est têtu comme un mulet. Mais peut être pas autant que Paul. Avec deux zigotos pareil, on va bien arriver à quelque chose. Edward va peut-être enfin tendre la main à sa soeur. Quand à Charlie on y reviendra. Bisous !

Voila, allez je vous laisse. Je vous fais plein de bisous !


Paul entendit un éclat de rire en face de lui et releva la tête aussitôt. Leah était juste là, scotchée de le voir plongeait dans sa lecture.

- Tu es vraiment entrain de lire un bouquin ? demanda-t-elle sur le cul.

- Bella m'a conseillé de le lire en entier plutôt que d'aller chercher les résumés sur internet. Selon elle, ça améliorera mon orthographe et ma façon de rédiger mes dissertations.

Le sourire de Leah s'effaça aussitôt. Elle vint le rejoindre en fronçant les sourcils. La jeune femme n'aimait pas beaucoup ce qu'elle voyait. Elle était heureuse de constater que son ami s'investissait dans ses études, mais quelque chose la chiffonnait.

- C'est Bella maintenant ? Plus Sainte Bella ? l'interrogea Leah sérieusement.

Paul soupira, ferma son livre d'un coup et se tourna vers son amie. Elle semblait fermée à la discussion, pourtant ça avait toujours été sa confidente.

- J'avais peut être tort d'être aussi dur avec elle, j'en sais rien, lança-t-il en haussant les épaules.

- Connerie ! s'énerva Leah en grinçant des dents. Qu'est-ce qu'elle a fait cette fille pour te faire retourner ta veste ? Pour qu'au final ce soit toi qui court après comme un bon petit toutou...

- Leah ! grogna-t-il mécontent. Je ne suis le toutou de personne. Elle m'aide juste à m'améliorer en cours. Y'a rien de mal à ça.

- Bien sûr, prend moi pour une conne ! se vexa-t-elle en se levant.

Paul la rattrapa avant qu'elle disparaisse. Il la connaissait assez pour savoir que Leah fâchée ça pouvait durer longtemps, très longtemps.

- Mais qu'est-ce qu'il te prend à la fin ? demanda-t-il perdu. T'es jalouse ou quoi ?

- Oui peut-être bien ! cria-t-elle en arrachant son bras de l'emprise de son ami. Cette fille elle débarque de nul part et vous bavez tous dessus, alors qu'en début d'année vous étiez les premiers à vous foutre de sa gueule. T'as besoin que je te rafraîchisse la mémoire peut être ? Tu as dit toi même que les gens comme elle ne font jamais rien sans contrepartie. C'est juste une Lauren Mallory mieux déguisée figure toi. Elle vaut pas mieux que les autres.

Paul avait envie de défendre Bella. Honnêtement, il commençait à l'apprécier. Elle s'ouvrait petit à petit à lui et ça il ne s'y était pas attendu. Parfois, il la regardait à la cafétéria, dans les couloirs. Alice avait raison. Bella n'était pas heureuse et même si elle le cachait bien, lui il le savait. Une heure plus tôt, il l'aidait à faire démarrer sa voiture sur le parking du lycée, parce que la batterie était à plat. La panique qu'il avait vu dans son regard à l'idée d'être en retard chez elle lui avait retourné le cœur. Bella l'avait tellement remercié de son aide qu'il avait cru être un saint. En soit, elle n'était jamais sereine.

- Crois moi bien que ça va m'arracher la bouche de te dire ça, mais... elle est vraiment gentille, admit-il enfin à contre cœur.

- Oh vraiment ?! lança Leah en plissant les yeux. Et ça t'es venu comme ça ? Tu te fous de ma gueule ? Je te connais Paul, tu ne changes jamais vraiment d'avis et tu avoues encore moins que tu as eu tort, alors qu'est-ce qui est différent cette fois ci ? C'est parce qu'elle te prend tout ton temps que tu ne jure plus que par elle ? Ou bien la sainte vierge fait frétiller ton Popol ?

- Ça suffit maintenant ! s'énerva-t-il en jetant le livre au sol. Arrêtes tes conneries ! Elle m'aide juste...

- Elle te manipule comme tous les autres...

- Bella n'est pas comme ça, plus je passe de temps avec elle et plus je m'en rend compte.

- Où est passé le temps où tu disais qu'elle cachait quelque chose ?

- Mais elle cachait vraiment quelque chose ! hurla-t-il à bout de patience.

Il jura à peine la phrase fut-elle sorti. Paul s'en voulu aussitôt, puis en voulut à Leah juste après.

- Tu fais chié putain ! Tu ne peux pas te contenter d'être contente pour moi pour une fois.

- Change pas de sujet, intervint-elle en s'adoucissant soudainement. Comment ça elle cachait vraiment quelque chose ? T'en sais plus que tu n'en dis.

- Ça ne nous regarde pas...

Leah fronça les sourcils, mais ne lâcha pas le morceau. Paul avait appris quelque chose sur Sainte Bella qui lui avait fait changer d'avis sur elle. Ça devait être lourd pour qu'il revienne sur ses préjugés.

- Tu en as trop dit ou pas assez et tu sais que je ne vais pas te lâcher. Si tu veux que je te jure de ne rien dire à personne, je te le jure sur la tête de mon petit frère, mais crache le morceau, parce que sinon je vais le chercher directement chez Masen.

Paul se frotta la nuque. Il n'avait jamais promis à personne de ne pas en parler. Mais au fond de lui, il sentait que ce n'était pas une bonne chose que de révéler un tel secret. Peut-être que personne n'était au courant. Néanmoins, il devait reconnaître que ça le perturbait un peu. Il s'inquiétait pour Bella alors qu'il ne la connaissait pratiquement pas.

- Paul ! s'impatienta Leah en se mettant devant lui menaçante.

- OK ! D'accord ! Le père de Bella est un sale type ! Voilà t'es contente, c'est un putain de tyran !

La jeune femme le regarda en se demandant s'il se foutait de sa gueule.

- Oui bah ça on est tous au courant figure toi, rétorqua-t-elle sarcastiquement. Le Juge n'est pas un tendre, c'est pas pour rien qu'il a foutu Jared en taule...

- Non, tu ne me comprends pas, l'interrompit Paul mal à l'aise en se frottant la nuque. C'est un tyran avec sa fille...

Leah arrêta aussitôt de parler et regarda son ami bizarrement. Elle ouvrit la bouche pour dire quelque chose, puis se mit à réfléchir à la place. Paul avait déjà été aussi bizarre peu de temps avant et son amie n'avait rien compris à la conversation. Maintenant... peut-être bien que ça s'éclairait.

- Attend me dis pas que le Juge colle des coups de bâton à sa fille, cracha-t-elle dégoûtée. Paul tu déconnes ? Si c'est vrai, il faut prévenir quelqu'un...

- Tu m'as juré de n'en parler à personne ! s'énerva-t-il à nouveau en levant son doigt menaçant.

- T'es pas sérieux bordel ? C'est un Juge, il peut pas frapper sa fille !

- Pourquoi ne pourrait-il pas ? lança Paul dégoutté. Je l'ai vu de mes propres yeux ce sale con. Elle jouait juste du piano, elle ne faisait rien de mal. Tu l'aurais vu, on aurait dit une autre personne. Il est arrivé et là il a sorti ce foutu bâton et lui en a collé deux coups dans le dos. Bella a pas bougé d'un cil. Elle est restée là, sans même pousser un cri. Je ne sais pas s'il fait plus et je ne suis pas sûr de vouloir le savoir. Mais ce type est mauvais.

Paul se sentit soulagé d'un poids, même si la culpabilité d'avoir craché le morceau monta vite en lui. Leah semblait toujours en colère mais plus pour les mêmes raisons.

- Comment tu as vu ça toi ? demanda-t-elle soudainement cherchant à comprendre.

- J'avais pas l'intention d'espionner figure toi, mais c'est pas le problème. Moi je sais pas quoi faire. Bella, c'est pas vraiment mon amie, mais en même temps, je me sens coupable de la laisser dans sa merde. On est d'accord que ce n'est pas normal ?

- Non, je te confirme, ce n'est pas normal ! s'énerva Leah en tapant du pied. Ce mec est là à faire des grands discours sur les lois, à condamner des mecs en un coup de marteau et il tabasse peut être sa propre fille. C'est ça que t'es entrain de me dire ?

- Honnêtement j'en sais rien, avoua Paul dépité. J'essaye d'en savoir plus, mais Bella est pas très loquasse et j'ai jamais vu de bleu sur elle.

- Encore heureux ! J'espère bien que si tu en avais vu tu aurais prévenu les flics !

- C'est pas aussi simple figure toi, se défendit le Quileute mal à l'aise. J'ai pas l'impression que Bella veuille que ça se sache et comme tu l'as dit, peut être que pour eux c'est de l'éducation. Tout ce qu'elle m'a avoué c'était qu'elle préférait me faire cours plutôt que de rester chez elle. C'est un Juge Leah et foutrement renommé en plus de ça. Qui me croirait ? Personne et tu le sais très bien.

La jeune femme dut bien reconnaître qu'il avait raison. Sans preuve ou sans témoignage de Bella, le Juge ne risquait rien. Leah se retrouva aussi mal à l'aise que Paul maintenant.

- Après, elle a pas l'air si malheureuse que ça, souligna la Quileute en haussant les épaules.

- Vraiment ? rétorqua son ami la mâchoire serrée. Je n'en suis pas si sûr moi.

- Ne t'en fais pas tant Paul, elle a des amis et même si ce sont des gens imbus d'eux même, je ne pense pas qu'il la laisserait dans le mal. Hale à l'air plutôt protectrice et la pile observatrice.

- Oui tu as probablement raison, je m'en fais trop je suppose.

- Non, tu as raison de t'en faire, mais si Sainte Bella ne dit rien, c'est qu'elle a certainement une bonne raison. On s'inquiète peut-être de trop.

Paul n'ajouta rien, mais au fond de lui, il était sûr d'une chose. Oui Bella avait une bonne raison, elle avait peur. Leah pourrait lui dire ce qu'elle voulait, tenter de le rassurer, il n'en démordrait pas. Il se souvenait très bien de ce soir où il l'avait appelé à pas d'heure. Elle avait répondu plus par inquiétude pour lui qu'autre chose. Mais elle était restée au téléphone avec lui, tranquillement, pour la simple et bonne raison que son père n'était pas là. Bella s'était détendue et Paul avait apprécié ce moment. Puis le lendemain, plus rien, elle avait remis son masque et une fois encore il avait eu l'impression de faire face à un mur. Il ne lui avait jamais parlé de ce qu'il avait vu dans son jardin et ne se sentait pas légitime de le faire. Pourtant, les heures passées en sa compagnie étaient devenue plus agréable maintenant. Parce qu'il prenait un peu plus de plaisir à étudier et à constater ses progrès. Même si Bella restait toujours très fermée, il n'en restait pas moins que quand il réussissait à la faire rire, Paul se sentait comme un super héros. Son côté Quileute était entrain de jouer contre lui. Ils étaient un peu comme une meute à la Push. Les plus forts se devaient de protéger les plus faibles. Et c'était le sentiment qui lui venait quand il voyait la jeune Masen. Mais Bella ne semblait pas vouloir qu'on l'aide et c'était bien dommage.

De son côté, Isabella était sur son piano pour ne pas changer. L'envie n'y était pas. L'envie l'avait déserté depuis un moment pour être honnête. Malgré tout, elle joua cette foutue partition sans même la regarder, sans même réellement y penser. Il fallait au moins que sa mère l'entende s'entraîner une bonne heure pour pouvoir le dire à son père quand il rentrerait. Elle n'avait qu'une envie, retourner au lycée en compagnie de Paul. Il n'était pas toujours agréable, parfois même bougon, mais ce n'était rien. Lui au moins il n'était pas méchant, il disait toujours ce qu'il pensait. Il lui arrivait de balancer des choses sur un coup de tête, puis de venir s'excuser juste derrière, comme un enfant. Il l'avait aidé avec sa voiture, même si elle était arrivée en retard chez elle, sans son aide elle aurait dû appelé son père et ça aurait été un voyage rempli d'interrogations et de menaces. Un petit sourire en coin apparut sur le visage de la jeune femme en pensant à Paul. Ils n'étaient pas amis, pourtant, au fur et à mesure, une relation de confiance se tissait entre eux. Tout les opposait et pourtant... Bella ne s'ouvrait à personne autant qu'à lui. Ce n'était jamais vraiment de grandes révélations, mais il lui arrivait de laisser échapper des indices. Inconsciemment, elle avait peut être envie de se confier à quelqu'un. Idéalement, Alice aurait pu l'écouter. Le problème c'était qu'elle était incapable de se taire. Elle aurait forcément hurlé à la révolution. Bella n'était pas apte à faire face à ça en sachant les répercussions qu'il pouvait y avoir. Non, Paul était une meilleure option. Il n'allait jamais trop loin, comme si il savait sans vraiment savoir. Plus elle pensait à lui, plus ses doigts changèrent d'eux même la mélodie sur le piano. Quelque chose de beau et d'insolent, comme son élève. Une fois encore elle sursauta en se refermant aussitôt que la porte s'ouvrit. Son cœur se calma légèrement quand elle constata que c'était Edward et non son père. Au moins, elle éviterait le bâton pour une fois.

- Continues, père n'est pas là et mère dors, la salua-t-il en refermant la porte.

Bella resta interdite un moment, ne sachant pas vraiment si elle pouvait lui faire confiance. Mais elle n'avait jamais vraiment d'occasion de jouer tranquillement. Alors, au prix d'un gros effort de courage, elle reposa ses doigts sur le piano et reprit là où elle en était. Edward était adossé à la porte et la regardait tristement. Il semblait aussi torturé qu'elle. S'approchant, il s'assit à ses côtés. Le jeune homme ferma les yeux puis écouta la mélodie. C'était joli, c'était plein d'émotion. Posant à son tour ses doigts sur le piano, il se mit à jouer avec sa petite sœur. Bella faillit s'arrêter tellement elle était choquée. Ils n'avaient jamais joué ensemble. Son frère était doué au piano, elle l'avait entendu plus d'une fois et son père n'avait jamais rien trouvé à y redire tant que ça n'impactait pas ses notes. Pour la brune, c'était différent, elle devait en faire une carrière, alors il ne fallait surtout pas que ça devienne un loisir. Bella calma peu à peu la mélodie et se mit à jouer quelque chose de plus doux, Edward l'accompagna avec un sourire tendre. Une berceuse. Ils se comprenaient dans leur malheur apparemment. Des larmes coulèrent doucement sur les joues de Bella, sans qu'elle puisse les retenir. Jamais elle ne s'était senti en connexion avec son frère. Mettant une dernière note sur le piano, la brune tenta de cacher au mieux ses larmes. Edward posa sa tête sur la sienne.

- Ne pleure pas Bella, ça ira mieux un jour, chuchota-t-il en serrant sa main.

- C'est vrai ça ? marmonna-t-elle en le regardant les yeux embués de larmes.

- Je n'en sais rien, j'essaye juste de m'en convaincre, admit Edward en essuyant ses larmes. Mais il est vrai que trouver quelqu'un de confiance à qui on peut parler, ça aide.

- J'aurai aimé que tu sois cette personne, avoua-t-elle la gorge nouée.

- Ce n'est pas une bonne idée. Je n'ai aucune confiance en moi et tu ne devrais pas en avoir non plus. Il suffit qu'il sorte la ceinture pour que je dise tout ce que je sais. Je ne suis pas aussi fort et borné que toi, dit-il en retenant lui aussi ses larmes.

- Je ne suis pas comme ça, rétorqua Bella en grimaçant. Je suis faible et soumise, comme mère...

- Non ! Tu ne l'es pas ! trancha Edward en serrant les dents. Tu ne seras jamais comme elle. Je ne suis pas certain de beaucoup de chose, mais ça, j'en ai l'intime conviction. Tu préférerais mourir.

Il avait raison. C'était bien ça le pire. Cette discussion était étrange, parce que durant toutes ces années, ils n'avaient jamais parlé de la situation. Chacun l'avait subit de son côté sans jamais osé en parler avec l'autre. Se jalousant la plupart du temps quand leur père changeait de cible, sans comprendre qu'ils étaient dans le même bateau.

- Merci pour la dernière fois, murmura-t-il en vérifiant derrière lui si la porte ne s'ouvrait pas.

Les vieux réflexes avaient la vie dure.

- J'ai juste eu la chance de trouver père dans le couloir entrain de t'appeler. Je suppose que tu en aurais fait autant pour moi.

- Je n'en suis pas si sûr, avoua-t-il honteusement. Comment as-tu eu le numéro de Jasper au fait ?

- Il me l'a laissé la dernière fois que vous êtes venu, répondit-elle en haussant les épaules. Je crois que c'est une fouine.

Edward sourit en l'entendant dire ça, parce que oui, Jasper était une sacrée fouine et patient en plus de ça.

- C'est aussi un séducteur, fait attention à toi, prévint gentiment Edward en blaguant.

- Même s'il réussissait, père a été assez clair sur mon avenir sentimental. Donc, rassure toi, il n'y a aucun danger. Je sais où se trouve ma place et celle de tous les autres hommes.

- Peut-être que ton mari sera quelqu'un de bien, tenta-t-il de la réconforter malgré tout.

Bella regarda son frère dans les yeux essayant de lui faire passer un message, il n'eut pas besoin qu'elle épilogue pour comprendre. Si c'était leur père qui choisissait, il prendrait forcément quelqu'un qui ne laisserait pas d'espace à la brune. Edward l'embrassa sur le front, les lèvres tremblantes.

- Je préfère largement recevoir des coups plutôt que de subir ce qu'il t'inflige. Je t'ai laissé seule avec lui. Avec toutes ses exigences, ses angoisses, ses punitions. Je suis désolé de ne pas pouvoir faire quelque chose. Je me sens... inutile.

- Je ressens constamment la même chose, le consola sa sœur en se reprenant. Ne t'en fais pas pour moi Edward, vis ta vie et fais tout ce qui est en ton pouvoir pour t'échapper de son emprise. Toi au moins, tu as encore une chance de réussir. T'es plus fort que tu ne le crois. Promets le moi.

Son frère la regarda désespéré, déchiré. Il s'en voulait vraiment mais il n'avait pas de solution. Tant d'années à se regarder en chien de fusil, pour au final être sur la même longueur d'onde. Ils tenaient l'un à l'autre, mais se sentant coupable de leurs sentiments négatifs respectifs. Il avait fallu que Bella fasse une bonne action envers son frère pour que la porte s'ouvre enfin. Elle lui serra la main, la mâchoire tendue mais le cœur débordant enfin de bons sentiments pour lui. Bella était fataliste sur son avenir, n'ayant plus qu'elle à la maison, son père n'allait pas lui laisser un moment de répit avant son entrée au conservatoire. Mais Edward, c'était différent. Il n'était pas encore marié, il étudiait pour devenir quelqu'un, il avait la possibilité de partir, de fuir et d'éviter un mariage forcé.

- Promets le moi ! exigea Bella intransigeante.

- Je te le jure, promit-il enfin à contre cœur.

- Laisse le se concentrer sur moi et pars. C'est encore ce que tu as de mieux à faire.

- T'abandonner à ton sort, c'est ce que j'ai de mieux à faire ! siffla Edward en détournant le regard.

- Tu n'y es pour rien, le consola-t-elle avec un sourire. Et ce n'est pas ce que tu vas faire. Mon sort a été jeté depuis longtemps. Puis si je sais que tu es heureux quelque part, alors je serai heureuse aussi. Ce sera déjà ça de gagné.

Edward n'eut pas le temps de répondre quoique ce soit, qu'un petit coup à la porte se fit entendre. Bella se crispa aussitôt, mais son frère la rassura.

- C'est la fouine qui surveille la porte, expliqua-t-il avec malice faisant sourire sa sœur.

Il abandonna la musicienne en vitesse, qui reprit son piano comme si de rien n'était. Jasper attendait le jeune homme de l'autre côté de la porte. Son visage était blanc et de toute évidence il se retenait de dire quelque chose de méchant. Se reprenant ils allèrent ensemble saluer Riley. Une fois que ce serait fait, peut-être leur laisserait-il l'occasion de parler sérieusement. Les deux jeunes hommes se présentèrent donc à l'entrée, même si Jasper avait perdu l'entrain qu'il avait pu avoir à sa dernière visite. Il avait compris depuis un moment que cette famille avait quelque chose de dysfonctionnel. Qu'Edward avait certainement été accablé de pression par son père, probablement d'une éducation très religieuse et stricte. Mais ce qu'il avait vu ne lui avait pas plu du tout. Alors il prit sur lui, pour son ami, de fermer sa bouche... pour l'instant. Riley les salua, heureux de les voir, se réjouissant de savoir qu'ils allaient passer le week-end ici. Puis, Élisabeth arriva comme si de rien était, embrassant son mari et s'enthousiasmant d'avoir du monde à table le soir même.

- Isabella travaille depuis longtemps ? demanda Riley à sa femme sans se préoccuper d'avoir du public.

- Depuis plus d'une heure, répondit celle ci en regardant l'horloge. Elle est rentrée avec quinze minutes de retard mais s'est installée immédiatement au piano.

L'œil du Juge tressauta légèrement, il se mordit les lèvres, mécontent. Edward avait une furieuse envie de prendre la tête de sa mère et de l'enfoncer dans l'oreiller qu'elle venait certainement de quitter. Ne pouvait-elle pas se taire pour une fois ou se contenter de dire les choses positives ?

- A-t-elle dit pourquoi elle était en retard ? demanda Riley le regard froid.

- Oui, apparemment Bella était avec son élève et sa voiture n'a pas voulu démarrer. Le jeune homme en question l'a dépanné.

- Vraiment ? s'étonna Riley en regardant ses ongles. Il est partout ce Paul.

Le Juge n'en ajouta pas plus, mais se dirigea vers la salle de musique après ça. Edward serra le poing en détestant sa mère encore plus. Bella allait encore passer un mauvais quart d'heure. Pour quinze petites minutes. Jasper fronçait les sourcils en sentant bien qu'il y avait un problème mais n'arrivant pas à savoir exactement lequel.

- Nous allons réviser dans ma chambre si jamais l'envie t'en prend de donner aussi mon emploi du temps, cracha sombrement Edward en tournant les talons.

Sa mère ne montra même pas un signe de repentance, ce n'était plus qu'un zombie. Parfois même, Edward la soupçonnait de le faire exprès pour avoir la paix. Pourtant c'était la seule dans cette maison à ne jamais subir de remontrance de la part de Riley, de toute façon, il aurait pu essayer, elle était trop défoncée pour comprendre quoique ce soit. Des raclés, Edward s'en était pris plus d'une à cause d'elle. Il n'y avait que quand son père partait pour une grosse affaire que sa mère devenait aussi invisible qu'un fantôme. Elle disparaissait de la maison pour traîner chez une amie et abandonnait ses enfants à leur sort. Bella et Edward ne l'avait jamais dénoncé, bien trop heureux d'avoir enfin la paix.

Quand ils arrivèrent dans la chambre du jeune homme, Jasper perdit enfin sa patience légendaire.

- Vas-tu enfin m'expliquer ce qui se passe ici ? chuchota-t-il mécontent.

- Rien qui ne te regarde...

- Je fais des études pour devenir psy Ed' et très humblement j'estime être loin d'être con. Quelque chose cloche et je le ressens. Bella ne m'a appelé qu'une seule fois dans sa vie et c'était apparemment pour te sauver les fesses. Elle était en panique !

- Baisse d'un ton, le supplia Edward de peur que son père ne les entende même s'ils étaient à l'autre bout de la maison. Si mon père apprend que c'est ma sœur qui m'a prévenu on sera puni tous les deux.

Jasper en resta sur le cul. Il passa une main sur son visage en espérant avoir mal entendu. Il s'avança et posa son regard dans celui de son ami.

- Est-ce que ton père est violent avec vous ? s'inquiéta aussitôt le blond sentant le problème.

- Mais...qu'est-ce que tu racontes ? Je t'ai dit que ça ne te regardait pas. Laisse tomber Jasper...

- Je t'ai cherché pendant une demi-heure parce que Bella m'a appelé hystérique de peur que ton père ne te trouve pas à l'appartement. Il s'est déplacé à une heure et demi de route pour te fliquer à cause d'un putain de téléphone ! J'ai dû faire le guet pour vérifier qui arrivait. Excuses moi de m'inquiéter, mais ton père a de sérieuses réactions de maniaque du contrôle.

Edward ne savait plus quoi répondre. Parce que Jasper avait raison. Son père était ainsi, il fallait toujours que son avis prenne le pas sur celui des autres. Il devait tout savoir sur tout le monde, estimant que son point de vue était toujours le meilleur. Riley ne se rendait même pas compte du carnage qui se trouvait autour de lui. Du malheur de ses enfants, des absences de sa femme. Tant que tout le monde pensait qu'ils étaient une famille parfaite, alors c'était le principal.

- Tu es mon ami et je pense sincèrement avoir le droit de t'aider. Ta sœur et toi vous n'y êtes pour rien. Parle moi.

- Pas maintenant et certainement pas ici, répondit Edward intransigeant.

- D'accord, accepta Jasper en levant les mains. Maintenant, tu as eu le temps de t'expliquer avec ta sœur ?

- On a fait au mieux. Depuis quand tu donnes ton numéro de téléphone à Bella toi ? demanda son ami en fronçant les sourcils.

- Depuis que je sens qu'elle est aussi fragile que toi, répondit honnêtement Jasper en haussant les épaules.

- Bien sûr ! Rien à voir avec sa beauté et sa gentillesse.

- Pour être très honnête, ta charmante sœur n'a pas été des plus agréables avec moi. Mais je ne doute pas de lui faire changer d'avis sur mon compte, s'amusa Jasper en voyant le côté protecteur d'Edward essayait de faire surface.

- Ne lui fait pas ton numéro de charme, s'il te plaît, elle n'a pas besoin de ça, prévint le jeune homme inquiet.

- On a tous besoin d'amour Edward, néanmoins ne t'en fais pas tant, je n'avais pas l'intention de séduire ta petite sœur, ricana son ami en levant les yeux au ciel. Je m'inquiète juste pour elle. Mais il serait bon pour une jeune fille de son âge de savoir qu'elle est belle et appréciée. Ça lui donnerait un peu plus confiance en elle.

- Crois moi, aucun de nous deux ne dois prendre la confiance, marmonna Edward en se détournant.

Il se souvenait encore parfaitement de la seule fois où il avait haussé le ton pour se faire entendre. Son dos portait encore la marque de la boucle de ceinture. Bella n'avait pratiquement jamais eu de châtiment corporel ou tout du moins pas la ceinture. Par contre Riley pouvait se montrer plus cruelle avec elle. Il savait très bien comment s'y prendre avec sa fille pour la faire mourir de peur. Edward n'avait pas menti en disant qu'il préférait largement son châtiment. Les coups venaient, la douleur était là, mais il pouvait toujours se soigner et il avait généralement plus de liberté que Bella. Elle n'avait pas un moment de répit. Comme si Riley cherchait à la rendre aussi catatonique que leur mère. Pourtant, Edward avait une certitude, il avait la faiblesse de sa mère, alors que Bella avait la force de son père. Son masque en était une preuve irrémédiable. Il n'avait jamais été aussi doué pour cacher ses émotions, pour encaisser en silence. Le jeune homme endurait, certes, mais c'était seulement en s'éloignant qu'il s'était rendu compte qu'il pouvait respirer. Il se sentait tellement inutile. Impossible d'aider le seul membre de sa famille qui en valait la peine. Le fatalisme ne l'aida pas à remonter son moral déjà bien bas.

- Bon, on descend, j'ai bien envie d'aller écouter ta sœur jouer, lança Jasper en souriant de toutes ses dents.

- Ce n'est pas une bonne idée. Mon père est avec elle et il ne veut pas que Bella joue pour les invités...

- Oui, mais ça je ferai semblant de ne pas le savoir, l'interrompit le blond malin. Il est temps de sortir ta sœur de cette pièce. Reste ici toi, comme ça il n'aura rien à te reprocher.

Le soulagement et la culpabilité se succédèrent chez Edward. Quelqu'un allait aider Bella, mais ça ne serait pas lui. Il fit tout de même signe à son ami d'y aller. Jasper ne se fit pas prier. Il voulait surveiller cette famille du mieux qu'il pouvait. Il n'avait aucune preuve, mais il était sûr qu'une maltraitance était à l'œuvre. Rentrant comme une fleur dans la pièce de musique, il se mit à sourire comme un innocent, malgré le regard désapprobateur du Juge.

- Pourrais-je demander à Bella de me jouer quelque chose ? lança Jasper comme un gamin. Si elle a le talent de sa mère pour la musique comme me le dit tout le temps Edward, je ne peux pas louper ça. Après, ce sera une star et je n'aurai plus l'occasion d'avoir ce plaisir.

La brune le regarda en coin et baissa la tête juste après. Riley, d'abord frustré, se calma aux éloges du jeune homme. Puis le blond avait semblé tellement sincère et enthousiaste. Il fit signe à Jasper de s'installer.

- Entre, je dois passer à l'église de toute manière, accepta le Juge en se dirigeant vers l'extérieur. Je serai de retour pour le dîner, prévient ta mère Isabella.

- Bien père, répondit timidement celle ci sans bouger d'un pouce.

Ils attendirent d'entendre la porte d'entrée claquer pour se détendre. Fermant la porte derrière lui, Jasper vint s'asseoir à côté d'elle comme son frère l'avait fait un peu plus tôt.

- Tu es un bon menteur, constata Bella en relevant les yeux sur lui.

- Quatre ans de théâtre, comme quoi ! Je ne m'étais pas attendu à ce que ça me serve, s'amusa le blond en lui lançant son plus beau sourire. Peux tu me jouer quelque chose ?

- Bien sûr, répondit-elle mécaniquement en commençant la partition que son père lui faisait travailler.

Voyant son attitude, Jasper posa ses mains sur celle de Bella pour l'arrêter. La jeune femme voulu les retirer en rougissant, mais le blond lui releva le menton à la place.

- Pas cette partition sans âme, joues moi ta musique, demanda-t-il gentiment.

La brune se mordit les lèvres, hésita, regarda dans le jardin comme si elle avait peur que quelqu'un puisse les surveiller. Puis elle se mit à penser à Paul à nouveau et reprit son improvisation commencer un peu plus tôt. Jasper l'écouta avec bonheur. Il sentit toute la tension de sa voisine l'abandonner petit à petit, son masque s'effriter, les couleurs renaître sur son visage. A la fin, Jasper l'applaudit avec plaisir.

- Aussi douée que jolie, la complimenta-t-il avec amusement en sachant très bien qu'elle comprendrait où il voulait en venir.

- Garde ton baratin, s'amusa-t-elle enfin en reconnaissant sa pointe d'humour.

- Tu sais que je vais finir par être jaloux de ce fameux Paul, la taquina Jasper espièglement.

- Il n'y a rien à en dire et ma mère aurait mieux fait de se taire.

Jasper lui tira gentiment sur sa queue de cheval, cherchant à la faire sourire. Il y réussit partiellement. Tout comme il considérait Edward comme le frère qu'il n'avait jamais eu, Bella pouvait très bien devenir sa sœur. Jasper n'était pas aveugle et ce n'était pas un imbécile. Tout comme il avait senti le problème chez Edward, il le sentait chez sa sœur. A l'unique différence que Bella était celle des deux qui avait bravé sa peur pour aider l'autre.

- Ne perd pas cette étincelle, tu es forte, bats toi Bella, chuchota-t-il en redevenant sérieux.

- Pourquoi faire ? demanda-t-elle sachant très bien qu'il s'était déjà fait une idée sur leur situation.

- Même si tu as l'impression que non, on a toujours le choix. Pas toujours celui auquel on pensait en premier lieu. Ta liberté n'a pas de prix.

- J'aimerai être aussi optimiste que toi.

- Moi je suis sûr qu'un jour tu trouveras un homme bien, que tu vivras dans une charmante maison et que tu auras des enfants magnifiques. Tu seras une super maman qui en plus de ça sera une superstar. Cette femme elle n'aura besoin de personne pour faire ses choix. Ce sera toi cette femme Bella et tu sais quoi, tu seras heureuse.

Elle le regarda attendrit. Il était mignon à se noyer dans ses rêves, mais Bella n'était pas prête à en faire de même. Se bercer d'illusion ne l'aiderait pas à faire face à son père et au futur mari qu'il allait lui choisir.

- N'oublie jamais que personne n'est au dessus des lois, chuchota-t-il dans la confidence.

- N'oublie jamais que mon père fait appliquer ces foutus lois et qu'il a le bras tellement long que demain il peut te faire fermer bien des portes pour ton avenir, murmura Bella réaliste.

- Je n'ai pas peur de me battre pour ce qui en vaux la peine...

- Il est bien là le problème Jasper, je n'en vaux pas la peine. Retourne à l'université avec Edward et tache de prendre soin de lui.

- Les services sociaux tu connais ? s'agaça-t-il à moitié devant son fatalisme.

- Oui plutôt bien, ça a coûté le poste de mon oncle, il a fini shérif de cette ville de merde parce qu'il a osé ouvrir un peu trop sa bouche. Pourtant il avait un superbe avenir qui l'attendait au FBI. Ne joue pas avec le feu, mon père sait où frapper pour faire mal.

Tous les espoirs de Jasper s'effondrèrent à cette réponse. Il voulait les aider, mais si aucun des deux n'étaient prêt à y mettre du sien, il n'y arriverait pas. A la différence de son frère, Bella était cash. Pour elle s'était perdu d'avance et il ne lui restait plus qu'à endurer, encore et encore. C'était une chose que le blond n'arrivait pas à accepter. Il devait faire quelque chose. Son premier plan garder le contact, son deuxième plan... ouvrir les horizons de la jeune femme.

- Parle moi un peu de ce Paul, lança-t-il de but en blanc en lui mettant un coup d'épaule.

Bella leva les yeux au ciel. Il essayait de changer de sujet pour donner un ton plus léger à la conversation. Mais c'était mal connaître la brune. Elle ne dirait rien sur Paul, moins cette maison entendrait parler de lui, mieux il se porterait.

Quand arriva le lundi, Bella attendait avec empressement devant la porte de la salle de math. Paul devait recevoir sa note et la jeune femme était impatiente de la connaître. Il avait fait énormément d'effort et elle était certaine qu'il pouvait réussir. Elle vit l'entièreté de la classe sortir après la sonnerie et se mit à faire les cent pas en attendant son élève. Paul finit par débouler en trombe en cognant la porte contre le mur au passage. Bella eut un petit mouvement de recul mais s'empressa malgré tout de comprendre.

- Paul ? Qu'est-ce qui ne va pas ? s'inquiéta-t-elle le faisant se retourner.

Il n'avait même pas vu qu'elle était là. Bella commença à paniquer en voyant son visage ravageait pas la colère. Qu'avait-il fait ?

- M'emmerde pas Masen, c'est pas le moment ! s'énerva Paul en cherchant à la contourner.

- Stop ! l'arrêta-t-elle choquée. Qu'est-ce qui se passe bon sang ? Explique moi !

- Que je t'explique ! hurla-t-il fou de rage. Il se passe qu'on est pas du même monde et que chez vous les riches quand on réussit un examen, on ne le remet jamais en doute. Alors que pour un débile de la Push, qui a passé des heures à bûcher, on en vient forcément à la conclusion qu'il triche !

- Calmez vous Monsieur Lahotte je vous prie, s'exclama le professeur de math en sortant de la classe. Vous n'allez pas me faire croire que vous êtes passé d'un D à un B+ comme par magie.

- Ce n'est pas de la magie professeur, c'est du travail, le défendit Bella scandalisée.

- Melle Masen, c'est impossible. Je sais reconnaître les tricheurs voilà pourquoi j'ai annulé cette note pour lui mettre un F.

- Rentrons dans cette pièce et faite lui un examen maintenant, je vous assure qu'il réussira, car je l'ai beaucoup aidé et que je sais qu'il peut réussir...

- Laisse tomber Sainte Bella, cracha Paul mauvais. Tu vois bien qu'il ne me croira jamais. Arrête de chercher à me défendre, y'a rien à en tirer. Même un pigeon comme toi, il est pas capable de le croire. On ne donne pas de chance aux gens comme moi. Et puis je t'ai rien demandé d'abord !

- Cessez donc votre mélodrame, lança le professeur agacé. Vous en verrez d'autre.

- Ce n'est pas juste, s'écria Bella soudainement en colère.

Il était rare pour elle d'être en colère. Résignée, passive, agacée, mais pratiquement jamais en colère. De plus, ce n'était même pas à Paul qu'elle en voulait. Elle le croyait sur parole. Il n'avait pas triché ! Voilà pourquoi elle ne prenait pas mal ses insultes. Il était juste hors de lui et elle était une proie facile.

- Ce n'est pas à vous de me dire ce qu'est la justice Mlle Masen, se moqua le professeur.

- Non, mais moi en revanche je peux vous faire un monologue de plusieurs heures sur le sujet, lança une voix derrière eux.

Bella se figea sur place, n'en croyant pas ses oreilles. Elle se retourna et essaya de se remémorer toute la discussion précédente. Son père se tenait là, fier, imposant. Avait-elle dit quelque chose de compromettant ou qui lui vaudrait une punition ? Que faisait-il ici ? Paul regarda le père de la jeune femme avec hargne. Il était déjà en colère, voir la gueule de ce mec n'allait certainement pas l'aider à se calmer.

- Vous allez rentrer dans cette salle avec nous et refaire un contrôle à ce jeune homme, comme ma fille vient de vous le proposer, enchaîna Riley ne laissant pas d'autre choix au professeur. Et vous allez corriger ce contrôle immédiatement. Ainsi je pourrais constater par moi même si ma fille fait des progrès dans l'enseignement de Mr Lahotte.

Le visage de Bella se décomposa aussitôt. Riley était là pour la surveiller une fois de plus. Il était là pour vérifier les dires de sa fille. La brune se tourna vers Paul et se recomposa un visage impassible. Pourtant il lut dans son regard la panique. Et il comprit une chose importante. Il n'avait pas intérêt à se foirer sur ce nouveau contrôle.


Alors ce petit moment où on en apprend plus ? A dimanche prochain ! Bisous !