Bonjour tout le monde, le chapitre de cette semaine. Je pense que celui-ci, vous allez l'aimer. Nous verrons bien si j'ai raison. Merci à tous pour vos reviews ça fait vraiment du bien et ça m'encourage à continuer d'écrire.
Guest: R est tel un brouillard qui s'infiltre partout et étouffe tout le monde dans sa famille. Si la personne ne va pas dans son sens, il la détruit. Ed est en effet majeur, mais l'emprise de son père sur lui reste la même, surtout que c'est lui qui finance ses études, sa coloc, c'est dur de se libérer de ce genre d'emprise. Les moments entre frère et soeur seront souvent quelque chose de touchant. J fait ce qu'il peut, mais il n'a pas dit son dernier mot. P réussira-t-il à travailler sur son caractère pour réussir à son contrôle? Bonne question. La grosse affaire du Juge pourrait bien arriver à un moment. Pour ce qui est de mettre des bâtons dans les roues du Juge, peut être que ça viendra. Bisous !
Nanaaddict: Il veut que sa fille sente que son père est partout justement, c'est le but. Il faut qu'il surveille Paul, car il devient de plus en plus proche de Bella. La façon dont il tombera, c'est ça qui sera intéressant. Parce que ça explosera forcément à un moment donné. Disons que Bella ne subit pas les mêmes choses que son frère. C'est une fille et dans l'esprit du Juge, elle ne s'éduque pas de la même façon qu'Edward. Charlie, nous y reviendrons plus tard, nous aurons même l'occasion de le voir, mais pas tout de suite. Jasper va foutre la merde, il en a bien l'intention. Ed est son meilleur pote et il ne compte pas l'abandonner ainsi. Ah il est vrai que dans cette fic je ne suis pas très gentille avec mes persos, désolé. A la semaine pro. Bisous !
Bonne lecture, profitez bien, je crois que c'est un de mes chapitres les plus long pour l'instant. Bisous !
Le professeur se rebella aussitôt, n'arrivant pas à croire qu'on puisse lui parler ainsi.
- Je suis désolé mais ce jeune homme à tricher je ne vois pas pourquoi je..., commença-t-il en essayant de tenir tête à Riley.
Bella laissa percer un tic sur le coin de sa bouche que Paul ne loupa pas. Elle connaissait assez son père pour savoir qu'il ne partirait pas avant d'avoir obtenu ce qu'il était venu chercher. Des réponses et des vérifications quant aux dires de sa fille.
- Je n'ai pas triché espèce de trou de balle de mes deux ! s'énerva à nouveau Paul en s'avançant vers le professeur menaçant.
Le Juge posa une main impérieuse sur l'épaule du Quileute qui le stoppa immédiatement.
- Le sang chaud et le verbe haut, lança Riley avec un sourire ravi. Je vois que tu ne m'avais pas menti Isabella. Même si ce jeune homme est irrespectueux actuellement, je trouve qu'il est en droit de prouver son innocence. Parce que je suppose que vos dires, monsieur, ne sont baser que sur des présomptions et probablement des préjugés. Avez-vous des preuves qu'il a triché ?
- Non mais...
- Dans ce cas, entrons dans cette salle et vérifions la véracité de vos dires. Ce jeune homme certifie qu'il a travaillé et vous certifiez qu'il a triché. L'un de vous deux ment. Malheureusement pour vous, ma fille n'est pas du genre à défendre des tricheurs. Isabella a trouvé une solution diplomatique tout à fait acceptable. Je vous conseille donc de l'appliquer si vous ne voulez pas qu'en retournant à ma voiture je fasse un détour chez votre proviseur et pourquoi pas au rectorat demain lorsque j'irai au bureau.
Paul resta sur le cul, perdu. Que se passait-il au juste ? Le Juge Riley Masen était-il réellement en train de prendre sa défense ? Lui le pauvre petit Quileute « irrespectueux ». Il aurait dû se sentir honoré qu'un homme tel que lui l'aide. Malheureusement, Paul n'était pas le genre de personne facilement manipulable. Parfois même restait-il trop sur ses positions comme avec Bella. D'ailleurs la jeune femme lui faisait signe discrètement de se taire et d'accepter. Paul l'écouta, par moment il fallait juste fermer sa bouche et profiter du cadeau. Mais la tension commença à le prendre. Et s'il avait tout oublié ? Il avait révisé avant son contrôle, là ce n'était pas le cas. Puis il vit la confiance de Bella et se sentit rassuré. Elle croyait en lui. Il ne pouvait pas la décevoir. Jetant l'éponge, le professeur les fit entrer. Après tout, il n'aurait pas la paix tant qu'il n'aurait pas prouvé qu'il avait raison. Riley ne laissa pas d'autre choix à sa fille que de rentrer et s'installer au fond avec lui. Plutôt que de redonner une feuille à Paul, le prof inscrivit des exercices au tableau et lui demanda de les résoudre.
- OK ! Pas de panique, se motiva le Quileute en serrant les poings. Par étape, j'ai vu tout ça avec Bella. Ne pas paniquer.
La brune était en train de prier intérieurement pour qu'il ne se laisse pas gagner par l'angoisse. Sinon il allait perdre patience et faire des erreurs. Paul commença le premier exercice, s'en sortant plutôt bien jusqu'à ce qu'il fasse une erreur et qu'il continue à travailler dessus. Bella grimaça en commençant à se ronger les ongles. C'était mal parti s'il bossait sur une base fausse. Mais à un moment il s'arrêta en fronçant les sourcils.
- Quelque chose cloche, constata Paul à voix haute en retournant en arrière.
Il remonta ses calculs, puis soupira en prenant de quoi effacer ce qu'il venait de faire sous les yeux surpris du professeur qui commençait déjà à se réjouir.
- Putain j'ai encore fait la même erreur, Bella me répète assez souvent de relire ce que je fais bordel..., marmonna-t-il pour lui-même.
Même s'il ne se rendait pas compte qu'il parlait tout seul, Riley, lui, tendait l'oreille attentivement. Tout ce qui sortait de la bouche du Quileute avait de l'importance pour lui. Regardant sa fille, il lui mit une claque sur la main pour qu'elle cesse de se ronger les ongles. Paul poursuivit, tout en continuant à marmonner. Bella se détendit petit à petit. Il avait bien retenu ce qu'elle lui avait enseigné. Le soulagement laissa bientôt place à la fierté. Il avait tellement progressé. Ce n'était pas parfait, mais c'était déjà miraculeux en voyant d'où il était parti. Puis un B+ c'était déjà bien. Lorsqu'il termina, Paul vérifia une dernière fois ce qu'il avait écrit et se tourna d'abord vers Bella pour voir sa réaction. Il vit bien la fierté dans ses yeux et il se sentit léger tout à coup.
- Alors ? claqua la voix du Juge en lâchant son téléphone du regard. Ses calculs sont-ils corrects ?
Le professeur grommela, gêné. Il s'avança, corrigea quelques fautes, les montra à son élèves, puis dut bien avouer que Paul n'avait pas triché.
- Je n'en crois pas mes yeux, comment en êtes-vous arrivez là ? demanda le professeur à moitié vexé de ne pas être à l'origine de ce prodige.
- Des heures de cours de soutien. Bella ne lâche pas l'affaire tant que je n'ai pas compris. A croire qu'elle veut faire de moi un génie.
- Elle aurait tort de s'en priver quand on voit le résultat, lança le Juge en se levant. Vous prouvez juste que les heures qu'elle passe ici à vous faire cours sont bien utilisées. Et j'en suis ravi. Néanmoins, professeur, vous devez des excuses à ce jeune homme.
- Je...pardon ! se scandalisa-t-il en tournant un regard outré vers le Juge.
- Des excuses, insista Riley de tout le poids de son charisme. On ne peut pas attendre de respect de personne qu'on ne respecte pas soi-même. Aimez-vous les uns les autres. Comme je vous l'ai dit, je m'y connais plutôt bien en justice et Mr Lahotte est en droit d'exiger réparation pour l'accusation que vous avez proféré contre lui.
Bella ferma les yeux en se mordant les lèvres. Son père était en train de recommencer. C'était un truc chez lui. Imposer son autorité et se faire bien voir. Là, il faisait d'une pierre deux coups. La brune savait très bien ce qu'il faisait avec Paul. Riley avait bien remarqué qu'il n'y avait rien de romantique entre Bella et son élève, il constatait par lui-même qu'ils étudiaient bien ensemble. Alors, le temps était venu de faire de Paul une nouvelle quête. Un nouveau Royce ! Est-ce que Paul allait tomber dans le piège comme tout le monde ? Bella s'attrista avant de voir le regard suspicieux de son élève. Non. Peut-être pas. Paul avait beaucoup de rancœur en lui et avant qu'il fasse confiance à quelqu'un il fallait bien plus que ce que Riley venait de faire.
- Bien, cracha le professeur de mauvaise foi. Mr Lahotte je suis désolé de vous avoir accusé de tricherie. Je ferai passer le mot aux autres professeurs que vous êtes réellement sur la voix de la progression.
- Trop aimable, répondit Paul avec son ironie habituelle.
Il n'en avait rien à faire de ses excuses, il savait très bien quoi en penser. Mais l'attitude du Juge ne le mettait pas particulièrement à l'aise. Surtout en voyant Bella à côté qui semblait mourir à petit feu. Que croyait-elle ? Que Paul allait se laisser avoir par les belles paroles de Riley Masen ? Certainement pas ! Il pouvait bien lui offrir le monde, Paul n'en voulait pas s'il venait de ses mains. Ce Juge croyait probablement qu'il était aveugle. Que faisait-il ici au juste ? Pourquoi se trouvait-il dans les couloirs ? Si ce n'était encore une fois pour contrôler sa fille. Vérifier où elle était, ce qu'elle faisait, avec qui et surtout voir de ses propres yeux qu'elle n'avait pas menti sur son compte. Paul avait bien comprit ça et ça le dégoûter au plus haut point. Alice avait eu raison, son amie ne pouvait pas bouger une oreille sans que son père soit au courant. Le professeur les laissa donc dans la salle de classe pour rejoindre la salle des professeurs.
- Bien je pense qu'il est temps pour nous de rentrer Isabella. Mr Lahotte, si vous le désirez, vous êtes le bienvenu chez nous pour vos révisions, sachant que vous voulez devenir avocat, étudier chez un Juge ne peut être que bénéfique, lui proposa Riley avec un sourire aimable.
L'horreur s'afficha aussitôt sur le visage de Bella qui n'osait même pas imaginer le carnage. Elle venait au lycée faire cours à Paul justement pour fuir sa maison. Alors emmener son élève chez elle, sous les yeux de ses parents, plutôt abandonner immédiatement.
- C'est très gentil à vous Mr Masen, répondit Paul le plus aimablement qu'il le pouvait. Mais je ne pense pas que ce soit une bonne idée.
Paul n'était pas une personne pleine de tact généralement. Malgré cela, il était observateur et au vu de ce que lui avait dit Bella, il ne fallait surtout pas qu'il accepte ce marché. Sinon, s'en était fini du peu de confiance que la brune avait placé en lui. Et surtout, le Juge allait s'imaginer des trucs sur eux deux qui n'avait pas lieu d'être.
- Pourquoi cela ? demanda Riley vexé par sa réponse.
La fierté de Paul était bien présente. Il n'allait pas se laisser marcher dessus par ce Juge. S'il devait mentir pour ça, alors il le ferait et à la perfection !
- Bella est mon professeur et je préfère que cela reste ainsi, mentit-il effrontément. Je préfère rester sur un terrain neutre comme le lycée pour l'instant. Cette école est remplie de commères qui n'hésiteront pas à dire tout et n'importe quoi sur moi ou sur votre fille sous prétexte que je peux entrer chez vous. Je pense que Bella a autre chose à faire que de démentir de fausses rumeurs et moi je n'ai pas envie que ma mère s'imagine que je sors avec... quelqu'un qui n'est pas de la Push.
Riley se mit à sourire en coin. La réaction du jeune homme semblait lui convenir, il tourna un regard vers Bella, satisfait. Sa fille lui avait décrit trait pour trait son élève. Néanmoins, le Juge n'aimait pas vraiment qu'on lui dise non.
- Je comprends. Les Quileutes ont leur culture et leurs traditions. Néanmoins élargir vos horizons serait une bonne chose. Je me ferai une joie de vous y aider. J'aimerai apprendre à connaître le jeune homme qui passe autant de temps avec ma fille.
- Tout comme ma mère aimerait probablement en faire autant, répliqua Paul malin.
S'il devait céder à son argumentation, alors le Juge devrait céder à la sienne. Il était hors de question que Paul se laisse faire. Il n'aimait pas cet homme et plus il le voyait, plus il le détestait. Il faisait passer son besoin de contrôle pour de la bonté. Paul n'en voulait pas de son aide, qu'il se la mette bien profond, parce qu'il était hors de question que le Quileute se laisse avoir. Oui il était pauvre, oui son avenir était précaire, mais il préférait rester ainsi plutôt que de manger dans la main d'un homme tel que Riley Masen.
- Je pourrais rencontrer votre mère et la rassurer. Isabella ne sera jamais un danger pour vos traditions. Elle sera bientôt fiancée et mariée. Réfléchissez à ma proposition. Si vous êtes aussi doué que ma fille le prétend, alors vous gâcheriez votre potentiel à ne pas accepter des mains tendues comme la mienne sous prétexte d'orgueil.
Paul en perdit la parole. Tenir tête à cet homme n'était pas chose aisée, mais il y arrivait. Par contre apprendre que Bella, qui n'était même pas encore majeure, allait se retrouver marier sous peu, ça c'était beaucoup plus dur à encaisser. Jetant un coup d'œil à la jeune femme, Paul ne vit rien de plus que d'habitude. Était-elle vraiment d'accord avec ça ? Ou était-ce comme tout le reste ? Un ultimatum de son père... Le Quileute se perdit dans le vide des yeux de Bella. Ce n'était pas son choix, il en était certain. Comment pouvait-elle accepter ça ?! Se sentant comme un héros se devant de sauver une innocente, le jeune homme se tourna vers le Juge et prit une décision. Il devait aider Bella, peu importait comment et à quel point, elle avait besoin de quelqu'un. Puisque tout le monde semblait la laisser brûler en enfer sans bouger le petit doigt.
- Vous êtes conscient que si j'accepte, il faudra de temps à autre que votre fille vienne chez moi pour calmer ma mère, marchanda Paul avec une idée derrière la tête. De plus, j'ai un mauvais caractère, je ne suis pas toujours poli et malgré les mots durs que je lance à Bella, je l'apprécie et je la respecte. Nous risquons de devenir amis et j'ai peur que des ragots insensés naissent de cette amitié. Ma mère n'acceptera jamais de tels rumeurs, elle tient beaucoup à ce que je respecte nos traditions.
Bella sursauta à l'entente de tout ça. Mais que lui prenait-il ? Ils n'étaient pas vraiment amis, même s'ils s'entendaient mieux. Il n'avait jamais semblé si important pour lui de respecter les traditions des Quileutes. Puis la brune finit par comprendre. Les yeux de Paul brillaient de quelque chose de fort. Un sentiment de sécurité monta en elle en le voyant tenter de couvrir ses arrières. Paul était en train de la protéger des prochains commérages qui pourraient venir aux oreilles de son père.
- J'aime votre franchise, répondit Riley avec bonne humeur. Et je n'ai rien contre votre religion. Sachant que vous avez des obligations envers votre mère et Bella envers moi, alors je saurai la rassurer. Je suis heureux de voir que ma fille ne s'est pas trompée sur vous. L'amitié qui pourrait naître entre vous sera bénéfique pour votre avenir. Lorsque Bella sera au conservatoire, vous vous serez dans une université, ma fille veillera à ce que vous ayez votre diplôme. Elle s'en fera un devoir avant de partir pour Seattle.
Paul eut envie de vomir aussitôt. Pas une seule fois Riley ne s'était tourné vers Bella pour lui demander son avis. Il ne lui avait pas demandé si elle voulait devenir ami avec Paul. Le Juge partait du principe que puisque lui voulait qu'ils le soient, Bella n'avait qu'à l'être. Il ne lui avait pas non plus demandé si elle voulait aller chez Paul, pas plus que si elle aurait la patience de faire cours au Quileute jusqu'à ce qu'il ait son diplôme. Cet homme considérait sa fille comme sa chose.
- Pourrais-je avoir le numéro de votre mère pour lui expliquer la situation ? demanda Riley en sortant son téléphone.
- Oui, appelez là après 19h, avant elle ne répondra pas, puisqu'elle travaille à la boutique, conseilla Paul.
La vérité c'était surtout qu'il voulait accorder ses violons avec sa mère avant que le Juge ne la mette devant le fait accompli. Rachel ne comprendrait rien à cette histoire de tradition que Paul avait inventé de toute pièce pour rassurer le père de Bella. Riley le salua en posant sa main sur son épaule, comme si il allait devenir son mentor à l'avenir. Paul le laissa se bercer d'illusion puis attendit que le Juge tourne les talons pour faire un sourire complice à la brune. Bella se contenta d'avancer et de lui serrer la main discrètement.
- Tu viens de me sauver la vie, tu ne sais même pas à quel point, chuchota-t-elle reconnaissante avant de filer en vitesse.
Paul avait été excellent face au Juge, Riley n'y avait vu que du feu. Avant de rejoindre définitivement son père sur le parking, Bella fit un sourire au Quileute, un vrai, un sincère, un beau. Un qui fit sourire Paul à son tour. Il lui fit un clin d'œil avant de la laisser partir. Il avait été dur plus tôt avec elle, se vengeant du fait que le professeur l'avait accusé de tricher. Mais Bella n'avait rien dit, elle ne lui avait même pas pardonné puisqu'elle ne lui en avait pas voulu une seule seconde. Paul se demanda comment il avait pu la juger aussi sévèrement sans la connaître. Il prit ses affaires et se dirigea à son tour vers le parking où il vit les Masen en pleine discussion. Bella montrait sa voiture à son père en se mordant les lèvres. Riley entra à l'intérieur et ouvrit le capot. Paul se dirigea donc vers la sienne et vint se garer à côté de celle de la brune. Sortant les pinces de son pick-up, le Quileute les brancha sur sa voiture.
- Tu devrais vraiment aller voir Jacob pour ta batterie, je pense qu'elle est morte, conseilla Paul en essayant de remettre un coup de jus. Mets le contact Bella, comme la dernière fois.
Riley le scruta avec satisfaction. Encore une fois sa fille n'avait pas menti. Le Juge se rassura un peu en se rendant compte à quel point Bella avait été franche avec lui. Malheureusement, cette fois ci, la voiture refusa catégoriquement de redémarrer. Paul tenta quelque truc, mais rien ne fonctionna. Il prit donc son téléphone et appela Jacob, l'expert c'était lui.
- Salut Jake, dis-moi tu es encore au lycée ? Est-ce que tu peux revenir cinq minutes, la voiture de Bella refuse de démarrer je pense que c'est la batterie.
Le Juge regardait sa montre en tapotant du pied. Apparemment il avait d'autre chose à faire. La nervosité de la brune commença à se voir, ce qui était plutôt rare chez elle. Riley détestait être en retard quelque part et de toute évidence il avait un rendez-vous.
- Allez-y père, lança la brune prête à tout pour le voir partir plutôt qu'il passe ses nerfs sur elle plus tard. Je rentrerai à pied.
Elle avait dit ça sur un coup de tête, ne se préoccupant pas du tout du chemin à parcourir, tout ce qu'elle voulait, c'était se débarrasser de son père avant qu'il n'explose. Mais les deux hommes la regardèrent les yeux ronds.
- Tu en as pour un sacré bout à pied Isabella, constata son père qui était pourtant prêt à l'abandonner pour pouvoir être à l'heure.
- Tu ne vas pas rentrer à pied Masen, ça va pas ou quoi, s'énerva à moitié Paul en reprenant ses pinces. On va attendre Jacob, voir ce qu'il va dire et puis je te ramènerai.
Bella serra les poings, ayant peur de la réaction de son père. A part Emmett, que le Juge savait être amoureux fou de Rosalie, aucun autre élève ne l'avait jamais ramené chez elle. Paul semblait avoir dit quelque chose de logique pour lui, sans arrière-pensée. Mais Riley était toujours suspicieux dans ce genre de cas. Pourtant cette fois ci, il ne trouva rien à y redire.
- Merci beaucoup Mr Lahotte, c'est vraiment gentil de votre part. J'y vais donc, à ce soir Isabella, la salua-t-il en l'embrassant sur le front.
Ils se retrouvèrent bien vite seul sur le parking, Bella toujours choquée de le voir partir en la laissant avec Paul, seuls. D'ailleurs, le Quileute dut s'en rendre compte puisqu'il lui caressa le menton du bout du doigt pour la taquiner.
- Respire Bella, il est parti, lança-t-il pour la relaxer.
La brune tourna un regard hanté vers lui. Elle comprit enfin quelque chose. Comment ? Ça c'est une bonne question. Paul savait. Paul avait compris que son père la terrorisait et il faisait ce qui était en son pouvoir pour l'aider.
- Tu as réussi ton contrôle, sourit-elle maladroitement.
- Ne change pas de sujet, remarqua le Quileute en s'asseyant sur son pick-up et en tapotant sa main pour qu'elle s'assoie.
Les épaules de la brune se crispèrent, il l'invitait à la confidence et elle n'était pas sûre d'être prête pour ça. Mais il lui avait prouvé un peu plus tôt qu'elle pouvait avoir confiance en lui. Paul n'était pas très ouvert aux autres, hormis ses amis, alors le fait qu'il lui propose à elle de discuter rassura un peu Bella. Il ne lui voulait vraiment pas de mal, il n'allait pas répéter ce qu'elle allait dire et au fond d'elle, la brune en était persuadée. Paul, sous ses airs de sale con, était une belle personne. Qui avait néanmoins un caractère de merde. Alors elle finit par le rejoindre, s'asseyant à côté de lui en serrant ses mains l'une avec l'autre en signe de défense.
- Je peux être honnête avec toi ? demanda Paul en vérifiant que personne ne les surveillait.
Bella lui fit oui de la tête, s'attendant au pire.
- Je hais ton père ! avoua-t-il enfin sincèrement.
Il attendit de voir sa réaction avant de continuer, il ne voulait pas la blesser non plus. Mais quand il remarqua qu'elle essayait de ne pas sourire, Paul se dit qu'il pouvait bien se lâcher, ça leur ferait probablement du bien à tous les deux.
- Je le déteste vraiment. Il pense que parce que je suis pauvre je vais être en adoration devant sa bonté ? J'en veux pas de sa putain d'aide, qui se la mette où je pense. Je ne sais pas ce qu'il cherche, mais qu'il le cherche ailleurs, je suis pas sa bonne action de l'année bordel. Il prend les gens pour des sous merdes capable de répondre au moindre de ses ordres ! Je ne suis pas un bon toutou moi ! Et il te parle comme si tu n'existais pas vraiment. Mais merde tu es sa fille ! C'est quoi cette manie de ne jamais te demander ton avis ? Il se pense supérieur à tout le monde et il fait semblant d'avoir du respect pour nous alors qu'il est méprisant. Il fait le père aimant alors que... il te prive de tout libre arbitre. Fais chier ! Comment tu fais pour vivre avec ça ?
Paul posa son regard furieux sur sa voisine. Il avait été peut-être un peu trop loin, mais ça le démangeait depuis un moment. Peut-être allait-elle penser qu'il était ingrat. Le jeune homme s'était peut-être trompé sur toute la ligne et Bella allait partir en courant en lui disant qu'il était un connard sans cœur. Mais au contraire, il la vit en train de se mordre les lèvres pour ne pas rire. Ses yeux brillaient de larmes, tellement elle se retenait. Paul se détendit alors et lui mit un coup d'épaule pour lui faire lâcher prise.
- Ris Bella, il n'y a personne ici qui pourrait te dénoncer et il n'est surtout pas là pour t'en empêcher.
Alors, sous ses bons conseils, la brune explosa enfin de rire. Paul semblait être un des rares à lire à travers son père. A voir que derrière son image c'était un homme horrible. Bella finit par se tenir le ventre tellement elle avait mal à force de rire. Elle avait l'impression d'avoir ouvert la vanne et de ne plus réussir à la fermer. Le Quileute aurait bien voulu rire avec elle, partager ce moment d'allégresse, seulement, il n'y voyait rien de drôle. Bella n'était pas en train de se réjouir de ce qu'il avait dit, elle était juste entrain de lâcher la pression sous la véracité de ses dires. Paul trouvait ça tellement triste. Elle ne devait pas rire souvent.
- Merci, finit-elle par dire en s'essuyant les yeux.
- Pourquoi tu me remercies au juste ? demanda-t-il en haussant les épaules.
- Pour ton mensonge, pour ton aide et pour ne pas être aveugle comme la plupart des gens, répondit honnêtement Bella avant de se reprendre et de s'en vouloir.
- Je ne suis pas si différent des autres tu sais, avoua-t-il en soupirant. Moi aussi j'ai des préjugés et je t'en ai fait baver à cause de ça. Je détestais déjà ton père avant de te connaître. Alors quand tu t'es proposée de me faire cours, je n'ai vu que ce que je voulais voir.
- Quand est-ce que ça a changé ? demanda-t-elle curieuse de le savoir. Est-ce vraiment Alice qui t'a tiré les oreilles ?
- On va dire ça, grommela-t-il mal à l'aise à l'idée de dire la vérité. Bella ? Tu es vraiment fiancée ?
Cela avait choqué Paul, il avait du mal à comprendre et à accepter. Il disait encore que la brune n'était pas son amie, mais au fond, il se rendait compte qu'elle était en train de le devenir. C'était dur de croire qu'à 17ans elle veuille déjà s'enchaîner à un autre homme en sachant quelle emprise son père pouvait déjà avoir sur elle. Bella perdit sa bonne humeur soudaine aussitôt. Son visage se referma à une vitesse folle et Paul s'en voulut un peu d'avoir posé la question. Cherchant à créer un lien sans lui faire peur, le Quileute passa un bras rassurant autour de ses épaules en lui frottant le haut du crâne, comme il le faisait avec Leah.
- Dis-moi la vérité, je ne vais rien répéter tu sais, je ne suis pas comme tous les bourges de cette école. Je ne fais pas semblant de t'apprécier si je ne t'apprécies pas.
Bella avait tellement envie de se confier à lui, elle en avait également besoin. Elle se sentait tellement bien là. Juste posée sur une voiture, son bras autour des épaules, sa chaleur humaine lui traversant chaque fibre de son corps. Paul était sa bouffée d'air frais et surtout, elle avait l'impression que ce n'était que pour elle. Pour une fois dans sa vie, quelqu'un la voyait elle. Le Quileute était inquiet pour elle et ça Bella le constatait de plus en plus.
- Je le serais quand mon père m'aura choisi un mari, répondit-elle enfin en croisant son regard.
Paul y lut de la résignation et son poing se crispa. Son sang chaud était déjà en train de bouillir en entendant ça.
- Et toi qu'est-ce que tu veux ? s'inquiéta-t-il ne croyant pas un seul instant que ce soit son choix.
- Je voudrais disparaître une bonne fois pour toute de cette vie pour être enfin en paix, avoua-t-elle sans pouvoir s'en empêcher.
Le cœur du jeune homme se serra à cette réponse. Comment quelqu'un d'aussi généreux et bon que Bella pouvait être aussi malheureux au fond ?
- Tu n'as qu'à dire que tu ne veux pas...
- Ça ne fonctionne pas ainsi chez nous, l'interrompit la brune en baissant les yeux. Surtout pour moi. Ne te fais pas d'illusion. Tout est de ma faute. S'il est venu aujourd'hui au lycée, c'était pour me surveiller et vérifier qu'il ne se passait rien entre nous, tout simplement parce que j'avais quinze minutes de retard la dernière fois. Je n'ai rien fait d'autre qui puisse être mal interprété. Alors imagine un peu ce qui serait arrivé si tout ce que je lui avais dit sur toi c'était révélé faux. Crois-moi qu'à l'heure actuelle tu serais chez toi en train de nous maudire et moi je serai...
Elle s'arrêta en se rendant compte de ce qu'elle allait avouer. Rien de bon apparemment. Paul se sentit étrange. Il était en colère contre le père de Bella, il était triste pour elle mais surtout, il se sentait protecteur. Le jeune homme ne pouvait et surtout, ne voulait pas la laissait seule face à ça. Qu'est-ce qu'il lui arrivait ? Bella n'était pas son amie, elle n'était pas de la Push ni de sa famille. Alors pourquoi il se sentait comme responsable de lui faire retrouver le sourire. Devinant facilement ce qu'elle avait voulu dire, il resserra son bras sur elle en soutien en se penchant pour lui chuchoter à l'oreille.
- Ton père est un grand malade et toi tu n'as rien à te reprocher. Tu n'as rien fait de mal et même si tu avais fait quelque chose, il n'a pas à réagir ainsi. Ma mère est ma seule figure d'autorité et je sais qu'elle est sévère, mais elle est juste et elle m'aime. Je te parle en toute honnêteté, tu ne peux pas croire que tout ça est normal et que c'est de ta faute. Ce n'est pas une vie.
Bella releva des yeux larmoyant vers lui. La brune se sentait comme à nue face au Quileute, comme s'il arrivait à lire en elle. Le cœur de Paul se serra en voyant à quel point, au fond, elle était perdue et malheureuse. Il devint évident pour lui que le Juge ne se contentait pas de quelques coups de bâtons.
- Je ne suis pas sûre d'aimer cette vie, avoua-t-elle la voix chevrotante.
Pourquoi lui disait-elle cela à lui ? Pourquoi à Paul ? Il n'était rien l'un pour l'autre. Peut-être était-ce ça qui lui donnait envie. Elle pourrait lui parler sans qu'il ne puisse jamais intervenir. Pas comme Charlie. Et ainsi il n'y aurait pas de conséquence qui jouerait sur sa conscience pour les années à venir.
- Il serait peut-être temps d'en changer alors, proposa Paul en souriant en coin.
- Bella ! cracha quelqu'un non loin dégoûté.
La brune se tourna aussitôt vers Mike et Lauren qui les regardaient avec des yeux ronds. Ils étaient toujours installé sur le pick-up, le bras de Paul autour des épaules de sa voisine, se murmurant des choses comme s'ils étaient intime. Bella chercha aussitôt à s'extirper de la voiture, mais Paul la retint. Faire chier Newton était devenu son nouveau passe-temps. Personne dans cette école n'ignorait que Mike était fou de la fille Masen.
- Paul, lâche moi, marmonna-t-elle paniquée.
Elle savait très bien que Lauren était une grande commère et qu'elle allait répéter tout ce qu'elle avait vu à qui voulait bien l'entendre.
- Non, répondit celui-ci avec fierté en fusillant Mike du regard. T'en fais pas, j'ai couvert nos arrières avec ton père. C'est pas pour rien que j'ai raconté un gros mytho.
Il lui fit à nouveau un clin d'œil qui fit enrager Mike.
- Elle t'a dit de la lâcher je crois, s'énerva le blond en s'avançant.
- Nous discutions Newton et tu nous déranges, lança Paul qui pensait réellement chaque mot.
- Bella n'a pas besoin de te parler, elle a des amis, cracha Mike en faisant face au Quileute.
- Et alors, elle n'a pas le droit de s'en faire de nouveau ? répliqua-t-il avec défi.
- On connaît votre réputation les Quileutes !
- Ça veut dire quoi ça ! s'énerva à son tour Paul en se levant du pick-up.
- Vous séduisez les filles du lycée pour mieux vous en débarrasser quand vous avez fait vos petites affaires, cracha Mike avec hargne.
- D'une, ce n'est pas notre faute si les chaudasses de ce lycée préfèrent tremper leur biscuit dans un café plus savoureux, de deux tu es franchement mal placé pour me dire ce genre de chose quand on sait que tu regardes Masen comme un putain de bout de viande !
Alors que Mike, rouge écarlate, allait répliquer, Bella se mit entre les deux en les éloignant l'un de l'autre.
- C'est bon tous les deux, qu'est-ce que vous me faites au juste ? demanda-t-elle perdue.
- Ça se voit pas Sainte Bella, se moqua Lauren en croisant les bras. Ils se disputent la vierge.
Paul tourna aussitôt son regard haineux vers elle.
- Et c'est ton amie ça ?! demanda-t-il à Bella choqué.
- Amie, amie, tu sais, tout est relatif. En plus Bella est tellement généreuse, elle ne verrait pas d'objection au partage, sourit Lauren en s'avançant en levant la main vers Paul telle une prédatrice.
- Pose un doigt sur moi et je te jure que je te le fais bouffer, attaqua le Quileute écœuré.
Lauren dut sentir l'avertissement parce qu'elle se recula aussitôt avec crainte. Paul attrapa la main de Bella et la remit derrière lui en protection. Il n'allait pas laisser ces imbéciles, se prétendant amis, lui démolir encore plus le moral.
- Qu'est-ce que tu fais avec lui Bella ? s'inquiéta Mike en cherchant à comprendre.
- Mais rien, j'ai juste ma voiture qui est tombée en panne...
- Tu n'as pas à te justifier bordel, se scandalisa Paul en levant les yeux au ciel.
- Viens je te ramène chez toi, proposa le blond en tendant la main.
- Ah je ne crois pas non, se moqua le Quileute en croisant les bras. Le Juge Masen m'a demandé à MOI de ramener sa fille. Donc range tes envies et ferme ta braguette Newton, parce qu'elle ne repartira pas avec toi.
Lauren grimaça en voyant le spectacle, apparemment Paul défendait Bella et ça c'était étonnant. Mike, lui, ne croyait pas un instant les mots du Quileute. Le père de la jeune femme n'aurait jamais accepté une chose pareille.
- Menteur ! Tu racontes n'importe quoi, l'accusa le blond en le regardant du haut en bas.
Paul commençait réellement à en avoir marre qu'on l'accuse de mentir ou de tricher. Il n'était pas parfait, mais il était honnête. Il attrapa Newton par le col, parce qu'il était temps que quelqu'un le fasse taire. Puis, il n'était plus à une retenue près pour violence. Mais, Bella, une fois encore, s'interposa. Elle mit sa main sur celle de Paul et lui fit lâcher prise. S'attendant à recevoir un sermon de Sainte Bella pour avoir posé la main sur un de ses amis, Paul fut étonné.
- Il ne ment pas ! siffla la brune froidement. Pourquoi tout le monde l'accuse aujourd'hui ? S'il y a bien une personne d'honnête et franche ici, je pense que c'est lui. Mon père est bien passé tout à l'heure et oui, il l'a autorisé à me ramener. Où se trouve le problème ?
- Le problème c'est que tu as tendance à oublier d'où tu viens et avec qui tu traînes, lança Mike vexé qu'elle ne le défende pas. C'est un petit pauvre !
Bella sentit le sang lui monter aux joues. Elle en avait marre. Ras le bol d'être gentille tout le temps, d'être toujours aimable et bienveillante. Paul n'avait rien fait, si ce n'était être adorable avec elle. Alors, non, cette fois ci, elle ne laisserait pas passer.
- Et toi tu es un abruti, répliqua-t-elle ne s'en pensant elle même pas capable.
Les conséquences pour cette insulte allaient lui retomber dessus, c'était certain, mais qu'est-ce que ça lui fit du bien. Autant y aller une bonne fois pour toute.
- Tu es mon ami, depuis longtemps, mais je ne te laisserais pas faire des commentaires comme celui-ci sans réagir. Si tu n'arrives pas à voir au-delà du bout de ton nez, alors tu ne seras toujours centré que sur toi même.
Mike se reçu la remarque en pleine tête et de toute évidence, il la prenait très mal. Paul, lui, n'osait rien dire tellement il était sur cul.
- A partir de maintenant, je pense que nous ne sommes plus amis, trancha Mike rageusement. Puisque tu préfères défendre un Quileute plutôt que tes vrais amis, je ne vois pas ce que nous avons encore en commun.
- On a jamais rien eu en commun Mike, c'est bien ça le problème, trancha Bella froidement.
Elle le pensait depuis tellement longtemps, que le dire la libéra d'un poids énorme. Son retour à la maison allait faire mal, mais ce moment valait bien une grosse punition. Elle n'en pouvait plus de repousser les avances de Mike, si c'était lui qui s'éloignait, c'était une bénédiction.
- Laisse tomber Mike, tu vois bien qu'il a une mauvaise influence sur elle, intervint Lauren en haussant les épaules. Sainte Bella préfère les cochons au caviar, laisse donc faire. Quand elle en aura marre elle se repentira. Elle fait ça si bien.
- Eh la morue ! s'exclama Paul en lui montrant le coin de sa bouche. T'as encore un peu de bave là et je crois que ta jalousie est en train de couler avec tes trois tonnes de maquillage.
Bella se retint de rire du mieux qu'elle pouvait. Parce que c'était vraiment drôle. Ce vent de liberté qui coulait dans ses veines, cette euphorie passagère de pouvoir dire et faire ce qu'elle voulait. Ça ne durerait pas, mais c'était incroyable de se sentir libre pour une fois. Lauren avait raison, Paul avait une mauvaise influence sur elle, parce que Bella s'était senti pousser des ailes pour cinq minutes qu'elle allait vite regretter. Lauren attrapa Mike par le bras et s'en alla en claquant ses talons sur le sol. Ils s'éloignèrent, emportant avec eux le sentiment d'allégresse de Bella. Elle comprit enfin ce qu'elle avait dit et à qui.
- Ça fait du bien non ? lui lança Paul avec un grand sourire.
- De quoi ? De perdre des amis et de savoir que mon père va me crucifier en rentrant ? demanda la brune vidée de toute énergie.
- De dire enfin ce que tu penses, répondit-il heureux qu'elle l'ait fait. J'ai vu ton masque tomber et ça t'a fait du bien, ne dis pas le contraire.
- En effet, ça fait du bien, mais ça ne compensera pas tout le mal qui va en découler, se désola-t-elle en baissant la tête.
- On dira juste qu'ils ont menti, vu à quel point tu as été franche avec ton père, je doute qu'il ne te croit pas la prochaine fois. Je mentirai avec toi s'il le faut, ça ne me pose aucun soucis.
- Ça à l'air si simple dit comme ça.
- Bella si tu as réussi à ne rien me dire pendant des semaines alors que je te tannais pour savoir ce que tu me cachais, je pense que tu peux tenir face à ton père pendant cinq minutes. Il n'a pas besoin de tout savoir.
- Parce que tu crois tout savoir de moi, répliqua Bella en fermant les yeux.
- J'en sais assez pour ne plus te considérer comme une gosse de riche, fille à papa avec une croix dans le cul, qui s'estime meilleure que tout le monde.
- Ah oui, c'était pas glorieux, se marra-t-elle enfin en secouant la tête.
- Il n'y a que les imbéciles qui ne change pas d'avis et tu m'as dit que je n'en étais pas un.
Ils profitèrent de ce moment de complicité avant que Jake ne débarque. Encore heureux, le Juge n'avait pas compris qu'il s'agissait de Jacob Black, il n'ignorait pas que Charlie avait récupéré sa garde. Jake les regarda bizarrement avant de jeter un œil à la voiture.
- Il va falloir te trouver une nouvelle batterie, conseilla Jacob gentiment. Ça tombe bien je sais où en trouver une, il faudra attendre demain mais...
- Je suis désolée de t'embêter avec ça, s'excusa Bella gênée.
- Tu ne m'embêtes pas voyons ! lança Jacob en levant les yeux au ciel. C'est ce que font les amis tu sais, ils s'aident.
- Je demanderai à mon père s'il peut te dédommager...
- J'en veux pas de l'argent de ton père, cracha Jake avant de se reprendre. Désolé, c'est juste que... Enfin je vais t'aider, un point c'est tout. Tu n'as pas besoin de me payer. Je suis heureux de faire ça pour toi.
Bella lui fit un petit sourire reconnaissant. Jacob était un ange, toujours adorable avec elle. Parfois elle l'enviait. Vivre avec Charlie aurait été le rêve pour la jeune femme. Isabella Swan aurait été tellement plus heureuse que Isabella Masen. Plus d'une fois elle s'était imaginée cette vie avant de revenir sur terre.
- Je vais aller chercher ce qu'il faut demain matin avant les cours et je m'occuperai de ta voiture pendant la pause déj, je n'en aurais pas pour longtemps. Ton père vient te chercher ? demanda-t-il surpris qu'il ne soit pas déjà là pour la surveiller.
- Oh figure toi que j'ai l'autorisation du Saint père pour la raccompagner ! s'exclama Paul en levant les mains au ciel et en fermant les yeux. Amen !
Bella lui mit une petite tape sur le bras. Même si sa foi avait pris un sacré coup dans l'aile, elle préférait que Paul ne se moque pas de sa religion. Parfois elle y avait trouvé beaucoup de réconfort.
- Et demain matin, tu as besoin que je passe te chercher ? l'interrogea Jacob inquiet pour elle.
- Tu as déjà bien assez à faire, je vais demander à Alice si mon père ne s'en charge pas lui-même.
- Laisse tomber, je viendrai, proposa Paul surprenant les deux autres. Quoi ? Je sais être serviable aussi si je veux.
Bella les remercia de leur aide, Jacob quant à lui regardait Paul de travers. Ils devaient se voir au repaire ce soir et ils allaient avoir une discussion. Son ami n'était pas du genre à changer d'attitude aussi facilement. Bella remercia son ami encore une fois et monta en voiture avec Paul. Ils discutèrent tranquillement sur la route, de Jacob principalement et de leur amitié. Avant qu'ils ne s'en rendent compte, ils arrivèrent au manoir. Alors que Paul s'amusait bien à la taquiner, il vit le changement sur le visage de la brune. Elle avait les yeux plissés, la mâchoire serrée et le regard tueur. Qu'avait-il fait pour qu'elle devienne soudainement aussi froide ?
- Quoi ? demanda-t-il perdu en fronçant les sourcils.
- Tu es déjà venu ici n'est-ce pas ? comprit-elle les lèvres tremblotantes. Je ne t'ai pas indiqué la route une seule fois.
Paul détourna le regard en soupirant. Clairement pas la meilleure réaction qu'il puisse avoir aux vues de la distance que Bella mit aussitôt entre eux.
- Quand ? Et qu'est-ce que tu as vu ? l'interrogea-t-elle en posant une main sur l'ouverture de la portière.
- Bella..., soupira-t-il ne voulant pas forcément abordé le sujet ainsi.
- Qu'est-ce que tu as vu ?! cria-t-elle furieuse à présent.
Elle savait très bien que si Paul avait espionné, il avait pu tomber sur quelque chose qu'elle préférait que personne ne sache. Voyant qu'il ne répondait pas, elle sortit en trombe de la voiture, honteuse comme elle l'avait rarement était. Il ne cherchait pas son amitié comme elle l'avait pensé, il avait pitié. Claquant la portière derrière elle, Bella courut se réfugiait chez elle, toute chamboulée. Paul tapa du poing sur son volant. Il n'avait pas fait gaffe. Maintenant elle avait compris et il allait devoir tout reprendre depuis le début. Parce qu'elle lui avait fait confiance et en ne lui avouant pas qu'il l'avait espionné, elle devait se sentir trahit. Rageant pour son étourderie, il reprit la route en se demandant ce qu'il devait faire maintenant.
Alors ce petit rapprochement ? Ce petit éclat chez Bella ? Paul donne des ailes. A la semaine prochaine, plein de bisous tout le monde.
