Bonjour tout le monde, je ne vais pas blablater longtemps, parce que je bosse donc je vais vous poster le chapitre en vitesse. Le chapitre d'avant a eu l'air de vous secouer malgré tout.
Guest: Ne t'inquiète pas R va bientôt travailler beaucoup plus. Pour le prof, il n'est pas facile de dire non au Juge, il en impose. P est un petit malin et il va se servir de la maigre confiance de R pour aider B. R n'a pas cherché à savoir quel Jacob c'était, il avait plus urgent à faire. P n'est pas du genre à s'arrêter avec cette simple dispute. Il lui en faut plus. Bisous !
MC: C'est vrai qu'on peut toujours craindre le pire pour Bella, mais tu verras ça au prochain chapitre. Bisous !
Nana-addict: Ce n'est pas facile pour Bella de voir qu'il connait son secret et surtout de se dire que c'est à cause de ça qu'il a changé vis à vis d'elle. Paul n'est pas du genre à lâcher l'affaire, il va rentrer dans le lard, comme bien souvent. Merci pour la crédibilité de l'histoire ça me fait très plaisir. Oui on va avoir le droit à du Jasper fouineur, mais Rachel pas encore, c'est pour mieux l'avoir plus tard, ne t'en fais pas. Bella est déjà en train de faire du ménage dans ses amis et ça risque de continuer. Ne demande pas après Royce, tu risques d'être exaucée. On attend tous avec impatience l'éclosion de Bella, maintenant à voir comment tout cela finira. Bisous !
Hmp: Bienvenue. Paul saura se rattraper ne t'en fais, quant à la discussion avec Rachel, elle ne se fera pas, mais on en reparlera plus tard. Bisous !
sochic88: Bella se prend un peu trop de chute dernièrement. Paul va peut-être ramer, mais il est bougrement têtu, il ne va pas lâcher l'affaire. Bisous.
Guest: merci, j'essaye de faire des personnages avec de la profondeur, ça fait plaisir de voir que je semble y parvenir. Bisous !
Allez bonne lecture tout le monde. Bisous !
Paul était au repaire, autrement dit le garage de Jacob qu'il avait toujours à la Push. Le Quileute ne voyait personne arriver, comme si Jake les avaient prévenu de venir en retard. Idée qui se confirma quand il vit le regard de son ami à son arrivée sur place. Paul n'était déjà pas bien après le départ de Bella, ne sachant pas trop comment rattraper le coup. Elle avait semblé si blessée, trahie était le mot juste. Il n'avait jamais cherché ça, bien au contraire. Il commençait sincèrement à l'apprécier. Il avait même appeler sa mère pour qu'elle participe à son mensonge. Même si elle n'avait pas tout compris, elle avait accepté de jouer le jeu en exigeant des explications plus tard. Mais actuellement il avait un autre problème. Jacob. Qui venait de prendre une chaise et de s'asseoir dessus à califourchon, posant ses bras sur le dossier. Paul serra les dents, il avait devant lui le Jacob Black de mauvais poil prêt à lui sauter à la gorge. Aïe ! Il allait passer un mauvais quart d'heure.
- A quoi tu joues ? demanda Jake froidement.
- Je ne vois pas...
- Arrête de te foutre de ma gueule tu sais à quel point ça m'énerve ! cracha le Quileute en le fusillant du regard. Qu'est-ce que tu cherches avec Bella ? A atteindre son père à travers elle ?
- Non ! se scandalisa Paul piqué au vif. Mais ça va pas la tête ou quoi ? C'est juste que... et puis ça te regarde pas à la fin !
- J'aime Bella crétin au cas où tu ne l'aurais pas compris ! avoua Jacob les mâchoires serrées.
Paul en resta sans voix. Celle-là, il ne s'y était pas attendu. Se grattant la nuque, le jeune homme regarda son ami gêné. Il avait du mal à imaginer Bella et Jacob ensemble. Il fallait quelqu'un de plus caractériel pour la jeune femme, quelqu'un de plus rentre dedans pour la faire sortir de sa coquille.
- Je l'aime depuis la première fois où je l'ai vu et je sais très bien que ça ne sera jamais réciproque, admit Jacob en penchant la tête. Bella m'apprécie, mais en tant qu'ami. Alors je me suis fait une raison, ami c'est pas si mal. De toute façon j'ai l'impression qu'elle n'arrive à ouvrir son cœur à personne... hormis à toi de toute évidence.
Le sursaut de Paul les surprit autant l'un que l'autre. Comment le jeune homme pouvait-il faire pour s'expliquer sans dire toute la vérité à Jacob ?
- Ce n'est pas son cœur qu'elle m'ouvre Jake, c'est une partie de sa confiance qu'elle m'offre. Quoiqu'elle l'a récupéré aussi vite qu'elle était arrivée.
- Qu'est-ce que tu veux dire par là ? grogna son ami agacé au plus haut point.
- C'est compliqué ! s'énerva Paul à son tour en se levant.
- Oui ça je te confirme ! siffla Jacob en l'obligeant à se rasseoir aussitôt. Tu détestes Bella, tu l'as dit dès le premier jour de tes cours de soutien, tu lui as fait vivre un enfer pour qu'elle arrête ces fameux cours. Tu parles d'elle comme du diable. Puis du jour au lendemain, tu te décides tout seul comme un grand à changer d'avis, de lui courir après pour t'excuser, reprendre les cours. Et aujourd'hui je te retrouve à l'aider et à lui faire les yeux doux...
- Je ne lui faisais pas les yeux doux ! cria Paul choqué.
- Je te connais, trancha Jacob froidement. Tu ne la regardais pas comme avant. Ne me ment pas.
Paul n'arriva pas à le contredire parce que c'était vrai. Il ne regardait plus Bella de la même façon, mais pas non plus de la façon dont Jacob le pensait. Paul baissa la tête et soupira. Comment expliquer ça sans en dire trop ?
- Tu avais raison et j'avais tort, voilà tu es content ! marmonna-t-il en boudant.
- Mais encore ? demanda Jacob les sourcils froncés.
- Tu la trouvais touchante et troublante, je me suis moqué et là tu m'as répondu que c'était sa solitude qui te parlait. Je l'ai vu cette solitude dont tu parles. J'étais avec elle tout à l'heure, Newton et Mallory sont arrivés et ils ont cherché à nous éloigner l'un de l'autre parce qu'ils estiment que nous ne pouvons pas devenir ami. On parlait juste et ça m'a rendu dingue de voir qu'ils n'avaient aucun respect pour elle. C'est censé être leur amie. Son père venait déjà de lui imposer son avis et voilà que eux ils en font de même. J'ai l'impression que tout le monde lui marche dessus comme si c'était un tapis. Elle est seule, elle est triste et elle est... perdue.
Jacob fronça encore un peu plus les sourcils. Son ami n'était vraiment pas en train de lui jouer la comédie, ça ne lui ressemblait pas. Paul s'inquiétait réellement pour Bella.
- Son père va la fiancer au premier crétin venu sans même lui demander si elle est d'accord. Dans quel monde peut-elle accepter ça ? demanda le Quileute perdu lui aussi.
- Dans un monde où elle n'a jamais son mot à dire, répondit Jacob réaliste. Plus je la regarde et plus j'ai l'impression qu'elle se noie. Pas un seul de ses amis ne voit ce qu'il se passe. Je voudrais faire quelque chose, mais, Charlie me l'a déconseillé.
- Oui et bien moi je m'en fou et je compte bien faire ce que je veux. Et le Juge Masen pourra bien dire ce qu'il veut. J'ai réussi à le berner aujourd'hui, je réussirais encore demain. Non, mon problème, là, c'est Bella. Je l'ai ramené chez elle et j'ai encore fait le con, elle est parti comme une furie, j'ai rien pu faire. C'est trop débile, on commençait à bien s'entendre.
Jacob leva les yeux au ciel. Il tapa l'épaule de son ami.
- Appelle la, conseilla-t-il en secouant la tête devant son imbécillité. Tu as son numéro non ?
- Oui, mais je ne suis pas bien certain qu'elle réponde, admit Paul.
Entre le fait que le Juge était peut-être dans le coin et le fait que Bella voulait probablement éviter ses appels.
- Elle répondra, lança Jacob en se levant. Bella a trop bon cœur pour rester sur une dispute. Appelle la et règle le problème. Elle ne s'ouvre qu'à toi et même si ça ne me fait pas plaisir de l'admettre, au moins, elle se livre à quelqu'un, c'est déjà ça de gagner.
Jake tourna les talons pour lui laisser de l'espace. Avant qu'il ne quitte le garage, Paul le héla.
- Je ne savais pas que tu l'aimais, lança-t-il mal à l'aise.
- Tu ne sais pas encore que tu l'aimeras bientôt à ton tour, répondit Jacob avec un grand sourire avant de disparaître.
Paul lui lança un regard blasé qui fit rire son ami. Malgré ça, il devait bien reconnaître qu'il voulait aider la jeune femme. Elle lui arrachait le cœur autant qu'elle l'attendrissait. Elle ne méritait pas ce supplice en sachant à quel point elle était gentille. Paul ne pouvait pas abandonner aussitôt par peur. Bella, elle, vivait dans la peur constamment et elle ne montrait jamais rien. Non, il mettrait tous ses amis à contribution s'il le fallait, mais il allait sortir la brune de cet enfer. Prenant son courage à deux mains, le jeune homme chercha le numéro de sa professeure. Il respira un bon coup avant de l'appeler. Il dut attendre quelques sonneries avant d'entendre sa voix.
- Allô ! dit Bella d'une petite voix cassée.
- Eh ! la salua Paul mal à l'aise. J'avais peur que tu ne répondes pas.
- Pour être honnête, j'ai hésité, avoua-t-elle doucement.
Paul sentait bien à sa voix que ça n'était pas comme d'habitude. Elle lui avait répondu certes, mais elle ne lui parlait pas vraiment. Le mur était de retour.
- Est-ce qu'on peut discuter ? demanda-t-il en se frottant la nuque de nervosité.
- Oui, mon père n'est pas encore rentré et je suis seule dans ma chambre. Tu as besoin d'aide pour un de tes exercices...
- Je suis désolé Bella, l'interrompit-il sincère. Je n'ai jamais cherché à te mentir ou à te cacher des choses, seulement... je ne savais pas comment aborder le sujet avec toi et encore moins si tu voudrais l'aborder avec moi.
- Qu'est-ce que tu as vu ? demanda-t-elle à nouveau la voix chevrotante.
- Je suis venu chez toi un jour, Alice m'avait donné ton adresse parce que je voulais que tu reprennes mes cours. Quand je suis arrivé, personne ne répondait à la porte, alors j'ai fait le tour de la propriété, pensant que tu étais peut-être au fond du jardin. Tu jouais du piano, tu jouais magnifiquement du piano pour être honnête. Je n'avais jamais rien entendu de si beau... alors je suis resté assis dans ton jardin à t'écouter. Parce que si tu avais su que j'étais là, tu aurais arrêté et moi je serai passé pour un guignol. Puis ton père est arrivé et... et...
- Il m'a frappé, je suppose, lança Bella froidement. Avec le bâton.
- Comment tu peux rester stoïque face à ça ! s'énerva-t-il en l'entendant. Je suis le seul à trouver que ce n'est pas normal ?
Paul respira un bon coup en voyant le mutisme de la jeune femme, il ne s'y prenait pas bien. Il commençait à la connaître, ce n'était pas de cette manière qu'elle allait s'ouvrir à lui. Bella faisait face à la peur avec son masque et là, le Quileute était probablement en train de lui faire peur.
- Désolé, c'est juste que... je me sens inutile...
- Tu as pitié de moi ? demanda Bella tristement.
- Quoi ? Mais non ! Bien sûr que non ! se fâcha Paul vexé.
- Je sais ce que tu penses. La gosse de riche qui croit qu'elle est malheureuse parce que son père est sévère avec elle. Mais elle devrait s'estimer heureuse, elle a encore un père...
- Bella stop ! Un conseil à l'avenir, ne pense pas pour moi, ordonna le jeune homme horrifié par ses paroles. J'avais un problème avec toi et tu le sais très bien. Je savais pertinemment que tu cachais quelque chose et tu ne voulais pas céder quand je t'interrogeais. Ce jour-là j'ai juste comprit que ton masque n'était là que pour te protéger. Alors oui j'ai changé d'avis sur toi à ce moment-là, mais pas parce que j'avais pitié, mais parce que je comprenais enfin. J'ai dû ravaler ma fierté et admettre que je m'étais trompé sur ton compte. Je ne connais personne d'aussi altruiste que toi. Pas une seule fois tu ne m'as jugé sur le fait que je sois un Quileute ou que j'ai des notes catastrophiques. Tu m'as toujours poussé vers le haut en restant de marbre. Alors non, je n'ai pas pitié de toi, bien au contraire. Seulement essaye de comprendre que c'est un sujet difficile à aborder.
- Nous n'avons pas besoin de l'aborder, trancha-t-elle en retenant ses larmes.
- Ton père te frappe pour des raisons qui ne s'expliquent qu'à lui, il dirige l'entièreté de ta vie ainsi que ton avenir et il te surveille comme si tu étais un futur terroriste. Excuse-moi d'être inquiet. Je ne voulais pas forcément aborder le sujet, mais maintenant qu'on est dedans, autant en parler.
- Je ne veux pas en parler...
- Et c'est ton droit, accepta Paul estimant qu'assez de choix était fait à sa place. Mais un jour il faudra bien que tu le fasses Bella, sinon tu vas te retrouver mariée à un homme que tu n'aimes pas, parce que tu es incapable de faire face à ton tyran de père. Tu as besoin d'aide.
- La seule fois où quelqu'un a cherché à m'aider, ça ne s'est pas bien fini pour lui. Je n'ai pas envie qu'il t'arrive des bricoles parce que tu auras été plus courageux que je ne le suis.
- Ça c'est mon problème...
- Non c'est aussi le mien, parce que je vivrais avec la culpabilité d'avoir ruiné ton avenir comme je l'ai fait avec Charlie. Il a essayé de m'aider. Mon père a réduit tous ses espoirs à néant. Je préfère recevoir encore des coups que de revivre cette culpabilité. Je n'en vaut pas la peine.
- Ça c'est ton avis, pas le mien, répondit Paul têtu. Si j'ai appris une chose ces dernières semaines, c'est que tu es une belle personne. Et tu es terriblement seule. Parfois la meilleure façon de retrouver courage et espoir, c'est encore de changer d'air. Tes amis sont pourris, excuse-moi, mais franchement à part Alice, je n'en vois pas un seul qui sache comprendre qui tu es. Je ne mentais pas à Newton tout à l'heure. Tu peux te faire de nouveaux amis et je serais heureux de faire parti de ceux-là. Jacob l'est déjà, Seth ne demande qu'à le devenir. Change d'air, pour ton bien.
Bella, à l'autre bout du fil, ne répondit pas. Paul était en train de se dire qu'il avait été trop loin. Il avait vraiment envie de la faire rire à nouveau, de la voir s'épanouir et pas seulement quand elle était devant un piano. Bella avait besoin de vivre et elle ne le ferait pas tant qu'elle resterait avec les gens qu'elle connaissait.
- Sache une chose, ce qui se passe à la Push, reste à la Push, c'est une règle d'or, lança le Quileute cherchant à la persuader.
- Tu sais que mon père ne va pas juste me laisser venir à la Push quand je le désire, tu sais qu'il va vouloir que tu viennes chez moi, il a ce besoin viscéral de tout savoir et de tout contrôler.
- Oui, mais il y a un truc bien à la Push, c'est que ton père ne nous connais pas. On est peut-être pauvre, mais on est solidaire. Il n'a pas besoin de savoir ce qui se passe dans ma maison. On étudiera chez toi, mais on décompressera chez moi. C'est un marché qui me semble tout à fait équitable.
- Je ne suis pas fun Paul, tenta-t-elle de lui faire comprendre. Je ne peux pas changer aussi facilement, je ne peux pas être...
- Tu peux être tout ce que tu veux à condition d'y croire. Ton père t'a donné l'impression que tu n'étais capable de rien, que tout dépendait de lui. Au fond de toi, tu sais que ce n'est pas vrai. Il te reste quelques mois avant ta majorité, avant ton diplôme. Une chose que tu m'as appris pendant nos cours, c'est que quand on est dans une impasse, il faut regarder l'exercice sous un autre angle. C'est la même chose pour ta vie. Tu as encore du temps, encore de l'espoir, ne le gâche pas alors que je t'offre un moyen d'échapper à l'emprise de ton père. Je jouerai la comédie devant le Juge s'il le faut, mais tu vas sortir de ta prison dorée c'est moi qui te le dit. Tu es patiente, mais moi je suis têtu.
- Je le sais ça, répliqua-t-elle touchée par ses mots. Pourquoi tu fais ça ? Je ne comprends pas.
- Moi ce que je ne comprends pas, c'est que personne ne l'ai jamais fait pour toi.
Paul le pensait vraiment. Comment son frère, par exemple, n'avait jamais pris sa défense. Parce qu'il était évident que Bella et Edward n'étaient pas proche. Était-elle la seule à qui leur père faisait vivre un enfer ? Vu la distance que son frère mettait entre lui et le reste du monde, peut-être pas. Son côté hautain, n'en était au final, probablement pas un. C'était, tout comme Bella et son masque, un moyen de se protéger.
- Ma mère va mentir quand ton père l'appellera, je serai obligé de lui expliquer quelques trucs, mais elle sera un soutien infaillible tu peux me croire.
- Ne lui dit pas tout s'il te plaît, supplia Bella apeurée.
- Lui dire quoi au juste ? Je ne sais pratiquement rien, répondit Paul en soupirant. Je ferai au mieux je te le jure.
- Promets moi de n'en parler à personne d'autre, je t'en supplie, réclama la brune inquiète.
- C'est promis... enfin, à partir de maintenant c'est promis, corrigea Paul en grimaçant.
- Ça veut dire quoi ça ? demanda-t-elle froidement.
- Leah m'a tiré les vers du nez et comme je ne savais pas comment interpréter les choses... mais je t'assure qu'elle ne dira rien, elle était même d'avis de te laisser en paix...
- Oh Paul ! se désola Bella en retenant ses larmes.
- Elle ne dira rien, j'en suis persuadé. Fais-moi confiance !
Le Quileute entendit bien le souffle de la brune se couper. Faire confiance à quelqu'un ne devait pas être chose aisée pour elle. Mais Paul gardait l'espoir, elle y arriverait, à force de temps et de patience.
- Fais-moi confiance, répéta-t-il plus doucement pour la convaincre.
- Je vais essayer, accepta-t-elle d'une petite voix émue.
- Je n'en demande pas plus, sourit Paul satisfait. Je passerais te chercher demain matin, prévient ton père, je ne voudrais pas qu'il manque une information.
Bella reconnu son humour douteux et préféra en rire. Le cœur plus léger, elle se détendit.
- Merci Paul.
- Tu n'as pas à me remercier. Allez à demain !
Paul retrouva le sourire aussitôt. Il avait encore une fois l'impression d'être un super héros. Mentir au Juge ne lui posait pas le moindre soucis. Bella avait besoin d'aide et le Quileute lui apporterait toute celle qu'il pouvait lui fournir. Jacob ne tarda pas à revenir et à secouer la tête en riant. Son ami était lunatique et caractériel. Néanmoins, il n'y avait pas plus loyal.
De son côté, Bella n'était toujours pas sereine. Il restait toujours l'épée de Damoclès du nom de Lauren Mallory. Les nouvelles allaient tellement vite dans cette ville. La brune était encore sur ses devoirs lorsque la porte de sa chambre s'ouvrit. Tous les poils de son corps se hérissèrent lorsqu'elle vit Royce. Il entra avec un sourire charmant, une démarche féline et un regard de braise. Une envie de vomir soudaine pris Bella, qui sentit son cœur s'accélérer de peur. Car oui, Royce lui faisait peur. Il ferma la porte derrière lui et s'installa sur le lit de la brune.
- Tu travailles sur quoi beauté ? demanda-t-il en la dévorant du regard.
Bella en lâcha son stylo, pour cacher ses mains tremblantes sous le bureau. Elle sentait la sueur froide couler par chaque pore de sa peau.
- Science, répondit-elle la gorge serrée sans oser croiser son regard.
Il se leva du lit et vint la rejoindre. Royce posa ses mains sur ses épaules. Bella ferma les yeux en le sentant dans son dos. Ses dents étaient tellement serrées qu'elle en avait mal à la mâchoire.
- Ton père m'a demandé de venir te chercher pour le dîner, susurra-t-il à son oreille.
Puis elle la senti, la main de ce gros porc commença à caresser son cou de façon totalement indécente. Ce n'était pas la première fois et ça ne serait certainement pas la dernière. Dès que le Juge avait le dos tourné et que Royce pouvait se le permettre, il avait des gestes totalement déplacé avec Bella. Elle tenta bien de s'échapper, la peur au ventre.
- Détends toi Bella, tu as l'air si stressée pour quelqu'un de si jeune, chuchota-t-il en déposant un baiser sur sa nuque.
La brune n'en supporta pas plus, elle se leva en trombe et se recula au mieux de lui.
- Ne me touche pas ! cracha-t-elle à la fois furieuse et morte de peur.
- Voyons beauté, tu sais bien que ce jour viendra pourtant, sourit-il en s'avançant. Tu le sais que ton père acceptera ma demande en mariage quand le moment sera venu. Je suis le parti idéal.
- Pas pour moi non, l'insulta-t-elle n'en supportant pas plus.
- Il ne te laissera pas le choix et moi non plus d'ailleurs, s'amusa Royce en collant son corps au sien.
Bella tenta bien de le repousser mais cela sembla l'amuser. Il tenta de l'embrasser, mais la brune s'y refusa catégoriquement. Son premier baiser ne serait pas avec ce sale pervers, il en était hors de question. En dernier recours elle tapa du genou dans son entrejambe qui semblait bien éveillé. Il se plia en deux sous la douleur.
- Moi vivante, je ne serai jamais ta femme, cracha-t-elle hargneusement en s'enfuyant de sa chambre.
Elle se cacha au fond du couloir pour retrouver un semblant de calme. La brune était dans tous ses états, elle en avait même du mal à respirer. Jamais jusqu'ici elle n'avait répliqué. Comment cet homme allait-il réagir maintenant ? Ne préférant pas rester au même étage que lui, seule, Bella s'empressa de rejoindre la salle à manger. Elle se regarda dans le miroir avant et essaya au mieux de reprendre son masque. Ne rien montrer, ne rien ressentir. Elle vit Royce arriver dans les escaliers et croisa son regard. Il y avait du défi dedans. Il n'allait pas en rester là et le fait qu'elle résiste semblait beaucoup l'amuser.
- Isabella ! l'appela son père en la voyant. Viens ici.
La brune ne se le fit pas dire deux fois. Elle s'élança vers lui le cœur encore battant. Le regard de son père était froid comme toujours, mais il y avait aussi ce tic au coin de sa bouche. Il était contrarié.
- Ton ami Paul avait raison figure toi, lança-t-il tout à coup. La mère Mallory est venue se plaindre à moi que tu fricotais avec de la racaille Quileute et elle prétend que tu t'en es pris à Mike.
Bella pria pour que le mensonge passe. Une touche de vérité pour une grande partie de baratin. Prenant son air le plus sincère, elle se prépara au pire.
- Il est vrai que je me suis disputée avec Mike, avoua Bella en baissant la tête avec repentance.
- Vraiment ? demanda le Juge en croisant les bras. Pourquoi ça ?
- Lauren a été malpoli vis à vis de moi et Paul a voulu prendre ma défense. De là, Mike... enfin je vous en ai déjà parlé. Il n'a pas cherché à comprendre, il m'a vu avec Paul sur la voiture en attendant son ami, il s'est imaginé des choses et ça a tourné au drame très vite pour des préjugés. Je me suis dit qu'il serait plus sage d'arrêter notre amitié maintenant, puisqu'ils ne me pensent pas assez censé pour me préserver. Ils me jugent sur des actes que je n'ai pas commis.
Riley caressa la joue de sa fille en l'embrassant sur le front.
- Ils ne te méritent pas. Tu es trop bien pour eux. Tu as eu raison et je suis heureux de savoir qu'à partir de maintenant cette dévergondée de Lauren et ce crétin de Mike ne feront plus parti de ton entourage. Alice, Emmett et Rosalie sont des gens bien. Reste avec eux. Quant à Paul, s'il continue sur cette lancée, il aura un grand avenir. Le travail et la détermination sont des moteurs qui poussent à la réussite. Garde le contact avec lui. Fais de ton mieux pour qu'il devienne un brillant diplômé et à mon tour je l'aiderai à être le grand avocat qu'il désire devenir.
Bella échappait à la tempête, pour cette fois. Mais de toute évidence, son père s'était mis en tête de ne pas lâcher Paul, ce qui n'était pas bon signe.
- Il s'est proposé de venir me chercher demain matin, annonça Bella calmement.
- Pourquoi ? lança Royce tout à coup mécontent.
- La voiture d'Isabella est tombée en panne, répondit le Juge en haussant les épaules. Dis-lui que c'est d'accord, de toute façon j'ai eu sa mère au téléphone tout à l'heure et nous sommes sur la même longueur d'onde.
Royce sembla beaucoup moins ravi tout à coup. Il voyait quelque chose qu'il n'aimait pas. Pas du tout. De la concurrence. Le Juge venait de dire qu'il souhaitait aider Paul, qu'il avait assez confiance en lui pour lui confier sa précieuse fille. Ce n'était pas bon pour lui.
- Passons à table ! lança Riley en passant un bras autour des épaules de sa fille.
L'avantage quand Edward n'était pas là, c'était que Bella n'était pas obligé de s'asseoir à côté de Royce, ce qui éviterait les mains baladeuses sous la table. Quand ils eurent fini, que la vaisselle fut faite, Bella s'excusa et retourna dans sa chambre. Elle vit son père et Royce s'enfermer dans le bureau avant ça et elle s'en réjouit. Elle serait tranquille pour au moins deux heures. Généralement ils pouvaient rester longtemps à parler travail. Alors elle se remit dans ses devoirs en confirmant par message à Paul qu'il pouvait venir la chercher. Au même moment, elle reçut un message de Jasper lui demandant s'il pouvait l'appeler. S'inquiétant aussitôt pour son frère, elle s'empressa de l'appeler elle-même.
- Bonsoir Bella, répondit Jasper avec un sourire dans la voix.
- Est-ce que tout va bien ? demanda-t-elle aussitôt.
- Bien sûr, pourquoi ça n'irait pas ?
- Si tout va bien pourquoi tu m'appelles ? s'exclama Bella en fronçant les sourcils.
- Pour parler voyons !
- Pour parler... ? Pourquoi faire ?
La brune se frotta les yeux en ne comprenant pas où il voulait en venir.
- Ton frère bosse, moi j'ai fini, je m'ennuie et puis j'ai pensé à toi. Je me suis dit que j'allais prendre de tes nouvelles...
- Qu'est-ce que tu cherches Jasper ?
- Rien je...
- Qu'est-ce que tu cherches ? répéta la brune maligne.
- Roh ! A te sortir un peu de ta coquille, avoua-t-il enfin. Je veux apprendre à te connaître. En toute amitié entendons-nous bien. Allez quoi ! Raconte-moi ta journée.
- Tu es vraiment en train de m'appeler parce que tu t'ennuies et que tu veux savoir ce que j'ai fait aujourd'hui ?
- Quoi, c'est ce que font les frères et sœurs non ? Je n'ai pas de sœur, mais je pense que c'est ce que je ferai si j'en avais une. Ton frère, c'est un peu le mien aussi, alors au final, toi tu es ma sœur par procuration.
- Est-ce que c'est vrai cette rumeur comme quoi parfois les psy sont plus fous que leurs patients ? demanda-t-elle en souriant malgré tout.
- Ça ne compte pas je ne suis pas encore psy, s'amusa-t-il beaucoup.
Il cherchait juste à la faire parler, lui donnait envie de continuer cette conversation, même si ce n'était que des banalités. Créer un lien. C'était ainsi qu'il s'y était pris avec Edward et au final le frère et la sœur avaient beaucoup en commun.
- Par exemple moi aujourd'hui j'ai été en cours, j'ai reçu une excellente note pour mon devoir de la semaine dernière, ma mère va se remarier pour la 2ème fois, mon cousin Peter va passer nous voir dans pas longtemps...
- Jasper ! le stoppa-t-elle en se massant les tempes. Je ne veux pas te vexer, mais moi je ne t'ai pas appelé pour connaître ta vie.
- Oui mais moi je voulais le faire. Mais vu que c'est toi qui a appelé au final, tu dois me raconter ta journée, allez lance toi !
Bella leva les yeux au ciel. Elle ne comprenait pas très bien ce qu'il faisait, mais après tout pourquoi pas. Ça l'empêcherait peut-être de penser à son père qui pouvait lui tomber dessus comme un éclair et à Royce qui rodait toujours dans la maison.
- OK, si tu y tiens tant, céda-t-elle. Je suis allée en cours, j'ai voulu allé voir si le contrôle de Paul s'était bien passé, le prof l'a accusé d'avoir triché, j'ai pris sa défense parce que j'étais certaine que c'était faux. De là mon père a débarqué comme une fleur, a fait son numéro de Juge Masen avec brio, Paul a pu prouver son innocence. Par la suite ma voiture n'a pas voulu démarrer à nouveau, donc Paul a proposé d'appeler un ami pour la réparer. Mon père ne pouvant pas me ramener, il a accepté que Paul s'en charge. Des amis à moi sont arrivés, ils n'ont pas apprécié que je sois avec un Quileute, alors j'ai des amis en moins et un ami en plus aussi. Maintenant je suis chez moi en train d'essayer de faire mes devoirs, mais un fouineur m'en empêche.
- Paul, Paul, Paul, la taquina Jasper avec malice. Tu parles énormément de lui.
- Tu es pire qu'Alice et crois moi, je ne pensais pas ça possible, lança Bella blasée.
- Allez parle-moi de lui bon sang, à chaque fois tu attises ma curiosité et tu ne lâches jamais d'info. Tu le protèges ou quoi ?
La brune se retint juste à temps de répondre un « Exactement » clair net et précis. Mais il était trop tard. Le Juge avait mis son nez là-dedans maintenant. Paul n'était plus à l'abri, malheureusement.
- Que veux-tu savoir à la fin ? C'est un élève à qui je fais cours. Voilà ! C'est tout.
- Il est beau ? Je ne parle pas d'une manière générale, je parle selon tes critères.
Bella se mit à rougir aussitôt. Mais qu'est-ce que c'était que cette question ? Et puis de quoi se mêlait-il ?
- Est-ce que je te demande de quelle couleur était les cheveux de la dernière fille que tu as dragué ? s'énerva-t-elle à moitié se sentant prise au piège.
- Ah ! Donc, maintenant il est question de drague. Bien, très bien ! Dis-moi tout Bella, à quel moment ce jeune homme a commencé à attiser ton intérêt ?
- Mais tu n'as pas fini de dire des conneries, s'emballa-t-elle rouge comme une tomate.
Sa familiarité enchanta Jasper. Il y arrivait, doucement, mais sûrement. Fissurer le mur qu'Isabella avait érigé autour d'elle n'était pas chose aisée, surtout à distance. Mais il n'était pas question que le blond abandonne. Laisser une personne innocente comme Bella, seule, face à ses problèmes, c'était au-dessus de ses forces. De plus, il appréciait vraiment leurs discussions.
- Je vais venir voir par moi-même si tu ne me dis rien, c'est ce que tout grand frère ferait.
- Tu n'es pas Edward et j'ai la grande chance qu'il n'en ai rien à faire, trancha-t-elle agacée.
- Je te jure que je vais le faire, si ce n'est pas demain, ce sera un autre jour, mais ne parie pas avec moi là-dessus...
- Oui il est beau, avoua-t-elle enfin ne voulant absolument pas le voir devant son lycée. Il est même plus que ça ! Satisfait ?
- Ah enfin on rentre dans le cœur du sujet. Est-ce qu'il est gentil ?
- Euh... ! En quelque sorte, répondit honnêtement la brune avec une grimace. C'est Paul quoi. Il a ses bons et ses mauvais moments.
- Mais tu l'apprécies, comprit Jasper plus sérieusement.
- Oui, admit-elle avec un demi sourire. Il a proposé qu'on devienne amis au moment même où je me séparais de Mike et Lauren. J'arrive pas à être triste d'avoir perdu leur amitié, parce que j'ai l'impression que j'y gagne au change.
- Et tu ne penses pas qu'un jour... ça pourrait aller plus loin ?
Bella n'arriva pas à retenir son rire, elle essaya malgré tout, parce que si son père l'entendait elle serait dans de beaux draps.
- Jasper vraiment ? Tu veux ouvrir une agence de rencontre et tu n'as prévenu personne ? C'est mon ami. Et moi... c'est moi. Y'a pas grand-chose à dire sur le sujet.
- J'en aurais des choses à dire sur le sujet moi, en toute objectivité. Seulement tu ne les prendrais pas bien et surtout tu ne les croirais pas.
- Ouvre les yeux, trancha-t-elle en arrêtant de rire. Je suis « Sainte Bella ». Les seuls gars qui me regardent autrement que comme une grenouille de bénitier, ce sont ceux qui me révulsent. En dehors du fait que je suis très bien seule, il y a aussi le fait que je n'aurais pas mon mot à dire sur le sujet prochainement.
- Rappelle-toi, on a toujours le choix, mais pas toujours celui qu'on pensait en premier lieu, répéta Jasper avec sagesse. Je ne sais pas de quoi sera fait ton avenir, mais je sais que tu vaux mieux que le fatalisme que tu t'infliges. Si ce n'est pas Paul, ça peut être un autre ou une autre si tu préfères les filles. Ne sacrifie pas ta jeunesse. Si tu penses que ton avenir est tracé d'avance, alors il serait peut-être temps de profiter de ton présent.
- Ce serait comme voir le marchand de glace avec des étoiles dans les yeux et s'entendre dire que tu n'en auras pas parce qu'une bonne soupe t'attend à la maison, répliqua Bella avec humour.
- Ça ne veut pas dire que tu ne pourras pas revenir manger une glace plus tard ou y aller en douce, ricana Jasper appréciant son analogie.
- Admettons, accepta-t-elle en haussant les épaules. Comment va Edward ?
- Bien, ne t'en fais pas, je prends soin de lui. Pense à toi pour changer.
Bella ferma les yeux. Si c'était aussi simple. Ils continuèrent à discuter encore un bon quart d'heure. Sans s'en rendre compte, la jeune femme se détendit et profita du moment. C'était apaisant de discuter avec Jasper. Un coin de calme dans toute cette angoisse constante. Il ne disait jamais rien, mais Bella était loin d'être bête. Jasper savait quelque chose, il était juste assez malin pour ne jamais mettre de mot dessus. Parce qu'il savait que ce serait contre-productif avec elle. La jeune femme comprenait mieux pourquoi son frère s'était laissé approcher par Jasper. Il inspirait confiance. Malgré tout, une petit voix dans la tête de Bella lui souffla « pas autant que Paul ». Et c'était la pure vérité. Sans s'expliquer comment et pourquoi, Paul avait conquis la confiance de Bella et ce n'était pas une mince affaire.
Et voilà un peu de Jacob, une touche de Jasper, une tartine de Paul, saupoudré d'un infect Royce, que demande le peuple. Bisous !
