Bonjour tout le monde. Un chapitre un peu tardif, mais pour ma défense je suis en vacances, donc je prends mon temps. Alors un peu de Bella/Paul dans ce chapitre, pour ne pas dire pratiquement qu'eux. Je dois avouer que j'ai pris du retard sur mon écriture mais j'espère reprendre un peu d'avance pendant les vacances.

Et dites-moi... on a atteint pile la 100ème review ou c'est moi ?

Hmp: Rosalie est superficielle. Il faut encore qu'elle murisse pour voir que derrière la bienséance de Bella se cache quelqu'un de mal dans sa peau. J'espère bien que tu aimes beaucoup Paul, je le travail pour qu'il soit aimé comme il se doit. Bisous !

MC: Mon sadisme ? C'est à dire ? Je suis quelqu'un d'absolument adorable qui de temps à autre bouscule un brin ses personnages, mais bon... c'est pour leur bien. Il se peut en effet qu'à un moment je bouscule aussi ceux-là, mais c'est toujours pour la bonne cause. Bisous !

Guest: B va au fur et à mesure s'ouvrir, surtout grâce à P et J, c'est nécessaire pour elle, voir vital. Al et Em sont de bons amis, mais pas encore assez impliqué. Rosalie le regrettera oui, c'est certain. Bisous !

Nous y voici. Bonne lecture !


- Bienvenu chez moi, lança Bella mal à l'aise en faisant entrer Paul dans l'entrée.

Elle n'avait absolument pas envie qu'il vienne dans cette maison de fou, mais elle n'avait pas trop le choix. Le Quileute avait une tête impayable en regardant les pièces. Ses yeux voltigeaient d'un endroit à l'autre sans s'arrêter, appâter par une nouveauté à chaque fraction de seconde. Bella savait très bien ce qui se passait dans sa tête. Il se demandait comment il était arrivé là et surtout qui leur famille avait dû tuer pour avoir autant d'argent.

- Classe la déco, lança-t-il enfin en pinçant les lèvres.

- Mmhh, grommela Bella pour toute réponse.

Elle détestait cette déco, ces planchers blancs, ces meubles de luxe sans âme, en fait elle détestait tout simplement tout ce qui se rapportait à cette maison. Bella n'avait pas l'impression d'avoir un seul bon souvenir ici.

- Bonjour Isabella, salua sa mère en débarquant à morphe comme bien souvent. Qui est ton invité ?

- Paul, répondit sèchement la brune ce qui étonna le Quileute.

- Ton père est au courant ? demanda Élisabeth en tanguant légèrement.

Le jeune homme fronça les sourcils, regarda son amie en se demandant si tout était normal, mais Bella ne semblait pas s'inquiéter plus que ça.

- Oui, cracha-t-elle froidement.

- Bien, dans ce cas je vais... faire une petite sieste.

- Fais donc ça oui, trancha la brune acide.

La maîtresse de maison monta à l'étage sous les yeux inquiets de Paul.

- Ta mère n'a pas l'air d'aller très bien, dit-il en se frottant la nuque.

- Ne t'en fais pas, c'est quand elle n'est pas dans cet état que je m'inquiète, répondit Bella en haussant les épaules.

C'était la pure et simple vérité. Non pas qu'elle en avait quelque chose à faire de l'état de sa mère, fut un temps, elle s'en préoccupait encore. Ce temps était révolu. Quand Bella avait cherché de l'affection après les punitions de son père, sa mère n'avait jamais répondu à ses appels. Puis la brune s'était inquiétée de savoir si elle pouvait aider sa mère, pour qu'au final ce soit cette femme qui dénonce la moindre de ses activités au tyran de la famille. Pas une seule fois elle ne lui avait parlé de menstruation, le choc avait été conséquent pour Bella, qui heureusement avait Alice comme meilleure amie. Les cadeaux de fêtes des écoles finissaient immanquablement à la poubelle, la seule chose qu'elle avait gardé, c'était une partition écrite et inventé par Edward. Bella aurait pu en inventer une, si elle en avait encore quelque chose à faire. Or ce n'était plus le cas. Élisabeth était parti se coucher, très bien ! Au moins elle ne les espionnerait pas. Le Juge n'était pas là, donc, il y avait moyen qu'ils arrivent à passer un bon moment. Paul, voyant la froideur de la brune, ne creusa pas plus longtemps.

Ils s'installèrent dans la salle et se mirent au travail. Comme promis, ils corrigèrent le contrôle de Paul et passèrent sur la géométrie. Ça ne se fit pas sans douleur. D'une le Quileute avait vraiment beaucoup de mal, de deux, Bella n'était pas aussi concentrée qu'habituellement. Elle ne cessait de regarder les escaliers, l'extérieur, comme si la foudre allait s'abattre sur elle. Au bout d'un moment, préoccupé, Paul attrapa sa main, qu'elle s'empressa de reprendre en regardant autour d'elle.

- Ne fais pas ça ici s'il te plaît, chuchota-t-elle en panique.

- Pourquoi ? Je n'ai rien fait de mal. Je m'inquiète juste pour toi, tu as l'air...sur les nerfs.

Il voyait bien à quel point elle était tendue, la fréquence à laquelle elle se mordait les lèvres d'angoisse et cette manie de triturer ses doigts. Plus le temps passait et plus elle flippait. Quelqu'un ne la connaissant pas un minimum, n'y aurait vu que du feu. Mais ça faisait un moment maintenant que Paul suivait ces cours de soutien et sa professeure n'était jamais dans cet état au lycée. Posant une main autoritaire sur la nuque de la brune il fit cesser sans agitation en un regard.

- Il n'est pas là Bella, chuchota-t-il rassurant.

Sa main se fit plus douce et il bougea son pouce pour la masser. C'était étrange parce ses doigts étaient tellement imposant par rapport à son cou. Elle était tellement petite, tellement fragile, tellement seule. Alors qu'elle avait cherché à fuir le contact une minute plus tôt, là, elle n'y arrivait tout simplement pas. La chaleur de Paul, sa voix rassurante et son assurance était comme un baume sur ses craintes.

- Calme toi, continua-t-il en ne détournant pas le regard.

Elle lui fit un signe de tête, certifiant qu'elle ferait au mieux. Paul relâcha donc sa nuque, laissant comme un vide chez Bella. Quant au jeune homme, il sentait encore la douceur de la peau de son amie sur ses doigts. Ça avait été instinctif. La rassurer avait été son seul but, mais le frisson qui parcourait son dos à présent ne lui était pas commun.

- Réexplique moi doucement l'exercice, proposa-t-il gentiment en essayant de revenir à ses devoirs.

- Oui, oui tu as raison, admit-elle en se secouant. Je ne m'y suis pas bien prise. On recommence.

A partir de là, Bella redevint le professeur pédagogue et exceptionnelle qu'elle était habituellement. Malgré cela, le crâne de Paul était sur le point d'exploser. Il commença vite à s'agacer, comme bien souvent quand il ne comprenait pas.

- Mais c'est sans queue ni tête ce truc, s'énerva-t-il en s'arrachant les cheveux.

- Au contraire, rectifia Bella en essayant de l'encourager. Je me doutais bien que la géométrie serait un calvaire pour toi, mais je n'abandonne pas pour autant.

- Et moi j'ai bien envie, cracha-t-il en râlant. Comment je suis censé obtenir mon diplôme si je n'arrive à rien...

- Ce n'est pas parce que tu bloques sur cette matière et ceci au bout de quelques heures, qu'il faut que tu crois que c'est sans espoir. A la base, je détestais le piano, mes parents voulaient à tout prix que j'apprenne, alors pour leur faire plaisir, je m'y suis mise. J'avais l'impression d'être une empotée, de ne faire que des fausses notes. Puis c'est venu, avec le temps et l'entraînement. Aujourd'hui je pourrais jouer les yeux fermés. Tu auras ton diplôme. Je t'en fais la promesse. Pas mon père, moi. Je suis certaine que tu en es capable. Je l'ai toujours su.

Paul soupira un bon coup, la scruta et se détendit. Elle était persuadée de pouvoir l'aider et voir cette étincelle dans ses yeux, donnait envie au jeune homme de se dépasser.

- Je vais faire au mieux, mais ce soir, je ne veux plus de géométrie ou alors je ne réponds plus de rien.

Pour la première fois depuis qu'ils étaient entrés dans cette maison, Bella lui fit un sourire. C'était fou à quel point son visage changé du tout au tout lorsqu'elle s'illuminait ainsi. Paul la détailla du regard, éblouit par ce visage d'ange.

- Tu es vraiment une belle personne Bella, lança-t-il soudainement le pensant sincèrement.

La brune se mit à rougir comme une pivoine en ne sachant pas trop comment interpréter cette phrase. Paul fut fier de son effet, un sourire malicieux apparut aussitôt sur ses lèvres. Il était rare de la voir aussi déstabilisée. La Quileute n'arrivait pas à décrocher son attention de la jeune femme. Il réussirait à percer tous les secrets d'Isabella Masen.

- Bonsoir ! cracha quelqu'un rompant cette bulle dans laquelle ils s'étaient enfermés.

Paul tourna aussitôt la tête vers la porte de la pièce. Un homme brun dans la vingtaine, dans un costard impeccable les fusillait du regard. Il avait fière allure, il était beau et il le savait. Ce genre de mec ressortait par les trous de nez de Paul. Ce play-boy était en train de les tuer du regard, les poings serrés.

- Bonsoir ! répondit le Quileute sur le même ton.

- Euh ! tenta de se reprendre Bella mal à l'aise. Royce je te présente...

- Le fameux Paul je suppose, lança-t-il incendiaire.

Cette phrase avait été sorti comme une insulte. Le Quileute ayant le sang chaud, tenta bien de prendre sur lui. C'était quoi son problème à ce type ?

- Précisément, intervint Paul ironiquement en croisant les bras. Je suis devenu célèbre il faut croire. Donc vous vous êtes Royce... jamais entendu parlé.

Sa réplique ne plut pas du tout au concerné et cela amusa beaucoup Paul. Comme quoi des fois, s'énerver n'apportait pas la même satisfaction. Bella ne cessait de faire la navette entre les deux, inquiète de la tournure que pourrais prendre cette discussion. Elle connaissait assez les deux pour savoir que la catastrophe était imminente.

- Royce est avocat, il travaille souvent avec mon père pour devenir juge à son tour, expliqua la brune cherchant à détourner l'attention des deux.

- Ça a du bon le piston, lança Paul avec véhémence.

Bella perdit toutes ses couleurs aussitôt. Royce était un avocat aidé par son père, certes, mais c'était tout de même un excellent avocat, il n'allait pas se laisser rabaisser ainsi sans rien dire, surtout par un adolescent.

- Je ne dois mon poste qu'à ma détermination, mon travail et mon intellect, je doute que vous puissiez comprendre, rétorqua Royce avec arrogance.

- Probable, je dois être trop con pour ça, répondit le Quileute en haussant les épaules. Mais au moins je me rassure en me disant que ma tête continuera à passer les portes.

- Vide comme elle est, je n'en doute pas.

Paul grinça des dents en commençant à perdre patience. Bella lui mit un coup de pied sous la table, il fallait qu'il se détende. Elle semblait encore plus stressée que peu de temps avant. C'était à croire que chaque personne qui rentrait dans cette maison était là pour la tourmenter.

- Père arrive bientôt ? demanda-t-elle en cherchant n'importe quel sujet pour détourner la conversation.

- Oui, il ne devrait plus tarder, il a beaucoup de travail en ce moment. Je pense qu'un gros dossier se prépare, répondit Royce sans lâcher Paul du regard.

Aussitôt l'espoir s'insinua dans les veines de la brune. Un gros dossier ? Gros comment ? Assez pour que son père disparaisse à Seattle pendant plusieurs mois ? Bella sut aussitôt quelle serait sa prière du soir. Rien n'était mieux que quand son père disparaissait ainsi.

- Il serait peut-être temps que ton élève rentre chez lui non ? lança Royce avec un sourire de circonstance.

- Mon ami rentrera quand j'aurais décidé que son travail est satisfaisant, rétorqua Bella aussitôt se sentant agressée.

Les deux hommes tournèrent un regard surpris vers elle. Il était rare que la brune réponde, mais en plus, elle avait bien mis en lumière leur amitié. Bella n'était pas prête à laisser Paul en pâture à Royce, hors de question. En plus, si le Quileute partait avant que son père revienne, Royce allait en profiter.

- Donc son travail laisse à désirer. Il serait peut-être temps de réagir jeune homme et d'arrêter de faire perdre son temps à cette ravissante personne.

Alors que Paul allait rétorquer avec toute sa véhémence habituelle, il se prit à nouveau un coup de pied dans le tibia. Il se tourna vers la brune en fronçant les sourcils. Avait-elle fini de le frapper ?

- Actuellement Royce, c'est toi qui nous fait perdre du temps, nous aimerions nous remettre sur ses exercices, mais tu sembles déterminé à lui chercher querelle, intervint Bella avec son masque habituel. Peux-tu nous laisser travailler s'il te plaît ?

Paul lança un regard vainqueur vers l'avocat, il avait gagné cette partie, grâce à Bella certes. Royce grinça des dents, mauvais de s'être fait remettre à sa place.

- Peut-être devrais-je parler de ton ton au Juge, répliqua-t-il piqué au vif.

- Peut-être devriez-vous arrêter de parler tout court, intervint Paul n'aimant pas beaucoup sa menace.

-Tu ne risques pas de te faire des amis avec une telle attitude...

- Ça tombe bien je ne suis pas ici pour me faire des amis. Je suis ici pour bosser, mais je crois que Bella avait raison en disant que nous serions plus au calme au lycée.

Les deux hommes s'affrontèrent du regard, mais durent mettre fin à leur bataille lorsque la porte de l'entrée se fit entendre. Royce se métamorphosa à l'arrivée du Juge, ce qui fit grimacer Paul. Il faisait moins le malin le grand avocat quand le big boss était là. Bella aussi pour dire la vérité. Toute sa personne s'était éteinte en un clin d'œil.

- Bonsoir, s'exclama-t-il avant de voir qui était présent. Paul ! Quel plaisir de vous voir ici.

Royce serra les dents mais n'ajouta pas un mot. Le Quileute se contenta de lui jeter un sourire en coin et salua le Juge avec toute l'amabilité qu'il avait en réserve. Apparemment ici il fallait un minimum d'hypocrisie pour s'intégrer. Si c'était le prix à payer pour rester en présence de Bella, Paul n'hésiterait pas un instant. Il préféra ne pas réfléchir à ça tout de suite. Pas ici. Mais oui, plus le temps passé et plus il l'appréciait.

- Vous restez dîner avec nous Paul bien sûr, proposa Riley avec un sourire qui aurait convaincu n'importe qui.

- Ça aurait été avec plaisir monsieur, mais ma mère m'attend, de plus il y a inventaire de sa boutique ce soir et j'ai promis de l'aider.

Ce n'était pas entièrement faux... sa mère avait vraiment un inventaire, mais jamais elle ne l'aurait laissé poser ses pattes sur quoique ce soit dans la boutique. Trop de perte à prévoir. Néanmoins, il n'était pas encore prêt à subir les deux hommes de lois en même temps. Une étincelle s'était allumée dans les yeux de Bella. Elle avait compris son stratagème et elle ne pouvait pas lui en vouloir. Bien au contraire. Qu'il fuit pendant qu'il était encore temps.

- Quel dommage ! lança Royce avec hypocrisie sous-jacente.

- Nous aurons bien l'occasion de reporter ça. Pas d'inquiétude. Reprenez les enfants, nous nous allons dans le bureau. Travaillez bien.

Royce n'appréciait vraiment pas de les laisser seul, mais il n'avait plus le choix. Paul ne les lâcha pas du regard jusqu'à ce qu'ils disparaissent, puis il se tourna vers son amie.

- Et celui-là, tu te le supportes souvent ? demanda-t-il discrètement en grimaçant.

- Une à deux fois par semaine, parfois plus, avoua Bella dépitée. Il adore rester manger avec nous.

- Comment fais-tu pour ne pas lui planter ta fourchette dans l'œil au juste ? blagua-t-il en ayant bien vu qu'elle n'appréciait pas cet homme du tout.

- Je prends sur moi, parce que ça m'est vraiment arrivé d'y penser ou de l'étouffer dans sa purée...

Elle le scruta aussitôt, mais tout ce qu'elle vit, c'était un Paul amusé qui lui caressa la joue du bout des doigts.

- J'adore quand tu fais de l'humour, c'est tellement rare que c'est précieux.

Bella sentit un frisson la parcourir au contact. Mais pas un comme avec Royce, non celui-ci était chaud et enivrant. Paul avait cet effet là sur elle. Il réchauffait son âme et son cœur meurtris. Les joues de la jeune femme s'empourprèrent aussitôt et Paul fit comme s'il n'avait rien vu.

Le lendemain se fut à son tour d'emmener Bella chez lui. Quand ils se garèrent devant la petite maison à la Push, Paul se renferma aussitôt. Elle n'était pas bien grande, deux chambres qui tenait dans un chalet construit depuis bien longtemps. Les années passées se voyaient sur la façade. Se grattant l'arrière du crâne, Paul fit signe à la jeune femme d'avancer sous le porche. Bella se faisait toute petite, elle se mordait les lèvres, inquiète de déranger malgré le fait que Paul l'ai rassuré bon nombre de fois sur le sujet.

- Bienvenue chez moi, marmonna-t-il en présentant la pièce. Ce n'est pas le grand luxe, rien avoir avec ta maison...

- C'est parfait chez toi, l'interrompit Bella sans réussir à décrocher son regard de ce qui l'entourait.

A droite un plan de travail avec des tabourets séparé la cuisine de l'entrée. A gauche une petite salle à manger suivi au fond par le salon où la cheminée prenait une grande place. Le cœur de Bella déborda de sérénité pour la première fois de sa vie. Des couleurs chaudes, du bois, des photos, des souvenirs. Cette maison avait une âme contrairement à la sienne.

- J'aime ta maison, lança-t-elle apaisée sans s'expliquer pourquoi.

- Tu sais tu n'as pas à être gentille ici si tu ne le veux pas, tu as le droit de dire que c'est petit, vieillot...

- Paul, le coupa-t-elle à nouveau en relevant la tête pour le regarder. J'aime vraiment beaucoup ta maison. Elle est vivante.

Il fut aussitôt touché par sa sincérité. Retrouvant soudain sa bonne humeur, il haussa les épaules avant de plaisanter.

- Tu ne te rends même pas compte à quel point en effet. Des fois, le vent marin souffle tellement fort qu'on a l'impression qu'une troisième personne s'est invitée chez nous et fait craquer tous les murs.

Bella sourit à cette image. Elle préférait largement cette vieille maison qui avait vécue plutôt que celle sans âme dans laquelle elle vivait. Paul posa son sac sur la table de la salle à manger et fit signe à Bella d'en faire de même.

- Tu veux quelque chose à boire, proposa-t-il en enlevant sa veste.

- Oui avec plaisir, du soft si tu as, répondit-elle en s'asseyant timidement sur une chaise.

Paul se retourna donc pour aller à la cuisine. Quand il revint, le jeune homme déposa le verre à côté de la brune et lui arracha des mains le livre qu'elle venait de sortir.

- Je ne crois pas non, attaqua-t-il avec un sourire en coin.

- Mais tes révisions..., tenta-t-elle perdue.

- Attendront demain, trancha Paul intransigeant. Aujourd'hui c'est détente. Je ne te laisse pas le choix. Nous avons quelques heures devant nous. Nous allons en profiter c'est une certitude. Film, jeu ou promenade ?

Bella se mit à bégayer, perdue. Il lui arrivait quelque chose de plutôt rare. Paul lui laissait le choix. Qu'avait-elle envie de faire ? Si elle n'avait pas aussi peur que son père débarque à l'improviste, elle aurait répondu aussitôt promenade. Découvrir la Push en compagnie du Quileute ne pouvait être qu'une bonne expérience.

- On va s'amuser Bella, c'est non négociable, je ne supporterai pas une seconde séance de torture à base de géométrie, aussi vite après la première.

Un petit sourire naquit sur les lèvres de la brune, qui se détendit enfin. Elle jeta un regard au salon qui avait l'air d'être la pièce la plus accueillante de la maison.

- Je n'ai pas grande culture cinématographique, avoua-t-elle en haussant une épaule. Mon père refuse que j'aille au cinéma et à la maison la seule télé disponible est celle devant laquelle ma mère végète la moitié de la journée. Donc les films que j'ai vu se résument à ce que j'ai vu au soirée pyjama chez Alice.

- Mmhhh..., grimaça Paul de dégoût. A base de romantisme et de mariage en boucle ?

- Absolument, répondit la jeune femme en riant.

- Allez viens, je vais te montrer un vrai film, lança-t-il en lui tendant la main.

Avec tendresse, Bella l'attrapa et sentit à nouveau cette chaleur réconfortante monter en elle. Paul l'entraîna dans le canapé. Après quelques questions pour choisir le style, le Quileute lança Gladiator en espérant que la brune serait réceptive à ce genre de film. C'était un des préférés de Paul et ça lui faisait plaisir de le faire découvrir à quelqu'un d'autre. Au départ, le Quileute remarqua bien qu'elle n'était pas à l'aise. Trop bien élevée pour s'asseoir autrement que droite comme un « i ». Sans faire de commentaires, Paul enleva ses chaussures et posa bruyamment ses pieds sur la table du salon. Elle se détendrait peut être plus facilement si elle voyait son voisin l'être. Au bout d'une demi-heure de film, Bella prit enfin son courage à deux mains, enleva ses chaussures et mit enfin ses pieds sur le canapé pour s'installer plus confortablement. Puis elle plongea définitivement dans le film et son ami ne l'entendit plus. A un moment il se tourna pour vérifier qu'elle ne s'était pas endormie. Mais bien au contraire. Bella était absorbée, la bouche entrouverte, les yeux scotchés sur l'écran. Paul la scruta sans pudeur. Qu'elle était belle ! Le Quileute avait souvent eu des paroles dures envers elle, mais moche, il n'avait jamais pu l'en insulter. Bella était belle, elle l'avait toujours été. Caché derrière ses fringues de bonne sœur, il était difficile de deviner ce qui pouvait bien s'y cacher. Par contre, son visage... De grand yeux en amande qui vous traverse l'âme en un regard, des cheveux qui devaient être sublimes sans cette coiffure sévère et son sourire... Oui Paul aimait définitivement son sourire, si peu présent malheureusement. Plongée dans le film, la jeune femme ne remarqua même pas l'attention que lui vouait son voisin. Il était difficile pour le jeune homme de décrocher son regard des expressions de Bella. Son masque n'avait jamais été aussi absent. Le coin de ses lèvres s'élevait de temps à autre dans un prémisse de sourire et elle les mordillait à d'autres moments. Puis soudainement, un grand sourire apparut dessus puis Bella se retourna vers lui avec les yeux brillant.

- Tu avais raison c'était un très bon film, je l'ai adoré, lança-t-elle avec plaisir.

Paul regarda donc l'écran et se rendit compte que le film était en effet fini. Combien de temps était-il resté à la regarder sans s'en rendre compte ?

- Oui... je... c'est un de mes films préférés, balbutia-t-il ayant peur qu'elle s'en soit rendu compte.

- Et bien je préfère largement tes goûts en matière de film que ceux d'Alice, s'amusa la brune en laissant un rire lui échapper.

Paul la regarda soudain avec tendresse. Qu'il était bon de la voir détendue pour une fois.

- Quoi ? demanda-t-elle en penchant la tête.

- Je suis juste étonné de voir qu'une personne comme toi puisse aimer un film avec autant de violence, lança-t-il en vitesse pour qu'elle ne détecte pas sa gêne.

- Une personne comme moi ? se vexa-t-elle à moitié en perdant son sourire.

Le Quileute se rendit compte aussitôt de sa boulette. Il avait dit ça avec précipitation. Il fallait qu'il se rattrape avant qu'elle pense qu'il la voyait comme tous les autres.

- Et bien, une personne croyante qui pense qu'il y a du bon en chacun de nous, répondit-il en se redressant.

Bella fronça les sourcils, avant de décider qu'au final ce n'était pas bien grave comme accusation.

- Ce n'est pas parce que je suis ainsi que je ne peux pas aimer un bon film qui met en scène les plus bas instinct de l'humanité.

- Tu es vraiment croyante ou est-ce encore quelque chose que ton père exige de toi ? l'interrogea Paul vraiment curieux sur le sujet.

La brune haussa les épaules. Y avait-il une bonne réponse à ça ? Elle savait très bien ce qu'il en était, mais l'avouer, c'était beaucoup plus dur.

- Je l'ai été, énormément, croyant que ça m'aiderait, je le suis encore parfois, mais plus le temps passe... et plus j'ai l'impression que Dieu m'a abandonné, comme bien d'autre avant lui...

Son regard s'était perdu dans le vide en disant ça. C'était une vérité qui lui faisait mal. La foi avait été un réconfort. Puis ça n'avait plus été suffisant. Quant à ceux qui l'avait abandonné, parfois malgré eux ou contre leur gré, ils étaient identifiables facilement. Sa mère, son frère, ses amis et surtout, Charlie. Le seul homme que Bella estimait être quelqu'un de bien.

- J'aime bien nos légendes, nos traditions, lança Paul en essayant de détourner le sujet. Elles sont pleines de rebondissement et d'histoire à dormir debout. Je n'y crois pas vraiment, mais c'est sympa de les connaître. La bible a également pas mal de rebondissement. Le style est néanmoins différent.

- Moins fun probablement, proposa-t-elle gentiment.

- Certainement. Je ne suis pas sûr que Jésus ai déjà rencontré un loup garou, mais dans nos légendes, c'était monnaie courante.

- J'aimerai bien les entendre un jour ces légendes. Et honnêtement, si tu as d'autre film comme celui-ci à me montrer, j'en serai ravie.

- C'est à mon tour de t'éduquer, balança-t-il avec un grand sourire.

Bella se mit à rougir bien malgré elle et Paul sourit encore plus en la voyant. C'était une expression sur son visage et c'était toujours mieux que son masque. De plus, il se rendait compte que la brune n'était peut-être pas insensible à son charme et c'était flatteur. L'ego de Paul s'en réjouit aussitôt. C'est appréciable de savoir qu'il avait un petit pouvoir sur elle. Celui de la faire rougir encore plus.

De son côté, Bella se sentait comme une imbécile. Elle sentait bien ses joues rouges et son cœur battant. Puis c'était étrange à quel point cet endroit avait comme effet sur elle. La brune se sentait en sécurité, détendue, calme. Ne pas à avoir à surveiller au-dessus de son épaule, c'était un bonheur. Bella s'était plongée dans le film en oubliant tout le reste et ça lui avait fait un bien fou, surtout qu'elle avait adoré chaque minute du film. Mais maintenant, Paul discutait avec elle et il posait des questions auxquelles elle n'avait encore jamais répondu. Le Quileute obtenait plus facilement d'aveu que qui que ce soit d'autre. Il la dévisageait avec un sourire satisfait collé aux lèvres. La brune avait toujours su que Paul avait une fierté et un ego bien présent, mais elle n'avait jamais soupçonné qu'il s'enorgueillisse de la voir aussi déstabilisée face à lui. Une connexion était en train de naître entre eux. Connexion qui se brisa aussitôt que la porte d'entrée s'ouvrit. Bella se rassit immédiatement convenablement, en perdant toutes ses couleurs et en reprenant son éternel masque. La mauvaise humeur de Paul refit surface à la vue de son attitude.

- Bonsoir vous deux, lança Rachel en entrant.

La mère de Paul les scruta avec attention. Son fils ne lui avait encore rien dit au sujet du mensonge qu'elle avait dû dire au Juge. Elle se posait depuis bien des questions. Bella se leva avec précipitation et lui dit bonsoir avec amabilité. Peut-être même avec un peu trop d'amabilité au goût de Rachel. Elle jeta un rapide coup d'œil à Paul, il avait la mine déconfite et il boudait. Oh ! se dit Rachel. Serait-elle arrivait au mauvais moment ?

- Il se fait tard, je devrais rentrer, lança Bella en remettant ses chaussures.

Paul n'eut pas le temps de lui dire qu'ils avaient encore un peu moins d'une heure avant qu'elle ne rentre chez elle que Rachel claqua de la langue.

- Certainement pas ! trancha la mère du jeune homme. Je vais faire ta connaissance et je veux savoir comment avance les progrès de mon fils. Laisse donc ses chaussures où elles sont mon ange, tu ne pars pas tout de suite.

Bella s'immobilisa, sa basket à la main, avant de tourner son regard vers Paul pour trouver de l'aide. Le jeune homme se posait la question de savoir s'il voulait que sa mère cuisine la brune comme elle seule savait le faire. Il n'eut jamais sa réponse puisque Rachel enleva son manteau, ses chaussures et vint s'installer dans le fauteuil à côté d'eux.

- Paul tu peux aller me chercher un verre de jus d'orange s'il te plaît, il en reste dans la réserve, tu serais mignon.

- Man'..., grogna-t-il en sentant l'agacement monter.

- Oui mon poussin ? attaqua Rachel avec les yeux brillant.

Paul détestait les surnoms de ce genre. Le but fut atteint facilement. Le jeune homme fuit aussitôt chercher la boisson de sa mère avant qu'elle passe au stade supérieur. Bella ne s'était toujours pas assise à nouveau. Rachel lui dit de s'installer. La brune se remit sur le canapé en restant bien droite.

- Il n'est pas trop chiant ? chuchota Rachel en regardant si son fils ne l'entendait pas. Je sais à quel point il peut être insupportable quand il s'y met.

Bella resta interdite quelques secondes, n'ayant pas l'habitude d'entendre un adulte parler de cette façon. La brune se secoua et sourit aimablement.

- Les débuts ont été compliqués, mais ça va beaucoup mieux. Il est motivé et intelligent, il y arrivera.

- Il est capable de beaucoup, il faut juste qu'il y croit, avoua Rachel en haussant les épaules. Et qu'il maîtrise son caractère de merde.

- Votre fils est entier, il n'y a rien de mal à ça, répliqua Bella avant de se mordre la lèvre pour n'avoir pas tenu sa langue.

Rachel la scruta avec attention, puis posa quelques questions pour faire connaissance. Elle vit bien la jeune femme se tordre les mains, mal à l'aise, comme si elle n'avait pas le droit de dire ce qu'elle pensait vraiment. Elle comprenait mieux son fils maintenant, Bella semblait toujours dire et agir avec bienséance, ne laissant pas de place à la spontanéité. Tout était pensé et réfléchi avant de sortir. Exactement le contraire de Paul.

- Tiens Man' ! s'exclama Paul en tendant le verre de sa mère. Comment était ta journée ?

- Pas mal, j'ai réussi à vendre à des touristes aujourd'hui puis j'ai eu des commandes internet. Et toi ?

- J'ai échappé à la géométrie, ça ne peut être qu'une bonne journée, lança le Quileute avec un sourire ironique.

- Bella tu manges avec nous ce soir ? proposa Rachel avec entrain.

- Ça aurait été avec plaisir, mais je dois y aller avant que mon père... ne s'inquiète, se rattrapa la brune à la dernière seconde.

Elle avait bien eu envie de dire « avant que mon père me le fasse payer », ce que Paul réussi à comprendre sans mal. Faisant un sourire aimable, Bella récupéra ses affaires, leur souhaita une bonne soirée et partit sans demander son reste. La mère de son nouvel ami était adorable, mais bien trop curieuse à son goût. Le Quileute soupira en voyant comment cette journée avait fini. Pour une fois qu'il arrivait à la détendre, elle avait fui plus vite que le vent.

- Toi ! s'écria Rachel en pointant son fils du doigt. Tu t'assois maintenant !

Le Quileute en tomba le cul sur la chaise devant l'air sérieux et mauvais de sa mère.

- Et tu m'avoues illico ce qui ne va pas avec cette adorable jeune fille...

- Man' ! grogna-t-il en grimaçant.

- Maintenant ! Quelque chose pue Paul et je le sens.

- J'ai promis de ne rien dire, avoua-t-il à regret.

- Tu préfères que ce soit moi qui creuse peut-être ? demanda Rachel en posant ses mains sur ses hanches. Tu sais très bien que je vais tout découvrir, alors il vaudrait mieux que tu craches le morceau tout de suite. Quel est le problème ?

Paul serra les dents, pas prêt à dire toute la vérité. Sa mère avait raison néanmoins, elle était assez maligne pour tout deviner, voir même plus que lui en peu de temps. Puis il avait dit à Bella qu'il serait bien obligé d'en parler à sa mère. Paul avait besoin d'aide.

- C'est son père le problème, s'exclama-t-il en colère en pensant à cet homme. C'est un putain de tyran...

- Moi aussi et pourtant...

- Non pas comme toi, trancha-t-il sèchement. Ce n'est pas un père autoritaire, c'est un père tyrannique. Il surveille tout ce qu'elle fait, il dirige sa vie, son avenir, sa façon de penser, sa façon de s'habiller, qui elle fréquente, son emploi du temps, jusqu'à l'intérieur de son téléphone. C'est un grand malade et il se prend pour un saint en plus de ça. Elle ne respire jamais.

- Et sa mère ne fait rien ?

- Sa mère est un zombie, je ne vois pas d'autre mot et son frère un fantôme de toute évidence, en plus d'être un connard.

Rachel croisa les bras en fronçant les sourcils. Il y avait autre chose, ça elle s'en doutait, mais Paul ne lui dirait rien de plus. Son fils en avait déjà avoué assez pour qu'elle comprenne quelque chose d'essentiel.

- On va la sortir de là, trancha-t-elle en allant à la cuisine pour préparer le repas.

Paul en sursauta de surprise avant de la poursuivre.

- Comment ça « on » ? Et qu'est-ce que tu entends par la sortir de là ?

- On va lui offrir quelque chose qu'elle ne semble jamais avoir eu. Une famille heureuse. Prépare toi mon chéri, je viens de l'adopter.

Le Quileute resta paralysé sur place. Sa mère ne blaguait pas. Puis au fond pourquoi pas ? Il fit un sourire en comprenant une chose essentiel. Ils allaient y arriver, avec sa mère, impossible d'échouer.


Bien alors ? Des petits moments Bella/Paul, coupé par les relous de service, mais avec Rachel en renfort pour terminer, ce n'est pas si mal. Bisous tout le monde !