Bonjour tout le monde ! Dimanche matin oblige, un chapitre de plus. La suite et fin de la conversation avec Paul/Bella/Rachel/Jasper. Un chapitre un peu plus long, mais comme j'avais raccourci celui d'avant pour couper à ce moment-là, c'est normal.

Guest: Ra est juste une maman géniale et qui ferait tout pour son fils. Elle ne peut pas concevoir qu'on en fasse pas de même pour Bella. J va devenir un très grand psy, il est en effet doué pour analyser les gens et les comprendre. Ch arrivera à un moment donné ne t'en fais pas. Bisous !

MC: Absolument mon côté sadique n'est jamais très loin. C'est vrai j'aime vous laisser dans le suspens. La vraie question est: maman Rachel va-t-elle sortir l'artillerie face à Charlie pour qu'il se réveille ? Probable. Bisous !

Elena: Ne parlons pas de Jasper, je suis moi-même un peu trop fan. Alors par contre, on va arriver sur beaucoup de Paul/Bella, on va devoir se calmer sur Jasper. Leah et Bella ça peut devenir quelque chose de vraiment sympathique. Leah n'a pas sa langue dans sa poche et il est vrai qu'elle a certain point en commun avec Rosalie sur le coup. Reste à voir par la suite. Bisous !

Aller je vous fais pas languir plus. Bonne lecture !


- C'est impossible, s'étouffa à moitié Bella en s'éloignant en vitesse de son ami. Je ne peux pas dormir avec Paul.

- Tu ne dormiras pas avec Paul, mais dans la chambre de Paul, précisa Rachel en voyant bien que la brune paniquée et perdait le fil.

- Génial et moi je dégage où au juste ? se scandalisa son fils.

- Le canapé est très confortable, en plus tu t'endors déjà dedans la moitié du temps, trancha sa mère en le foudroyant du regard. Et se sera ta punition pour réagir comme un imbécile...

- Man' ! se plaignit-il en cherchant à parlementer et surtout à comprendre.

- Bella est seule chez elle et ça c'est hors de question ! siffla Rachel avec force.

- Tu lui as dit, lança la brune se sentant trahie par Jasper. Pourquoi tu as fait ça ?

- Bella, je ne serai jamais reparti si je t'avais su seule là-bas, sans personne pour veiller sur toi. J'aurais raté mon année, ton frère aurait eu ma mort sur la conscience et toi tu t'en serais voulu..., tenta de blaguer le blond.

- Je dois rentrer chez moi, tenta-t-elle de lui faire comprendre. C'est très gentil de votre part Rachel mais...

- Il n'y a pas de mais, l'interrompit la Quileute sûre d'elle. Tu vas venir avec nous. Il est hors de question qu'une jeune fille de ton âge reste seule dans une maison comme la tienne, excentrée de la ville, avec tous les pervers qui rodent. Ça non !

- Mon père va vouloir vérifier que je suis chez moi...

- Et il le fera, tu lui répondras. Parce que tu seras chez toi chaque soir à 20h et ceci jusqu'à ce qu'il t'appelle. Ensuite tu reviendras chez nous pour manger et dormir, tout ceci en sécurité.

- Il peut très bien débarquer à l'improviste si je ne réponds pas à temps, paniqua Bella en voyant que la mère de Paul était sacrément têtue.

- Et la substitut de mère que tu as trouvera une excuse. Parce que oui, tu vas me laisser appeler ta mère et elle va te couvrir en cas de foirage, comme toi tu sembles le faire depuis des années. Elle va le faire, parce que je ne lui laisserais pas le choix.

Jasper souriait en coin derrière. Rachel était une allié de poids dans son combat. Elle avait la hargne et la patience de toute évidence. Paul avait froncé les sourcils tout le long de la discussion, puis il regarda Bella, vexé.

- Tu étais seule chez toi et tu ne m'as rien dit ? l'interrogea-t-il en boudant à moitié.

- Mais je ne le dis jamais à personne ! s'agaça Bella en sentant la peur monter en elle.

- Lui il le sait, enchaîna Paul en désignant Jasper du doigt.

- Parce que mon frère n'a pas su se taire, pas parce que je lui ai dit !

- Paul, on peut parler s'il te plaît ? demanda posément Jasper souhaitant mettre un terme au conflit naissant. Je pense que ta mère a aussi besoin de discuter avec Bella.

La brune, comme un reflex, s'accrocha à la main de Paul pour le retenir. Il en fut surpris, Jasper beaucoup moins.

- Je ne vais pas le manger c'est promis, lança le blond en levant les yeux au ciel.

Mais il lut facilement ce que le regard de Bella lui disait « ne trahis pas ma confiance à nouveau ». Jasper lui lança un regard complice, même si elle ne le savait pas et même si elle ne comprenait pas, il faisait tout ça pour son bien. Paul le rejoignit donc, la mâchoire serrée, pendant que Rachel s'occupait d'appeler la mère indigne de la brune.

- Quoi ? grogna Paul en le fusillant du regard.

- J'ai besoin de ton aide, lança Jasper avec sérieux. Je pensais que tu m'aiderais à la convaincre d'aller chez une amie, mais puisque ta mère est plus intelligente que moi...

- Viens en au fait, s'agaça le Quileute en soupirant.

- Bella tient beaucoup à toi, avoua Jasper en se frottant la nuque. Elle me parle souvent de toi au téléphone, c'est pour ça que je connaissais ton nom. Tu es devenu un ami inestimable pour elle, parce qu'elle te parle. Elle ne me fait pas totalement confiance, soit parce que je ne suis pas assez subtile, soit parce que je connais son frère. Toi, en revanche, elle finira par te parler. Elle a déjà commencé, est-ce que je me trompe ?

Non, en effet, il ne se trompait pas. Paul était un des rares à savoir qu'elle n'en pouvait plus de cette vie. Elle lui avait dit. Et même si ça ne faisait pas des années qu'ils étaient amis, pour Paul ça ne changeait rien. Il voulait prendre soin d'elle, la protéger et l'éloigner de sa vie de merde.

- Alors je vais te demander deux services. Le premier, ne l'abandonne surtout pas, demanda Jasper en voyant de l'outrage s'afficher sur le visage du Quileute.

- Bien sûr que non ! s'écria Paul scandalisé. Tu me prends pour qui ?

- Ce que je veux dire par là, c'est qu'elle est fragile et qu'elle n'aura pas toujours des réactions rationnelles, il va falloir que tu t'adaptes. Elle ne pourra supporter un deuxième Charlie.

Paul comprit enfin où il voulait en venir. Bella n'avait certainement plus parlé de ce qui s'était passé chez elle depuis ce temps-là. Il fit un signe de tête au blond pour qu'il continue.

- Tu connais un certain Royce ? demanda Jasper avec dégoût.

- Ce sale con d'avocat en costard qui pète plus haut que son cul, qui fait de la lèche au Juge avec passion et qui parle à Bella comme à un foutu klep's, répondit Paul avec véhémence.

- Absolument ! Celui-là même, sourit le blond en voyant qu'il avait bien cerné le personnage.

- Oui et bien quoi ?

- Ne laisse jamais Bella seule avec lui, prévint Jasper en redevenant sérieux.

- Je ne comprends pas..., commença Paul en fronçant les sourcils.

Mais le sous-entendu de Jasper fit son chemin jusqu'à son cerveau. Il tourna un regard paniqué vers son amie. Ce sale porc n'avait pas osé tout de même ?

- Elle ne m'a jamais rien dit sur lui, s'inquiéta le Quileute sentant son cœur battre de fureur.

- Moi non plus, ce n'est qu'une supposition, mais je l'ai vu ce sale enfoiré, il est malsain, il a ce truc dans le regard et dans sa façon de faire avec elle qui... me met mal à l'aise. Alors s'il te plaît, si Bella rentre chez elle, ne la laisse pas seule.

- Pas de soucis, promit Paul avec certitude. Si ce n'est pas moi, ce sera un de mes amis. Ce sale type ne s'approchera pas d'elle.

Paul se jura à lui-même d'être attentif la prochaine fois qu'il verrait Royce. Parce que s'il se passait vraiment quelque chose, il pourrait interroger Bella, elle finirait bien par lui dire.

- Prend soin d'elle, maintenant que je la sais en sécurité, je peux repartir en paix. Je vais m'occuper d'Edward moi. Le Juge a bien fait de partir, ça nous donne du temps pour agir.

- Agir ? demanda le Quileute perdu.

- Oui, agir, il serait temps. Le Juge se croit tellement intouchable qu'il ne nous verra pas venir. Edward est mon meilleur ami, je ne le laisserai pas détruire sa vie à cause de son père, quand à Bella, il lui reste encore un peu de temps avant qu'il ne l'enferme dans une autre prison. Je compte bien sur le fait qu'elle se réveille assez pour se faire entendre, voir qu'elle nous apporte quelques preuves.

Un sourire en coin apparut enfin sur le visage de Paul. Il n'aimait pas particulièrement ce Jasper, mais il devait reconnaître qu'il n'avait pas que des mauvaises idées.

- On est enfin sur la même longueur d'onde, sourit le brun en comprenant où il voulait en venir.

- Alors sache que nous y sommes depuis le départ mais que tu m'as vu comme un ennemi, je cherche juste le meilleur pour eux. Pour Bella, le meilleure pour l'instant c'est ta mère et toi. Je vais te donner mon numéro, au moindre problème appelle moi.

Jasper ne plaisantait pas, il était certain que Paul pouvait faire des miracles avec la jeune Masen, néanmoins elle restait fragile. Et le Quileute ne semblait pas être un modèle de patience.

- Oh et Paul ! le héla Jasper avant qu'il parte. Je te surveille, si tu lui fais du mal, je te refais le sourire.

- Compte la dessus connard, se marra le Quileute en secouant la tête.

Oh oui Bella avait plus de chance de s'en sortir avec une tête de mule pareil. Ils rejoignirent les deux filles, Bella n'était pas dans son assiette mais Rachel, elle, semblait fière. Paul se mit à craindre le pire.

- Tu n'as pas insulté sa mère au moins ? demanda-t-il aussitôt inquiet.

- Ce n'est pas l'envie qui m'en a manqué, mais non, j'ai tout au plus fait un peu de chantage, rien d'insurmontable, expliqua Rachel en haussant les épaules comme si c'était une broutille.

- Si elle me dénonce à mon père je suis morte..., grommela Bella en se rongeant les ongles.

- Si elle te dénonce à ton père, c'est elle qui va l'être et de ma main ça je te le garanti ! trancha Rachel en venant poser ses mains sur ses épaules. Prends tes clefs de voiture, vous allez faire un détour par chez toi.

- C'est vraiment très gentil de votre part..., recommença Bella en cherchant une alternative.

- Encore des remerciements, ce n'est pas nécessaire tu sais, la coupa Rachel avec un grand sourire. En plus mon ange, tout ce que tu pourras dire sera vain, je ne te laisserai pas seule, alors cesse d'essayer de me faire changer d'avis.

Bella se retrouva muette devant tant d'entêtement. Puis elle se tourna vers Jasper, l'accusant intérieurement de cette situation. Tout était de sa faute !

- Paul je te laisse aller avec elle, moi je vais aller changer les draps de ta chambre. Prend une valise Bella, je pense que tu en as pour un moment, sourit à nouveau Rachel mutine.

Jacob et Leah revinrent là-dessus, sans vraiment comprendre ce qui se passait. Bella essaya bien de protester à nouveau mais Rachel ne flancha pas. Elle avait pris une décision et elle s'y tiendrait. Paul tendit sa main à son amie, qu'elle prit doucement, résolue. Bella ne les ferait pas céder malgré tout ce qu'elle pouvait dire.

- Prend soin de toi petite sœur ! s'amusa Jasper en lui faisant un signe d'au revoir.

- Toi, sale..., commença-t-elle en serrant les dents.

Paul tira un peu plus sur sa main pour lui faire lâcher l'affaire. Il l'emmena jusqu'à sa voiture et prit la route dans le silence. Bella n'était pas très loquace et lui se sentait un peu gêné. Il allait avoir la jeune femme un bon bout de temps chez lui. C'était toujours mieux que de la laisser seule, mais il n'allait pas très bien dormir en la sachant dans son lit. Paul se mit une claque mentale en pensant ça.

Cela lui fit bizarre quand il arriva devant la demeure de la brune et qu'il la vit éteinte. Pas une seule trace de vie à l'intérieur. Même la forêt avait l'air inquiétante. Elle espérait vraiment rester là-dedans sans âme qui vive ? Non, Rachel avait raison. Elle serait bien mieux chez eux. Bella ouvrit la porte comme un robot, alluma plusieurs lumières par réflexe, même celles qui n'étaient pas utile et se stoppa, perdue.

- Qu'est-ce qui t'arrive ? demanda Paul inquiet.

- Je n'ai pas de valise, répondit-elle atterrée.

- Tu ne voyages jamais ? s'étonna-t-il.

- Jamais plus de quelques jours et si c'est plus, ma mère s'en charge. Je ne sais même pas où elle range les malles. Quand je vais chez Alice, je prends juste un sac. C'est suffisant.

- Et bien nous prendrons plusieurs sacs et puis si ce n'est pas suffisant, nous repasserons demain de toute manière. Ne cherche pas un moyen de te défiler Bella, ma mère est une teigne, j'en sais quelque chose.

- C'est très gentil de sa part, mais je n'ai pas ma place chez vous, je vais poser soucis, de plus je ne sais même pas pourquoi elle propose ça, j'ai l'impression de m'imposer, de déranger, de te déranger...

Paul se colla soudain à elle en lui relevant le menton. Leur proximité fit taire aussitôt Bella qui rougit comme une tomate. Le Quileute sentit le parfum de fleur de la jeune femme l'enivrer. Aussi étrange que cela puisse paraître, il n'arriva pas à décrocher son regard du sien et il n'en avait pas envie. Il dériva sa main vers la joue et le cou de son amie puis lui chuchota ce qu'il avait sur le cœur.

- Tu ne nous dérange pas. Tu commences à me connaître maintenant, si c'était le cas, tu ne crois pas que je te l'aurais dit depuis longtemps. Va chercher tes affaires ou c'est moi qui vais le faire. Tu vas fuir cette maison de l'enfer et tu vas prendre un bon bol d'air. Je vais t'apprendre à respirer moi pour que tu n'aies plus jamais à éteindre ce feu qui vit en toi.

Bella fut émue par ses paroles aussitôt, elle laissa son front tomber sur le torse du Quileute qui lui caressa le dos en soutient. Elle ne serait plus jamais seule, quoiqu'il se passe, il serait là pour l'aider. La brune prit son courage à deux mains et monta dans sa chambre chercher ce dont elle avait besoin. Paul en profita pour flâner dans la maison. Après c'était un grand curieux et il ne s'en était jamais caché. Il entra dans la chambre d'Edward supposa-t-il en voyant le peu de photo qui traînait pas ci par là. Rien de bien intéressant, comme le reste de cette maison, cette chambre n'avait pas d'âme. Puis il entra dans la chambre parentale et faillit faire demi-tour aussitôt, il préférait ne pas savoir ce qui se trouvait là-dedans. Mais son regard fut attiré par la table de chevet où trônait un nombre impressionnant de boite de médicament. Regardant si Bella ne le surveillait pas, il s'approcha et regarda d'un peu plus prêt ce qu'il y avait. Ses yeux s'agrandirent au fur et à mesure qu'il lut les descriptions. Il y avait de quoi assommer un éléphant ? Les prescriptions étaient toutes au nom d'Élisabeth Masen. Qu'est-ce qui pouvait bien pousser une personne à s'assourdir du monde de cette façon ? De plus, la mère de Bella était parti de sans, elle devait donc en avoir une ribambelle avec elle.

- Paul ? appela la brune en le cherchant en bas.

Le Quileute s'empressa de sortir pour la rejoindre. Il avait bien assez fouillé dans cette maison. De plus, la pièce qui l'intéressait vraiment était celle qu'il n'avait pas vu. La chambre de Bella. La jeune femme n'eut pas le temps de s'étonner de le voir à l'étage que des phares apparaissaient dans la cour. Bella en perdit le peu de souffle qu'elle avait. Mais contre toute attente, c'était juste Jasper qui venait lui dire un dernier au revoir.

- Ne sois pas en colère, lança-t-il en voyant son regard. Tu me remercieras dans quelques semaines.

- Ça reste à voir, siffla-t-elle en serrant son sac à dos dans sa main.

- Je vais y aller maintenant que je sais que tu ne vas pas te défiler. Prend soin de toi Bella, je t'appellerai bientôt pour savoir comme ça se passe.

- Oui bien sûr, lança la brune ironiquement. N'oublie pas de t'éloigner de mon frère quand tu le feras. Je n'ai pas très envie de le voir débarquer à la Push.

- Ton frère t'aime Bella, soupira Jasper tristement.

- Probable, mais je sais aussi que pour sauver sa peau, il me dénoncera. Nous l'avons toujours su, tous les deux, voilà pourquoi il m'a dit lui-même de ne pas lui faire confiance. Je ne fais que suivre ses conseils, tache d'en faire autant.

A contre cœur, le blond lui promit qu'il ne dirait rien à Edward. Il vint l'embrasser une dernière fois sur le haut du crâne, voyant bien qu'il n'obtiendrait pas plus. Il tourna son regard vers Paul qui était encore dans l'escalier.

- Prend soin d'elle.

- Tu n'avais pas besoin de me le dire, je comptais bien le faire abruti, répondit le Quileute avec son mordant habituel.

- J'attends avec impatience le jour où toutes tes phrases ne finiront pas par une insulte en ce qui me concerne.

Paul se contenta de grommeler que ce jour n'était pas prêt d'arriver. Jasper quitta la maison plus serein que quand il y était venu quelques heures plus tôt. Bella écouta le message de son père sur la route du retour et ne s'étonna pas d'y trouver les mêmes menaces qu'habituellement. Tiens-toi bien sinon... travailles ton piano sinon... continues de faire travailler Mr Lahotte sinon... La mâchoire de la brune trembla en pensant à la punition qui l'attendait si son père venait à savoir qu'elle découchait, chez un garçon de plus, sans son autorisation. Elle n'écouta même pas la fin, de toute façon elle en subirait les conséquences quoiqu'il arrive. Alors qu'elle allait appuyer sur supprimer, Paul retint sa main.

- Non, s'exclama-t-il avec force en serrant sa main.

- Mais...

- Non Bella, n'effaces pas ce message, continua-t-il avec force. Gardes le s'il te plaît.

- Pourquoi faire ? s'étonna-t-elle en fronçant les sourcils.

- Parce que je te le demande, s'il te plaît et à l'avenir n'efface aucun des messages de ton père.

Jasper voulait des preuves, ça le brun l'avait bien compris. La moindre miette serait la bienvenue et ce message, aux vues de ce que Paul avait pu capter, n'avait rien d'amical. Autant le garder. Bella haussa les épaules, fatiguée par cette journée. Quand ils arrivèrent enfin chez les Lahotte, la jeune femme n'osa pas passé le pas de la porte, comme si elle n'allait jamais en ressortir. Paul comprenant son hésitation posa ses mains sur ses épaules et l'entraîna à l'intérieur. Rachel les accueillit avec un grand sourire, emmenant Bella dans la chambre de son fils pour qu'elle pose ses affaires.

- Tiens, viens mon ange, il est temps que tu prennes une douche, proposa Rachel avec enthousiasme.

Bella n'eut même pas envie de lui dire qu'elle en avait pris une quelques heures plus tôt. A vrai dire, elle rêvait de se cacher dans la salle de bain et de délasser un peu les bleus qu'elle sentait frotter contre ses vêtements. Rachel la laissa faire, sentant bien que la jeune femme avait besoin d'un peu de solitude.

- Elle n'a pas l'air bien, s'inquiéta Paul en le voyant s'enfermer dans la salle de bain.

- Nous n'y avons pas été en douceur, admit Rachel en s'asseyant sur un des tabourets de la cuisine. Ce Jasper non plus je pense. Mais c'est nécessaire.

- Qu'est-ce qu'il t'a dit ? l'interrogea son fils nerveux.

- Je te le dirais quand tu m'avoueras tout ce qui cloche avec Bella, rétorqua sa mère maligne. Tu en sais plus que tu n'en dis Paul.

- Je ne trahirai pas sa confiance, avoua-t-il enfin avec force.

- Tu es bien le fils de ton père tiens, sourit Rachel en levant les yeux au ciel.

Ils durent s'arrêter là quand ils entendirent des coups à la porte. Rachel se leva donc pour aller ouvrir et fronça les sourcils en voyant Leah derrière. La Quileute lui tendit une boite en métal.

- Tenez, si j'ai bien compris, Bella reste chez vous, c'est un remède de ma grand-mère contre les bleus. Elle m'en collait tout le temps quand j'étais gosse. Mais c'est efficace.

- Pourquoi tu me donnes ça ? s'étonna Rachel perdue.

- Masen a reçu pas mal de boulet de canon en volley, elle est pas belle à voir. Surtout l'épaule et la hanche. Je pense qu'elle va en avoir besoin. Où est-elle ? Je peux aller lui en mettre dans le dos...

- Non ! intervint Rachel en s'empressant de prendre la boite. C'est très gentil, mais je m'en occupe.

Paul et Leah la regardèrent bizarrement face à son emportement. Que se passait-il encore ? Rachel leur sourit avec innocence et s'élança vers la salle de bain. Leah regarda son ami avec inquiétude.

- Ça va aller toi ? demanda-t-elle en penchant la tête.

- C'est pas tellement pour moi qu'il faut s'inquiéter, si ce n'est mon dos dans le canapé, mais sinon...

- Tu n'as pas l'habitude de partager Paul, s'amusa son amie avec un sourire en coin. Là tu vas devoir lui laisser ta chambre, ta mère, probablement ton intimité. Je donne pas une semaine avant que tu ne pètes un câble.

- Possible. Mais tu seras là pour me remettre dans le droit chemin et pour me rappeler que si ma mère ne l'avait pas proposé d'elle-même, je l'aurais fait, répondit-il en haussant les épaules.

- Bon courage, appelle-moi si besoin, Bella a cédé beaucoup trop vite à mon goût, fais gaffe.

Paul pensait exactement comme elle. La brune n'avait pratiquement jamais quitté sa maison de toute évidence, rester ici ne serait pas simple pour elle. Rachel avait dû attendre un peu pour que Bella se décide à sortir de la salle de bain. La maîtresse de maison la poussa gentiment à l'intérieur et ouvrit l'onguent de Leah. La brune avait mis un bas de pyjama en flanelle et un tee-shirt qu'Alice lui avait offert, par-dessus elle avait enfilé un gilet, même si elle n'avait pas froid, au moins elle pouvait se cacher dessous.

- Enlève moi ça mon ange, Leah nous a dit que tu avais besoin d'aide avec ce qui c'était passé aujourd'hui, laisse-moi faire se sera vite fait.

- Mais c'est pas possible, ils se sont ligués contre moi, grogna Bella dans ses moustaches à bout de patience. C'est très gentil Rachel, mais je peux le faire moi-même.

- Probable, mais je suis là, donc tu n'as pas besoin de le faire seule. Nous sommes entre femme, il n'y a rien que tu aies que je n'ai pas déjà vu, donc s'il te plaît soulève moi ce tee-shirt et baisse moi ce bas, je n'en ai pas pour longtemps, promis.

Bella soupira et retint de justesse son envie de partir en courant. Elle n'arrivait pas à lui dire non, ce n'était pas l'envie qui lui manquait, mais plutôt le courage. Rachel semblait être quelqu'un de déterminé. Alors Bella se tourna et s'exposa face à la mère de son ami. Rachel prit le soin de bien faire pénétrer l'onguent, jetant un regard discret pas ci et par là. Le dos de Bella était intact, il n'y avait pas de trace de coups, pas de cicatrice, si ce n'était ces marques rouges à la base de son cou. Elle ne voyait rien sur ses bras, pas plus que sur ses jambes. Hormis les bleus naissant, Bella ne présentait pas de trace évidente de maltraitance, cela ne voulait pas dire qu'il n'y en avait pas. Rachel en était certaine.

- Voilà c'est fini, tu peux te rhabiller, je t'en remettrais demain matin.

- Vous n'êtes pas obligé de faire ça.

- Je le sais, mais je le ferai aussi si Paul était amoché comme ça.

- Mais Paul est votre fils, ça ne compte pas, répondit Bella en se rhabillant.

- Personne ne l'aurait fait pour toi et nous le savons toutes les deux, alors cesse de me remercier ou de me dire que je ne suis pas obligé de faire ça, parce que je vais le faire quoique tu dises. C'est mon instinct maternelle qui parle et il est décuplé en ta présence.

La brune attrapa sa brosse à cheveux pour cacher ses émotions. Paul avait une bonne mère, une mère comme elle aurait aimé en avoir. Rachel la voyant s'acharner sur sa crinière mouillée, attrapa la brosse et la retourna pour l'aider.

- J'ai toujours rêvé d'avoir une fille pour lui faire toute sorte de coiffure, mais le destin m'a pourvu d'un garçon sublime, mais qui n'aime pas les tresses.

Bella sentit les larmes lui monter à nouveau aux yeux. Personne n'avait plus fait ça pour elle depuis une éternité. La douceur avec laquelle Rachel prenait soin de lui démêler les cheveux sans jamais tirer dessus rendit la jeune femme somnolente et triste, les larmes coulèrent encore sans qu'elle puisse les retenir. Elle n'avait jamais autant pleuré en une journée sans que celle-ci ne soit peuplé de punition. Après avoir séché ses cheveux, la Quileute fut satisfaite. Quand ce fut fini, Rachel lui redonna sa brosse.

- Tout va bien se passer Bella, n'ait crainte.

La brune lui fit un signe de tête pour lui dire qu'elle comprenait, même si elle n'en croyait pas un mot. Elles finirent pas sortir de la salle de bain et Paul n'en crut pas ses yeux. C'était la première fois qu'il voyait Isabella Masen les cheveux détachés. C'est ce qui le choqua en premier lieu. Cette crinière brune sublime et d'une longueur impressionnante. Cela adoucissait tellement son visage. La queue de cheval qu'elle portait constamment ne rendait pas justice à son visage. Puis ses yeux se portèrent sur sa tenue et il détourna son regard en vitesse, il n'avait pas envie de se faire chopper par sa mère en pleine séance de voyeurisme. Parce que oui, là il devait se retenir de ne pas reluquer. Pour sa défense il avait l'habitude de la voir engoncée dans des vêtements de nonne, alors découvrir qu'il y avait bien plus en dessous le surpris. Bon, maintenant il pouvait l'affirmer, il trouvait Bella très attirante, ça ne servait plus à rien de le nier.

- Tu vas à la douche aussi Paul, ensuite nous nous mettrons un film devant une bonne boisson chaude.

- Mmhh, grogna-t-il en se levant.

Il passa devant elles en vitesse pour aller chercher ce dont il avait besoin dans sa chambre. Une douche. Quelle bonne idée ! Froide de préférence, pour lui remettre les idées en place. Qu'est-ce qui ne tournait pas rond chez lui ? Il suffisait que Bella détache ses cheveux et se change pour qu'il n'arrive plus à se tenir. Leah avait peut-être raison, il n'allait pas tenir une semaine, mais pas pour les raisons qu'elle pensait. Quand il sortit enfin de la salle de bain, il trouva sa mère et Bella dans le canapé, en train de choisir un film. La brune ne semblait pas bien enthousiaste. Le cœur du jeune homme se serra en la voyant. Encore une fois, tout le monde avait imposé son opinion sans lui demander la sienne. Certes c'était pour son bien, mais elle savait probablement mieux qu'eux les conséquences que ses actes allaient avoir. Bella avait besoin de comprendre qu'elle était en sécurité et ça ce n'était pas une mince affaire.

- Ah ! Mon chéri ! Nous avons fait une présélection, nous te laissons trancher, s'exclama Rachel en partant vers la cuisine. Moi je vais préparer les boissons. Bella, thé, chocolat ou café ?

Cette question était simple, pourtant la brune était tellement perdue et désorientée, qu'elle ne trouvait pas de réponse. Bella n'avait qu'une envie, prendre ses jambes à son cou et rentrer chez elle le plus vite possible. Tout ça, Paul le déchiffra sur son visage. Fut un temps où il détestait son masque, maintenant il commençait à lire à travers.

- Si tu préfères un rhum dans du lait chaud avec du miel, faut le dire, je peux te négocier ça aussi, lança-t-il avec humour pour la détendre un tant soit peu.

Bella tourna son regard perdu vers lui et ses épaules tendues s'affaissèrent un peu. Il avait son sourire en coin, son regard moqueur et cette expression mutine qui le caractérisait si bien. Respirant un bon coup, la jeune femme prit sur elle.

- Un chocolat serait parfait Rachel, merci, répondit-elle enfin.

La maîtresse de maison s'empressa de préparer ça, Paul en profita pour venir rejoindre son amie et lui redresser le menton.

- Nous couvrons tes arrières, cesse donc de t'en faire autant. Détend toi pour changer, je suis certain que tout va bien se passer.

Ils s'installèrent dans le canapé en attendant Rachel. Bella continuait à faire acte de présence, tentant de s'intéresser au film, mais le cœur n'y était pas. Son cœur était resté chez elle, à mourir à petit feu à l'idée que Royce passe et se rende compte que la maison était vide. Que dirait-il au Juge ? Rien probablement, puisqu'il n'avait pas à être là sans la présence de Riley. Mais s'il vendait la mèche malgré tout ? Bella passa le reste du film à se ronger les ongles, ne s'intéressant pas vraiment à l'écran. Les Lahotte s'en rendirent compte mais ne dirent rien. Paul se contenta d'attraper la main de la brune et de la serrer dans la sienne. Le moment d'aller dormir arriva et la jeune femme se contenta d'un simple bonne nuit avant d'aller s'enfermer dans la chambre.

- N'oublie pas de mettre ton réveil, tu bosses au port demain, prévint Rachel en se préparant à aller se coucher. Ne t'en fais pas, je l'emmène avec moi à la boutique. Une fois la première nuit passée, elle comprendra que le ciel ne va pas lui tomber sur la tête.

- J'espère, soupira-t-il pas vraiment convaincu.

- Pas de bêtise cette nuit Paul, se marra sa mère cherchant à le mettre mal à l'aise.

- Va te coucher tu commences à raconter n'importe quoi, répliqua-t-il en lui souhaitant bonne nuit.

Il attendit que la lumière soit éteinte pour enlever son tee-shirt et se coucher en boxer dans le canapé qu'il venait de déplier. Il tourna et tourna encore sans réussir à trouver le sommeil. La lumière dans sa chambre ne s'éteignait pas. Bella était-elle en train de lire pour se calmer ? Ou décryptait-elle sa chambre comme lui aurait aimé le faire avec la sienne ? Il ne sut jamais puisqu'il finit par s'endormir avec ses questions. La fatigue avait eu raison de lui. Paul se réveilla bien plus tard, perturbé par le fait d'être endormi dans le canapé. Il regarda son téléphone. 3h00 du matin. Il ne se réveillait jamais à cette heure-là habituellement. Quelle ne fut pas sa surprise quand il se rendit compte que la lumière de sa chambre n'était toujours pas éteinte. Bella s'était-elle endormie avec la lampe allumée?

- Bordel, elle croit qu'on couche avec l'électricien, grogna Paul en se levant de mauvais poil.

Il avait horreur de se lever en plein milieu de son sommeil. Il préférait encore se rendormir avec son envie de pisser plutôt que de sortir de son lit avant que son réveil sonne. Alors autant dire que là, il était hors de lui quand il ouvrit la porte de la chambre. Il s'était attendu à trouvait Bella endormie, certainement pas debout au milieu de la chambre, tremblante de la tête au pied, faisant les cents pas. Elle marmonnait dans ses dents, comme si elle priait. Le choc réveilla Paul aussitôt. Bella n'avait pas fermé l'œil de la nuit et ne se rendait même pas compte qu'il était entré. La jeune femme était totalement en panique. Sans chercher à comprendre, il s'élança vers elle.

- Bella, chuchota-t-il en touchant son épaule.

Mais la brune se recula aussitôt en se mettant en boule par terre. Elle mit ses mains sur sa tête, comme si ça pouvait la protéger.

- Il faut que je parte, pleura-t-elle à moitié.

- Non, il faut que tu dormes, contra-t-il en s'agenouillant devant elle.

Le cœur de Paul lui faisait mal à force d'être serré. Bella était morte de peur. Elle ne lui avait rien dit, il l'avait su, mais pas à ce point.

- Je dois m'éloigner avant qu'il attaque la boutique de ta mère, avant qu'il te prenne ta bourse, avant qu'il m'enferme..., débita-t-elle en s'arrachant les cheveux.

- Qu'il t'enferme ? Qu'il t'enferme où Bella ? demanda-t-il avec douceur.

- Je dois rentrer chez moi, lança-t-elle à nouveau en panique en se levant.

Elle prit son sac à dos et tourna la tête à droite à gauche pour trouver ce qui lui manquait. La jeune femme n'était pas rationnelle, Paul devait faire quelque chose. Elle était en pleine crise de panique. Il l'attrapa par les bras, elle chercha à se débattre, mais il avait l'avantage de la force, alors il l'enferma dans une étreinte en lui murmurant des mots rassurant à l'oreille.

- Calme toi, je t'en supplie, calme toi. Ton père ne sait pas que tu es là. Je te protégerai moi, même s'il venait, je te protégerai. Pitié Bella, calme toi.

Le corps de la brune s'affaissa au fur et à mesure dans ses bras, à bout de force. Avec une facilité déconcertante il la souleva et la porta avec douceur jusqu'à son lit. Bella s'accrocha de toutes ses forces au cou du Quileute, effrayée à l'idée qu'il l'abandonne. Ne trouvant pas le courage de la laisser seule, il s'allongea avec elle et continua à la calmer. Bella s'était blottie contre son torse et faisait son possible pour calmer sa respiration. Paul lui caressa le dos et les cheveux jusqu'à ce qu'elle s'endorme, morte de fatigue. Du mieux qu'il put, il les couvrit de la couverture. Il n'avait pas envie de la laisser seule. Ni maintenant, ni jamais.


Ah ! J'aime ce chapitre, c'est ma transition à la Push. Bon dimanche et à la semaine pro !