Des amis pour la vie

Chapitre 7 : Une équipe enfin réunie ?

La petite bande avait passé une excellente après-midi, malgré les rapports tendus entre Heero et sa rivale. Ils ne s'adressaient plus du tout la parole, et Heero ne faisait plus d'effort pour tenter de lui parler, sachant pertinemment que c'était une cause perdue. Tout l'après-midi, Duo avait tenté de les faire échanger un peu en ressassant des bons moments où ils se défiaient tous les deux, les plus drôles s'étant déroulés pendant leurs missions communes, et Quatre avait également tenté d'en rajouter un peu, mais impossible, la blonde changeait automatiquement de sujet ou faisait comme si elle n'avait pas entendu. Ils avaient mangé dans un restaurant servant des spécialités russes, que Réléna leur avait recommandé. Puis ils avaient enchaîné sur un bowling et un cinéma.

Leur petite après-midi se termina sur les coups de 17h30. Réléna abandonna le groupe, Sally lui avait donné rendez-vous pour 20h00 dans un bar-restaurant afin de discuter, elles avaient pas mal de choses à se dire seule à seule. Mais avant ça, elle devait voir le fameux John, qui lui avait donné rendez-vous à 18h00 pour aller boire un verre. Les garçons rentrèrent à leur appartement se reposer, la journée suivante allait être mouvementée. Un peu de repos leur ferait le plus grand bien. Peu avant 19h00, alors qu'ils étaient tranquillement posé dans le salon, on frappa à leur porte. Quatre se dévoua pour aller ouvrir.

-Oh, bonjour Sally, on ne t'attendait pas. Vas-y, entre.

La médecin franchit le seuil de la porte et Quatre la conduisit au salon. Ils la saluèrent tous, pendant que Quatre lui servait une boisson fraîche.

-Que nous vaut l'honneur de ta visite ? Demanda Wufei.

-Je voulais discuter un peu avec vous, j'avais une bonne nouvelle à vous annoncer. Mais avant ça, j'ai remarqué un détail qui me dérange et je voudrais faire le point avec Heero.

Les garçons comprirent aussitôt où voulait en venir Sally.

-C'est moi, où les rapports sont tendus entre toi et Réléna ? Fit-elle à l'encontre du japonais.

Ce dernier ne répondit pas. Il n'avait aucune envie de réexpliquer ce qui s'était passé. Il s'en voulait déjà suffisamment comme ça.

-Si tu ne me dis rien, je ne peux pas tenter d'arranger les choses tu sais.

-Tu ne pourras rien y faire, trancha Heero, stoïque. Ton élève est bornée.

Sally lui lança un regard noir.

-Parce que bien entendu, son comportement envers toi n'est pas justifié ?

Quatre décida d'intervenir avant que les choses ne s'enveniment :

-C'est vrai, c'est assez tendu, ils se sont encore disputés, et cette fois-ci, c'est allé plus loin que d'habitude. On ne peut rien y faire pour le moment, Réléna est entêtée, elle ne veut plus avoir la moindre conversation avec lui, malgré ses excuses. Mais tu sais, ça finira bien par s'arranger, comme d'habitude.

-Je l'espère bien, parce que sinon, je ne vois pas l'intérêt qu'elle revienne avec nous. L'union est très importante au sein d'une équipe. Il est nécessaire de garder de bonnes relations avec ses coéquipiers. Sans ça, impossible de former une équipe qui marche. Le duo que vous formiez sur le terrain avant qu'elle ne parte pour la Russie était parfait, malgré le fait que vous soyez rivaux, je voudrais qu'il en soit toujours de même à son retour.

Les garçons furent surpris d'entendre que leur amie allait revenir avec eux. Ils ne s'y attendaient pas. Duo se sentit soudain aux anges :

-Réléna revient avec nous sur L1 ? Lâcha-t-il, excité.

-Et bien, je ne le lui ai pas encore annoncé, mais oui, je souhaite son retour aux sources. Voilà maintenant presque deux ans qu'elle est ici, au service de Dimitri. J'en ai parlé avec lui, il ne voit pas d'inconvénients à ce qu'elle revienne avec nous vendredi soir, mais je l'ai quand même senti un peu déçu. Réléna est un très bon élément au sein de son organisation.

-Tu lui as annoncé la nouvelle ? Demanda Trowa.

-Je vais lui en parler ce soir. Autant qu'elle commence à préparer ses bagages dès maintenant.

Duo ne put se contenir plus, il était trop heureux que sa meilleure amie revienne enfin. Il sauta dans les bras de Sally, tout en la remerciant chaleureusement de faire revenir sa meilleure amie près de lui.

-C'est d'ailleurs pour ça que je suis venue avant de rejoindre Réléna, c'était ça la bonne nouvelle, termina-t-elle en souriant, tout en serrant Duo dans ses bras.

Wufei regarda sa montre, puis se leva, et lâcha, d'un air détaché :

-C'est une très bonne nouvelle, mais là, je suis désolé, je dois vous laisser. On se verra demain.

Il sortit sans rien expliquer, sous les regards amusés de ses amis. Ils se doutaient qu'il avait un rencart avec Meilan. Hilde mettait du cœur à l'ouvrage pour les caser ensemble, en conseillant Wufei du mieux qu'elle le pouvait. Ils échangeaient pas mal par téléphone ces derniers temps, et elle continuait à le briefer au boulot. Sally abandonna également les garçons à son tour, son élève l'attendait.

Elle rejoignit Réléna dans un bar-restaurant qui se trouvait non loin du casino. Son élève était déjà installée, elle attendait patiemment. Elles avaient tellement de choses à se dire ce soir là, qu'elles ne virent pas le temps défiler. Elles riaient beaucoup en se racontant leurs petites anecdotes.

Puis Sally devint soudain sérieuse et déclara :

-Réléna, il faut qu'on parle plus sérieusement à présent.

-Je t'écoute, fit Réléna, surprise.

-Et bien, ça fait presque deux ans que tu es ici maintenant, et il est temps que tu rentres sur L1 avec moi. Tu vas pouvoir nous accompagner samedi. J'en ai déjà parlé à Dimitri, ne t'inquiète pas.

Le sourire de son ancienne élève disparut aussitôt et un silence pesant s'installa. Sally s'inquiéta de ce mutisme, et vit également son élève baisser la tête.

-Pourquoi rentrer sur L1 ? Demanda soudain Réléna en relevant la tête, l'air grave.

Sally la regarda dans les yeux et répondit, la voix tremblante :

-Mais enfin, la réponse est évidente : tu nous manques.

-Non c'est faux, lâcha la jeune blonde du tac au tac. Je ne manque pas à tout le monde.

-Tu fais allusion à Heero ? Demanda Sally aussitôt.

Elle avait compris d'où venait le problème. Réléna ne répondit pas, elle n'en avait pas besoin. Sally la connaissait trop bien.

-J'ai bien vu qu'il y avait un malaise entre vous deux depuis que je suis arrivée, fit Sally.

-Ce n'est pas seulement depuis ton arrivée, ça a toujours été ainsi et tu le sais. Et l'autre jour il est allé un peu trop loin dans ses propos. Je ne le supporte plus.

-Réléna, tu ne vas quand même pas refuser de revenir juste pour ça. Il est le seul avec qui tu ne t'entends pas. Ta place est avec nous, continua Sally en élevant un peu la voix. Tu prépares tes bagages et tu rentres avec nous samedi, un point c'est tout !

-Hors de question, je suis assez grande pour choisir seule. Et arrête de me parler de cet imbécile ! Ce n'est pas seulement à cause de lui que je ne veux pas revenir. Ma place est ici, auprès de Dimitri, s'emporta Réléna. Il a besoin de moi, comme j'ai eu besoin de lui il y a presque 10 ans maintenant.

Sally ne savait plus quoi dire. Elle était choquée par ce qu'elle venait d'entendre. Un nouveau silence pesant s'installa.

-Je n'aurais jamais pensé que tu refuserais de rentrer avec moi. A la base, ta place auprès de Dimitri était censée être temporaire.

-Je me plais beaucoup ici Sally, je n'ai pas envie de revenir sur L1.

Un nouveau silence s'installa. Sally digérait cette information plutôt difficilement.

-Ta décision est sans appel ? Demanda Sally au bout de quelques minutes.

-Oui, répondit son élève d'une voix sûre.

-Très bien. Je n'insiste plus alors. Mais j'en connais qui vont être très déçus.

-Moi j'en connais un qui va être ravi, trancha Réléna.

Sally devina qu'elle faisait de nouveau allusion à son rival. Elle ne savait pas ce que cet idiot avait dit à son élève, mais étant donné les conséquences, elle en concluait qu'il était effectivement allé trop loin. Malgré le fait que son élève lui affirme qu'il n'était pas la raison de son refus de revenir sur L1, elle était persuadée que le comportement du japonais avait participé à sa décision ferme et définitive de rester en Russie. Un silence gênant s'installa, puis Sally déclara, les yeux dans le vague :

-Combien de temps va-t-il se passer avant que l'on se revoit toutes les deux ? Tu me manques tu sais.

-Toi aussi tu me manques. Pourquoi ce ne serait pas toi qui viendrais t'installer ici ?

Sally sembla surprise par la proposition de son élève.

-Mais enfin Réléna, je travaille sur L1, et j'aide J et la Résistance.

-Tu pourrais très bien les aider tout en étant ici, auprès de Dimitri. Quant à ton travail, tu pourrais demander à être mutée auprès de ta petite sœur chérie, fit Réléna en souriant de toutes ses dents.

-Non, impossible, ils ont besoin de moi sur L1.

-Tu rigoles ! Tu m'as dit toi-même qu'ils allaient mettre au point les Gundams. Une fois qu'ils seront conçus, les ingénieurs vont les envoyer sur Terre. C'est là que se trouvent les plus grandes usines d'armement d'Oz. Je ne vois pas ce qui te retient sur L1. Les beaux yeux bioniques de J peut-être ? Termina Réléna en pouffant.

Sally restait sans voix, elle n'avait pas songé à cette éventualité.

-Et puis, je suis sûre que Dimitri serait ravi que tu restes, ajouta Réléna avec un sourire taquin, pas vrai ? Je suis sûre qu'il te l'a déjà demandé.

-Effectivement, fit Sally avec un petit sourire. Il m'a encore fait cette proposition hier.

Sally se remémora quelques souvenirs passés avec son ancienne élève. Elle se rappelait la timidité et la gêne de la jeune fille lorsqu'elle avait huit ans. Même à l'adolescence, elle n'avait jamais osé se dresser contre elle, elle avait toujours obéi bien sagement. Il n'en restait rien aujourd'hui. Décidément, elle avait pris de l'assurance avec les années, et un sale caractère. Quand elle avait décidé quelque chose, il n'était pas possible de la faire changer d'avis. Sally devait à présent annoncer cela aux autres, mais elle décida que ce n'était pas le bon moment, et qu'il était préférable d'attendre qu'ils aient effectué leur mission. Elle ne voulait pas que cette annonce affecte le bon déroulement de celle-ci.

Mercredi, Casino Marfino, 13h50 :

Heero, Duo, Trowa et Quatre venaient d'arriver devant le casino. Wufei n'était pas rentré de la nuit, mais ses amis ne s'inquiétaient pas pour lui. Et effectivement, il arriva tranquillement devant le casino, à pied, accompagné de Meilan qu'il tenait par les épaules. Duo ne fit aucun commentaire, à la surprise des autres, même de Wufei. Mais ce dernier savait qu'il se ferait questionner dès qu'ils seraient tous les deux seuls. Ils se saluèrent et attendirent les autres à l'intérieur du casino.

Réléna fit son apparition quelques minutes plus tard et les salua. Ils la suivirent tous jusqu'au passage menant au parking secret, et prirent la camionnette blindée aux vitres teintées qui avait été utilisée la dernière fois pour leur sauvetage. Réléna et Meilan prirent place à l'avant, et les garçons s'installèrent sur les banquettes arrières, puis la blonde quitta la ville et les mena au milieu d'une friche urbaine, assez éloignée des nouvelles habitations. Le terrain regorgeait de nombreux arbres morts, ainsi que de vieilles habitations abandonnées, mais la plupart étaient à moitié écroulées et la nature avait repris le dessus sur elles. Quelques murets étaient encore en place, ils servaient antérieurement à délimiter les habitations, mais aujourd'hui, ils menaçaient de s'écrouler d'un moment à l'autre. C'était le lieu idéal pour une transaction discrète, personne ne s'aventurait dans les environs à cette heure-ci. Avant de descendre, ils vérifièrent leurs armes et les chargèrent.

Ils descendirent de la camionnette et décidèrent d'examiner les lieux afin d'éliminer tout intrus déjà sur place. Ils effectuèrent cette vérification de la façon suivante : Wufei et Meilan prirent la direction du Nord, Duo et Quatre le Sud, Trowa et Heero se dirigèrent vers l'Est et Réléna s'occupa de l'Ouest. Habituellement, lors de ce genre de missions, Heero et Réléna faisaient toujours équipe, les choses avaient bien changé. Après vérification, rien ne leur parut suspect. Il n'y avait rien à signaler, ça paraissait trop beau.

Ils reprirent ensuite place devant la camionnette et attendirent des collègues qui devaient venir avec la marchandise. Quelques instants plus tard, une deuxième camionnette similaire fit son apparition et se gara à côté du premier véhicule. Elle ne venait pas du casino mais d'un entrepôt d'armes secret de Dimitri. Leurs alliés les saluèrent, puis se postèrent devant les véhicules, en ligne droite. Certains portaient de grosses valises, qui contenaient les armes commandées par le client de Dimitri. Ils n'avaient plus qu'à attendre que les hommes de l'acheteur arrivent, mais ces derniers se faisaient attendre, ils étaient en retard.

Une demi-heure plus tard, plusieurs limousines noires se garèrent en face des deux camionnettes, en laissant une bonne vingtaine de mètres entre eux. Il s'agissait des hommes et femmes de mains du client de Dimitri.

-Réléna, Vadim est de la partie, regarde, lâcha Meilan qui était à côté d'elle.

La blonde vérifia rapidement l'information, et effectivement, elle aperçut la personne dont Meilan parlait. Vadim était un homme grand et plutôt bien proportionné, notamment côté musculature. Il mesurait presque 1,90 mètre, et on pouvait deviner qu'il avait été basketteur dès son plus jeune âge. Il était brun, avait la peau très pâle, et il attachait toujours ses longs cheveux en une longue queue de cheval arrivant en bas de son dos. C'était clairement un tombeur et plus d'une étaient justement tombées sous son charme ! Réléna ne faisait pas exception à la règle. Vadim vérifiait les lieux rapidement, et ses yeux bleus fixèrent aussitôt la blonde lorsqu'il remarqua sa présence. Il lança un sourire délicieux, ravi de la voir.

-Eh merde, répondit son amie. Il va encore revenir à la charge, c'est sûr.

Meilan se sentit gênée pour son amie, qui allait sûrement devoir à nouveau l'envoyer paître alors que ça lui déplaisait de le faire parce qu'elle tenait encore beaucoup à lui. Réléna avait fréquenté Vadim quelques mois, et Meilan avait trouvé qu'ils formaient un très beau couple. Mais la blonde avait fini par le quitter, ne supportant plus ses crises de jalousie excessives. C'était une décision qu'elle avait eu du mal à prendre car elle s'était beaucoup attachée à lui, ils étaient devenus très fusionnels. Mais les derniers temps, il devenait insupportable, et ils en venaient aux mains tous les deux. Vadim n'avait pas accepté cette séparation et avait tenté de revenir à la charge à plusieurs reprises, mais la blonde l'avait toujours évité soigneusement ou carrément repoussé quand il insistait trop.

Ils s'approchèrent de la petite bande, certains portant des valises à la main : sûrement l'argent de l'échange. La petite bande approcha également. Ils s'arrêtèrent tous au milieu de leur zone d'échange, et Vadim lâcha, le sourire aux lèvres et les yeux taquins :

-Réléna, c'est toujours un plaisir de te voir.

-Bonjour Vadim, répondit la blonde, stoïque.

Elle n'en montrait rien, mais ça lui faisait toujours du mal de le voir. Elle n'avait pas aimé la façon dont elle l'avait quitté, ça avait été très brusque, suite à un échange de coups, mais elle n'en pouvait plus, elle avait lutté jusqu'au bout pour rester avec lui. Certains compagnons de Vadim se retinrent de rire, mais leur sourire trahissait leur amusement. Duo, lui, s'en était donné à cœur joie, sa meilleure amie le faisait toujours rire. Il savait très bien qui il était, Réléna lui avait déjà parlé de lui. I peu près un an de ça, elle lui avait dit qu'elle sortait avec un garçon du nom de Vadim, il avait 7 ans de plus qu'elle, soit 23 ans à l'époque, mais ça ne lui avait pas posé problème. Au contraire, elle l'avait déjà remarqué quand elle était plus jeune, pendant une mission avec Sally, et elle avait déjà essayé de le séduire un peu, mais lui ne regardait que les filles de son âge. Non, le véritable problème était tout autre : les crises de jalousie de son compagnon. Ils en venaient même aux mains régulièrement. Réléna ne se laissait pas faire, et elle avait fini par mettre fin à leur histoire, ne supportant plus la situation. Mais sa meilleure amie lui avait dit qu'il avait très mal accepté cette séparation et qu'il revenait régulièrement à la charge dès qu'il le pouvait. Elle même s'en voulait de l'avoir quitté brutalement, mais elle n'avait pas vu d'autre issue.

-Les lieux ont été vérifiés ? Enchaîna Vadim sur un ton plus professionnel.

-Oui, rien à signaler pour le moment, répondit Meilan.

Vadim claqua des doigts et les porteurs de valises approchèrent. Ils ouvrirent celles-ci pour laisser apparaître leur contenu : des grosses coupures de billets bien ordonnées à profusion, et quelques lingots d'or flambants neufs. Duo siffla d'admiration à la vue de leur contenu. Les hommes de Dimitri présentèrent à leur tour le contenu de leurs valises. Après vérification, tout était parfait. Ils refermèrent les valises et les échangèrent, puis ils chargèrent le tout dans leurs véhicules respectifs. Mais soudain, ils entendirent le vrombissement de plusieurs véhicules. Une quinzaine de 4x4 arrivait à toute trombe dans leur direction, en les canardant.

-DES PILLEURS, hurla Vadim.

-A COUVERT, enchaîna Heero, en couvrant certains alliés qui se mettaient à l'abri des tirs.

-Enfin un peu d'action, lâcha Duo. SHINIGAMI VA TOUS VOUS DÉCIMER !

-Qui est Shinigami ? Lâcha Meilan, sans comprendre.

-C'est lui, répondit Wufei en levant les yeux au ciel. Il adore se prendre pour un dieu de la mort. Trowa l'appelle même « la faucheuse ».

Ils se doutaient qu'ils se feraient attaquer, mais pas que les ennemis seraient aussi nombreux. Ils se planquèrent tous où ils purent, tout en canardant leurs ennemis à leur tour. Le terrain offrait pas mal d'opportunités plutôt agréables vu la situation : les arbres, les murets et même les bâtiments en ruine.

Wufei était aux côtés de Meilan. Ils se déplaçaient en binôme et dégommaient leurs ennemis en leur assenant de puissantes prises mortelles, notamment en visant leurs points vitaux. Quand ça devenait nécessaire, ils se servaient de leurs armes à feu, mais vraiment en dernier recours. Le combat au corps à corps était beaucoup plus noble à leurs yeux, et plus discret.

Duo, Trowa et Quatre se couvraient mutuellement, ils n'avaient aucun problème à faire face à l'ennemi. Duo était vraiment déchaîné, mais il s'inquiétait pour sa meilleure amie et Heero qu'il ne voyait pas. Il espérait que tout se passait bien de leur côté. Ils n'étaient pas partis dans la même direction tous les deux. Quant aux hommes de Dimitri et aux acheteurs, ils semblaient gérer la situation de leur côté également, mais ça canardait dans tous les sens. Il y avait quelques blessés mais leurs coéquipiers les couvraient du mieux qu'ils pouvaient.

Heero se déplaçait facilement, avec toute la discrétion du monde, en se servant intelligemment de tout ce qu'offrait cette friche pour se dissimuler. Soudain, en face de lui, il remarqua sa rivale derrière un des murets, à quelques mètres de sa place, qui canardait l'ennemi sans pitié. Elle évitait très bien les attaques, mais les tirs étaient nombreux. Heero se surprit à penser qu'auparavant, lorsqu'ils formaient un duo sur le terrain, ils étaient beaucoup plus performants, notamment parce qu'ils se couvraient mutuellement. Sally avait raison quand elle disait que leur binôme était parfait.

Il l'entendit soudain pousser un cri de douleur, elle venait d'être touchée et de s'écrouler, il ne l'avait plus dans son champ de vision. Il venait de remarquer l'ennemi qui avait tiré sur elle, par derrière :

-RELENA, CA VA ? Hurla le japonais.

Il descendit aussitôt le type qui avait tiré sur sa rivale. Mais toujours pas de réponse de celle-ci. Son cœur se serra, il ne la voyait pas réapparaître non plus. Tout en descendant un autre ennemi, il se déplaça à couvert, jusqu'à rejoindre le muret où se trouvait sa collègue. Mon Dieu…

Elle était vivante, il avait cru qu'il ne la reverrait jamais. Elle avait été touchée au bras gauche, près de l'épaule, et se le tenait, essayant de stopper l'hémorragie tant bien que mal, mais en vain. La douleur était intense, il le devina par les traits tirés de la jeune femme.

-Qu'est-ce que tu fous là toi ? Lâcha-t-elle, rageuse. J'ai pas besoin de toi, tu ferais mieux d'aller aider les autres.

-Les autres se débrouillent pour le moment, là c'est toi qui a besoin d'aide en priorité. Alors arrête avec ta fierté mal placée.

Il examina la blessure, sous les protestations de sa rivale qui jugeait avoir déjà suffisamment mal pour qu'il en rajoute une couche en triturant celle-ci. Puis il déchira une large bande de sa chemise qu'il entoura autour de la plaie de sa rivale1, en serrant suffisamment fort, ce qui lui décrocha une grimace et un cri de douleur.

-Désolé, j'ai été obligé de serrer très fort. Mais ça ce n'est pas le pire, la balle n'est pas ressortie, il va falloir la retirer et clairement, tu vas douiller.

-Encore faut-il qu'on s'en sorte pour ça, dit-elle, énervée, en récupérant son arme à feu.

Elle se mit alors à canarder l'ennemi avec rage. Elle allait leur faire payer cette plaie et la douleur qui l'accompagnait. Heero couvrit ses arrières en vérifiant régulièrement si aucun ennemi ne les attaquait dans le dos, et abattait également d'autres hommes à l'avant. Réléna en faisait de même dès lors qu'Heero attaquait à l'avant.

-T'en es à combien ? Tenta-t-il envers sa rivale.

-12, lâcha-t-elle avec défi. J'ai une longueur d'avance sur toi !

-Pas pour très longtemps, répondit son rival sur le même ton.

Voilà qu'ils se défiaient à nouveau, comme autrefois. Pour lui, c'était bon signe, les choses commençaient à s'arranger entre eux. Leur binôme fonctionnait à nouveau à la perfection, comme avant. Il ne resta bientôt plus beaucoup d'ennemis. L'un d'eux tenta de monter dans une limousine contenant une partie des armes, mais Vadim ne lui laissa aucune chance. Il veillait bien sur la marchandise, hors de question que des petites frappes viennent piquer ce qui ne leur appartenait pas.

Duo abattit les derniers ennemis, et ils sortirent tous de leur planque, avec méfiance et prêt à riposter en cas de besoin, on ne savait jamais. Ils se rejoignirent ensuite tous à la place initiale :

-Tout va bien, demanda Wufei ?

-Quelques collègues sont gravement blessés, expliqua un des hommes de Dimitri. Mais ça va, ils devraient s'en sortir. On s'occupe d'eux.

En voyant Réléna et Heero les rejoindre, Duo remarqua aussitôt la blessure de sa meilleure amie :

-Ça va aller Léna ?

-Oui, ne t'en fais pas. Ce n'est pas la première fois, ce ne sera pas la dernière. Sally sera ravie de s'occuper de moi, comme au bon vieux temps.

Heero avait réagi à temps et avait pu limiter l'hémorragie sur le terrain, mais la douleur était horrible pour sa rivale. Les traits tirés de son visage trahissaient son inconfort, et le japonais venait de remarquer que son bandage de fortune ne remplissait plus suffisamment sa mission.

-Fais voir, fit Heero en attrapant son bras blessé.

-Ça va, lâche moi, fit-elle en le repoussant de son bras valide.

Décidément, elle lui en voulait toujours. Il n'insista pas. Meilan se dirigea vers leur camionnette et en sortit un petit sac à dos. Elle remarqua Vadim qui ne loupait rien de la scène, une lueur brûlante dans les yeux en s'extasiant devant son ex petite-amie, même si celle-ci n'était pas au mieux de sa forme. Il était clairement encore fou d'elle. La chinoise n'aimait pas du tout ça, Réléna n'était pas en état de supporter une nouvelle tentative de sa part et de le repousser. Il fallait qu'elle mette de la distance entre eux sur le champ.

-J'ai des bandages et de quoi désinfecter un peu ta plaie en attendant que Sally s'occupe de toi, viens avec moi, on va essayer d'arranger ça. Ton bandage est trempé de sang, il ne fait plus suffisamment compression.

Meilan insista pour qu'elle ne reste pas ici, ce qui surpris la blonde. Cette dernière suivit son amie qui la mena dans une des maisons abandonnées. Elle installa Réléna sur une vieille chaise qui traînait et s'occupa de son amie du mieux qu'elle le put. C'était quand même mieux de faire ça ici, à l'abri des regards, notamment de celui de Vadim. Meilan expliqua ce qu'elle avait vu à Réléna et cette dernière comprit un peu mieux pourquoi elle avait insisté pour l'emmener plus loin. Après avoir un peu désinfecté la plaie, elle lui fit un bandage très serré. Une fois terminé, la blonde la remercia et se releva, mais elle se laissa retomber sur sa chaise aussi vite :

-Ça ne va pas Rel ? Demanda Meilan, inquiète.

-Si, ça va, mais j'ai eu un vertige. J'ai dû me relever trop vite. Va rejoindre les autres, j'arrive dans quelques minutes, le temps que ça aille mieux.

Meilan posa sa main sur son front. Elle commençait à avoir de la fièvre, sa plaie devait probablement s'infecter, malgré ses soins. Elle n'avait pas de quoi lui extraire la balle, et de toute façon, c'était hors de ses compétences.

-Tu es sûre ? Tu ne veux pas que je reste avec toi ? Tu commences à avoir de la fièvre, c'est pour ça que tu te sens faible. Ça n'a rien à voir avec le fait de t'être levée trop vite.

Réléna lui répondit par la négative. Elle l'avait déjà suffisamment aidée, ça allait déjà beaucoup mieux.

Meilan franchit la porte, hésitante, mais quelques secondes plus tard, celle-ci s'ouvrit à nouveau. Réléna pensait qu'il s'agissait de son amie, qui avait changé d'avis et décidé de rester avec elle. Mais il ne s'agissait pas de Meilan, mais de Vadim. Ce que Meilan avait cherché à éviter allait malheureusement se produire. Il referma la porte avec précaution :

-Ma divine, tu as besoin d'aide ? Lâcha-t-il avec ses yeux de charmeur et de sa voix la plus douce.

Il l'avait appelé par le petit nom qu'il lui donnait lorsqu'ils étaient ensemble. Elle ferma les yeux à l'entente de son surnom, se rappelant la première fois qu'il l'avait appelée ainsi, alors qu'ils n'étaient pas encore ensemble. Mais elle se reprit bien vite et se força à prendre un air stoïque, il était hors de question qu'elle se laisse de nouveau tenter par lui, ça leur ferait plus de mal qu'autre chose. Il s'approcha d'elle et s'arrêta à quelques centimètres, la toisant de toute sa hauteur :

-Tu es de plus en plus belle tu sais. Même blessée, je te trouve encore plus que sublime.

-Tes collègues t'attendent, tu ferais mieux de les rejoindre, lâcha la blonde, d'un air détaché.

-Non, il faut qu'on parle de choses plus personnelles, si tu vois ce que je veux dire, insista-t-il en la regardant amoureusement.

-L'échange est terminé, on n'a plus rien à se dire, répondit la blonde, toujours aussi désinvolte.

-Tu crois que tu pourras toujours continuer à m'éviter comme tu le fais ? Lâcha-t-il d'un ton sec. Il est temps que nous parlions un peu de nous.

-Il n'y a plus de nous Vadim, corrigea la blonde, d'un ton calme.

Il était furieux qu'elle ne lui prête plus attention. Il n'avait toujours pas accepté leur rupture. Elle se releva doucement, ayant retrouvé un peu de force, et prit la direction de la sortie, mais Vadim la saisit violemment par son bras gauche, en appuyant sur sa plaie. Elle hurla de douleur et tenta de se défaire de ce lien. Mais rien n'y faisait, il la tenait trop fermement. Elle essaya de lui flanquer un coup de pied pour le déséquilibrer, mais la douleur était tellement forte qu'elle n'arrivait pas à y mettre suffisamment de puissance, et ses forces l'abandonnaient.

La fièvre semblait reprendre le dessus, et Vadim remarqua son état d'extrême faiblesse. Il en profita pour saisir son deuxième bras et l'embrassa de force, tout en la poussant contre un mur, sous les gémissements de la blonde. Elle essaya de le repousser, mais il était bien trop fort et elle beaucoup trop affaiblie. Elle finit par lui mordre fortement la lèvre pour lui réaffirmer son refus de redevenir sienne. Vadim hurla de douleur, sa lèvre inférieure était en sang. Elle en profita pour le déséquilibrer, avec ses dernières forces, en lui faisant un croche-pied, et réussit à s'extirper de ses liens. Mais Vadim avait décidé qu'il n'en resterait pas là. Il allait la récupérer et il ne la laisserait plus jamais la quitter, il l'aimait comme un fou. Elle avait fait une erreur en le quittant, et il allait le lui prouver. Il la désirait ardemment et il l'aurait ici et maintenant. Il la saisit aussitôt de nouveau par son bras blessé, la projeta au sol et se jeta sur elle.

-Lâche-moi Vadim, t'es devenu fou ou quoi ?

-Oui, fou de toi, ça n'a pas changé !

-Vadim, c'est fini nous deux, il faut te faire une raison.

-Laisse-moi te faire l'amour, après tu changeras d'avis.

-Jamais ! Hurla la blonde en se débattant.

Elle se sentait faible, et Vadim prenait le dessus beaucoup trop facilement. Il s'attelait déjà à son cou, le noyant de baisers langoureux, et ses mains descendaient un peu trop bas au goût de la blonde. Puis soudain, plus rien. Elle vit Vadim tomber lourdement sur sa droite, sans comprendre ce qui se passait. Heero se tenait devant elle, il jaugeait Vadim, le regard noir. Il l'avait soulevé de toutes ses forces et l'avait jeté à terre. Il se tourna vers sa rivale et lança un regard tendu car il la voyait extrêmement affaiblie. Heureusement, il était arrivé à temps, un peu plus et cet enfoiré l'aurait... Il était fou de rage rien que d'y penser. En approchant de la vieille bicoque, il avait entendu les contestations de la blonde, et lorsqu'il était rentré en trombe et qu'il avait vu ce connard sur elle, il avait cru qu'il était arrivé trop tard. Vadim se releva et lui fit face :

-Qu'est-ce que tu fous ici toi ?

-Je t'ai vu entrer ici discrètement quelques secondes après que Meilan soit sortie seule, et j'ai eu un mauvais pressentiment. On dirait que je tombe à pic.

-T'aurais jamais dû t'en mêler. Je vais te faire payer cet affront.

-Toi, t'aurais jamais dû la toucher, répondit Heero en lui lançant un regard noir. T'es un homme mort !

-Pourquoi, t'es son nouveau mec, c'est ça ? Lâcha Vadim, envahi par la jalousie.

-Devine, lâcha Heero pour le provoquer.

Il avait bien deviné qu'il était sorti avec sa rivale, et que la rupture avait dû être déchirante pour lui, vu son comportement. Vadim se jeta sur lui, courroucé. Cet enfoiré ne l'empêcherait pas de récupérer sa divine. Réléna se releva en titubant, son bras gauche lui faisait affreusement mal depuis que Vadim l'avait saisi. Sa blessure venait de se remettre à saigner abondamment, et elle se sentait de plus en plus diminuée. Elle essaya de la compresser avec sa main droite, et s'appuya contre un mur, exténuée. Elle essayait de suivre la scène, mais dans son état, ça allait beaucoup trop vite pour elle. Vadim et Heero se battaient à mains nues, et malgré le fait que Vadim soit plus grand et plus musclé, il mordait littéralement la poussière. Heero était fou de rage, et après l'avoir fait tomber à terre ventre contre sol, il attrapa sa chevelure et frappa son visage contre le plancher à plusieurs reprises. Vadim était à bout de force, il n'en pouvait plus. Mais Heero ne comptait pas en rester là, il comptait bien buter cet enfoiré. Il attrapa sa nuque, et allait la briser, quand sa rivale le stoppa net :

-Non Heero, il a eu son compte, laisse-le partir.

-T'es sérieuse ? Lâcha Heero, hors de lui.

Elle ne pouvait pas laisser Heero le tuer. Premièrement, elle tenait trop à lui pour laisser son rival l'assassiner ainsi, et deuxièmement, Vadim était un allié important. Mais le premier point ne regardait pas Heero, aussi elle argumenta de la sorte :

-Vadim n'est pas notre ennemi, c'est un de nos alliés, il fait partie des meilleurs hommes du cercle d'amis de Dimitri. Si tu le tues, tu risques de déclarer la guerre, tu comprends ?

-T'as de la chance, espèce d'enflure ! Lâcha Heero en faisant à nouveau cogner sa tête au sol.

Il l'abandonna et se dirigea vers sa collègue, qu'il voyait beaucoup trop fragilisée. Vadim se releva difficilement, le visage ensanglanté, et jeta un regard plein de regrets à son ex petite-amie. Il ne voulait pas en arriver là, il avait eu du mal à se contrôler, encore une fois. Il avait simplement voulu la récupérer et ça avait dégénéré, comme souvent pendant leurs disputes lorsqu'ils sortaient ensemble. Là, il se rendait compte qu'il l'avait définitivement perdu. Il était persuadé que le japonais était son petit-ami. A contre cœur, il prit la direction de la sortie, en titubant, et Heero examina la plaie de sa rivale :

-C'est pas beau, fit-il en grimaçant.

-Sally va arranger ça, ce n'est rien.

Elle avait réussi à stopper l'hémorragie, mais effectivement, la plaie n'était pas belle. Un silence pesant s'installa. Réléna lui en voulait toujours, ça se voyait, elle fuyait son regard, mais elle finit par dire, sans oser le fixer :

-Merci pour ton aide.

-C'est rien du tout ça. Réléna, il faut vraiment qu'on parle, je sais que ce n'est pas le meilleur endroit, ni le meilleur moment, mais…

Il s'interrompit. Il cherchait à exprimer ses sentiments, mais les mots avaient du mal à franchir le seuil de sa bouche. Ce n'était pas dans ses habitudes.

-Mais ? L'invita à continuer sa rivale.

Elle fuyait toujours son regard, trouvant le mur très intéressant. Si elle avait pu, elle se serait téléporté à l'autre bout de la planète afin de mettre le maximum de distance entre elle et lui. Hélas pour elle, il la saisit par les épaules et la regarda droit dans les yeux, accentuant sa gène :

-J'ai cru que tu t'étais fait descendre tout à l'heure. Penser que je ne pourrais plus jamais te voir, ça m'a anéanti. Et quand j'ai vu cette enflure sur toi tout à l'heure, j'ai cru que j'arrivais trop tard pour t'aider. Si il t'avait souillée, je l'aurais buté sans hésiter tout à l'heure, même si tu me l'avais interdit.

-Premièrement, Vadim n'est pas une enflure, il ne me voulait pas de mal, corrigea Réléna, c'est beaucoup plus compliqué que ce que tu crois.

Heero parut surpris, elle ne semblait pas en vouloir à son agresseur. Pourtant, elle avait toutes les raisons de le haïr. Mais il n'eut pas le temps de se pencher sur le problème, car elle enchaîna :

-Et deuxièmement, ça ne te ressemble pas de prendre ma défense comme tu l'as fait. Je croyais que je n'étais rien à tes yeux, pas même une amie, lâcha la blonde avec un ton de reproche. Tu crois que j'ai oublié ce que tu m'as dit ?

-Ce que je t'ai dit la dernière fois, c'était n'importe quoi, répondit Heero. Bien sûr que tu comptes pour moi. On se connaît depuis qu'on est des gosses, t'es ma rivale de cœur, je m'en remettrais pas si il t'arrivait quelque chose. Et j'aurais pas dû en rajouter l'autre soir en boîte de nuit, j'ai vraiment merdé. Mais tu sais très bien comment je suis, il faut toujours que j'en rajoute quand tu me provoques, c'est presque vital, et c'est encore pire quand tu me fais des reproches. Je te demande encore pardon. Je sais que ce que je t'ai dit, c'était odieux, que tu auras du mal à passer l'éponge sur mes conneries mais…

Il venait d'être interrompu par sa coéquipière, qui avait posé un doigt sur ses lèvres. Ce qu'il venait de lui dire l'avait profondément touchée, ça se voyait dans ses yeux, ils étaient brillants, comme si elle allait pleurer. Lui-même n'en revenait pas d'en avoir dit autant, il n'aimait pas exprimer ses sentiments, encore moins à sa rivale, mais là, c'était venu tout seul, il ne s'était même pas forcé. Il avait passé les derniers jours sous tension avec ses coéquipiers à cause de ses rapports tendus avec sa rivale, et la mission à laquelle il venait de participer avait été assez intense en émotion, ce qui avait probablement participé au déliement de sa langue. Réléna se reprit bien vite et déclara, la voix un peu enrouée :

-Ce n'est pas demain la veille que je pourrai oublier ce que tu m'as dit, mais j'accepte tes excuses Heero Yui.

Elle se dégagea de son emprise, et allait faire demi-tour, mais elle fut prise d'une envie soudaine de l'embrasser, ce qu'elle décida de faire sur le champ : elle attrapa son visage entre ses mains et posa délicatement ses lèvres sur les siennes. Réléna avait attendu des années que son partenaire lui dise quelque chose d'aussi touchant, sans succès, et là, il lui en avait trop dit d'un coup. Il venait littéralement de la faire fondre. Heero ne s'y était pas attendu, mais il répondit aussitôt à son baiser malgré lui. Il abandonna toute idée de contrôle sur lui-même, jetant au passage « le guide de la bonne conduite du soldat parfait », et l'enlaça avec fougue. Leur baiser prit une tournure toute autre, il n'y avait plus rien de délicat, et la blonde finit tout de même par se reprendre, se rendant compte qu'ils étaient sur le point de faire quelque chose sur un coup de tête qu'ils allaient probablement regretter par la suite. Elle se dégagea un peu brusquement, trouvant la première excuse qui lui traversait l'esprit.

-Désolée, j'aurais pas dû, fit la blonde, un peu désorientée. Je ne me sens pas très bien, la fièvre commence à me faire dérailler. Je vais sortir un peu prendre l'air.

Heero ne répondit rien, il ne savait plus trop comment réagir. Il n'aurait pas dû répondre à ce baiser. Qu'est-ce qui lui avait pris ? Malgré lui, il se passa les doigts sur les lèvres, qui venaient de goûter celles de sa partenaire. Il ne pouvait pas dire que ça lui avait déplu, au contraire. Il en vint même à penser que ça aurait été beaucoup plus loin si sa rivale n'avait pas stoppé ce baiser, car lui n'aurait pas eu le réflexe de se reprendre. Il avait clairement senti un fort désir pour elle et il l'avait laissé prendre le dessus, sans se poser de questions. Mais il se ressaisit en un instant, décida que finalement, « le guide de la bonne conduite du soldat parfait » lui convenait parfaitement, et qu'il n'aurait pas dû le lâcher. Le soldat parfait devait oublier cet épisode. Sa rivale avait fait demi-tour et avait pris la direction de la sortie, en titubant, affaiblie par tout ce qui venait de se passer. En outre, elle semblait gênée par ce qu'elle venait de faire.

Elle ouvrit la porte, mais à bout de force, elle tomba à terre. Heero arriva aussitôt à ses côtés, et l'appela à plusieurs reprises pour qu'elle reprenne connaissance. Il passa sa main sur son front : elle était brûlante. Ni une, ni deux, il la souleva dans ses bras et prit la direction de leur véhicule. Il n'y avait plus ceux de la bande à Vadim, ni ceux des hommes de mains de Dimitri. Duo, en voyant l'état de sa meilleure amie, s'affola aussitôt et questionna Heero.

-On en parlera sur la route, il faut la conduire auprès de Sally au plus vite, elle est brûlante.

Meilan prit le volant et Wufei s'installa à ses côtés. Les autres prirent place à l'arrière, Heero ayant toujours sa rivale dans ses bras. Duo appela Sally et lui expliqua la situation. Elle leur demanda d'emmener la jeune femme à la demeure de Dimitri. Meilan connaissait parfaitement le chemin, ils y seraient rapidement. Pendant le trajet, Quatre expliqua qu'ils avaient vu Vadim arriver dans un sale état et demander à ses hommes de partir sur le champ. Il les avait à peine salués, l'air désemparé, et Quatre l'avait aussitôt sondé : il était anéanti et submergé par le désespoir. Duo voulut en savoir plus et demanda des explications à Heero, qui lui raconta ce qu'il avait vu en entrant dans la vieille demeure, et la bagarre qui avait suivi. Meilan ne fit aucun commentaire, mais elle se sentait mal pour son amie. Elle avait voulu lui éviter une confrontation avec Vadim, et ça avait été l'effet inverse, en pire.

-Et sinon, vous avez pu vous expliquer ? Demanda Trowa.

Heero acquiesça, et Duo et Quatre parurent soulagés. L'équipe était enfin de nouveau soudée. Mais le japonais omit volontairement le passage du baiser, Duo se ferait trop d'idées. Trowa lui avait dit qu'il avait tout fait pour les caser ensemble, il ne voulait pas lui donner de fausses joies. Tout cela était arrivé par accident, sa rivale était fiévreuse et elle avait déconné… Lui aussi par la même occasion, mais il se promit intérieurement de ne plus jamais recommencer ça avec elle.

-Je crois qu'elle se réveille, fit Quatre, qui semblait avoir vu ses paupières bouger.

-Léna, ça va ? Demanda Duo.

-Laisse-moi partir Vadim ! Lâcha la blonde en se débattant.

-Qu'est-ce qui te prend Léna ? S'inquiéta Duo.

-La fièvre lui donne des hallucinations, répondit le japonais, tout en maintenant fermement sa partenaire.

-Lâche-moi, nous deux c'est fini ! Continua la blonde, toujours en délirant.

-Léna, c'est nous, calme-toi, fit Duo en posant sa main contre son front.

La blonde se radoucit aussitôt. Meilan ralentit soudain et stoppa devant un portail en fer noir. Elle descendit du véhicule et se montra à la caméra. Sally l'aperçut dans l'écran intérieur de la demeure et enclencha l'interrupteur afin d'ouvrir le portail. Meilan se gara près de l'entrée, et ils quittèrent le véhicule d'un pas vif. Heero tenait toujours sa rivale dans ses bras, et Sally lui demanda de la déposer sur le canapé dans le salon.

Le japonais s'exécuta en la déposa sur le grand canapé de Dimitri, et Sally examina la lésion et l'emplacement de la balle. Réléna se mordait les lèvres dès que Sally touchait la plaie, elle ressentait une sensation de brûlure intense. La balle était assez bien accrochée dans la chaire, et le médecin se doutait qu'elle allait avoir du mal à la retirer du premier coup. Elle remarqua également que la plaie s'infectait énormément, il fallait donc agir au plus vite :

-Ce n'est pas très joli dis-donc, il ne t'a pas raté ce tireur.

-Moi aussi je l'ai pas raté, lâcha Heero.

Réléna, à moitié dans le coaltar, se mit à pouffer, ayant entendu la boutade, mais la douleur refit aussitôt surface et elle lâcha un petit cri de douleur.

-Bon, chère élève, je suis désolée, mais je vais te faire très mal, lâcha Sally en attrapant une pince. Il faut que j'extraie la balle au plus vite, l'infection prend de l'ampleur, ne m'en veut pas. Heero, Duo, Wufei, j'ai besoin de vous.

Elle leur demanda de tenir fermement leur amie, pendant qu'elle allait extraire la balle. Heero s'exécuta et tint fermement sa rivale par les épaules, pendant que Duo lui tenait le bras et la main droite en soutien. Wufei s'attela à ses jambes. Sally écarta les deux pans de la blessure de sa main gauche, sous les cris de son élève, qui commençait à se débattre sous la douleur, mais ses amis la tenaient fermement. Elle trouva la balle, la saisit et essaya de la retirer, mais elle ne vint pas du premier coup, car la chair s'était un peu refermée sur celle-ci. Les cris de la jeune femme s'accentuèrent, Sally dû s'y reprendre à plusieurs fois avant de réussir à extraite l'objet intrusif. Réléna avait serré la main de Duo de plus en plus fort pendant cette séance de torture, comme si celle-ci pouvait l'aider à faire disparaître cette souffrance.

Le sang se mit à couler de nouveau abondamment. Sally attrapa une bouteille de désinfectant et de quoi panser la plaie, la séance n'était hélas pas encore terminée pour son élève. Il fallait à présent recoudre.

-Courage Léna, c'est bientôt fini, fit Duo d'un voix qu'il tenta sereine.

Entendre sa meilleure amie hurler autant était insupportable pour lui. Il en avait des sueurs froides. Il ne savait pas comment Heero et Wufei faisaient pour rester stoïques. Il se doutait bien qu'ils n'aimaient pas non plus, mais ils ne laissaient rien transparaître sur leur visage, et s'appliquaient à tenir fermement leur amie. Il tourna son visage vers Trowa, Quatre et Meilan, qui eux, paraissaient beaucoup moins à l'aise. Sally termina ce qu'elle avait à faire, puis déclara :

-Maintenant il va falloir surveiller ta plaie régulièrement pour s'assurer que ça cicatrise bien. Mais ça devrait aller avec ce que je vais te donner. Tu vas rentrer te reposer un peu, ça t'aidera aussi à cicatriser plus vite. Tu prendras ces gélules, pour traiter l'infection, et tu appliqueras cette crème tous les jours pour la cicatrisation . Je vais m'occuper de prévenir Dimitri que tu ne viendras pas au casino ce soir.

Les garçons lâchèrent la jeune femme et cette dernière attrapa ce que sa mentor lui tendait. Elle la remercia et sortit du salon, exténuée. Meilan l'attrapa par son bras valide et la guida jusqu'à la voiture car elle titubait encore. Elle l'installa sur le siège passager, à l'avant, et les garçons les rejoignirent à l'arrière. La chinoise conduisit Réléna chez elle. Ils la raccompagnèrent tous à son appartement, l'installèrent confortablement dans son lit et s'assurèrent qu'elle avait tout ce qu'il faudrait à portée de main. La jeune femme avait avalé les gélules données par Sally, puis s'était endormie rapidement, soulagée d'être enfin chez elle, dans son lit douillet. Quant aux autres, ils prirent la direction du casino pour aller faire le point avec Dimitri sur cet échange. Ils croisèrent Catherine et Hilde qui sortaient justement du bureau de leur boss. Elles étaient revenues de leur mission également, sans aucun bobo de leur côté.

Une fois le point fait avec leur chef par intérim, ils leur fallait se préparer et reprendre du service. Ils se dirigèrent vers les loges, où ils purent se doucher et se changer. Ce soir là, un nouveau contrôle d'identité et de nombreux interrogatoires eurent lieu au casino, suite à la découverte de nombreux corps sans vie sur un terrain vague non loin de la ville par un joggeur en début de soirée. Une camionnette noire aux vitres teintées était recherchée, une personne âgée avait témoigné car elle avait vu ce véhicule passer à vive allure près de sa maison dans l'après-midi, deux fois, mais sans avoir eu le temps de noter l'immatriculation : la première fois vers les 14h15, et la deuxième fois, en sens inverse et encore plus rapidement, aux environs des 16h00. Il n'avait jamais vu cette camionnette auparavant et la police suspectait donc que le ou les passagers de ce véhicule soient les assassins. De plus, de nombreuses armes avaient été retrouvées près des corps. La police suspectait une rixe entre deux bandes rivales.

Jeudi, Appartement des g-boys, 9h00 :

Les garçons étaient rentrés assez tôt, vers les minuit, les clients ayant décidé de finir leur soirée plus tôt que d'habitude. Il faut dire que le contrôle de police les avait un peu refroidis. Les garçons étaient aussitôt rentrés et étaient tombés dans les bras de Morphée, leur journée ayant été suffisamment éreintante. Duo fut le premier à se lever, pour une fois. En réalité, il avait hâte d'aller voir sa meilleure amie afin de vérifier si elle avait bien repris du poil de la bête. Heero fut le suivant, peu de temps après. Il avait passé une excellente nuit, pas comme les précédentes. Mais il n'avait cessé de rêver de ce baiser échangé avec sa rivale et ça le travaillait. Il fallait absolument qu'il fasse le point avec elle, qu'ils se disent clairement que c'était un accident. Il ne voulait pas que cet incident ait des répercussion sur leur réconciliation. Duo lui fit un peu la conversation, lui exprimant à quel point il était heureux que lui et sa rivale se soient expliqués. Il faisait aussi des plans sur la comète pour le prochain retour de leurs amie avec eux. Les trois autres résistants ne se levèrent pas avant 11h00.

Duo quitta les garçons quelques minutes après avoir dîné avec eux, sur les coups de 13h, expliquant qu'il allait voir sa meilleure amie. Une fois arrivé devant la porte de la blonde, il toqua, et fut surpris que la porte s'ouvre aussi vite. Il fut accueilli par le sourire radieux de Réléna, qui l'invita à entrer. Elle semblait être en pleine forme, et la blessure de son bras était beaucoup plus jolie que la veille. Sally faisait des miracles avec ses doigts de fée.

Il lui demanda ce qui était arrivé la veille avec Vadim, et elle lui raconta tout, en omettant volontairement de parler du baiser échangé avec son rival. Elle savait bien qu'il se ferait des idées, il n'y aurait jamais rien entre eux. Lors de leur conversation, le natté s'extasia quelques secondes en expliquant qu'il avait hâte qu'ils soient enfin tous réunis sur L1. Son amie ne comprit pas pourquoi il avait l'air aussi enjoué de repartir sur cette colonie, puisqu'il semblait se plaire au casino et qu'ils pouvaient enfin se voir, mais elle n'y prêta pas plus attention et se contenta de lui sourire pour ne pas le vexer, ce qui suffit à Duo pour croire qu'elle aussi était contente de revenir. Or, elle n'avait même pas idée de la conversation que Sally avait eu avec ses compagnons d'armes, et ces derniers ne savaient toujours pas qu'elle avait annoncé à Sally qu'elle restait en Russie.

Au bout d'une heure, Duo s'excusa auprès de son amie. Il devait partir car il devait aller boire un verre avec Hilde et Catherine, qui voulaient également voir Trowa, Quatre et Wufei pour discuter des deux dernières soirées avec eux. Elles voulaient faire quelque chose de sensationnel. Il embrassa son amie sur le front et la quitta. Quelques secondes après, on toqua de nouveau à sa porte. Réléna leva les yeux au ciel : c'était sûrement Duo qui avait oublié quelque chose, comme à son habitude. Elle se dirigea vers la porte et l'ouvrit en déclarant :

-Alors tête en l'air, qu'as-tu oublié ?

Mais ce n'était pas Duo :

-Désolée Heero, je croyais que c'était Duo qui avait oublié quelque chose, s'excusa-t-elle. Il vient juste de partir.

-Je sais, j'attendais qu'il s'en aille. Je voulais te parler seul à seul, et j'ai fait en sorte qu'il ne me voit pas. Je ne voulais pas qu'il se fasse des films en me voyant ici, si tu vois ce que je veux dire.

Réléna acquiesça et le fit entrer, mal à l'aise de sa venue. Elle savait bien pourquoi il était là mais elle avait espéré ne pas le voir avant sa prise de poste. Elle lui demanda poliment si il voulait un rafraîchissement, mais son rival lui répondit par la négative. Il jeta un coup d'œil rapide à sa blessure et remarqua que ça allait déjà beaucoup mieux. Et la jeune femme semblait se porter à ravir :

-Tu as bonne mine, surprenant que tu sois déjà remise de l'épisode d'hier.

-Oui, Sally s'est bien occupée de moi et ses remèdes font des miracles. La plaie a déjà bien cicatrisé. Et puis après une bonne nuit de sommeil, j'avoue que ça va beaucoup mieux.

-Et ce bâtard, il a cherché à te recontacter depuis hier ?

-Non, mais il ne faut pas en vouloir à Vadim, c'est ma faute ce qui est arrivé, mais tu ne peux pas comprendre. Et crois-moi, à mon avis, il s'en veut terriblement.

Le silence se fit. Elle était gênée de le voir, et lui ne savait pas trop comment aborder le sujet qui le taraudait. Ils se tenaient l'un devant l'autre et se fuyaient du regard. Finalement, ce fut elle qui prit la parole :

-Écoute Heero, pour hier, je suis désolée, j'ai dérapé. J'aurais pas dû t'embrasser, c'était un accident, j'étais vraiment pas bien.

-T'es pas la seule fautive, j'aurais jamais dû y répondre, enchaîna le japonais. Pour le coup, moi je n'étais pas fiévreux, j'ai vraiment déconné. Et puis si tu n'avais pas stoppé ce baiser, je crois qu'on aurait fait une connerie.

Réléna avait refusé de s'attarder sur cette éventualité, mais effectivement, ça lui avait trotté dans la tête à son réveil, lorsque les évènements de la veille lui étaient revenus petit à petit en mémoire.

-Justement, on devrait arrêter d'en parler et faire comme si ça n'était jamais arrivé, déclara la blonde.

-Ça me convient, avoua le japonais. Amis ? Fit-il en lui tendant la main.

-Tu voulais plutôt dire rivaux non ? Corrigea la blonde en la serrant.

-Exactement, répondit le brun.

Ils furent satisfaits que cet épisode gênant soit rapidement réglé entre eux, mais lorsque leurs yeux se croisèrent, ils comprirent aussitôt qu'ils allaient probablement commettre la fameuse connerie dont parlait Heero, la flamme du désir illuminant soudain leurs pupilles. Heero ne put s'empêcher de tirer sa rivale vers lui et de lui capturer les lèvres. La blonde se laissa aller dans ses bras et répondit au baiser malgré elle. Leurs corps était clairement en feu, ils réclamaient de finir ce qu'ils avaient commencé la veille :

-Heero, on va faire une connerie, tu devrais t'en aller, lâcha la blonde entre deux baisers.

-Le problème c'est que je sens que cette connerie, t'as autant envie que moi de la commettre.

Son corps lui criait clairement que c'était le cas, et elle savait qu'elle ne pourrait pas résister si Heero ne se reprenait pas non plus. Mais il fallait qu'elle fasse fie de ses sentiments, parce qu'Heero, lui, ne l'aimait pas. Il ne fallait pas mélanger amour et désir dans ce cas précis. Et puis elle voulait passer à autre chose et cesser d'espérer un jour être avec lui, ils étaient totalement incompatibles, elle avait fini par le comprendre ces derniers jours. Aussi, elle finit par déclarer :

-A deux conditions : pas question d'aborder la possibilité d'un « nous », et ce sera la seule et unique fois.

-Très bien, ce sera purement sexuel alors, ça me convient très bien, enchaîna le japonais, chaud comme la braise.

Sur ces dernières paroles, il la souleva sans ménagement. Elle s'agrippa à son cou et entoura ses jambes autour de sa taille, tout en continuant de l'embrasser. Il la conduisit jusqu'à sa chambre, et la déposa sur son lit, tout en continuant de la dévorer. Une pluie de vêtements s'abattit dans toute la pièce et des gémissements de plaisir firent écho dans l'appartement. C'était la seule et unique fois, alors les deux rivaux s'en donnèrent à cœur joie.

Appartement des garçons, 16h00 :

Heero pénétra dans l'appartement qu'il occupait avec ses amis et le trouva anormalement silencieux. Il n'y avait pas âme qui vive, c'était bizarre. Pourtant, il n'était pas en retard, loin de là. Il se dirigea vers le salon mais personne ne l'attendait. Il sortit son portable de sa poche et remarqua enfin le texto que Quatre lui avait envoyé depuis presque une heure :

« Heero, nous sommes partis au casino rejoindre Hilde et Catherine afin de préparer les deux dernières soirées. Nous t'avons laissé le 4x4, les filles sont passées nous chercher. Rejoins-nous directement là-bas une fois ta course terminée ».

Heero sourit malgré lui, amusé par la situation. Il avait prétexté devoir faire une petite course afin de partir sans éveiller de soupçons. Et il était plutôt satisfait que personne ne l'attende à son retour, il n'avait pas d'explication à donner sur le fait qu'il n'avait rien ramené, à part un agréable souvenir. Il en profita pour aller se doucher et se changer, puis il attrapa les clés du véhicule et sortit rejoindre les autres. Sur la route, il repensa à ce qui venait de se passer avec sa rivale, qui l'avait littéralement jeté dehors après leurs ébats. C'était assez drôle en y repensant, elle avait fait comme si de rien n'était, s'était relevée fièrement en assumant sa nudité, et était partie se doucher en déclarant « tu connais la sortie, je ne te raccompagne pas ». Ça avait été cache mais très clair, elle appliquait à la lettre ses conditions, et comme il avait précisé que ça lui convenait, il n'avait rien à redire et devait s'en aller. Il avait dû aller à la chasse aux vêtements, éparpillés dans toute la chambre, et une fois habillé, il avait quitté rapidement l'appartement.

Au casino, il retrouva Duo, Trowa, Quatre et Wufei qui étaient installés à une table de jeu. Ils étaient en pleine partie de yam. Ils avaient terminé leur entretien avec les filles depuis un petit moment déjà. Ils terminèrent leur partie et en débutèrent une nouvelle avec Heero.

-T'en as mis du temps à nous rejoindre, c'était quoi cette course urgente ? Demanda Wufei.

-Un truc que J m'a demandé, se contenta de répondre Heero.

Il savait que les autres ne lui en demanderaient pas plus, les affaires de J n'intéressaient personne, il avait donc trouvé la parade idéale. Quatre sentit qu'il avait lâché un peu prise et il en profita pour le sonder quelques instants. Il sentit quelque chose de louche chez son ami, une sorte de satisfaction, comme si il avait assouvi quelque chose. Il trouva ça surprenant venant de sa part, et se promit d'éclaircir cette énigme au plus vite.

Sally sortit du bureau de Dimitri et descendit à l'étage. Elle y retrouva Heero, Duo, Trowa, Quatre et Wufei, qui jouaient une partie de Yam en attendant de prendre leur service au casino. Cela tombait bien qu'ils soient réunis, elle ne leur avait pas encore annoncé la mauvaise nouvelle et il était temps, samedi arrivait à grand pas. Elle les salua et s'installa à la table de jeu avec eux. Elle garda le silence tout en les regardant jouer, et se remémora les moments où son élève jouait à ce jeu avec eux, lorsqu'elle était plus jeune. Elle s'installait toujours entre Duo et Quatre dans ces moments là. Quatre, la trouvant pensive, décida de la sonder et il sentit son mal être.

-Ça ne va pas Sally ? Demanda Quatre, inquiet.

Les quatre autres coéquipiers tournèrent aussitôt leur visage vers elle.

-Si si, ça va très bien, ne t'en fais pas, répondit la concernée avec un mini-sourire.

-Allez Sally, quelle que soit la chose qui te tourmente, laisse la de côté. Il ne nous reste plus beaucoup de temps avant d'être tous réunis sur L1 ! Fit Duo, joyeux.

-Oui... Tous... Furent les seuls mots saccadés prononcés difficilement par la jeune femme, l'air morose.

Duo n'y fit pas attention, mais ses quatre amis avaient compris qu'il y avait un problème.

-Tu veux boire quelque chose de frais ? Proposa Duo.

-Oui, je veux bien, répondit Sally, toujours l'air désabusé.

Duo se leva et se dirigea vers le bar, où il demanda une boisson pour la blonde au barman. Trowa en profita pour demander à Sally :

-Pourquoi nous as-tu rejoint autour de la table ? Tu as quelque chose à nous dire ?

-En effet, j'ai une mauvaise nouvelle, répondit Sally.

-Laquelle ? Demanda Quatre.

-En fait, on ne rentre pas tous sur L1.

-Comment ça ? Requestionna Quatre.

Il ne comprenait pas où elle voulait en venir, mais les autres avaient tilté, il n'y avait rien à ajouter.

-Mon élève ne rentre pas, termina Sally.

Quatre tomba des nues.

-Mais pourquoi ? Demanda Quatre.

Sally se tourna vers Heero et lui lança un regard de reproche, sans rien ajouter. Les autres ne comprenaient pas sa réaction.

-Sally, pour information, nous ne sommes plus fâchés elle et moi, on s'est expliqués (et même plus qu'expliqués, sourit-t-il intérieurement). Tu ne l'as pas remarqué hier ? Alors ne me regarde pas avec tes yeux plein de reproches.

-Ah, je ne savais pas, excuse-moi, je n'avais pas remarqué non. J'étais plutôt concentrée sur mon élève et sa balle dans le bras. Quand elle m'a dit qu'elle préférait rester au service de Dimitri, vous étiez encore fâchés.

-Alors peut-être qu'elle a changé d'avis, ajouta Quatre.

-J'en doute, répondit Sally. Il n'y a pas que cette dispute qui la motivait à rester en Russie. Elle était déterminée la dernière fois. Elle est totalement dévouée à Dimitri et souhaite rester à son service.

-Qui est volontaire pour le dire à Duo ? Demanda Wufei en croisant les bras.

-Me dire quoi ? Fit Duo en revenant.

Tous les regards se tournèrent vers lui, et il put apercevoir leur tête dépitée, sauf Heero qui restait stoïque. Il posa la boisson devant Sally, qui le remercia, et se réinstalla à sa place. Puis il ajouta :

-Alors, qu'est-ce que vous devez me dire ?

Les autres se regardèrent tous gravement, puis Sally déclara :

-Réléna est mon élève, c'est à moi de lui annoncer. Voilà Duo, je t'avais dit que Réléna allait rentrer avec nous.

-Oui, j'ai hâte, ajouta Duo en souriant.

Sally posa ses mains sur ses épaules et ajouta, en le regardant dans les yeux :

-Mais elle a décidé que sa place était toujours auprès de Dimitri.

Le sourire de Duo s'effaça aussitôt, laissant place à un regard empli de tristesse.

-Je suis désolée Duo, je n'ai pas réussi à la convaincre de revenir. Elle était trop butée.

Ce dernier se leva et prit la direction du jardinet à l'arrière. Quatre partit aussitôt à sa suite pour tenter de lui remonter le moral. Quant aux autres, ils semblaient estomaqués. Ils ne s'étaient pas attendus à cela, car Sally n'avait émis aucune possibilité de refus de son élève à la base. Leur équipe ne serait finalement pas au complet. Bien entendu, ils avaient toujours compris que Réléna et Sally étaient un peu à part dans le mouvement de résistance créé par leurs mads, qu'elles étaient surtout des soutiens et non pas membres à part entière de cette organisation. A la base, Sally faisait partie d'un autre mouvement de résistance, mais pour eux, Réléna avait toujours été la sixième pièce de leur puzzle, car présente à de nombreuses reprises à leur côté. Et puis ils avaient tous créé des liens personnels avec elle. C'était une grosse déception pour eux, ils devaient bien l'admettre. Même Wufei fulminait un peu, mais il refusait de l'admettre à haute voix.

Grigory arriva vers les 17h45 et salua la petite bande, qui terminait une partie de poker. Réléna fit son entrée quelques instants plus tard, vêtue d'une robe blanche aux manches longues afin de cacher la blessure de son bras, et les salua tous à son tour. Elle était complètement remise des évènements de la veille, ce qui les surprit. Hilde et Catherine étaient à sa suite et récupérèrent les garçons sur leur passage en les attrapant par les bras, ayant hâte de commencer ce qu'elles avaient minutieusement préparé avec eux. Heero rejoignit Grigory près de l'entrée, et ce dernier demanda à son ami :

-Ça s'est arrangé avec Réléna, pas vrai ?

Heero acquiesça et lui expliqua les évènements de la veille, il ne l'avait pas fait le soir précédent. Lorsqu'il aborda le sujet « Vadim », et qu'il ajouta que bizarrement, Réléna ne lui en voulait même pas, Grigory grimaça. Il expliqua à Heero que leur couple avait été très fusionnel, mais que les relations entre Réléna et Vadim avaient toujours été très tendues. Elle l'avait quitté très brusquement et s'en voulait toujours, raison pour laquelle elle ne reprochait rien à Vadim. Mais ils se promit que la prochaine fois qu'il le verrait, il lui en toucherait deux mots. Puis il lâcha :

-Et sinon vous vous êtes juste réconciliés ? Y'a rien eu de spécial ?

Heero leva un sourcil, surpris de sa question.

-Je suis déçu, je m'attendais à un final un peu plus romanesque et passionné.

Heero ne put s'empêcher d'afficher un mini-sourire quelques secondes, et Grigory insista :

-Ça veut dire quoi ça ? Il s'est passé un truc entre vous ?

-Ça veut rien dire du tout, se contenta de répondre le japonais.

-T'es pas drôle, enchaîna le russe. Je veux savoir !

Heero leva les yeux au ciel et lâcha :

-Arrête, on dirait Duo là. Je n'ai rien à confesser, désolé pour toi.

-D'accord, j'en conclus donc qu'il s'est passé quelque chose avec elle mais que tu as décidé de garder ça pour toi, c'est très égoïste, je suis déçu de ta part, je croyais qu'on était amis, fit-il, faussement attristé.

-Arrête, tu vas me faire pleurer, lâcha Heero, stoïque.

Grigory pouffa aussitôt, et essaya encore un peu de lui tirer les vers du nez. Mais n'arrivant à rien, il déclara, tout en tournant son visage vers le bar :

-Très bien, il ne me reste plus qu'à interroger miss Désideria !

-Bon courage, lâcha Heero en souriant malicieusement.

Grigory, qui regardait toujours dans la direction du bar, vit Duo débarquer dont ne sait où, l'air contrarié, se diriger d'un pas rapide vers sa meilleure amie. Il était déjà vêtu de son habit de danseur mais son service n'avait pas encore débuté. Réléna était en train de mettre de l'ordre derrière le bar, pendant que Nicolai servait les clients. La voix grave, le natté s'adressa à sa meilleure amie :

-Je peux te parler deux minutes ?

La blonde parut surprise du ton employé par son ami de toujours. Elle s'excusa auprès de Nicolai et suivit Duo qui la conduisit dans la loge des filles. Il ferma la porte et déclara aussitôt :

-Sally nous a annoncé que tu ne rentrais pas avec nous tout à l'heure. Pourtant j'étais persuadé que tu allais accepter, je croyais que tu étais ravie de nous voir. Je veux connaître la raison de ton refus.

La blonde ne s'attendait pas à ça. Elle pensait qu'il voulait lui confier quelque chose de plus personnel. Mais elle comprenait à présent mieux pourquoi dans l'après-midi, il s'était extasié sur le fait qu'ils soient bientôt tous réunis sur L1. Sally avait dû s'avancer trop vite en annonçant aux garçons qu'elle allait revenir avec eux samedi, et elle ne leur avait révélé son refus qu'en fin d'après-midi.

-Écoute Duo, je n'ai vraiment pas envie de me disputer avec toi à ce sujet, je l'ai déjà fait avec Sally. Je ne rentre pas, un point c'est tout.

-C'est à cause d'Heero, pas vrai ? Lâcha Duo, dépité.

-Duo, ce n'est pas à cause de lui, même si je l'avoue, son comportement avait grandement confirmé mon choix de rester ici au départ. Tu as bien vu qu'on n'était plus fâchés (on s'est même plutôt bien rabibochés, pensa-t-elle). Je n'avais pas prévu de rentrer, c'est Sally qui a voulu me l'imposer. J'ai refusé, ma vie est ici, c'est tout.

-Je ne te crois pas, je suis sûr que tu lui en veux encore. Je te connais, même quand tu acceptes des excuses, tu n'oublies pas. Je suis sûre que si tu n'avais pas eu cette engueulade avec lui, tu aurais accepté de revenir. J'ai raison pas vrai ?

-Peut-être bien que oui, ou peut-être bien que non, fit une autre voix qui venait du fond de la loge.

Duo parut surpris, mais pas Réléna. Une jeune femme brune vêtue d'une belle robe de danse bleu nuit apparut. C'était Catherine :

-Désolée, j'ai assisté à tout votre échange, et j'ai pas pu m'en empêcher, fit-elle en souriant.

-Ce n'est pas grave, répondit son amie. De toute façon, notre conversation était terminée. Il n'y a rien à ajouter.

-Mais Léna… Commença Duo.

Il ne put terminer sa phrase, car tout en prononçant sa dernière tirade, sa meilleure amie avait ouvert la porte de la loge, puis était sortie. Catherine approcha de Duo, et se rendit compte qu'il avait la mine déconfite. Pour lui remonter le moral, elle déclara :

-Tu sais, elle se plaît bien ici, et nous on a besoin d'elle. Ça nous embêterait qu'elle s'en aille comme ça. Et puis on l'aime beaucoup.

-Je m'en doute, fit Duo en souriant. Elle n'est pas difficile à vivre et elle a le don de se faire des amis partout où elle passe. Elle est adorable.

-Allez Duo, ne baisse pas les bras. Vous finirez bien par être réunis un jour.

Ils sortirent de la loge ensemble, en discutant des morceaux qui allaient être joués dans la soirée et des types de danses qu'ils allaient exécuter, ainsi que de la surprise qu'ils avaient prévu pour la soirée. Hilde les rejoignit une dizaine de minutes plus tard, vêtue d'une belle robe de soirée noire. Duo la trouvait de plus en plus magnifique. Il ne put s'empêcher de dire à la chanteuse qu'il la trouvait ravissante, et cette dernière devint aussitôt cramoisie. Elle le remercia en balbutiant, alors que Catherine pouffait dans son coin en voyant la scène. Trowa, Quatre et Wufei les rejoignirent quelques instants plus tard et se demandèrent pourquoi Duo et Hilde semblaient si gênés en croisant leur regard.

Ils aperçurent Meilan qui se frayait un chemin pour sortir du casino, un sac de sport à la main. Elle avait terminé son service et ne souhaitait qu'une chose : rentrer chez elle, manger et dormir. Elle les aperçut et leur fit un signe de main rapide, auquel ils répondirent aussitôt. Duo remarqua le clin d'œil que Wufei lui lança. Serait-il possible qu'il lui ai fait comprendre qu'il la rejoindrait une fois son service terminé ici ? Oui, c'était très probable, il devait vouloir profiter des deux dernières nuits avec elle avant de repartir sur L1.

Au bout de trois heures de service, Réléna abandonna Nicolai quelques instants. Elle attrapa sa veste, se dirigea vers Grigory et lui demanda :

-J'ai une très grosse envie d'en griller une mais j'ai oublié mon paquet à mon appartement, tu peux me dépanner ?

Grigory sortit un paquet de cigarettes et en tendit une à son amie.

-Tu fumes maintenant ? Demanda Heero, surpris.

-De temps en temps, répondit la blonde, amusée. Pourquoi ? T'es jaloux, t'en veux une aussi ?

Heero leva les épaules, pourquoi pas ? Ça lui permettrait de faire une pause et de discuter un peu avec elle, il voulait justement s'entretenir avec sa rivale. Grigory lui tendit une cigarette également, et la blonde l'invita à aller au jardinet la griller tranquillement. Après quelques bouffées, Heero lâcha :

-C'est pas ma première, et pourtant, je trouve ça toujours dégueulasse. L'autre soir, en boîte de nuit, je les ai enchaînées pour passer le temps, et pourtant, je trouvais le goût toujours aussi abjecte.

La blonde pouffa et répondit que normalement, seules les premières étaient les plus difficiles à passer. Ce n'était peut-être tout simplement pas son truc, ce qui n'était pas plus mal au final.

Le silence se fit, et Réléna remarqua une expression étrange passer dans les yeux du japonais, quelque chose l'ennuyait :

-Toi, y'a un truc qui te chiffonne, lâcha-t-elle.

-Pas du tout, répondit son rival, stoïque.

-Arrête, je te connais par cœur, enchaîna la blonde. Vas-y, accouche, je sens que tu as un truc à me dire.

Heero hésita quelques instants, il ne voulait pas que la discussion parte en vrille, il venait à peine de se réconcilier avec elle. Mais devant son regard insistant, il finit par déclarer :

-C'est juste que tout à l'heure, Sally nous a annoncé que tu ne rentrais pas avec nous.

-Exactement, répondit la blonde. Duo est déjà venu m'en parler. Où est le problème ?

-Aucun problème, répondit Heero au bout de quelques secondes.

Mais après plusieurs bouffées de sa cigarette, il commença une phrase qu'il ne termina pas :

-C'est juste que…

-C'est juste que quoi ? S'énerva sa rivale.

Réléna s'énervait parce qu'elle savait très bien où il voulait en venir, vu le regard de reproche qu'il lui lançait. Ce comportement l'irrita davantage :

-Heero, on avait un accord, on avait dit une seule fois et pas question de parler d'un possible « nous », tu as déjà oublié ?

-Je n'ai pas oublié, je pensais juste que…

-Que je changerai d'avis une fois revenue sur L1 ? Et bien non Monsieur Yui !

-Si ça se trouve, un « nous » ce ne serait pas si mal.

-HEERO ! ON A DIT PAS QUESTION DE PARLER D'UN POSSIBLE « NOUS » BORDEL ! ON ETAIT D'ACCORD ! S'emporta la blonde.

-Putain, tu m'énerves, tu ne veux pas changer de disque un peu ? Ne put s'empêcher de rajouter le japonais.

Réléna le regarda droit dans les yeux :

-Heero, je t'ai laissé des années et tu ne t'es jamais intéressé à moi. Maintenant je veux passer à autre chose. On n'est pas compatibles tous les deux, tu le sais bien.

-Tu n'as pas aimé, c'est ça ?

Réléna fut prise d'un fou rire et répondit, une fois calmée :

-Pourquoi il faut toujours que les mecs posent cette question ? Est-ce que tu veux vraiment que je te réponde ? Tu penses vraiment que je n'ai pas aimé ?

Heero se tapa la tête mentalement. Il s'était repassé la scène plusieurs fois dans la tête dans la soirée, malgré lui, et effectivement, sa question était débile, ils avaient clairement aimé tous les deux ce petit moment intime vu les gémissements de plaisir qu'ils avaient échangé. Mais la blonde avait été très claire, ça serait la seule et unique fois.

-Alors ce qui s'est passé, ça ne compte pas du tout pour toi ?

-C'était purement sexuel Heero, et pour toi aussi.

-Je croyais que t'étais amoureuse de moi, non ?

-Et alors, qu'est-ce que ça va changer ? En plus je t'ai dit que je voulais passer à autre chose. Toi tu ne m'as jamais aimée, et tu ne m'aimeras jamais. Dis le contraire pour voir ? Le défia la blonde.

Heero garda le silence, il n'avait jamais été très à l'aise avec l'expression de ses sentiments. Mais elle avait raison, il ne l'aimait pas. Il revêtit aussitôt le masque du soldat parfait et la blonde, satisfaite de l'avoir mouché, allait s'en aller, quant la porte s'ouvrit pour laisser apparaître John, habillé en civil. Surprise, la blonde tiqua. Elle n'avait rendez-vous avec lui que le lendemain dans l'après-midi normalement :

-J'étais trop pressé de te voir, désolé, j'ai pas pu attendre demain. Ton collègue au bar m'a dit que je te trouverais ici. Je vous dérange peut-être ? Finit-il en remarquant la présence d'Heero.

-Non, pas du tout. Pour ma part, j'y retourne, répondit le soldat parfait.

Il passa devant John, écrasa sa cigarette dans le cendrier près de l'entrée, et laissa les deux tourtereaux seuls. Lorsqu'il passa la porte, la blonde sauta aussitôt dans les bras de son visiteur, ravie de le voir. Oui, elle avait besoin de passer à autre chose, et cette autre chose était devant elle. John répondit à son étreinte et posa ses lèvres sur les siennes. Enfin, il avait décidé de passer à la vitesse supérieure, elle n'attendait que ça. Elle répondit aussitôt à son baiser, qui dura plus longtemps qu'elle ne le pensait. Devant l'afflux des clients, Nicolai était venu les interrompre, tout en s'excusant, car il avait besoin de sa collègue. Celle-ci avait fait durer sa pause plus qu'il ne le fallait, il était temps qu'elle reprenne son service. Avant de s'en aller, elle glissa quelque chose à l'oreille du jeune homme, qui sembla apprécier la proposition de sa petite-amie vu son sourire. Celle-ci fouilla dans une poche de sa veste et lui tendit le double des clés de son appartement. Elle l'y rejoindrait après son service. Elle avait plus qu'hâte d'y être.

Après 22h00, une fois les clients bien échaudés, Duo et Catherine décidèrent de mettre en scène leur surprise : Hilde leur interpréta « Time of my Life »2, accompagnée de ses trois musiciens motivés plus que jamais, et les deux danseurs exécutèrent la fameuse chorégraphie finale du film « Dirty Dancing », accompagnés de toute la troupe. Ce film, qui avait traversé les âges, était encore culte à leur époque. Ils allèrent jusqu'à exécuter le fameux porté final, sous les acclamations du public et la surprise du personnel.

Le Casino se vida vers 2h00 du matin, les clients étant plus que satisfaits de l'ambiance. Alors que Duo discutait joyeusement avec sa meilleure amie au bar, Heero et Grigory les rejoignirent. Grigory en profita pour demander un rafraîchissement à la blonde, qui lui tendit une bière bien fraîche, sa préférée. Heero lui demanda poliment la même chose, Grigory n'avait pas arrêté de lui conter les louanges de celle-ci.

-Vous croyez vraiment que c'est l'heure pour boire une bière ? Fit Duo à l'encontre des deux hommes.

-Il n'y a pas d'heure pour les bonnes choses, lâcha Grigory en souriant. Bois-en une, c'est une tuerie !

-La bière, c'est pas vraiment ce que je préfère et...

Duo n'eut pas le temps de terminer sa contestation, son amie avait déjà déposé une bouteille en verre devant lui. Elle en avait également attrapé une pour elle.

-Goûte !Enchaîna Grigory au natté. Tu n'as pas le droit de refuser, c'est un don du ciel cette bière.

Duo attrapa la bouteille et vit qu'il s'agissait d'une spécialité de Russie.

-Santé ! Fit sa meilleure amie en faisant tinter sa bouteille avec la sienne.

Duo se surprit à trouver la boisson très à son goût. Les autres les rejoignirent peu de temps après et trinquèrent avec eux. Hilde et Catherine discutèrent un peu avant de partir, puis Dimitri et Sally quittèrent à leur tour le casino. Grigory fut le suivant, il raccompagnait Asya chez elle, et il ne resta bientôt plus que les cinq résistants et leur amie.

-Je propose de lever nos verres à nouveau, fit Duo joyeusement.

-Ah oui, et tu veux trinquer à quoi ? Demanda Wufei.

-Mais voyons, à nous six, répondit le natté en souriant, quoi d'autre ? Amis pour la vie, lâcha-t-il en levant sa bouteille.

-Amis pour la vie ! Répondirent les autres en faisant choquer leur bouteille avec la sienne.

Ils quittèrent le casino quelques instants plus tard, et des vigiles fermèrent les portes derrière eux, annonçant qu'une nouvelle page de leur vie commune se terminait.

….

Fin de ce chapitre, en espérant qu'il vous ait plu.

1Oui, je sais, ça vous rappelle quelque chose n'est-ce pas ? Pour ceux qui ne se souviennent pas, c'est la scène inverse dans l'animé.

2Interprétée en 1987 par Bill Medley et Jennifer Warnes pour le film « Dirty Dancing »