Le gouffre était tellement profond qu'il en était noir. Comme l'abîme s'était ouverte sous les pieds de Macaria, elle y tomba directement tandis que Demeter ne pouvait qu'assister à la chute de sa petite-fille bien trop figée par l'odeur de la mort qui sortait de ce portail menant droit vers les Enfers.
— Devons-nous la suivre, Reine Demeter ? lui demanda une dryade à la peau verdâtre.
Si sa voix était assurée et empreinte d'un profond respect, une once de peur était perceptible. La déesse de l'agriculture la sentait et elle-même éprouvait une certaine appréhension à la vue de ce trou béant.
— Inutile, dit-elle. De toute manière, elle ne trouvera aucun secours en bas. Menez à moi ma fille. J'ai quelque chose à lui dire.
Ignorant ce qui se tramait à la surface, Macaria continuait sa descente vertigineuse et à grande vitesse. Bien qu'un peu apeurée par la rapidité où elle s'était retrouvée en chute libre, un sourire ornait son visage. Elle avait réussi. Sous l'effet de la peur, son cosmos était entré en résonance avec l'énergie des Enfers et avait ouvert une brèche pour lui permettre d'y entrer.
Pour une déesse apparentée aux psychopompos, Macaria avait naturellement la possibilité d'ouvrir une porte vers l'au-delà pour y guider les âmes. Rares étaient les dieux qui pouvaient faire autant. Ils n'étaient qu'une poignée en dehors d'Hadès à pouvoir entrer aussi impunément dans le monde des morts. Il y avait bien entendu Melinoe qui le pouvait, Hermès qui était le psychopomp par excellence mais aussi Hecate, grâce à ses arts occultes et Thanatos en sa qualité de dieu de la mort.
Sinon, les autres divinités devaient y entrer par d'autres moyens. Les spectres au service de son géniteur avaient aussi une certaine liberté de ce côté-là mais ils ne pouvaient pas ouvrir véritablement de passages et devaient se contenter de passer par ceux déjà conçus.
Toujours était-il que peu importe le moyen, tout le monde devait passer par les Enfers tôt ou tard. Mortels ou dieux.
L'atterrissage de Macaria fut loin d'être brutal. Au contraire, des limbes de brume l'entoura tel des mains et lui permirent de se poser en douceur sur le sol noir. Un message réconfortant lui rappelant qu'elle était chez elle, loin du danger.
Tombant à genoux, la déesse de la mort s'octroya quelques secondes pour respirer et reprendre ses esprits. Doucement, son aura violette s'estompa et elle se redressa.
Les Enfers… l'obscurité, son aura particulière et son odeur étrange de souterrain et de mort. Tout ceci aurait rendu fou de terreur un humain mais pour Macaria, c'était la douceur de son foyer. Une sensation qui lui rappelait les siècles passés dans ce lieu hors du temps. Ses jeux avec certains spectres qui se trouvaient plus ou moins forcés de faire une partie de cache-cache ou de lui courir après.
Puis plus tard, ses longues conversations avec sa sœur ou Pandore. Parfois, elle rejoignait un des juges dans son palais pour boire et discuter. Et même si le favoritisme envers l'armée des Enfers était proscrit, Macaria avait toujours eu une affection profonde pour les juges. Elle se sentait bien avec eux. Et notamment Rhadamanthe. À cette pensée, un sourire fleurit sur son visage alors qu'elle commençait à courir dans l'un des souterrains. Elle allait enfin tous les revoir.
Et quand sa mère et sa sœur seront de retour, elle pourrait retourner à la bibliothèque avec Rune, se balader sur l'Achéron avec Charon ou encore partager un verre de whisky avec Rhadamanthe. À moins qu'elle n'aille jouer de la cithare avec Pandore. Ou alors elle pourrait aider Valentine pour la préparation du repas en compagnie de Veronica. Sauf si elle préférait lancer une pelote de laine à Cheshire.
Mais bien sûr, avant tout ça, elle ferait un câlin à son père. Et retrouver Thanatos à Elysion.
Dans son esprit, rien n'avait bougé. Quand elle serait devant l'Achéron, elle irait à Giudecca en priorité et elle pourrait donner la relève à son père. Elle s'imaginait déjà dans ses bras et se serrer contre lui et laissant son aura l'apaiser.
Mais cette douce idylle se brisa subitement quand elle sortit du tunnel.
Le néant. Il n'y avait rien. Seulement l'obscurité régnait sans aucune prison. L'Achéron laissait flotter divers objets dans ses eaux grises. Aucune trace des spectres ni de son père. Sentant le stress la gagner, Macaria étendit son cosmos dans l'espoir d'en trouver un autre. La seule chose qu'elle sentit fut un cosmos chaleureux mais étranger à ce lieu. Néanmoins, la déesse le connaissait.
— Athéna ? s'étonna la princesse des Enfers. Mais pourquoi est-elle venue ici ?
La présence de sa tante dans le monde souterrain la rendait perplexe mais aussi l'inquiétait. Pourquoi s'est-elle rendue auprès de son père ? Bien qu'en très bons termes, la déesse de la guerre évitait les Enfers comme la peste. Quelque chose de grave avait dû se produire pour qu'elle prenne la peine de venir en personne en ce lieu.
Mais elle était partie. Ne subsistait d'elle que des bribes de cosmos. Leur chaleur réconforta un peu Macaria. L'aura de la sœur de sa mère avait toujours eu un effet apaisant sur elle.
Mais ce sentiment de bien-être disparut rapidement quand elle remarqua qu'elle ne sentait pas du tout le cosmos de son père. Ni d'Hypnos et de Thanatos d'ailleurs. L'angoisse serra son cœur dans un étau de fer et de glace. Ses battements accélèrent et elle se mit à courir un peu partout au hasard.
Elle n'avait plus de points de repère. Tous les bâtiments avaient disparus ainsi que les prisons. Subsistait uniquement les trois fleuves qui charriaient divers débris.
— Je ne comprends pas, gémit Macaria en prenant sa tête entre ses mains. C'est papa qui a créé les Enfers comme ils sont aujourd'hui. C'est son cosmos qui permet d'assurer le bon fonctionnement de tout ça. Pourquoi tout s'est effondré ?
Elle tenta à nouveau de sentir un autre cosmos mais sans succès. Agrippant ses cheveux de ses doigts, elle poussa un long gémissement. Pourquoi les Enfers étaient-ils que ruines ?
Soudainement, une des paroles de Demeter la frappa tel une massue: elle avait dit que son père ne pouvait rien pour elle.
Ce fut à cet instant qu'elle comprit: il était arrivé quelque chose de terrible et très grave. Suffisamment pour qu'Athéna vienne aux Enfers. Avait-elle aussi trouvé le monde des morts dans cet état ? Et avait-elle vu son père ? Était-il à la surface avec les dieux jumeaux ?
Elle se remit à marcher, plongée dans ses réflexions. Qu'est-ce qui avait provoqué ça ? Une évasion du Tartare ? Une guerre entre son père et quelqu'un ? Mais contre qui ? Hadès restait loin des conflits. Il préférait sa vie tranquille aux Enfers en compagnie de sa famille et de son armée. Et qui serait assez fou pour défier l'un des Olympiens les plus puissants ?
Toute à ses pensées, Macaria trébucha sur quelque chose de dur. Elle baissa les yeux vers ce que son pied avait tapé. Il s'agissait d'un morceau de métal. La jeune femme le ramassa avec précaution pour que les bords tranchants n'entament pas sa peau. Elle sentit la froideur et l'aura de l'orichalque. C'était un morceau de surplis.
Cette découverte confirmait ses pires craintes: un combat de grande envergure avait éclaté aux Enfers. Ce qui signifiait que les spectres avaient été décimés. Ses grands yeux verts se remplirent de larmes alors que les souvenirs des siècles passés auprès de ces hommes et femmes refaisaient surface. Sans son père, ils ne pouvaient pas revenir à la vie. Elle ne possédait pas ce pouvoir là.
Le choc et la tristesse eurent raison de son équilibre et elle tomba au sol. Les sanglots qu'elle essayait de contenir s'échappèrent de sa gorge et les larmes redoublèrent d'intensité. Seule. Elle était toute seule sans armée et sans Hadès. Elle ne sentait aucun autre cosmos. Elle était complètement isolée dans ce lieu qui avait été le domaine de son père autrefois. Sa détresse était telle que son cosmos l'entoura d'une aura violette.
— Papa ! cria Macaria. Où es-tu ?! J'ai besoin de toi, viens !
Ses larmes s'écrasaient sur le sol sombre sans discontinuer. La déesse avait l'impression qu'on venait de lui arracher le cœur. Car petit à petit la réalité s'imposait à elle: si les Enfers avaient disparus cela signifiait que son père n'était plus. Comment un dieu pouvait-il disparaître ? Il n'y avait pas trente-six mille solutions: on l'avait supprimé par le biais d'une arme divine.
— Papa, gémit la jeune fille. Pourquoi ?! hurla-t-elle. Pourquoi s'être débarrassé de lui ?! Il n'avait rien fait de mal !
Sa douleur était telle que son cosmos jaillit en cascade de son corps, plongeant dans le sol. Rapidement, le cosmos de sa mère et de sa sœur rejoignirent le sien dans des éclats de violet foncé et de vert émeraude. Quelques fleurs poussèrent alors que les pouvoirs de sa sœur se mêlaient aux siens pour pénétrer dans la terre alentour.
Rapidement, un endroit non loin de Macaria se mit à luire et à bouger prenant l'apparence d'un corps. D'abord constitués de cendres, il commença à prendre, lentement, une apparence plus humaine. Les cosmos combinés des déesses de la mort, des fantômes et du printemps semblaient les avoir sortis du sommeil éternel.
C'était très impressionnant surtout la quantité de cosmos nécessaire pour réussir pareil exploit. Miracle réservé à Hadès.
Macaria ne le remarqua pas de suite mais quand du cosmos jaillit, elle leva les yeux pour voir un homme tomber au sol. Il ne bougeait pas mais la faible énergie qu'elle sentait lui permettait d'affirmer qu'il était en vie. Alors qu'il n'était que des cendres il y a encore quelques minutes.
Intriguée, elle s'approcha. Une stature imposante, des cheveux blonds coupés courts et une peau pâle. Des attributs qu'elle connaissait bien et qui ne pouvaient appartenir qu'à une seule personne de sa connaissance.
— Rhadamanthe ! s'exclama-t-elle partagée entre surprise et joie.
Au moins, elle n'était plus toute seule. Le juge allait pouvoir l'aider et la renseigner sur ce qui était arrivé.
Posant la main sur le dos du spectre, la jeune femme lui transféra un peu de son cosmos et attendit quelques secondes.
Après ces secondes angoissantes, où il ne bougeait pas, le juge prit une profonde inspiration et toussa violemment en se redressant lentement et difficilement. Il était en vie ? Pourtant, il avait bien senti son corps se faire engloutir et détruire par la Galaxian Explosion de ce chien d'Athéna.
Il ressentait d'ailleurs des douleurs sourdes un peu partout. Un peu comme s'il avait été un puzzle qu'on avait reconstitué. La même sensation que quand son seigneur le ramenait auprès de lui.
Et si il ressentait cela, ça voulait dire que… le dieu des morts avait enfin gagné. Athéna avait été défaite et….
Non. Quelque chose clochait. Tout était calme et surtout absent de cosmos. Il parvenait à sentir celui de la déesse la guerre, une sorte d'aura empli de guimauve et de bons sentiments, mais pas celui froid et empli de douleur de son maître.
Cependant, il finit par en sentir un autre. Beaucoup plus doux mais marqué par l'empreinte de la mort. Il ressemblait un peu à celui d'Hadès. Une aura qui ne lui était pas étrangère. Il l'avait maintes fois sentie il y avait des siècles de cela.
Il tourna la tête et son cœur loupa un battement en voyant la jeune femme aux cheveux noirs et yeux verts qui le fixait. Autour d'elle, une aura presque lilas commençait à s'estomper. ses yeux s'écarquillèrent en la reconnaissant.
— Dame Macaria ? fit-il surpris.
Elle hocha la tête avec un petit sourire. Et, sans crier gare, alla se réfugier dans ses bras. Le spectre la laissa faire n'osant la repousser. Il n'en avait pas vraiment l'envie de toute façon. Pendant un moment, il resta silencieux, laissant la déesse se serrer contre lui. Ce n'était pas la première fois qu'elle le serrait dans ses bras mais après plus de mille ans, c'était presque irréel comme contact. Pourtant, il devait briser ce moment pour lui poser toutes les questions que tout le monde aux Enfers se posaient depuis des temps antiques.
— Ma dame, pardonnez mes questionnements mais je voudrais savoir où vous, votre sœur et votre mère êtes allées. Votre père était fou d'inquiétude à votre sujet.
Le sourire sur les lèvres de Macaria se fana alors qu'elle se reculait un peu pour lui faire face.
— C'est une longue histoire, dit-elle en triturant sa cape déchirée.
Ce fut à ce moment que le jeune homme vit ses blessures et ses habits en piteux état et tâchés de sang doré.
— Que s'est-il passé ? Pourquoi saignez-vous ainsi ?
Macaria allait répondre quand un gémissement derrière Rhadamanthe leur fit regarder dans cette direction.
Quand la fille d'Hadès avait activé son cosmos, celui de sa mère et de sa sœur avaient fusionnés avec le sien, pendant un court instant, et permis de recréer, et de ramener à la vie, Rhadamanthe à partir de cendres mais il n'avait pas été le seul à bénéficier de ce miracle. En effet, un homme à la longue chevelure bleu clair se redressa brutalement en toussant. En dehors de ses cheveux, l'autre trait remarquable était ses yeux d'un vert presque émeraude. Sa peau était légèrement hâlée et sa stature impressionnante. Il était presque aussi grand et large que Rhadamanthe et les dieux savaient à quel point le spectre du Wyvern était une force de la nature.
Lentement, l'inconnu balaya du regard le paysage apocalyptique autour de lui avant que ses yeux ne se posent sur Macaria, qui s'était rapproché. Cette fille ressemblait un peu à Athéna mais dans une version gothique. Son aura ressemblait à celle de sa déesse mais en plus sombre. C'était déroutant et très étrange. Néanmoins, elle ne semblait pas avoir de mauvaises intentions à son égard. Une curiosité mêlée de surprise faisait luire ses yeux verts.
— Qui êtes-vous ? demanda-t-il en commençant à se relever.
Cependant, il n'eut pas le loisir de le savoir car l'inconnue fut tirée en arrière et il reçut un coup dans l'estomac le faisant tomber sur le dos. Il gémit de douleur, la respiration coupée. Bien que l'attaque ait été rapide, il avait très bien vu qui l'avait attaqué. Il passa une main sur ses yeux et siffla entre ses dents. Décidément, ce type était tenace et increvable.
— Bordel, marmonna-t-il en s'asseyant sur le sol. Tu ne comptes pas me lâcher, hein ?
En voyant son ennemi se relever alors que Macaria n'était qu'à quelques mètres de lui, Rhadamanthe l'avait tirée en arrière et frappé son adversaire avant qu'il ne puisse tenter quoique ce soit.
— Pas tant que tu n'auras pas quitté les Enfers.
— Les Enfers ? As-tu remarqué à quoi ça ressemble ?
Levant le côté droit de son mono sourcil, la Wyvern regarda autour de lui et prit, enfin conscience de son environnement. La surprise et la colère se dessinaient sur ses traits alors qu'il tentait d'assimiler ce qu'il voyait. Remarquant que ce qu'il voyait le perturbait, l'homme à terre sourit. Lui, il avait compris ce que cette vision signifiait.
— Nous avons gagné, dit-il avec un sourire. Hadès a été vaincu et les Enfers se sont effondrés. Navré de te l'apprendre mais ton dieu a perdu. Encore une fois.
Son sourire suffisant énerva son adversaire.
— Kanon des Gémeaux, grogna-t-il. C'était la dernière fois que tu te moquais de moi !
Une aura violette entoura le spectre qui fit brûler son cosmos.
— Greatest…
— Non !
Une main attrapa son poignet alors qu'il s'apprêtait à frapper. Immédiatement, la Wyvern stoppa le flot d'énergie pour ne pas blesser Macaria qui venait de s'interposer entre lui et Kanon.
— Dame Macaria, cet homme est notre ennemi ! Je dois…
— Tu ne feras rien du tout, répliqua la déesse en resserrant sa prise.
Bien qu'elle n'ait pas la force nécessaire pour lui faire mal, sa poigne était un message très clair: reste tranquille. Bien qu'à contrecœur, le juge fit disparaître son cosmos. Il n'avait aucune envie de désobéir à la princesse des Enfers.
— Tu n'agiras que si je te le demande, continua la jeune femme en libérant le poignet du spectre.
Elle détacha sa cape et en déchira le bas pour le donner à Rhadamanthe.
— Tu peux te couvrir avec ça. C'est un peu gênant de discuter alors que tu ne portes rien.
La Wyvern ne compris pas immédiatement avant de baisser les yeux et de se rendre compte de sa nudité. Si Macaria lui avait redonné un corps, ses habits ne s'étaient pas reconstitués. Il grimaça en se rendant compte de la vue qu'il offrait à la déesse depuis le début. il s'empressa d'attacher le bout de tissu autour de ses reins.
— Pardonnez-moi, je n'avais pas remarqué.
— Ce n'est pas grave.
Elle se tourna vers Kanon et lui tendit le reste de sa cape pour qu'il puisse s'habiller un peu lui aussi. Celui-ci ne s'était pas rendu compte qu'il était nu. Une fois que lui aussi avait attaché le tissu autour de sa taille, Macaria se rapprocha de lui.
Cette fois, en l'observant, le chevalier d'or se rendit bien rapidement compte qu'elle semblait épuisée et mal en point. L'un de ses bras était couvert de liquide doré. Il ne comprit pas de quoi il s'agissait au début et finit par se souvenir que le sang des dieux n'était pas rouge mais couleur or. La plaie devait être profonde pour saigner autant. Il fut tiré de sa contemplation par l'objet de celle-ci.
— Navrée pour le comportement de Rhadamanthe. Je ne comprends pas vraiment pourquoi il a agi ainsi.
Le jeune homme aux cheveux bleus fut surpris par ce que la déesse venait de dire. Elle ne comprenait pas qu'il était un chevalier d'Athéna ? Il échangea un regard interloqué avec Rhadamanthe. Et il constata que dans les orbes dorées luisait la même lueur d'incompréhension. Les deux hommes partageaient le même sentiment de surprise et de choc.
— Excusez-moi, Déesse… heu…
— Macaria, lui apprit Rhadamanthe. C'est la fille du seigneur Hadès et de Dame Perséphone, rajouta-t-il.
Même s'il avait eu pour ordre de rester tranquille, la Wyvern continuait de tenir à l'œil le Dragon des Mers. Avec un homme capable de tromper les dieux, il valait mieux ne pas le laisser sans surveillance. Il lu, non sans un certain amusement, la surprise sur le visage de l'ancien Marina en entendant l'identité de la déesse devant lui. Manifestement, sa mémoire concernant la mythologie lui faisait défaut.
— La fille d'Hadès ? répéta-t-il. Il a eu des enfants ?
Cette remarque fit lever les yeux au ciel au juge qui soupira lourdement d'agacement. Macaria, elle, se contenta de lever un sourcil ne comprenant pas où était le problème.
— Beaucoup de dieux ont des enfants avec une nature plus ou moins divine, dit-elle. En quoi est-ce si choquant que celui des Enfers ait fondé sa propre famille ?
Son ton n'était ni menaçant ni agressif. Il gardait toujours une certaine douceur et tranquillité. Bien que l'on pouvait y entendre clairement une certaine incompréhension aussi. Et peut-être un soupçon d'agacement. Ce n'était peut-être pas la première fois que la déesse avait droit à ce genre de remarques.
— Oh et bien je… ne savais pas qu'il avait une famille. Je n'ai jamais entendu parler d'enfants d'Hadès.
Sentant que si il continuait sur ce terrain, il allait s'enfoncer, Kanon préféra changer de sujet.
— Par contre, si vous êtes la fille d'Hadès, comment se fait-il que vous ne sachiez pas que je suis un chevalier d'Athéna ?
— Vous faites partit de l'armée de ma tante ? Mais pourquoi êtes-vous aux Enfers ? Et surtout, pourquoi Athéna est-elle venue ? Qu'est-ce qui se passe ?
Plus elle parlait et plus Kanon et Rhadamanthe ne savaient quoi penser. Elle semblait être totalement inconsciente du fait que son père et sa tante sont en guerre l'un contre l'autre. Pourtant ce conflit s'étendait sur bien trois mille ans ! Pris au dépourvu, le chevalier des Gémeaux resta silencieux, son regard accrocha celui du spectre du Wyvern, cherchant, inconsciemment, du soutien. Celui-ci finit par prendre la parole.
— Dame Macaria, pardon d'être si pressant mais votre réaction me fait me poser des questions au sujet de ce qui s'est…
Il n'eut pas le loisir d'en dire plus qu'une épaisse fumée noire apparue subitement dans son champ de vision et enveloppa Macaria.
Salut ! Voici le chapitre 2 et avec lui, on entre réellement dans le fandom Saint Seiya. Et ce par le biais de Kanon et de Rhadamanthe. Rien à dire sur eux pour l'instant. Leur rôle sera crucial dans les prochains chapitres.
Concernant leur retour à la vie, il est simple à expliquer: Macaria est la déesse de la mort. Elle est capable de voir les âmes et son cosmos permet de les guider. Melinoe manipule les fantômes donc les âmes. Elle peut les invoquer et les obliger à retourner dans leur corps si elle le souhaite. Les pouvoirs de Perséphone sont liés à la terre. Hors les humains ont été conçus à partir de la terre. Si on mélange les trois cosmos, on obtient une sorte de recette pouvant ramener le corps et l'âme pour redonner ainsi vie à des humains.
Voilà ce que je peux dire concernant ce chapitre. Et oui: les dieux sont au courant qu'Athéna a défait Hadès. Et de façon bien plus définitive que les autres fois. D'où les remarques de Demeter à ce sujet.
