Bonjour à toutes et à tous ^^
J'espère que vous allez bien :) Enfin les vacances ! On va pouvoir enfin se reposer ^^
mimibou: Je suis incapable de laisser Harry et Draco fâchés longtemps XD *-* C'est bien dans la mienne que Théo attend un enfant, on va bientôt le revoir, promis *-* Difficile de traiter tout le monde dans un même chapitre, alors quand une intrigue comme celle dans le chapitre vient s'interposer, je suis obligée de laisser un peu de côté ^^ Mais je comprends que tu arrives à te mélanger, il n'est pas rare que je dise "Remus embrassa Sirius" au lieu de Severus XD XD Pour Harry, la réponse sera dans le prochain chapitre ou dans celui d'après, je ne sais plus trop, il se passe tant de choses XD
Je vous laisse avec le nouveau chapitre :)
Bonne lecture ;)
Chapitre 35 : Entre tristesse et rage
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28 février
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Amélia venait de recevoir une lettre d'Azkaban l'informant du décès d'un des détenus. Elle se leva et sortit de son bureau au Ministère de la Magie. Elle se dirigea vers le service de la Jeunesse Magique, créé un an plus tôt et dirigé par son mari. Elle le chercha dans les couloirs mais ne le trouva pas. Alors qu'elle allait regagner son bureau, elle vit un collègue de Sirius. C'était un jeune homme de vingt-huit ans, brun aux yeux bleus. Il avait atterri directement dans le Service des Usages abusifs de la magie depuis sa sortie de Poudlard et avait appris sur le tas. Ordinairement, Amélia exigeait un minimum d'études mais la lettre de motivation qu'avait envoyé Chester durant sa septième année l'avait convaincu de l'engager et le moins qu'elle puisse dire, c'est qu'elle ne le regrettait pas. Il avait toujours fait du bon travail. Quand Amélia avait engagé Sirius, elle l'avait placé sous la tutelle de Chester mais bien vite, Sirius avait imposé son propre style d'où la création de ce nouveau service. Il ne se passait pas un jour sans que Sirius lui parle de ses nouveaux protégés durant le dîner.
_ Chester, appela-t-elle alors que le jeune homme était plongé dans un dossier.
_ Oh, bonjour, Mrs Black.
_ Est-ce que Sirius est dans son bureau ?
_ Je ne sais pas. Attendez, je vais aller voir.
Chester s'absenta quelques secondes et revint, le regard gêné.
_ Je suis désolé, mais Sirius est sorti faire une intervention. Je lui dirai que vous voulez le voir dès qu'il rentrera. Ou je lui laisserai un message si je dois m'absenter.
_ Tout se passe bien alors ?
_ En général oui. Je sais que Sirius a pris à coeur un dossier complexe mais il a refusé de m'en dire plus. Je pense qu'il doit s'en occuper en ce moment-même.
_ Il ne m'en a pas parlé à la maison. Il m'en parlera si besoin. Je serai dans mon bureau s'il revient.
_ Bien, Mrs Black.
Amélia hocha la tête et retourna dans son bureau. En s'y asseyant, elle vit une photo représentant sa famille. En deux ans, sa vie avait radicalement changé. Depuis la mort de son frère et sa belle-sœur, Amélia s'était occupée seule de sa nièce. Quand elle travaillait, elle laissait Susan chez ses grands-parents et la reprenait quand elle sortait du Ministère. Ses journées étant bien trop occupées, elle avait mis sa vie sentimentale de côté. Quand Susan était entrée à Poudlard, elle avait eu quelques aventures mais sans plus. Puis il y avait eu l'évasion de Sirius Black. Elle le connaissait un peu, étant de la même promotion que lui à Poudlard. Mais il ne l'avait jamais vraiment intéressée. Pourtant quand elle l'avait revu lors de l'audience qui l'avait innocenté, elle avait vu un autre homme, marqué par son séjour à Azkaban mais il avait gardé son charme lorsqu'il était adolescent. Puis quand il avait postulé dans son service, il l'avait ouvertement courtisée et elle s'était laissée faire. Alors qu'elle venait de rompre avec lui, elle avait découvert qu'elle était enceinte. Elle avait mis du temps à l'avouer à Sirius qui lui avait demandé de venir s'installer chez lui car Vous-Savez-Qui était de retour et que Sirius voulait qu'il n'arrive rien à la future mère et à son enfant. Dès lors, Sirius, Harry qui avait été placé sous la responsabilité de son parrain, Susan et Amélia avaient formé petit à petit une famille recomposée. Alors que le mois de décembre 1995 commençait, Sirius avait demandé en mariage la future maman qui avait accepté. Quand la petite Manon fut née à la fin du mois de décembre, les jeunes parents demandèrent à Harry et Susan s'ils voulaient être adoptés. Après quelques jours de réflexion, ils avaient accepté. Jamais Amélia n'avait éprouvé de plus grand bonheur. Elle reprit le dossier qu'elle travaillait avant l'arrivée de la lettre.
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Une demi-heure plus tard, Sirius arriva au Ministère. Il vit Chester et lui demanda de venir le voir.
_ J'ai besoin que tu ailles voir Robards et qu'il vienne me voir pour le dossier Miller. La situation devient ingérable, dit Sirius en fouillant ses tiroirs.
_ Il va devoir patienter un peu, ta femme veut te voir.
Sirius se redressa et regarda son collègue.
_ Elle veut me voir en tant que mari ou en tant qu'employé ?
_ D'après ce que j'ai compris, au mari.
_ Cela doit être pour Manon. Je reviens. S'il y a des interventions à faire, tu envoies les collègues. Tiens, donne ça à Robards qu'il voie ce qu'il peut faire.
_ Je m'occupe de ça.
Sirius lui sourit et sortit de son bureau après avoir pris sa cape et sa baguette. Il parcourut le Département de la Justice Magique et frappa à de grandes portes de bois derrière lequel se tenait le Bureau de la Directrice du Département à savoir la femme de Sirius. Les portes s'ouvrirent et se refermèrent quand Sirius fut entré. Amélia le fit asseoir dans le coin salon de son bureau.
_ Chester m'a dit que tu voulais me voir. C'est au sujet de Manon ?
_ Non, elle va bien. C'est un tout autre sujet dont je veux te parler.
_ Tu m'inquiètes. Harry ou Susan ont des problèmes ? Ou il s'agit de Draco ? Remus ou Severus ? Matthéo ?
_ Heureusement que nous n'avons pas dix mille amis sinon je ne parlerai que demain après que tu les ai tous nommés.
_ Excuse-moi, je t'écoute, dit Sirius en souriant.
_ Je ne sais pas comment tu vas réagir, c'est pour cela que je t'ai demandé de venir ici. J'ai reçu dans la matinée une lettre d'Azkaban.
Sirius perdit son sourire.
_ J'espère que je ne suis pas visé par une quelconque enquête ?
_ Non, rassure-toi. Et d'abord, tu serais passé dans mon bureau avant. Elle m'informait que… que Pettigrow est mort cette nuit.
Sirius la regarda sans un mot. Il ne savait pas comment réagir. Il aurait dû être indifférent à cette annonce mais cela lui laissait un goût amer. Il avait envie de hurler, de pleurer mais il se sentait incapable de faire cela.
_ Peu de personnes survivent après avoir subi le Baiser du Détraqueur. Lui aura tenu deux ans et demi.
_ Cela t'étonne ? répliqua Sirius. Il a passé douze ans dans la peau d'un rat, ce n'est pas un Baiser du Détraqueur qui va l'empêcher de vivre.
_ Si tu veux, prends ta journée, détends-toi, sors, balade-toi un peu. Chester pourra s'occuper des affaires courantes.
_ Pour quoi faire ? Ruminer toute la journée ? À me souvenir des douze années que j'ai passé à Azkaban à sa place ? Que tout est de sa faute si Harry a perdu ses parents à un an ? Qu'il a dû aller vivre chez d'horribles moldus ? Non, je ne veux même plus y penser une seconde de plus, cela lui ferait bien trop plaisir !
Amélia allait répondre quand quelqu'un frappa à la porte. Elle alla ouvrir.
_ Bonjour, vous êtes bien la Directrice de la Justice Magique ? demanda la voix d'une vieille dame.
Sirius fronça les sourcils. La voix lui semblait familière.
_ Euh oui. Excusez-moi, je suis avec un de mes employés. Je vous reçois juste après, Mrs…
_ Anita Pettigrow.
Amélia tourna la tête vers Sirius qui s'était levé d'un bond. Elle voyait dans son regard toute la haine que son mari avait pour le fils de la sorcière.
_ Veuillez m'attendre…
_ Fais-la entrer, ordonna Sirius.
_ Sirius, c'est contraire au règlement !
_ Sirius ? Sirius Black ? dit Mrs Pettigrow.
Elle entra dans le bureau et vit le mari d'Amélia dans la partie salon.
_ Par Merlin, cela fait si longtemps. Comment vas-tu ?
_ Bonjour, Anita. Que venez-vous faire ici ? demanda sèchement Sirius.
_ Je sais qu'il est coutume d'enterrer les prisonniers directement à Azkaban mais je me demandais si je pouvais récupérer son corps pour l'enterrer dignement.
_ Dignement ? Dignement ? Comment pouvez-vous dire une telle horreur devant nous ? Il a tué mes meilleurs amis, leur fils est devenu orphelin ! Lui et ses amis ont tué le frère et la sœur de ma femme ! Elle a élevé sa nièce seule ! Votre fils m'a envoyé à Azkaban pendant douze ans ! Douze ans ! Vous n'imaginez pas comment j'ai souffert de toutes ces années perdues ! Vous voulez que je vous dise ? Je suis heureux, heureux que votre minable de fils soit mort ! Pour moi, il l'est depuis le jour où il a tué James et Lily !
_ Il n'a tué personne ! se défendit Mrs Pettigrow, les larmes aux yeux.
_ Il est tout aussi responsable, dit froidement Sirius. Je croyais le connaître, j'ai eu tort. Maintenant, il va croupir là où il est et c'est tout ce qu'il mérite.
_ Comment… Comment peux-tu dire ça ? Il était ton ami ! Il me disait toujours du bien de toi, de James, de Remus !
_ C'était une autre époque, une autre vie. Amélia, je vais prendre ma journée finalement. C'est devenu irrespirable ici.
Sirius passa devant les deux femmes et sortit en claquant la porte.
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Sirius rentra chez lui et envoya un Patronus à Severus pour savoir s'il pouvait le recevoir. Un loup argenté vint lui apporter la réponse et Sirius apparut dans la cheminée de Severus quelques secondes plus tard en utilisant la Poudre de Cheminette. Severus vit tout de suite que son ami n'allait pas bien.
_ Qu'est-ce qu'il se passe ?
_ Je viens d'apprendre quelque chose qui me met hors de moi.
Severus se tendit. Il se demanda si finalement Harry ne lui avait pas parlé de l'oubli de protection.
_ Je suis sûr que ça va aller, Remus et moi y veillons.
Sirius le regarda, stupéfait.
_ Mais de quoi parles-tu ?
_ Euh… et toi ? demanda Severus en comprenant qu'il avait sans doute fait une gaffe.
_ Pour moi, ça attendra. De quoi parles-tu, Severus ? C'est Harry ? Susan ?
_ Non, non, tout le monde va bien. Tout va bien !
_ Alors pourquoi as-tu dit que Remus et toi y veillez ? À quoi ?
_ Sirius, j'aurais vraiment aimé t'en parler mais j'ai promis de ne rien dire. Je suis désolé. Si tu as des questions, parle-en avec Harry. C'est tout ce que je peux dire et je te rassure tout de suite, il n'y a rien de grave.
_ Remus le sait ?
_ Oui. Mais pareil, il a promis à Harry de ne rien te dire. Après c'est à Harry de vouloir vous en parler ou pas donc ne force pas les choses. Parlons un peu de ta visite. Pourquoi es-tu ici ?
Sirius le regarda et soupira. Il savait que Severus pouvait être très coriace et ce n'était pas le jour pour se prendre la tête avec son ami.
_ Amélia m'a demandé de venir dans son bureau pour m'apprendre une nouvelle.
_ Laquelle ?
_ Vous n'êtes pas encore au courant ?
_ Au courant de quoi ? demanda Severus, inquiet.
Au même moment, il y eut des crépitements dans la cheminée de Severus et la tête de Minerva apparut.
_ Bonjour, Severus. Sirius, quelle surprise de vous voir ici.
_ Bonjour, professeur. J'ai demandé si je pouvais venir pour parler à Severus et il a accepté. Si cela pose problème, je peux repartir.
_ Je pense connaître la raison de votre visite. Puis-je me joindre à vous ?
Sirius hocha la tête et Minerva disparut de la cheminée. Quelques secondes plus tard, les flammes devinrent vertes et Minerva apparut. Elle enleva les cendres de sa robe d'un mouvement de baguette.
_ J'ai reçu un Patronus de votre femme, Sirius.
_ Je m'en doutais un peu, dit froidement ce dernier ce qui ne sembla pas étonner la Directrice de Poudlard.
_ Puis-je savoir ce que vous me cachez ? demanda Severus, agacé.
Sirius se tourna vers son ami.
_ Pettigrow est mort.
Severus, qui s'était levé pour accueillir sa supérieure, se rassit aussitôt. Son visage devint livide.
_ Autant le fait qu'il ait été jugé et condamné au Baiser du Détraqueur m'a réjouit après tout ce qu'il a fait, autant sa mort me laisse ni chaud ni froid. Pourquoi nous prévenir ? On aurait appris sa mort dans la Gazette demain, dit-il froidement.
_ Parce que vous êtes le plus directement touché, en plus de Remus, de Mr Black et de son fils, répondit Minerva.
_ Quand je parlais avec Amélia, sa mère est venue. Comme un idiot, j'ai demandé à ce qu'elle entre. Elle voulait récupérer le corps de son fils. J'ai perdu mon calme, avoua Sirius. Je suis venu directement ici.
_ C'est tout à fait le droit de Mrs Pettigrow, dit Minerva.
_ En règle générale, on ne transfert pas les corps des prisonniers, répliqua Sirius. Je me doute que c'est ce qu'Amélia lui a dit ensuite mais quand j'ai entendu qu'elle voulait l'enterrer dignement, je ne l'ai pas supporté.
_ Cela doit être difficile pour elle aussi, remarqua Severus. Elle pensait son fils mort, elle a dû faire son deuil, elle apprend qu'il est vivant et elle le perd presque aussitôt après le procès. Je peux comprendre qu'elle veuille avoir un endroit où se recueillir.
_ Dois-je te rappeler que c'est à cause de lui que la femme que tu aimais est morte ? répliqua Sirius. Que c'est à cause de lui que j'ai passé douze ans à Azkaban ?
_ Je suis entièrement d'accord avec toi mais ce n'est de la faute de sa mère. Minerva, pourrez-vous dire à Remus que je suis sorti jusqu'à ce soir ? Et s'il peut récupérer Matthéo à la nurserie ? Je sors avec mon vieil ennemi.
_ Tu veux boire à la mémoire de ce sale rat ?
_ Non, juste se vider la tête. Nous serons aux Trois Balais, prévint Severus à Minerva qui hocha la tête.
Severus attrapa sa cape et sa baguette et sortit, accompagné de Sirius. Ils sortirent du château puis traversèrent le parc. Sirius s'arrêta soudainement.
_ Qu'y a-t-il ? demanda Severus en regardant autour de lui. Oh.
Sirius fixait le Saule Cogneur. Des souvenirs lui revinrent en mémoire malgré lui.
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1er mai 1976
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James, Sirius, Remus et Peter se trouvaient dans une salle déserte en plein milieu de la nuit. Comme tous les mois, James, Sirius et Peter essayaient de se transformer en animaux. Sirius avait été le premier à y arriver, en décembre dernier et James y était parvenu en février. Il ne restait plus que Peter qui avait plus de difficultés que ses amis. Il y avait cependant des progrès chaque mois : des moustaches, une queue de rongeur, les oreilles, un teint légèrement gris.
Ce soir-là semblait idéal pour un autre essai. Il devait y avoir un orage, idéal pour provoquer la transformation à condition de remplir certaines particularités : garder une feuille de mandragore pendant un mois dans la bouche, l'ajouter à une potion et attendre un orage pour boire la potion et jeter le sortilège permettant la transformation. S'il y avait eu quelques soucis au début, chacun avait fini par prendre l'habitude de ces contraintes. Après s'être assurés que personne ne pouvait les déranger, Peter pointa sa baguette sur lui-même.
_ Attends, dit Sirius en lui prenant sa baguette. Répète la formule sans.
_ Patmol, je connais la formule quand-même ! Cela fait un an et demi qu'on essaie !
_ Répète quand-même, insista Remus.
_ Amato Animato Animo Animagus, dit Peter.
_ On a bien fait de te faire répéter. C'est Animo Animato, pas l'inverse ! répliqua James. Vas-y maintenant et ne te trompe pas sinon il faudra tout recommencer.
Peter récupéra sa baguette et la pointa sur lui.
_ Amato Animo Animato Animagus, dit-il d'une voix claire.
_ Parfait ! hurlèrent les trois amis d'une même voix.
_ Maintenant la potion, dit aussitôt Sirius en tendant la fiole.
Peter déboucha le bouchon et la but d'un trait. Si elle n'avait pas bon goût, Peter ne s'en formalisa pas, après plus de quinze essais.
_ Comment te sens-tu ? demanda Remus, inquiet.
_ Plutôt bien. Mais…
_ Mais quoi ? s'inquiétèrent James et Sirius.
_ J'ai l'impression que tout est plus grand ! Ooh !
James, Sirius et Remus eurent l'impression de voir un film au ralenti : leur ami rapetissa soudainement, des oreilles pointues apparurent ainsi que des moustaches et son corps changea. En une seconde, leur ami d'un mètre soixante était devenu un rat de vingt centimètres de hauteur.
_ Ah oui, quand il disait un rongeur, il le pensait vraiment, s'esclaffa Sirius.
_ Mais il a réussi, c'est le principal ! s'exclama James. Fêtons cela !
_ Attends, il faut que Peter sache comment reprendre sa forme humaine sinon il aura des ennuis demain s'il ne se montre pas en cours, songea Remus.
_ J'imagine trop la tête de McGonagall si elle voyait Peter, ajouta Sirius.
_ Ah non, nous étions d'accord, il est hors de question que quiconque sache ce que nous avons fait ! Nous risquons purement et simplement le renvoi ! répliqua Remus. Vous savez à quel point c'est important pour moi d'être ici, je n'ai pas envie que tout éclate en morceaux car mes trois amis ont eu connaissance de…
_ Ton problème de fourrure, terminèrent d'une même voix James et Sirius.
Il y eut un léger cri aigu avant que le rat ne redevienne leur ami Peter.
_ Ça fait du bien de se retrouver sur ses jambes. Jamais je ne pourrai vivre aussi longtemps dans la peau de mon Animagus, lança-t-il.
_ Ça ne me dérangerait pas moi, répondit James. Si j'arrive à sortir avec Lily, j'essaierai qu'elle devienne une biche.
Sirius, Remus et Peter se regardèrent avant d'éclater de rire.
_ Combien de temps depuis qu'il a prononcé le nom de Lily ? demanda Remus.
_ Deux heures, vingt-sept minutes et trente-neuf secondes, répondit Sirius en regardant sa montre.
_ Quand est la prochaine pleine lune ? demanda James, excité.
_ Le 13 mai prochain, répondit Remus avec un léger sourire.
_ Il faut marquer d'une croix magique ce jour-là ! Le 13 mai 1976 : première pleine lune des Maraudeurs, lança Sirius. Bon, dans le doute où la transformation de Peter fonctionnerait, j'ai prévu de quoi fêter cela !
_ Pas d'alcool, pitié, supplia Remus. Tu sais très bien que je ne le supporte pas !
_ Mais non, j'ai juste pris quatre Bièraubeurres, soupira Sirius.
Ils trinquèrent ensemble à l'idée que la prochaine pleine lune, Remus ne serait plus seul. Pour la première fois, il serait accompagné par ses trois meilleurs amis, pour la première fois, il était « heureux » d'affronter cette épreuve mensuelle.
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_ Sirius, tu es avec nous ? demanda Severus.
_ Oui. Je me souvenais du jour où il s'est transformé la première fois. Il avait dit qu'il ne pourrait jamais passer des jours dans sa forme Animagus…
_ Et il a passé douze ans dans la peau de ce rat, siffla Severus avec rage.
_ Depuis qu'Amélia m'a annoncé sa mort, je ne peux pas m'empêcher de me remémorer tous les souvenirs que j'ai eu avec lui alors que tout ce que je veux, c'est de hurler ma rage.
_ Tu ne peux pas imaginer la joie et le stress qui s'est emparé de moi quand Remus est entré dans mon bureau en me disant qu'on avait Pettigrow. La joie de savoir qu'on le tenait enfin, le stress parce que tout pouvait encore mal se passer, qu'il pouvait nous échapper une nouvelle fois. Jamais je n'ai été aussi tendu que ce jour-là. Quand je l'ai vu à terre, ligoté, j'ai dû rester neutre, ne pas montrer ma joie…
_ C'est sûr que tu aurais perdu toute crédibilité face à Harry, Ron et Hermione. Ils ne te portaient pas dans leur cœurs à ce moment-là.
_ Oh non, pouffa Severus en continuant de marcher vers la sortie. Sais-tu ce qu'a fait Harry quand il a découvert ma relation avec Remus ?
_ Avant ou après que tu aies voulu pénétrer dans son esprit ?
_ D'accord, j'ai mal agi. On peut passer à autre chose ? esquiva Severus.
Sirius eut un petit rire.
_ Tu vois, à l'époque, je l'avais hyper mal pris. Harry avait déjà ses problèmes, tu en rajoutais, Remus refusait d'admettre ses sentiments pour toi, il refusait de s'engager… Aujourd'hui, je dirai juste que c'est un Gryffondor qui a ses humeurs avec une petite leçon de morale après, expliqua-t-il. Quant à toi, j'aurais juste écouté les explications de Remus ou les tiennes. Je n'aurai pas fait d'histoires.
_ C'est quand-même drôle de se dire que si nous sommes là aujourd'hui, toi libre, moi en couple avec Remus et jeune père de famille, c'est grâce à Pettigrow. Si tu ne l'avais pas reconnu, jamais Dumbledore serait allé chercher Remus pour le faire venir à Poudlard.
_ Ça c'est sûr, confirma Sirius. Bon, comment fait-on pour passer ses grilles ?
_ Tu me laisses le temps d'annuler les enchantements et sortilèges ?
_ Je te laisse faire. Dommage que tu utilises les informulés.
_ Comme si cela posait problème, ricana Severus.
_ Comment oses-tu dire ça ? s'exclama Sirius en rougissant.
_ J'ai juste entendu dire que tu avais assisté au premier match de Harry durant sa troisième année, au milieu de Détraqueurs. Donc les règles et toi…
_ C'était avant, ça ! Maintenant, je suis beaucoup plus responsable et raisonnable, se défendit Sirius.
_ Ce n'est pas faux.
Une fois qu'ils eurent passés les grilles, Severus remit les enchantements en place et Sirius et lui se dirigèrent vers Pré-au-Lard.
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_ Essaie de visualiser le sortilège, recommanda Remus à un élève de deuxième année. Et après seulement, tu peux lancer le sortilège. Essayez.
L'élève de Serpentard se concentra et lança le sortilège de Stupéfixion sur le mannequin. Un léger faisceau rouge sortit de sa baguette.
_ C'est nul, se lamenta l'élève.
_ Au contraire, c'est votre premier cours pratique sur ce sortilège, je ne m'attendais pas à ce que vous y arriviez dès votre premier essai, le rassura Remus. Nous avons trois semaines pour s'exercer à ce sortilège, vous pouvez faire encore des efforts. En tout cas, c'est mieux de ce que j'ai vu durant le cours.
_ Merci, professeur.
À ce moment-là, la porte s'ouvrit et Minerva apparut. Les sortilèges et incantations cessèrent peu à peu ce qui étonna Remus, la fin du cours n'étant que dans dix minutes. Il tourna alors la tête vers l'endroit que les élèves regardaient et vit la Directrice.
_ Vous pouvez partir, vous vous exercerez sur le sortilège de Stupéfixion durant le prochain cours. Bonne journée à vous.
Les élèves rangèrent leurs baguettes, prirent leur sacs et partirent en saluant la Directrice. Cette dernière vint vers Remus.
_ Que me vaut votre visite ? demanda Remus en souriant.
_ Quelque chose de désagréable, je le crains, répondit Minerva.
_ Que se passe-t-il ? C'est Harry, Susan ou Draco ? Severus est au courant ?
_ Oui, Severus est au courant et non, cela ne concerne pas les enfants. Je ne vais pas y aller par quatre chemins, Mrs Black m'a prévenu que Peter Pettigrow est décédé cette nuit.
Le sourire de Remus s'effaça aussitôt.
_ En quoi cela me sert-il de le savoir ? répliqua-t-il. Nous avons assez souffert comme ça il me semble. Au moins, nous sommes sûrs qu'il ne nuira plus jamais à quiconque.
_ Je tenais juste à vous en informer. Sirius était avec Severus quand je suis allée voir votre mari.
_ Amélia a dû le dire à Sirius, songea Remus. Comment étaient-ils ? Comment ont-ils réagi ?
_ Sirius semblait assez nerveux et Severus était redevenu aussi froid que lorsqu'il est arrivé à Poudlard en tant que professeur, répondit Minerva.
_ Il va le rester pendant quelques jours, je le crains.
_ À moins qu'il rentre dans un état peu recommandable. J'espère au moins qu'il fera l'effort de ne pas s'afficher devant les élèves.
_ De quoi parlez-vous ?
_ Severus a emmené Sirius faire un tour à Pré-au-Lard.
_ Si je ne savais pas qu'ils se considéraient comme des frères aujourd'hui, j'aurai éclaté de rire. Donc je suppose qu'il va falloir que je ramène Matthéo chez nous ce soir.
_ C'est ce que pensait aussi Severus. Mais je comprendrais que vous vouliez les rejoindre après votre journée de cours.
_ Oh non, je vais avoir assez de quoi faire avec un bébé, les cours à préparer, les copies à corriger et un mari sans doute en état d'ébriété.
_ Ce n'est pas le genre de Severus.
_ Il cache bien son jeu et en plus, il est avec Sirius… je connais les dégâts. Je devrais avertir Amélia, songea Remus.
_ Mis à part une soirée mouvementée en perspective, comment vous sentez-vous ?
_ Bien.
_ Ne me dîtes pas que l'annonce du décès de Peter Pettigrow ne vous fait rien ! Je n'y croirais pas.
_ Bien sûr que ça me fait quelque chose mais je ne vais pas pleurer sur son sort. Excusez-moi, Minerva, mais si je veux tenir face aux élèves de première et de septième année, il faut que je mange.
_ Oui, pardonnez-moi, je vous retiens. Et si nous allions déjeuner ensemble ?
_ Avec plaisir. Je passerai par la nurserie pour voir Matthéo avant de revenir en cours.
Minerva hocha la tête et les deux adultes sortirent de la salle de classe et allèrent déjeuner.
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Alors que Remus attendait les élèves de septième année, quelqu'un frappa à sa porte. Il vit avec surprise Harry.
_ Que fais-tu ici ? Tu as un problème ?
_ Moi non. Mais toi sûrement, répondit son filleul.
Remus fronça les sourcils tandis que le jeune homme de seize ans venait jusqu'à lui.
_ Que veux-tu dire ?
_ Je t'ai observé ce midi. Tu es arrivé en retard, tu étais avec McGo…
_ Le professeur McGonagall, reprit Remus.
_ Tu étais avec le professeur McGonagall, Severus était absent alors qu'il est toujours présent depuis que vous êtes revenus. Que se passe-t-il ? Vous vous êtes disputés ?
_ Il faudrait que j'ai vu mon mari depuis pour se disputer, répondit Remus en souriant. Je pensais t'envoyer un mot ce soir pour que tu viennes nous voir dans nos appartements, et tu aurais dormi chez nous. Je préfère te l'annoncer avant que tu l'apprennes dans la Gazette demain.
_ De quoi parles-tu ?
_ Queudver est mort cette nuit. Amélia l'a appris à Sirius qui l'a annoncé à Severus en compagnie de Minerva et Minerva me l'a dit à midi, voilà pourquoi j'étais en retard.
_ Je vois. Mais j'aurais très bien pu l'apprendre par la Gazette.
_ Harry, tu sais aussi bien que moi que tu es bien plus sensible que la plupart de tes camarades. Notamment en ce qui concerne la mort de tes parents.
_ Remus, Pettigrow a été jugé et condamné. J'ai tourné la page. Aujourd'hui, ce sont Sirius et Amélia mes parents et Susan et Manon mes sœurs. Point final, répliqua sèchement Harry.
_ Pourquoi me parles-tu sur ce ton ? s'étonna Remus. Si l'annonce te faisait ni chaud ni froid, tu t'en moquerais.
_ Mais je m'en moque justement ! J'ai assez souffert par sa faute ! J'étais venu pour savoir pourquoi tu étais arrivé en retard, je dois y aller, tu as cours il me semble.
_ D'accord. Mais si tu te sens angoissé ou en colère, tu viens me voir, c'est compris ?
Harry hocha la tête et sortit de la salle de classe. Il commença à s'éloigner de la salle de classe, sans se souvenir que Draco l'avait accompagné.
_ Harry, attends !
Harry se retourna et vit son petit-ami venir vers lui.
_ Qu'a dit Remus ? Où est Severus ?
_ Il est sorti avec mon père, répondit Harry.
_ Quoi ? Mais pourquoi ? En pleine semaine ?
_ De toute façon, tu l'apprendras demain par la Gazette, Pettigrow est mort. Papa l'a appris par maman et est allé voir Severus. C'est pour ça qu'ils sont tous les deux hors de Poudlard.
_ Je suis désolé.
_ Pourquoi ? Ce n'est pas comme s'il faisait partie de la famille, lança ironiquement Harry.
_ Tu es lié…
_ Non, il n'est rien pour moi. C'est juste un homme lâche, manipulateur qui est mort. Point final. Changeons de sujet. Sais-tu où sont Ron et Hermione ?
_ Je sais qu'Hermione avait l'intention d'aller dans une salle de classe avec Londubat avec l'autorisation de Remus et Ron doit être avec Susan. Je me demande d'ailleurs ce que fout Hermione avec Londubat, répondit Draco.
_ Neville avait des problèmes en Métamorphose et ne voulait pas abandonner cette matière. Et il a eu raison de demander à Hermione, il s'est grandement amélioré depuis qu'ils travaillent ensemble. J'ai même l'impression qu'ils se sont rapprochés.
_ Elle l'a toujours aidé, principalement en Potions, se souvint Draco. Si ça se trouve, ce sera le prochain couple surprise de l'école.
_ Tu t'intéresses aux ragots maintenant ? demanda Harry en pouffant de rire.
_ Parfois. J'ai mon devoir de Botanique à finir, je vais à la Bibliothèque.
_ D'accord, je te suis.
Ils se prirent la main et allèrent à la bibliothèque.
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Il était presque vingt-trois heures quand Remus entendit la voix d'Amélia. Il alla prendre le Miroir à Double Sens et vit le visage de la femme de son meilleur ami.
_ Amélia ? Mais que se passe-t-il ?
_ Comme tu dois le savoir, Sirius et Severus sont allés à Pré-au-Lard prendre un verre après l'annonce de la mort de Pettigrow. Sauf qu'un verre en entraînant un autre, ils ont été entraînés dans une bagarre entre trois autres sorciers et ça a vite dérapé. Le gérant a appelé les Aurors qui ont arrêtés les cinq hommes. Donc n'attend pas Severus avant demain midi, il va passer la nuit ici et répondra aux questions demain matin. Je voulais te prévenir.
Remus resta sans voix un moment avant de répondre :
_ Très bien, merci de m'avoir prévenu.
_ Ne t'inquiète pas, tu peux te lâcher avec moi. Je suis dans le même état. D'un, il va déjà se faire réprimander par sa femme puis par sa supérieure. Il était également de garde ce soir mais bon, j'ai dû faire avec. Heureusement que Chester était disponible.
_ Ils n'auraient pas dû sortir, répliqua Remus, agacé. Autant l'un que l'autre ont un passé avec lui, je suis le moins touché. Mais ils n'ont pas pensé qu'ils avaient une famille ? Et que vais-je dire à Draco et Harry quand ils ne verront pas Severus au petit-déjeuner ? À tous les coups, ils vont venir me voir, Harry est déjà venu me voir aujourd'hui.
_ Dis-leur la vérité. Cela ne sert à rien de les ménager. Si j'arrive à tenir l'info secrète, ça ira mais si ça fuite dans la Gazette…
_ Le Ministère et Poudlard seront éclaboussés, termina Remus en soupirant. Merci de m'avoir prévenu. Dire que je l'attendais…
_ Moi aussi quand j'ai reçu un Patronus du chef des Aurors m'indiquant que mon mari a été arrêté en état d'ébriété avec un de ses amis.
_ Je vois. Merci encore, Amélia. Bonne soirée.
_ Bonne soirée à toi aussi.
Remus raccrocha en soupirant. Comment avait-il pu penser que Sirius et Severus resteraient raisonnables alors qu'à cause de cet homme, ils avaient perdu ce qui comptaient le plus pour eux. Remus alla donc se coucher.
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Le lendemain, Remus rentra rapidement dans ses appartements à midi. Il savait que Severus devait bientôt rentrer et Remus voulait être présent. Il avait envoyé un message à Draco et Harry au petit-déjeuner pour leur dire que tout allait bien, que Severus avait besoin de se reposer après une nuit agitée. Il détestait mentir mais c'était pour leur bien. Alors qu'il venait d'arriver par Poudre de Cheminette, il entendit des coups frappés à la porte de ses appartements. Intrigué, il alla ouvrir et tomba sur Harry et Draco.
_ Que faîtes-vous ici ? demanda Remus, surpris de voir les deux élèves devant lui.
_ J'avais pris la Carte sur moi et comme je ne te voyais pas dans ta salle de cours, nous sommes venus directement ici, expliqua Harry. On peut entrer ?
_ Bien sûr, entrez.
Les deux élèves pénétrèrent dans les appartements.
_ Je suis un peu pressé donc dîtes-moi ce que vous voulez.
_ Savoir pourquoi tu nous as mentis, répliqua Draco en déposant la Gazette du Sorcier sur la table. C'est en page 3.
Remus fronça les sourcils et prit l'exemplaire du journal quotidien. Sur la première page, comme il l'avait pensé la veille, la une faisait part de la mort de Pettigrow en rappelant ce qu'il avait fait depuis sa sortie de Poudlard. Il tourna les feuilles et alla à la page indiquée. Il grimaça en lisant le titre de l'article : Un employé du Ministère et un professeur de Poudlard arrêtés en état d'ébriété.
_ Tu peux nous expliquer ?
_ Il n'y a rien à expliquer, répondit Remus. Ils sont sortis hier pour aller boire un verre et ça a du dégénérer selon Amélia. Ils doivent bientôt sortir. J'attends justement mon mari. Promis, je ne vais pas le tuer même s'il le mériterait. Si vous croisez des élèves qui vous importunent à ce sujet, donnez-leur une retenue. Vous avez mon feu vert.
Harry et Draco se regardèrent, surpris. Jamais Remus ne leur aurait permis de donner des retenues aussi facilement. Mais comme ils avaient compris que leur professeur était tendu, ils ne contestèrent pas la décision, espérant n'en avoir pas recours. Au même moment, ils entendirent un crépitement et Severus entra dans la cuisine.
_ Bonjour, dit-il.
_ Draco, Harry, allez déjeuner, dit sèchement Remus.
Les deux adolescents saluèrent leurs parrains et sortirent. Severus alla prendre une fiole dans son placard et la but d'une traite.
_ Gueule de bois ? demanda Remus en préparant le repas.
_ À ton avis ? Je ne vais pas te dire que je suis désolé même si je le suis, parce que tu ne me croirais pas.
_ Tu fais ce que tu veux, mais réfléchis la prochaine fois aux conséquences. Minerva veut te voir dans l'après-midi dans son bureau. Elle ne semble pas très contente que tu te sois affiché comme ça. Surtout que la Gazette ne s'en est pas privé. Je n'imagine pas comment Amélia doit être furieuse contre Sirius.
_ J'ai une petite idée. Nous avons dû aller la voir avant de partir. C'est fou, nous n'avons quasiment rien fait et c'est nous qui avons pris le plus cher, lança Severus en s'asseyant à table.
_ Comment ça ?
_ On doit réparer à nous deux les trois quarts des dégâts et 3 Gallions pour avoir été en état d'ébriété.
_ Combien s'élèvent les dégâts ?
_ 15 Gallions et 6 Mornilles, répondit Severus.
_ Mais qu'est-ce qu'il s'est passé exactement ?
_ Je ne sais plus trop. Sirius et moi parlions de tout et de rien quand un groupe de sorciers est entré dans le pub. Ils se sont installés à côté de nous et ils ont commencé une partie de cartes. Très vite ça a dégénéré car il y en a un qui accusait un autre de tricherie. Ils ont bousculé la table et un poing a atterri dans le visage de Sirius qui a riposté et voilà. Abelforth a appelé les Aurors et ils nous ont tous embarqués.
_ Et je suppose que le fait que vous n'étiez plus très sobres a dû vous donner des forces.
_ Je ne me risquerai pas à me battre contre Sirius, pouffa Severus. Je suis bien content qu'il se soit contenté que de sortilèges pendant nos années Poudlard.
_ Et ça t'amuse ? répliqua Remus. Tu ne crois pas que tu as exagéré, non ? J'étais mort d'inquiétude !
_ Je suis désolé, sincèrement. Nous n'avons pas vu l'heure passer, c'est tout. Et pourquoi tu ne nous as pas rejoint ? Cela t'aurait fait du bien !
_ Parce que je n'étais pas libre, tout simplement. J'ai eu un élève en retenue après les cours, accessoirement nous avons un fils qui a besoin de ses parents. Et non, je ne pense pas que cela m'aurait fait du bien ! Excuse-moi si je m'inquiète pour mon mari et ma famille.
_ Je vais devoir patienter pour que tu me pardonnes mais je sais que tu le feras un jour. N'oublie pas que je t'aime.
_ Je le sais mais pour le moment, cela n'enlève rien.
_ Très bien. Je vais aller voir Minerva, je suis incapable de manger quoique ce soit. Au pire, je ferai réchauffer. Tu reprends à quinze heures ?
_ En effet. Bon courage.
Severus se leva et sortit de ses appartements. Il monta au quatrième étage et entra après avoir frappé. Minerva le fit asseoir.
_ Comment allez-vous ?
_ Très bien. Mais ce n'est pas ma santé qui vous intéresse, remarqua Severus.
_ En effet.
_ Je reconnais mes torts. Je sais que mon comportement de la veille entache la réputation de Poudlard et je m'en excuse. J'accepterai la sanction que vous déciderez.
_ Vu que vous gardez uniquement votre poste de Directeur-Adjoint, je vous mettrai uniquement un avertissement. Mais si vous recommencez, je prendrais des sanctions plus lourdes.
_ J'en ai conscience. Remus m'a dit qu'ils en avaient parlé dans la Gazette, je suis sincèrement désolé.
_ Ils oublieront bien vite. Mais expliquez-moi ce qu'il s'est passé exactement.
Severus lui relata les faits comme il l'avait fait à Remus un peu plus tôt puis ils parlèrent des dossiers en cours.
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Quand il sortit du bureau, Severus tomba sur Anthony Goldstein, le Préfet de Serdaigle.
_ Mr Goldstein, que venez-vous faire ici ?
_ Je suis ravi de vous voir, professeur, dit l'élève, visiblement soulagé. J'ai parcouru les couloirs à la recherche de professeurs et vous êtes le premier que je croise.
_ S'il y a un problème avec un élève de votre maison, c'est au professeur Flitwick de s'en charger.
_ Ce n'est pas un problème lié à ma maison, professeur. Enfin pas vraiment.
_ Expliquez-vous, je n'y comprends rien.
_ Je faisais mes devoirs dans ma salle commune quand j'ai entendu des élèves se plaindre de Mr Rusard. Je n'ai pas vraiment compris sur le coup alors Lisa et moi sommes sortis. Là, nous avons vu Mr Rusard scruter attentivement l'aigle qui nous laisse entrer si nous répondons juste à une question. Il marmonnait je ne sais plus quoi mais il avait un comportement très étrange.
_ Mr Rusard est… un peu spécial, répondit Severus.
_ Il était encore plus bizarre qu'habituellement, professeur. Il fait même peur à certains élèves et pas que les plus jeunes.
_ Très bien, je vous suis.
Severus suivit l'élève de sixième année et ils arrivèrent rapidement devant l'entrée de la Tour Serdaigle. Il vit en effet Rusard qui inspectait la statue. Certains élèves s'étaient mis à l'écart.
_ Y a-t-il un problème, Mr Rusard ?
Le concierge sursauta et se tourna vers Severus.
_ Je n'en sais trop rien. J'ai cru voir des élèves disparaître par ce mur. Il doit bien y avoir un passage secret, je n'invente rien !
Severus fronça les sourcils, sceptique. Jamais il n'avait vu le concierge aussi confus.
_ C'est un peu normal que certains élèves disparaissent par cette entrée, ils entrent juste dans leur salle commune.
_ Non, non, il y a forcément une explication, s'entêta le concierge sans prendre en compte ce que venait de dire Severus. Si seulement j'avais ma baguette, je ferai sauter cette statue…
Le mari de Remus commença à s'inquiéter pour la santé mentale du concierge. Il était de notoriété publique que Rusard était un Cracmol c'est-à-dire une personne née dans une famille de sorciers mais qui ne présente aucun signe de magie. Cela signifiait que Rusard n'avait jamais pu avoir de baguette.
_ Argus, je vais m'en occuper, dit Severus en s'approchant de lui. Je résoudrai cette affaire, je vous le promets. Vous voulez bien me suivre ? Vous me semblez fatigué.
_ Si vous le promettez, je veux bien vous suivre. Mais vous avez intérêt à éclaircir cette histoire.
Severus hocha la tête.
_ Mr Goldstein, vous pouvez rassurer vos camarades. Je m'occupe de Mr Rusard, merci de m'avoir prévenu.
_ De rien, professeur. Merci.
Severus et Rusard partirent. Durant le trajet jusqu'aux appartements du concierge, Severus remarqua que son camarade de route était encore confus. Il lança en informulé la formule permettant de neutraliser tout sortilège, sans effet. Inquiet, Sevenrus l'emmena à l'infirmerie.
_ Severus, Argus, que venez-vous faire ici ?
_ Je crois que notre collègue a bu par inadvertance un philtre de Confusion. Il n'a pas réagi quand j'ai annulé le sortilège de Confusion. Et les élèves s'amusent parfois à jouer des tours à Argus.
_ Je vais vous chercher cela tout de suite.
Poppy alla dans son bureau et revint les voir rapidement avec une fiole.
_ Tenez, Argus, cela va vous faire du bien.
_ Non merci, c'est encore une blague de ces avortons qui grouillent dans ce château.
_ Je vous assure qu'elle vous fera beaucoup de bien, le rassura Poppy. Je m'en porte garante.
Argus regarda Severus qui hocha la tête puis prit la fiole pour la boire d'une traite.
_ Pouah ! J'ai horreur de ces potions ! Mais que fais-je à l'infirmerie ? s'étonna-t-il.
_ Vous avez été victime d'un philtre de Confusion, expliqua Severus. Par chance, vous vous en sortez indemne. Je chercherai le ou les coupables et je les sanctionnerai comme il se doit.
_ Vous avez intérêt ! Bon, je retourne dans mon bureau.
Poppy et Severus regardèrent le concierge partir en grommelant, comme à son habitude. Severus fut soulagé. Il rentra chez lui et raconta son rendez-vous et son aventure à Remus le soir-même.
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L'histoire autour de Harry et la mort de Pettigrow durera encore deux chapitres et une autre intrigue se dessine à travers Rusard. Que pensez-vous de son comportement dans cette fin de chapitre ?
Je vous donne rendez-vous le samedi 31 décembre, le dernier jour de l'année, avec un nouveau chapitre intitulé "Un comportement inattendu"
Je vous souhaite un bon week-end et profitez de ces vacances surtout, prenez soin de vous et de vos proches ;)
