Je poste en coup de vent parce que c'est vraiment la course ce soir ! bonne lecture et n'oubliez pas de commenter !
Drago.
Quand j'entre dans cette fichue cabine où Granger est enfermée depuis une demie heure, c'est pour lui dire que ma patience a des limites et qu'elle ferait mieux de se décider rapidement si elle veut toujours venir à la soirée des Greengrass ce soir. Au lieu de ça, je tombe presque nez à nez avec sa petite culotte. Bon, j'exagère sûrement, mais le fait est que cette robe est … délicieusement échancrée et remonte dangereusement sur la peau fine et blanche du haut de sa cuisse.
Pendant quelques secondes, je n'arrive pas à me détourner de cette vue. J'ai beau me dire que ce n'est pas très poli de regarder par ici, et qu'il s'agit de Granger, bon sang, je ne parviens pas à me raisonner. Finalement, c'est quand elle prend la parole que ma contemplation cesse.
– C'est trop ? couine-t-elle en se reluquant dans le grand miroir qui lui fait fasse.
Je suis derrière elle, et je la vois, soudain, à la fois rayonnante et anxieuse dans cette robe qui semble taillée pour elle. Elle se regarde sous toutes les coutures, de l'œil critique de celle à qui on n'a jamais assez dit qu'elle était belle, s'arrêtant sur les moindres défauts qu'elle trouve à son propre corps. Quant à moi, je déglutis difficilement, et je laisse mes yeux vagabonder sur l'étoffe qui tombe sur ses hanches, ses manches délicates, son décolleté élégant.
Je reste silencieux, parce que je ne sais pas ce que je veux dire. Les pensées, les mots se bousculent les uns derrière les autres, et pour la première fois depuis bien longtemps, la parole me fait défaut. J'ai envie de lui que le vert lui sied bien mieux que le rouge et l'or, qu'elle aurait pu faire un effort de coiffure, qu'elle ne devrait pas mettre de sous-vêtements sous une robe pareille. Mais la taquinerie ne franchit pas la barrière de mes lèvres. Parce qu'en même temps, j'ai envie de lui dire qu'elle est étonnamment ravissante et qu'elle fera l'objet de nombreuses convoitises ce soir. Cette idée m'arrache une grimace qui ne lui échappe pas. Elle se rembrunit.
– Oui, c'est bien ce que je pensais. Ça ne va pas, marmonne-t-elle plus pour elle-même.
Elle se retourne et passe une main près de ma tête pour pousser le rideau.
– Dehors, Malefoy, je vais l'enlever, grogne-t-elle.
Mais je ne bouge pas, et continue de la regarder jusqu'à ce que je retrouve l'usage de la parole :
– Cette robe est à toi si tu me promets de porter une culotte là-dessous.
Elle affiche une mine outrée.
– Hors de question que le gratin mondain se rince l'œil sur les fesses de ma copine, je grogne.
Mon explication ne semble pas justifier ce que je viens de dire, et Granger me fusille du regard.
– Tu as l'esprit vraiment mal placé, réplique-t-elle. Personne ne reluque les fesses de qui que ce soit en société. Et puis j'imagine que le « gratin » mondain est mieux élevé que ça.
L'éclate d'un grand rire franc devant tant de naïveté. Ce sont les hommes les plus riches, les plus puissants qui se pensent tout permis qui s'autorisent à reluquer les jeunes femmes avec leurs yeux pervers. Je les fréquente depuis que je suis né, et je sais que de nombreuses affaires sordides ont été étouffée à l'aide d'une bourse bien remplie. Il n'empêche que les blagues tordues et les mains baladeuses sont monnaie courante dans ce genre de soirée où l'alcool coule à flot.
– Fais ce que je te dis, je lui lance. Ca m'évitera d'avoir à me battre pour l'honneur.
– Je sais sauver mon honneur moi-même, rétorque-t-elle.
– Je parlais du mien, Granger. Il n'en ressortirait pas indemne si je laissais quiconque avoir un comportement inapproprié avec ma compagne.
Granger semble comprendre et se tait. Elle se tourne à nouveau pour se regarder dans miroir et je jurerai y voir des étoiles briller. Un petit rictus nait sur mes lèvres et elle le remarque aussitôt. Elle ne se retourne pas et s'adresse directement à mon reflet :
– Est-ce que je n'ai pas l'air … ridicule ?
Sa vulnérabilité à cet instant précis me touche en plein cœur. Elle qui se montre habituellement si forte, j'en suis venu à croire que rien ne l'atteint jamais vraiment. Mais je réalise que j'ai eu tort, et que sous sa carapace de dure à cuir, le manque de confiance en soi et la nervosité font la paire. Je soupire, et pose finalement deux mains sur ses épaules. Mes doigts frôlent la peau fine de la naissance de son cou jusqu'à sa nuque et massent de leur pulpe les nerfs tendus que je sens affleurer à la surface de son épiderme.
– Cette robe est faite pour toi Granger. Crois-moi, tous les regards seront rivés sur toi.
Elle gémit. J'ignore si c'est parce que mes paroles l'angoissent ou bien parce que mes doigts font des petits miracles sur ses muscles.
– Et c'est ce que nous voulons, non ? Faire regretter à ce connard de Dean Thomas d'avoir osé lever la main sur toi.
Elle ferme les yeux en soupirant, et j'en profite pour la regarder une dernière fois sous tous les angles. Soudain, son dos se laisse aller contre son torse, et je sens sa chaleur se déployer dans ma poitrine.
– Je croyais que ce qu'on voulait c'était faire des ventes de mon journal et de faire gagner les élections, dit-elle dans un souffle.
– Si au passage ça emmerde Thomas, on ne va pas faire les fines bouches, si ?
Le silence s'abat entre nous, et je continue de frôler sa peau du bout des doigts d'un air distrait. Les minutes passent, et ce qui aurait pu être un moment gênant se transforme en quelque chose d'intense, me faisant ressentir des choses que je n'avais pas éprouvé depuis bien longtemps… Je suis en train de me demander si poser mes mains sur ses hanches est une bonne idée quand j'entends un petit cri étouffé et la voix de Selina s'élever :
– Mr Malefoy ! Vous n'êtes tout de même pas dans la cabine avec votre amie ? s'insurge la vendeuse.
La bulle dans laquelle Granger et moi étions explose, et je sens Granger s'éloigner de moi plus que je ne la vois. Elle fait volteface et me regarde, alarmée. Pour ma part, je ne m'inquiète pas outre mesure.
– Ca pose un problème ? dis-je à voix haute pour qu'elle m'entende.
– C'est très inconvenant ! Sortez d'ici, m'ordonne-t-elle.
Son petit ton autoritaire me déplait fortement. Je décide de donner libre cours à son imagination en déclarant :
– Le temps pour Miss Granger de remettre sa culotte, et nous sortons.
Le cri offusqué de Selina fait écho à celui de Granger qui me donne une tape sur l'épaule et murmure :
– A quoi tu joues ?
– Laisse-moi faire.
J'ai articulé ces dernières paroles en silence avant de reprendre :
– Tiens, beauté, ton soutien-gorge.
Sans crier gare, je passe mes mains dans les cheveux d'Hermione et les ébouriffe pour lui donner l'air d'avoir passé un excellent moment en ma compagnie. Elle a les yeux encore brillants de s'être regardée dans le miroir, et je décide d'en rajouter une couche en enserrant sa taille et en la collant contre moi. Immédiatement, je vois ses yeux papillonner de surprise et le rouge lui monter aux joues.
– Qu'est-ce que tu…
Je ne lui laisse pas le temps de répondre et fonds sur ses lèvres que j'embrasse sans réfléchir. L'une de mes mains montent sur son visage que j'emprisonne tandis que l'autre se faufile dans ses reins. Ses lèvres sont plus douces que je ne l'avais imaginé, et son baiser bien moins sage que ce que je croyais d'elle. Nos langues se trouvent alors même que je pensais mettre rapidement un terme à ce baiser, et je me retrouve pris à mon propre jeu quand ses dents mordillent ma lèvre inférieure.
Soudain, les rideaux qui nous camouflaient jusqu'ici s'ouvrent en grand sur une Selina mécontente tandis que je relâche prestement Granger qui a vraiment la tête d'une femme satisfaite avec ses cheveux qui partent dans tous les sens et ses joues d'un rouge cramoisie. Si mon plan a bien fonctionné, on croira que je viens de satisfaire sexuellement ma petite amie dans cette cabine. Connaissant Selina et son goût pour les potins, ça ne tardera pas à faire le tour du village, puis du monde sorcier.
– Ca suffit, s'écrie-t-elle. Sortez d'ici, c'est inadmissible.
Elle s'adresse presque plus à Granger qu'à moi. Celle-ci est silencieuse, encore choquée de ce qu'il vient de se produire. Je m'empare de sa main et la tire hors de la cabine avant de déclarer d'un ton autoritaire :
– On va prendre celle-ci. Et les chaussures qui vont avec.
La mauvaise humeur de Selina semble se calmer quand elle imagine déjà la grosse commission qu'elle va toucher avec une vente aussi juteuse. Elle hoche la tête et s'en va chercher les dîtes chaussures, nous laissant seuls une fois de plus. Quand je me retourne vers Granger, celle-ci a les poings posés sur les hanches.
– A quoi tu joues, Malefoy ? gronde-t-elle.
– A te faire passer pour la femme la plus comblée du pays. J'ai la réputation d'être un amant hors pair.
– Dis-moi, Malefoy, tu es né avec ce melon à la place de la tête ou bien c'est le fruit d'un dur travail de narcissisme et d'égocentrisme ?
Je lui adresse un sourire mystérieux mais ne lui réponds pas, car déjà, Selina est de retour et elle attend impatiemment que je lui signe un chèque.
