Bonsoir à toutes !
Comment allez vous en ce samedi venteux (ici en tout cas) ? Quoi de prévu pour ce dernier week-end avant Noël ? Ici, c'est repos et film en famille. Les cadeaux sont bouclés ce qui nous évite de courir dans les centres commerciaux bondés.
Je vous laisse avec le chapitre du jour, en espérant qu'il vous plaira ! On continue à la soirée des Greengrass, il faut bien que l'histoire avance un peu entre nous deux protagonistes. Dites-moi si ça vous a plu, j'ai hâte de lire vos petits commentaires !
Bonne soirée !
Drago.
Un photographe a été embauché pour la soirée et attend patiemment que les invités viennent se prêter au jeu. Quand nous arrivons, cependant, il n'y a personne et il sourit à Hermione comme si elle venait de lui annoncer qu'il est l'heureux gagnant de trois millions de gallions. Je vois ses yeux sombres la dévorer en silence et se poser sans gêne aucune sur sa jambe qui apparait de temps en temps lorsqu'elle marche. C'est un sorcier d'une trentaine d'années, et je m'étonne de ne pas le connaître, au moins de vue, de Poudlard ou d'ailleurs.
– Bonsoir ! s'exclame-t-il avec un fort accent italien. Je suis Mattia.
Ceci explique cela.
– Bonsoir, je suis Hermione, lui sourit aimablement Granger. Et voici Drago.
Mon prénom sur sa langue roule et me rappelle ces instants volés dans cette cabine d'essayage quelques heures plus tôt …
– Vous voulez que je vous prenne en photo ?
Je lève les yeux au ciel, agacé. Bien sûr que c'est ce que nous voulons, sans quoi nous ne serions pas ici en train de bavarder gentiment. Je ne prends pas la peine de répondre et m'empare de la main de Granger pour l'entraîner jusqu'à la calèche. Que ne ferait-on pas pour échapper aux griffes – ou plutôt à la plume – acérées de Brown. J'aide Granger à monter et elle s'installe confortablement avant que je ne la rejoigne. J'allonge un bras sur le dossier de la calèche, juste derrière son dos, et pose nonchalamment une main sur son épaule.
– Un petit sourire ? demande Mattia en se plaçant derrière son appareil photo.
Granger et moi nous tournons l'un vers l'autre en même temps, sans doute pour voir si l'autre sourit, et nos yeux se croisent. Lorsque nous comprenons nos attentions similaires, nous éclatons de rire. C'est si naturel, si spontané que je ne remarque qu'à peine le flash de l'appareil photo qui immortalise ce moment inattendu.
– J'en fais une deuxième. Cette calèche c'est si romantique avec cette branche de gui. Embrassez-vous pendant que je …
– Non, s'exclame Hermione, alarmée. Pas de baiser…
– … Sous le gui, je termine à sa place. Je suis curieux de savoir pourquoi ça te tient tellement à cœur.
Granger rougit et détourne le regard. Je profite du fait qu'un sorcier soit venu parler avec Mattia pour prendre son menton entre deux doigts et la forcer à me regarder. Elle soupire et finit par grommeler :
– C'est une vieille superstition de famille.
– Mais encore ?
– Mon arrière-grand-mère a embrassé son époux sous le gui, le premier noël qui a suivi leur mariage. Il est mort d'une crise cardiaque le lendemain.
Je l'observe, surpris qu'elle se décide à m'expliquer. Je ne comprends cependant pas ce que son arrière-grand-mère a à voir dans cette histoire.
– Ma grand-mère a embrassé son premier mari sous le gui, et le lendemain, il partait vivre avec la voisine. Quand elle a embrassé son deuxième mari, mon grand-père, on lui a diagnostiqué un cancer du foie seulement deux jours après. Il en est mort. S'embrasser sous le gui porte malheur dans la famille Granger.
Je ne sais pas pourquoi, mais j'éclate d'un grand rire quand elle achève ces explications. Je trouve ça si touchant, cette naïveté candide venant de la part d'une des plus puissantes sorcières de sa génération que je ne peux m'empêcher de la couver d'un regard attendri. Elle se méprend cependant sur mes intentions, et s'écarte brutalement de moi en maugréant :
– Je savais que je n'aurais rien du te raconter.
Elle n'attend pas que je m'explique et s'extirpe de la calèche avec grâce avant de disparaître dans la foule. Je soupire et me passe une main nerveuse dans les cheveux. Décidément, je ne sais vraiment pas m'y prendre avec Granger. Elle est si différente des femmes que j'ai l'habitude de fréquenter. Quand je descends à mon tour de la calèche, je glisse quelques pièces dans la main de Mattia pour le remercier.
– Elle a un sacré tempérament votre amie, me dit-il, songeur.
– C'est le moins qu'on puisse dire. Dès fois je me demande comment je fais pour survivre à sa compagnie, je râle.
– Oh vous savez, on ne sort jamais indemne, en amour. Mais c'est là que réside toute la magie non ?
Je ne réponds pas et me contente d'hausser les épaules avant de tourner les talons pour tenter de retrouver Hermione. Celle-ci semble s'être volatilisée, et je ne suis plus d'humeur à jouer le petit-ami idéal, alors je me réfugie vers le bar où des nombreuses têtes connues ne se priveront pas de me faire la conversation jusqu'à ce que mon rencard se décide à réapparaître.
Mais elle ne réapparaît pas. Deux heures défilent, et je ne la vois toujours nulle part. J'ai beau prétendre que je ne me soucie pas le moins du monde de l'endroit où elle se trouve, mes yeux n'ont de cesse de balayer la salle dans l'espoir d'y repérer l'éclat émeraude de sa robe. Au bout d'un moment, j'aperçois Pansy discuter avec Daphnée, et je me résigne à leur demande si elles n'ont pas vu Granger.
– La dernière fois que je l'ai vue, elle discutait avec Zachary Smith dans la salle de jeux.
– La salle de jeux ? je répète, incrédule.
Daphnée me pointe une porte du doigt et m'explique :
– Il y a des tables de poker magiques et de roulettes ensorcelées derrière.
Pourquoi ne m'a-t-on pas dit cela avant ? Contrarié, je me détourne de mes deux amies et me dirige à grandes enjambées vers la porte en question. Quand je l'ouvre, je tombe sur une ambiance totalement différente que celle de la pièce que je viens de quitter. La lumière est tamisée et une moquette moelleuse s'étend sur le sol et assourdit les conversations. J'ai soudain l'impression d'entrer dans un véritable casino. Je repère quelques connaissances en train de jouer aux cartes dans un coin de la pièce, mais mon regard ne s'arrête pas avant de tomber sur Granger qui rit aux éclats tandis que Smith lui sert ce qui semble être un énième verre de champagne.
Je les observe un moment, espérant qu'elle se détourne de lui pour venir me trouver, mais elle n'en fait rien, et mes jambes décident de me mener à eux à l'instant même où la main de Zachary se pose sur la cuisse d'Hermione. Celle-ci n'a pas le temps de réagir, car je me positionne immédiatement à son côté et déclare d'une voix glaciale :
– Tu es là, je te cherche depuis des heures.
– Salut Malefoy, me salut Zachary d'un air faussement détaché. Comme tu vois, elle était ici, avec moi.
Je le fusille du regard et ne lui adresse pas un mot avant de me tourner vers Hermione.
– On rentre, je lance en m'emparant de sa main.
Contre toute attente, elle résiste et fait glisser sa paume hors de ma prise.
– Je reste encore un peu. Bonne soirée, Drago.
Je serre les dents et l'observe de longues secondes, jaugeant sa capacité à me résister. Je sais qu'elle est au moins aussi têtue que moi et qu'elle déteste que je lui donne des ordres. C'est pourtant dans ma nature d'ordonner et de tout contrôler, mais un fois encore elle me fait sortir de ma zone de confort.
– Ne t'inquiète pas, Malefoy, je prendrai bien soin d'elle.
– Merci, Smith, mais je peux le faire moi-même.
Je repose la main sur le bras d'Hermione mais celle-ci se lève et me regarde droit dans les yeux.
– Ne t'avise pas de me toucher sans mon accord, souffle-t-elle de manière à ce que je sois le seul à l'entendre. Tu t'es assez moqué de moi pour aujourd'hui, alors rentre chez toi, Malefoy, et fous moi la paix.
C'est la première fois qu'elle est aussi froide avec moi et je sens quelque chose de désagréable s'infiltrer en moi. Je n'aime pas qu'elle me regarde de cette manière, je n'aime pas non plus qu'elle préfère la compagnie de Smith à la mienne. Mais je ne peux décemment pas la jeter sur mon épaule et la forcer à rentrer avec moi … Et il est hors de question que je la laisse ici avec un autre homme. Il en va de ma dignité.
– Très bien, je reste, dis-je en levant les mains en l'air, capitulant.
Granger s'étrangle à moitié.
– Non, tu rentres chez toi.
Je secoue la tête.
– Je suis très bien ici. Et puis, je m'en voudrai de ne pas t'escorter jusqu'à chez toi. J'attendrai patiemment que tu veuilles rentrer.
Je lui adresse mon plus beau sourire, séducteur et charmeur à la fois, mais comme je m'y attendais cela n'a aucun effet sur elle. Mécontente que je m'immisce dans sa conversation avec Smith – et de quoi Diable parlaient-ils d'ailleurs ? – elle s'empare de mon bras et me tire un peu à l'écart.
– Tu permets que je te dise deux mots ? gronde-t-elle après avoir offert un sourire d'excuse à Zachary.
Elle nous entraîne dans un coin désert de la salle de jeux, plongée dans l'obscurité et pose ses petits poings serrés sur ses hanches, l'air très mécontent.
– A quoi tu joues ? chuchote-t-elle, furieuse.
– Il est hors de question que ma copine se laisse draguer par d'autres hommes, je rétorque.
– Malefoy, on n'est pas ensemble. Nous jouons la comédie, me rappelle-t-elle.
– Ca n'empêche pas que je n'aime pas voir un autre homme te tourner autour. Ça va faire les choux-gras si on nous voit nous disputer.
– Les couples se disputent, Malefoy, dit-elle, exaspérée.
– Ils s'embrassent aussi, je susurre. Et ils rentrent ensemble pour finir la soirée en beauté…
Je tente un petit jeu de séduction pour désamorcer la bombe qui est sur le point d'exploser. Ça semble marcher, car Granger se déride légèrement, et ses bras tombent le long de son corps. J'en profite pour faire deux pas en avant et l'accule près du mur. Nous sommes dans la pénombre et les bruits étouffés des tables de jeux ne sont que des lointains bruissements.
– Je sais que tu rêves de me mettre dans ton lit, Malefoy, mais le baiser que tu m'as arraché dans la cabine d'essayage est la seule chose que tu obtiendras de moi.
Je sens qu'elle se veut forte, mais sa voix tremblote légèrement. Je pourrai jurer entendre son cœur battre plus fort que d'habitude dans sa poitrine. Je pose une main sur le mur à côté de sa tête et me penche juste assez pour sentir son souffle sur mon visage.
– Vraiment ? J'ai eu l'impression que tu avais aimé ça pourtant.
– Je suis une excellente actrice, murmure-t-elle.
– Pas vraiment, Granger, mais on peut faire comme si…
Et voilà, ça recommence … Je sens soudain en moi monter cette vague de désir qui se réveille à chaque fois que je suis aussi proche d'elle. Soudain, je ne vois rien d'autre que ses lèvres, son cou de cygne, la naissance de sa poitrine laiteuse. Mes yeux s'abaissent et je remarque cette cuisse dénudée, ce mollet galbé et je n'ai qu'une envie : tomber à genou devant elle pour explorer chaque parcelle de cette chair blanche et soyeuse. Je ne me reconnais plus et pourtant, je n'arrive pas à empêcher ma main de glisser jusqu'à sa cuisse que j'effleure du bout des doigts. Je la sens frémir et soupirer quand nos peaux se touchent, et cela m'enhardit assez pour que je fasse glisser ma main sur le côté de sa cuisse, jusqu'à toucher la dentelle de son sous-vêtement.
– De la dentelle ? je susurre à son oreille. J'adore …
