Bienvenue sur cet OS qui ne sera pas dans Fluffy Stories parce qu'il est pas du tout Fluffy haha. Je ne m'attends pas à ce qu'il fasse l'unanimité du coup, mais je l'ai écrit l'année dernière et il dort depuis tout ce temps dans mes dossiers donc je me suis dit qu'il serait temps de le poster, alors le voilà :) Pour expliquer la démarche, il y a un moment où je me disais que James et Lily s'étaient mis en couple pendant la guerre et que la tension avait dû déteindre sur leur couple à un moment. On y est.
Il était près d'une heure du matin lorsque James apparut dans un « crac » sonore sur le perron de la maisonnette dans laquelle il vivait avec Lily depuis peu. Le mois de novembre s'était à peine terminé que les températures avaient déjà chuté dans le négatif. Il était incapable de dire s'il détestait plus l'automne ou l'hiver. Les deux saisons le plongeaient dans une mélancolie presque sinistre.
Sur cette question là, Lily était son exact opposé. Elle se complaisait dans le froid le plus glacial, et justifiait cette curieuse passion pour les saisons les plus mornes par le fait qu'il était possible de se couvrir lorsque l'on était frigorifié, mais impossible d'être plus que nu lorsque la chaleur était insoutenable.
Il comprenait l'idée, mais n'arrivait pas à intégrer qu'une personne aussi solaire soit absolument amoureuse des feuilles mortes (sous lesquelles se cachent des cadeaux douteux posés là par les chiens du quartier), du givre (qui fait craqueler les jointures), des quinze couches de vêtements requises (qui donnent l'impression d'étouffer), de la nuit qui tombe beaucoup trop tôt (et qui écourte ses rares parties de quidditch avec Sirius), de l'espèce de rhume constant qui semble attraper tout le monde et qui va avec le nez rouge. Bon sang, il détestait ce nez rouge. Elle disait qu'il était encore plus mignon comme ça, parce qu'il ressemblait à ce stupide renne, Rodrigue, Rodolph, Rudolphe, quelque chose comme ça.
Il n'avait jamais trop aimé les rennes, et il bougonnait toujours lorsqu'elle en venait à cette comparaison, ce qui la faisait amplement rire parce qu'elle trouvait qu'il n'y avait aucune différence entre un cerf, et ce vulgaire animal qui avait décrété qu'il aurait des bois plus gros et qu'il serait capable de résister au froid mieux que quiconque. Enfin, cette divergence d'opinion sur les saisons n'était plus que le cadet de ses soucis, à présent.
Il pénétra à l'intérieur de la maison et referma la porte d'un habile coup de pied alors que ses yeux se posaient directement sur Lily, assise sur le canapé. Elle ne le regarda même pas, et il en eut la nausée. Vivre avec elle n'avait pas été exactement aussi merveilleux qu'il l'avait pensé. Il avait idéalisé les choses lorsqu'il était plus jeune, jusqu'à en oublier tout ce qu'ils n'avaient pas en commun et qui allait au delà de l'amour que chacun portait à deux saisons radicalement opposées, tout ce sur quoi ils se disputaient, toutes les fichues raisons qui les avaient conduites là.
Elle remonta ses genoux contre sa poitrine et il remarqua la plume dans sa main, puis la bande dessinée moldue glissée sous un parchemin qu'elle était en train d'écrire. Probablement une lettre destinée à Mary, ou à Marlène. Ou encore Rémus, Peter, Sirius, Benjy, Dorcas... N'importe qui. N'importe quelle personne qui pouvait lui permettre de le fuir un peu.
« Salut. »
Cette fois, il parvint brièvement à attirer son attention. Elle leva les yeux vers lui avant de les reposer presque aussi sec sur le morceau de papier. Ses doigts se serrèrent sur sa plume, tant qu'il pouvait parier que ses ongles laisseraient des traces sur sa peau.
Il ne savait plus quoi faire. La guerre les rendait fous. Cela faisait des semaines et des semaines qu'ils se sautaient à la gorge dès qu'il se passait quelque chose de nouveau au sein de l'Ordre du Phénix, depuis qu'elle avait découvert à quel point Sirius et lui se mettaient en danger. Ce n'était pas comme s'ils y étaient obligés, ils ne pouvaient simplement pas s'en empêcher.
Ils traînaient dans les pires endroits, récoltaient des informations précieuses au prix de blessures qu'ils jugeaient superficielles, avaient des fréquentations dont ils osaient à peine murmurer le nom, et personne n'aurait pu les arrêter. Pas même Lily. Elle était la raison pour laquelle ils le faisaient. Ils n'avaient pas besoin de se l'avouer pour le savoir. Elle était devenue une sœur pour Sirius. Elle avait toujours été bien plus pour James.
Elle l'était encore. Peu importe à quel point elle pouvait être froide avec lui. Elle le resterait. C'était Lily, la Lily. Il aurait tout fait pour elle, et c'était le problème. Il n'était pas capable de rester chez eux, à attendre simplement le jour où les mangemorts leur tomberaient dessus. Lui tomberaient dessus. C'était au delà de ses capacités.
Il ne comprenait pas pourquoi elle n'acceptait pas qu'il essaye de mettre fin à ce cauchemar alors qu'il était capable de le faire avec elle. Il avait la boule au ventre à chaque fois qu'il la regardait prendre son manteau, mais il ne disait rien parce que c'était ce qu'elle voulait. Elle n'aurait jamais été du genre à rester enfermée à se morfondre. Il aurait compris, mais elle avait besoin de faire quelque chose, d'essayer au moins, et c'était aussi ce qui les avait réunis. Cependant, plus les jours passaient, plus il se demandait si cette affirmation était juste.
Il posa son manteau sur la patère à l'entrée, et traversa la pièce, puis un long couloir jusqu'à arriver dans la salle de bain. Il jeta un coup d'oeil à son reflet dans le miroir. Il reconnut difficilement le garçon qu'il y avait vu lorsqu'ils avaient aménagé dans cette maison, quand tout était encore frais et nouveau et qu'ils n'étaient pas, l'un comme l'autre, rongés par l'amertume, l'incompréhension, la peur.
Il se lava les mains, se passa un peu d'eau sur le visage, et s'essuya rapidement avec une serviette avant de retourner dans la pièce principale. Il demeura debout dans l'encadrement de la porte pendant une minute, les yeux simplement posés sur les cheveux roux de Lily qui lui tournait le dos.
Il ne pouvait plus vivre de cette façon, dans un silence omniprésent et lourd de reproches, avec une inquiétude qui s'était, au fil des jours, transformée en angoisse. L'aimait-elle encore ? Au milieu de la colère, des disputes, des cris, et des larmes, l'aimait-elle toujours ? La question en elle même, dès qu'elle faisait son chemin dans sa tête, le tuait.
« Parle-moi. »
Il la vit se redresser légèrement, mais elle ne le gratifia pas d'une réponse, et il ne put retenir le soupir qui s'échappa de sa bouche alors qu'il contournait le canapé pour aller se poster en face d'elle. Là, au moins, il pouvait voler les vérités qu'elle ne voulait pas lui donner oralement. Il n'avait qu'à lire son visage.
« C'est terrible, à l'extérieur. Et comme si cela ne nous suffisait pas, on se fait la guerre à l'intérieur. »
Il avait à peine terminé sa phrase lorsqu'elle jeta nonchalamment sa plume sur la table basse entre eux avant de croiser ses bras contre sa poitrine, s'appuyant légèrement sur la bande dessinée toujours posée sur ses genoux. Elle se contenta de le regarder, de le défier en silence, comme si elle était convaincue qu'il n'obtiendrait pas ce qu'il voulait, comme pour lui signifier qu'elle ne signerait pas le traité de paix ce soir là.
Elle semblait oublier les bases mêmes de leur histoire, cette prouesse qu'il avait accompli en lui montrant qu'il n'était plus l'adolescent méprisant qu'il avait pu être par le passé. Ou peut-être qu'elle avait juste revu ses standards à la baisse. Cette dernière hypothèse lui parut soudainement beaucoup plus plausible que toutes les autres, et il eut l'impression de faner de l'intérieur.
« Dis-moi au moins si tu veux que je parte, que j'aille dormir chez Sirius pour le week-end, ou que je...
- Bien sûr, va dormir chez Sirius, le coupa t-elle d'une voix si neutre qu'elle en était terrifiante. »
Il ravala la suite de sa phrase, et la fixa avec une incompréhension certaine avant de tirer avec agacement sur le col de son pull qui lui donnait la sensation qu'une flopée de doigts lui serraient le cou.
« Est-ce que c'est une demande officielle, ou est-ce que c'est sarcastique, et donc je suis censé faire exactement l'inverse de ce que tu me dis ? »
Elle se mordit la lèvre si fort qu'il était sûr qu'elle pouvait sentir le goût métallique de son propre sang s'étaler sur sa langue, et il s'assit devant elle, sur le tapis qui recouvrait le parquet, son dos appuyé contre la table basse sur laquelle la plume de Lily avait laissé tomber une goutte d'encre. Sa main se perdit dans ses cheveux noirs, alors que sa petite-amie avait de nouveau décrété qu'elle ne le gratifierait plus du son de sa voix.
« Il va falloir que tu m'aides, là, Lil'. »
Elle baissa la tête, la mâchoire serrée. Ses mains étaient à présent plaquées sur la bande dessinée, et il était prêt à l'attraper au vol si toutefois elle volait dans sa direction, ce qui n'était pas à exclure.
« Regarde-moi. »
Elle ne leva pas les yeux sur lui parce qu'elle était têtue, et il ne comprenait même pas pourquoi il avait toujours été considéré comme le plus impertinent des deux. Il soupira. Il aurait pu s'arracher les cheveux sur le champ s'il n'était pas persuadé que c'était l'une des choses qu'elle préférait chez lui.
« Qu'est-ce qu'on fait ? »
Elle tourna la tête et leva les yeux au ciel comme s'il lui avait posé la question la plus absurde qu'elle ait entendu, puis elle quitta le canapé pour se diriger vers leur chambre. Il la suivit, faisant résonner son nom dans le couloir de la maison, mais elle ne se retourna pas. Elle marcha jusqu'au miroir plein pied qui trônait autrefois chez ses parents, et défit sa queue de cheval avant de retirer le collier qu'elle tenait de sa mère et de le poser sur une commode qu'ils avaient acheté ensemble.
« Tu vas juste aller dormir ? l'interrogea t-il, debout à quelques mètres d'elle.
- Est-ce que ce n'est pas ce que les gens font, à une heure du matin ? répliqua t-elle en croisant enfin son regard dans le miroir.
- Est-ce que je suis supposé rester ? Qu'est-ce que tu veux ? »
Il aurait pu lui proposer de prendre le canapé, mais quelque chose en lui, une espèce de malaise indescriptible, lui criait qu'une nuit dans le salon n'était pas la réponse au problème. Elle ébouriffa légèrement ses cheveux roux avant de se retourner vers lui, de lui lancer un coup d'oeil glacial, et de hausser les épaules.
« Qu'est-ce que toi, tu veux ?
- Qu'est-ce que je dois comprendre ? lui demanda t-il en fronçant les sourcils. »
Elle inspira profondément et croisa une nouvelle fois ses bras, comme si elle essayait de se protéger de lui. Il connaissait cette habitude. Elle était probablement inconsciente, mais il avait appris à la traduire au fil des années, et le simple fait qu'il l'ait vue adopter la même posture devant Rogue lors de leurs dernières entrevues lui faisait mal au ventre.
« Tu es devenu complètement accro à tout ça, déclara t-elle, et il se tendit immédiatement.
- … Quoi ?
- Sirius et toi, vous... Vous êtes comme ça depuis toujours, mais c'est de pire en pire ces derniers temps, et vous ne vous rendez même pas compte de ce que votre entourage vit. Euphemia et Fleamont ne...
- Qu'est-ce que mes parents ont à voir là dedans ? l'interrompit-il abruptement, ses ongles s'enfonçant dans la paume de sa main. »
Elle ouvrit la bouche pour répondre, mais elle s'abstint et fit quelques pas jusqu'à sa table de chevet sur laquelle elle déposa son élastique à cheveux avant de s'asseoir sur le bord de leur lit, ses yeux vissés sur le mur en face d'elle comme si elle n'était pas vraiment là.
« Je n'en peux plus, que tu retiennes tes mots, souffla t-il, et elle tourna vivement la tête vers lui tout en se massant la cheville, celle qu'elle s'était foulée en allant patiner avec Marlène McKinnon la veille.
- Et moi, je n'en peux plus de te voir courir là bas tous les jours, mais à chaque fois que le sujet vient sur le tapis, tu ne m'écoutes pas. C'est tout toi, de toutes façons, marmonna t-elle un peu plus bas. Dès que tu n'es pas d'accord, tu fais comme si tu n'entendais pas. A quoi ça sert, que j'essaie de discuter avec toi alors que tu n'en fais qu'à ta tête ?
- Ce n'est pas...
- N'essaie pas de me dire que ce n'est pas vrai, le coupa t-elle en lui lançant un regard menaçant. Tes parents voulaient que je te persuade d'arrêter tes conneries, ils étaient certain que moi, tu m'écouterais, et que par extension, tu calmerais aussi Sirius. Et tu sais quoi ? J'y croyais un peu aussi. »
Elle secoua la tête tout en poussant un petit rire ironique, et il laissa ses yeux bruns tomber sur les mains qu'elle faisait passer un peu plus énergiquement sur sa cheville. Il avait l'impression d'avoir une pierre de la taille d'un rocher dans la gorge. Il ne savait même pas quoi répondre. Cette fois-ci, il fut celui qui demeura muet.
« C'est comme si vous ne voyiez même plus le danger, reprit-elle. Tu sais, parfois, j'ai l'impression que vous aimez vraiment ça. Merlin, je n'ai même pas l'impression, je le sais. »
Il déglutit. Contrairement à la croyance populaire, il y avait quelque chose en lui qu'il n'appréciait pas, et Lily venait de poser le doigt dessus. Il détestait qu'elle l'ait compris à ce point là. Il aurait voulu qu'elle ne voit jamais les choses dont il avait le plus honte, mais c'était comme si elle lisait en lui, comme si, dès qu'il posait les yeux sur elle, elle pouvait entrevoir ses pires idées, découvrir les défauts qu'il voulait le plus lui cacher... Il détestait vraiment qu'elle le comprenne à ce point là.
« Et ce n'est même pas... Elle s'arrêta pour passer une main las sur son visage avant de reprendre. C'est malsain de bien des façons, mais je ne peux pas prétendre que je n'ai pas toujours su que tu avais ce côté là. Le problème, James, dit-elle en prenant soin de ne pas le regarder, c'est qu'un soir, tu pourrais ne pas rentrer.
- Tu pars en mission aussi, lui fit-il remarquer.
- C'est vrai, admit-elle, mais la différence, c'est que Mary et moi n'en faisons pas un divertissement.
- Ce n'est pas non plus ce que nous faisons. »
Lily leva la tête juste pour lui jeter un regard dubitatif auquel il répondit en levant les yeux au ciel. Admettre que quelqu'un avait raison avait toujours été particulièrement difficile pour lui, notamment parce que cela équivalait à reconnaître qu'il avait tort, mais ce n'était pas son seul problème. Elle était inquiète, et il n'était pas sûr de pouvoir la rassurer assez pour arranger les choses.
« Je ne parle pas que pour moi. Tes parents pensent la même chose.
- Alors c'est comme ça ? Vous parlez de moi quand je ne suis pas là ?
- Tu l'as toujours su, et ça ne t'avait jamais dérangé outre mesure jusque là. Tu t'énerves juste parce que tu sais pertinemment que vous allez trop loin, Sirius et toi, et tu détestes que je te le fasses remarquer.
- C'est ridicule, souffla t-il en secouant la tête.
- Qu'est-ce qui est ridicule ? l'interrogea t-elle, sa main s'immobilisant sur sa cheville. Que je m'inquiète pour toi ? Que tes parents s'inquiètent pour toi ? Que je ne me demande même plus si ton nom va figurer dans la colonne des disparus de la Gazette, mais plutôt quand ? »
Le rocher dans sa gorge était en train de devenir une falaise, et au son de la voix de Lily, il songea qu'elle devait avoir approximativement la même sensation.
« J'ai juste... J'ai dix-neuf ans, reprit-elle, d'une voix si basse qu'il l'entendit à peine. Je n'aurais pas la maturité de ne pas t'en vouloir si tu disparaissais. Peut-être que je ne l'aurai jamais. En tout cas, je ne l'ai pas maintenant. »
Il n'avait pas vu les choses sous cet angle là, et l'idée même de penser que Lily pourrait avoir envie de l'assassiner pour la simple raison qu'il était mort aurait pu l'amuser s'il n'était pas complètement rongé par un sentiment de culpabilité amer.
« Peut-être que tu devrais vraiment aller dormir chez Sirius ce soir, termina t-elle, les yeux rivés sur ses propres mains posées sur sa cheville. »
Il resta immobile pendant une longue minute, à essayer d'assimiler tout ce qu'elle venait de lui dire, et quand ses yeux croisèrent de nouveau les siens, il comprit qu'elle avait besoin qu'il s'en aille. C'était douloureux de se l'avouer, et encore plus douloureux de le voir sur son visage, mais ce n'était pas comme s'il n'en saisissait pas la raison.
« Je ne te quitte pas, tu le sais ? reprit-elle en soutenant son regard comme si elle voulait s'assurer qu'il saisissait bien cette partie, et elle ne poursuivit que lorsqu'il acquiesça. Tu me fais mal en ce moment, et j'ai seulement besoin d'être seule ce soir. »
Maintenant qu'elle lui avait confié qu'il la blessait, il regrettait un peu de lui avoir reproché de ne pas parler. C'était le genre de chose qu'il aurait préféré ne pas entendre, mais peut-être qu'il le méritait. Il essayait de se concentrer sur le positif, sur le fait que leurs désaccords n'avaient rien à voir avec le manque de sentiments qu'il avait tant redouté, c'était la peur, et c'était presque pire parce qu'il n'avait même pas réalisé à quel point il l'obligeait à vivre avec elle quand il partait.
Y avait-il seulement sur terre pire colocataire que cette angoisse lancinante de perdre la meilleure partie de soi ? Il ne savait pas si Lily l'aurait décrit de cette manière, mais c'était en tout cas ce qu'elle représentait pour lui. Enfin, s'il devait la résumer à quelque chose de manière grossière et trop peu représentative de la réalité.
Il aurait aimé qu'elle n'ait pas besoin de l'éduquer sur la manière de vivre une relation, mais c'était ce qui était en train de se passer. Un couple rencontrait des disputes, des divergences d'opinion plus ou moins importantes, des remises en question, et des bas, simplement, qui pouvaient effacer tous les hauts si personne ne faisait attention. C'était la partie que les gens cachaient toujours aux yeux des autres, mais c'était pourtant dans ces moments là que l'on apprenait le plus.
Alors il rebroussa chemin jusqu'au salon pour récupérer son manteau. Il avait déjà quelques affaires chez Sirius, comme Peter et Rémus, parce que le simple fait de savoir qu'ils pouvaient se retrouver à tout moment les rassurait les uns comme les autres. Pourtant, ce soir là, James ne trouva rien de rassurant dans le fait de quitter sa maison pour aller chez son meilleur ami.
Il essayait de se persuader que c'était ce qu'il y avait de mieux pour son couple à ce moment précis, et le fait de savoir que Lily semblait également le penser l'apaisait légèrement sans pour autant faire disparaître la boule dans sa gorge. Alors qu'il poussait la porte de leur maison, il réalisa à quel point tout ce qu'il avait accompli avait été contre productif.
Sirius et lui s'étaient mis en danger dans le but ultime de voir la fin de cette guerre avant qu'elle ne les enterre et de pouvoir vivre leur vie ensemble, avec leur famille et leurs amis les plus proches, mais ils les avaient oublié dans l'équation. Peut-être que Lily lui avait juste administré la piqûre de rappel dont il avait besoin. Il ne voulait pas mourir maintenant, sans avoir profité pleinement de la chance qu'il avait de l'avoir à ses côtés tous les jours.
Il demeura debout sur le perron pendant un court instant, les yeux figés sur le portillon enneigé à l'opposé de la petite cour qui séparait l'entrée de la maison de la rue, encore éclairée par les réverbères. C'était la première chose dont Lily était tombée amoureuse lorsqu'ils avaient visité l'endroit pour la première fois. Il avait grincé sinistrement lorsqu'elle l'avait poussé, juste avant de le laisser entrer derrière elle, mais elle en avait ri puis s'était accrochée à son bras, laissant échapper un soupir de contentement qui lui avait réchauffé le cœur.
Le souvenir lui semblait à la fois très proche et trop lointain, comme s'il n'avait pas vu leur vie ensemble défiler, comme s'il n'avait pas été là pour la vivre, comme si Lily avait grandi sans lui. Ce n'était pas aussi simple que cela, mais le décalage était là, et il se jura de tout faire pour qu'il disparaisse, même s'il devait passer tout le prochain mois à dormir sur le canapé défoncé de son meilleur ami.
